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poesie francaise

Printemps des poètes - 5

Publié le par Hélène

  « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre » pensait Ulysse. Aussi son chant écarta six reines et écueils ainsi sut-il revenir vers Pénélope : qu’à son exemple chacun cherche son Ithaque qui en lui demeure – sans doute lui sera-t-il accordé d’y aborder lumen de lumine.

Combien de temps faut-il pour comprendre qu’il n’y a ni passé no future on a tout le temps pour apprendre qu’y a rien à apprendre sinon le présent (é)mouvant ce curseur qui dévoile une seconde l’éternité. Que je devienne mon maître et son serviteur intérieurs que je n’aie pas d’autre héros que moi m’aime.

Le ciel est bleu ou gris et la mer son miroir va ma vie vogue après vague ma nave voyage. Ulysse des banlieues j’aime êtres et hêtres la belle et la bête elle et l’aile le clair et la chair mi-di comme minuit mon cri et mon silence le crépuscule des matins avec celui des soirs j’aime l’obscur et le clair et par l’éclair je vois dans la nuit jour de colère de tendresse ;

pas résigné pas rampant pas rebut pas à consommer condamné pas denrée mais vivant comme le corps beau délicieux croâ je crois et croîs en moi niant les saigneurs de guerre les assassins du seigneur moi-M niant les prophéties de Mal-heure les religieux du Mal-aise désobéissant aux politiques de Mal-être – n’oubliant pas qu’à l’an vert du monde rit le vers lent du démon ;

simple comme un caillou sage comme un arbre vif comme une pie inquiet comme un homme mon pays : le monde – ma patrie : la terre où la femme égale l’homme d’aucun parti mais de la totalité où les humains vont égaux en tous sous le soleil exactement embrassant seule religion la Vie Vraie (la guerre étroite celle des détroits de Toi n’aura pas lieu) n’y a rien d’autre qu’être moi toi soi notre Odyssée ludique dans l’Univers lieu unique :
être homme humus d’humanité !


Daniel Biga

Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

Publié dans Poésie française

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Printemps des poètes - 4

Publié le par Hélène

Je crois en ceux qui marchent
à pas nus
face à la nuit

Je crois en ceux qui doutent
et face à leur doute
marchent

Je crois en la beauté oui
parce qu’elle me vient des autres

Je crois au soleil au poisson
à la feuille qui tremble
et puis meurt
en elle je crois encore
après sa mort

je crois en celui 
qui n’a pas de patrie
que dans le chant des hommes

et je crois qu’on aime la vie
comme on lutte 
à bras le corps

Jean-Pierre Siméon, Sans frontières fixes, éd. Cheyne

Publié dans Poésie française

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Printemps des poètes -3

Publié le par Hélène

Ils ont mis des frontières entre les sables,
dressé des barrages aux icebergs,
isolé les cormorans de la banquise.
mais ils n'attacheront jamais les ailes du vent!

Prisonnier de l'inutile,
nous avons rompu le fil
qui relie le ciel et la terre.
Fortunés bac plus dix,
nous n'osons plus marcher
sur la sente déserte.
Tapis dans nos pavillons,
nous ne connaissons plus le chaud et le froid.
L a vitesse a tout emporté sur son passage
et le silence a eu peur.

Il existe un bateau de nuit perdu au fond d'un jardin,
une pleurésie grimpante,
une neige qui ne fond jamais,
une étable pour s'asseoir dans la lumière de midi.

 

Dominique Cagnard

Publié dans Poésie française

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Printemps des poètes - 2

Publié le par Hélène

A qui tue par idéal

Ne sais-tu pas combien Dieu s’est vêtu de silence
Et n’ordonne plus
Que cherches-tu dans le bruit et la fureur
Dans l’arrêt du voilier par ton rêve
Insensible insensé
Qu’existe-t-il hors la vie
Les départs les aubes recommencées
Les carreaux de givre sur la vitre
Te souviens-tu du souffle sur ton berceau
Du pas frêle de ton amoureuse un matin de neige
Dis que sais-tu de cet amour
Qui se donne et ne reprend pas
De cette perte et de la porte
Que sais-tu de la liberté qui jamais ne meurt
Même sous le boisseau
Sais-tu combien Dieu s’est vêtu de silence
Et t’appelle à plus haut soleil
Que le sang renversé
A présence tremblée
A chuchotement dans les reflets
Ne sais-tu pas mon frère
Qu’il n’est de gloire que d’abord effacée
Puis d’étoiles sans nuit
Observe ta victime aux mains blanches
Immolée dans le calme tant t’enivrent tes raisons
Et le visage angélique du mal
Dans victime il y a vie
Tu as servi la mort et pourtant tendu au vent semences d’avenir
Debout serons-nous
Dans l’assurance du jour
Et rirons
De son éclat sans brisure

Tu te croyais exilé du destin je sais
Avril avili
Et les réclames qui pavoisent aujourd’hui
Enfonçaient dans le corps du monde
Le refus du poème
Je sais
Mais ton destin était d’être
A peine
Roseau sur le bord du chemin
Aquarelle envolée
Un presque rien qui s’étonne
Et devient univers

Ne sais-tu pas combien Dieu s’est vêtu de silence
Et t’appelle à vie

Que notre douleur de ce jour
Soit ce cristal éteint
Où renaîtra matin debout

Marc Desombre 
10 janvier 2015

Publié dans Poésie française

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17ème Printemps des poètes - 1

Publié le par Hélène

17e Printemps des Poètes 

7 au 22 mars 2015

 

L'INSURRECTION POETIQUE

 


"La poésie peut encore sauver le monde en transformant la conscience" Lawrence Ferlinghetti

 

Fait de langue, la poésie est aussi, et peut-être d'abord, « une manière d'être, d'habiter, de s'habiter » comme le disait Georges Perros. 


Parole levée, vent debout ou chant intérieur, elle manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le voeu d'une vie intense et insoumise. Elle est une insurrection de la conscience contre tout ce qui enjoint, simplifie, limite et décourage. Même rebelle, son principe, disait Julien Gracq, est le « sentiment du oui ». Elle invite à prendre feu. 

Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des Poètes 

Publié dans Poésie française

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Les mains libres de Paul ELUARD et Man RAY

Publié le par Hélène

                                                                                                                                                                                            

♥ ♥

"Il y a plus de merveilles dans une main tendue, avide que dans tout ce qui nous sépare de ce que nous aimons."

Ce que j'ai aimé :

Les dessins de Man Ray sont illustrés par les poèmes de Paul Eluard. L'un et l'autre s'inscrivent dans une démarche surréaliste puisque Man Ray conservait des carnets près de son lit pour y dessiner à loisir ses rêves et autre envie fulgurante, et Paul Eluard était adepte de l'écriture automatique.

Les deux hommes se sont rencontrés dans le Paris des années 20 et ont naturellement décidés de collaborer, réunis par une même croyance dans le pouvoir infini de l'imagination, du rêve et de la création. Tous deux veulent créer "les mains libres" sans être assujetti à une forme particulière ou à des topos poétiques ou artistiques contraignants. 

Les dessins de Man Ray sont centrés sur l'univers féminin, le corps de la femme, le désir qu'il procure.

"Le dessin de Man ray : toujours le désir, non le besoin. Pas un duvet, pas un nuage, mais des ailes, des dents, des griffes."

"L'AVENTURE

Prends garde c'est l'instant où se rompent les digues

C'ets l'instant échappé aux processions du temps

où l'on jour une aurore une naissance

 

Bats la campagne

comme un éclair

 

Répands tes mains

Sur un visage sans raison

Connais ce qui n'est pas à ton image

Doute de toi

Connais la terre de ton coeur

Que germe le feu  qui te brûle

 

Que fleurisse ton oeil

Lumière."

 

 

 

"Dessine le sort

Un trait d'acier sincère

Un trait filant droit

Sur des routes nouvelles"

Ce que j'ai moins aimé :

L'hermétisme de certains poèmes ou dessins est inhérent au surréalisme...

Informations sur le livre :

Poésie Gallimard

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Capitale de la douleur

 

Vous trouverez une étude intéressante du recueil sur le site  de l'académie de Besançon 

Publié dans Poésie française

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Fêtes galantes de Paul VERLAINE

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥ ♥

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

Mon avis :

Dans ce second recueil, Verlaine s'inspire des fêtes galantes du XVIIIème siècle. Les fêtes galantes évoquent l'insouciance, la frivolité du XVIIIème entre badinage amoureux, recherche avide du bonheur et du plaisir. Mais ces fêtes sont un leurre de la grande comédie de la vie : le monde féérique n'est qu'un mirage, l'amour une mascarade et la vie un artifice davantage joué que rééellement vécu. 

          

Ses poèmes penchent quelquefois vers le Parnasse qui affirme le primat absolu de la forme plutôt que toute volonté de délivrer un message politique ou de formuler des confidences personnelles. Verlaine a foi en l'existence d'un monde spirituel en route vers un ailleurs plus beau aux accents baudelairiens. Il se réfugie dans des légendes, dans le passé, dans le libertinage du XVIIIème. Il témoigne ainsi d'un penchant pour les ruines et les cloitres, les cimetières et autres lieux solitaires qui expriment l'angoisse romantique de cette génération face à la fuite du temps et à la fragilité de la vie humaine. Il nourrit le rêve nostalgique d'un monde ancien aussi romantique. 

De nouvelles conceptions du rythme et de l'harmonie voient le jour, dans la mouvance du mouvement symboliste : le symbole moitié visible d'une réalité supérieure est à découvrir. Des "correspondances" relient les choses entre elles par les liens secrets. 

Promenade sentimentale

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l'étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j'errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l'épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et les nénuphars, parmi les roseaux,
Les grands nénuphars sur les calmes eaux.

Initium

    Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtes
    Et le bal tournoyait quand je la vis passer
    Avec ses cheveux blonds jouant sur les volutes
    De son oreille où mon Désir comme un baiser
    S'élançait et voulait lui parler, sans oser.

    Cependant elle allait, et la mazurque lente
    La portait dans son rhythme indolent comme un vers,
    - Rime mélodieuse, image étincelante, -
    Et son âme d'enfant rayonnait à travers
    La sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts.

    Et depuis, ma Pensée - immobile - contemple
    Sa Splendeur évoquée, en adoration,
    Et dans son Souvenir, ainsi que dans un temple,
    Mon Amour entre, plein de superstition.

    Et je crois que voici venir la Passion.

L'amour par terre

Le vent de l'autre nuit a jeté bas l'Amour

Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,

Souriait en bandant malignement son arc,

Et dont l'aspect nous fit tant songer tout un jour !

Le vent de l'autre nuit l'a jeté bas ! Le marbre

Au souffle du matin tournoie, épars. C'est triste

De voir le piédestal, où le nom de l'artiste

Se lit péniblement parmi l'ombre d'un arbre,

Oh ! c'est triste de voir debout le piédestal

Tout seul ! Et des pensers mélancoliques vont

Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond

Évoque un avenir solitaire et fatal.

Oh ! c'est triste ! - Et toi-même, est-ce pas ! es touchée

D'un si dolent tableau, bien que ton oeil frivole

S'amuse au papillon de pourpre et d'or qui vole

Au-dessus des débris dont l'allée est jonchée.

 

Exposition : 

Au Musée Jacquemart André

 

Publié dans Poésie française

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L'honneur des poètes collectif

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥

"Ces morts ces simples morts sont tout notre héritage

leurs pauvres corps sanglants resteront indivis.

Nous ne laisserons pas en friche leur image

les vergers fleuriront sur les prés reverdis." (Pierre Emmanuel)

 

Mon avis :

Cet ouvrage a été publié en juillet 1943 par les Editions de Minuit, maison d'édition clandestine. Il vient d'être réédité pour commémorer les 70 ans de la Libération et de la victoire sur le nazisme. L'achevé d'imprimer de la version d'origine précise :

CET OUVRAGE

PUBLIE AUX DEPENS

DE QUELQUES BIBLIOPHILES

PATRIOTES

A ETE IMPRIME

SOUS L'OCCUPATION NAZIE

LE 14 JUILLET 1943

JOUR

DE LA LIBERTE OPPRIMEE

Les poèmes ont été recueillis par Eluard avec l'aide de Jean Lescure. Le retentissement de l'ouvrage est immense. Y ont participé des poètes connus : Aragon, Desnos, Eluard, Guillevic, Ponge, Pierre Seghers,  Jean Lescure, Jean Tardieu, Vercors,  et des poètes moins connus comme René Blech, Pierre Emmanuel, André Frénaud, Georges Hugnet, Ambroise Maillard, Loys Masson, Camille Meunel, Lucien Scheler, Claude Sernet, Edith Thomas, Claude Vlldrac.

La préface rédigée anonymement par Paul Eluard précise :

"Whitman animé par son peuple, Hugo appelant aux armes, Rimbaud aspiré par la commune, Maïakovski exalté, exaltant, c'est vers l'action que les poètes à la vue immense sont, un jour ou l'autre, entraînés. Leur pouvoir sur les mots étant absolu, leur poésie ne saurait jamais être diminuée par le contact plus ou moins rude du monde extérieur. La lutte ne peut que leur rendre des forces. Il est temps de redire, de proclamer que les poètes sont des hommes comme les autres, puisque les meilleurs d'entre eux ne cessent de soutenir que tous les hommes sont ou peuvent être à l'échelle du poète.

Devant le péril aujourd'hui couru par l'homme, des poètes nous sont venus de tous les points de l'horizon français. Une fois de plus la poésie mise au défi se regroupe, retrouve un sens précis à sa violence latente, crie, accuse, espère."

Le poète est celui qui doit guider le peuple, un visionnaire qui par sa parole regroupe les hommes. Il prône la résistance, la liberté, la fraternité dans un monde divisé :

"Nul d'entre vous n'est seul : vos coeurs prisonniers

Battent dans nos coeurs à toute heure que sonne la 

fraternité."

Par la puissance des mots, il peut refaire le monde, le reconstruire et finalement, peut-être, le changer. La poésie devient alors une arme, un espoir.

"Ce coeur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille ! 
Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons, 
à celui des heures du jour et de la nuit, 
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines 
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs 
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Francais se préparent dans l'ombre 
à la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté 
au rythme même des saisons et des marées, 
du jour et de la nuit." (Robert Desnos)

Des poèmes pour enjoindre à la résistance, mais aussi pour ne pas oublier, pour que ceux qui se sont sacrifiés pour la liberté ne l'ait pas fait en vain. Des poèmes pour se souvenir...

Vous aimerez aussi :

Sur le blog Les bavardages de Sophie 

D'autres romans sur le thème de la guerre :

L’origine de la violence ;  Terre et cendres ; Le jour avant le bonheur ; Melnitz ; ‘Ta mère ; Persépolis ; Purge ; L’art d’écosser les haricots ;  Virginia ;  Allah n’est pas obligé ;  Je me souviens   ; Maus ; Inconnu à cette adresse ; Les recluses  ; Le voyageur sans bagages ; Les yeux d’Elsa   ; 14 ; Certaines n’avaient jamais vu la mer ; Le héron de Guernica ; Notre force est infinie ; La remontée des cendres suivi de Non identifiés Radeau ;   Au revoir là-haut 

 

L'honneur des poètes, Collectif, Le temps des cerises, férvier 2014, 10.64 euros

Publié dans Poésie française

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Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

                                       

♥ ♥ ♥

« Vivre, c’est rafler des instants. »

 

L’auteur :

 Sylvain Tesson est un écrivain voyageur. Il est le fils de Marie-Claude et Philippe Tesson et le frère de la comédienne Stéphanie Tesson et de la journaliste d'art Daphné Tesson.


Géographe de formation, il effectue en 1991 sa première expédition en Islande, suivie en 1993 d'un tour du monde à vélo avec Alexandre Poussin. C'est là le début de sa vie d'aventurier. Il traverse également les steppes d'Asie centrale à cheval avec l'exploratrice Priscilla Telmon, dont il fut le compagnon pendant de nombreuses années, sur plus de 3000 km du Kazakhstan à l'Ouzbekistan. En 2004, il reprend l'itinéraire des évadés du goulag en suivant le récit de Slavomir Rawicz : The Long Walk (1955). Ce périple l'emmène de la Sibérie jusqu'en Inde à pied.

Depuis quelques années, il écrit des nouvelles, dans un registre poétique où souvent l'absurde des situations humaines est montré avec humour. Il collabore également à diverses revues.

Aujourd'hui, Sylvain Tesson est membre d'honneur de l'INREES, Institut de recherche sur les expériences extraordinaires. Il est aussi administrateur de la Guilde européenne du raid et du comité directeur de la Société des explorateurs français.

Ces derniers ouvrages lui ont valu la reconnaissance critique et public. "Une vie à coucher dehors" chez Gallimard à reçu le Goncourt de la nouvelle en 2009, et "Dans les forêts de Sibérie " du même éditeur, le Prix Médicis essai 2011 (Source : Babélio)

 

Présentation :

 Chaque soir, en voyage, devant un paysage, après une rencontre, Sylvain Tesson piège sa pensée et l'épingle dans son carnet. Quelques mots forment un aphorisme et suffisent à décrire la cascade, les fleurs d'un alpage, l'odeur de l'aube dans les sous-bois, le plaisir de la marche. L'amoureux d'aphorismes est un peintre sans pinceau, un photographe sans appareil. Il saisit l'instant en entomologiste. L'aphorisme, lui, est comme le papillon : il éclot de la pensée et s'envole léger. (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 Ce petit recueil rassemble des aphorismes, glânés au cours des voyages de l'auteur, selon l'inspiration du moment : 

« Un aphorisme est réussi lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter à quelque chose dont il y avait beaucoup à dire. »

« Aphorisme : partie émergée de l’iceberg de la pensée."

 

 « La nuit, on cicatrise du jour."

« Une route serpente sensuellement vers l’échancrure d’un col. »

« Eclair : un orage a eu une idée. »

 

De nombreuses images permettent des rapprochement subtils, l'auteur maîtrise parfaitement l'art de la métaphore :

« Les mauvaises herbes : écume des terrains vagues. »

 

Certains aphorismes se font philosophiques :

« Le printemps devrait nous faire comprendre une bonne fois pour toutes que rien n’est jamais perdu. »

« Après avoir observé le monde extérieur, le hérisson a tiré les justes conclusions. »

« Le tourisme, c’est l’énergie dépensée en parcourant dix mille kilomètres pour se plaindre que les choses ne fonctionnent pas comme chez soi. »

 

Ils sont illustrés par Michel Spinoza qui a réalisé 24 peintures originales our acompagner ces éclats de pensée.

 

                                

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Il ne faut pas les lire tous d’un coup, il vaut mieux en faire son livre de chevet pour picorer, chaque jour ici ou là une pensée...

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Une vie à coucher dehors Dans les forêts de Sibérie ;  Géographie de l’instant  ; S'abandonner à vivre

 

 D’autres avis :

 Mango 

 

Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages, Sylvain Tesson, pocket, 6.10 euros

Publié dans Poésie française

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Printemps des poètes 2014

Publié le par Hélène

 

Or, pour moi, la culture, c’est tout ce qui refuse les similitudes, l’immobilisme des racines, les miroirs de la mémoire close, tout ce qui refuse ou écarte le semblable ou le similaire pour rechercher ce qui est différent, ce qui est dissemblable. Etre cultivé aujourd’hui, ce n’est pas lire Tacite ou Homère dans le texte (ça c’est l’érudition), ce n’est pas non plus connaître par cœur les composantes chimiques du sol de Mars ou de Saturne, c’est simplement admettre jusqu’en sa propre création la culture des autres, c’est même au besoin se mêler à elle et la mêler en soi. Etre cultivé aujourd’hui, c’est porter en soi à sa mort des mondes plus nombreux que ceux de sa naissance. C’est s’enrichir et s’agrandir en se tissant, se métissant de la culture des autres.

Jacques Lacarrière


Extrait de « Nous ne sommes plus des paramécies »
Texte publié dans la revue Gulliver (93)

Publié dans Poésie française

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