Lagos lady de Leye ADENLE

Publié le par Hélène

♥ 

Guy Collins est un journaliste britannique envoyé au Nigéria pour couvrir les élections. Malgré les recommandations des locaux, il décide néanmoins de se confronter à Lagos by night. Il se rend compte rapidement qu'il aurait mieux fait d'écouter les voix raisonnables qui l'enjoignaient à ne pas sortir la nuit dans la capitale nigériane quand  il tombe sur un crime atroce : une prostituée aux seins coupés. Témoin clé, il est embarqué par la police nigériane aux méthodes quelque peu expéditives et violentes. Il ne devra sa survie qu'à l'intervention d'une mystérieuse Nigériane nommée Amaka, qui le tire des griffes de la police et lui demande en contrepartie d'enquêter sur ces assassinats de prostituées.

Amaka protège en effet ces prostituées, dont personne ne se préoccupe, et elle a besoin de l'aide de ce journaliste étranger tombé du ciel : "Parce que les filles sont des prostituées et que les assassins sont des hommes puissants. Les médias ne s'en mêleront pas parce qu'ils craignent ces hommes. La police n'enquêtera pas sur ce meurtre ni sur les filles qui disparaissent tous les jours. Pourquoi ? Parce que les flics ont trop peur des gros bonnets et de la soi-disant magie noire pour laquelle ils se servent des filles." Amaka se bat pour ces filles qui n'ont guère d'autres alternatives que celle de devenir prostituées : "Pour elles, la prostitution n'était pas un choix - c'était une absence de choix." Guy, envoûté par cette "Lagos lady", choisira de l'écouter et de défendre à son tour ces laissées pour compte.

Dans cette peinture endiablée et sans concession de la capitale nigériane, gangrénée par la corruption, la drogue et les trafics en tous genres, les êtres purs peinent à trouver leur place. Les armes tiennent une place centrale, les petits malfrats côtoyants le grand banditisme, et tous, des notables aux plus jeunes semblent capables d'une perversité choquante. Si le roman est efficace et éclaire une certaine vision de la société nigériane, il souffre de certaines limites à mes yeux.

Ce que j'ai moins aimé : il s'agit d'un policier assez violent, ce qui selon l'auteur est une vision juste de son pays, mais l'autre versant plus doux est perdu dans la masse des kalachnikovs et des pervers obnubilés par le sexe, laissant une vision très sombre de ce pays ! La fin ouverte laisse présager une suite, je passerai sans doute mon tour...

 

Présentation de l'éditeur : Métailié

D'autres avis : Jean-Marc

Lecture que je partage avec Electra

Entretien avec l'auteur chez Transfuge

Vous aimerez aussi :

- Sur le Nigéria les romans de Chimamanda Ngozi Adichie : L’hibiscus pourpre  ; Autour du cou Americanah

- Sur le Gabon les romans d'Otsiemi :  La bouche qui mange ne parle pas  ;  African Tabloid  ; Le chasseur de lucioles

 

Lagos lady, Leye Adenle, traduit de l'anglais (Nigéria) par David Fauquemberg, Métailié noir, mars 2016, 336 p., 20 euros

 

Merci à l'éditeur.

Commenter cet article

Jerome 29/04/2016 16:51

J'aime ,beaucoup le pessimisme et l'absence de lumière alors je me dis pourquoi pas !

Hélène 02/05/2016 08:05

Tout pour te plaire !

Noukette 29/04/2016 00:03

Je ne sais pas si je vais accrocher du coup, il est dans ma PAL...

Hélène 02/05/2016 08:05

Tu verras...

Bernieshoot 28/04/2016 19:04

je suis un amoureux de l'Afrique où j'ai fait de nombreux séjour, je retiens le titre, j'imagine assez le décor

Hélène 02/05/2016 08:05

c'est une Afrique violente et gangrenée que l'on découvre ici !

Alex-Mot-à-Mots 28/04/2016 11:32

J'avais bien aimé Americanha qui parlait aussi de ce pays. Celui-ci ne me tente pas, au vue de la violence que tu décris.

Hélène 02/05/2016 08:04

il semble que ce soit aussi une réalité malheureusement !

clara 28/04/2016 11:10

trop violent pour moi !

Hélène 02/05/2016 08:04

je te comprends !

gambadou 28/04/2016 10:54

Ça à l'air trop violent pour moi ! je passe

Hélène 02/05/2016 08:03

oui, c'est assez violent !

keisha 28/04/2016 09:31

J'avais senti trop de violence pour moi, et choisit le roncagliolo, bonne pioche!

Hélène 28/04/2016 10:47

J'aurais dû faire comme toi...

luocine 28/04/2016 07:38

Quel pays, c'est sûr que s'y promener la nuit ou le jour doit offrir toutes les horreurs propices aux romans les plus sombres.

Hélène 28/04/2016 10:47

Je pense aussi qu'il doit exister là-bas des lueurs de beauté et j'ai regretté de ne pas les trouver.

Electra 28/04/2016 07:29

Oh désolée de voir que tu n'as pas eu le coup de coeur ! bon, moi la violence ne me dérange pas surtout qu'elle s'applique à montrer l'écart entre les "très riches" et ceux des bidonvilles et à dénoncer la prostitution et tout le reste qui gangrène un pays en pleine croissance. Et puis l'humour est toujours présent ! J'avais trouvé le dernier Burke aussi violent, à sa manière.

Par contre, je n'ai pas du tout pensé à une suite moi ;-) Bonnes vacances

Hélène 28/04/2016 10:47

Ce n'est pas tellement la violence qui m'a gênée mais plutôt l'absence de paix... Les personnages sont pris dans une spirale pessimiste je trouve, sans lumière.