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bande dessinee francaise

Un homme est mort de KRIS et Etienne DAVODEAU

Publié le par Hélène

♥ ♥

L’histoire se déroule à Brest en 1950, dans un contexte de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Les ouvriers, qui vivent dans des conditions très dures, se mettent en grève. Lors d’une manifestation, un ouvrier est tué par les forces de l’ordre. Cet événement déclenche une onde de choc dans la ville. La BD suit alors René Vautier, un jeune cinéaste militant, qui décide de filmer les luttes sociales pour donner une voix aux ouvriers. Son film devient un outil de mémoire et de résistance.

Ce que j'ai aimé : 

La bande dessinée montre comment un événement tragique peut devenir un symbole, symbole ici de lutte sociale, de solidarité ouvrière pour faire face à des conditions de travail devenues honteuses.

Le titre de l’œuvre fait directement référence au poème de Paul Éluard :

"Au rendez-vous allemand"

Un homme est mort qui n'avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n'avait d'autre route
Que celle ou l'on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l'oubli

Car tout ce qu'il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd'hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amis
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant ."

Édouard Mazé représente tous les hommes simples victimes de violences alors qu’ils réclament seulement plus de dignité et de justice.

La bande dessinée montre également l’importance du cinéma grâce au personnage de René Vautier. En filmant les manifestations et la colère des ouvriers, il transforme l’art en véritable arme politique. Le cinéma devient un moyen de dénoncer les injustices, de conserver une trace des événements et de lutter contre l’oubli. À travers cette réflexion sur les images et la mémoire, les auteurs montrent que l’engagement artistique devient presque une nécessité face aux violences sociales.

Le dessin sobre et réaliste de Étienne Davodeau renforce enfin la gravité et l’émotion du récit. Les scènes de solidarité entre ouvriers donnent à l’œuvre une dimension profondément humaine. Ainsi, cette bande dessinée est à la fois une œuvre historique, politique et humaniste, qui rend hommage aux oubliés de l’Histoire tout en montrant le pouvoir de l’art pour transmettre la mémoire collective.

La BD a été adaptée en film d’animation en 2012 : Un homme est mort.  Le film reprend fidèlement l’esprit de l’œuvre, avec une narration engagée et une esthétique proche du dessin original.

Présentation de l'éditeur : Futuropolis

Du même auteurLes ignorants ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Le chien qui louche ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Loire ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Le droit du sol ♥ ♥ ♥ ♥ (BD)

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Culottées tome 1 de Pénélope BAGIEU

Publié le par Hélène

♥ ♥

Des femmes cocasses, comme Clémentine Delait femme à barbe qui s'assume entièrement ; des combattantes comme Nzinga reine du Ndongo et du Matamba, Las Mariposas soeurs rebelles, Lozen guerrière et chamane, Leymah Gbowee travailleuse sociale (au sujet de qui vous pouvez lire aussi Notre force est infinie), Wu Zetian impératrice ; des artistes, quelquefois terrifiantes comme Margaret Hamilton ou sirènes comme Annette Kellerman, des destins qui nous semblent connus mais que l'on redécouvre comme celui de Joséphine Baker danseuse résistante et mère de famille ou encore de Tove Jansson peintre créatrice de trolls (et dont j'avais adoré Le livre de l'été), l'histoire de la première gynécologue Agnodice ; toutes sont des femmes qui ont lutté pour trouver leur place et ont fait entendre leur voix dans le brouhaha du monde masculin. "Je n'ai peut-être pas initié la révolution sexuelle, mais on peut dire que je lui ai donné un sacré coup de pied aux fesses." dira l'une d'elle, Christine Jorgensen...

Ces destins de femmes atypiques, Pénélope Bagieu nous les dépeint avec intelligence, mettant en avant certains aspects de leur vie, en occultant d'autres pour mieux nous donner envie de découvrir par d'autres biais leur histoire complète.

Une vraie réussite...

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Du même auteur : Culottées tome 2

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Les écrins de Jean-Marc ROCHETTE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Un monde réduit à sa plus pure expression. de la pierre, du ciel, de l'eau, et de la lumière pour unifier le tout. J'étais arrivé chez moi."

Dôme de Neige, Dibona, Brèche Zsigmondy, face nord d’Ailefroide, Meije, lac des Bèches, vallon de Bonne Pierre, col de la Temple, 70 aquarelles et lavis de paysages et de grandes voies, accompagnés de textes : un voyage en haute montagne, au cœur du massif des Écrins.

Ce que j'ai aimé : 

L'auteur communique son amour profond pour la montagne, il peint et dépeint la beauté sauvage du massif, là où la nature impose sa présence et son rythme. Il capte le silence, le temps qui coule doucement à l'abri des contingences, la densité de la roche qui contraste avec le légèreté de l'air. 

En quelques pages magnifiques, la pureté du lieu irradie et inonde le lecteur. 

 "Peu d'hommes, une flore rare et quelques animaux souvent invisibles. Ici règne la matière prétendument morte, comme on parle improprement de natures mortes. Le ciel, les nuages, la pierre, le rocher, la neige, la glace, l'eau des torrents. Une matière qui ne se bat pas pour sa survie, sans souffrance, apaisée. La matière à son état pur, libérée de la mort. Un miroir où se reflète l'harmonie des choses." 

"Le ciel est bleu, unique, profond, lumineux, écrasant et pourtant plus léger que l'air. Un avant-goût de paradis, et je suis seul. Pas de bruit, pas de vent, un silence qui vous ouvre le sentier des grands secrets."

Une merveille à offrir ou à s'offrir...

Présentation de l'éditeur : Les étages éditions

Du même auteur Ailefroide  ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Le loup ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; La dernière reine ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Au coeur de l'hiver  ♥ ♥ ♥

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Le droit du sol, journal d'un vertige de Etienne DAVODEAU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En juin 2019, Étienne Davodeau s’engage dans une marche de 800 km à pied entre deux lieux hautement symboliques : la grotte de Pech Merle dans le Lot, où l’humanité a laissé, il y a 20 000 ans, ses premières traces d’art, ses mains et ses animaux dessinés sur la paroi et le second, Bure, dans la Meuse, où l’on projette d’enfouir pour des millénaires les déchets les plus dangereux de notre époque : les déchets nucléaires. Il trace un lien entre ces deux lieux, entre la beauté fragile d’un héritage préhistorique et la lourde menace que nous lèguerons aux générations futures. 

Ce que j'ai aimé : 

Davodeau chemine à pas lents. Il avance dans la chaleur, sous le poids du soleil, avec la soif et la poussière, la boue parfois, l’inconfort et la fatigue. Mais il avance encore, porté par cette joie primitive, essentielle : celle de sentir la terre sous ses pieds, d’habiter pleinement le sol.

Chaque pas épouse le rythme du paysage. Massif Central, Jura : des reliefs sauvages, des horizons ouverts, des forêts silencieuses. Tantôt la solitude l’accompagne, précieuse et grave, tantôt des voix croisent sa route, des paysans, penseurs, artistes, habitants, scientifiques. Des compagnons d’un moment, témoins qui prêtent leurs paroles, leurs savoirs, leurs inquiétudes, et viennent étayer sa marche de résonances humaines.

Le Droit du sol n’est pas seulement une bande dessinée : c’est une méditation en mouvement, une prière terrestre, une marche qui dit la beauté du monde et la gravité de nos gestes. Elle nous interroge : de quel droit mutilons-nous cette terre qui nous nourrit ? De quelle légitimité l’empoisonnons-nous, alors même que nous ne sommes que ses passants ?

Héritiers d’une histoire ancienne, nous sommes aussi comptables de ce que nous laisserons derrière nous.

Ce que j'ai moins aimé :

J'aurais tant aimé que les dessins soient en couleur !

Présentation de l'éditeur : Futuropolis

Du même auteur Les ignorants ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Le chien qui louche ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) , Loire ♥ ♥ ♥ ♥ (BD)

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La légèreté de Catherine MEURISSE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Dans La Légèreté, Catherine Meurisse livre un récit profondément intime, une plongée bouleversante dans les jours qui ont suivi le 7 janvier 2015, date de l’attentat contre Charlie Hebdo. Rescapée de justesse, elle voit son monde vaciller : des amis disparaissent, et avec eux, le dessin, la mémoire, le sens même de la création.

Brisée mais debout, elle entreprend alors une quête de reconstruction, un voyage vers la beauté comme refuge et comme remède. De l’océan au Louvre, jusqu’à la Villa Médicis à Rome, elle cherche dans l’art, dans les paysages, dans la lumière, ce que la violence lui a arraché : un peu de paix, un peu de grâce. Une renaissance fragile, portée par le silence, la contemplation… et cette légèreté qu’elle croyait perdue.

Ce que j'ai aimé : 

La jeune femme tente de continuer coûte que coûte. Non par orgueil ni par devoir imposé, mais pour ceux qui ne marchent plus à nos côtés, pour elle-même aussi, parce que l’élan de vivre, malgré la brisure, conserve son prix. La route s’alourdit parfois de silence, mais chaque pas affirme une fidélité à la vie. Dans ce chemin vers la lumière, il faudra quelquefois tâtonner. Pourtant l’amitié, l’art, la culture offrent des haltes sûres, des clairières d’où l’on peut reprendre souffle en se lovant dans la beauté. Ainsi seulement s’invente la possibilité de transcender l'épreuve.

Et peut-être que la renaissance ne se trouve pas dans la déchirure effacée, mais dans ce souffle nouveau qui s’insinue à travers elle, discret et persistant... 

Présentation de l'éditeur : Dargaud

Du même auteur : Les grands espaces ♥ ♥ ♥ ; La jeune femme et la mer ♥ ♥ ♥

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Racines de Lou LUBIE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Rose est une jeune femme métisse née à la Réunion, à la peau claire mais aux cheveux crêpus. Complexée, elle cherche à les lisser pour se fondre dans les normes sociétales dominantes. Le récit suit son parcours de l’enfance à l’âge adulte, croisant moments personnels (que Lou Lubie revendique ne pas rendre autobiographiques, bien que très inspirés de son vécu) et scènes d’enquête documentaire. 

 

Ce que j'ai aimé : 

La narration explore les multiples facettes des discriminations capillaires, qu’elles s’expriment à travers le sexisme, le racisme ou encore la tyrannie des normes de beauté.
Derrière ce sujet en apparence léger, se cachent des enjeux très concrets : un poids économique considérable, mais aussi des coûts en temps, en énergie et en santé. 

 "Se faire défriser les cheveux n’a rien d’anodin. Pour les femmes afrodescendantes et métissées, c’est un surcoût en temps, en argent et en santé. La moindre coupe revient facilement à 80 euros et pour les tresses ou le lissage brésilien, il faut compter trois à quatre fois plus, et avoir aussi plusieurs heures devant soi ; surtout c’est un entretien quasi permanent. Pendant longtemps cela pesait très lourd sur mon budget, mais ne pas avoir les cheveux lisses était juste inconcevable. Même si certains soins étaient douloureux et me brûlaient le cuir chevelu, je ne savais pas non plus à l’époque que beaucoup de produits utilisés pour le défrisage accroissaient les risques de cancer. De toute façon, cela ne m’aurait sans doute pas arrêtée, tellement me sentir bien avec mes cheveux était vital."

Les cheveux crépus ou frisés deviennent alors le terrain d’exclusions quotidiennes, comme en témoigne cette scène glaçante : une coiffeuse qui, face à une cliente, déclare sans détour : « Non, nous, on ne coiffe pas " ça" ici. »

À travers ce fil narratif, l’autrice questionne l’identité et le métissage. Les cheveux apparaissent comme un symbole intime et collectif : ils disent l’appartenance, la complexité d’un corps métissé, et révèlent les tensions autour de la norme.

L’ouvrage s’enracine aussi dans une double perspective historique et scientifique. Les pages dévoilent l’héritage colonial des standards capillaires et les déconstruisent avec rigueur. Des encadrés pédagogiques, nourris d’explications biologiques et sociologiques, ainsi que des infographies claires, offrent au lecteur une mise en lumière accessible et éclairante.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai moins apprécié le dessin.

Bilan : 

Un album essentiel !

Sur le même sujet : Histoire sentimentale de mes cheveux de Estelle SARAH BULLE

Présentation de l'autrice : Lou Lubie

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Les grands cerfs de Gaétan NOCQ

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Les voir, c'est voir l'invisible. »

L’histoire se déroule dans les forêts vosgiennes, où Pamina, accompagnée de Nils, vit retirée dans une métairie isolée. Autour d’eux évolue une harde de cerfs élaphes qu'ils perçoivent d’abord par leurs traces. L’arrivée de Léo, photographe animalier, va marquer un tournant : il construit une cabane d’affût et initie Pamina à l’art de l’observation silencieuse. Jour après jour, au fil des saisons, elle apprend à les identifier, à nommer leurs comportements et à s’immerger dans la vie sauvage. Mais l’équilibre est fragile : chasse, gestion forestière et pression humaine fragilisent l’harmonie de la nature. Pamina se confronte alors à la dure réalité des pratiques cynégétiques et des décisions humaines.

Les Grands Cerfs est l’adaptation en bande dessinée du roman de Claudie Hunzinger publié chez Grasset en 2019 et lauréat du Prix Décembre la même année.

Ce que j'ai aimé : 

Aux côtés de Léo, Pamina apprend l’affût, l’attention aux mouvements, aux saisons, et à la vie discrète du cerf sur fond de grandeur sylvestre. Elle s'attache à devenir invisible, élément du décor, et découvre les vertus de l'émerveillement. Ce contact avec la nature la transforme peu à peu.

"Ce rituel n'était pas tant fait pour contempler des cerfs que pour m'extraire de moi-même. M'affranchir du genre humain. Elargir mes sens. M'augmenter dans une sorte de bond vers la nuit." 

Mais elle se retrouve rapidement au cœur du conflit entre l'homme et la nature : les cerfs sont en effet chassés par l’Office national des forêts dans le cadre de quotas. Comment allier cette régulation à la fascination ressentie pour ces animaux altiers ? 

Le graphisme est magnifique : une palette dominée par des bleus profonds, l’atmosphère feutrée et la lumière des sous-bois y sont rendues avec poésie.

Du grand art !

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Chère maman de Sophie ADRIANSEN et Mlle CAROLINE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Les mères aussi peuvent être toxiques

Dans Chère Maman, la narratrice (inspirée de l’autrice) raconte et déconstruit la relation toxique qu'elle a entretenue avec sa mère.  Dès l’enfance, la mère exerce un contrôle émotionnel fort : reproches, chantage affectif, dévalorisation, manipulation, voire maltraitance psychologique.
Ce n’est qu’à l’âge adulte et au moment où elle-même devient mère que la narratrice met un mot sur ce qu’elle a vécu : une forme d'emprise, derrière le masque de l’amour maternel. Elle entame alors un long chemin de prise de conscience, de guérison et surtout de libération intérieure.  

Ce que j'ai aimé :

J'apprécie les récits de Sophie Adriansen car elle n'hésite pas à aborder des sujets tabous ou peu mentionnés, qu'il s'agisse du parcours du combattant pour avoir un enfant dans Le syndrome de la vitre étoilée, en passant par la dépression post-partum et de la difficulté de tisser un lien avec son bébé dans La remplaçante, ou bien les avortements abusifs à la Réunion dans Outre-mères.

Ici, il s'agit des mères toxiques, narcissiques, manipulatrices, celles que l'on hésite à quitter, car comme tous le disent autour de la narratrice "Tout de même c'est de ta mère qu'il s'agit..." Et pourtant il est quelquefois nécessaire de couper les liens pour mieux se reconstruire, pour s'affirmer et vivre plus harmonieusement. "car il n'est jamais trop tard pour se libérer du poison, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne."...

Présentation de l'éditeur : Glénat

Du même auteur : Je vous emmène au bout de la ligne  ♥ ♥ (Essai)  Quand nous serons frère et sœur ♥ ♥ ; Grace Kelly ♥ ♥ (bio) ; Max et les poissons ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Naître et grandir en musique  ♥ ♥ (doct) ; Les grandes jambes  ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Le syndrôme de la vitre étoilée ♥ ♥ ♥ ♥ ; Linea Nigra ♥ ♥ ;  Ailleurs meilleur ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; L'été du changement ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; La remplaçante ♥ ♥ ♥ (BD) ; Hystériques ♥ ♥ ♥ ; La vie d'adulte ♥ ♥ ♥ (BD)  ; Hacker ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Outre-mères ♥ ♥ ♥ (BD)

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La bombe de Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier

Publié le par Hélène

L’album raconte, de manière très documentée, l’histoire de la création de la bombe atomique, depuis la découverte de l’uranium jusqu’à l’explosion d’Hiroshima le 6 août 1945.

Le récit est à la fois dense et captivant. Il suit les grands moments scientifiques, politiques et humains qui ont mené au développement de cette arme dévastatrice. On y croise des figures célèbres comme Einstein, Oppenheimer ou les présidents Roosevelt et Truman, mais aussi des personnages moins connus comme Leó Szilárd, un physicien qui a joué un rôle clé dans le lancement du projet... avant d’en dénoncer les conséquences.

Le livre nous embarque dans un véritable tour du monde historique : des mines d’uranium du Congo à Los Alamos, en passant par l’Allemagne nazie, la Norvège, l’URSS et le Japon. C’est une fresque impressionnante, à la fois pédagogique, dramatique et humaine.

Ce que j'ai aimé :

La rigueur documentaire du récit est impressionnante. On sent que les auteurs ont mené un vrai travail de recherche pour reconstituer les faits. Le roman graphique réussit à vulgariser des concepts complexes (physique nucléaire, enjeux géopolitiques, stratégies militaires) sans être rébarbatif.

La dimension humaine est prégnante : les dilemmes, les peurs, les convictions, les remords des scientifiques et des politiques sont au centre de l'album.

Ce que j'ai moins aimé 

Le récit est très dense et les dessins en noir et blanc accentuent cet aspect... 

Bilan :

Une grande fresque documentaire !

Présentation de l'éditeur : Glénat

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Outre-mères de Sophie ADRIANSEN et ANJALE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sur le scandale des avortements forcés à la Réunion

Le récit est inspiré des événements historiques datant du début des années 70, autour de la politique de contrôle des naissances à La Réunion, où des pratiques de stérilisation forcée et de contraception imposée ont marqué les vies de nombreuses femmes. Lucie, victime d'une interruption de grossesse forcée assortie d'une stérilisation décide de porter plainte pour lutter contre l'impunité des médecins de l'île. Parallèlement, en France, Marie-Anne, élève de terminale, assiste à la naissance et à l'essor du Mouvement de libération des femmes MLF. Elle a elle même avorté clandestinement et assiste aux premiers débats sur l'IVG

Ce choix de croiser deux destins permet de mettre en relief les difficultés et paradoxes de la lutte menée par les femmes pour disposer de leurs corps. Quelque soit leur choix, elles devraient pouvoir l'assumer sans que des hommes leur expliquent ou imposent ce qu'il faut ou ne faut pas faire.

Bilan :

Cette BD est une œuvre engagée qui éclaire une part méconnue de l’histoire française et illustre la lutte des femmes pour leur autonomie et leur droit de disposer de leur corps.

 

De la même autrice : Je vous emmène au bout de la ligne  ♥ ♥ (Essai)  Quand nous serons frère et sœur ♥ ♥ ; Grace Kelly ♥ ♥ (bio) ; Max et les poissons ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Naître et grandir en musique  ♥ ♥ (doct) ; Les grandes jambes  ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Le syndrôme de la vitre étoilée ♥ ♥ ♥ ♥ ; Linea Nigra ♥ ♥ ;  Ailleurs meilleur ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; L'été du changement ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; La remplaçante ♥ ♥ ♥ (BD) ; Hystériques ♥ ♥ ♥ ; La vie d'adulte ♥ ♥ ♥ (BD)  ; Hacker ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse)

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