Cet album jubilatoire nous parle du couple et de ses lassitudes. Comme à son habitude, Fabcaro se joue des clichés, les détourne et s'en moque ironiquement en une soixantaine de planches.
Cette exquise BD sera bientôt adaptée sur Canal Plus avec Emma de Caunes, Eye Aidara, Ana Girardot, Guillaume Gouix et Pierre Delalonchamps sont quelques-unes des stars de cette série réalisée par Lola Doillon. Elle sera diffusée sur Canal + et constituée de quinze épisodes de deux minutes.
Dans ce récit autobiographique Rochette raconte son parcours : son enfance dans les années 60 près de Grenoble aux côtés de sa mère, sa fascination pour les musées, la découverte de la montagne, les compagnons de grimpe, le projet de devenir guide, le dessin. Pour devenir guide il est nécessaire d'enchainer les voies si bien que les courses défilent aux côtés des amis ou seul : La Dibona, le pilier Frendo, le Coup de Sabre, la Pierre Alain à la Meije, la Rébuffat au Pavé : le Massif des Écrins dans toute sa splendeur. Mais plus les années passent, plus les destins se nouent autour de cette nature grandiose qui peut être cruelle.
Pourquoi cet attachement à un sport aussi dangereux ? Sans doute une réponse à un "malaise existentiel, angoisses sociales, indignations, révoltes" comme le souligne Bernard Amy dans la postface. L'alpinisme permet une prise de hauteur, physique et psychologique car "Gravir une montagne, c'est à la fois se placer au-dessus et au-dessus du moi social laissé en bas."
Il permet d'affirmer l'estime de soi, de se sentir plus fort face à l'adversité.
"C'est tout cela, l'alpinisme : à la fois des moment difficiles et des plaisirs inouïs, des souffrances et des émerveillements, des moments de doute et des sentiments de puissance illimitée, des jours pitoyables et des jours où l'on monte au ciel."
Les sentiments liés à la conquête oscillent dangereusement entre peur et exaltation, et c'est ce que montre admirablement Rochette dans cette BD.
Ailefroide est une célébration de l'alpinisme, une déclaration d'amour à la haute montagne et finalement une belle leçon de vie.
Au manoir de Chimneys se réunissent une femme fatale, un séduisant aventurier, un magnat de la finance. En effet, quelques temps auparavant, Anthony Cade a rencontré par hasard Jimmy McGrath, une vieille connaissance qui lui confie un paquet reçu par la poste contenant les mémoires du comte Stylptitch, ancien Premier ministre du royaume de Herzoslovaquie, décédé en exil à Paris deux mois auparavant. Cade est chargé de faire parvenir le manuscrit à un éditeur londonien avant le 13 octobre, moyennant quoi il recevra une récompense. Mais ce manuscrit semble très convoité...
Agatha Christie a publié ce roman d'espionnage en 1925, il est adapté ici en bande dessinée, mais je n'ai été conquise ni par l'intrigue, ni par les dessins. Le fait de devoir condenser l'histoire abracadabrante en quelques pages nuit clairement à la compréhension qui devient difficilement aisée.
A noter pour ceux qui auraient aimé, qu'il existe une suite indépendante Les sept cadrans, se déroulant dans le même cadre et avec quelques personnages récurrents.
Une intrigue politique très nourrie court en ces pages : le palais impérial du dictateur Basam-Damdu est anéanti par une escadrille d'Espadons, et le monde, soulagé, fête la fin de la troisième guerre mondiale. En Chine, les nationalistes affrontent les communistes. Hong Kong est menacée et Francis Blake est chargé de la défendre.
A cela s'ajoute une intrigue "archéologique" liée au transport des 240000 trésors archéologiques exfiltrés de la Chine continentale.
Le lecteur ne s'ennuie pas un instant : aventures, naufrages, règlements politiques, personnages qui renaissent de leurs cendres comme le colonel Olrik, qui profite du chaos pour assouvir ses velléités de vengeance, trouvailles technologiques, espions, enlèvements intempestifs, tout se conjugue pour qu'il ne puisse pas reprendre son souffle ... Entre la Chine et Londres il est invité à voyager !
Madeleine, 95 ans, habite au bord de la falaise dans un petit village de Normandie. Seulement la falaise s'érode et le maire s'inquiète de jour en jour davantage. Et si la maison s'effondrait, ne serait-il pas responsable ? Il tente de convaincre Madeleine de rejoindre la maison de retraite, "avec vue sur mer", sauf que Madeleine n'a en cure de cette vue sur mer étant donné qu'elle est aveugle, et bien décidée à rester dans sa maison, vacillante ou non !
Madeleine se révèle au fur et à mesure : si au début, tout comme le maire, on en vient à douter de la santé de sa raison, il s'avère qu'elle est bien plus lucide et avisée que les autres, quand on prend la peine de l'écouter, ce que fera un jeune pompier nouveau venu dans le village...
Ce bel album évoque avec tendresse et gravité la possibilité que l'on a de choisir sa vie, du début à la fin. Madeleine marque les esprits et son cri du coeur "Jamais" résonne en nos coeurs et en nos âmes...
Anne est chassée du château... Il faut dire qu'elle couche dans le lit du roi et que des oiseaux querelleurs décident de la dénoncer à la reine. Elle décide de rebondir en ouvrant une taverne dans ce petit village moyen-âgeux. Et même si la reine est bien décidée à lui mettre des bâtons dans les roues, elle persévère, encouragée par un forgeron un peu trop beau à son goût !
Cette BD reprend les thèmes habituels du conte de fée pour les détourner offrant ainsi une réécriture décalée des clichés habituels. Anne ne s'en laisse pas conter, et est bien loin des héroïnes naïves !
A Abidjan, le corps d'un homme est retrouvé dans un hôtel sordide, destiné à abriter les passes des prostituées. Les indices sont minces dans ce quartier plutôt enclin au silence. Quant l'identité de la victime est découverte, le grand commissaire Marius Kouamé est immédiatement mis sur l'affaire, l'affaire devant rester discrète. Kouamé, avec l'aide de son fidèle adjoint Arsène, traque alors les suspects, jusque dans les quartiers interlopes...
Ce que j'ai aimé :
- Les dessins
- La peinture réaliste d'une ville au charme bigarré...
Ce que j'ai moins aimé :
- Assez sanglant, les scènes de torture m'ont mises mal à l'aise.
- Je n'ai pas particulièrement apprécié la personnalité du commissaire Kouamé
- Je me suis perdue en route dans l'intrigue, sans réussir à en saisir l'humour.
Bilan : J'avais nettement préféré Aya du même auteur !
Dans le tome 3 nous suivons Bettina, la moins sympathique des soeurs Verdelaine en prise avec ses problèmes de coeur et de copine. Quant à elle, Charlie rencontre le beau Tancrède, et le printemps s"étire doucement dans la villa.
Dans le dernier tome de cette série attachante certaines des soeurs désertent pour l'été la Vill'hervé : Hortense et Enid partent à Paris pour voir leurs cousins, Bettina part camper avec ses copines. Charlie et Geneviève restent seules, Geneviève ayant trouvé un job de vendeuse de glace sur la plage et Charlie se morfondant dans la villa. Sur la plage, Geneviève rencontre le mystérieux Vigo.
Puis, toutes se retrouveront plus unies que jamais à la villa, avec quelques invités en prime...
Cette série déborde de tendresse et ces soeurs sont tellement attachantes que les jeunes lectrices s'identifieront forcément à l'une d'elles. Les différents thèmes chers à l'adolescence sont évoqués avec subtilité et pertinence. Les dessins s'harmonisent parfaitement avec cette douce atmosphère qui rappelle que quelques soient les forces adverses, il est possible d'en triompher.
Le premier homme est le manuscrit inachevé de Albert Camus, retrouvé dans ses affaires à sa mort. Il n'a été publié qu'en 1994. Camus souhaitait ainsi écrire le roman de l'Algérie, de la colonisation, de la guerre d'indépendance, à travers le destin de son personnage.
Nous suivons les pas de Jacques Cormery, écrivain, qui part à la recherche de ses origines, sur les traces de son père disparu durant la Première Guerre mondiale. Il va à la rencontre des personnages qui pourraient l'éclairer sur son histoire, sur ses origines, et se remémore alors la grand-mère assez dure face à une mère effacée, son enfance dans un quartier populaire d'Alger, le bonheur insouciant aux côtés des copains, les virées à la plage, l'école comme un échappatoire lumineux.
L'école fut en effet une joie pour l'enfant, affamé de découvertes, qui comprend rapidement que le savoir est un moyen de sortir de sa misère. En effet, "La misère est une forteresse sans pont-levis", et "Dans notre classe, pour la première fois, on se sentait exister et nous étions l'objet de la plus haute considération ; on nous jugeait dignes de découvrir le monde." C'est grâce à la rencontre avec un instituteur qui a su déceler chez l'enfant un avenir prometteur que l'écrivain a pu s'élever socialement. Les passages sur l'école revêtent un aura particulier quand on devine que derrière ce Jacques Cormery, se cache Camus lui-même.
Jacques Ferrandez vient du même quartier que Camus et son attachement à son pays et à son histoire est tout aussi prégnant, ce qui se ressent dans les dessins magnifiques. Ce très bel album permet d'éclairer l’œuvre du grand Camus. Un très bel hommage.