Avant la nuit de Pete FROMM

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un bel hommage aux rapports pères-fils

 

L’auteur :

 PETE FROMM est né en 1958 dans le Wisconsin et a d'abord été ranger avant de se consacrer pleinement à l'écriture. Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. Indian Creek est son premier livre traduit en français. Il vit à Great Falls dans le Montana.

 

L’histoire :

 

 Les nouvelles de ce recueil ont pour cadre les paysages du Montana et de l'Ouest qui tissent des liens entre les êtres, les fêlures, les espoirs ou les désillusions qui les hantent. Du père divorcé qui traverse les Etats-Unis en voiture pour emmener son fils à la pêche au jeune homme qui retourne chez sa mère et son beau-père après une absence de six années, Avant la nuit présente une galerie de personnages inoubliables. Ces histoires offrent autant de tableaux de l'Amérique et se placent dans la lignée des plus beaux textes de Norman Maclean ou de Thomas McGuane. Après le succès d'Indian Creek, Pete Fromm confirme, avec ces héros ordinaires auxquels il prête une voix singulière, son appartenance à la famille des grands auteurs de l'Ouest américain. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

« Père et fils » : un père traverse le pays pour aller voir son fils et l’emmener pêcher. Emouvant.

« Epuisette » : des jeunes mariés en conflit.

« Avant la nuit » : un homme va pêcher avec son beau-fils soudainement réapparu après six ans de silence. Ils ont peur de ne pas rentrer avant la nuit.

De belles réflexions sur l’angoisse de perdre ceux qu’on aime même si comme le dit un des personnages « On ne peut pas commencer à regretter la chose la plus importante de sa vie avant même qu’elle ait disparu. (...) On finirait par devenir dingue. » (p. 64)

« Indigènes, wagons et déménagements » : un homme se souvient d’une belle histoire d’amitié.

« Le cours normal des choses » : un père emmène ses deux enfants pêcher après la mort de leur mère. Le plus jeune est hanté par l’image de sa mère sur son lit de mort, et touché par les changements survenus chez son père.

« Stone » : un père essaie de pêcher avec son fils qui préfère faire des ricochets. L’un comme l’autre vont apprendre à apprivoiser la passion de l’autre. Une de mes nouvelles préférées du recueil. Un bel échange entre les deux êtres.

« Ambre » : partie de pêche entre deux frères.

« La petite frappe » : un jeune garçon emmène le petit frère de sa petite amie à la pêche avec des amis à lui.

« Pour le gamin » : deux anciens amis partent à la pêche avec le jeune fils de l’un d’eux, qui va être le révélateur des changements survenus entre les deux hommes.

« Super souris et le fromage bleu de la Lune » : un couple part pêcher pour le meilleur et pour le pire.

 Ce que ces récits ont en commun, hormis un goût immodéré pour la pêche à la mouche, est sans doute l’analyse très fine des rapports humains. Pete Fromm nous parle de l’incommunicabilité entre les êtres, de la difficulté de se faire comprendre, de laisser de côté son égo pour venir à l’autre en toute innocence. Il évoque aussi nos peurs, angoisses diffuses : celles liées au fait d’être parents, mais aussi la peur de perdre ceux qui nous sont chers, la peur que le temps passe trop vite. La rivière est là pour leur rappeler que tout file, inexorablement…

 Un très beau recueil pour apprendre à se recueillir sur le bord des rivières …

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien 

 

 Premières phrases :

 « L’argent ne coule pas à flots. Il n’y a pas vraiment de quoi emporter ou noyer quelqu’un, si vous voyez ce que je veux dire. Un désastre après un autre. Vous savez ce que c’est. Alors la décision du juge m’arrive ne pleine figure, comme si elle débarquait d’une autre planète. En parcourant des yeux le compte rendu d’audience, vous vous posez d’abord la question habituelle –Qu’est-ce que c’est que cette langue ? – avant de vous demander : c’est de moi qu’on parle là ? »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM

Autre :  La rivière de sang de Jim TENUTO

 

D’autres avis :

 ClaraClaudia Lucia 

 

Avant la nuit, Pete Fromm, traduit de l’américain par Denis Lagae-Devoldère, Gallmeister, avril 2010, 172 p., 21 euros

 

Commenter cet article

jerome 17/06/2013 19:51


J'aime beaucop Pete Fromm, c'est un auteur tout en finesse !

Hélène 17/06/2013 20:30



Oui je l'apprécie bien aussi...



cristie 16/06/2013 19:06


Je ne le note pas même si il me tente. Je me suis fixée de descendre un peu ma PAL d'abord ! ;-)

Hélène 17/06/2013 09:36



Belle résolution...



gambadou 16/06/2013 18:26


Et bien  moi qui vais aux Etats Unis cet été près d'une rivière ... voilà un recueil à prendre !

Hélène 17/06/2013 09:37



Exactement !



luocine 16/06/2013 11:51


absente l' instant d'une navigation dans les Scilly je retrouve avec plaisir le monde des livres


merci pour cette belle lecture


Luocine

Hélène 16/06/2013 13:30



Quelle chance !



Mango 16/06/2013 08:31


J'ai failli le choisir et puis je lui ai préféré, sur le même sujet, le roman de John Gierach,"Là-bas, les truites" chez le même éditeur, que j'ai bien aimé mais à lire tes résumés  de ces
nouvelles je me dis que ce livre me plairait bien aussi. 


 

Hélène 16/06/2013 13:32



Je crois avoir tenté les Gier&ach et avoir moins apprécié, trop purement "pêche" dans mon souvenir, pas assez de réflexions sur les rapports humains...