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litterature francaise

Limonov d'Emmanuel CARRERE

Publié le par Hélène

limonov

♥  

Prix Renaudot 2011

 

L’auteur :

Emmanuel Carrère est un écrivain français.

 

L’histoire :

« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.

C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

-         -  Je pourrais vous dire que Limonov est un roman passionnant centré sur un personnage marquant. Mais si Edouard Limonov est sans conteste un homme qui marque les esprits, il est aussi un être prêt à tout pour échapper à sa condition tristement humaine et exister. Prêt à tout, et surtout prêt au pire pour devenir quelqu’un et s’échapper d’un destin étroit. Ce n’est pas un être attachant, et la fascination étrange de l’auteur pour cet homme est assez déroutante :

« « C’est bizarre, quand même. Pourquoi est-ce que vous voulez écrire un livre sur moi ? »

Je suis pris de court mais je réponds, sincèrement : parce qu’il a – ou parce qu’il a eu, je ne me rappelle plus le temps que j’ai employé – une vie passionnante. Une vie romanesque, dangereuse, une vie qui a pris le risque de se mêler à l’histoire.

Et là, il dit quelque chose qui me scie. Avec son petit rire sec, sans me regarder :

« Une vie de merde, oui. » » (p. 484)

La frontière entre biographie et roman est ténue ici et l’auteur le reconnaît lui-même "J'ai une réticence à utiliser ce mot, explique l'auteur. La définition du roman parle de fiction. Or, tous les événements rapportés sont véridiques, même si je garde une liberté dans la mise en scène. Et il y a aussi tout ce qui relève de l'inexactitude involontaire..." (source L’express, Jean-Paul Guilloteau)

-          - Je pourrais vous dire que l’on apprend beaucoup sur la Russie et la politique de cette époque. Sauf que personnellement, je me suis ennuyée dans ces passages historiques et politiques.

-         - Je pourrais vous dire qu’Emmanuel Carrère est un grand écrivain, mais je n’avais pas du tout apprécié son « D’autres vies que la mienne », qui jouait trop sur le pathos à mon goût, et ici j’ai été énervée par ces allers et retours entre sa vie et celle de son héros, parce que je n’ai pas cette idée-là de la littérature et des romans.

 -         -  Je pourrais vous dire qu’il faut croire les critiques et découvrir cet ouvrage,  et je pense qu’il faut le faire si :

1. Vous appréciez les biographies

2. Vous appréciez l’histoire du communisme

3. Vous vous intéressez à  Edouard Limonov

4. Vous appréciez Emmanuel Carrère.

Sinon ? Il y a tant d’autres romans à découvrir…

 

Premières phrases :

 

« Jusqu’à ce qu’Anna Politkovskaïa soit abattue dans l’escalier de son immeuble, le 7 ocotbre 2006, seuls les gens qui s’intéressaient de près aux guerres de Tchétchénie connaissaient le nom de cette journaliste courageuse, opposante déclarée à la politique de Vladimir Poutine. »

 

 

D’autres avis :

 

Blogs : Clara , Mathilde, Valérie, PetitSachem, SD49

Presse : Les InrocksTélérama, Lire, Le Magazine Littéraire

 

Limonov, Emmanuel Carrère, POL, 2011, 488 p., 20 euros

 

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challenge 1% littéraire

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Le cœur cousu de Carole MARTINEZ

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Un conte merveilleux dans tous les sens du terme…

 

L’auteur :

 Ancienne comédienne, Carole Martinez se recycle dans l'enseignement et devient professeur de français dans un collège d'Issy-les-Moulineaux. Elle profite d'un congé parental en 2005 pour se lancer dans l'écriture. Elle désire écrire 'quelque chose qui soit entre le conte et le roman.' Puisant dans les légendes de sa tradition familiale espagnole, elle brode 'Le coeur cousu' à partir des histoires que sa grand-mère lui racontait. Ce premier roman est un succès et Carole Martinez reçoit le prix Renaudot des lycéens en 2007, le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2007 (jury de jeunes lecteurs), Prix Ulysse de la première oeuvre 2007. Au début de l'année 2011, elle publie un roman policier pour la jeunesse, 'L' Oeil du témoin', après un premier essai publié à la fin des années 90, 'Le Cri du livre'. Lors de la rentrée littéraire en septembre de la même année, 'Le domaine des murmures' vient combler l'attente de ses lecteurs adultes.

 L’histoire :

 Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

 -Le monde de Frasquita est empreint de magie et ce merveilleux auréole sa vie d’un halo presque divin. Son don de couturière la lie irrémédiablement avec le monde et quoi qu’il arrive, elle continue d’avancer sur un chemin chaotique, illuminée par ses enfants aux dons tout aussi singuliers. Carole Martinez a réussi à créer un univers inimitable :

 « Le fil. La broderie. Des enfants comme des perles taillées dans sa chair, des sourires brodés et tant de couleurs sur les tissus pour exprimer sa joie ou sa douleur. Toutes ces couleurs ! Alors pourquoi le blanc la fascinait-il tant ? 

Elle devait comprendre et, pour comprendre, broder de nouveau, se remettre à l’ouvrage… Recoudre les bords du monde, empêcher qu’il ne s’effilochât, qu’il ne se défît. (p. 135)

 - Cette auteur a un talent indéniable de conteuse, le lecteur ne peut que l’écouter, envoûté par ces récits venus d’un autre temps, du temps où l’on croyait encore aux fables et aux légendes et où le monde n’était pas aussi désespérément rationnel :

 « A l’heure où le soleil occupe le centre du ciel dardant le monde de rayons verticaux, à cette heure sans ombre, l’homme à l’oliveraie traversait l’espace des hommes dans une solitude que ne venait dissiper aucun double. Il avait égaré son ombre sans que personne ne s’en aperçût et elle errait seule, comptant les oliviers depuis ce triste soir où l’enfant était rentré sans réponse.

Seuls les damnés errent ainsi sans compagnie de par le monde, seuls les damnés connaissent cette solitude.

Un de ces après-midi, au plus fort de l’été, alors qu’il marchait la bride de son cheval à la main dans les rues étroites inondées de soleil, à cette heure où les choses les plus profondes donnent prise à la lumière, une grille en fer forgé arrêta son habit. » (p. 145)

 -Un premier roman envoûtant...

  Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien

 Premières phrases :

 « Mon nom est Soledad.

Je suis née, dans ce pays où les corps sèchent, avec des bras morts incapables d’enlacer et de grandes mains inutiles.

Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, qu’il m’est passé dans le sang.

Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.

Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence l’écoulement sableux qui me traverse.

LA TRAVERSEE 

Il faudra bien que tout ce sable retourne un jour au désert. »

 Vous aimerez aussi :

 Chocolat amer de Laura ESQUIVEL

Un bûcher sous la neige de Susan FLETCHER

 D’autres avis :

Papillon , Liliba,  Leiloona, Antigone ,  Hélène,  Kathel, Sylire,  Jostein, Clara, Théoma 

  

Le cœur cousu, Carole Martinez, Gallimard, février 2007, 430 p., 23 euros

POCHE : Le cœur cousu, Carole Martinez, Folio, mars 2009, 442 p., 8.40 euros

 

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Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Finalement la liste est longue des superbes insignifiances qui me tiennent debout. » (p. 57)

 

L’auteur :

Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon. Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est son premier roman.
Son blog : http://etc-iste.blogspot.com

 

L’histoire :

Le voyage géographique et intime d’un jeune homme qui devient père. Walther quitte la femme qu’il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu’à l’Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener, presque par hasard à l’essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d’instantanés d’une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties : les jours d’errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l’art des petits riens.

 

Ce que j’ai aimé :

En quelques mots, se souvenir qu’on est vivant. Que la vie est là, maintenant, tout de suite, et pas dans nos souvenirs malheureux ou dans nos espoirs insensés. « Ne regarde pas devant. Ne regarde pas derrière. Reste là. » (p. 67) nous dit l’auteur, et ces quelques mots épicuriens résonnent en moi et flottent, insouciants, comme évidents au dessus de mon âme empesée. Je ne peux qu’aimer un auteur qui me susurre ce que je sais intimement au fond de moi mais que j’oublie trop souvent happée par le quotidien. Alors j’écoute, religieusement, admirativement, amoureusement :

« Il y a toutes ces choses qui nous remplissent. Tous ces gens croisés, tous ces paysages. Ils infusent tout doucement en nous comme un sachet de thé dans un verre d’eau tiède. Nous ne nous rendons compte de rien. » (p. 30)

 « Je m’occuperai de vous en essayant de ne pas trop penser à Billie. En essayant de ne pas trop penser à ce monde dans lequel des femmes belles et tristes doivent chanter des chansons d’amour tout en prenant des poings dans la gueule. En essayant de ne pas trop penser aux nègres pendus qui se balancent dans l’air des soirs de juin. On se serrera tous les trois. Je respirerai dans son cou. Je me dirai qu’il y a des matins où es magnolias sentent bon, qu’il y a des musiques, qu’il y a des Billie, qu’il y a des demains. » (p. 47)

 « J’écris à ras de terre. Je ne parle que de ce que je  vis. C’est pour ça que c’est peu.  C’est pour ça que c’est tout. Je ne parle pas d’Iran, je n’y ai jamais foutu les pieds. Je parle du vieux qui siffle le générique d’Indiana Johns un matin à huit heures en jetant ses bouteilles dans le récupérateur de verre. (…) » (p. 60)

  « Ces heures de rien-

Ces jours de rien qui passent sans faire de bruit. Ces heures comme des courants d’air dans la pièce  entrouverte. La lumière sur le carrelage propre. L’inclinaison de l’ombre du tilleul sur l’herbe. Ces heures de paix à regarder les premières abeilles butiner les pissenlits. A montrer les fleurs qui poussent à un nourrisson ? Les escargots. A lui dire des bêtises du genre : « Tu vois, on peut survivre en butinant. » A finir presque par s’en convaincre. A se demander lequel de ces instants anodins restera gravé dans sa mémoire d’enfant. La langue du chien. Le lézard. Mes bisous mal rasés. Le goût d’une fraise. Peut être rien. Peut être la laideur de mon visage quand je crie. Qu’en retiendra –t-il de tout ce qu’il m’a appris à apprendre. De ces heures d’avril à semer des radis. De ces heures de rien qui remplissent ma vie. Qui me débordent. Qui me sauvent. » (p. 71)

Pour prolonger le délice, le site de l’éditeur propose une play-list de l’auteur : http://www.alma-editeur.fr/images/stories/Alma/Catalogue/la-playlist-de-nos-cheveux-blanchiront-avec-nos-yeux.pdf

Conclusion : je suis aussi amoureuse de l’éditeur maintenant !

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

Premières phrases :

« L’idée-

L’idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. AU bout de quelques temps, il comprit que les flammes ne s’éteindraient pas d’elles-mêmes. »

 

Vous aimerez aussi :

Christian Bobin

Le retour à la terre de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri (BD)

 

D’autres avis :

Revue de presse  

 

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau, Alma, août 2011,  111 p., 12.8 euros ou 8.96 en livre numérique

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Les femmes du braconnier de Claude PUJADE-RENAUD

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « Partie à la recherche de toi-même, dans l'obscurité, tu dansais,

Perdant pied lentement, pleurant doucement »
(Ted HUGHES, Que Dieu vienne en aide au loup)

 

 

L’auteur :

 

Claude Pujade-Renaud est une écrivaine française.. Elle a publié son premier roman La Ventriloque en 1978. Depuis, elle est l'auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles, remportant de nombreux prix.

 

L’histoire :

 

 C'est en 1956, à Cambridge, que Sylvia Plath fait la connaissance du jeune Ted Hughes, poète prometteur, homme d'une force et d'une séduction puissantes. Très vite, les deux écrivains entament une vie conjugale où vont se mêler création, passion, voyages, enfantements. Mais l'ardente Sylvia semble peu à peu reprise par sa part nocturne, alors que le "braconnier " Ted dévore la vie et apprivoise le monde sauvage qu'il affectionne et porte en lui. Bientôt ses amours avec la poétesse Assia Wevill vont sonner le glas d'un des couples les plus séduisants de la littérature et, aux yeux de bien des commentateurs, l'histoire s'achève avec le suicide de l'infortunée Sylvia. (Présentation de l’éditeur)

 

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Les femmes du braconnier offre au lecteur un éclairage neuf sur cette histoire, en disculpant notamment Ted et Assia. Claude Pujade-Renaud met en avant le mal-être ancré profondément en Sylvia, cette pieuvre qui la ronge de l'intérieur, venue d'on ne sait où, peut-être de la mort de son père, ou de sa relation à sa mère, sait-on vraiment finalement ce qui mène à la dépression. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas Ted et sa relation extraconjugale qui furent les seuls déclencheurs. La passion, le couple, la maternité ne peuvent pas tout résoudre, et si l'ensemble bascule, c'est aussi parce que la difficulté de vivre restait tapie, dans l'ombre, attendant son heure. 

 

« La faute originelle  avait été de renoncer à l’animalité, de devenir un couple banalement conjugal. Etranglé par le quotidien. Par la jalousie carcérale de Sylvia. Par cette maison, objet de tant de soins, proche de la nature mais non de la sauvagerie, cocon et non bauge p ou terrier. » (p. 251)

 

En évoquant ce couple mythique, l'auteure touche des points sensibles : la dépression, l'infidélité, le suicide d'un proche. 

 

« Accordez-lui au moins d’en avoir décidé ainsi, n’en faites pas  la victime du froid et d’une pneumonie, non elle n’est victime de rien, et surtout pas de son mari, elle a choisi, voulu, c’est elle qui signe ! » (p. 237)

 

La multiplicité des points de vue donne de l’épaisseur à l’histoire et entraîne le lecteur qui découvre peu à peu des personnalités complexes.

   

« Les songes reproduisent les mythes, on se  voudrait mage, chaman, magicien, hardi explorateur de l’Hadès, et on se retrouve stupide, sur un quai vide et, tout aussitôt, en sueur, en larmes, à côté d’un corps endormi respirant lentement. » (p. 250)

 

- Ce roman nous mène dans l'antichambre de la création de ces deux talentueux poètes :

 

«  Libres, les mots galopent vers leur vérité. A ras du vide. » (p. 224)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le roman s’étire laborieusement après la mort de Sylvia pour atteindre plusieurs années plus tard celle d’Assia et de sa fille,  et je pense que le roman aurait pu s’arrêter là. Il n’était pas nécessaire à mes yeux de continuer jusqu’à l’ultime suicide de Nicholas.

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le désert et la grâce (qui m’a été conseillé plusieurs fois cette année…)

Autre :  Froidure de Kate MOSES (également sur Sylvia Plath)

 

D’autres avis :

 

Lecture commune avec : Valérie, Théoma , Aifelle, Aymeline, Miss Orchidée; 

  L'or des chambres 

 

Les femmes du braconnier, Claude Pujade-Renaud, Actes Sud, 2010, 349 p., 21 euros

 

verticale je suis (Sylvia Plath, 28 mars 1961)

 

Mais je préférerais être horizontale.

Je ne suis pas arbre avec mes racines dans le sol

suçant à moi minéraux et amour maternel

afin qu’à chaque mars je puisse être éclaboussure de feuilles

 

Non plus ne suis la beauté d’un jardin allongé

arrachant des ah enthousiastes et peint de façon baroque

sans savoir que je perdrai mes pétales

par rapport à moi, un arbre est immortel

et si petite la tête d’une fleur, mais plus saisissante

et tant je voudrais la longévité de l’un et la hardiesse de l’autre.

 

Cette nuit, dans l'infinitésimale lumière des étoiles,

les arbres et les fleurs ont déversé leurs odeurs froides

Je marche parmi eux, mais aucun ne me remarque.

Parfois je pense que lorsque je dormais

je devais parfaitement leur ressembler -

Pensées parties dans le sombre.

Cela serait si normal pour moi, de m'étendre.

Alors le ciel et moi parlons franchement,

et je serai enfin utile quand je reposerai pour de bon:

alors les arbres pour une fois me toucheront peut-être, et les fleurs auront du temps pour moi.

 

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Grand huit d’Isabelle KAUFFMANN

Publié le par Hélène

                                            grand huit

 ♥ ♥ ♥

  

 L’auteur :

 Isabelle Kaufmann est médecin mais aussi peintre, illustrateur, auteur compositeur (jazz) et auteur d'un premier roman publié en 2006 chez Flammarion : Ne regardez pas le voleur qui passe.

 

 

L’histoire :

Il y a une Bugatti qui file en 1924 dans la plaine d’Alsace, un homme trahi et un bébé abandonné.

Une voyante bulgare qui tire des cartes singulières, une femme mélancolique  effaçant les lignes droites ; d’abjects coups de téléphone.
Il y a un petit garçon qui invente des jouets, deux scientifiques dans un laboratoire surchauffé, des espoirs ravivés et des secrets inavouables.
Dix-sept enfants noirs sur une plage de Zanzibar, des vagues qui se brisent, des amants égarés.
Il y a les théories d’Einstein en pleine évolution, des trouvailles fortuites, des erreurs de calcul.
Il y a une fête foraine, la nuit.
Et au cœur de tous ces destins, Kitz cherche la réponse à une question désespérée : comment payer ses dettes lorsqu’on doit rembourser, non de l’argent, mais du temps ?

 

Ce que j’ai aimé :

 -          Une fois n'est pas coutume, je tiens à mettre en avant cette quatrième de couverture remarquablement bien écrite. Elle contient juste assez de mystères, de poésie, de beauté pour rendre hommage au texte et nous incite brillamment à nous plonger dans l'univers de l'auteur. Du grand art...

 

 -          La poésie est dans le style mais aussi dans l’intrigue, dans les personnages...

 

« Elle flageole, tombe à genoux, puis chavirant dans le silence minéral de grains de sable, s’évanouit sur le flanc de cette île soumise et rebelle à la fois, cette île qui lui ressemble tant. » (p. 197)

 

-          Enfin un roman de la rentrée littéraire que j'ai trouvé original ! L'auteur ne parle ni de son grand-père, ni de sa mère, ni de sa famille, mais INVENTE une histoire en s'appuyant sur des  découvertes scientifiques et fait preuve d'une réelle innovation. Comme pour Gilpertz qui souhaite inventer "un calendrier gaufré qu’on grignoterait chaque jour d’une case. La pâte serait parfumée et colorée selon le mois concerné, jouant sur les ambiances et les arômes de saison. Friandise ludique et surtout incitation à l’observance quotidienne d’un traitement, les malades dont les remèdes seraient enfouis dans la gaufre ne présenteraient plus aucune réticence ni rechute imprévue. » parce que sa femme est internée en clinique psychatrique suite à l’oubli de son traitement. 

 

Un roman que je vous conseille vivement...

 

« Le fait est que nous sommes capables de mener à terme des démonstrations scientifiques et de résoudre des problèmes relatifs à de nombreux systèmes spatiotemporels. Mais en ce qui concerne notre propre personne, nous sommes face à un univers ténébreux dont nous ne maîtrisons aucune dimension. L’infini est en nous, Claudius. » (p. 143)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          La fin m’a un peu déçue, un peu trop simple et rationnelle à mon goût.

 

Premières phrases :

 « La Bugatti pile sur la route déserte. Nuage de poussière au milieu de l’immense plaine quadrillée de champs de blé, de houblon, de colza. La collision a été évitée de justesse. Un corps est allongé sur le sol. Le conducteur, moustache en désordre et costume chiffonné, sort de son véhicule. »

 

  D'autres avis :

 

Leiloona

 

 

Grand Huit, Isabelle Kauffmann, Le Passage, août 2011, 296 p., 18 euros

 

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Deux jeunes artistes au chômage de Cyrille MARTINEZ

Publié le par Hélène

                                         deux artistes au chomage

♥ ♥

 

L’auteur :

Cyrille Martinez est un jeune auteur français.

 

L’histoire :

À New York New York, deux jeunes artistes au chômage se grisent de vernissages underground, de soirées drague et de poésie sonore. On reconnaîtra peut-être, derrière ces personnages, l’image réinventée d’Andy Warhol et de John Giorno, l’unique acteur du film Sleep. Mais ce n’est qu’un détail dans cette histoire de sommeil, d’art plastique et de poésie.

Une épopée comique où s’entend, en sourdine, une inquiétude sur le devenir de l’art et de la littérature. (4ème de couverture)

 

Mon avis :

jJe dois dire qu’après avoir lu plusieurs romans de la rentrée littéraire qui traitaient tous plus ou moins brillamment du thème de la famille, j’ai été agréablement surprise par ce texte différent, novateur et impertinent.  

Je n’ai pas saisi toutes les références ni tout le sens caché, raison pour laquelle on ne peut pas dire que j’ai adoré mais j’ai été bousculée, étonnée, amenée à méditer sur le sens de l’art, sur New York, sur la culture, le travail, et ce roman m’a finalement ouvert des perspectives étonnantes.

J'ai rencontré l'auteur au cours d'un pique-nique organisé par les Editions Buchet-Chastel, et nous avons pu discuter toute une après-midi avec un auteur ouvert, passionnant, vraiment sympathique.

Un artiste à suivre...

 

Premières phrases :

« Le nom New York New York vient de New qui veut dire neuf, nouveau, nouvelle, de York qui veut dire York, de de New York qui veut dire new York. »

 

Vous aimerez aussi :

Les romans de Chloé DELAUME

 

D’autres avis :

Libération, Sophie,  Isa,

 

Deux jeunes artistes au chômage, Cyrille Martinez, Buchet Chastel, août 2011, 128 p., 15 euros

 

Merci à Denis LEFEBVRE pour cette découverte et cette rencontre brillamment organisée...

challenge 1% littéraire

 

A noter que Cyrille Martinez appartient à un groupe de musique "Jaune sous-marin" qui traduit les paroles des chansons  pop anglo-américaines de manière littérale et les restitue dans les temps imposés par les morceaux d’origines. Voilà le résultat :


 
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Quand nous serons heureux de Carole FIVES

Publié le par Hélène

quand nous serons heureux

 

 

♥ ♥ ♥ 

 

« J’écris tout cela et plus encore, je donne forme à mes regrets, je les regarde en face et les tiens à distance, enfin, ces rêves qui ne sont pas les miens. Je finis par les faire tourner, les voir danser sur ma feuille de papier. » (p. 55)

 

 

L’auteur :

 

Carole Fives vit à Lille et partage son temps entre les arts plastiques et la littérature. Pour Quand nous serons heureux, elle a reçu le prix Technikart du manuscrit 2009, présidé par Alain Mabanckou.

 

L’histoire :

 

Il y a les vies que nous aimerions vivre… et celles que nous vivons, faites de compromis, de doutes, de fantasmes : le fils qui fait de la scène pour attirer l’attention de son père, la jeune femme qui comprend que ses opérations de chirurgie plastique n’ont pas réglé ses problèmes, la fan de David Bowie qui perd le sens de la réalité, l’homme qui à force de ratures, de biffures sur son agenda se rend compte que c’est son existence qu’il annule jour après jour, la victime de viol dans le déni qui relate son agression comme s’il s’agissait d’une histoire d’amour, le photographe Rmiste en panne de modèles… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

  Le bonheur dont il est question dans le titre semble bien loin des protagonistes… Carole Fives nous présente dans ses nouvelles des êtres désenchantés, malmenés par la vie et par les autres, des hommes et des femmes à l’avenir sans espoir. Mais elle peint leur quotidien avec un ton acide et décalé qui évite le naufrage dans un désespoir sans fond, et qui, subtilement amène le lecteur vers une réflexion constructive. La forme courte et expéditive des nouvelles permet aussi de ne pas s’enferrer dans les situations glauques, mais de simplement les effleurer, les suggérer pour mieux les faire chuter en fin de nouvelle.

 

« C’est pas parce que la vie est dégoûtante qu’il faut encore en rajouter dans un bouquin, merci. » (p. 155) conseille une amie à l’auteur dans le dernier chapitre, lui enjoignant de plutôt écrire des romans comme Anna Gavalda « plein d’espoir ». Carole Fives est une auteure effectivement bien loin des stratégies commerciales, et qui écrit simplement ce qu’elle ressent, dans un acte de partage sans calcul. Elle choisit délibérément de pointer les travers de la société et de nos semblables plutôt que d’édulcorer comme tant d’auteurs contemporains populaires le monde qui nous entoure… Parce qu’on ne peut pas se cacher les yeux éternellement et que viendra un jour où il faudra peut-être revoir notre rapport aux autres…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 J’ai lu ces nouvelles en ayant en tête le dynamisme et la gentillesse de Carole rencontrée par hasard un soir de mai. Je n’ai donc pas ressenti le côté plombant des nouvelles, mais je reconnais que leur cynisme pourrait en désarmer certains…

 

Premières phrases :

 

« Certes, les loyers y étaient largement moins élevés que dans le centre-ville. Mais ce n’est pas la seule raison qui vous a amenée à Ploucville. Le goût des quartiers populaires aussi, leur métissage, leurs possibilités d’échanges, de rencontres… »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON

 

D’autres avis :

 

Clara, Sophie

 

Quand nous serons heureux, Carole FIVES, Editions le Passage, 2010, 157 p., 14 euros

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Les poissons ne connaissent pas l’adultère de Carl ADERHOLD

Publié le par Hélène

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Une comédie décevante...

  

L’auteur :

 

Carl Aderhold est né à Decazeville (Aveyron) en 1963. Fils de comédiens, il a poursuivi des études d’histoire. Il a plus particulièrement étudié la littérature du XVIIIe siècle. Il est directeur éditorial chez Larousse dans le domaine des sciences humaines.

 

L’histoire :

 

Sauter dans un train, un matin. Tout quitter. À l’aube de ses quarante ans, une femme monte dans le Corail pour Toulouse et s’installe dans le premier compartiment venu. Il a suffi d’une séance de relooking, cadeau de ses copines, pour que tout son univers s’effondre : son pavillon de banlieue, son mari, sa fille, son emploi de caissière. Pour mieux marquer le début de sa nouvelle vie, elle change de prénom : Julia, comme Julia Roberts, son actrice préférée. Chaque gare de la ligne est une étape vers la liberté. Comme par contagion, tous les passagers qu’elle croise sont eux aussi emportés : Colette, la vieille dame, amoureuse de deux hommes, Germinal Serna, le contrôleur anarchiste, le Happy Days Band, la chorale déjantée, le sourd-muet, embarqué malgré lui dans le train, l’éternel dragueur, le serveur indien... Et Vincent, spécialiste des bestiaires médiévaux, qui se rend à un colloque en compagnie de sa femme et d’un autre couple de chercheurs. « Les poissons ne connaissent pas l’adultère », écrit l’un des auteurs du Moyen Age qu’étudie Vincent. Mais les historiens peuvent-ils en dire autant ? Dans ce voyage initiatique, tout se joue entre Paris et Toulouse en 6 h 06 : Julia se bat pour se libérer peu à peu de la fatalité qui pèse sur son existence, mais pourra-t-elle en modifier le cours ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’idée de départ était plaisante : suivre la trajectoire oblique d’une femme qui se découvre femme et non plus seulement mère et épouse transparente.  L’ensemble s’annonçait bien sûr léger et aérien, mais teinté d’un humour décalé de bon aloi.

 

« Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Exister ! Mais encore ? Chaque chose en son temps. » (p. 42)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais le roman n’a pas tenu ses promesses et est resté très superficiel, voire caricatural souvent dans la typologie des personnages. La fin en forme d’happy end est fidèle à cette caricature des comédies romantiques, bref l’ensemble est assez décevant.

 

Premières phrases :

 

« Tout ça, c’est à cause de la surprise des copines.

Pour l’instant, Djamel et sa fille Laura la croient en route pour son boulot. Un trajet tellement réglé qu’ils pourraient, rien qu’en regardant leur montre, deviner où elle est. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Le mardi c'est permis

 

D’autres avis :

 

Clara, Amanda, Choco, Cathulu, Manu

  

Les poissons ne connaissent pas l’adultère, Carl ADERHOLD, JC Lattès, 2010,17.10 euros

POCHE : Les poissons ne connaissent pas l’adultère, Carl ADERHOLD, Le Livre de Poche, avril 2011, 317 p., 6.95 euros

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Six façons de le dire, David FOENKINOS, Mercédès DEAMBROSIS,Christophe FERRE, Sophie ADRIANSEN, Nicolas D’ESTIENNE D’ORVES, Yasmina KHADRA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

Les auteurs :

David FOENKINOS, Mercédès DEAMBROSIS, Christophe FERRE, Sophie ADRIANSEN, Nicolas D’ESTIENNE D’ORVES, Yasmina KHADRA

 

Le projet :

Les Editions du Moteur publient exclusivement des histoires courtes adaptables au cinéma

Outre la volonté de constituer une banque d'histoires à la disposition des metteurs en scène, producteurs, acteurs..., l'idée est d'offrir aux lecteurs de la littérature comme on s'engouffre dans une salle obscure en proposant:
- six genres ( comédie, comédie romantique, engagé, polar, drame psychologique, historique)
- une lecture qui dure le temps d'une séance
- un livre au prix d'un billet. ( maximum 10 euros)

 

Les histoires :

« Bernard » de David FOENKINOS  : une comédie dans laquelle un homme se retrouve obligé de retourner vivre chez ses parents.

« De naissance » de Mercédes DEAMBROSIS : dans le genre historique nous parle de la conditions des femmes au début du XXème siècel.

« Coup de fourchette »  de Nicolas d’ESTIENNE D’ORVES : un polar dans l’univers de la gastronomie

« La photographe » de Christophe FERRE  : un drame psychologique autour d’un noivel amour à l’aube du && septembre

« Santé »  de Sophie ADRIANSEN : une comédie romantique sur l’amour à l’épreuve de l’erreur médicale

« La longue nuit d’un repenti » de Yasmina KHADRA : un texte engagé sur les difficultés de l’après guerre.

 

Ce que j’ai aimé :

-          J'ai apprécié la diversité des récits et des genres : dans « Bernard », j’ai apprécié l’humour de la nouvelle, dans « De naissance », j’ai admiré la maîtrise de l’écriture, dans « Santé » l’art de la chute et le ton drôle m’ont enthousiasmée, dans « Coup de fourchette », la construction est exemplaire et enfin le thème est admirablement bien traité dans « la longue nuit d’un repenti ». Le tout est cohérent et appréciable pour qui aime les recueils de nouvelles.

-           

Ce que j’ai moins aimé :

-          J’ai moins aimé « la photographe », trop long à mon goût et sur un sujet rabâché (le 11 septembre).

 

Premières phrases :

« Bernard » : « Je me suis dit : « Les escaliers, il ne te reste plus que les escaliers. »

« De naissance » : « J’ai peur… Tu crois que j’irai en enfer ? »

« La photographe » : « Le bonheur d’un matin. »

« Santé » : « Combien de temps lui reste-t-il, docteur ? »

« Coup de fourchette » : « Tu aimes la cervelle, gamin  demande le vieux. »

« La longue nuit d’un repenti » : « Abar Seif frotte doucement son doigt sur la lame de son coutreau traçant une incision opalescente, à pein perceptible, au milieu des rayures digitales. »

 

Vous aimerez aussi :

Des mêmes auteurs : La délicatesse de David FOENKINOS ; Je vous emmène au bout de la ligne de Rodolphe MACIA et Sophie ADRIANSEN

Autres : Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON 

 

Six façons de le dire, FOENKINOS, DEAMBROSIS,FERRE, ADRIANSEN, D’ESTIENNE D’ORVES, KHADRA, Les Editions du Moteur, mzi 2011, 250 p., 19.50 euros

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Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Une petite merveille pour souhaiter une

bonne fête à tous les pères !!!

  

L’auteur :

 

Hubert Mingarelli est un écrivain français. Il est lauréat du Prix Médicis en 2003 pour son roman Quatre Soldats. Il vit aujourd'hui dans un hameau de montagne de Matheysine dans les Alpes françaises.

 

L’histoire :

 

Un petit garçon, Primo, vit seul avec son père, ouvrier au chômage. Pauvreté matérielle et dénuement psychologique marquent ce récit. Le père et l'enfant imaginent faire fortune en cultivant des rosiers. On leur coupe l'électricité. Ils vont manger dans un bistrot où une femme chante des chansons grivoises. Ils volent des cierges dans une église pour s'éclairer. (Présentation Fnac)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Une rivière verte et silencieuse est un texte court et lumineux serti comme une pierre précieuse. Chaque scène est parfaite, s’insérant à merveille dans l’ensemble.

 

-          L’amour du père et du fils est au coeur du roman : ce père attendrissant est considéré comme un raté par tous mais l’amour de son fils va réussir à le sauver. Ils ont besoin l'un de l'autre, quoi qu'il arrive, Primo  veut désespérément croire en cet homme, son seul repère dans une vie solitaire, comme le père a besoin de choyer son fils pour se sentir exister :

 

« Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu’il avait attrapé des truites bleues à la main.

Je fermai les yeux.

Une rivière verte et des truites bleues. » (p. 52)

 

  - C'est un roman très visuel, la brieveté et la pureté des scènes leur apporte une intensité miraculeuse. Il est difficile de trouver les mots pour décrire cette merveille, je n'aurais qu'un seul mot "lisez-le"...

       

   « C'est vraiment pas grand-chose que ce livre, mais un premier roman capable de faire naître autant d'émotions, si on croyait en Dieu, on dirait qu'aujourd'hui c'est presque un miracle. » (Thierry Guichard, Matricule des Anges)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien…

 

Premières phrases :

 

« Cette herbe poussait si vite que personne ne jugeait utile de couper une herbe qui aurait repoussé le lendemain. Elle commençait derrière les maisons et, me semblait-il, s’étendait aussi loin que la vue portait depuis le sommet du château d’eau. Mais je ne pouvais pas l’affirmer, car je n’étais jamais monté sur le château d’eau. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Trois chevaux de Erri DE LUCA

 

D’autres avis :

 

Le Matricule des Anges

 

Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Editions du Seuil, 1999, 123 p., 11.43 euros

POCHE : Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Points, 2001, 128 p., 5 euros

 

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