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roman policier francais

Entre deux mondes de Olivier NOREK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Adam, sa femme Nora et leur fille Maya doivent fuir le régime syrien en urgence. Adam préfère prendre les devants face à ce régime sanguinaire et décide d'envoyer sa femme et sa fille à six mille kilomètres de là, à Calais, avant de pouvoir passer en famille en Angleterre. Arrivé là-bas, il ne trouve aucune trace des deux êtres aimés. Il s'installe dans la jungle de Calais en espérant qu'elles arrivent, et découvre un univers sans pitié. Il prend sous sa coupe un jeune garçon, Kilani. Ancien policier, il ne tarde pas à se rapprocher de Bastien, un policier nouvellement arrivé à Calais qui lui promet de chercher sa femme et sa fille en échange de quelques renseignements sur l'intérieur de la jungle, zone de non droits patentée. Confrontés à l'innommable, les hommes vont s'entraider, se soutenir pour devenir, toujours, plus humains face à l'adversité.

Ces migrants errent entre deux mondes, "coincés entre la vie terrestre et la vie céleste. Comme bloqués entre deux mondes.", désœuvrés, mais si nos sentiments hurlent de les accueillir, tout n'est pas aussi simple :

"Tous ces migrants, là, c'est comme s'ils fuyaient un assassin en série, qu'ils frappaient à notre porte et que nous, on faisait semblant de pas entendre.

- D'accord, sauf qu'ils sont dix mille à toquer. Et avec le phénomène d'aspiration, si on ouvre pour ceux-là, dix mille autres se présenteront, puis dix mille autres.

- Je sais, mathématiquement, ça tient, mais humainement , ça bloque toujours...."

Dans ce roman coup de poing, des êtres interlopes évoluent puisque "Partout dans le monde tu trouveras toujours un homme pour profiter de la détresse des autres.", mais des êtres bienveillants prennent vie également, des êtres emplis d'humanité, qui redonnent espoir en l'être humain...

 

Présentation de l'éditeur : Michel Lafon ;

Du même auteur :  Surface

D'autres avis : Très bien noté chez Babélio

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Sur le ciel effondré de Colin NIEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Parce qu'elle a sauvé des vies lors d'un attentat en métropole, l’adjudante Angélique Blakaman a obtenu le privilège d'être en poste à Maripasoula, dans le Haut-Maroni, pays de son enfance. Ainsi, quand le fils de Tapwili Maloko, disparaît, Angélique accompagnée du capitaine Anato, noir marron comme elle, se lance dans cette enquête. Ils se heurtent à plusieurs pistes : le jeune Tipoy se serait-il suicidé en butte au mal être de ces jeunes qui ne trouvent pas leur place entre les traditions qui disparaissent, l'orpaillage clandestin et une absence totale de perspective ? Parallèlement une série de cambriolages et de braquages violents installe une insécurité dans la région.

C'est un monde déboussolé que nous peint l'auteur en dressant le portrait des jeunes, mais aussi des différentes communautés, les Wayanas, les Tekos, les Ndjukas. Leurs croyances et leur mythologie se heurtent à la modernité et leur font ressentir des difficultés pour trouver une place dans la Guyane moderne. Pour un des personnages, il s'agit d'un véritable ethnocide, l'Etat, les collectivités, tout le monde ayant sa part de responsabilité.

La question de l'orpaillage clandestin est aussi au cœur du roman, tout comme dans le remarquable Ce qui reste en forêt, appartenant à la trilogie guyanaise de l'auteur.

"C'était le début d'un autre temps, d'une histoire sans magie. Le temps d'une humanité rivée au sol. Le temps des regrets que les anciens formulaient encore certaines soirs. Le temps de la séparation, les hommes à jamais privés d'accès à cet autre monde, à ce monde originel que de ténues passerelles leur faisaient quelquefois entrevoir.

C'était le temps des Indiens d’aujourd’hui.

Lourds et figés sur leur ciel effondré."

Ce que j'ai moins aimé : un peu long.

Bilan : Un roman passionnant qui ouvre le regard sur la Guyane et ses difficultés.

 

Présentation de l'éditeur : Le Rouergue

Du même auteur : Seules les bêtes ;

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Intrigue à Giverny d'Adrien GOETZ

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Pénélope, conservatrice, est invitée à un dîner au musée Marmottan-Monet. Or au cours de cette soirée, deux spécialistes de l’œuvre de Claude Monet disparaissent mystérieusement, et l'une d'elles est retrouvée morte assassinée le lendemain. Le compagnon de Pénélope, Wandrille s'intéresse aussi au meurtre qui semble avoir comme pivot la vente d'une toile de Monet, vraie ou fausse.

Il s'agit ici de la quatrième aventure des enquêtes de Pénélope (première fois que je la découvrais personnellement) après des enquêtes à Bayeux, Versailles et Venise, avec toujours une toile de fond liée à l'histoire de l'art. Ici l'incursion dans l'univers de Monet et les lieux emblématiques comme Giverny est passionnante, tant l'intrigue est documentée. L'auteur se concentre sur les mystères qui planent autour de Monet : d'où est venue sa fortune soudaine, quels étaient exactement ses liens avec Clémenceau, n'aurait-il pas fait passer des documents aux américains ?

Alliant admirablement un ton léger et cocasse à une intrigue érudite, l'auteur enrichit indéniablement le lecteur !

 

Présentation de l'éditeur : Grasset ; Le livre de poche

D'autres avis : Le livre d'après ; Aifelle ; Le Figaro

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L'été circulaire de Marion BRUNET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Céline, 16 ans et Jo sa sœur de 15 ans sont assez dissemblables : Céline sait jouer de sa séduction quand Jo reste sur la défensive, plus lucide sur les attentes des garçons que sa sœur. Néanmoins les sœurs sont très proches l'une de l'autre, partageant sorties, confidences, bagarres et pleurs. Mais quand Céline tombe enceinte, elle refuse de dire à quiconque qui est le père de l'enfant, et son mutisme exacerbe les passions, les rivalités et rancœurs. La tension monte dans ce petit village du Sud exacerbée par la chaleur et les non dits.

Dans les remerciements, l'auteure précise devoir ce titre à Nicolas Mathieu, auteur du remarquable Leurs enfants après eux, et effectivement les similitudes entre les deux romans sont frappantes : même regard pointu sur la jeunesse et les classes populaires, entre désœuvrement et rêve de liberté, même sentiment de tourner en rond, d'être englué dans une vie qui se répète, mêmes couples désabusés entre compromissions et mensonges... Chez Marion Brunet, la mère de Céline est tombée enceinte jeune également, prise au piège d'un mariage brinquebalant. Jo quant à elle, pourrait trouver une porte de sortie, mais elle comprend rapidement que son avenir reste bouché, avec cette "impression de passer à côté de sa vie sans avoir quelle vie on voudrait à la place. ". La violence couve, éclate, pour finalement laisser place à une accalmie, pour mieux recommencer son cycle infernal, peut-être, plus tard, après, à une autre occasion.

Mais pour l'instant, la lumière éclaire le lien fort qui unit les deux sœurs, l'espoir palpite malgré tout, la beauté se dessine, quelquefois, fugace...

" En attendant Céline qui passe par la fenêtre, elle observe une ondée de pipistrelles qui rasent la cime des cerisiers, s'engouffrent sous les toits des maisons émiettées le long des champs. On dirait le vol des cendres au-dessus d'un brasier de papiers. Jo aime bien, ça la rend un peu triste sans qu'elle sache pourquoi, et sans que ce soit désagréable. Un espace de douleur et de plénitude - la beauté lui fait souvent cet effet-là. Elle est encore jeune : il lui faudra avec identifier l'indicible, ces îlots de sublime au milieu du chaos, ces fugacités qui sauvent."

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel ; Le livre de poche

Vous aimerez aussi : Leurs enfants après eux de Nicolas Matthieu, D'acier de Silvia Avallone

D'autres avis : Télérama

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Surface de Olivier NOREK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Lors d'une opération anti-drogue, la capitaine Noémie Chastain de la PJ de paris est blessée en pleine tête, défigurée par un coup de feu. A son retour, ses responsables préfèrent l'éloigner et la parachutent dans un petit village de l'Aveyron, Avalone, avec comme mission de savoir si le commissariat du village doit fermer. Si la rancœur et la colère animent dans un premier temps la jeune femme, l'atmosphère franche et naturelle de la province lui réussit plutôt bien. Quand tout à coup, le squelette d'un enfant disparu depuis vingt-cinq ans refait surface... Noémie devra résoudre ce cold case avec l'aide de ses nouveaux collègues.

Ce que j'ai moins aimé :

- Une psychologie des personnages quelquefois un peu sommaire, l'aspect "gueule cassée" de Noémie passant rapidement au second plan, la bluette amoureuse s'ajoutant de façon artificielle et non nécessaire à l'intrigue.

- Un twist final sentant trop le procédé obligatoire tellement il est peu crédible.

Bilan :

Un roman policier que je n'ai pas lâché, parfait pour l'été, même s'il souffre de quelques défauts !

 

Présentation de l'éditeur : Michel Lafon

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Poulets grillés - Rester groupés - Art et décès de Sophie HENAFF

Publié le par Hélène

♥ ♥

Poulets grillés :

Dans ce premier tome de la série nous faisons connaissance avec l'équipe de la commissaire Anne Capestan à qui le le divisionnaire Buron confie une équipe de bras-cassés, composés de tous les laissés pour compte de la police judiciaire, alcoolos, homos, porte-poisse, écrivains à l'égo surdimensionné, crétins notoires ... Mais cette équipe va finalement s'avérer plus efficace que prévu...

Rester groupés :

La troupe de Anne Capestan se voit dotée de nouveaux comme Saint-Lô, sorti de l'hôpital psychiatrique dans la peau de d'Artagnan et de Ratafia, rat policier.  Ils enquêtent cette fois-ci sur plusieurs assassinats éparpillés sur le territoire et annoncés au préalable. L'ex beau-père de Capestan fait malheureusement partie des victimes...

Si l'enquête est un peu plus molle que dans le premier tome de la série, les touches d'humour sauvent le roman comme cette mythique course poursuite à dos de poneys dans le parc du Luxembourg. L'équipe n'ayant pas les moyens de se payer un logiciel de dessin, ils utilisent les jeux vidéos pour créer des avatars pour la reconnaissance des suspects, sauf qu'il ne faut pas oublier d'éviter de jouer avec cet avatar... Pour couronner le tout, le tome s'achève par un concours de fer d'or Philips qui vaut le détour !

Art de décès :

L'intrigue se déroule cette fois-ci sur un plateau de cinéma, car la capitaine Eva rosière devenue scénariste est accusée du meurtre d'un réalisateur qu'elle avait invectivé et menacé quelques minutes plus tôt.

 

Bilan des trois tomes :

Un ton enlevé à l'humour ravageur avec des discussions pour savoir si le 36 avait été au 38 si on l'aurait quand même appelé le 36, mais des intrigues un peu longuettes sans grande surprise.

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel ; Le livre de poche

D'autres avis : Poulets grillés : Yves ; Rester groupés : Babélio ; Art de décès : Babélio

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Meurtre à Montaigne de Estelle MONBRUN

Publié le par Hélène

♥ ♥

En Dordogne, aux alentours du château de Montaigne des évènements étranges semblent avoir lieu : un jeune homme tombe d'une des plus hautes fenêtres du château et les petites filles de Michel Lespignac, spécialiste de Montaigne, se font enlever. A la croisée des chemins, une mystérieuse jeune fille Caroline Martin...

Pour résoudre ce cas épineux, l'enquête est confiée à Leïla Djemani, récemment promue commissaire et à Jean-Pierre Foucheroux, son ancien chef. Entre secrets de famille et vengeance, tout semble tourner autour d'un manuscrit inédit, un fragment du Supplément au Voyage en Italie rédigé en 1583 par Montaigne.

Ce que j'ai aimé :

- Les références littéraires

« Mes livres peuvent être lus comme de simples romans policiers, mais, si on connaît le texte source sur lequel je m’appuie, on peut s’amuser à reconnaître des citations cachées, des références stylistiques, des noms de personnages codés… C’est comme un clin d’œil permanent, une complicité à trois : un écrivain, une romancière, un lecteur. » dit l'auteur qui s'est spécialisée dans les romans qui entremêlent la vie d'un grand auteur et le polar (Proust, Colette, Yourcenar)

- La peinture du petit monde littéraire d'universitaires, entre rivalités et ambitions démesurées, faux manuscrits, est admirablement bien décrite.

Ce que j'ai moins aimé :

- La temporalité bousculée : les chapitres assez courts ne sont pas chronologiques, si bien que l'on se perd dans l'histoire.

- La fin de certains personnages, assez théâtrale et artificielle

- La psychologie des personnages, notamment de Véronica est difficile à cerner, surtout vers la fin

Bilan :

Une petite déception, l'alliance entre érudition et polar n'étant pas totalement aboutie à mes yeux.

 

Présentation de l'éditeur : Viviane Hamy

D'autres avis : Sans connivence

Merci à Babélio et à l'éditeur !

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Seules les bêtes de Colin NIEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Au cœur des Causses, une femme a disparu alors qu'elle était partie randonner. Quand les anciens parlent de "la tourmente" qui l'a emportée, d'autres explorent d'autres pistes et remontent le temps pour comprendre. Plusieurs personnes prennent alors la parole tour à tour pour dévoiler des secrets bien tapis au creux des montagnes... Qu'il s'agisse de l'assistante sociale de la région, de son mari Michel, de Joseph, paysan reclus dans ses montagnes, ou de Maribé, nouvellement arrivée dans le village, tous ont des choses à cacher... Si au premier abord, les récits semblent déconnectés les uns des autres, page après page, les vies se raccordent pour trouver leur cohérence.

Les êtres, perdus dans cette montagne qu'ils subissent quelquefois, sont hantés par la solitude qu'ils cherchent à combler à tous prix. Ils ne sont pas tous paysans par choix, beaucoup ont subi l'influence familiale, la pression pour reprendre la ferme des parents pesant sur leurs frêles épaules.  Certains malfaisants profiteront et abuseront de cette solitude pour jouer avec les sentiments de ces êtres vulnérables.

Parfaitement maîtrisé, ce roman puise ses racines aussi bien dans des sujets d'actualité que dans une fine analyse sociologique des milieux paysans. Il est efficace aussi bien quand il nous plonge dans le Massif Central que quand il nous emmène en Afrique.

 

Présentation de l'éditeur : Le Rouergue

Du même auteur : Ce qui reste en forêt

D'autres avis : Babélio

Prix littéraires :


Prix Polar en séries de Quais du Polar 2017
• Prix Polar Landerneau 2017

• Prix de l'Académie cévenole Cabri d'or 2017
• Prix Goutte de Sang d’Encre 2017

• Prix du roman Cézam inter-CE 2018

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Police de Hugo BORIS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« On n’est pas les sœurs de Bon Secours, merde ! On est la police ! »

Ils font équipe pour une soirée : Virginie, Erik et Aristide, gardiens de la paix, sont chargés d'une mission particulière : reconduire à l'aéroport Charles de Gaulle un étranger en situation illicite. Virginie comprend rapidement que ce retour au pays signifie pour leur passager la mort certaine. Dans ce cas précis, préservent-ils réellement la paix ? Cette mesure est-elle juste ? Qui en prend l'entière responsabilité ?

« La responsabilité est dispersée entre la Préfecture, les gardiens, les escorteurs, la Police aux frontières, les pilotes, les hôtesses, les stewards, pour que chacun ait le confort de penser : ce n’est pas moi, c’est l’autre. »

Dans un récit ramassé particulièrement efficace, Hugo Boris s'interroge sur le droit, la morale, responsabilité. En deux phrases, deux mots, deux silences, il heurte ses personnages et les pousse dans leurs retranchements, créant une intensité percutante. A travers leurs contradictions et hésitations, l'humanité de ces hommes et femmes malmenés transparaît et nous frappe par sa pureté...

"Chacun veut la loi pour les autres et la liberté pour soi, pas vrai ? L'ensemble compte plus que l'individu."

 

Présentation de l'éditeur : Grasset ; Pocket

D'autres avis : Manou ; Kathel

 

En lice pour le Prix Polar Sncf

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La mort nomade - Yeruldelgger de Ian MANOOK

Publié le par Hélène

♥ ♥

Yeruldelgger a fui la capitale Oulan-Bator pour trouver refuge au coeur du désert de Gobi, loin de la violence du monde. Il espère se ressourcer, se recentrer. Mais c'est sans compter l'arrivée de deux femmes : l'une recherche sa fille disparue et  l'autre a aussi une requête à lui soumettre. Yeruldelgger abandonne alors sa retraite spirituelle pour venir en aide à ces âmes perdues...

Au début du roman les failles de Yeruldelgger apparaissent en filigrane, subtiles, émoussant peu à peu le moral de cet homme blessé venu chercher l'apaisement. Mais malheureusement, cet aspect s'efface, d'autres personnages font leur apparition, nombreux, très nombreux, provoquant la disparition progressive de notre héros noyé dans trop d'intrigues différentes et emberlificotées avec un nombre impressionnant de cadavres sur sa route !

Le charme s'efface, l'action tonitruante prend le dessus petit à petit et on en vient à regretter le début du roman, tellement plus juste. Les dénonciations fusent, entre écologie, politiques, abus de pouvoir, non-respect des traditions, un florilège des tous les thèmes liés au pays défilent...

Il s'agit là du dernier opus lié à la série des Yeruldelgger, il était temps que l'auteur passe à autre chose !

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel ; Le livre de poche

Du même auteur : Yeruldelgge♥ ♥ ♥ ♥ ; Les temps sauvages ♥ ♥ ♥ 

D'autres avis : Babelio

 

La mort nomade, Ian Manook, le livre de poche, octobre 2017, 480 p., 8.10 euros

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