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Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

Prix Fémina 2008

 

 

 

L’auteur :

 

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision. Il a obtenu le prix Fémina en 2008 pour ce roman.

 

L’histoire :

 

Jean-Louis Fournier raconte des tranches de vie aux côtés de ses deux enfants handicapés. Au fil des pages il livre des réflexions autour de leur vie quotidienne, toujours sur un ton drôle et décalé, même si la souffrance est sous-jacente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce livre permet une approche très originale du handicap, sans pathos ni revendications. Le ton est toujours drôle et distancié, tendre et attentionné.
C'est un livre qui se lit très rapidement et duquel on ressort grandi, admiratif, nourris d'une nouvelle vision du handicap. Jean-Louis Fournier réussit à nous passionner en juxtaposant seulement des moments de vie. L'ensemble est traité avec humour tout en nous faisant sentir la souffrance et les difficultés liées à une telle situation.

 

« Mathieu fait souvent 'vroum-vroum' avec sa bouche. Il se prend pour une automobile. Le pire, c'est quand il fait les Vingt-Quatre Heures du Mans. Qu'il roule toute la nuit sans pot d'échappement. »

 

« Thomas essaie de s'habiller tout seul. Il a déjà mis sa chemise, mais il ne sait pas la boutonner. Il est en train maintenant d'enfiler son pull-over. Il y a un trou à son pull-over. Il a choisi la difficulté, il s'est mis dans l'idée de l'enfiler en passant sa tête non pas par le col, comme l'aurait fait un enfant normalement constitué, mais par le trou. Ce n'est pas simple, le trou doit mesurer cinq centimètres. Ca dure longtemps. Il voit qu'on le regarde faire, et qu'on commence à rire. A chaque essai, il agrandit le trou, il ne se décourage pas, il en rajoute d'autant qu'il nous voit rire de plus en plus. Après dix bonnes minutes, il a réussi. Son visage radieux sort du pull, par le trou.
Le sketch était terminé. On a eu envie d'applaudir. » (p.42)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- La construction est un peu éclatée.

 

 

Premières phrases :

 

 

« Cher Mathieu,
Cher Thomas,
Quand vous étiez petits,j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. »

 

Où on va papa, Jean-Louis FOURNIER, Stock, août 2008, 15 euros

POCHE : Où on va papa, Jean-Louis FOURNIER, Le livre de poche, mars 2010, 149 p., 5.50 euros

 

A noter que ce livre a créé une polémique autour de la façon dont Jean-Louis Fournier parle de ses enfants. Leur mère a réagi en créant ce site : http://mamanmathieuetthomas.monsite-orange.fr/index.html  

 

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Chamelle de Marc DURIN VALOIS

Publié le par Hélène

chamelle

 

 

 

♥ ♥ ♥

Prix des Cinq Continents en 2003

 

 

 

L’auteur :

Marc DURIN VALOIS est un écrivain français. Il a passé son enfance aux Etats-Unis et en Ouganda. Il est journaliste et enseignant au CNAM en psychologie.

Le long métrage inspiré de ce roman, réalisé par Marion Hansel, a reçu une quinzaine de prix internationaux. 

 

L’histoire :

 

Un pays africain. Qu’importe lequel. Pris en étau entre la guerre et le manque d’eau, les habitants d’un village décident de partir à la recherche de l’eau. Ils iront vers le sud, mais Rahne, l’un des villageois qui se targue d’être plus cultivé que les autres, décide de suivre sa propre route et d’emmener les siens vers l’est. Commence alors l’errance de cette famille dans le désert avec comme seule compagne leur chamelle. Rahne et les siens vont côtoyer la guerre, la faim, la soif, seuls mais unis. Leur choix était-il le bon sur ce continent qui met souvent le groupe en avant ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce roman est conçu comme une fable cruelle, au pouvoir évocateur très puissant. Tout est orchestré d’une main de maître, jusqu’à l’implacable conclusion, renversante…

-          Ses leçons sont nombreuses et enrichissantes. Cet homme qui partait sûr de lui et de son

 savoir ( "Le savoir donne un prix à la peau. Je l'ai toujours dit." (p. 25) dit-il) va petit à petit vaciller sous les coups du sort.

C'est un récit qui prône l'humanité et la tolérance quoiqu'il arrive. Il faut parfois plier devant les autres, ravaler sa fierté et la haute estime que l'on a de soi-même pour pouvoir avancer...

 

"Dans la misère, l'homme isolé est toujours perdant. Quelque voie qu'il prenne." (p. 191)

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Pas très gai… Malgré tout le récit ne tombe jamais dans le pathétique, le récit s'apparentant vraiment à un conte philosophique dans lequel rien n'est réellement grave, le but du récit étant d'instruire et faire réflechir les lecteurs, non pas de les faire pleurer.

 

Premières phrases :

 

  "Si le vent soulève au loin  les sables et en fait des volutes, c'est que l'eau manquera bientôt partout.

Jamais ce vent chaud n'était venu jusqu'ici. Plus loin à l'ouest, oui. C'était arrivé. On avait vu les hommes errer comme des spectres desséchés, les lèvres et la alngue si blanches qu'ils semblaient vomir du lait. Mais, ici, en douze ans, jamais."

 

Vous aimerez aussi :

 

  Allah n'est pas obligé d'Ahmadou KOUROUMA  

 

Chamelle, Marc DURIN VALOIS, JC Lattès, août 2002, 15 euros

POCHE : Chamelle, Marc DURIN VALOIS, Le livre de poche, novembre 2004, 184 p. 5.50 euros

 

Cathe et Clara en parlent aussi.

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Des éclairs de Jean ECHENOZ

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

L’histoire romancée d’un savant fou…

 

 L’auteur :

 

Jean ECHENOZ est un écrivain français  Il a publié son premier roman en 1979 et a depuis reçu une dizaine de prix littéraires.  Avec Ravel et Courir, Des éclairs constitue le dernier volet du triptyque de « vies imaginaires » entrepris par l'écrivain.

 

L’histoire :

 

Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l’intéresse plus que le profit… Tirant parti de ce trait de caractère, d’autres vont tout lui voler.

Jean Echenoz s’est inspiré pour ce récit de la destinée de l’ingénieur Nikola Tesla (1856-1943).

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Grégor est un personnage atypique et attachant malgré son caractère ombrageux. Inventeur génial : on lui doit notamment le courant alternatif, mais aussi « La radio. Les rayons X. L'air liquide. La télécommande. Les robots. Le microscope électronique. L'accélérateur de particules. L'Internet. J'en passe » (p.80), il préfère l’allégresse de la découverte et la mise en scène de ses découvertes aux retombées financières éventuelles. Sa passion aveugle et presque enfantine pour la science le condamnera à la solitude, avec comme seuls compagnons, des pigeons…

 

« Or on sait bien que tout le monde pense, toujours, la même chose au même instant. En tous cas se trouve-t-il toujours au moins quelqu’un pour avoir la même idée que vous. Mais il y en a toujours un aussi qui, avec la même idée que les autres, se montre plus patient, plus méthodique ou chanceux, mieux avisé, moins dispersé que Grégor, pour ne se consacrer qu’à elle et devancer le reste du monde en la réalisant. » (p. 80)

 

-          Grégor apparaît sous la plume de jean Echenoz comme une sorte de savant fou plutôt comique qui semble par exemple persuadé qu’il peut communiquer avec les Martiens. De plus, ses expériences ne sont pas toujours concluantes :

 

« Il égrène un compte à rebours et retient son souffle puis, quand son assistant actionne l’interrupteur, une foudre énorme explose au-dessus de la station dans laquelle se répandent une lueur bleue glaçante avec un fort parfum d’ozone alors que des éclairs géants, forme gratte-ciel, jaillissent du mât dans un fracas de tonnerre plus démesuré que jamais. » (p. 103) 

 

- Jean Echenoz nous offre un magnifique portrait cruel et drôle à la fois, et conclue ainsi en beauté son cycle consacré aux « vies imaginaires ».

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien de précis.

 

Premières phrases :

 

« Chacun préfère savoir quand il est né, tant que c’est possible. On aime mieux être au courant de l’instant chiffré où ça démarre, où les affaires commencent avec l’air, la lumière, la perspective, les nuits et les déboires, les plaisirs et les jours. Cela permet déjà d’avoir un premier repère, une inscription, un numéro utile pour vos anniversaires. Cela donne aussi le point de départ d’une petite idée personnelle du temps dont chacun sait aussi l’importance : telle que la plupart d’entre nous décident , acceptent de le porter en permanence sur eux, découpé en chiffres plus ou moins lisibles et parfois même fluorescents, fixé par un bracelet à leur poignet, le gauche plus souvent que le droit.»

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Courir

D’un autre auteur : Enlèvement avec rançon de Yves RAVEY

 

Des éclairs, Jean ECHENOZ, Editions de Minuit, septembre 2010, 14.50 euros

 

1pourcent

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Les chagrins de Judith PERRIGNON

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 Un très beau roman sur les relations mère-fille

  

L’auteur :

 

Judith PERRIGNON est journaliste et auteur de plusieurs ouvrages mais Les Chagrins est son premier roman.

  

L’histoire :

 

A la mort de sa mère, Angèle apprend qu’elle est née en prison pendant la détention d’Hélèna, sa mère. Grâce à des lettres de Mila, sa grand-mère, à Hélèna et à des articles de journaux, Angèle va reconstituer son histoire et sonder les rapports opaques qu’elle entretenait avec sa mère.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’écriture ciselée :

 

« Une nuit sans sommeil commence. Pleine de murmures, de regrets, de prières et de berceuses. Des fées embastillées promettent à l’enfant la vie qu’elles n’ont pas eue. C’est toujours flou la vie qu’on n’a pas eue, parce qu’on ne sait pas à quel moment on s’est trompé, même quand on est en prison. Alors elles cousent des mots les uns aux autres, ressortent de vieux rêves jetés aux chiffons, convoquent la beauté, hésitent avec l’amour, se méfient des chimères qu’on raconte aux petites filles, tout en rêvant de s’envoler vers la rue juste derrière l’enceinte, rue Merlin elle s’appelle, comme l’enchanteur. » (p.19)

 

-          L’alternance de supports de narration (lettres, articles de presse, récit de Mila, récit d’Angèle…) apporte de la profondeur au personnage si fantômatique d’Hélèna.

 

-          La relation floue entre Angèle et Hélèna est minée par les chagrins de l’enfance : Angèle fut élevée par Mila, puis à cinq ans elle retrouva une Hélèna froide et distante, incapable d’aimer encore. Aujourd’hui, elle cherche à comprendre cette femme qui lui a obscurci la luminosité de l’enfance.

 

« Elle était la prisonnière consentante d’un court moment de sa vie. » (p.109)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Pourquoi ne pas avoir mis trois ou quatre étoiles ? La raison est simple : j’ai pleuré d’un bout à l’autre de cette lecture. Et mon cœur (et mes yeux bouffis) me murmurent que je ne peux pas m’enthousiasmer pour un roman qui a fait couler autant de larmes… Alors, comme hier avec « Une année en haut », j’ai décidé d’écouter mes émotions… Mais sachez que c’est un avis très personnel sur ce roman à la qualité indéniable.

 

Premières phrases :

 

"Au premier mars mille neuf cent soixante-treize, plus aucun fourgon n'avait passé la porte. Personne ne s'était assis au café Les Platanes, juste au coin de la rue, dans l'attente d'une visite. La prison était vide. Au-dessus du porche d'entrée, adossé au drapeau français, un panneau disait : Terrassement. Démolition. Entreprise Bonaldy."

 

Vous aimerez aussi :

 

Leur histoire de Dominique MAINARD

 

 Les chagrins, Judith PERRIGNON, Stock, août 2010, 204 p., 17 euros

 

Merci à Karine VINCENT des Editions Stock.

 

Lu dans de cadre du challenge du 1% littéraire : 1pourcent

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Les trois saisons de la rage de Victor COHEN HADRIA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Un roman plaisant qui nous emporte sur les traces d'un médecin de campagne au XIXème siècle.

  

L’auteur :

 

Victor COHEN HADRIA est producteur et réalisateur de fictions et de documentaires et romancier.

 

L’histoire :

 

La première partie du roman est constitué d’un échange épistolaire entre le docteur Le Cœur, médecin de campagne en Normandie, et le docteur Rochambaud, médecin militaire. L’action se passe en 1859 sous le règne de Napoléon III. La deuxième partie du roman s’attache au docteur Le Cœur en nous livrant son journal intime. Dans cette partie, il raconte son quotidien de médecin, mais aussi ses aventures galantes…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La construction originale, en creux, le prologue trouvant écho en l’épilogue. L’échange épistolaire de la première partie suscite l’intérêt et permet de se lancer facilement dans la lecture. De plus, la fin est cohérente et relie l’ensemble.

-          L’évocation de ces paysans et bourgeois du XIXème siècle : le docteur Le Cœur plonge dans leur intimité et nous offre des portraits très fins et vivants de ces hommes et ces femmes reflets d’une époque. Il aborde des sujets très variés les concernant : les mariages arrangés, la religion et les superstitions omniprésentes, les tromperies nombreuses et variées…

- Les réflexions des médecins : la confrontation entre la science –encore lapidaire- de ces hommes et la réalité qu’ils rencontrent est l’objet de réflexions qui ont finalement un caractère universel. La science aura beau progresser, resteront des zones d’ombre inhérentes à la vie.

 

 « Je me reproche de n’avoir pas vu la détresse de Pierre Daubois, j’espérais qu’il trouverait la ressource de surmonter son état. Mais il en est des conformations humaines comme des mystères de la Nature, les mêmes causes ne donnent pas toujours les mêmes effets. Il nous manque la science pleine des choses pour déchiffrer pourquoi elles surviennent. Nous sommes des aveugles qui n’éprouvons le monde que lorsqu’ils s’y cognent, tout le reste n’est que le fruit de notre imaginaire. » (p.227)

 

- Le personnage de Le Cœur, pris soudain dans des tourments érotiques qui lui permettent d’oublier un instant les duretés qu’ils côtoient.

-          Le talent de conteur de l’auteur pour finir : pas un instant il n’ennuie le lecteur tant sa verve est communicative…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai trouvé quelques longueurs dans le journal de Le Cœur (le roman fait quand même 458 pages…) Certains passages auraient mérités d’être allégés. Néanmoins, c’est une lecture agréable qui file.

 

Première phrases :

 

« Elle a demandé à Madame Maurasse d’ouvrir les volets et les fenêtres de façon à chasser les miasmes de l’hiver. La demeure paraît vivante, comme ressuscitée, tout juste si elle ne perçoit pas les parfums de rôtis et de confitures flottant dans le couloir. Le carrelage en damier du vestibule est légèrement terni, abrasé par les pieds des malades qui l’ont piétiné pendant trois générations pour rejoindre l’antichambre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La maladie de Sachs de Martin WINCKLER

 

Merci à Judith OTT des Editions Albin Michel pour cette belle découverte.

 

Les trois saisons de la rage, Victor COHEN HADRIA, Albin Michel, août 2010, 458 p., 22 euros

 

1pourcent

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Que tous nous veuille absoudre de Stéphanie JANICOT

Publié le par Hélène

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 ♥

Un roman très actuel…

 

L'auteur :

 Stéphanie JANICOT est une romancière  française. Elle travaille dans le journalisme tout en publiant parallèlement des romans sur la société contemporaine.

L’histoire :

Place de la Contrescarpe un petit garçon borgne scande plusieurs fois par jour ses prophéties. Les habitants de la place sont troublés par cet être venu d’ailleurs. Parmi eux Saar, ancienne journaliste de guerre se remet doucement de l’attentat qui a coûté la vie à son mari Solel et l’a laissée estropiée. Elle va tenter d’approcher l’étrange Immanouel tout en reconstruisant pierre après pierre les ruines de sa vie.

Ce que j’ai aimé :

-          La facilité avec laquelle Stéphanie Janicot campe des histoires si proches de nous. Le lecteur devient le temps de ce roman un habitant de la place de la Contrescarpe, mû par les mêmes questionnements, les mêmes doutes devant la vie et la même fascination pour ce petit prophète.

-          Les rapports humains sont très subtilement décrits. Stéphanie évoque notamment la culpabilité qui se terre au sein des familles : celle des parents qui ne parviennent que peu à influer sur la vie de leurs enfants, celle des enfants qui regrettent parfois de na pas être en adéquation avec les attentes de leurs parents.

-          Les contradictions de ce métier particulier qu’est le journalisme de guerre hantent la jeune Saar qui a le sentiment de s’être « rassasier au grand festin de la rage et du ressentiment. » (p. 71).

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je n’ai pas vraiment adhéré à ce roman auquel pourtant je reconnais des qualités. Sans doute parce qu’il ne répond pas à ce que j’attends d’une lecture : l’évasion. Je suis restée à Paris, dans une famille qui ressemble à la mienne, engluée dans des questions qui sont sans doute les miennes mais qui n’ont pas trouvé de réponses en ces pages, bref je n’ai pas décollé.

Premières phrases :

« Un rayon de soleil se glisse par ma fenêtre entrouverte. Assise sur mon vieux canapé en velours, je m’étire pour le sentir caresser ma jambe morte, il me semble émerger d’un interminable hiver. »

 

Que tous nous veuille absoudre, Stéphanie JANICOT, Albin Michel, août 2010, 265 p., 19 euros

Merci à Judith OTT des Editions Albin Michel pour cette découverte.

TAGS : Littérature française - Famille - Journalisme de guerre - Prophète- Deuil

 

1pourcent

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La fortune de Sila de Fabrice HUMBERT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Un roman captivant avec en toile de fond les redoutables milieux financiers.

 

L’auteur :

 

Fabrice Humbert est un écrivain français. Il est professeur agrégé de français et a publié son premier roman en 2001. Son précédent roman L’origine de la violence a été salué par la critique et les lecteurs.

 

L’histoire :

 

Plusieurs destins s’entrecroisent dans ce roman captivant : Sila est un jeune africain émigré en Europe, Mark Ruffle un américain qui s’investit dans l’immobilier, Simon Judal est chercheur dans un laboratoire de mathématiques, son ami Matthieu Brunel est employé dans un établissement de nuit, et enfin Lev Kratchenko est un ancien conseiller de Boris Eltsine, et marié à la belle Elena, professeure.

Tous ces personnages ont en commun d’évoluer dans des mondes dominés par le culte de l’argent et la violence inhérente à ce domaine. Trouveront-ils leur place dans ce monde ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Fabrice Humbert réussit à nous captiver si facilement, que cela en est déconcertant…

-          Les personnages sont attachants, et comme ils sont nombreux, le lecteur peut facilement s’identifier à l’un d’eux.

-          La peinture des milieux financiers et de la mafia russe sonne juste.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’aspect didactique un peu trop marqué : les thèmes de prédilection de Fabrice Humbert sont clairement affichés : la césure ténue entre le bien et le mal, le choix de basculer ou pas, l'argent ne fait pas le bonheur… J’aurais aimé plus de suggestions, de sous-entendus.

 

Premières phrases :

 

« Sila se tenait en équilibre fragile sur l’angle d’un mur de pierre, le pied gauche surélevé par rapport au droit. Là, debout dans le soleil, un grand sourire aux lèvres, il pissait. Et à cette époque, personne n’aurait pu songer qu’il se retrouverait un jour serveur à l’autre bout du monde, attendant dans les cuisines, le nez cassé, qu’on l’emmène aux urgences. »

 

 

Un grand merci à Vincent EUDELINE des Editions Le Passage.

 

La fortune de Sila, Editions Le Passage, août 2010, 320 p., 18 euros.

 

1pourcentPremier billet pour le challenge du 1% de la rentrée littéraire...

 

 

 Sophie est beaucoup plus enthousiaste... 

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L’origine de la violence de Fabrice Humbert

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un roman puissant

 

L'auteur :

Fabrice Humbert est professeur de français et écrivain à ses heures. Il a publié son premier roman Autoportaits en noir et blanc en 2001.

 

L’histoire :

Lors d’un voyage scolaire à Buchenwald, le narrateur découvre une photo troublante : sous ses yeux, le portrait de son père qui pourtant n’a jamais connu les camps de concentration. Pas plus que son grand-père, Marcel Fabre. Qui est donc cet homme ? Notre jeune professeur va alors se jeter à corps perdus dans cette enquête visant à rétablir la vérité familiale. La première partie du roman s’attache donc au destin de David Wagner, l’homme de la photo, destin marqué par la violence de la vie à Buchenwald. La seconde partie est centrée à nouveau sur le narrateur : il va rencontrer une jeune femme allemande qui, elle aussi, a une histoire marquée par la violence du nazisme.

Ce que j’ai aimé :

-          Fabrice Humbert a un talent de conteur évident, pas un instant il n’ennuie le lecteur, le captivant au contraire si bien qu’il est difficile de poser le livre avant de l’avoir fini.

-          L'enquête autour de cette photographie permet de tenir en haleine le lecteur impatient de connaître le fin mot de l’histoire.

-          Les destins des protagonistes prennent de la profondeur au fur et à mesure que le récit avance, les visages changent au gré de l’enquête, le dit remplace un silence lourd et quelquefois rassurant. Mais ne peut évoluer que celui qui sait.

-          Au-delà de l’histoire familiale, c’est aussi l’histoire de notre peuple marqué par la violence de la seconde guerre mondiale que nous conte le narrateur :

                                                                                                                                                                              

« La violence m’a été livrée en héritage » dit-il (p. 157).

 

Connaître notre histoire avec ses zones d’ombre et d’horreur, c’est nous permettre de comprendre le monde qui nous entoure dans toute sa complexité. Sans cela nous ne sommes que des fantômes de nous-mêmes, des êtres bruts, incompréhensibles.

-          C’est un roman aux multiples sujets, la passion amoureuse y tient aussi une place importante, avec toujours en toile de fond ce questionnement sur la violence et ses origines. Pourquoi certains penchent du mauvais côté quand d'autres restent moraux ?

 

  Ce que j’ai moins aimé :

-          Un énième livre sur les camps de concentration, me direz-vous. Oui et non. Personnellement, je ne lis pas tellement de textes sur ce sujet, j'ai donc été littéralement prise par le roman, par son intensité et sa vérité. Pour ceux qui ont beaucoup lu sur le sujet, peut-être n'apprendront-ils rien de nouveau.

 

Premières phrases :

 « On dit que Satan était l’ange le plus brillant de Dieu. Sa chute, lumineuse, fulgurante, est marquée  du double sceau de la grandeur et de la trahison. Et il me semble deviner, dans les méandres de ma mémoire, l’image d’un archange chutant de l’empyrée pour rejoindre les coins sinueux de l’enfer. Ce dessin, peut-être recomposé par le souvenir, d’une bible pour enfants m’a longtemps poursuivi : c’est toujours le fils le plus aimé qui passe su côté du Mal. »

 

Vous aimerez aussi :

  Si c'est un homme de Primo LEVI

 

L’origine de la violence, Fabrice HUMBERT, Le passage, janvier 2009, 317 p., 18 euros

POCHE : L'origine de la violence, Fabrice HUMBERT, LDP, avril 2010, 341 p., 6.95 euros 

Papillon, Aifelle et Dominique ont aimé,   Keisha, EmiLie et Yves moins...

TAGS : Littérature française - Famille - Guerre - Camps de concentration - Secret de famille

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Les déferlantes de Claudie GALLAY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Un livre simple et beau accessible à tous les publics

        

L’auteur :

 

Claudie GALLAY est une écrivain français également institutrice. Elle a publié son premier roman «L’office des vivants» en 2001.

     

L’histoire :

 

La narratrice est nouvellement arrivée à la Hague, aux confins du Cotentin. Employée par le centre ornithologique de Caen pour observer les oiseaux, elle se fond dans le décor et apprivoise peu à peu cette nature normande et ses habitants pas toujours tendres.

Cela fait six mois qu’elle côtoie les habitants de la Hague quand arrive Lambert, un ancien de la Hague qui semble lourd de secrets. La narratrice –et le lecteur- est intriguée par cet homme au passé trouble, et elle va subrepticement chercher à en savoir davantage.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère remarquablement bien rendue, mystérieuse et envoûtante.

-          La mer est comme un dernier personnage qui influence de slautres, un personnage fort à qui il faut s’abandonner pour espérer une trêve dans une vie agitée :

           

« Je savais que l’on pouvait rester très longtemps comme ça, les yeux dans la mer, sans voir personne. Sans parler. Sans même penser. Au bout de ce temps, la mer de déversait en nous quelque chose qui nous rendait plus fort. Comme si elle nous faisait devenir une partie d’elle. Beaucoup de ceux qui vivaient cela ne repartaient pas. » (p. 293)

 

-          Le mystère lié à Lambert, à la vieille nan et à Théo, gardien du phare et des secrets, maintient l’attention du lecteur à son comble.

-          L’intrigue sentimentale, centrée autour de cette narratrice anéantie par un deuil, et qui essaie doucement de réapprendre à aimer un autre homme, est toute en retenue, très finement décrite.

-           

« Les histoires se ressemblent.

Et il y a d’autres histoires. Il suffit d’un rien, parfois, un angélus qui sonne, des êtres se rencontrent, ils sont là, au même endroit.

Eux qui n’auraient jamais dû se croiser. Qui auraient pus se croiser et ne pas se voir.

Se croiser et ne rien se dire.

Ils sont là. » (p. 478)

 

-          Le style, simple et direct.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’épaisseur du livre (524 pages), surtout si vous ne le lisez pas en poche, dans le lit, il est lourd à porter…

          

Premières phrases :

 

« La première fois que j’ai vu Lambert, c’était le jour de la grande tempête. Le ciel était noir, très bas, ça cognait déjà fort au large. »

 

Vous aimerez aussi :

 De pierre et de cendre de Linda NEWBERY

 

 

Les déferlantes, Claudie GALLAY, Editions du Rouergue, la Brune, février 2008, 524 p., 21.50 euros

POCHE : Les déferlantes, Claudie GALLAY, J’ai Lu, juin 2010, 538 p., 8 euros   

 

Keisha a moins apprécié, EmiLie,  Cathulu , Kathel ont aimé.

 

TAGS : Littérature française - Solitude - Mer - Deuil - Secret -

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Les pieds dans l’eau de Benoît DUTEURTRE

Publié le par Hélène

pieds dans l'eau

 

  ♥ ♥ ♥ ♥

  Un roman intelligent et nostalgique, qui

donne envie d’aller se prélasser sur les galets

 d’Etretat (c’est dire…)

 

 

L’auteur :      

  Benoît DUTEURTRE est un écrivain français dont le premier roman   « Sommeil   perdu » paraît en 1985. Il a exercé divers métiers avant de pouvoir se consacrer à ses deux passions : l’écriture et la musique. Il a depuis publié plusieurs romans et quelques essais sur la musique.

L’histoire :

Benoît DUTEURTRE est également l’arrière petit-fils de René COTY qui possédait une villa familiale à Etretat. Elle est la base du nouveau roman de ce normand mélomane, qui évoque les souvenirs liés à la côte normande et à sa famille si particulière.

Ce que j’ai aimé :

-       Le style : très classique, il fut pour moi un bol d’air après des lectures au style plus moderne. Ce fut une lecture très agréable, comme quand on se replonge dans un classique après une longue période d’abstinence… 

 

-       L’évocation de la côte normande, prétexte à diverses considérations politiques, sociales, culturelles… Le regard du narrateur d’aujourd’hui sur le jeune adolescent qu’il fut est intelligent car il prend la distance nécessaire à de belles réflexions sur lui-même et sur la société (notamment avec son évocation de la bourgeoisie).

 

-       La poésie nostalgique qui se dégage des pages. Etretat apparaît comme le théâtre d’une époque révolue, témoin d’une représentation au charme gentiment désuet.

 « Planté au plus bel endroit de la côte, l’Etretat d’aujourd’hui a des allures médiocres. Mais, derrière ce rivage de bric et de broc, se prolongent des histoires pleines de sous-entendus ; et je ne connais rien de plus fascinant que ce mélange de beauté immuable et de transformation du monde. » (p. 239)

Ce que j’ai moins aimé :

-       J’aurais aimé un vrai roman complet, ce cher Benoît en est capable, mais c’est comme si il s’y refusait. Pourquoi ? Il nous offre une évocation intelligente, mais à mes yeux sans le souffle épique et passionnant que pourrait revêtir une saga familiale…

Premières phrases :

« Mon histoire commence dans une poudre de lumière, un après-midi d’été. La pente de galets blanchis par le sel glisse rapidement vers le rivage où l’eau claire et profonde donne une sensation de fraîcheur, même en plein mois de juillet. »

Vous aimerez aussi :

Paris Brest de Tanguy VIEL

Les pieds dans l’eau, Benoît DUTEURTRE, Gallimard, août 2008, 238 p., 17,50 euros

POCHE : Les pieds dans l’eau, Benoît DUTEURTRE, Folio, mars 2010, 251 p., 6,10 euros   

TAGS : Littérature française -Famille- Mer

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