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bande dessinee etrangere

Couleur de peau : miel de JUNG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L'auteur, Jung, pseudonyme de Jun Jung‑sik, est né à Séoul en 1965, adopté à l’âge de 5 ans par une famille belge. Dans cette Bd autobiographique il narre son expérience. 

Dans le tome 1 il raconte son enfance depuis son abandon à Séoul, pris en charge par l’orphelinat américain Holt, jusqu’à son adoption en mai 1971 par une famille belge déjà composée de quatre enfants. Il évoque son arrivée dans cette famille, sa mère plus autoritaire, son père absent, ses frères et sœurs bienveillants.
Dans le tome 2 il se heurte à la question de son identité, fréquentant des coréens, en rébellion contre cette mère adoptive qui semble ne pas être à la hauteur de ses attentes. Après avoir été rejeté par sa mère biologique, il aurait aimé trouver l'amour nécessaire à une reconstruction dans cette nouvelle famille adoptive, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Il découvre aussi les premiers émois amoureux.

Dans le tome 3 il retourne en Corée du sud à 44 ans et se souvient aussi de ses années d'études à Bruxelles.

Enfin dans le tome 4 il donne la parole à sa mère adoptive. 

Ce que j'ai aimé :

L'auteur montre bien la difficulté de se forger une identité quand l'enfant est tiraillé entre son héritage coréen et son éducation belge, peinant à trouver sa place. Il insiste sur le profond sentiment de déracinement et d'abandon : l’histoire met en lumière l’expérience de milliers d’enfants coréens adoptés dans le monde après la guerre, et le malaise que cela peut créer, poussant même certains au suicide ou à l'autodestruction comme pour sa petite sœur Valérie. Le chemin vers l'acceptation est long et semé d'embûches...

"C'est moins l'origine que la qualité de la terre qui te permettra de plonger tes racines au plus profond de ton être." 

Le récit est narré avec sobriété, ironie et humour, nullement mélodramatique, ce que je redoutais. 

Des encadrés informatifs sur l’adoption coréenne, permettent au lecteur de découvrir aussi l’histoire sociale et géopolitique de la Corée qui a envoyé plus de 200 000 enfants aux quatre coins du monde. 

Je conseille de lire les 4 tomes ensemble, ils forment un tout vers la compréhension de son identité. 

Présentation de l'éditeur : Soleil

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Le voyage de Shuna de Hayao MIYAZAKI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Publié au Japon en 1983 deux ans avant la création des studios Ghibli, cet album, inspiré d'un conte folklorique tibétain vient d'être publié en France.

Le prince Shuna part à l'ouest pour trouver des graines dorées légendaires, traversant des espaces semblables aux paysages de l'Asie centrale, et atteint un territoire où des "êtres divins" cultivent la graine dorée. Il en vole quelques spécimens mais en subit aussi les conséquences. Dans ce conte, nous retrouvons en germe des personnages, des décors et des thèmes qui font de l’univers de Miyazaki un univers si riche et atypique avec les thèmes qui lui sont chers comme l’écologie, le rapport au pouvoir ou encore l’esclavagisme. Cette histoire a inspiré les contes de Terremer mais aussi Nausicaa. Les aquarelles magnifiques contribuent à faire de cet album un petit bijou !

Présentation de l'éditeur : Editions Sarbacane

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Les rigoles de Brecht EVENS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Lors d'une nuit interlope, trois personnages errent dans la ville de bar en bar : Jona doit rejoindre sa femme le lendemain sur Berlin et cherche un peu de compagnie ce soir-là. Il se retrouve accompagné de Buzz, personnage quelque peu voyant. Rodolphe et Victoria déambulent également dans ces soirées décalées. Chacun se heurte au vide de son existence, dans une quête d'identité hallucinée. Les personnages se découvrent dans une prolifération de saynètes, bulles et dialogues agissant comme une logorrhée puis les plans larges dévoilant une beauté soudain surprenante.

Esthétiquement, cet album est une merveille, et l'histoire est à l'image de leur quête, décousue, sans réel sens, ponctuée d'alcool, drogue et sexe, comme un rêve éveillé dans lequel on ne sait plus bien ce qui tient de l'hallucination ou de la réalité.

Il aura fallu quatre ans à l'auteur pour réaliser ce roman graphique de plus de 300 pages, véritable prouesse esthétique !

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper LEE adapté et illustré par Fred Fordham

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un roman devenu culte dans le monde entier, racontant l'histoire de la famille Finch vivant à Maycomb en Alabama dans les années 30 et dont le père avocat décide de défendre un noir accusé du viol d'une blanche. Ses enfants Jem et Scout suivent les évènements, et perdent peu à peu leur innocence d'enfants pour découvrir le monde trouble des adultes. Atticus Finch est un homme exemplaire, prêt à tout pour défendre ses valeurs et les inculquer à ses enfants.

Ce roman graphique donne une nouvelle vie au chef d’œuvre d’Harper Lee couronné par le prix Pulitzer en 1961. L’illustrateur donne un tour très réaliste à son œuvre, il a en effet exploré les lieux qui ont compté pour Harper Lee et a plongé dans sa vie pour mieux comprendre son roman.

Une adaptation réussie pour découvrir ou redécouvir ce magnifique plaidoyer pour le justice ! A offrir, encore et encore !

 

 

Le roman : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Présentation de l'éditeur : Grasset

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Cet été là de Jillian et Mariko TAMAKI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Rose et Windy se retrouvent chaque été au lac Awago où leurs parents louent des cottages. Cet année-là, elles ont 13 et 11 ans et se préparent à un nouvel été entre baignades, discussions et jeux à n'en plus finir. Mais Rose grandit, et découvre les premiers émois amoureux, de plus, elle doit faire face à l'éloignement de ses parents, minés par des conflits larvés.

La peinture de l'adolescence est très subtile, le personnage de Rose oscillant entre délicatesse et emportements excessifs. L'instant devient charnière parce que la jeune femme grandit, affronte les silences de la famille et comprend peu à peu ce qui palpite dans ces non-dits, mettant peu à peu des mots sur des émotions confuses qui brouillent souvent l'humeur.

Le moment hors du temps des vacances permet aussi de mettre en lumière des failles et des bonheurs que le temps suspendu met davantage en valeur. La beauté de ces amitiés qu'on noue juste pour l'été et qui s'évanouissent à la rentrée, jusqu'à l'an prochain, prend alors tout son sens.

Un bel hymne à l'adolescence !

 

Présentation de l'éditeur : Rue de Sèvres

 

Retrouvez d'autres titres de la BD de la semaine chez Moka

 

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GrassKings de Matt KINDT et Tyler JENKINS tome 1

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Au sein de Grass Kingdom, se cotoient différents destins, dans une harmonie précaire. C'est là que vivent Robert et Bruce, qui dirigent plus ou moins leur territoire, en marge de Cargill, la ville voisine régie par le shérif Humbert.

Quand une jeune fille se réfugie sur leur territoire, l'ordre est bousculé. Si Robert l'accueille, c'est à ses risques et périls. Mais il voit en la jeune femme sa fille, disparue des années auparavant et prend le risque de la protéger, quelle que soit son identité.

Cette lutte de territoires se double d'un suspens lié à la disparition de la fille de Robert, non résolue, et dont le suspect pourrait être plus près que prévu...

Les dessins sont magnifiques, apportant une douceur qui tranche avec la violence de l'intrigue.

Une belle réussite en lice pour le prix SNCF du polar 2020

 

Présentation de l'éditeur : Futuropolis

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Locke and Key tome 1 à 6 de Joe HILL et Gabriel RODRIGUEZ

Publié le par Hélène

♥ ♥

Alors que leur père a été sauvagement assassiné, les trois enfants Locke Tyler, Kinsey et Bode emménagent avec leur mère Nina à Keyhouse, demeure ancestrale de la famille. Bode trouve alors des clés magiques aux étranges pouvoirs. dans l'ombre, une créature démoniaque nommée Dodge observe les clés trouvées. Il est à la recherche de la clé qui ouvrira la Porte noire pour libérer les démons de l'enfer et prêt à tout pour mettre la main dessus.

Dans cette série oscillant entre horreur et fantastique (Joe Hill est le fils de Stephen King), le lecteur se retrouve indéniablement happé par cet univers et ces personnages profonds et attachants. Au-delà du mystère, elle rejoint l'humain en nous interrogeant sur le regret, sur ceux qui reste derrière nous, mais aussi sur ce qui fonde notre être, nos émotions, nos peurs et nos larmes.

 

Ce que j'ai moins aimé :

- beaucoup d'hémoglobine

- les dessins

Pour conclure, ce n'est pas franchement mon univers, je me suis laissée convaincre par une amie pour qui il s'agit de sa série bd préférée. Néanmoins, j'ai été prise par l'intrigue et j'ai lu les 6 tomes en deux jours...

A noter qu'une série adaptée de cette BD est sortie sur Netflix ce mois-ci.

 

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Cassandra Darke de Posy SIMMONDS

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Cassandra Darke doit sa fortune à la galerie d'art moderne de son défunt mari, à la morale douteuse pourtant, si bien qu'elle a été inquiétée par la justice et garde une mauvaise réputation dans le monde de l'art. Mais peu lui chaut, car Cassandra se revendique misanthrope et n'a que faire de ce qu'on peut penser d'elle car, finalement, «à côté de tous ces meurtriers récidivistes, on se sentirait presque comme Blanche-Neige».

Elle va pourtant se trouver impliquée dans une affaire bien plus compliquée : son ex locataire et nièce Nicki a fait quelques mauvaises rencontres...

Ce que j'ai aimé :

Le personnage de Cassandra Darke, antipathique à souhait, râleuse, l'inverse d'une héroïne. Et pourtant, le contact avec sa nièce, pas toujours très futée dans le choix de ses fréquentations, révèlera peut-être au fond de Cassandra un soupçon d'humanité... Le contraste entre les deux femmes étaient intéressant en lui-même, il n'était peut-être pas nécessaire de lui adjoindre une intrigue policière qui, à mes yeux, n'apporte pas grand chose...

Ce que j'ai moins aimé :

- L'intrigue et ses rebondissements

- L'alliance entre dessins et texte dense et resserré ne facilite pas la lecture

Présentation de l'éditeur : Denoel

 

Sélectionnée pour le prix SNCF du polar

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Du sang sur les mains, de l’art subtil des crimes étranges de Matt KINDT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Mais qui êtes-vous pour décider de ce qui est mauvais ou non pour moi ? »

À Diablerouge, à la frontière avec le Canada, dans les années 1960, le célèbre Inspecteur Gould détient le record de meurtres résolus. Mais il se trouve tout à coup aux prises avec une vague de criminels singuliers sévissant dans sa ville : une voleuse de chaises, un pickpocket amnésique, un Don Juan aux mille visages… Qui tire les ficelles de ces drôles d'affaires dans l'ombre ?

Cette Bd originale est centrée sur une profonde réflexion sur les notions de bien et de mal. Où sont les frontières, quels sont les critères qui séparent le condamnable de l'innocence ?

« Vous êtes une machine. Une machine bien huilée. Marche… Arrêt… Bien… Mal… Mais où est votre cœur dans tout cela ? »

L'auteur fait dialoguer deux points de vue sans prendre partie, et offre ainsi un regard neuf sur le genre policier.

"Quelqu'un a dit qu'on reconnaît les génies à leur capacité à soutenir deux points de vue contradictoires en même temps. Mais il n'y a pas deux points de vue contradictoires... Il y en a des milliers. "

Un polar inclassable qui vaut le détour.

 

Présentation de l'éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

Sélectionné pour le prix polar SNCF (il est mon préféré dans la catégorie BD...)

 

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Sudestada de Juan Sáenz Valiente

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Georges est un détective privé sans scrupules et sans humanité sévissant à Buenos Aires. Il fait son travail froidement, sans état d'âme. Quand le mari de la célèbre chorégraphe Elvira Puente lui demande de filer sa femme pour découvrir si elle a un amant, il s'apprête à être tout aussi impartial. Mais cette rencontre risque bien de bouleverser sa vie et ses habitudes !

 

Le Sudestada du titre est un vent sec et pluvieux qui va contraindre Georges à cohabiter quelques temps avec la mystérieuse Elvira, bloqués dans une propriété isolée. 
Avec finesse, l'auteur révèle peu à peu la part d'humanité qui siège en son détective glacial, et montre combien une rencontre peut changer une vie. L'art ne sera pas étranger à ce bouleversement, remuant en l'homme une beauté enfouie sous des années de conformisme qui ont fini par éroder ses sentiments.
Une très belle réussite !

 

A noter : la couverture n'est pas du tout représentative de la BD

 

Présentation de l'éditeur : Michel Lafon

D'autres avis : Babélio

Sélectionné pour le Prix polar SNCF 2019

Vous avez jusqu'au 15 mai pour voter !

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