Fort de l'aura dont il bénéficie suite à la résolution de son enquête précédente (La carrière du mal ), Cormoran Strike est sollicité par un jeune homme perturbé nommé Billy qui prétend avoir été témoin d'un crime dans son enfance. Cormoran reste incertain devant la conduite à tenir face à lui. Il demande de l'aide à Robin qui vient de réintégrer l'agence après son mariage et tous deux sont sur les traces de Jimmy, le frère de Billy.
Ce que j'ai aimé :
L'enquête policière est efficace : elle tient en haleine son lecteur en le promenant entre les hautes sphères aristocratiques et les bas fonds londoniens.
Ce que j'ai moins aimé :
-L'intrigue autour de Robin et son mariage est tellement prévisible ! On se demande comment cette enquêtrice de talent peut se révéler aussi cruche dans sa vie amoureuse...
-La longueur peut rebuter (960 pages, il vaut mieux être prévenu ...)
Varg Veum est un ancien salarié de la protection de l'enfance de la ville de Bergen en Norvège. Ayant difficilement contenu ses pulsions contre ceux qui prostituaient et droguaient des enfants en perdition, il a décidé de quitter ce service pour devenir détective privé. Divorcé, voyant rarement son fils, il refuse toutes les affaires sentimentales et s'en console à l'aquavit.
Aussi, quand un avocat lui demande de suivre sa femme soupçonnée d'adultère, commence-t-il par refuser, quand un autre homme lui demande de retrouver la même femme et prétendant qu'il s'agit de sa soeur disparue que leur père mourant cherche à recontacter.... Varg Veum accepte donc de filer la belle, mais cette filature est de courte durée puisque la jeune femme est retrouvée morte dans sa voiture...
Il s'agit ici de la première enquête de Varg Veum. Certes le détective n'a rien d'original, un peu dépressif, noyant sa peine dans l'alcool, mais son humour grinçant et la vivacité de ses enquêtes le rendent attachant. L'auteur s'intéresse souvent dans ses romans à la protection de l'enfance et dresse également un portrait du Bergen des années 80, ville en pleine transformation, où se côtoient meurtres et toxicomanie.
Une série que je ne peux que vous conseiller, en commençant par celui-ci pour mieux comprendre les rebondissements de la vie privée de Varg !
Un soir de septembre, à Misto, en Croatie, en revenant d'une soirée, la jeune Silvia, 17 ans disparait sans laisser de traces. Personne ne sait si elle a été tuée, enlevée, ou si elle a seulement fui à l'étranger. Les informations recueillies semblent contradictoires et sa famille est désarmée. Si l'enquête s'enlise, Mate, son frère jumeau, continue malgré tout, années après années à chercher sa soeur, dans un monde désordonné avec la guerre civile qui menace...
Le fil se dévide doucement, en suivant les soubresauts de l'Histoire et le destin de chaque personnage, et ceci pour construire de façon remarquable une intrigue au suspens savamment dosé. Le profil de la jeune Silvia est lui-même mouvant, insaisissable dans tous les sens du terme. La narration se concentre sur les répercussions multiples liées à sa disparition, elle s'attache avec délicatesse à ceux qui restent face à l'inexpliqué et à cet impossible deuil.
Une nouvelle voix du polar à découvrir sans tarder !
Haworth, février 1846. Dans une demeure proche de celle des Brontë, des ossements ont été retrouvés dans la cheminée. Les sœurs Brontë veulent offrir une digne sépulture à ces os en trouvant l'identité du mort. Mais le maitre de Top Withens Hall semble être un être peu recommandable, qui aurait même, selon certaines rumeurs, passé un accord avec le diable en personne.
L'atmosphère en clair obscur mélange savamment superstition et croyances occultes. Les personnages prennent peu à peu une vraie densité psychologique et amènent à s'interroger sur les conséquences de nos actes : tout ce que nous faisons, toute parole prononcée a une conséquence un jour et cette prise de conscience doit être préalable à toute action.
Bella Ellisest le pseudonyme d’une romancière à succès. Bella a eu l’occasion de visiter la demeure des sœurs Brontë quand elle avait dix ans. À l’instant où elle en a franchi le seuil, elle a été happée par leur univers, et cela a marqué le début d’une belle histoire d’amour littéraire avec Charlotte, Emily et Anne. À travers ses romans, Bella Ellis s’emploie à faire renaître de leurs cendres ces trois sœurs aux vies incroyablement romanesques et le pari est réussi.
Trois femmes croisent la route d'un assassin qui les séduit, jouant sur leurs failles pour les prendre dans ses rets. La première est enseignante à Tel-Aviv, divorcée, elle s'occupe de son fils Erann fortement marqué par le divorce de ses parents. Très seule, la jeune femme s'inscrit sur un site de rencontres et commence à fréquenter Giul. La deuxième, Emilia vient de Lettonie, et s'occupe des personnes âgées, un métier difficile, d'autant plus qu'elle n'appartient pas au même pays. Elle demande des conseils au fils avocat d'un de ses patients. La troisième rédige laborieusement sa thèse dans un café et croise Giul dans ce même lieu.
Loin d'être un roman policier haletant, Une deux trois tend plus vers l'analyse sociale, s'attachant à ces femmes esseulées qui constituent des proies tellement faciles pour les prédateurs... La mécanique de Giul est rôdée, et cet être froid et calculateur agit méticuleusement !
La structure du roman est originale, s'attachant en trois parties aux pas des jeunes femmes, la tension montant crescendo.
En Sardaigne, depuis plusieurs décennies, des meurtres rituels ont lieu : le corps de jeunes filles est retrouvé sur les lieux de culte ancestraux. L'inspecteur Moreno Barrali, inspecteur en chef de la police d'état a passé presque toute sa carrière à enquêter sur ces meurtres, à tel point qu'ils sont devenus comme une obsession pour lui. Alors que la maladie commence à l'handicaper, il demande à deux inspectrices Mara Rais et Eva Croce de poursuivre ses enquêtes. Les deux jeunes femmes ont été mutées au département des "crimes non élucidés" de la police de Cagliari, en signe de punition pour des comportements inadéquats. Quand une nouvelle jeune femme disparait, et est retrouvée morte, cette équipe très spéciale va être confrontée aux pires atrocités.
Ce que j'ai aimé :
Cette première enquête de Maras Rais et Eva Croce nous plonge dans une atmosphère mystérieuse, presque mystique. Le roman très documenté entremêle savamment archéologie, anthropologie et civilisation nuragique.
Le suspens est haletant, glaçant. L'histoire personnelle des deux protagonistes est tout aussi noire, elle se dévoile peu à peu au lecteur avide d'en savoir plus sur ces personnages au caractère bien trempé.
La jeune Robin, assistante de Cormoran Strike, reçoit un colis contenant la jambe tranchée d'une femme. Cormoran pense qu'il s'agit d'une vengeance le touchant personnellement. Il fait alors l'inventaire des hommes capables d'une telle action, et rapidement quatre profils ressortent. Cormoran se lance alors à leur recherche épaulé par Robin qui est sur le point de se marier.
Ce que j'ai aimé :
J'ai pris plaisir à retrouver les protagonistes de la série.
Ce que j'ai moins aimé :
- La crudité de certains détails peut mettre mal à l'aise car ils plongent dans des perversités difficilement imaginables.
- Les personnages traqués sont nombreux et j'ai eu quelquefois tendance à me perdre entre les différents profils.
- L'histoire traine un peu en longueur (736 pages tout de même, il faut tenir le rythme !).
Bilan :
Une série que l'on a plaisir à retrouver même si elle souffre de quelques maladresses.
Liz est médecin aux urgences pédiatriques, or ce soir-là, elle reçoit le bébé de son amie Jess. La petite Betsey âgée de dix mois présente les signes d'un traumatisme crânien alors sa mère n'a pas d'explications cohérentes à offrir, et semble avoir tardé à porter la petite fille aux urgences. De fait, le doute s'installe dans l'équipe soignante : aurait-elle été victime de maltraitance ? Liz elle-même en vient à douter, même si elle connait Jess, mère au foyer impliquée avec trois enfants. Les services sociaux sont alors contactés et une enquête se met en marche.
Ce que j'ai aimé :
"Je n'ai pas une minute pour souffler, il faut sans cesse les surveiller. Vérifier qu'ils ne font pas quelque chose de dangereux sans réfléchir, être sur mes gardes, m'assurer qu'ils vont bien. "
L'accent est mis sur la solitude des mères qui veulent faire croire que tout va bien quand en réalité tout s'effondre dés qu'elles rentrent et qu'elles doivent affronter un enfant qui pleure sans discontinuer. Elles subissent une pression sociale qui veut qu'une mère doit être une bonne mère, heureuse d'avoir ses enfants auprès d'elle, responsable et aimante. La scène où Jess avoue qu'elle ne va pas si bien que cela est éclatante de vérité :
"Tout va très bien, merci. Voilà ce qu'elle aurait répondu avant. Cachant ses angoisses derrière une façade aussi fragile et brillante que du sucre filé, dissimulant ses pensées sombres sous un vernis éclatant. Mais il y a d'autres mères qui connaissent ce qu'elle traverse : c'est une des choses qu'elle a retenues de son entretien avec le Dr Arnold. Et pour cette raison elle décide d'être honnête.
- Pas terrible, avoue-t-elle."
Le roman insiste que la nécessité de sensibiliser les femmes à la dépression post-partum, et à considérer ce passage à vide comme une maladie et non pas comme un manquement des mères dans leur rôle !
Ce que j'ai moins aimé :
- J'ai deviné à la page 60 (sur 360) ce qui s'était passé. De fait, l'auteur devait être consciente de ce défaut car elle choisit pour finir de nous concocter un retournement de dernière minute très peu crédible !
- J'ai trouvé des raccourcis assez choquants, par exemple l'idée que toute femme victime de dépression post-partum pouvait avoir des envies meurtrières envers son enfant.
- Les pères ont tous un mauvais rôle, laissant toutes les corvées aux femmes, flirtant avec d'autres femmes, quand ils ne fuient pas purement et simplement le foyer familial.
- Les liens amicaux entre mères sont peu cohérents, il vaut mieux lire les romans de Liane Moriarty qui décrit bien mieux cet univers à la Desperate Housewives.
- Pour finir ce parallèle entre l'histoire de Jess et l'histoire de la mère de Liz semble un peu forcé et excessif !
A Gryon dans les Alpes vaudoises nous sommes bien loin des clichés liés à la Suisse : ici il s'agit plutôt de concours de vaches que de comptes bancaires. Justement, l'une de ces vaches trouve la mort et les paysans s'enflamment, les vengeances résonnent. Puis des femmes de la région disparaissent mystérieusement. Les deux enquêtes s'entremêlent et Andréas Auer et son ami Mikaël vont tenter de démêler les fils entrelacés.
Pas de grandes surprises dans ce roman à l'enquête assez classique avec suspens et rebondissements savamment dosés. Un brin attendu, mais néanmoins efficace avec des chapitres courts qui accélèrent la lecture !
Alors que l'écrivain Owen Quine vient de terminer son dernier manuscrit et que celui-ci fait grand bruit dans le monde de l'édition qu'il peint au vitriol, il disparait mystérieusement. Cormoran Strike est chargé de l'enquête par sa femme, inquiète. Cette disparition aurait-elle un lien avec ce roman sulfureux ?
Il s'agit du deuxième tome des enquêtes de Cormoran Strike, détective privé unijambiste, fils d'une rock-star et affublé d'une jeune secrétaire ambitieuse mais aux prises avec un petit ami jaloux de ce travail trop prenant à son goût.
Après s'être intéressé au monde de la mode dans L'appel du coucou, l'auteur nous plonge ici dans monde de l'édition, tout aussi nébuleux, peuplé d'êtres torturés à l'égo démesuré.