La petite ville de Bruncliffe, dans le Yorkshire, est perturbée : Samson O'Brien revient alors qu'il était parti comme un voleur quelques années auparavant. Son retour n'est pas vu d'un bon oeil par la petite communauté...
De son côté, Delilah Metcalfe tente de sauver son agence matrimoniale en organisant des speed-dating. Sommée par son banquier de sortir la tête de l'eau, elle décide de louer une partie de ses locaux, sans savoir que son nouveau locataire n'est autre que Samson lui-même. Elle apprend de plus qu'il revient pour ouvrir son agence de détective privé.
Mais l'agence de rencontres et l'agence de détective vont être contraints de travailler ensemble : des morts mystérieuses semblant passer pour des accidents ne seraient-elles pas en effet liées au site de rencontres de Delilah ? Faisant fi des inimités, Samson et Delilah s'allient alors pour résoudre les mystères.
Rendez-vous avec le crime est le premier tome d'une série so british, vous auriez tort de vous priver ! Un secret semble aussi entourer le retour de Samson mais nous n'en saurons pas plus dans cet opus, il faudra attendre de lire les prochains... J'y cours !!
Première participation pour le Mois anglais consacrée aux cosy mystery aujourd'hui :
Hiver 1859, le baleinier "le Volunteer" prend la mer en direction du cercle polaire arctique. A son bord, Summer, ancien chirurgien de l'armée à la réputation houleuse. Quelques jours après le départ, un garçon de cabine est retrouvé sauvagement assassiné. Le coupable est forcément à bord. Summer se demande alors dans quel croisière satanique il s'est embarqué... De plus, peu à peu, les objectifs de l'expédition deviennent troubles...
Ce que j'ai moins aimé : Quelques longueurs. J'aurais aimé plus de suspens.
Bilan : Ce roman ne parvient pas parfaitement à entremêler les deux genres du roman d'aventures et du roman policier pour les rendre suffisamment efficaces l'un et l'autre. N'est pas Joseph Conrad qui veut...
Manon Bradshaw est inspectrice, traquant le jour les criminels, et le soir les prétendants éventuels. Cette célibataire endurcie aimerait ne plus être seule pour affronter les duretés que la vie lui réserve. Une nuit, après une énième rencontre Internet ratée, elle est confrontée à la mystérieuse disparition d'Edith Hind, étudiante à Cambridge. La jeune femme semble s'être volatilisée, et des traces de sang apparaissent dans sa maison. Néanmoins les indices restent minces pour se lancer sur la piste de la jeune femme, et les pressions augmentent étant donné que son père n'est autre que le médecin de la reine. Les points de vue alternent pour proposer un kaléidoscope enrichissant : celui de Manon, de Davy, son jeune collègue, de Miriam, la mère d'Edith ou encore d'Hélèna, la meilleure amie d'Edith.
La trame sociale est dense, mettant en avant l'errance des jeunes, tous milieux confondus, évoquant les foyers d'accueil pour les plus jeunes, pas toujours fréquentables, le rôle des associations. Manon jouera un rôle important pour eux. Ce personnage, appelé à devenir un personnage récurrent des romans de l'auteure, ressemble à de nombreux héros de romans policiers écorchés, exhalant un malaise lancinant. Son originalité tient dans ces rencontres et relations qu'elle enchaine pour combler le vide, à tout prix, parce qu'elle court après une image parfaite de ce qu'elle doit être. Elle apprend au fur et à mesure que la perfection n'existe pas, "Il y a toujours quelque chose : une maladie, un divorce, un deuil, à moins que ce ne soit la découverte d'une face cachée de la personnalité qui rend toute cohabitation impossible. Chacun fait du mieux qu'il peut et purge sa peine, les gens se retrouvent ensemble par accident (...)."
Un bon moment de lecture, mais rien non plus de très nouveau ou original.
Tous les jours, Rachel prend le train pour se rendre à Londres. Tous les jours, elle guette les habitants d'une jolie maison en contrebas de la voie ferrée, se plaisant à fantasmer leur vie de couple qu'elle imagine idéale. Il faut dire qu'elle connait bien cette vie qu'elle a elle-même vécue, avant que son mari ne la trompe et avant qu'elle ne sombre dans l'alcoolisme... Mais un beau jour, un autre homme apparait auprès de la belle jeune femme, et peu de temps après, celle-ci disparaît. Une enquête est lancée... Or il se trouve que Rachel était dans le quartier ce soir-là et qu'elle ne se souvient plus du tout de ce qu'elle a pu y faire. A-t-elle un lien avec la disparition mystérieuse de la jeune femme ? Perdue dans son addiction à l'alcool, elle peine à démêler le vrai du faux, tout comme le lecteur !
J'ai mis du temps à ouvrir ce roman dont tout le monde parle - ou a parlé -, mais finalement je me suis plongée dans ce thriller très prenant en immersion totale, déconnectée du monde, volant chaque minute disponible pour y retourner, menée à plaisir sur des fausses pistes, tremblant pour Rachel, Anna ou Megan, bref ... un bon thriller à ne pas négliger !
A Londres la narratrice Anne Beddingfeld assiste sur un quai à une scène glaçante : un homme se tient au bord du quai du métro et soudain, il semble effrayé par la vue de quelqu'un ou quelque chose, trébuche et tombe sur les rails. Surgit alors un homme au complet marron qui se prétend médecin, examine l'homme, puis prend la fuite. De liens en liens, les deux hommes semblent reliés à une villa à louer dans laquelle est retrouvé le corps d'une inconnue.
La jeune Anne, bercée par des récits romantiques, décide de se lancer dans une enquête qui la mènera dans des contrées reculées de l'Afrique du Sud.
Pendant un été de mon adolescence, j'ai lu l'oeuvre intégrale d'Agatha Christie et il se trouve que je gardais un souvenir très marquant de celui-ci. Etait-ce mon âme adolescente romantique qui s'était retrouvée dans la jeune Anne et ses aspirations ? Force est de constater que si cet opus porte la marque talentueuse de la grande Agatha , il n'est pas non plus inoubliable comme peut l'être Le crime de l'Orient Express, Le meurtre de Roger Acroyd, ou encore Dix petits nègres. L'intrigue romantique manque quelque peu de nuances et la jeune Anne et son innocence pourrait prêter à rire.
Bien rythmé, il nous entraine néanmoins avec plaisir dans l'univers de la grande Agatha qui manie toujours le suspens avec subtilité !
"Je vais conclure, me lever et me demander qui je suis. je fais souvent cela. Je vais me regarder dans la glace. Me rassurer, me faire peur, m'aimer, me détester. Je m'appelle Alice Salmon."
Alice Salmon, vingt-cinq ans, revient dans sa ville natale pour une nuit. Au petit matin, elle est retrouvée morte en bas d'un pont. Accident ? Suicide ? Meurtre ? La jeune femme avait comme habitude de participer à des beuveries d'adolescents... Son ancien professeur Jérémy Cooke se lance lui aussi dans l'enquête en choisissant un angle particulier : il décide de regrouper toutes les traces de la jeune fille laissées sur Internet,par le biais des réseaux sociaux, des articles qu'Alice a pu écrire, des blogs, des forums. C'est ainsi une Alice éclatée qui apparait peu à peu sous les yeux du lecteur.
Et c'est là où le bât blesse, car la lecture est elle aussi hachée, manquant de cohérence et de suspense. Si le projet initial était intéressant, mettant en lumière le fait que sur Internet rien ne s'efface et que nos personnalités peuvent apparaitre à notre insu au fil des posts, il n'est pas suffisamment efficace pour tenir le lecteur d'un roman policier en haleine. De plus, les clichés s'accumulent : "Une seule vie ne suffit pas.", "Pourquoi faut-il que nous soyons aussi fragiles."
"Que faisait-on des débris de rêves ? Est-ce qu'on les ramassait pour les recoller et en faire quelque chose d'autre ou bien est-ce qu'on laissait les éclats joncher le sol pour s'écorcher les pieds dessus jusqu'au sang ?"
Chicago. Juin 1928. La ville est sous l'emprise de Al Capone, qui utilise la prohibition pour asseoir son commerce et son influence aux ramifications profondes. Quand des mafieux de son camp meurent empoisonnés par de l'alcool frelaté, il rappelle à lui Dante, et lui demande de découvrir les coupables. De leur côté, les détectives Ida et Michael enquêtent sur la disparition d'une jeune femme et de son futur mari, issus de familles notoires de la ville. Enfin, Jacob, photographe pour la police, assiste à la découverte d'un corps qui le mène à enquêter sur une série de meurtres troubles. L'été qui s'annonce cloue les êtres au sol, la chaleur imprégnant chaque esprit endolori et accentuant les douleurs. Les personnages se croiseront à l'intersection de leurs enquêtes...
L'auteur signe là le deuxième volet passionnant d'une série de quatre ouvrages retraçant l'histoire du jazz et de la mafia pendant cinquante ans au XXème siècle. "Selon un procédé inspiré de l'Oulipo, chacune des quatre parties présente une ville, une décennie, un morceau, une saison, un thème et des conditions météorologiques différentes." indique l'auteur dans sa postface.Ainsi, dans cet opus, la ville de Chicago est à l'honneur. Chicago et ses industries qui se développent et asphyxient les êtres, Chicago et Al Capone décidé à régner sur la ville, Chicago et sa ségrégation raciale, mais aussi, la belle, berceau du jazz accueillant à bras ouverts des talents comme Louis Armstrong ou Joe "King" Oliver.
"Chicago reposait sur la ségrégation, sur ses limites et ses frictions, et le jazz était une oasis qui permettait d'y échapper. C'était comme un baume apaisant sur une ville blessée, une pommade pour dissoudre les frontières. Il était naturel que le jazz puisse être considéré comme une menace pour ces institutions qui profitaient des divisions compartimentant la ville."
"Le jazz venait des ouragans de la Nouvelle-Orléans que des légions de gens du Sud en haillons avaient ramenés dans le Nord, cachés dans les pistons des trompettes et le creux des contrebasses, et quand ils jouaient, ils libéraient ces tempêtes et toute cette énergie d'un simple souffle des lèvres sur une embouchure, d'une pression des doigts sur un clavier, d'une torsion de coude."
La structure même du roman est calquée sur l'enregistrement de "West End Blues" de Louis Armstrong. L'auteur voulait que le livre suive fidèlement l'arrangement de ce morceau et que chaque personnage constitue un élément de l'instrumentation. Pour la suite, la troisième partie sera située dans les années 1940, à New York et à l'automne.
A Londres le sergent narrateur travaille aux service des crimes non résolus. Ainsi, il se lance dans la traque d'un psychopathe après la découverte d'un corps bouilli réparti dans des sacs en plastique. Rapidement, il identifie le coupable et un face-à-face musclé s'annonce.
Le sergent est encerclé par la violence, qu'il s'agisse de la folie meurtrière de ces hommes qui semblaient des êtres normaux, sympathiques, mais sont capables de tuer de sans froid, puis de faire bouillir leur victime avant de la découper et de l'enfermer dans des sacs plastiques. Mais dans son passé, il a aussi été confronté au pire, son ex-femme ayant tuée leur petite fille Dahlia à cause du vol d'une tablette de chocolat. L'homme est démuni face à la folie des êtres, face à l'injustice d'un monde violent, il est rongé par les remords et les regrets, ressent des velléités de retour en arrière pour retrouver les êtres qui lui manquent.
Les confrontations entre lui et le coupable, ponctuées de nombreux dialogues, sont ainsi l'occasion de proposer en creux le portrait d'un homme désabusé.
Ce que j'ai moins aimé : une ambiance assez glauque...
Les mois d'avril sont meurtriers, une enquête du Service des décès non éclaircis, Robin Cook, traduit de l'anglais par Jean-Bernard Piat, un roman présenté par Nathalie Kuperman, Folio Policier, 2015, 318 p., 7.20 euros
Anna Wright vient de rompre avec son petit ami, et elle semble décidée à passer un temps seule. En faisant son jogging dans le parc de Hampstead Heath, elle ressent une attirance irrépressible pour un bel inconnu et n'hésite pas à lui faire comprendre son désir brûlant. S'ensuivent quelques rencontres passionnées ponctuées d'ébats dans les fourrés. Mais bientôt la rumeur enfle : un violeur sévit dans le parc, s'attaquant aux joggeuses solitaires. S'agirait-il du même homme ?
D'une efficacité redoutable, ce roman se plaît à nous tenir en haleine -d'où le titre-, en semant le parcours de Anna de rencontres masculines qui pourraient toutes être louches. On connaît si peu les personnes que l'on croise... Qui est ce mystérieux violeur ?
Ce que j'ai moins aimé : Les passages durant lesquels Anna gère la restructuration de la société de production dans laquelle elle travaille, sonnent faux, comme des prétextes pour combler le temps et l'intrigue entre deux joggings dans le parc...
La psychologie reste sommaire, le style est basique, mais l'efficacité est là.
L'inspecteur John Rebus, personnage récurrent des romans de Ian Rankin apparaît ici pour la première fois. Il est confronté à un homme qui enlève les petites filles de 11 ans et craint pour la sécurité de sa propre fille Sammy, elle-même âgée de 11 ans. Dans l'ombre le journaliste Jim Stevens enquête lui aussi, cherchant des liens entre les milieux de la drogue que semblent fréquenter le frère de John Michael et l'inspecteur placé sous les feux des projecteurs par cette enquête. Rebus va également faire la connaissance de la jeune inspectrice chargée des relations avec la presse, Gill Templer. Il reçoit étrangement des messages anonymes mentionnant des noeuds, messages qui s'avèrent être en relation avec les disparitions.
Tous les éléments sont en place pour captiver le lecteur, et pourtant, je n'ai guère accroché à cette enquête que j'ai trouvée longue et fastidieuse. Il ne suffit pas de mettre les bons ingrédients pour réussir ...
Bilan : Je me suis ennuyée, je dois avouer ne pas avoir sympathisé avec cet inspecteur Rebus dont j'avais tant entendu parler...
Ce fut ma seule et unique participation au challenge "Kiltissime" consacré à l'Ecosse et organisé par Cryssilda et pour lequel pourtant j'avais toute une liste de lectures...