La bête humaine de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Jacques Lantier, conducteur de train rencontre Séverine, une femme mystérieuse qui cache un lourd secret, et leur relation se complique dans un climat de violence et de tensions sociales. À travers le quotidien des cheminots, Zola étudie les instincts humains et les conséquences de la fatalité.

Ce que j'ai aimé :

Zola explore les effets de la révolution industrielle et de la modernité sur les individus, en particulier sur leur psychologie et leur comportement. Les personnages sont souvent influencés, voire détruits, par leur environnement et par les forces sociales qui les écrasent. Le roman soulève des questions profondes sur la nature humaine, le déterminisme et la violence inhérente à l'homme, notamment au sein de la classe ouvrière et dans un contexte de société industrialisée. Dans ce contexte, le réseau ferroviaire est comme une métaphore de l’hérédité, et la machine allégorie du corps, substitut matériel de la bête tapie en chacun de nous. 

Jacques Lantier, est hanté par la violence génétique qui coule dans ses veines, un héritage de son père, Roubaud, qui lui-même est marqué par des tendances criminelles. Cette fatalité héréditaire montre comment l’individu est impuissant face à sa propre nature et aux actions de ses ancêtres. Lantier est victime de pulsions meurtrières qu'il ne parvient pas à contrôler, et cela devient un aspect central du roman.

« La famille n’était guère d’aplomb, beaucoup avaient une fêlure. Lui, à certaines heures la sentait bien, cette fêlure héréditaire ; non pas qu’il fût d’une santé mauvaise, car l’appréhension et la honte de ces crises l’avaient seules maigri autrefois ; mais c’étaient, dans son être, de subites pertes d’équilibre, comme des cassures, des trous par  lesquels son moi lui échappait, au milieu d’une sorte de grande fumée qui déformait tout. Il ne s’appartenait plus, il obéissait à ses muscles, à la bête enragée. Pourtant, il ne buvait pas, il se refusait même un petit verre d’eau-de-vie, ayant remarqué que la moindre goutte d’alcool le rendait fou. Et il en venait à penser qu’il payait pour les autres, les pères, les grands-pères, qui avaient bu, les générations d’ivrognes dont il était le sang gâté, un lent empoisonnement, une sauvagerie qui le ramenait avec les loups mangeurs de femmes, au fond des bois.»

Dans le titre du roman, "la bête humaine" désigne avant tout cette pulsion animale, cette violence irrationnelle et incontrôlable qui sommeille en chacun des personnages. C’est une métaphore de l’instinct brutal et primitif qui peut surgir à tout moment, même chez ceux qui s’efforcent de paraître civilisés. La mécanique sociale et les relations humaines, notamment l’amour, le sexe et le désir, sont représentées comme des moteurs de cette violence latente.

« On ne tue que sous l’impulsion du sang et des nerfs, un reste des anciennes luttes, la nécessité de vivre et la joie d’être fort. »

Bilan :

Un classique qui nous emporte immédiatement dans son univers !

Du même auteur : Thérèse Raquin ♥ ♥ ♥ , Au bonheur des dames ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'oeuvre ♥ ♥ ♥ ♥ ; Germinal ♥ ♥ ♥ ; L'assommoir

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G
Je n'ai lu que 2 zola.... Un dans ma jeunesse, et celui-ci il y a quelques années... J'avais adoré cette Bête humaine et m'étais promise de poursuivre mes lectures de Zola... malheureusement, c'était comme une bonne décision du 1er de l'an, qui n'a pas été suivie par les faits !
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V
Je le relirai puisque j'avance, doucement, dans les Rougon-Macquart. J'ai le souvenir d'un extraordinaire incipit !! J'ai hâte de le reprendre en main.
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A
Dès que j'ai fini Balzac, je m'attaque à Zola ;-)
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