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litterature francaise

Radeau d’Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

radeau

♥ ♥ ♥

« Pour les amoureux d’art et des silences qui en disent long. »

 

L’auteur :

 Antoine Choplin est depuis 1996 l’organisateur du festival de l’Arpenteur, en Isère, événement consacré au spectacle vivant et à la littérature.

Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne. Il est également l’auteur de plusieurs livres parus aux éditions de La fosse aux ours, notamment Radeau (2003, Prix des librairies Initiales), Léger fracas du monde (2005) et L’Impasse (2006). Antoine Choplin reçoit le Prix France Télévisions 2012 pour "La nuit tombée". (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 

 1940 En pleine débâcle, Louis, au volant d'un camion, fuit devant l'arrivée prochaine des Allemands. Sa cargaison est précieuse. Il transporte des tableaux du Louvre qu'il faut mettre à l'abri. Sur la route, il dépasse une femme. Les consignes du plan "Hirondelle" sont strictes. Il ne doit pas s'arrêter. Et pourtant... (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

1940. Un camion au chargement précieux sur une route déserte. Sur cette même route, une femme marche. Ils vont se rencontrer. SI Louis le conducteur hésite tout d’abord à s’arrêter, à cause de sa mission, le plan « Hirondelle », il va finalement passer outre les consignes et inviter la jeune femme à ses côtés.

De non-dits en paroles sibyllines, ils se découvrent, s’apprivoisent, se lient…

En peu de mots, Antoine Choplin dit l’essentiel. Il fait entendre aussi bien les sentiments que les silences, il dessine des silhouettes qui peu à peu prennent vie sous nos yeux émerveillés.

 « Il n’y a qu’à vivre, passer par ces instants. Rencontrer une femme sur la route, lui donner un bout de pain, sentir sans savoir les méandres d’un destin, partager la suite avec elle. Une nuit de guerre. Une nuit comme ça, entre un homme et une femme dans un camion, sur la banquette d’un camion, avec juste  la promesse des heures sombres à traverser ensemble.

Il est exalté par cette chose simple, aussi humaine. » (p. 13)

 

 L’histoire de Louis et Sarah est effectivement simple et lumineuse, ensemble ils vont construire un cocon d’art et d’amour en marge de la guerre.

 

 « C’est une drôle de chose les musées. En fait, une sorte de trahison. Quand on pense à toutes ces œuvres façonnées dans la solitude, souvent créées dans le dénuement, sans souci les unes des autres, et qu’on retrouve là, les unes à côté des autres, accrochées dans ces salons d’apparat à haut plafond, au parquet bien lustré, les musées, ce devrait être les ateliers d’artistes, avec leur vraie lumière, avec les chiffons salis et les odeurs de vernis. Alors là. » (p. 53)

 « Un roman charnel et incandescent. » (Télérama)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

 

 Premières phrases :

 

 « Il franchirait la Loire à Saumur. Emprunterait le même pont chargé d’enfance. C’était cette route-là aussi, vers le Berry de ses grands-parents, des premières vacances, des cousins éloignés et des courses de brouette, des cerises trop mûres bouffées par les oiseaux.

Quand il y pense, Louis. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  La nuit tombée de Antoine CHOPLIN ; Le héron de Guernica de Antoine CHOPLIN 

 

Radeau, Antoine Choplin, Points, septembre 2013, 128 p., 5.50 euros

 

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Faillir être flingué de Céline MINARD

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Elle leur dit qu’un être n’appartenait pas à un autre être et que personne, personne, n’était chez soi. » (p. 237)

 

L’auteure :

 Céline Minard est l'auteur de plusieurs romans dont Le Dernier Monde (2007), Bastard Battle (2008), et So long, Luise (2011). Elle est considérée aujourd'hui comme l'une des voix les plus originales de la littérature contemporaine. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

 Un souffle parcourt les prairies du Far-West, aux abords d'une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C'est celui d'Eau-qui-court-sur-la-plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements. Elle rencontrera les frères McPherson, Jeff et Brad, traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot tiré par deux boeufs opiniâtres ; Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote ; Elie poursuivi par Bird Boisverd ; Arcadia Craig, la contrebassiste. Et tant d'autres dont les destins singuliers se dévident en une fresque sauvage où le mythe de l'Ouest américain, revisité avec audace et brio, s'offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances. Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d'abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l'imaginaire. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Céline Minard nous emporte dès les premières pages dans une équipée sauvage aux confins du Far West, aux côtés de cow-boys endiablés et d’indiens fascinants.

Eau-qui-court-sur-la-plaine est une jeune indienne qui se déplace comme le vent sur les prairies, prodiguant au passage ses talents de guérisseuse au gré de ses rencontres. Elle est comme le fil conducteur qui nous permet de rencontrer les nombreux personnages de cette épopée : les frères McPherson et leur mère mourante, Elie, Bird, Arcadia et sa contrebasse, Sally, la barmaid au grand cœur, Zébulon…

Les uns courent après les autres, volent des chevaux aux autres, les reperdent au jeu, les regagnent, dans une danse endiablée portée par un souffle lyrique étonnant :

« Elle empoigna sa contrebasse et joua pour lui seul le morceau de sauvagerie qu’il lui avait comme transmis. Il reconnut la pluie que le poitrail des bêtes, le balancement grinçant des grands pins, l’éclatement de l’eau et du bois, la longue phrases du trajet plein de détours, les boules de moucherons dans les coins d’ombre, la fuite des poissons dans l’eau plate, le départ de la balle, la fuite des chevaux, la fuite des jours dans le temps, la fuite en elle-même et à ce moment, il éclata en sanglots. » (p. 218)

 Ces êtres vont se côtoyer, s’effleurer, se détester, se battre pour finir par former une grande famille unie, salvatrice.

 Un grand western au souffle épique indéniable...

 

cow-boy.jpeg

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien

 

Premières phrases :

« Le chariot n’en finissait plus d’avancer. La grand-mère à l’arrière criait de toutes ses forces contre la terre et les cahots, contre l’air qui remplissait encore ses poumons.

Quand elle ne dormait pas profondément, insensible au monde, sourde, aveugle et enfin muette, elle criait furieusement dans le tunnel de toile qu’elle avait désigné comme so « premier cercueil » en s’y asseyant, au début du voyage. »

 

Vous aimerez aussi :

 Lonesome Dove de Larry McMURTRY

 

D’autres avis :

 Télérama ; Le Monde

Interview de l'auteure

 

  
 Faillir être flingué, Céline Minard, Rivages, août 2013, 36 p., 20 euros

 

rentrée littéraire2013 2

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La confrérie des moines volants de Metin ARDITI

Publié le par Hélène

confrérie moines

♥ ♥

L’auteur :

 Né en 1945 à Ankara, Metin Arditi vit à Genève. Il préside l’Orchestre de la Suisse romande et la fondation Les Instruments de la Paix-Genève.
Son œuvre est publiée chez Actes Sud : Dernière lettre à Théo (2005), La pension Marguerite (2006 ; Babel n° 823), L’imprévisible (2006 ; Babel n° 910),Victoria-Hall (Babel n° 726), La fille des Louganis (2007 ; Babel n° 967), Loin des bras (2009 ; Babel n° 1068), Le Turquetto (2011, prix Jean-Giono, prix Page des libraires, prix Alberto-Benveniste, prix des libraires de Nancy) etPrince d'orchestre (2012). (Source : Actes Sud)

 L’histoire :

 1937. Le régime soviétique pille, vend et détruit les trésors de l’Eglise russe. Il ferme plus de mille monastères. Des centaines de milliers de prêtres et de moines sont exécutés. Les plus chanceux s’échappent, vivant cachés dans les forêts.

Voici l’histoire de Nikodime, qui, avec l’aide d’une poignée de moines-vagabonds, tente de sauver les plus beaux trésors de l’art sacré orthodoxe. Où l’on rencontrera un ancien trapéziste, un novice de vingt ans et quelques autres fous de Dieu. De l'avant-guerre à nos jours, de la Russie bolchévique à la Moscou des milliardaires et des galeries d’art, l’étourdissante histoire de quelques hommes de courage.
Et puis, bien sûr, il y a Irina. Elle fuit l'Enfer, traverse l'Europe, arrive à Paris, change d'identité... Elle est au cœur de cette lumineuse histoire de résistance et de rédemption. (Source  éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 La première partie du roman se déroule en 1937 lors des pillages massifs et radicaux orchstrés par le régime soviétique. Une à une les églises disparaissent en fumée, les moines et les prêtres sont exécutés. Un petit groupe d’entre eux parvient à s’échapper et à se cacher dans la forêt. Sous l’égide du prêtre NIkodime, ils vont s’organiser pour sauver les plus beaux trésors de l’art sacré orthodoxe. Ils vont alors former « la confrérie des moines volants ». Nikodime est un personnage tourmenté par le pêché, par la tentation, en raison d’un lourd passé mystérieux. Il va rencontrer au détour d’un chemin la jeune Irina et sa destinée en sera à jamais marquée.

Cette partie est passionnante, mettant en lumière un épisode peu connu de l’histoire soviétique, bel exemple de résistance incarnés par des personnages forts. Malheureusement la deuxième partie est beaucoup moins aboutie…

 Ce que j’ai moins aimé :

 La deuxième partie se situe dans les années 2000, Mathias est un jeune photographe, petit-fils de Nikodime, mais ignorant encore tout du passé de son grand-père.

Les chapitres sont aussi courts que dans la première partie, mais quand précédemment ils servaient une fluidité d’écriture, ils semblent être ici le signe d’un manque prégnent d’inspiration :

« Mathias appela Dol, tomba sur son répondeur et raccrocha. Il appela ensuite Helen, d’abord chez elle, où le téléphone sonna dans le vide, puis sur son portable. Elle décrocha de suite, fit : « Mathias, mon chéri, je te rappelle. », et raccrocha. Il resta une ou deux minutes assis, hébété, puis se décida à appeler Jason. Le numéro sonna occupé. Il essaya encore trois fois, toujours sans succés, puis finalement obtint une sonnerie espacée, mais personne ne décrocha. Il appela Dol à nouveau, sans succés, et décida d’aller au studio. » (p. 213)

Et ?

Cette deuxième partie est beaucoup plus brouillonne, Mathias  part sur le traces des trésors de son grand-père mais le rythme comma la quête s’avérent laborieux, lents et marqués par l’indécision. En sus de cette intrigue, l’auteur s’est cru obligé de rajouter une pseudo-intrigue amoureuse autour du délitement du couple et des rencontres passionnées que l’on peut faire, intrigue superficielle et artificielle. Les personnages sont nombreux, les intermédiaires également, l’ensemble est alambiqué.

Deux parties déconnectées l’une de l’autre, qui laissent une impression d’inachevé.

Premières phrases :

"-Ils sont tous morts !

Nikolaï, l'un des novices du monastère, tremblait tant qu'il pouvait. Son frère Serghey le regardait, tremblant lui aussi, l'air perdu.

- Qui est mort ?

La voix caverneuse de Nikodime acheva de pétrifier les deux garçons. déjà qu'ils n'arrivaient pas à retrouver leur souffle... C'était la première fois qu'ils se rendaient chez lui, et bien sûr ils s'étaient égarés."

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le Turquetto de Metin ARDITI

 D’autres avis :

 Libfly http://www.rentreelitteraire2013.com/?p=1938

 

La confrérie des moines volants, Metin Arditi, Grasset, 352 p., août 2013, 19 euros

rentrée littéraire2013 2

 

 

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Le chapeau de Mitterand de Antoine LAURAIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Prix relay des voyageurs 2012

« Le fait d'avoir un chapeau sur la tête vous confère une indéniable autorité sur ceux qui n'en ont pas. » (Tristan Bernard)

 

L'auteur :

http://antoinelaurain.blogspot.fr/

 

L'histoire :

Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, vient dîner en solitaire dans une brasserie pour se consoler de l'absence de sa femme et de son fils. Sa vie en tout point banale, étriquée même, bascule quand un illustre convive s'installe à la table voisine : François Mitterrand, venu déguster des huîtres en compagnie de deux amis. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français tout à fait moyen décide de s'approprier en souvenir. Or le célèbre feutre noir n'est pas un simple trophée : tel un talisman, il ne tarde pas à transformer le petit employé en véritable stratège au sein de son entreprise… Daniel aurait-il sans le savoir percé le mystère du pouvoir suprême ? (Source babélio)

 

Ce que j'ai aimé :

Le chapeau de Mitterand va voyager de tête en tête conférant à ceux qui le portent une aura particulière, remarquable et surtout motrice. Cette idée de départ originale est l'occasion d'un joli conte rondement mené par Antoine Laurain qui nous parle avec poésie des destins individuels modifiés par un détail infime et ridicule, et pourtant quelquefois lourd de conséquences dans la trajectoire d'une vie. L'être humain doit alors s'adapter au chemin élu,  conscient toutefois de ces autres vies parallèles laissées de côté.

« Avoir l'esprit assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon ce que le vent et les accidents de la fortune commandent. » (p.148)

Mais la force du roman n'est pas seulement dans son thème, il offre également une plongée dans les années Mitterand au travers la trajectoire de personnages très différents, un parfumeur de talent, une jeune femme de son temps, un banquier issu des milieux bourgeois de la capitale, et Daniel, un homme somme toute banal que le chapeau va aussi transformer.

« Le chantier titanesque du Grand Louvre avait permis la découverte de vestiges remontant au néolithique et depuis les premiers coups de pioche, c'était tout un Paris englouti qu'avaient retrouvé avec passion les archéologues. A qui devait-on tout cela ? A Mitterand bien sûr, avec ses grands travaux : l'Opéra Bastille, la pyramide du Louvre, l'Arche de la Défense. Mitterand savait marquer son temps, il savait s'inscrire dans l'Histoire, et dans le présent. Poser une pyramide en verre devant le Louvre, des colonnes à rayure dans le Palais-Royal, une arche au bout de la perspective de l'Arc de Triomphe, relevait d'une volonté parfaitement anti-conservatrice, iconoplaste. Limite punk. » (p. 147)

Le minitel cotoie Ardisson, les tubes comme "C'est la ouate" de Caroline Loeb, Ardisson, l'émission "Droit de réponse"...

Ce court roman se lit avec plaisir, le sourire aux lèvres, et soudainement, nous aussi nous sentons légers et dotés d'un pouvoir particulier, comme à l'orée du monde.

Une très belle découverte que je dois à la blogosphère qui en a très largement parlé et chanté les louanges.

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Ce que j'ai moins aimé :

   - Rien 

Premières phrases :

« Daniel Mercier monta les escaliers de la gare Saint Lazare à rebours de la foule. Des hommes et des femmes descendaient autour de lui, attachés-cases à la main et même valises pour certains. Ils avaient le front soucieux et la démarche rapide. »

 

D'autres avis :

sur Babélio http://www.babelio.com/livres/Laurain-Le-chapeau-de-Mitterrand/333999/critiques

 

Le chapeau de Mitterand, Anttoine Laurain, J'ai lu, mars 2013, 6.50 euros

 

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Le produit de Kevin ORR

Publié le par Hélène

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L'auteur :


 

Né en 1981 à Paris.
Etudiant en Pratique du langage et des arts à l'EHESS.
Assistant mise en scène
Auteur de scénario
2003 : recueil de poésie aux éditions le Quartanier, Amine Imaël
Son blog, avec un work in progress

 

(Source : Sitaudis)

 

 

L’histoire :

 

Le narrateur, âgé d’une trentaine d’années, vit à Paris. Il vient de rompre avec sa compagne. Mais son obsession, c’est le Produit, ce satané Produit dont il est dépendant et qu’il voudrait absolument arrêter de consommer. Il s’efforce de penser à autre chose, mais sans cesse revient en lui la sensation de dépendance. Peut-être un changement d’air pourra-t-il l’aider ? Il décide de partir pour New York, chez un couple d’amis qui sont un peu ses parents adoptifs depuis l’enfance. Ceux-ci, inquiets de son état physique et mental, l’emmènent passer quelques jours à la campagne, au bord de l’Hudson. Bientôt, c’est le retour à New York, puis à Paris. Avec le même souci, et un seul espoir : se délivrer du Produit.

Le livre est le journal de bord de la souffrance créée par le manque, peu à peu compensée par l’écriture. La littérature prend alors une dimension cathartique, elle seule semble à même de sauver l’auteur, qui mène son récit dans une langue nerveuse, irritée, violente, presque syncopée parfois. On ne saura jamais ce qu’est le Produit. De sorte que ce premier roman devient celui de toutes les addictions.

 

Mon avis :

 

Le produit représente une addiction quelle qu’elle soit, de celle qui rende autre, qui aliène l’être humain et le rende esclave. Le narrateur a décidé de s’abstraire de cette addiction, et pour l’y aider, il écrit chaque jour, plusieurs fois par jour ses pensées, sa vie, son évolution par rapport au produit. L’ensemble ressemble donc à un carnet intime digne d’un adolescent, avec des considérations du même âge, notamment sexuelles. Des données passionnantes tirées d’un quotidien tout aussi compact :

 

«  Je me suis rendu compte qu’il pleuvait. J’ai décidé que je n’irai pas à l’école. C’était la première fois que j’allais faire ça. » (p. 23).


Pendant quelques pages, il semble que l’écriture se densifie, qu’enfin un véritable écrivain émerge de cet amas de platitudes sans intérêt, puis le style retourne au niveau o de la narration.

 

Une déception !

 

 

D'autres avis :

 

Libfly

 

Le produit, Kevin ORR, Seuil, août 2013, 17 euros

 

libfly

 

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Monde sans oiseaux de Karin SERRES

Publié le par Hélène

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L’auteure :

http://karinserres.blogspot.fr/

 

L’histoire :

« Petite Boîte d’os » est la fille d’un pasteur d’une communauté vivant sur les bords d’un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d’algues et d’herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche. Elle découvre l’amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le « Déluge », enveloppé d’une légende troublante qui le fait passer pour cannibale. Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d’un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd’hui disparue. Le lac, d’apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village. Une histoire d’amour fou aussi poignante qu’envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fin d’un monde, puisque l’eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac…

 

Ce que j’ai aimé :

Karin Serres nous offre un court récit très étrange qui nous plonge dans un univers onirique inquiétant : non seulement les oiseaux ont disparu, mais des cochons fluorescents nagent dans le lac au fond duquel reposent les cercueils des habitants morts du village. Un récit à l’orée du fantastique qui met en scène la jeune « petite Boîte d’Os », enfant, puis adolescente et enfin adulte, portée par l’amour inconditionnel du vieux Joseph. Un monde dur, difficile, dans lequel les catastrophes sont monnaie courante, comme une allégorie de la vie faite de bonheurs et de vicissitudes.

Et ?

 

Ce que j’ai moins aimé :

Je n’ai pas bien saisi où voulait en venir l’auteure, je n’ai trouvé son récit ni poétique, ni philosophique, et je ne pense pas qu’il m’en restera grand-chose à part cet univers tellement étrange qu’ il en devient dérangeant. Un univers auquel je n’ai pas du tout été sensible.

 

Premières phrases :

« Il paraît qu’autrefois certains animaux traversaient le ciel grâce à leurs ailes, de fins bras couverts de plumes qui battaient comme des éventails. Ils glissaient dans l’air, à plat ventre, sans tomber, et leurs cris étaient très variés. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : http://karinserres.blogspot.fr/

 

 

D'autres avis :

Jérôme ; Marilyne

 

 

Monde sans oiseaux, Karin Serres, Stock, août 2013, 112 p., 12.50 euros

 

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rentrée littéraire2013 2

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Vacarme dans la salle de bal de François VALLEJO

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« La danse, il faut bien penser où l'on mettra ses pieds » Blaise Pascal

 

L'auteur :

François Vallejo est un écrivain français auteur de sept romans, romans pour lesquelles il a obtenu plusieurs distinctions littéraires.

 

L'histoire :

« Nous pourrions nous ignorer, comme bien des voisins au monde, mais un petit rien établit un lien entre nous, un lien ténu et flou, intermittent, mais déjà plus lourd et plus douloureux à l’épiderme que des chaînes : dès que nous nous enfermons, lui dans sa taupinière, moi dans mon entresol, et que nous séparent seulement lui son plafond, moi mon parquet, ce petit rien entre nous, c’est son grand boucan. Ça barde tout de suite. Voici que du fond de la crypte sur laquelle je m’apprêtais à bâtir avec Célestine une cathédrale de paix vouée au recueillement voluptueux et à la musique de chambre, s’élève un sabbat de bal musette. »

Pour éviter de s’en faire un ennemi, le narrateur – médecin désabusé responsable de la santé de tous les marins du globe transitant par le port du Havre – a l’idée saugrenue de « quémander » le silence auprès de M. Émile afin d’écrire sa pseudo-thèse qui traite… du bal à travers les âges ! Mal lui en prend !

Anodin et loufoque, truffé de quiproquos, le récit aborde très subtilement les rives du « conflit » entre corps et esprit, entre l’un qui danse et l’autre qui ne fait que « penser » la danse, celles de la difficile communication entre les humains.

 

Ce que j'ai aimé :

Pour Monsieur Emile, la danse est tout. La musique, la joie procurée par le mouvement, la technique, la beauté des danseurs, cet ensemble calibré et harmonieux résume son monde. Et cela s'entend, pour le plus grand déplaisir de son voisin, le narrateu,r qui aimerait profiter de son nouvel appartement en silence et non pas en musique... Aussi ce médecin va-t-il prétendre avoir besoin de paix pour rédiger une thèse sur le bal à travers les âges. Mais sa paix sera de courte durée puisque Monsieur Emile sera ravi de rencontrer une personne qui estime sa passion au point de lui consacrer une thèse.

Les deux univers vont alors s'interpénétrer, mais les pages du roman ne nous mènent jamais là où on pensait aller allègrement, en maître absolu, François Vallejo mène résolument la danse, pour le plus grand plaisir de ses partenaires-lecteurs.

Roman jubilatoire, alerte, au rythme rapide, Vacarme dans la salle de danse lance des canaux de réflexion sur l'humain, sur les rapports entre les hommes, qu'ils soient voisins ou en couple, sur la curiosité des uns pour la vie des autres, sur la passion qui anime certains êtres, sur le mystère qui plane finalement sur les uns ou les autres dans une obscurité déroutante. Seul le partage d'une passion pourra peut-être en sauver certains...

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Ce que j'ai moins aimé :

M'en souviendrais-je dans un an ?

 

Premières phrases :

« Emménager dans un nouvel appartement, c'est comme venir au monde : parfois on tombe mal. Et impossible de se débarrasser du mal, à moins d'en crever ; ou de déménager une nouvelle fois, avec l'espoir de la résurrection. Grande affaire. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Les sœurs Brelan de François VALLEJO

 

D'autres avis :

Mango 

 

Vacarme dans la salle de bal, François Vallejo, Viviane Hamy, 1998, 160 p., 16.50 euros

 

 

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Et après de Guillaume MUSSO

Publié le par Hélène

et apres guillaume musso 

L’auteur :

 http://www.guillaumemusso.com/guillaume_musso.php

 L’histoire :

 http://www.guillaumemusso.com/roman-1-et-apres.html

A huit ans, Nathan Del Amico a failli mourir en sauvant son amie Mallory de la noyade. Vingt ans plus tard, il est devenu un avocat renommé. Mais Mallory (avec qui il s'est marié et a eu deux enfants), l'a quitté, entre autres parce qu'il était un bourreau de travail. Alors qu'il tente de se reconstruire après cette séparation, il reçoit la visite du docteur Goodrich. Celui-ci explique à Nathan qu'il est un messager, c'est-à-dire qu'il peut voir la mort de certaines personnes à l'avance, et il les aide à vivre au mieux possible ces derniers moment/. Par exemple, il les rapproche des personnes avec qui ils étaient brouillés. Au début, Nathan ne le croit pas. Le docteur lui indique une personne dont il sait qu'elle va mourir, et sa prédiction se réalise. A partir de ce moment, Nathan le croit, et est sûr qu'il est proche de la fin. Il essaie donc de se rapprocher de Mallory, de faire de bonnes actions pour sa famille...

 

Mon avis :

 Je n’avais jamais lu un seul livre de Guillaume Musso et je trouvais que cela manquait à ma –hum- culture. Adulé par les foules, vilipendé par les aficionados de la vraie littérature, je voulais comprendre les tenants et les aboutissants de cette bataille digne de celle entre les anciens et les modernes.

J’ai donc commencé cette lecture en tentant de rester vierge de tout a priori, en me disant qu’après tout s’il était autant encensé par les lectrices moyennes, c’est qu’il devait avoir un intérêt quelconque. Après lecture je peux répondre à cette question : que nenni, aucun intérêt.

 Reprenons au début : soit un jeune héros brillant, beau et intelligent, Nathan :

 « Brillant, riche et fier de lui.

Tel était Nathan Del Amico.

Vu de l’extérieur. »

 Voici le premier message de Musso aux foules : méfiez-vous des apparences, les gens ne sont pas ce qu’ils montrent, ce brave Nathan souffre en réalité d’un gros complexe d’infériorité dû à ses origines modestes… Pauvre chou !

 Mais le pauvre chéri a un autre souci :

 « Mais sa vie privée avait suivi la trajectoire inverse de celle de sa réussite professionnelle. Ces dernières années son couple s’était défait. (…) Certes, il n’était pas le seul dans cas –au cabinet, plus de la moitié de ses collègues étaient également séparés de leurs épouses – mais cela n’était pas une consolation. (…) Non, pensa-t-il en s’asseyant sur le canapé, un homme qui dort sans personne à ses côtés et qui n’a pas vu sa petite fille depuis trois mois n’a pas réussi sa vie, fût-il par ailleurs millionnaire. »

Deuxième message, pioché dans les pages « proverbes » du Larousse : « l’argent ne fait pas le bonheur » mes amis (ce que je répète souvent à mon banquier )…

 Heureusement pour lui, un ange – pardon, « un messager » - est descendu du ciel pour l’éclairer (comprenez : lui assener les proverbes et autres sentences populaires de bon aloi)

Ainsi, il assiste à une opération chirurgicale compliquée visant à retirer des métastases cancéreuses du foie d’un pauvre homme, et soudain le sens de la vie lui apparaît clairement :

« Il se sentait humble. A ce moment précis, ses dossiers, ses réunions de travail et ce million de dollars sur son compte en banque lui parurent futiles. »

(Ai-je dit que Nathan était un brin niais ?)

 Pour faire court, le messager a évidemment un message à lui délivrer –cqfd- message que Nathan comprend mal –il est niais- mais il va tout de même se rappeler qu’il est mortel – sans blague ?-

« Nathan se sentait très abattu. Non, il n’était pas puissant. Personne ne l’était vraiment. Tout ne tenait qu’à un fil : sa vie comme celle de Sean. »

 Nathan va faire d’autres grandes découvertes :

« Voilà ce qui ne tournait pas rond dans sa vie : il ne prêtait pas assez d’attention aux autres. Une phrase que lui répétait souvent Mallory lui revint alors en mémoire : «  S’occuper des autres, c’est s’occuper de soi. » »

 Le sujet central tient à l’accompagnement en fin de vie des patients, et plus largement des hommes, avec des phrases brillantes sur le sujet :

« Tu ne dois pas avoir peur d’avouer tes sentiments à ceux que tu aimes. »

« Pour faire face à la mort de quelqu’un de précieux, tu dois te rapprocher de ceux qui t’aiment. »

«  Parfois tu te sentiras très seule et tu auras envie de pleurer et alors il faudra le faire parce que ça fait du bien. »

Et la conclusion, génialissime :

« La vie est quelque chose de formidable. Quelque chose de si précieux. »

Alléluia !

Je précise que ces phrases sont adressées à une enfant ce qui explique sans doute leur caractère niaiseux…. Ou pas…

Nathan va donc devenir humain – je vous passe les péripéties multiples et invraisemblables, et découvrir qu'il n'est pas seul au monde et que l'amûuuuur c'est c'qui y'a d'plus beau...

 

Pour conclure voici la recette du succès populaire :

piocher dans le dico quelques sentences populaires, copier-coller, 

s’intéresser à des thèmes universels comme l’amour, la vie la mort –et ne pas hésiter à abuser du mot « amour »

créer des héros stéréotypés niais si possible,

écrire de façon très simple, sujet- verbe- complément, comme si vous vous adressiez à une enfant de trois ans

en rajouter dans le pathos : mort d’enfant, alcoolisme des parents, enfance malheureuse, injustice sociale, tout est bon à prendre pour faire pleurer dans les chaumières – axer tout de même les malheurs sur les jeunes enfants, cela émouvra davantage -

tremper le tout dans une ambiance irrationnelle voire surnaturelle avec quelques pseudo-données scientifiques – tirées des manuels de vulgarisation tout de même - visant à accréditer des élucubrations

ajouter quelques citations d’auteurs intellos en début de chapitres, mais dans le corps du texte ne citer que des références populaires –« Nuits blanches à seattle », …

- Bref prenez vos lecteurs pour des c....

 

A bon entendeur ...

 

 Premières phrases :

 « Le lac s’étendait à l’est de l’île, derrière les marias qui baignaient les plantations de canneberges. Il faisait bon.

Après quelques jours de froid, la douceur était maintenant de retour et la surface de l’eau envoyait les couleurs flamboyantes de l’été indien. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : 7 ans après

Autre : euh… au hasard, les romans de Marc LEVY ?

 

Et après, Guillaume Musso, Pocket, 7.20 euros

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Zalbac Brothers de Karel de LA RENAUDIERE

Publié le par Hélène

                                     ZalbacBrothers-KareldelaRenaudiere.jpg

L’auteur :

 

38 ans. Génération bulle internet. Poursuivre les rêves construits par toutes ses lectures d'enfant et d'adolescent, l'a conduit dans l'audiovisuel aux côtés de Jean-Edern Hallier. Devenu entrepreneur dans la technologie, son succès lui a valu d'être débauché par une grande banque internationale où il a fait une ascension digne d'un de ses personnages. Par ce thriller, il paie sa dette à l'univers romanesque qui l'a formé et l'a fait directeur.

 

L’histoire :

New York, une très secrète banque d’affaires.

Un jeune français venu de nulle part.

Une héritière qui hésite sur son destin.

L’histoire d’une ascension et d’une chute.

Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d’une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

 

Mon avis :

 "Thriller captivant" ? Point de frisson, de peur ressentie, donc, non. "Fascinant" ? Non, ridicule. L'intrigue est loin d’être haletante - à moins de s'intéresser de près à l'idylle entre la jeune héritière et le jeune banquier : vont-ils se retrouver malgré leurs différences et les difficultés rencontrées, une question au suspens haletant effectivement... 

Dans la grande tradition de John Grisham ? Non. Plus dans la tradition des romans sentimentaux avec en toile de fond le monde financier. 

La construction est plus qu'élémentaire avec notamment des chapitres très courts, deux ou trois pages maximum, comme si l’auteur prenait ses lecteurs pour des personnes à la capacité de concentration réduite...

Les connaissances de l’auteur du monde de la finance sont trop ouvertement exploitées, comme si en bon élève il répétait bien sagement sa leçon, en faisant toutefois attention à simplifier les transactions pour ne pas perdre le crétin de lecteur.

Les personnages restent stéréotypés : golden boys désincarnés "maigre et dégingandé" (p. 14), geek maladroit en public, parvenu prêt à tout pour arriver, tous dotés d'une psychologie plus qu'élémentaire... Ils sont peu crédible, comme cette jeune héritière qui se rend à un rendez-vous d'affaires nue sous une robe beaucoup trop courte.

Les situations sont tout aussi formatées : le coup de foudre entre deux personnages qui ne devraient pas s'aimer, les quiproquos, l'attirance irrrréééésistible, les adjuvants, le jeune orphelin au père mystérieux - mais qui peut bien être son père ? se demandent les lecteurs qui aiment les chapitres de deux pages, les autres ayant deviné dés les premières pages - ... La fin en forme d’happy end est plus qu'attendue.

En conclusion, s'il se laisse lire -parce que des chapitres de deux pages, c'est encore à ma portée...- ce roman n'est pas d'un grand intérêt... 

 

Premières phrases :

« La limousine avance au pas, le long de Park Avenue rendue déserte par le froid et la neige. Soufflés par les bourrasques, les flocons volent au-dessus de Manhattan. Jean Demester colle sa tête au pare-brise. Les mains agrippées au volant, il s’énerve. Une soirée sans clients, c’est une soirée sans pourboires. »

 

Vous aimerez aussi :

 La firme de John GRISHAM

 

D’autres avis :

 Babélio

 

Zalbac Brothers, Karel de la Renaudière, Albin Michel, juin 2013, 322 p., 20 euros

 

Lu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio

 

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Petit éloge des vacances de Frédéric MARTINEZ

Publié le par Hélène

petit-eloge-des-vacances.jpg

♥ 

« Rien ne sert de partir quand on ne sait plus voir. » (p. 16)

 

L’auteur :

http://www.frederic-martinez.fr/

 

Présentation :

 

En vacances, il faut désapprendre les allées ratissées qu'empruntent nos vies au cordeau : le temps est nu. Le cri aigre des goélands, la rumeur stridente des cigales submergent la fureur des métropoles. L'air plus vif rompt les entraves que la routine a posées sur nos âmes. Le ciel se rapproche de nous. Nous voici libres. Tapis au creux du temps comme dans une combe, nous faisons le gros dos sous la lune et reprenons peu à peu possession de nos corps qu'ébrèchent les travaux et les jours. Loin du béton, dans cette vacance qui nous rend à nous-mêmes, quelque chose doit arriver. (Source : Myboox)

 

Mon avis :

La quatrième de couverture laisse espérer de belles réflexions philosophiques sur les vacances, le temps qui file dans nos vies nous laissant haletant face à un quotidien insignifiant qu'il faut rendre passionnant à l'heure des congés. Mais si effectivement quelques réflexions émaillent les anecdotes de Frédéric Martinez, elles sont trop rares pour offrir un véritable intérêt à ces courts récits.

Pourtant Frédéric Martinez est un écrivain qui soigne son style. Les mots sont pensés, pesés, les métaphores filées, la syntaxe calibrée. Ainsi les tableaux des belles inconnues ou des séjours au bord de mer sont poétiques.

 « Accepter les caprices du temps ; accepter l’imprévu ; le silence et les temps morts. Savoir s’ennuyer. Ces petits renoncements trament l’étoffe des vacances. » (p. 16)

 Mais les sujets choisis, souvent de belles jeunes femmes croisées dans la rue sur lesquelles l'auteur fantasme, sont rapidement lassants. L’ensemble est très inégal et ne décolle pas beaucoup : les anecdotes sont a priori issues de l’imagination de l’auteur, qui extrapole à partir d’une silhouette croisée des destins vacanciers, si bien que le manque de souffle, de vécu se fait rapidement sentir.

Le petit supplément d’âme qui aurait permis de donner de la profondeur aux propos nous échappe.

 

Premières phrases :

 

« - Où partez-vous ?

La question devient inévitable. Les marronniers jettent leur ombre sur les trottoirs, tamisent l’éclat brusque du ciel qui pleut sur les femmes. Vêtues de robes légères, chaussées de tongs ou de sandales, de spartiates ou d’espadrilles, elles déambulent dans les rues, fredonnent sur l’asphalte la chanson de l’été. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Claude Monet, une vie au fil de l'eau

 

D’autres avis :

 Cathulu 

 

Petit éloge des vacances, Frédéric Martinez, Folio 2 euros, mai 2013, 2 euros

 

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