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litterature francaise

Les éclaireurs de Antoine BELLO

Publié le par Hélène

                                                   Eclaireurs_Bello.jpg

♥ ♥

Prix France Culture Télérama 2009

 

L’auteur :

 

Antoine Bello est un écrivain et entrepreneur français. Arrière-petit neveu de Marcel Aymé, Antoine Bello publie son premier livre, un recueil de nouvelles intitulé Les Funambules, en 1996.

 

L’histoire :

 

C'est l'histoire de Sliv, agent spécial du CFR (Consortium de Falsification du Réel), qui veut comprendre pour quoi et pour qui il travaille. C'est l'histoire d'une organisation secrète internationale, qui tente d'influer sur l'histoire des hommes, et dont l'existence est brutalement remise en cause un certain 11 septembre 2001. C'est l'histoire de Youssef, tiraillé entre sa foi et son amitié ; de Maga, jeune femme moderne que son mariage précipite dans une famille d'intégristes ; de Lena, dont la rivalité professionnelle avec Sliv cache peut-être des sentiments d'une autre nature. C'est l'histoire d'une grande nation, l'Amérique, qui trahit ses valeurs quand le monde a le plus besoin d'elle. C'est, d'une certaine façon, l'histoire du siècle qui vient. (source : éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-       -    Le concept même des falsificateurs apporte des problématiques d’actualité sur la manipulation des informations, le pouvoir de la fiction, des problématiques traitées ici avec intelligence et subtilité.

 

-          - L’écriture alerte d’Antoine Bello nous emporte allègrement dans son roman.

 

-          - Le personnage de Silv est suffisamment bien brossé pour que chaque lecteur puisse se reconnaître dans cet homme qui cherche à donner un sens à sa vie.

 

-          - Un résumé détaillé des Falsificateurs en début de roman nous permet de nous situer dans le roman.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’aspect historique du roman ne m’a pas passionné : il revient sur le 11 septembre, sur la guerre en Irak, bref des évènements mille fois ressassés jusqu’à la lassitude…

 

-          Je pense qu’il serait plus pertinent de commencer par la lecture des falsificateurs pour bien saisir la personnalité de chaque personnage et le fonctionnement précis du CFR.

 

Premières phrases :

 

« Comme chaque fois que je poussais la lourde porte vitrée du cabinet Baldur, Furuset et Thorberg, je méditais brièvement sur le tour qu’avait failli prendre ma vie dix ans plus tôt, ce jour où j’avais répondu à une annonce pour un poste de chef de projet en études environnementales. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les falsificateurs

 

D'autres avis : Keisha, Dasola,  Magazine littéraire , Télérama 

 

Les éclaireurs, Antoine Bello, Gallimard,février 2009, 477 p., 21 euros

POCHE : Les éclaireurs, Antoine Bello, Folio, septembre 2010, 488 p.,6.80 euros

 

Je remercie Lise Chasteloux pour cette immersion dans un monde falsifié...

 

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias ENARD

Publié le par Hélène

mathias-enard-parle-leur-de-batailles-de-rois-et-d-elephant.jpg

♥ ♥ ♥

 Prix Goncourt des lycéens en 2010

 

L’auteur :

 

Mathias Enard est un écrivain français. Son roman Zone a obtenu le Prix décembre en 2008 et le prix du livre Inter en 2009.

 

L’histoire :

 

13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu'il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l'invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d'un pont sur la Corne d'Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l'étrangeté byzantine, Michel Ange, l'homme de la Renaissance, esquisse avec l'Orient un sublime rendez-vous manqué. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         Le style est ciselé, lyrique, poétique et il nous emporte en deux mots sur les rives de l’histoire avec une facilité déconcertante :

 

« Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour ; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards ; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, d’éléphants, de rois et d’êtres merveilleux ; en leur racontant le bonheur qu’il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l’amour, l’amour, cette promesse d’oubli et de satiété. » (p.66)

 

-         Tel un poète, Michel Ange veut sublimer le monde, lui apporter de la beauté pour que la nuit ne triomphe pas. Ce n’est pas seulement un pont qu’il souhaite construire, mais une véritable œuvre d’art inscrite dans l’éternité. La vie et ses contingences auront raison de ses projets…

 pont.JPG

 

-         Michel Ange est saisi dans l’immédiateté de son histoire personnelle mais aussi de la grande Histoire. Le fait d’ancrer ce court récit dans une réalité historique apporte un souffle de magie supplémentaire aux instants fugaces saisis dans la vie de cet homme illustre.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- La légèreté de ce petit roman me laisse penser qu’il ne me laissera pas une impression durable…

 

Premières phrases :

 

« La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l’aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants. Nous sommes un peuple de relégués, de condamnés à mort. Je ne te connais pas. Je connais ton ami turc ; c’est l’un des nôtres. Petit à petit il disparaît du monde, avalé par l’ombre et ses mirages ; nous sommes frères. »

 

 

D’autres avis : Griotte (Merci, merci), Leiloona, Amanda, Dominique, Pickwick, La Ruelle Bleue, Alex

  

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, Mathias ENARD, Actes Sud, août 2010, 153 p., 17 euros

 

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La délicatesse de David FOENKINOS

Publié le par Hélène

délicatesse

 ♥ ♥ 

  « L’art d’aimer ?

C’est savoir joindre à un tempérament de vampire

La discrétion d’une anémone. » (Cioran) (p. 82)

 

L’auteur :

 

David Foenkinos est un écrivain et scénariste français. Il a publié son premier roman en 2002.

 

L’histoire :

 

« Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir.   Maintenant, elle se demande si elle a bien fait.   C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme.   Réellement surprise. » (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         J’ai croisé David Foenkinos en juin dernier lors de la remise du prix orange du livre (il appartenait au jury), et j’avais envie de voir si l’œuvre ressemblait à l’homme : spirituel, drôle, gai… Eh bien oui, pari réussi, cette Délicatesse a tenu ses promesses. C’est effectivement un roman drôle, spirituel et gai.

 

-         Les  chapitres sont entrecoupés de brèves digressions : « Définition du mot « délicatesse » dans le Larousse », « Résultats de ligue 1 le soir où Charles comprit qu’il ne plairait jamais à Nathalie », « Ingrédients nécessaires pour le risotto aux asperges »… Elles apportent un voile léger et décalé au roman en désamorçant l’intrigue.

 

« Pensée d’un philosophe polonais

 

Il y a des gens formidables

Qu’on rencontre au mauvais moment.

Et il y a des gens qui sont formidables

Parce qu’on les rencontre au bon moment. » (p. 88)

 

-         L’analyse des sentiments est intelligente et subtile. David Foenkinos décrit avec tendresse ces instants fragiles durant lesquels tout peut basculer, aussi bien dans le positif que dans le négatif si l’on n’y prend pas garde.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Le tout reste très léger, sans grande prétention.

 

Premières phrases :

 

« Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l’adolescence sans heurt, respectant les passages piétons. A vingt ans, elle envisageait l’avenir comme une promesse. Elle aimait rire. Elle aimait lire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Le traducteur amoureux de Jacques GELAT

 

Une adaptation de ce roman devrait voir le jour en 2012.

   

D’autres avis : Sophie, Amanda, Karine

 

La délicatesse, David Foenkinos, Gallimard, août 2009, 200 p., 16 euros

POCHE : La délicatesse, David Foenkinos, Folio, janvier 2011, 209 p., 6.20 euros

 

Je remercie Lise Chasteloux pour cette lecture rafraichissante...

 

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L'amour est une île de Claudie GALLAY

Publié le par Hélène

                                                amour est une ile

 ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Claudie GALLAY est une écrivain français. Elle a publié son premier roman «L’office des vivants» en 2001.

 

L’histoire :

 

C'est une saison singulière pour Avignon et les amoureux du théâtre : la grève des intermittents paralyse le festival. Un à un les spectacles sont annulés. Les visiteurs déambulent sous un soleil de plomb, à la recherche des rares lieux où joueront quand même quelques comédiens. Comme Mathilde, dite la Jogar : devenue célèbre depuis qu'elle a quitté Avignon, elle est enfin de retour dans cette ville où elle a grandi, et pour un rôle magnifique. L'homme qu'elle a tant aimé, et qui l'a tant aimée, Odon Schnadel, a appris sa présence par la rumeur. Lui-même vit ici en permanence, entre sa péniche sur le fleuve et le petit théâtre qu'il dirige.

Cette année-là, avec sa compagnie, Odon a pris tous les risques. Il met en scène une pièce d'un auteur inconnu, mort clans des circonstances équivoques : un certain Paul Selliès dont la jeune soeur Marie - une écorchée vive - vient elle aussi d'arriver à Avignon, un peu perdue, pleine d'espérances confuses... ou de questions insidieuses. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Dés les premières lignes les phrases courtes de Claudie Gallay claquent et happent le lecteur dans leur ronde. Un monde se dessine, une atmosphère se crée, et le lecteur devient l’un des personnages, subissant comme eux la chaleur et la pesanteur de cet été 2003. Là est la grande force de Claudie Gallay : réussir en quelques mots  à planter un décor et à y installer confortablement son lecteur.

 

« Julie et les garçons ont réservé une table sous les platanes le long de la petite Sorgue. C’est une ruelle étroite, pavée, une des plus anciennes de la ville, autrefois un quartier de teinturiers. Ils boivent du punch antillais au goût de goyave, lait de coco, morceaux d’ananas, une ombrelle en papier plantée pour décor.

Ils trinquent à l’avenir.

Les tables autour d’eux sont toutes occupées.

Il fait trop chaud, l’eau de la Sorgue est croupie.

Des guirlandes de lumière sont allumées dans les arbres. Une foule bigarrée se déverse, au coude à coude. Des jeunes filles, en groupe, des femmes parées d’étoffes multicolores. On lèche des glaces, on choisit des crêpes, on mange en marchant, on regarde les autres. » (p. 71)

 

-          Chaque personnage porte en lui sa part de mystère, mystère qui se lève lentement au fil des pages.

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je dois avouer avoir été lassée par les personnages que j'ai trouvé peu attachants, froids pour la plupart.

-          L’atmosphère est étouffante, les respirations sont rares si bien qu’au fur et à mesure de la lecture un trop plein s’est fait sentir…

 

Premières phrases :

 

« Il fait encore nuit et le fleuve est tranquille quand Odon Schnadel sort de sa péniche. Il tient un bol à la main. C’est son premier café, noir, brûlant. Il a mal au crâne. Il glisse deux aspirines dans le bol.

La chaleur est étouffante.

Des branches flottent, cassées plus au nord et charriées, apportées là, elles se confondent avec les eaux brunes. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Ouragan de Laurent GAUDE

 

L’amour est une île, Claudie GALLAY, Actes Sud, août 2010, 350 p., 21.80 euros

 

Je remercie Clara pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

 

Elles l’ont lu aussi : Choco, Leiloona  

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Pondichéry, à l’aurore de Aliette ARMEL

Publié le par Hélène

                                               pondichéry

 ♥ ♥ 

Un roman lumineux 

 

L’auteur :

 

Aliette Armel est une romancière et critique littéraire française. Aux éditions Le Passage, elle a publié Le Disparu de Salonique et Le Pianiste de Trieste. Elle est également l’auteur du Voyage de Bilqis (Autrement, prix ouest 2002).

 

L’histoire :

 

Sir Gérald Manding, récent prix Nobel de littérature, a disparu au bord de la mer, à Pondichéry. Claire, qui accompagnait la femme de cet homme de théâtre anglais depuis la cérémonie de remise des prix à Stockholm, décide de raconter ses derniers jours en prenant appui sur les carnets que Sir Gérald a laissé. Elle découvre alors les étonnants personnages qui entouraient l’écrivain : Louise Berthon, l’épouse de Gerald, actrice du film qui a assuré leur renommée internationale et qu’une étrange aphasie tient désormais à l’écart des scènes de théâtre ; Charles Carrois du Réau, l’ami d’enfance toujours dévoué et qui, de son poste à l’ambassade de Stockholm, a beaucoup œuvré pour que Gerald obtienne le Nobel ; Léonore Carrois du Réau, qui à plus de 80 ans exerce toujours son emprise sur le clan familial franco-anglais ; Gaspard, son fils, parti à Pondichéry à la suite du premier acte d’une tragédie familiale qui continue de les hanter.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Dans ce roman érudit, Aliette Armel se glisse dans les habits de cette divinité Aurore chargée  d’ouvrir les Portes du Ciel au Dieu Soleil. Elle nous plonge dans une atmosphère nébuleuse, dévoilant l’intrigue en déroulant les entrelacs du temps et de ses secrets sans brusquerie, et le lecteur est comme anesthésié dans ce monde cotonneux, prêt à recevoir la bénédiction du savoir…

 

-          Les personnages eux-mêmes sont ombrageux, à la recherche d’une cohérence qui pourrait les sauver. Louise et Sir Gérald semblent perdus sur la scène de la vie, jouant sans cesse un rôle qui les dépasse, tentant de contrôler chacune de leurs « répliques » pour qu’elle sonne au plus juste, et passant ainsi sans doute à côté d’eux-mêmes. Le pouvoir de l’art peut être aliénant. La spiritualité indienne aidera Louise à se réapproprier sa propre vie :

 

« En Inde, plutôt que d’expliquer, on raconte des histoires. Ecoute celle-ci : un Occidental passe devant une rose. Il la trouve très belle. Il s’interroge longuement sur les raisons de sa beauté. Lorsqu’il a assemblé suffisamment d’explications, il repart. Et l’instant suivant, il se pose d’autres questions. Son esprit n’est toujours pas en paix. Un indien passe devant la même rose. Il la trouve, lui aussi, très belle. Il s’arrête, salue la rose, reste devant elle en silence pour s’imprégner de sa nature et donc de sa beauté. Il la salue à nouveau et continue son chemin. Jusqu’au soir, et même au-delà, il reste pénétré par la joie que lui a procurée la fleur. » (p. 72)

 

Les autres personnages arpenteront les allées du monde sous l’égide de grands écrivains ou de scientifiques éclairés, cherchant sans doute aussi la plénitude de cet instant éternel :

 

« Je l’accompagnerai de ce conseil de Tranströmer : éprouver « cette sensation d’être « là et nulle part ailleurs » et la conserver, comme lorsqu’on porte un vase rempli jusqu’à ras bord et qu’on ne doit rien renverser. » » (p. 134)

 

-          Aliette Armel nous convie à un voyage passionnant dans l’univers des prix Nobel et de ces êtres toujours à l’affût d’un éclat de vérité. Elle forme sous nos yeux un roman aux multiples ramifications, un roman qui nous happe dans ses rayons lumineux...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« Giroflées, jonquilles et pensées enlacent leurs tiges vert tendre fichées dans un épais matelas de terre posé sur le socle en pierre blanche. Au milieu de sépultures grises et sous le ciel plombé de janvier, l’effet de surprise est total. Claire se fige devant le parterre fleuri. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le voyage de Bilqis

 

Pondichéry, à l’aurore, Aliette ARMEL, Le passage, janvier 2011, 301 p., 18 euros

 

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La petite Malika de Mabrouck RACHEDI et Habiba MAHANY

Publié le par Hélène

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 Un roman plein de fraîcheur.

 

 

Les auteurs :

Habiba Mahany est l’auteur de Kiffer sa race. Mabrouck Rachedi, auteur du Poids d’une âme et du Petit Malik, est son frère. Il a travaillé dans la finance et défend activement l’image positive de la banlieue. La Petite Malika est leur première collaboration littéraire.
 

L’histoire :

Vingt-deux ans dans la vie de Malika, jeune surdouée dans une cité de banlieue.

Ce que j’ai aimé :

-          Chaque chapitre nous offre une ou plusieurs scènes correspondant à un âge précis de la jeune Malika. Ainsi, chapitres après chapitres, années après années, c’est un portrait frais et vivant de la petite Malika qui se dessine sous nos yeux.

-          Le ton est résolument drôle et léger, le style très facile épousant parfaitement cette truculente évocation d’une vie dans une cité.  De la mère redoutant plus que tout une grossesse précoce pour sa fille (qui n’a alors que 5 ans), des amies apprenant le langage SMS à Malika en passant par le trajet éreintant et surréaliste de sa mère pour aller travailler, les années d’enfance sont alertes et vivantes :

« j’imaginais le mot qu’elles laisseraient dans leurs journaux intimes : je me sui faché av Malika ké pa genti vu kel é pa com nou tro c pa drol lé coincos com el((((((. J’ai dit que dalle du fight à la daronne qui zarma m’a demandé de parler correct, stp. Lol. » (p. 72)

Le ton s’alourdit quelque peu avec l’âge, on a tendance à moins sourire au fur et à mesure, la fraîcheur du début s’effaçant devant la gravité de la maturité.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je n’ai pas tellement apprécié les passages au style très travaillé, comme pour rompre avec le style parlé qui court en ces pages. J’ai eu l’impression que les auteurs voulaient nous prouver qu’ils pouvaient écrire autrement. Soit. Mais cela alourdit un récit que je préfère dans la spontanéité de la chronique vécue.

Premières phrases :

« Dès mes premiers pas, maman m’avait appris à ranger les chemises bleues avec les chemises bleues, les jeans avec les jeans, les chaussettes avec les chaussettes. Et aussi les verres à la place des verres, les assiettes à la place des assiettes, les couteaux à la place des couteaux et tout plein de trucs dans le genre. »

Vous aimerez aussi :

  Autobiographie d'une courgette de Gilles PARIS

La petite Malika, Mabrouck RACHEDI et Habiba MAHANY, JC Lattès, septembre 2010, 237 p., 16.50 euros

  Merci à Anne BLONDAT pour cet agréable moment de lecture.

  Sophie l'a lu aussi et chez elle vous trouverez aussi une interview des auteurs

  Clara aussi l'apprécié.

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Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

                                                 vie à coucher dehors2

 ♥ ♥ ♥ ♥

Prix Goncourt de la nouvelle 2009

 

L’auteur :

 

Sylvain Tesson est un journaliste, écrivain voyageur et alpiniste français. Ses expéditions sont financées par la réalisation de documentaires, par des cycles de conférences et par la vente de ses récits d'expédition, qui connaissent un certain succès.

 

L’histoire :

 

En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l’Egée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances. Rien ne sert à l’homme de trop s’agiter dans la toile de l’existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit toujours mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu’une fin insignifiante. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Ces nouvelles sont toutes admirablement bien construites, entrainant allègrement le lecteur dans des univers très différents pour finalement le surprendre par une chute brutale inoubliable.

 

Sylvain Tesson, écrivain-voyageur nous offre un pan de son expérience de voyageur en plantant le décor de ses nouvelles dans des régions diverses du monde : L’asphalte se passe en Géorgie dans un petit village, le personnage principal Edolfius se battant pour qu’une véritable route desserve son village, et non plus une simple piste de cailloux, Les porcs aborde le sujet de l’élevage intensif au pays de Galles, La statuette est celle trouvée près d’une mine par un démineur en Afghanistan…

Il nous permet ainsi non seulement de découvrir des paysages variés mais aussi de nous familiariser avec des modes de vie et de pensée autres. Par exemple dans Le bug, il nous livre en quelques lignes plusieurs révoltes de femmes à travers le monde, femmes qui un jour se sont révoltées contre leur condition, au même moment « De Sao Paulo à Libreville et d’Anvers à Johannesburg, au même moment, sans prodromes, des milliards de femmes, dans un élan commun, s’avancèrent vers l’inconnu, affranchies. » (p. 78)

 

Les thèmes abordés le sont toujours intelligemment et subtilement, servant un dessein plus large que la simple mission de raconter une histoire. Une morale se dessine souvent en filigrane derrière ces nouvelles, morales qui font la part belle au destin et aux forces de la nature auxquelles sont soumis les hommes…

 

La particule est peut-être la plus originale de ces nouvelles au charme bigarré : on y suit les pérégrinations d’une particule :

 

« Je roulai jusqu’au Gange dans un flot indistinct d’alluvions et d’ordures. A peine dans les eaux du fleuve, je fus filtrée par les ouïes d’une perche. (…) Je m’infiltrai dans les granules de sable et les cristaux d’argile. La radicelle d’un arbuste m’aspira et me propulsa dans la tige. La succion de la sève m’injecta dans la nervure d’une feuille. (…) Je coulai dans la trachée d’un jeune anglais et m’épanouis dans sa viande. (…) Et moi, misérable particule, cellule anonyme, pauvre poussière d’atome, je vous supplie, ô dieux du ciel, de me donner le repos, de me délivrer du cycle et de me laisser gagner le néant… » (p. 151)

 

Des nouvelles qui sont comme de petites pépites glaciales… A découvrir absolument...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« - Salaud !

On entendait tinter les bouteilles longtemps avant d’apercevoir le livreur. Chaque soir, la scène était la même : Edolfius se rangeait pour laisser passer le camion et se protégeait le nez avec son foulard, mais la poussière lui fourrageait les muqueuses et lui laissait un goût d’emplâtre dans la bouche. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Chucho de Grégoire POLET

 

Une vie à coucher dehors, Sylvain TESSON, Gallimard, mars 2009, 196 p., 16.90 euros

Une vie à coucher dehors, Sylvain TESSON, Folio, septembre 2010, 206 p., 5.60 euros

 

Je remercie Lise CHASTELOUX des éditions Folio pour cette très agréable lecture !

 

D’autres avis chez Cuné, Clara...

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Courir de Jean ECHENOZ

Publié le par Hélène

Echenoz.jpg

♥ ♥ ♥ 

Le portrait touchant d'un homme passionné emporté malgré lui dans une course sans fin.

   

L’auteur :

 

Jean ECHENOZ est un écrivain français  Il a publié son premier roman en 1979 et a depuis reçu une dizaine de prix littéraires.

 

L’histoire :

 

Jean Echenoz nous livre un portrait vivant d'Emil Zatopek, l'homme le plus rapide au monde dans les années 50. C'est un homme attachant qui évolue dans le milieu de la course de fond, un peu par hasard dans la Tchécoslovaquie du XXe siècle. L'auteur dresse un portrait touchant et mélancolique d'un homme dépassé par la vie et ses avatars.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le style de Jean ECHENOZ : très minimaliste, il parvient à rendre parfaitement la course effrénée du jeune Emil. Le récit est vivant.

 

- Le portrait émouvant de cet homme. Il s'agit d'un roman basé sur un personnage réel. Si le récit puise ses sources dans la vie réelle d'Emil Zatopek, il n'est pas totalement biographique puisque des zones d'ombres demeurent. Jean Echenoz a épuré le récit de façon à ne garder de la biographie du coureur que les évènements principaux. Nous suivons la trajectoire de cet homme que l’on nommait « la locomotive » avec stupeur et tremblements… Quand va-t-il s’arrêter ? Va-t-il courir toute sa vie au risque de laisser sur le bas-côté un peu de lui-même ? Que va-t-il gagner ? Il ne s’agit pas simplement de trophées dans cette course infernale, mais d’une vie passée à courir presque malgré soi vers on ne sait quel ailleurs idéalement meilleur. Une course contre la montre, une course contre la mort…

 

- Le portrait d’une époque : L'histoire se déroule dans la Tchécoslovaquie communiste des années 40 et 50. Nous suivons donc en toile de fond l'occupation allemande puis la mise en place du régime stalinien à Prague. Emil Zatopek est aux prises avec les instances dirigeantes de son pays qui l'utilisent politiquement avant de l'abandonner quand ses performances ne sont plus aussi brillantes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je n’ai rien à redire.

 

Premières phrases :

 

« Les Allemands sont entrés en Moravie. Ils y sont arrivés à cheval, à moto, en camion, mais aussi en calèche, suivis d’unités d’infanterie et de colonnes de ravitaillement, puis de quelques véhicules semi chenillés de petit format, guère plus. »

  

Vous aimerez aussi :

 

Un soir au club de Christian GAILLY

 

Courir, Jean ECHENOZ , Editions de Minuit, octobre 2008, 13.50 euros

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Les sœurs Brelan de François VALLEJO

Publié le par Hélène

                                                              les-soeurs-brelan

 ♥ ♥ ♥ ♥

Un récit jubilatoire admirablement bien mené.

  

L’auteur :

 

François Vallejo est un écrivain français auteur de sept romans, romans pour lesquelles il a obtenu plusieurs distinctions littéraires.

 

L’histoire :

 

A la mort de leur père, les trois sœurs Brelan refusent la tutelle de leur tante Rosie et décident de s’assumer seules, l’aînée Marthe ayant atteint sa majorité. Et c’est envers et contre tous, toujours unies qu’elles vont revendiquer leur droit à vivre comme elles l’entendent.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce récit est mené tambour battant, pas un instant le lecteur ne s’ennuie tant l’écriture est vive, et tant les personnalités de ces sœurs hors du commun sont attachantes.

 

-          Ces quatre femmes (j’inclue la grand-mère qui le mérite bien…) sont époustouflantes. Marthe est un exemple de dévouement qu’un petit séjour au sanatorium délivrera d’une charge trop lourde pour ses maigres épaules ; Sabine prendra le relais, prête à tout pour subvenir aux besoins de ses sœurs ; et la plus jeune, Judith, est celle avec qui « Il fallait s’attendre à tout » (p. 198), la suite de l’histoire le prouvera. La grand-mère quant à elle s’amuse follement au milieu de cette joyeuse smala, et lance souvent son rire « descendant, ferme et bref » (p.25), tout en comptant ses napoléons d’or pour les offrir à ses petites-filles, encore persuadée qu’ils seront utiles pour financer leurs folles équipées parisiennes. Leurs liens demeureront indéfectibles :

 

 « Tant que nous sommes trois, nous ne sommes pas abandonnées. Il suffit de rester ensemble, vous ne croyez pas ? Nos sommes sœurs depuis le début, ça durera jusqu’à la fin, si nous le décidons. » (p. 24)

 

-          L’ensemble est drôle, enlevé, un vrai bonheur de lecture.

 

 « Le plus simple serait que les sœurs Brelan acceptent la tutelle officielle de Pierre Ledru, même s’il est dirigé par sa femme.

Le jardin est beaucoup plus grand chez nous, il aurait de quoi faire pousser ses rosiers… Mais nous, on n’est pas des rosiers. » (p. 16)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« Trois, elles étaient trois et partageaient trois habitudes : s’accorder d’un coup d’œil, se taire au même moment et parler toutes à la fois. Séparées, elles se sentaient perdues, on pouvait s’imposer à elles. Si elles osaient prendre la parole, les sœurs Brelan, c’était ensemble. On ne s’entendait plus, elles parlaient trois fois plus fort, elles n’avaient peur de rien. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Ouest

Autre : Jim Glass de Jim EARLEY

 

Les sœurs Brelan, François VALLEJO, Viviane Hamy, septembre 2010, 286 p., 19 euros

 

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Ouragan de Laurent GAUDE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

 "Je suis là, au milieu des jacinthes fanées, oublieux de ma vie, seul pour la première fois, libéré du monde et apaisé." (p.176) 

 

L’auteur :

 

Laurent Gaudé est un écrivain français lauréat du prix Goncourt en 2004 pour Le soleil des Scorta.

  

L’histoire :

 

A la Nouvelle-Orléans, alors qu’une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Dans ce décor d’apocalypse, Laurent Gaudé suit une dizaine de personnages demeurés sur place, et qui vont se croiser dans la ville soumise au chaos.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les envolées lyriques de Laurent Gaudé ont trouvé dans ce sujet tournoyant une belle matière pour s'exprimer et s'exhaler...

 -          Ce sont des personnages fêlés qui se présentent à nus en s'exprimant tour à tour au fil des pages, et la tempête va permettre de balayer les angoisses de certains, et d’apaiser les âmes des autres. Josephine est l'une des plus attachantes :

 

« Moi, Josephine Linc. Steelson, pauvre négresse au milieu de la tempête, je sais que la nature va parler. Je vais être minuscule, mais j’ai hâte, car il y a de la noblesse à éprouver son insignifiance, de la noblesse à savoir qu’un coup de vent peut balayer nos vies et ne rien laisser derrière nous, pas même le vague souvenir d’une petite existence. » (p. 52)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les alligators…

-          Le prêtre qui ne parvient pas à bien saisir le message que lui envoie Dieu est assez déroutant dans sa psychologie.

- Une certaine tendance à en faire trop peut néanmoins rapidement énerver le lecteur s'il ne se laisse pas emporter par la verve lyrique...

  

Premières phrases :

 

« Moi, Josephine linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j’ai ouvert la fenêtre ce matin, à l’heure où les autres dorment encore, j’ai humé l’air et j’ai dit : « Ca sent la chienne. » Dieu sait que j’en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j’ai dit, elle dépasse toutes les autres, c’est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d’eau à l’approche du train. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le soleil des Scorta

Autre : Zola Jackson de Gilles LEROY

 

Lu par Clara, Choco, Midola, AmandaFransoaz... 

 

Ouragan, Laurent GAUDE, Actes Sud, août 2010, 189 p., 18 euros

 

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