Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L’heure trouble de Johan THEORIN

Publié le par Hélène

                                         l-heure-trouble.jpg                                                                                           ♥ ♥ ♥ ♥

         Un roman policier à l’atmosphère envoûtante…

 

 

L’auteur :

 

Johan THEORIN est un journaliste et écrivain suédois. L'heure trouble est son premier roman et a été élu Meilleur Premier Roman par la Swedish Academy of Crime en 2007 et il est n° 1 des ventes en Suède. Un deuxième roman se situant aussi sur l’île d’Oland est paru par la suite : L’Echo des morts.

 

L’histoire :

 

Dans une petite île de la mer Baltique, en Suède, un enfant disparaît à la faveur du brouillard tenace, à l’heure trouble. Des années plus tard, son grand-père reçoit la sandale du petit Jens dans une enveloppe. Qui a posté cette mystérieuse enveloppe ? Julia, la mère du petit garçon va rejoindre l’île d’Oland et avec son père va chercher à résoudre ce mystère qui pèse tant pour elle.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère : cette île est peuplée d’histoires mystérieuses qui se racontent à l’heure trouble, quelques fantômes errent, désoeuvrés, et cette ambiance étrange est magnifiquement bien rendue dans ces pages. Malheureusement, l’enquête pure prend de plus en plus de place dans les pages, au détriment de ces descriptions si envoûtantes.
 

-          L’enquête : des années auparavant un enfant du pays nommé Nils Kant a sévi dans la région avant de s’exiler en Amérique. Il en revient dans un cercueil quelques années plus tard mais des doutes persistent sur sa mort. Est-ce lui qui aurait tué le petit Jens ? Le lecteur découvre son histoire grâce à une alternance des chapitres : l’un est consacré à Nils, l’autre à Julia et Gerlof. Cette construction permet de faire croître la tension dramatique et de ne pas lasser le lecteur.

-          Les thèmes abordés sont traités finement : les relations familiales, le deuil, la vengeance, le pardon…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les circonvolutions liées à la résolution de l’intrigue. A mon sens il y a un coupable de trop…

-          Le parti pris pour l’enquête, au détriment de l’ambiance au fil des pages. Le début était tellement prometteur que l’on ne peut qu’être légèrement déçu que les promesses ne soient pas totalement tenues.

-          La psychologie des personnages perd aussi de l’épaisseur au fil des pages, le revirement d’humeur de Julia par exemple étant un peu trop rapide.

 

Premières phrases :

 

« Oland, septembre 1972.

Le mur de grosses pierres rondes couvertes de lichens gris était aussi haut que le petit garçon. Il n’arrivait à voir par-dessus qu’en se mettant sur la pointe des pieds dans ses sandales. Tout était gris et brumeux de l’autre côté. »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’homme du lac de Arnaldur INDRIDASON

 

L’heure trouble, Johan THEORIN, Albin Michel, février 2009, 19.50 euros

 

Egalement lu et apprécié par Kathel

Partager cet article
Repost0

Kyoko de Ryû MURAKAMI

Publié le par Hélène

kyoko couv

  ♥ ♥ ♥

Un conte moderne japonais relativement prenant.

  

L’auteur :

 

Ryû MURAKAMI est un écrivain et cinéaste japonais. Son œuvre est relativement sombre et désespérée, notamment Les bébés de la consigne automatique, ou encore Parasites.

 

L’histoire :

 

La jeune Kyoko part à l’âge de 21 ans à la recherche de celui qui lui a donné le goût de la danse quand elle avait 8 ans, José. Son voyage la mène à New York, et dans cette ville protéiforme elle va rencontrer une série de personnages qui ne resteront pas indifférent face à cette jeune femme diaphane.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’alternance des points de vue : chaque chapitre a un narrateur différent qui raconte sa rencontre avec la jeune Kyoko. Ce procédé a tendance à dynamiser le récit, même si pour moi, il n’est pas assez exploité.

-          La quête de la jeune femme intrigue le lecteur et le pousse en avant dans sa lecture.

-          La simplicité des rapports humains, la tendresse qui filtre entre eux nimbe le roman d’une poésie utopique.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La naïveté générale : sur la quatrième de couverture, on nous dit que l’auteur s’est efforcé dans ce roman de faire un roman « sans drogue, sans violence et sans sexe, sur la renaissance et l’espoir. » Malheureusement, j’ai senti qu’il n’était pas là dans son élément, tout étant trop édulcoré, simple, naïf.

-          Les scènes de danse de surcroît sont difficiles à se représenter alors qu’elles constituent le cœur du récit. Un film a été tourné, peut-être est-il plus convaincant…

 

Premières phrases :

 

« Les grillages de barbelés.

Il s’étend à perte de vue, ce grillage de barbelés plus haut que moi, et recouvre ma mémoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Itinéraire d’enfance de Duong Thu HUONG

  

 Lu dans le cadre duchallenge  challenge-In-the-mood-for-Japan

 

 POCHE : Kyoko, Ryû MURAKAMI, Picquier poche, août 2000, 227 p., 7 euros

 

TAGS : Littérature japonaise - Maladie -Danse

Partager cet article
Repost0

Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

Publié le par Hélène

ciel bleu

♥ ♥ ♥

Un roman dépaysant  pour découvrir la culture mongole.

    

L’auteur :

 

Galsan TSCHINAG est né en Mongolie occidentale et a passé son enfance dans les steppes. Ciel bleu est son premier roman publié en 1994.

 

L’histoire :

 

Galsan TSCHINAG nous conte son enfance dans la steppe dans le Haut Altaï. Il évoque avec beaucoup de tendresse le quotidien au sein d’une famille aimante. Dans ces pages, il rend hommage à un monde voué à la disparition, à travers notamment les figures emblématiques de sa grand-mère ou de son chien.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le dépaysement : cette lecture est un véritable bol d’air frais, loin des considérations nombrilistes de certains romans actuels. On y découvre un univers totalement inconnu, oscillant entre tradition et modernité, un monde magique aux mœurs déroutantes et enrichissantes dans lequel on chante pour les brebis afin qu’elles ne rejettent pas leurs agneaux.

-          La justesse du récit : on trouve beaucoup de tendresse et de poésie dans cette évocation. Le point de vue adopté est celui du jeune garçon de 7 ans qui découvre petit à petit les règles particulières du monde qui est le sien. 

-          Une source de sagesse : de nombreux enseignements sont à tirer de ce petit récit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La scène un peu longue à mon goût concernant le chien qui a avalé du poison, mais ce sera le seul bémol.

 

Premières phrases :

 

«           Il est possible que cette histoire ait commencé dans un rêve. Etait-ce une préparation à ce qui allait suivre, une mise en garde peut-être ? Car le rêve était pénible, pénible – un cauchemar.

On disait qu’il ne fallait parler de ses mauvais rêves à personne, mais les dire plutôt pour soi à haute voix, puis cracher trois fois. On disait la même chose pour les rêves agréables. Il ne fallait les confier à personne, les garder pour soi. Ceux qu’on entendait raconter n’étaient-ils donc ni bons ni mauvais ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Dersou Ouzala de Vladimir ARSENIEV (non lu)

 

Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï, Galsan TSCHINAG, Métailié suites, 1996, 8 euros

 

TAGS : Littérature mongole - Famille

Partager cet article
Repost0

Dérive sanglante de William G. TAPPLY

Publié le par Hélène

 derive-sanglante-1

♥ ♥ ♥

Un très bon et beau roman policier.

 

L’auteur :

 

William G. Tapply a écrit une vingtaine de romans policier ayant pour héros Brady Coyne. Il est également spécialisé dans les ateliers d'écriture et la pêche à la mouche. Les Editions Gallmeister ont choisi de traduire une série avec un autre héros, Stoney Calhoun. Trois volets sont publiés, malheureusement, ce sera tout pour cette série car Wiliam Tapply est décédé en 2009... A quand la traduction de l'autre série ?

 

L’histoire :

 

Dérive sanglante est la première aventure dans laquelle apparaît Stoney Calhoun. Victime d'un accident mystérieux, cinq ans auparavant, il ne se souvient pas de son passé et a refait sa vie dans le Maine. Il travaille dans une boutique de pêche et mène une vie paisible qui va être perturbée par la disparition de son meilleur ami. Calhoun va alors enquêter, retrouvant de vieux instincts qui pourraient lui faire penser qu'il a déjà enquêté de façon professionnelle dans le passé.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-       Le cadre : Comme presque tous les romans des éditions Gallmeister, l’action se situe dans le nord des Etats-Unis, ici dans le Maine. La nature est un personnage à part entière, au travers notamment de la pêche. La description des paysages donne envie de prendre l'avion sans tarder... 

-       Les intrigues secondaires : le mystère entourant l’amnésie de Stoney intrigue et attire le lecteur qui découvre en même temps que lui des indices pouvant le mener vers ce passé qui se dérobe. L’intrigue sentimentale qui se noue entre Stoney et la belle Kate ajoute du piment à l’ensemble. La psychologie des personnages est très travaillée.

-       L’intrigue principale : je l’ai mise en dernier car elle ne constitue pas l’intérêt premier du roman, même si le suspense est au rendez-vous. Dérive sanglante est avant tout un roman d’ambiance.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-       Rien

 

Premières phrases :

 

  "Il était environ huit heures du matin lorsque Stoney Calhoun entendit la sonnette tinter : signal qu'on passait le seuil de la boutique. Il leva les yeux de son étau. Un homme aux cheveux blancs se tenait dans l'embrasure de la porte, d'où il examinait le casier des cannes Sage et Orvis adossées au mur."

 

Vous aimerez aussi :

 

Queue de poisson de Carl HIAASEN

 

Dérive sanglante, William G. TAPPLY, Editions Gallmeister, mai 2007, 267 p., 22.90 euros

Partager cet article
Repost0

L’origine de la violence de Fabrice Humbert

Publié le par Hélène

L-Origine-20de-20la-20violence.jpg

 

  

♥ ♥ ♥

Un roman puissant

 

L'auteur :

Fabrice Humbert est professeur de français et écrivain à ses heures. Il a publié son premier roman Autoportaits en noir et blanc en 2001.

 

L’histoire :

Lors d’un voyage scolaire à Buchenwald, le narrateur découvre une photo troublante : sous ses yeux, le portrait de son père qui pourtant n’a jamais connu les camps de concentration. Pas plus que son grand-père, Marcel Fabre. Qui est donc cet homme ? Notre jeune professeur va alors se jeter à corps perdus dans cette enquête visant à rétablir la vérité familiale. La première partie du roman s’attache donc au destin de David Wagner, l’homme de la photo, destin marqué par la violence de la vie à Buchenwald. La seconde partie est centrée à nouveau sur le narrateur : il va rencontrer une jeune femme allemande qui, elle aussi, a une histoire marquée par la violence du nazisme.

Ce que j’ai aimé :

-          Fabrice Humbert a un talent de conteur évident, pas un instant il n’ennuie le lecteur, le captivant au contraire si bien qu’il est difficile de poser le livre avant de l’avoir fini.

-          L'enquête autour de cette photographie permet de tenir en haleine le lecteur impatient de connaître le fin mot de l’histoire.

-          Les destins des protagonistes prennent de la profondeur au fur et à mesure que le récit avance, les visages changent au gré de l’enquête, le dit remplace un silence lourd et quelquefois rassurant. Mais ne peut évoluer que celui qui sait.

-          Au-delà de l’histoire familiale, c’est aussi l’histoire de notre peuple marqué par la violence de la seconde guerre mondiale que nous conte le narrateur :

                                                                                                                                                                              

« La violence m’a été livrée en héritage » dit-il (p. 157).

 

Connaître notre histoire avec ses zones d’ombre et d’horreur, c’est nous permettre de comprendre le monde qui nous entoure dans toute sa complexité. Sans cela nous ne sommes que des fantômes de nous-mêmes, des êtres bruts, incompréhensibles.

-          C’est un roman aux multiples sujets, la passion amoureuse y tient aussi une place importante, avec toujours en toile de fond ce questionnement sur la violence et ses origines. Pourquoi certains penchent du mauvais côté quand d'autres restent moraux ?

 

  Ce que j’ai moins aimé :

-          Un énième livre sur les camps de concentration, me direz-vous. Oui et non. Personnellement, je ne lis pas tellement de textes sur ce sujet, j'ai donc été littéralement prise par le roman, par son intensité et sa vérité. Pour ceux qui ont beaucoup lu sur le sujet, peut-être n'apprendront-ils rien de nouveau.

 

Premières phrases :

 « On dit que Satan était l’ange le plus brillant de Dieu. Sa chute, lumineuse, fulgurante, est marquée  du double sceau de la grandeur et de la trahison. Et il me semble deviner, dans les méandres de ma mémoire, l’image d’un archange chutant de l’empyrée pour rejoindre les coins sinueux de l’enfer. Ce dessin, peut-être recomposé par le souvenir, d’une bible pour enfants m’a longtemps poursuivi : c’est toujours le fils le plus aimé qui passe su côté du Mal. »

 

Vous aimerez aussi :

  Si c'est un homme de Primo LEVI

 

L’origine de la violence, Fabrice HUMBERT, Le passage, janvier 2009, 317 p., 18 euros

POCHE : L'origine de la violence, Fabrice HUMBERT, LDP, avril 2010, 341 p., 6.95 euros 

Papillon, Aifelle et Dominique ont aimé,   Keisha, EmiLie et Yves moins...

TAGS : Littérature française - Famille - Guerre - Camps de concentration - Secret de famille

Partager cet article
Repost0

Les déferlantes de Claudie GALLAY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Un livre simple et beau accessible à tous les publics

        

L’auteur :

 

Claudie GALLAY est une écrivain français également institutrice. Elle a publié son premier roman «L’office des vivants» en 2001.

     

L’histoire :

 

La narratrice est nouvellement arrivée à la Hague, aux confins du Cotentin. Employée par le centre ornithologique de Caen pour observer les oiseaux, elle se fond dans le décor et apprivoise peu à peu cette nature normande et ses habitants pas toujours tendres.

Cela fait six mois qu’elle côtoie les habitants de la Hague quand arrive Lambert, un ancien de la Hague qui semble lourd de secrets. La narratrice –et le lecteur- est intriguée par cet homme au passé trouble, et elle va subrepticement chercher à en savoir davantage.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère remarquablement bien rendue, mystérieuse et envoûtante.

-          La mer est comme un dernier personnage qui influence de slautres, un personnage fort à qui il faut s’abandonner pour espérer une trêve dans une vie agitée :

           

« Je savais que l’on pouvait rester très longtemps comme ça, les yeux dans la mer, sans voir personne. Sans parler. Sans même penser. Au bout de ce temps, la mer de déversait en nous quelque chose qui nous rendait plus fort. Comme si elle nous faisait devenir une partie d’elle. Beaucoup de ceux qui vivaient cela ne repartaient pas. » (p. 293)

 

-          Le mystère lié à Lambert, à la vieille nan et à Théo, gardien du phare et des secrets, maintient l’attention du lecteur à son comble.

-          L’intrigue sentimentale, centrée autour de cette narratrice anéantie par un deuil, et qui essaie doucement de réapprendre à aimer un autre homme, est toute en retenue, très finement décrite.

-           

« Les histoires se ressemblent.

Et il y a d’autres histoires. Il suffit d’un rien, parfois, un angélus qui sonne, des êtres se rencontrent, ils sont là, au même endroit.

Eux qui n’auraient jamais dû se croiser. Qui auraient pus se croiser et ne pas se voir.

Se croiser et ne rien se dire.

Ils sont là. » (p. 478)

 

-          Le style, simple et direct.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’épaisseur du livre (524 pages), surtout si vous ne le lisez pas en poche, dans le lit, il est lourd à porter…

          

Premières phrases :

 

« La première fois que j’ai vu Lambert, c’était le jour de la grande tempête. Le ciel était noir, très bas, ça cognait déjà fort au large. »

 

Vous aimerez aussi :

 De pierre et de cendre de Linda NEWBERY

 

 

Les déferlantes, Claudie GALLAY, Editions du Rouergue, la Brune, février 2008, 524 p., 21.50 euros

POCHE : Les déferlantes, Claudie GALLAY, J’ai Lu, juin 2010, 538 p., 8 euros   

 

Keisha a moins apprécié, EmiLie,  Cathulu , Kathel ont aimé.

 

TAGS : Littérature française - Solitude - Mer - Deuil - Secret -

Partager cet article
Repost0

Les pieds dans l’eau de Benoît DUTEURTRE

Publié le par Hélène

pieds dans l'eau

 

  ♥ ♥ ♥ ♥

  Un roman intelligent et nostalgique, qui

donne envie d’aller se prélasser sur les galets

 d’Etretat (c’est dire…)

 

 

L’auteur :      

  Benoît DUTEURTRE est un écrivain français dont le premier roman   « Sommeil   perdu » paraît en 1985. Il a exercé divers métiers avant de pouvoir se consacrer à ses deux passions : l’écriture et la musique. Il a depuis publié plusieurs romans et quelques essais sur la musique.

L’histoire :

Benoît DUTEURTRE est également l’arrière petit-fils de René COTY qui possédait une villa familiale à Etretat. Elle est la base du nouveau roman de ce normand mélomane, qui évoque les souvenirs liés à la côte normande et à sa famille si particulière.

Ce que j’ai aimé :

-       Le style : très classique, il fut pour moi un bol d’air après des lectures au style plus moderne. Ce fut une lecture très agréable, comme quand on se replonge dans un classique après une longue période d’abstinence… 

 

-       L’évocation de la côte normande, prétexte à diverses considérations politiques, sociales, culturelles… Le regard du narrateur d’aujourd’hui sur le jeune adolescent qu’il fut est intelligent car il prend la distance nécessaire à de belles réflexions sur lui-même et sur la société (notamment avec son évocation de la bourgeoisie).

 

-       La poésie nostalgique qui se dégage des pages. Etretat apparaît comme le théâtre d’une époque révolue, témoin d’une représentation au charme gentiment désuet.

 « Planté au plus bel endroit de la côte, l’Etretat d’aujourd’hui a des allures médiocres. Mais, derrière ce rivage de bric et de broc, se prolongent des histoires pleines de sous-entendus ; et je ne connais rien de plus fascinant que ce mélange de beauté immuable et de transformation du monde. » (p. 239)

Ce que j’ai moins aimé :

-       J’aurais aimé un vrai roman complet, ce cher Benoît en est capable, mais c’est comme si il s’y refusait. Pourquoi ? Il nous offre une évocation intelligente, mais à mes yeux sans le souffle épique et passionnant que pourrait revêtir une saga familiale…

Premières phrases :

« Mon histoire commence dans une poudre de lumière, un après-midi d’été. La pente de galets blanchis par le sel glisse rapidement vers le rivage où l’eau claire et profonde donne une sensation de fraîcheur, même en plein mois de juillet. »

Vous aimerez aussi :

Paris Brest de Tanguy VIEL

Les pieds dans l’eau, Benoît DUTEURTRE, Gallimard, août 2008, 238 p., 17,50 euros

POCHE : Les pieds dans l’eau, Benoît DUTEURTRE, Folio, mars 2010, 251 p., 6,10 euros   

TAGS : Littérature française -Famille- Mer

Kathel vous en parle aussi.

Partager cet article
Repost0

Une année à la campagne de Sue HUBBELL

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥ ♥ ♥

Comme le dit J.M.G LE CLEZIO dans la préface :

voici un livre complet.

   

L’auteur :

Sue Hubbell était bibliothécaire et biologiste avant de tout quitter avec son mari pour les Ozarks, une région montagneuse au sud est du Missouri. Là, loin de la société de consommation qu’ils réprouvent, ils  vivent du produit de leurs ruches. Quelques années plus tard, son mari la quittera et c’est désormais seule qu’elle évoluera dans le monde des « fervents de la vie simple ».

L’histoire :

Sue Hubbell vit depuis douze ans dans sa ferme aux abeilles quand elle commence ce récit. Elle nous fait partager une année de sa vie (d’où le titre…), saisons après saisons. 

Ce que j’ai aimé :

-       L’harmonie avec la nature : Sue Hubbell respecte et admire le monde qui l’entoure, du coyote au serpent venimeux en passant par les parasites et les moustiques. Elle nous apprend à comprendre le cercle de la nature, cercle dans lequel les humains ont un rôle particulier à jouer, puisqu’ils sont les seuls nantis d’un cerveau

« qui me permet de m’apercevoir que lorsque je manipule et modifie n’importe quelle partie du cercle, il y a des répercussions sur tout l’ensemble. » (p. 106)

 

-       L’humilité de Sue Hubbell : humilité presque socratique :

« Pendant ces douze années, j’ai appris qu’un arbre a besoin d’espace pour pousser, que les coyotes chantent près du ruisseau en janvier, que je peux enfoncer un clou dans du chêne seulement quand le bois est vert, que les abeilles en savent plus long que moi sur la fabrication du miel, que l’amour peut devenir souffrance, et qu’il y a davantage de questions que de réponses. » (p. 22)

-       L’hymne à la vie

« Nous sommes toutes deux [l’araignée tisseuse de toiles et Sue] des amalgames animés de produits chimiques communs à tous les êtres vivants : carbone, hydrogène, oxygène, azote, soufre et phosphore. Toutes deux sommes confrontées à une série de problèmes posés par notre chimie et notre sensibilité propre, entre autres comment grandir et comment gagner notre vie. Ce sont là de grandes questions et comme c’est souvent le cas avec les Grandes Questions, nous avons trouvé des réponses différentes. (…)

Vivre dans un monde où les réponses aux questions peuvent être si nombreuses et si valables, voilà ce qui me fait sortir du lit et enfiler mes bottes tous les matins. » (p. 85)

Ce que j’ai moins aimé :

-       Absolument rien.

Premières phrases :

« Le mur sud de mon chalet est occupé par trois grandes baies qui vont du sol au plafond. J’aime être assise au creux du fauteuil en cuir marron, dans le crépuscule des soirées d’hiver, à regarder les oiseaux voleter autour de la mangeoire installée en travers des fenêtres. »

Vous aimerez aussi :

Un été prodigue de Barbara KINGSOLVER

 

Merci à Bénédicte qui fut la première à m’avoir fait découvrir ce sublime récit. Un autre avis chez Keisha, aussi enthousiaste que moi…

Une année à la campagne, Sue HUBBELL, Gallimard, Sept. 1988, 248 p.

POCHE : Une année à la campagne, Sue HUBBELL, Folio, juin 1994, 259 p., 5,60 euros   

TAGS : Littérature américaine - Nature - Solitude

Partager cet article
Repost0

Quand souffle le vent du nord de Daniel GLATTAUER

Publié le par Hélène

quand-souffle-le-vent-du-nord 

 

 

♥ ♥ ♥               

Un roman facile pour l’été (ou l’hiver…)

 

L’auteur :

Daniel GLATTAUER est un écrivain autrichien également journaliste. Quand souffle le vent du nord est son premier roman traduit en français.

 

L’histoire :

Tout le roman est ébauché autour d’un échange de mails : Emma Rothner envoie par erreur un message à Léo Leike, et de fil en aiguille, ils vont correspondre par mails, redoutant la rencontre qui risquerait de briser le charme qui s’installe. En effet de véritables sentiments vont naître à l’ombre d’Internet, seulement Emma est une femme mariée…

Ce que j’ai aimé :

-       Le côté très prenant du roman : je l’ai lu en une soirée tant j’avais hâte de savoir comment cette drôle d’histoire finirait.

 

-       Le thème du couple et de la famille est bien rendu, bien senti.

 

-       De la même façon est rendue intelligemment l’ambivalence des relations à distance, par écran interposé.

Ce que j’ai moins aimé :

-       L’aspect incomplet du roman : l’échange de mails restreint considérablement le champ du roman traditionnel. Cette construction est tellement réduite que l’air m’a manqué, ce fut une lecture légère mais loin d’être inoubliable.

 

-       La simplicité des propos et de l’histoire : lesdits propos tournent essentiellement autour de leur relation, relation qui tourne en rond, on l’aura compris, si bien qu’au final, même si j’ai été prise par le roman, il m’est resté un arrière-goût de déception.

 

-       Les pistes de réflexion ne sont pas assez creusées à mon goût.

Premières phrases :

« 15 janvier

Objet : Résiliation

J’aimerais résilier mon abonnement. Puis-je m’y prendre ainsi ? Cordialement. E. Rothner. »

Vous aimerez aussi :

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann SCHAFFER et Annie BARROWS

Quand souffle le vent du nord, Daniel GALTTAUER, Grasset, avril 2010, 348 p., 18 euros  

TAGS : Littérature autrichienne - Couple - FIdélité

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Ma famille et autres animaux de Gérald DURRELL

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥ ♥

Un roman très drôle sur une famille délirante en vacances sur l’île de Corfou.

 

    

 

L’auteur :  

Gérald DURRELL est un célèbre naturaliste et écrivain britannique, fondateur de la Durrell Wildlife Conservation et du zoo de Jersey. Il est le frère de l’écrivain Lawrence DURRELL.

 

 

L’histoire :  

La famille Durrell part s’installer sur l’île de Corfou pour bénéficier d’un climat plus clément qu’en Angleterre. Gerry, 10 ans, se consacre là-bas à l’étude des animaux qui peuplent l’île. Il nous conte avec beaucoup d’humour les péripéties de sa drôle de famille.

 

Ce que j’ai aimé :  

-          L’humour car comme le dit le narrateur :  

« Vivre à Corfou équivaut à vivre une opérette haute en couleur et pleine de rebondissements. » (p. 13)  

Cette famille a tout « d’un cirque ambulant et son personnel » (p. 261).

 

-          La désinvolture, légèreté de cette famille si fantasque : la maison est trop petite pour recevoir des invités, qu’à cela ne tienne, ils déménagent. Puis la grand-tante Hermione menace de débarquer, nouveau déménagement dans une maison plus petite qui ne permet pas de l’accueillir… 

 

-          L’harmonie avec la nature : le jeune Gerry nous fait découvrir tout un monde insoupçonnable :  

« Entre les pétales épais et soyeux de chaque rose vivaient de minuscules araignées, semblables à des crabes, qui filaient de côté lorsqu’on les dérangeait. » (p. 37) 

Il n’hésite pas à adopter les animaux qu’il rencontre, des tortues aux lézards, en passant par les hiboux, ce qui fait dire à son frère :  

«  Cette maison est un enfer, je vous assure. Il n’est pas un coin qui ne fourmille de bêtes malintentionnées prêtes à se jeter sur vous. (…) D’abord, j’ai été attaqué par un scorpion, une bête hideuse qui a répandu du venin et des petits partout. Puis ma chambre a été saccagée par des pies.  Maintenant, il y a des serpents dans la baignoire et des bandes d’albatros volent autour de la maison avec des bruits pareils à ceux d’une tuyauterie défectueuse. » (p. 249)

 

Ce que j’ai moins aimé :  

-          Rien

 

 Premières phrases :  

« Ce livre est le récit d’un séjour de cinq années que j’ai fait avec ma famille dans l’île de Corfou. Je le voyais, à l’origine, comme un exposé légèrement nostalgique sur l’histoire naturelle de l’île, mais je commis la grave erreur d’y introduire les membres de ma famille dès les premières pages. »

 

Vous aimerez aussi :  

Ma famille formidable de Fred CHAPPELL

 

Ma famille et autres animaux, Gérald DURRELL, Editions Gallmeister, Nature Writing, Janvier 2007, 263 p., 22.90 euros

 

Nature Writing oblige, Keisha a apprécié... Cathe et Sylde également.

TAGS : Littérature américaine - Famille - Animaux - Nature- Humour

Partager cet article
Repost0