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litterature europe

L'honnête tricheuse de Tove JANSSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"Que vais-je faire ? Combien de vérités existe-t-il et qu'est-ce  qui les justifie ? Ce qu'on croit ? Ce que l'on invente ? A coups d'arrangements fourbes avec nous-même ? Est-ce le résultat seul qui compte ? Je ne sais plus."

Ce que j'ai aimé :

Katri est une jeune femme solitaire qui se dévoue entièrement à son frère Mats. Elle se veut honnête et entière ce qui ne lui vaut pas que des amis. Anna Aemelin est illustratrice de livres pour enfants, et tout comme ses albums, son monde est peuplé de lapins fleuris. Quand Katri la désabusée s'installe jour après jour dans sa vie, subrepticement, le choc entre ces deux conceptions du rapport aux autres aura des secousses irrémédiables. 

"Anna, elle, avait perdu l'envie de lire. Les héros des mers, de la jungle et des déserts n'étaient soudain plus que des images dépourvus de vie, ils n'ouvraient plus la porte du monde intègre où l'on reçoit sa juste récompense, où l'amitité est éternelle et la gratification légitime." (p. 156)

Les deux mondes vont s'éroder simultanément au contact de l'autre. 

Katri tient les autres sous sa coupe et ne supporte pas qu'ils s'éloignent ou puissent vivre autrement. Son chien va s'émanciper le premier, loin du monde aseptisé, sécurisé qu'elle a voulu créer autour d'elle. Mais la confiance n'est pas aussi évidente à conquérir...

"Je préfère de loin être roulée que de me sentir continuellement méfiante." (p. 154)

Derrière cette relation étrange, se cache des questionnements philosophiques sur notre rapport aux autres, sur la confiance que l'on peut allouer à quelqu'un, sur ce qui nous fonde et nous détruit. Une psychologie très fine, en profondeur des personnages dans un décor neigeux ouaté, au bout du monde créent un roman à part, acéré.

Ce que j'ai moins aimé :

L'étrangeté du roman et du personnage de Katri est assez déstabilisant.

Premières phrases : 

"C'était une matinée sombre et ordinaire d'hiver et il neigeait encore. Pas une seule fenêtre du village n'était allumée. Katri mit un écran devant la lampe pour ne pas réveiller son frère. Il faisait très froid dans la chambre."

Présentation de l'éditeur :

Livre de poche ; Actes sud en 1987 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le livre d'un été

D'autres avis :

Lecture commune avec Aifelle

 

L'honnête tricheuse, Tove Jansson, roman traduit du suédois par Marc de Gouvenain, Le livre de poche, novembre 2014, 216 p., 6.10 euros

Publié dans Littérature Europe

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Le vicomte pourfendu d'Italo CALVINO

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ ♥ 

"Il ne suffit pas d'un vicomte complet pour que le monde entier soit complet." 

Ce que j'ai aimé :

Un chevalier se retrouve malencontreusement coupé en deux lors d'une bataille contre les Turcs. Par un prodige extraordinaire les deux parties de ce vicomte continuent de vivre indépendamment l'une de l'autre. L'une sème la terreur dans la région, quand l'autre répand le bien.

Un jeune narrateur suit les pérégrinations de cet étrange vicomte qui n'est autre que son oncle. Agé de 7 ou 8 ans, orphelin, cet enfant est à la recherche d'un référent et il observe avec méfiance cet homme de sa famille capable de faire le bien comme le mal. Son enfance est marquée par le merveilleux de la situation, son passage à l'âge adulte correspondra à la fin du merveilleux. En suivant les faits et gestes de son oncle, il comprendra qu'en tout être humain, bien et mal coexistent, pour le meilleur et pour le pire. "L'homme contemporain est divisé, mutilé, incomplet, hostile à soi-même." La complétude est impossible à retrouver, l'homme doit apprendre à vivre avec cette incomplétude en lui, la dépasser. 

Le vicomte pourfendu est un conte merveilleux court, rythmé, divertissant, plaisant à lire tout en se doublant d'une fonction didactique qui sème des pistes de réflexion dans l'esprit du lecteur. Il fait partie de la trilogie Nos ancêtres qui comprend également Le baron perché et Le chevalier inexistant.

Ce que j'ai moins aimé :

-Rien

Informations sur le livre :

Vous trouverez une étude ICI

Premières phrases :

"On faisait la guerre aux Turcs. Le vicomte Médard de Terralba, mon oncle, chevauchait à travers les plaines de Bohême. Il se dirigeait vers le camp des chrétiens. Il était suivi d'un écuyer appelé Kurt. De blancs vols de cigognes traversaient, près de terre, l'air opaque et figé."

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le baron perché

D'autres avis :

 Babélio

 

Le vicomte pourfendu, Italo Calvino, traduit de l'italien par Juliette Bertrand, 1951, Le livre de poche, 

Publié dans Littérature Europe

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Marina Bellezza de Silvia AVALLONE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ 

"Devenir adulte, c'est gérer le désir et la violence."

Ce que j'ai aimé :

Au coeur de la vallée de Biella, les villages sont abandonnés, les volets fermés, les enseignes éteintes.

"C'était un spectacle amer, celui du temps qui se retirait et fissurait les villages, les rues. Restait le travail incessant des ronces, et celui, implacable, du torrent. L'obstination des arbres à résister et se régénérer." 

La crise est passée par là, laissant les jeunes nés dans ce cocon désoeuvrés. Certains sont partis, comme Ermanno, d'autres sont restés, comme Luca, Sebastiano et Andrea.

La première scéne du roman illustre parfaitement cette hésitation entre un départ vers un ailleurs peut-être plus glorieux - choix incarné par Marina - et la décision de rester implanté dans sa terre comme Andrea. Lors de cette scène, les garçons hésitent à sortir en ville puis finalement se dirigent vers la montagne, vers une lueur scintillant au loin, "voilée par l'humidité de la nuit". D'emblée l'écart entre Andrea et Marina est posé. Car Marina aimerait partir, attirée par les lumières de la ville et de la célébrité, tel un papillon qui court vers les flashs. Chanteuse de talent, son ascension promet d'être fulgurante. Mais cette célébrité rendra-t-elle son père plus présent ? Sa mère moins attachée à l'alcool ? Andrea ferait plutôt partie de ces jeunes qui reviennent depuis quelques années peupler la vallée, occupant les vieilles demeures délabrées que leurs parents ont abandonnées dans les années 60. Bradées, ces maisons constituent pour ces jeunes sans travail ni demeure un dernier recours. Certains réhabilitent même le métier le plus ancien de ces vallées, celui des ancêtres, des paysans. 

"Une sorte de miracle. Une des raisons pour laquelle on choisit ce genre de vie. Le vrai gain, c'est voir les clients revenir parce que votre beurre, votre tomme, les produits que vous avez fabriqués de vos mains sont meilleurs que les autres ; attendre la naissance d'un veau ; apprendre à lire dans l'étendue du ciel même les signes les plus imperceptibles des saisons, et accorder le rythme de son corps à celui de la terre, sa liberté à la sienne."

La relation entre les deux jeunes gens, irrésistiblement attirés l'un vers l'autre promet d'être compliquée...

"Devenir adulte, c'est savoir distinguer la réalité du désir, se dit Andrea ; savoir renoncer, s'il le faut, au désir. Savoir le nommer, lui donner une autre dimension." 

Dans un style aussi foudroyant que ses personnages, Marina Bellezza chante l'amour de sa vallée, le paradis perdu, mais qui peut être reconquis à force de persévérance et d'amour. 

"Une journée sans rien d'extraordinaire, où tes parents ont l'air heureux, et l'endroit où tu es née est baigné de lumière, l'air a quelque chose de sauvage, de ferreux, chaque chose est exactement à sa place. Et qu'importe ce qui arrivera ensuite, ou ce qui est déjà arrivé. Qu'importent les souffrances, la fatigue, les trahisons qu'il faudra endurer. Ca vaut la peine, malgré tout. Pour cette seule perfection d'une journée, à quatre ans avec ta famille au bord de la Balma, ça vaut la peine." 

Dans le passé, dans les moments forts de l'existence, dans ses racines, chacun puise la force pour construire l'avenir et aller de l'avant.

Village de Piedicavallo (Source Wikipédia)

Village de Piedicavallo (Source Wikipédia)

Ce que j'ai moins aimé :

Quelques clichés, centrée autour du personnage de Marina "Elle était un apparition, elle le savait. Elle aimait exercer son pouvoir, laisser bouche bée des hordes entières de pères de famille, passer à côté d'eux avec un demi-sourire et se venger ainsi sur de parfaits inconnus de sa frustration de n'avoir jamais réussi à attirer l'attention de son propre père." 

Les prolepses, fuite en avant du narrateur qui nous prévient avant l'heure qu'un danger guettant les protagonistes, sont lassantes.

"Ils creusaient eux-mêmes leur fosse. Entraient d'un pas décidé dans la tanière du loup."

Il n'en reste pas moins un vrai plaisir de lecture

Premières phrases :

"Une clarté diffuse brillait quelque part au milieu des bois, à une dizaine de kilomètres de la départementale 100 encastrée entre deux colossales montagnes noires. Seul signe qu'une forme de vie habitait encore cette vallée, à la frontière nue et oubliée de la province."

Présentation de l'éditeur :

Liana Levi

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : D'acier,  Le lynx

Autre : Une part du ciel   de Claudie Gallay

D'autres avis :

Clara ;

Page 

 

Marina Bellezza, Silvia Avallone, traduit de l'italien par Françoise Brun,  Liana Levi, août 2014, 544 p., 23 euros

 

tous les livres sur Babelio.com

 Challenge rentrée littéraire

Publié dans Littérature Europe

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Le manoir de Tyneford de Natasha SOLOMONS

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

L'histoire est issue d'une histoire vraie : l'auteur s'est inspirée du village de Tyneham, sur la côte du Dorset. Tout comme le village de Tyneford dans lequel arrive la jeune juive Elise qui a dû fuir son Autriche natale en proie à la montée du nazisme, Tyneham était un village préservé, ses jours étant rythmés par la pêche, le travail aux champs, les fêtes du château. 

Mais la seconde guerre mondiale est passée par là et le domaine a été réquisitionné par l'armée, balayé par les exercices militaires, créant un village fantôme là où le bonheur et la joie prévalaient.

"J'adorais cet endroit. J'aimais son côté sauvage, la mer battant les rochers noirs, le cri des oies cendrées dans le ciel, les oeillets maritimes au sommet des falaises, les couleuvres lovées dans la lande, le chant des pêcheurs, le ventre couleur d'arc-en-ciel des maquereaux, l'église silencieuse, la vue de Portland à travers le brouillard et les variations du temps aussi changeant qu'un opéra de Mozart - ensoleillé et chaud, avec des mouettes riant dans la baie, suivi l'instant d'après par une pluie, qui criblait les vagues. J'aimais les bateaux de pêche et le ressac de la nuit." p. 482

Le contexte historique apporte réalité à une histoire qui reste du domaine de la chick-lit pour ne pas dire de la littérature à l'eau de rose. 

Ce que j'ai moins aimé :

L'histoire de la jeune Elise est en effet très attendue : contrainte de quitter sa famille pour se réfugier au manoir de Tyneford en tant que domestique, elle va connaître les difficultés liées à son changement de rang, jusqu'à ce qu'elle rencontre l'amûûûûr... La psychologie des personnages est relativement sommaire.

Une lecture plaisante qui frôle l'eau de rose...

Premières phrases :

"Quand je ferme les yeux, je vois Tyneford House. Allongée sur mon lit dans le noir, je vois sa façade en pierre calcaire baignant dans le lumière dorée d'une fin d'après-midi. Le soleil se réfléchit dans les fenêtres supérieures, l'air est chargé d'une senteur de magnolia et de sel."

Informations sur le livre :

Le livre de poche 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Jack Rosenblum rêve en anglais

Autre : L'amour comme par hasard de Eva Rice

D'autres avis :

GaléaAifelleThéomaKeishaLuocine 

 

Le manoir de Tyneford, Natasha Solomons, roman traduit de l'anglais par Lisa Rosenbaum, Le livre de poche (Calmann-Lévy pour la 1ère édition), avril 2014, 7.60 euros

 

Commandé après avoir été tentée par la blogo.

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Fanny Hill, la fille de joie de John CLELAND

Publié le par Hélène

               

     

♥ ♥

"S'il est vrai que l'on meurt quelquefois de joie, c'est un miracle que je n'aie point expiré dans de si délicieuses agonies."

Mon avis :

Fanny Hill est un texte du XVIIIème siècle, on dit que Cleland voulut en l'écrivant introduire l'élégance et la douceur du libertinage français dans son pays. Il fut découvert en 1751 à Paris. la traduction ici présentée est une version "quintessenciée de l'anglais" : il faut attendre 1887 pour que paraisse une traduction intégrale de l'oeuvre. 

Fanny Hill est une jeune fille orpheline à 16 ans, qui rencontre alors des femmes enclines à vendre sa virginité ou son innocence. Elle va se placer sous leur égide, profitant de cet éveil sensuel tellement nouveau pour elle. 

Malheureusement, les pages érotiques ne laissent pas d'impression de plaisir, retenant plutôt la douleur que certains assauts ont pu provoquer chez la jeune fille. Il ne s'agit pas d'un libertinage consenti, mais imposé. son dépucelage semble durer à l'infini, comme si chaque fois était une première fois provoquant souffrances et même évanouissement ! Et pourtant elle rencontre un charmant qui a tous les charmes nécessaires. 

Les personnages sont dotés de peu d'épaisseur psychologique : une distance s'impose, qui provoque l'impression que la jeune fille doit subir sa vie et son destin.

Il n'en reste pas moins que l'écriture est magnifique, elle mène le lecteur vers une jouissance intellectuelle à défaut d'une jouissance physique !

Premières phrases :

"Tu veux,ma chère amie, que je retrace à tes yeux les égarements de ma première jeunesse, quelque désagréable qu'en puisse être le tableau. tes désirs sont pour moi des ordres absolus. Je ne te cacherai rien, et sans te faire languir par un exorde ennuyeux, je vais te révéler jusqu'aux moindres circonstances du libertinage horrible où j'ai été plongée autrefois."

Présentation du livre :

Actes sud 

D'autres avis :

LC avec MIna Berteuil

Jérôme 

Vous aimerez aussi :

Crebillon Les égarements du coeur et de l'esprit

 

Fanny Hill, fille de joie, John Cleland, récit quintessencié de l'anglais par Fougeret de Montbron Lecture d'Elsa Grasso et Guillaume Badoual, Actes sud, 1993, 5.50 euros

 

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La boîte aux lettres du cimetière de Serge PEY

Publié le par Hélène

                                     

♥ ♥ ♥

"La poésie doit être simple. Elle défait les noeuds de la pensée. "

Ce que j'ai aimé :

Dans une écriture poétique hors du commun le jeune narrateur évoque ses souvenirs d'enfance autour d'une école libertaire située dans une ancienne porcherie. Il évoque sa tante Hirondelle borgne, sa mère qui boîte à cause de religieuses intolérantes et cruelles, sa grand-mère philosophe à ses heures, le maître d'école, les amis qui éveillent les enfants à la poésie, au monde. Les principes éducatifs permettent en effet un éveil au monde, au monde des mots, par lequel il appréhende ensuite un monde plus vaste. Le rapprochement sémantique de certains mots comme "boudin" et "bon dieu", "Moscou" et "mouscous" (les mouches) sont autant d'étrangetés qui peuvent faire sens. Les mots signifient et l'enfant, avec l'aide des adultes comprend combien ils sont précieux. 

Ainsi la poésie se rencontre au centre de son univers, par sa capacité à re-créer le monde : 

"La poésie commence quand on revient vivant d'un voyage pour le raconter. C'est la fraternité terrible que la poésie et la mort entretiennent ensemble. Orphée, c'est uniquement celui qui est capable de revenir. Le poète ets toujours un vivant." 

"La poésie est l'irruption, dans le présent, de tout ce qui a été absent. Elle est la capacité de saisir en plein vol les moments en train de disparaître."

Mais les mots sont aussi importants pour vaincre l'oubli, d'où cette boite aux lettres installée dans le cimetière pour établir un dialogue avec la mort. écrire à un mort suppose en effet que celui qui est sous la tombe "n'est pas tout à fait mort ou peut-être encore vivant." La boîte aux lettres existe réellement, elle est placée sur la tombe de Antonio Machado, poète, à Collioure. L'auteur en parle ici.

"La mort du poète est celle de la poésie qui doit sans cesse renaître de ses cendres pour se réinventer." 

L'éducation est aussi l'occasion de mettre en avant des valeurs : 

"Grand-mère avait dessiné un Christ à la peinture noire sur les pales du ventilateur fixé au plafond de bois de la salle commune. Quand le ventilateur tournait à fond, le Christ disparaissait. Elle disait que Dieu était une illusion d'optique, la même que celle provoquée par le ventilateur. Grand-mère le démontrait. Quand elle arrêtait le ventilateur, elle faisait récupérer au Christ son apparence d'homme. Quand elle el rallumait, il disparaissait. Grand-mère disait que la religion c'était ainsi : lorsqu'on fait tourner un homme ou son image rapidement il devient un dieu."

Valeurs humaines, valeurs liées à une histoire perturbée par la guerre d'Espagne. De nombreuses images permettent ainsi de comprendre la nécessité de l'action et ses moyens, comme celle du saumon qui remonte les rivières :

"Il faut transformer la fragilité que nous avons en un lieu de force qui fera trébucher l'ennemi."

Hymne à la poésie et à l'engagement, ce recueil d'une figure emblématique de la poésie-action est à découvrir pour porter un regard neuf sur le monde. Poésie et société sont intimement liés, le poème doit être déplacé hors du livre pour chanter sa puissance !

“ Jamais je n’ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j’aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon

J’aime les voir s’envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

Antonio Machado ,Chant XXIX, Proverbios y cantarès,

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"Nous étions cinq. Et maman nous dit que nous allions être sept avec ceux descendus de la montagne. Et quand nous avons vu arriver Francisco le camionneur et Hélios l'aiguiseur de couteaux, Maman a ajouté que nous serions neuf. On traîna alors la table de la cuisine qu'on installa à côté de al table du séjour. Mon frère disposa de nouvelles assiettes et des verres autour du bouquet de fleurs."

L'auteur :

http://sergepey.tumblr.com/

Écouter ici son portrait sur France-Culture.

Infos sur le livre :

chez Zulma 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le trésor de la guerre d'Espagne

D'autres avis :

Yves 

 

La boîte aux lettres du cimetière, Serge Pey, Zulma éditions, mai 2014, 17 euros

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L'exception de Audur Ava OLAFSDOTTIR

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Nous voulons être les poètes de notre vie et d'abord dans les choses les plus modestes et les plus quotidiennes." Nietzsche Le gai savoir

 

Ce que j'ai aimé :

Un soir de réveillon, le mari de Maria lui annonce qu'il la quitte. Pour un autre homme. Sonnée, elle va alors tenter de se reconstruire tout en assurant le quotidien pour ses deux petits jumeaux. Elle espère un temps le retour de Floki, envisage un conseiller conjugal, mais sa voisine et amie Perla, l'en dissuade rapidement, l'enjoignant à tourner la page :

"Crois-en mon expérience, quand un couple va voir un conseiller, c'est que l'un des deux a déjà décidé de divorcer. Ca n'est qu'un simulacre destiné à apaiser la mauvaise conscience de celui qui s'en va."

Perla, naine, psy, écrivant des romans policiers dans l'ombre et pour le compte d'auteurs connus apporte gaieté et humour dans la vie de la jeune maman nouvellement célibataire, entre réflexions philosophiques et d'autres bien plus prosaïques :

"Une femme qui sait faire le tiramisu ne reste jamais seule bien longtemps."

Peu à peu, jour après jour, rien après rien, la vie reprend le dessus, la beauté du monde s'impose à nouveau à Maria et le soleil fait timidement son apparition dans un monde crépusculaire.

"Ce n'est pas simple d'être adulte. Et puis on prend pas des décisions éclairées à tous les moments de sa vie."

Par touches discrètes et ouatées, Audur Ava Olafsdottir nous offre le portrait doucereux d'une renaissance. Un roman lumineux fascinant sur le couple, les aléas de la vie et ce qui donne de la valeur aux choses. 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

Premières phrases :

"Il n'y a que trois pieds entre le corbeau et mon mari et au moment où celui-ci dénoue le fil de cuivre du bouchon de champagne, l'oiseau déploie ses ailes d'un noir d'encre sur la balustrade du balcon et prend son essor dans l'obscurité polaire."

Infos sur le livre :

Chez l'éditeur

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Rosa Candida ; L'embellie

Autre : Les déferlantes de Claudie Gallay

D'autres avis :

Séverine ; Jostein ; Clara ; Cathulu

 

L'exception, Audur Ava Olafsdottir, traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson, Zulma, mars 2014, 352 p., 20 euros

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L'analphabète qui savait compter de Jonas JONASSON

Publié le par Hélène

                                          

L'auteur :

Chez l'éditeur 

 

L'histoire :

Née à Soweto pendant l’apartheid, Nombeko Mayeki commence à travailler à cinq ans, devient orpheline à dix et est renversée par une voiture à quinze. Tout semble la vouer à mener une existence de dur labeur et à mourir dans l’indifférence générale. Mais c'est sous-estimer le destin... et le fait qu’elle est une analphabète qui sait compter – deux facteurs qui la conduisent loin de l'Afrique du Sud et la font naviguer dans les hautes sphères de la politique internationale. Durant son périple, elle rencontre des personnages hauts en couleur, dont deux frères physiquement identiques et pourtant très différents. Nombeko réussit à se mettre à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. C'est à ce moment-là que l’humanité est menacée. Dans son deuxième roman, Jonas Jonasson s’attaque avec humour aux préjugés et au fondamentalisme sous toutes ses formes. Il démolit une bonne fois pour toutes le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou des poules.

 

Ce que j'ai aimé :

Jonas Jonasson nous emporte dans un univers toujours aussi loufoque, entre la jeune Nombeko dotée d'une intelligence hors normes, ses amies les chinoises spécialistes - entre autre - des empoisonnements de chien, son employeur peu reluisant. Parallèlement deux jumeaux voient le jour dans une famille anti-royaliste au possible, dans un univers tout aussi déjanté.

Les aventures des uns et des autres flirtent avec le pouvoir, la politique, ils aiment jouer avec les bombes à retardement, et ont des ressources cachées insoupçonnables...

Le rythme est rapide, tout s'enchaîne à un rythme infernal...

 

Ce que j'ai moins aimé :

Néanmoins, on se lasse de ces aventures, comme si le fil était rompu, le trait forcé. Les considérations politiques allongent le propos et créent des longueurs. 

Un deuxième roman décevant pour moi. 


Premières phrases :

"D'une certaine manière, les videurs de latrines du plus grand ghetto d'Afrique du Sud étaient bien lotis. Après tout, ils avaient du travail et un toit au-dessus de la tête."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

AUtre :

 

D'autres avis :

Dasola 

Presse 

 

L'analphabète qui savait compter, Jonas Jonasson, traduit par Corinne Bruy, Presses de la cité, octobre 2013, 480 p., 22 euros

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Le parfum de Patrick SUSKIND

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Histoire d'un meurtrier

 

L'auteur :

 

Patrick Süskind est un écrivain et scénariste allemand. Il est né le 26 mars 1949 à Ambach (code postal 82541) sur le lac de Starnberg (am Starnberger See), en Bavière près de Munich. Il étudie l’histoire (histoire médiévale et contemporaine) et la littérature à Munich et à Aix-en-Provence. Il travaille ensuite comme scénariste pour la télévision.

Il écrit une pièce théâtrale à un personnage : "La Contrebasse", qui sera jouée pour la première fois à Munich en 1981. Elle sera publiée en 1984. Cette pièce est jouée régulièrement depuis sa création en Allemagne et a été jouée à Paris avec Jacques Villeret, dans le rôle titre.
Le Parfum est son premier roman édité pour la première fois en 1985 à Zurich, sous le titre Das Parfum, Die Geschichte eines Mörders, puis traduit en français par Bernard Lortholary en 1986 avant d'être réédité par Fayard. Il vaut à son auteur un succès mondial. (Source : Babélio)

 

L'histoire :

 

Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien.

Or ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bel et bien d'un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le coeur des hommes ».
C'est son histoire, abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman très vite devenu un best-seller mondial, et aujourd'hui porté à l'écran. (Source : éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

 

 Jean-Baptiste Grenouille est un être fascinant, à la fois diaboliquement écoeurant, mais aussi artistiquement attirant. Doté d'un nez exceptionnel, il devient un esthète en matière de parfum et élabore les plus envoûtants parfums du siècle. Mais son projet ultime liée à sa fascination des jeunes filles pures l'éloigne peu à peu des sentiers battus. 

 

Par un récit dynamique teinté d'humour, l'auteur, comme Grenouille avec ses flagrances, transforme cette plongée dans le monde d'un assassin en oeuvre d'art parfaitement calibrée. Il parvient également à nous faire sentir les parfums créés par cet homme hors du commun, mais surtout, il nous fait ressentir l'absolue nécessité pour Grenouille de tuer ses victimes innocentes avant qu'elles ne soient perverties par le monde et la société, pour leur offrir un écrin d'éternité dont il pourra s'enivrer jusqu'à pamoison. 

 

Profondément ancré dans la réalité de l'époque, le roman nous emmène au coeur du Paris du XVIIIème avec par exemple la destruction des maisons du pont au Change, les évolutions des parfumeurs, ou encore la révolution culturelle et scientifique qu'ont constituée les Lumières : 

 

« Dans tous les domaines,, on pose des questions, on farfouille, on cherche, on renifle et on fait des expériences à tort et à travers. Il ne suffit plus de dire ce qui est et comment c'est : il faut maintenant que tout soit prouvé, de préférence par des témoins et des chiffres et je ne sais quelles expériences ridicules. Ces Diderot, d'Alembert, Voltaire, Rousseau, et autres plumitifs dont le nom m'échappe, (...), ils ont réussi ce tour de force de répandre dans toute la société cette inquiétude sournoise, leur joie maligne de n'être satisfaits de rien et d'être mécontents de toute chose en ce monde, bref, l'indesdcriptible chaos qui règne dans leur tête. » p.74

 

L'originalité du sujet aux accents fantastiques a fait de ce roman un classique aux accents atemporels, l'un des romans les plus connus de la littérature allemande et qui a été adapté au cinéma en 2006.

 

 

Premières phrases :

 

« Au XVIIIè siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque qui pourtant ne manqua pas de génies abominables. C'est son histoire qu'il s'agit de raconter ici. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le pigeon

 

Le parfum, Histoire d 'un meurtrier, Patrick Suskind, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, Le livre de poche, janvier 1998,5,60 euros

 

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Les pirates dans une aventure avec les savants de Gidéon DEFOE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Embarquez aux côtés de ces joyeux drilles !

 

L’histoire :

 Imaginez un bateau de pirates avec des pirates dedans. Aucun n’a de nom : ils sont appelés par une de leurs caractéristiques (le pirate à l’écharpe rouge, le pirate albinos… et le capitaine pirate, comme de bien entendu). Tous aussi naïfs et sots les uns que les autres. Ajoutez à cela une rencontre aussi fortuite qu’improbable avec des savants, dont Charles Darwin jeune, avant sa théorie. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 De drôles de lurons que ces pirates ! Quand ils ne courent pas les mers pour dépouiller les navires, ils aiment se lancer dans de longues discussions philosophiques sur la meilleure façon de cuire un jambon ou sur les avantages de la vie de pirate. Ils adorent aussi chanter des shanties (chants de marin entraînant), et quand, vraiment ils ont à court d'idées pour s'occuper, ils organisent des courses de tortues géantes ou cherchent d'autres occupations tout aussi saugrenues : 

 « Une poignée de pirates particulièrement brillants s’imaginèrent alors que s’ils attrapaient suffisamment de ces énormes méduses diaphanes qui flottaient autour du bateau, ils pourraient bâtir une sorte de château gonflable. »

Arrivés à ce stade, il est urgent pour eux de trouver un nouveau défi à relever, et heureusement ils vont se lancer ici dans une aventure aux côtés de Darwin et d’autres savants. 

 Drôles et bagarreurs, ces pirates-là sont surtout des marins d’eau douce qui ignorent que les serpents de mer dessinés sur les cartes marines sont purement décoratifs et ne signifient pas qu’à cet endroit un monstre marin va surgir des profondeurs :

 « Ca explique bien des choses, dit-il. Je suppose que c’est pour la même raison que nous n’avons jamais vu cette boussole géante dans le coin de la carte. J’avoue que je suis un peu déçu. »

 Leurs aventures sont toutes aussi déjantées qu’eux et les lecteurs passent un très agréable moment aux côtés de ces hommes bourrus sympathiques.

 Des dialogues incisifs, une action décapante, des personnages délurés embarquez aux côtés de ce joyeux drilles !

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - C'est léger, drôle, je suis conquise...

 

 Premières phrases :

 « -Ce qu’il y a de mieux dans la vie de pirate, dit le pirate atteint de la goutte, c’est les pillages.

- N’importe quoi ! dit le pirate albinos. C’est les doublons. Les doublons, c’est de loin ce qu’il y a de mieux dans la vie de pirate.

Les autres pirates, qui se prélassaient au soleil sur le pont du bateau pirtae, se joignirent bientôt à la discussion. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les pirates, une aventure avec les baleines

Autre : les Jorn Riel

 

D’autres avis :

 Télérama Yves 

 

Les pirates dans une aventure avec les savants de Gidéon DEFOE, traduit de l’anglais par Thierry Beauchamp, J’ai lu, 2012, 6.20 euros

Publié dans Littérature Europe

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