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litterature francaise

L'amour est une île de Claudie GALLAY

Publié le par Hélène

                                                amour est une ile

 ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Claudie GALLAY est une écrivain français. Elle a publié son premier roman «L’office des vivants» en 2001.

 

L’histoire :

 

C'est une saison singulière pour Avignon et les amoureux du théâtre : la grève des intermittents paralyse le festival. Un à un les spectacles sont annulés. Les visiteurs déambulent sous un soleil de plomb, à la recherche des rares lieux où joueront quand même quelques comédiens. Comme Mathilde, dite la Jogar : devenue célèbre depuis qu'elle a quitté Avignon, elle est enfin de retour dans cette ville où elle a grandi, et pour un rôle magnifique. L'homme qu'elle a tant aimé, et qui l'a tant aimée, Odon Schnadel, a appris sa présence par la rumeur. Lui-même vit ici en permanence, entre sa péniche sur le fleuve et le petit théâtre qu'il dirige.

Cette année-là, avec sa compagnie, Odon a pris tous les risques. Il met en scène une pièce d'un auteur inconnu, mort clans des circonstances équivoques : un certain Paul Selliès dont la jeune soeur Marie - une écorchée vive - vient elle aussi d'arriver à Avignon, un peu perdue, pleine d'espérances confuses... ou de questions insidieuses. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Dés les premières lignes les phrases courtes de Claudie Gallay claquent et happent le lecteur dans leur ronde. Un monde se dessine, une atmosphère se crée, et le lecteur devient l’un des personnages, subissant comme eux la chaleur et la pesanteur de cet été 2003. Là est la grande force de Claudie Gallay : réussir en quelques mots  à planter un décor et à y installer confortablement son lecteur.

 

« Julie et les garçons ont réservé une table sous les platanes le long de la petite Sorgue. C’est une ruelle étroite, pavée, une des plus anciennes de la ville, autrefois un quartier de teinturiers. Ils boivent du punch antillais au goût de goyave, lait de coco, morceaux d’ananas, une ombrelle en papier plantée pour décor.

Ils trinquent à l’avenir.

Les tables autour d’eux sont toutes occupées.

Il fait trop chaud, l’eau de la Sorgue est croupie.

Des guirlandes de lumière sont allumées dans les arbres. Une foule bigarrée se déverse, au coude à coude. Des jeunes filles, en groupe, des femmes parées d’étoffes multicolores. On lèche des glaces, on choisit des crêpes, on mange en marchant, on regarde les autres. » (p. 71)

 

-          Chaque personnage porte en lui sa part de mystère, mystère qui se lève lentement au fil des pages.

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je dois avouer avoir été lassée par les personnages que j'ai trouvé peu attachants, froids pour la plupart.

-          L’atmosphère est étouffante, les respirations sont rares si bien qu’au fur et à mesure de la lecture un trop plein s’est fait sentir…

 

Premières phrases :

 

« Il fait encore nuit et le fleuve est tranquille quand Odon Schnadel sort de sa péniche. Il tient un bol à la main. C’est son premier café, noir, brûlant. Il a mal au crâne. Il glisse deux aspirines dans le bol.

La chaleur est étouffante.

Des branches flottent, cassées plus au nord et charriées, apportées là, elles se confondent avec les eaux brunes. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Ouragan de Laurent GAUDE

 

L’amour est une île, Claudie GALLAY, Actes Sud, août 2010, 350 p., 21.80 euros

 

Je remercie Clara pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

 

Elles l’ont lu aussi : Choco, Leiloona  

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Pondichéry, à l’aurore de Aliette ARMEL

Publié le par Hélène

                                               pondichéry

 ♥ ♥ 

Un roman lumineux 

 

L’auteur :

 

Aliette Armel est une romancière et critique littéraire française. Aux éditions Le Passage, elle a publié Le Disparu de Salonique et Le Pianiste de Trieste. Elle est également l’auteur du Voyage de Bilqis (Autrement, prix ouest 2002).

 

L’histoire :

 

Sir Gérald Manding, récent prix Nobel de littérature, a disparu au bord de la mer, à Pondichéry. Claire, qui accompagnait la femme de cet homme de théâtre anglais depuis la cérémonie de remise des prix à Stockholm, décide de raconter ses derniers jours en prenant appui sur les carnets que Sir Gérald a laissé. Elle découvre alors les étonnants personnages qui entouraient l’écrivain : Louise Berthon, l’épouse de Gerald, actrice du film qui a assuré leur renommée internationale et qu’une étrange aphasie tient désormais à l’écart des scènes de théâtre ; Charles Carrois du Réau, l’ami d’enfance toujours dévoué et qui, de son poste à l’ambassade de Stockholm, a beaucoup œuvré pour que Gerald obtienne le Nobel ; Léonore Carrois du Réau, qui à plus de 80 ans exerce toujours son emprise sur le clan familial franco-anglais ; Gaspard, son fils, parti à Pondichéry à la suite du premier acte d’une tragédie familiale qui continue de les hanter.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Dans ce roman érudit, Aliette Armel se glisse dans les habits de cette divinité Aurore chargée  d’ouvrir les Portes du Ciel au Dieu Soleil. Elle nous plonge dans une atmosphère nébuleuse, dévoilant l’intrigue en déroulant les entrelacs du temps et de ses secrets sans brusquerie, et le lecteur est comme anesthésié dans ce monde cotonneux, prêt à recevoir la bénédiction du savoir…

 

-          Les personnages eux-mêmes sont ombrageux, à la recherche d’une cohérence qui pourrait les sauver. Louise et Sir Gérald semblent perdus sur la scène de la vie, jouant sans cesse un rôle qui les dépasse, tentant de contrôler chacune de leurs « répliques » pour qu’elle sonne au plus juste, et passant ainsi sans doute à côté d’eux-mêmes. Le pouvoir de l’art peut être aliénant. La spiritualité indienne aidera Louise à se réapproprier sa propre vie :

 

« En Inde, plutôt que d’expliquer, on raconte des histoires. Ecoute celle-ci : un Occidental passe devant une rose. Il la trouve très belle. Il s’interroge longuement sur les raisons de sa beauté. Lorsqu’il a assemblé suffisamment d’explications, il repart. Et l’instant suivant, il se pose d’autres questions. Son esprit n’est toujours pas en paix. Un indien passe devant la même rose. Il la trouve, lui aussi, très belle. Il s’arrête, salue la rose, reste devant elle en silence pour s’imprégner de sa nature et donc de sa beauté. Il la salue à nouveau et continue son chemin. Jusqu’au soir, et même au-delà, il reste pénétré par la joie que lui a procurée la fleur. » (p. 72)

 

Les autres personnages arpenteront les allées du monde sous l’égide de grands écrivains ou de scientifiques éclairés, cherchant sans doute aussi la plénitude de cet instant éternel :

 

« Je l’accompagnerai de ce conseil de Tranströmer : éprouver « cette sensation d’être « là et nulle part ailleurs » et la conserver, comme lorsqu’on porte un vase rempli jusqu’à ras bord et qu’on ne doit rien renverser. » » (p. 134)

 

-          Aliette Armel nous convie à un voyage passionnant dans l’univers des prix Nobel et de ces êtres toujours à l’affût d’un éclat de vérité. Elle forme sous nos yeux un roman aux multiples ramifications, un roman qui nous happe dans ses rayons lumineux...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« Giroflées, jonquilles et pensées enlacent leurs tiges vert tendre fichées dans un épais matelas de terre posé sur le socle en pierre blanche. Au milieu de sépultures grises et sous le ciel plombé de janvier, l’effet de surprise est total. Claire se fige devant le parterre fleuri. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le voyage de Bilqis

 

Pondichéry, à l’aurore, Aliette ARMEL, Le passage, janvier 2011, 301 p., 18 euros

 

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La petite Malika de Mabrouck RACHEDI et Habiba MAHANY

Publié le par Hélène

la-petite-malika

 

 Un roman plein de fraîcheur.

 

 

Les auteurs :

Habiba Mahany est l’auteur de Kiffer sa race. Mabrouck Rachedi, auteur du Poids d’une âme et du Petit Malik, est son frère. Il a travaillé dans la finance et défend activement l’image positive de la banlieue. La Petite Malika est leur première collaboration littéraire.
 

L’histoire :

Vingt-deux ans dans la vie de Malika, jeune surdouée dans une cité de banlieue.

Ce que j’ai aimé :

-          Chaque chapitre nous offre une ou plusieurs scènes correspondant à un âge précis de la jeune Malika. Ainsi, chapitres après chapitres, années après années, c’est un portrait frais et vivant de la petite Malika qui se dessine sous nos yeux.

-          Le ton est résolument drôle et léger, le style très facile épousant parfaitement cette truculente évocation d’une vie dans une cité.  De la mère redoutant plus que tout une grossesse précoce pour sa fille (qui n’a alors que 5 ans), des amies apprenant le langage SMS à Malika en passant par le trajet éreintant et surréaliste de sa mère pour aller travailler, les années d’enfance sont alertes et vivantes :

« j’imaginais le mot qu’elles laisseraient dans leurs journaux intimes : je me sui faché av Malika ké pa genti vu kel é pa com nou tro c pa drol lé coincos com el((((((. J’ai dit que dalle du fight à la daronne qui zarma m’a demandé de parler correct, stp. Lol. » (p. 72)

Le ton s’alourdit quelque peu avec l’âge, on a tendance à moins sourire au fur et à mesure, la fraîcheur du début s’effaçant devant la gravité de la maturité.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je n’ai pas tellement apprécié les passages au style très travaillé, comme pour rompre avec le style parlé qui court en ces pages. J’ai eu l’impression que les auteurs voulaient nous prouver qu’ils pouvaient écrire autrement. Soit. Mais cela alourdit un récit que je préfère dans la spontanéité de la chronique vécue.

Premières phrases :

« Dès mes premiers pas, maman m’avait appris à ranger les chemises bleues avec les chemises bleues, les jeans avec les jeans, les chaussettes avec les chaussettes. Et aussi les verres à la place des verres, les assiettes à la place des assiettes, les couteaux à la place des couteaux et tout plein de trucs dans le genre. »

Vous aimerez aussi :

  Autobiographie d'une courgette de Gilles PARIS

La petite Malika, Mabrouck RACHEDI et Habiba MAHANY, JC Lattès, septembre 2010, 237 p., 16.50 euros

  Merci à Anne BLONDAT pour cet agréable moment de lecture.

  Sophie l'a lu aussi et chez elle vous trouverez aussi une interview des auteurs

  Clara aussi l'apprécié.

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Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

                                                 vie à coucher dehors2

 ♥ ♥ ♥ ♥

Prix Goncourt de la nouvelle 2009

 

L’auteur :

 

Sylvain Tesson est un journaliste, écrivain voyageur et alpiniste français. Ses expéditions sont financées par la réalisation de documentaires, par des cycles de conférences et par la vente de ses récits d'expédition, qui connaissent un certain succès.

 

L’histoire :

 

En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l’Egée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances. Rien ne sert à l’homme de trop s’agiter dans la toile de l’existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit toujours mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu’une fin insignifiante. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Ces nouvelles sont toutes admirablement bien construites, entrainant allègrement le lecteur dans des univers très différents pour finalement le surprendre par une chute brutale inoubliable.

 

Sylvain Tesson, écrivain-voyageur nous offre un pan de son expérience de voyageur en plantant le décor de ses nouvelles dans des régions diverses du monde : L’asphalte se passe en Géorgie dans un petit village, le personnage principal Edolfius se battant pour qu’une véritable route desserve son village, et non plus une simple piste de cailloux, Les porcs aborde le sujet de l’élevage intensif au pays de Galles, La statuette est celle trouvée près d’une mine par un démineur en Afghanistan…

Il nous permet ainsi non seulement de découvrir des paysages variés mais aussi de nous familiariser avec des modes de vie et de pensée autres. Par exemple dans Le bug, il nous livre en quelques lignes plusieurs révoltes de femmes à travers le monde, femmes qui un jour se sont révoltées contre leur condition, au même moment « De Sao Paulo à Libreville et d’Anvers à Johannesburg, au même moment, sans prodromes, des milliards de femmes, dans un élan commun, s’avancèrent vers l’inconnu, affranchies. » (p. 78)

 

Les thèmes abordés le sont toujours intelligemment et subtilement, servant un dessein plus large que la simple mission de raconter une histoire. Une morale se dessine souvent en filigrane derrière ces nouvelles, morales qui font la part belle au destin et aux forces de la nature auxquelles sont soumis les hommes…

 

La particule est peut-être la plus originale de ces nouvelles au charme bigarré : on y suit les pérégrinations d’une particule :

 

« Je roulai jusqu’au Gange dans un flot indistinct d’alluvions et d’ordures. A peine dans les eaux du fleuve, je fus filtrée par les ouïes d’une perche. (…) Je m’infiltrai dans les granules de sable et les cristaux d’argile. La radicelle d’un arbuste m’aspira et me propulsa dans la tige. La succion de la sève m’injecta dans la nervure d’une feuille. (…) Je coulai dans la trachée d’un jeune anglais et m’épanouis dans sa viande. (…) Et moi, misérable particule, cellule anonyme, pauvre poussière d’atome, je vous supplie, ô dieux du ciel, de me donner le repos, de me délivrer du cycle et de me laisser gagner le néant… » (p. 151)

 

Des nouvelles qui sont comme de petites pépites glaciales… A découvrir absolument...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« - Salaud !

On entendait tinter les bouteilles longtemps avant d’apercevoir le livreur. Chaque soir, la scène était la même : Edolfius se rangeait pour laisser passer le camion et se protégeait le nez avec son foulard, mais la poussière lui fourrageait les muqueuses et lui laissait un goût d’emplâtre dans la bouche. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Chucho de Grégoire POLET

 

Une vie à coucher dehors, Sylvain TESSON, Gallimard, mars 2009, 196 p., 16.90 euros

Une vie à coucher dehors, Sylvain TESSON, Folio, septembre 2010, 206 p., 5.60 euros

 

Je remercie Lise CHASTELOUX des éditions Folio pour cette très agréable lecture !

 

D’autres avis chez Cuné, Clara...

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Courir de Jean ECHENOZ

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ 

Le portrait touchant d'un homme passionné emporté malgré lui dans une course sans fin.

   

L’auteur :

 

Jean ECHENOZ est un écrivain français  Il a publié son premier roman en 1979 et a depuis reçu une dizaine de prix littéraires.

 

L’histoire :

 

Jean Echenoz nous livre un portrait vivant d'Emil Zatopek, l'homme le plus rapide au monde dans les années 50. C'est un homme attachant qui évolue dans le milieu de la course de fond, un peu par hasard dans la Tchécoslovaquie du XXe siècle. L'auteur dresse un portrait touchant et mélancolique d'un homme dépassé par la vie et ses avatars.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le style de Jean ECHENOZ : très minimaliste, il parvient à rendre parfaitement la course effrénée du jeune Emil. Le récit est vivant.

 

- Le portrait émouvant de cet homme. Il s'agit d'un roman basé sur un personnage réel. Si le récit puise ses sources dans la vie réelle d'Emil Zatopek, il n'est pas totalement biographique puisque des zones d'ombres demeurent. Jean Echenoz a épuré le récit de façon à ne garder de la biographie du coureur que les évènements principaux. Nous suivons la trajectoire de cet homme que l’on nommait « la locomotive » avec stupeur et tremblements… Quand va-t-il s’arrêter ? Va-t-il courir toute sa vie au risque de laisser sur le bas-côté un peu de lui-même ? Que va-t-il gagner ? Il ne s’agit pas simplement de trophées dans cette course infernale, mais d’une vie passée à courir presque malgré soi vers on ne sait quel ailleurs idéalement meilleur. Une course contre la montre, une course contre la mort…

 

- Le portrait d’une époque : L'histoire se déroule dans la Tchécoslovaquie communiste des années 40 et 50. Nous suivons donc en toile de fond l'occupation allemande puis la mise en place du régime stalinien à Prague. Emil Zatopek est aux prises avec les instances dirigeantes de son pays qui l'utilisent politiquement avant de l'abandonner quand ses performances ne sont plus aussi brillantes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je n’ai rien à redire.

 

Premières phrases :

 

« Les Allemands sont entrés en Moravie. Ils y sont arrivés à cheval, à moto, en camion, mais aussi en calèche, suivis d’unités d’infanterie et de colonnes de ravitaillement, puis de quelques véhicules semi chenillés de petit format, guère plus. »

  

Vous aimerez aussi :

 

Un soir au club de Christian GAILLY

 

Courir, Jean ECHENOZ , Editions de Minuit, octobre 2008, 13.50 euros

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Les sœurs Brelan de François VALLEJO

Publié le par Hélène

                                                              les-soeurs-brelan

 ♥ ♥ ♥ ♥

Un récit jubilatoire admirablement bien mené.

  

L’auteur :

 

François Vallejo est un écrivain français auteur de sept romans, romans pour lesquelles il a obtenu plusieurs distinctions littéraires.

 

L’histoire :

 

A la mort de leur père, les trois sœurs Brelan refusent la tutelle de leur tante Rosie et décident de s’assumer seules, l’aînée Marthe ayant atteint sa majorité. Et c’est envers et contre tous, toujours unies qu’elles vont revendiquer leur droit à vivre comme elles l’entendent.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce récit est mené tambour battant, pas un instant le lecteur ne s’ennuie tant l’écriture est vive, et tant les personnalités de ces sœurs hors du commun sont attachantes.

 

-          Ces quatre femmes (j’inclue la grand-mère qui le mérite bien…) sont époustouflantes. Marthe est un exemple de dévouement qu’un petit séjour au sanatorium délivrera d’une charge trop lourde pour ses maigres épaules ; Sabine prendra le relais, prête à tout pour subvenir aux besoins de ses sœurs ; et la plus jeune, Judith, est celle avec qui « Il fallait s’attendre à tout » (p. 198), la suite de l’histoire le prouvera. La grand-mère quant à elle s’amuse follement au milieu de cette joyeuse smala, et lance souvent son rire « descendant, ferme et bref » (p.25), tout en comptant ses napoléons d’or pour les offrir à ses petites-filles, encore persuadée qu’ils seront utiles pour financer leurs folles équipées parisiennes. Leurs liens demeureront indéfectibles :

 

 « Tant que nous sommes trois, nous ne sommes pas abandonnées. Il suffit de rester ensemble, vous ne croyez pas ? Nos sommes sœurs depuis le début, ça durera jusqu’à la fin, si nous le décidons. » (p. 24)

 

-          L’ensemble est drôle, enlevé, un vrai bonheur de lecture.

 

 « Le plus simple serait que les sœurs Brelan acceptent la tutelle officielle de Pierre Ledru, même s’il est dirigé par sa femme.

Le jardin est beaucoup plus grand chez nous, il aurait de quoi faire pousser ses rosiers… Mais nous, on n’est pas des rosiers. » (p. 16)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« Trois, elles étaient trois et partageaient trois habitudes : s’accorder d’un coup d’œil, se taire au même moment et parler toutes à la fois. Séparées, elles se sentaient perdues, on pouvait s’imposer à elles. Si elles osaient prendre la parole, les sœurs Brelan, c’était ensemble. On ne s’entendait plus, elles parlaient trois fois plus fort, elles n’avaient peur de rien. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Ouest

Autre : Jim Glass de Jim EARLEY

 

Les sœurs Brelan, François VALLEJO, Viviane Hamy, septembre 2010, 286 p., 19 euros

 

1pourcent

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Ouragan de Laurent GAUDE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

 "Je suis là, au milieu des jacinthes fanées, oublieux de ma vie, seul pour la première fois, libéré du monde et apaisé." (p.176) 

 

L’auteur :

 

Laurent Gaudé est un écrivain français lauréat du prix Goncourt en 2004 pour Le soleil des Scorta.

  

L’histoire :

 

A la Nouvelle-Orléans, alors qu’une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Dans ce décor d’apocalypse, Laurent Gaudé suit une dizaine de personnages demeurés sur place, et qui vont se croiser dans la ville soumise au chaos.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les envolées lyriques de Laurent Gaudé ont trouvé dans ce sujet tournoyant une belle matière pour s'exprimer et s'exhaler...

 -          Ce sont des personnages fêlés qui se présentent à nus en s'exprimant tour à tour au fil des pages, et la tempête va permettre de balayer les angoisses de certains, et d’apaiser les âmes des autres. Josephine est l'une des plus attachantes :

 

« Moi, Josephine Linc. Steelson, pauvre négresse au milieu de la tempête, je sais que la nature va parler. Je vais être minuscule, mais j’ai hâte, car il y a de la noblesse à éprouver son insignifiance, de la noblesse à savoir qu’un coup de vent peut balayer nos vies et ne rien laisser derrière nous, pas même le vague souvenir d’une petite existence. » (p. 52)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les alligators…

-          Le prêtre qui ne parvient pas à bien saisir le message que lui envoie Dieu est assez déroutant dans sa psychologie.

- Une certaine tendance à en faire trop peut néanmoins rapidement énerver le lecteur s'il ne se laisse pas emporter par la verve lyrique...

  

Premières phrases :

 

« Moi, Josephine linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j’ai ouvert la fenêtre ce matin, à l’heure où les autres dorment encore, j’ai humé l’air et j’ai dit : « Ca sent la chienne. » Dieu sait que j’en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j’ai dit, elle dépasse toutes les autres, c’est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d’eau à l’approche du train. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le soleil des Scorta

Autre : Zola Jackson de Gilles LEROY

 

Lu par Clara, Choco, Midola, AmandaFransoaz... 

 

Ouragan, Laurent GAUDE, Actes Sud, août 2010, 189 p., 18 euros

 

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Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

Prix Fémina 2008

 

 

 

L’auteur :

 

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision. Il a obtenu le prix Fémina en 2008 pour ce roman.

 

L’histoire :

 

Jean-Louis Fournier raconte des tranches de vie aux côtés de ses deux enfants handicapés. Au fil des pages il livre des réflexions autour de leur vie quotidienne, toujours sur un ton drôle et décalé, même si la souffrance est sous-jacente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce livre permet une approche très originale du handicap, sans pathos ni revendications. Le ton est toujours drôle et distancié, tendre et attentionné.
C'est un livre qui se lit très rapidement et duquel on ressort grandi, admiratif, nourris d'une nouvelle vision du handicap. Jean-Louis Fournier réussit à nous passionner en juxtaposant seulement des moments de vie. L'ensemble est traité avec humour tout en nous faisant sentir la souffrance et les difficultés liées à une telle situation.

 

« Mathieu fait souvent 'vroum-vroum' avec sa bouche. Il se prend pour une automobile. Le pire, c'est quand il fait les Vingt-Quatre Heures du Mans. Qu'il roule toute la nuit sans pot d'échappement. »

 

« Thomas essaie de s'habiller tout seul. Il a déjà mis sa chemise, mais il ne sait pas la boutonner. Il est en train maintenant d'enfiler son pull-over. Il y a un trou à son pull-over. Il a choisi la difficulté, il s'est mis dans l'idée de l'enfiler en passant sa tête non pas par le col, comme l'aurait fait un enfant normalement constitué, mais par le trou. Ce n'est pas simple, le trou doit mesurer cinq centimètres. Ca dure longtemps. Il voit qu'on le regarde faire, et qu'on commence à rire. A chaque essai, il agrandit le trou, il ne se décourage pas, il en rajoute d'autant qu'il nous voit rire de plus en plus. Après dix bonnes minutes, il a réussi. Son visage radieux sort du pull, par le trou.
Le sketch était terminé. On a eu envie d'applaudir. » (p.42)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- La construction est un peu éclatée.

 

 

Premières phrases :

 

 

« Cher Mathieu,
Cher Thomas,
Quand vous étiez petits,j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. »

 

Où on va papa, Jean-Louis FOURNIER, Stock, août 2008, 15 euros

POCHE : Où on va papa, Jean-Louis FOURNIER, Le livre de poche, mars 2010, 149 p., 5.50 euros

 

A noter que ce livre a créé une polémique autour de la façon dont Jean-Louis Fournier parle de ses enfants. Leur mère a réagi en créant ce site : http://mamanmathieuetthomas.monsite-orange.fr/index.html  

 

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Chamelle de Marc DURIN VALOIS

Publié le par Hélène

chamelle

 

 

 

♥ ♥ ♥

Prix des Cinq Continents en 2003

 

 

 

L’auteur :

Marc DURIN VALOIS est un écrivain français. Il a passé son enfance aux Etats-Unis et en Ouganda. Il est journaliste et enseignant au CNAM en psychologie.

Le long métrage inspiré de ce roman, réalisé par Marion Hansel, a reçu une quinzaine de prix internationaux. 

 

L’histoire :

 

Un pays africain. Qu’importe lequel. Pris en étau entre la guerre et le manque d’eau, les habitants d’un village décident de partir à la recherche de l’eau. Ils iront vers le sud, mais Rahne, l’un des villageois qui se targue d’être plus cultivé que les autres, décide de suivre sa propre route et d’emmener les siens vers l’est. Commence alors l’errance de cette famille dans le désert avec comme seule compagne leur chamelle. Rahne et les siens vont côtoyer la guerre, la faim, la soif, seuls mais unis. Leur choix était-il le bon sur ce continent qui met souvent le groupe en avant ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce roman est conçu comme une fable cruelle, au pouvoir évocateur très puissant. Tout est orchestré d’une main de maître, jusqu’à l’implacable conclusion, renversante…

-          Ses leçons sont nombreuses et enrichissantes. Cet homme qui partait sûr de lui et de son

 savoir ( "Le savoir donne un prix à la peau. Je l'ai toujours dit." (p. 25) dit-il) va petit à petit vaciller sous les coups du sort.

C'est un récit qui prône l'humanité et la tolérance quoiqu'il arrive. Il faut parfois plier devant les autres, ravaler sa fierté et la haute estime que l'on a de soi-même pour pouvoir avancer...

 

"Dans la misère, l'homme isolé est toujours perdant. Quelque voie qu'il prenne." (p. 191)

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Pas très gai… Malgré tout le récit ne tombe jamais dans le pathétique, le récit s'apparentant vraiment à un conte philosophique dans lequel rien n'est réellement grave, le but du récit étant d'instruire et faire réflechir les lecteurs, non pas de les faire pleurer.

 

Premières phrases :

 

  "Si le vent soulève au loin  les sables et en fait des volutes, c'est que l'eau manquera bientôt partout.

Jamais ce vent chaud n'était venu jusqu'ici. Plus loin à l'ouest, oui. C'était arrivé. On avait vu les hommes errer comme des spectres desséchés, les lèvres et la alngue si blanches qu'ils semblaient vomir du lait. Mais, ici, en douze ans, jamais."

 

Vous aimerez aussi :

 

  Allah n'est pas obligé d'Ahmadou KOUROUMA  

 

Chamelle, Marc DURIN VALOIS, JC Lattès, août 2002, 15 euros

POCHE : Chamelle, Marc DURIN VALOIS, Le livre de poche, novembre 2004, 184 p. 5.50 euros

 

Cathe et Clara en parlent aussi.

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Des éclairs de Jean ECHENOZ

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

L’histoire romancée d’un savant fou…

 

 L’auteur :

 

Jean ECHENOZ est un écrivain français  Il a publié son premier roman en 1979 et a depuis reçu une dizaine de prix littéraires.  Avec Ravel et Courir, Des éclairs constitue le dernier volet du triptyque de « vies imaginaires » entrepris par l'écrivain.

 

L’histoire :

 

Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l’intéresse plus que le profit… Tirant parti de ce trait de caractère, d’autres vont tout lui voler.

Jean Echenoz s’est inspiré pour ce récit de la destinée de l’ingénieur Nikola Tesla (1856-1943).

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Grégor est un personnage atypique et attachant malgré son caractère ombrageux. Inventeur génial : on lui doit notamment le courant alternatif, mais aussi « La radio. Les rayons X. L'air liquide. La télécommande. Les robots. Le microscope électronique. L'accélérateur de particules. L'Internet. J'en passe » (p.80), il préfère l’allégresse de la découverte et la mise en scène de ses découvertes aux retombées financières éventuelles. Sa passion aveugle et presque enfantine pour la science le condamnera à la solitude, avec comme seuls compagnons, des pigeons…

 

« Or on sait bien que tout le monde pense, toujours, la même chose au même instant. En tous cas se trouve-t-il toujours au moins quelqu’un pour avoir la même idée que vous. Mais il y en a toujours un aussi qui, avec la même idée que les autres, se montre plus patient, plus méthodique ou chanceux, mieux avisé, moins dispersé que Grégor, pour ne se consacrer qu’à elle et devancer le reste du monde en la réalisant. » (p. 80)

 

-          Grégor apparaît sous la plume de jean Echenoz comme une sorte de savant fou plutôt comique qui semble par exemple persuadé qu’il peut communiquer avec les Martiens. De plus, ses expériences ne sont pas toujours concluantes :

 

« Il égrène un compte à rebours et retient son souffle puis, quand son assistant actionne l’interrupteur, une foudre énorme explose au-dessus de la station dans laquelle se répandent une lueur bleue glaçante avec un fort parfum d’ozone alors que des éclairs géants, forme gratte-ciel, jaillissent du mât dans un fracas de tonnerre plus démesuré que jamais. » (p. 103) 

 

- Jean Echenoz nous offre un magnifique portrait cruel et drôle à la fois, et conclue ainsi en beauté son cycle consacré aux « vies imaginaires ».

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien de précis.

 

Premières phrases :

 

« Chacun préfère savoir quand il est né, tant que c’est possible. On aime mieux être au courant de l’instant chiffré où ça démarre, où les affaires commencent avec l’air, la lumière, la perspective, les nuits et les déboires, les plaisirs et les jours. Cela permet déjà d’avoir un premier repère, une inscription, un numéro utile pour vos anniversaires. Cela donne aussi le point de départ d’une petite idée personnelle du temps dont chacun sait aussi l’importance : telle que la plupart d’entre nous décident , acceptent de le porter en permanence sur eux, découpé en chiffres plus ou moins lisibles et parfois même fluorescents, fixé par un bracelet à leur poignet, le gauche plus souvent que le droit.»

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Courir

D’un autre auteur : Enlèvement avec rançon de Yves RAVEY

 

Des éclairs, Jean ECHENOZ, Editions de Minuit, septembre 2010, 14.50 euros

 

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