Confessions de Paul VERLAINE
♥ ♥ ♥
"Je reprends le cours de cette histoire, j'allais dire, de brigands, mettons, de ce conte de fées."
(p.101)
L’auteur :
Paul Verlaine est un poète français né en 1844 et mort en 1896.
Il publie Les poèmes saturniens en 1866, Les fêtes galantes en 1869 et Romances sans paroles en 1874. Ce sont là ses oeuvres les plus connues.
L’histoire :
Paul Verlaine revient ici sur ses vingt-sept premières
années : son enfance, sa rencontre et son mariage avec Mathilde, les débuts de sa carrière de poète… Il nous livre également sa relation étroite avec l’absinthe, et stoppe son récit au
moment de sa rencontre avec Arthur Rimbaud.
Ce que j’ai
aimé :
-
L’éclairage authentique porté sur
l’homme Verlaine, au-delà de sa simple poésie : c’est un récit enrichissant aux accents douloureux et vrais. Verlaine n’hésite pas à évoquer son goût prononcé pour l’absinthe « -La manie, la fureur de boire, - là ! » (p.105), ou encore ses relations orageuses et violentes avec Mathilde. Il parle directement à l’âme et au cœur du
lecteur.
« Et l’amour, voyez-vous, croyez-m’en plutôt que de m’en
blâmer d’avance, c’est sinon le tout, ah ! du moins le presque tout, le mobile quasiment unique de toutes les actions dignes de ce nom, et ne me parlez pas d’autre chose, ambition, lucre,
gloire ! tout au plus peut-être de l’Art. Et encore, et encore, l’Art, tout seul ?... » (p.177)
- Nous assistons à l’éclosion du poète à travers l’évocation de ses lectures et de ses premiers émois littéraires : Baudelaire, Banville, Cabaner… Verlaine nous confie ici ses
premiers balbutiements poétiques avec une candeur touchante. Sous nos yeux, un poème jaillit du quotidien.
« Et c’est de ce moment que je conçus le plan, si le mot
ne vous semble pas trop ambitieux pour un si mince ouvrage, de cette Bonne Chanson qui se trouve, dans le bagage assez volumineux de mes vers, ce que je préfèrerais comme sincère par excellence
et si aimablement, si doucement, si purement pensé, si simplement écrit :
Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore
Et l’azur a gardé sa fraîcheur de la nuit… » (p. 128)
"Nous vivons en des
temps infâmes
Où le mariage des âmes
Doit sceller l'union des coeurs.
En ce siècle d'affreux orages
Ce n'est pas trop de deux courages
pour vivre sous de tels vainqueurs !" (p.179)
- Les scènes évoquées
sont vivantes, colorées, comme photographiées.
Ce que j’ai moins
aimé :
-
J’aurais aimé que ce récit ne se borne pas aux vingt-sept premières années de sa vie, mais
continue bien au-delà…
« Ici finissent, pour un temps peut-être, mes
« Confessions ». l’ensemble de mon œuvre en prose et en vers témoigne assez, d’aucuns disent ou trouvent que c’est trop, de beaucoup de défauts, de vices même, et d’encore plus de
malchance, plus ou moins dignement supportée. » (p. 192)
Soit. Je me dirige donc de ce pas vers ses
poésies…
Premières
phrases :
« On m’a demandé des « notes sur ma vie ». C’est
bien modeste, « notes » ; mais « sur ma vie », c’est quelque peu ambitieux. N’importe, sans plus m’appesantir, tout simplement, -en choisissant, élaguant, éludant ?
pas trop, - m’y voici :
Je suis né, en 1844, au n°2 d’une rue Haute-Pierre, en face de
l’Ecole d’application pour les futurs officiers du Génie et de l’Artillerie. »
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ROUSSEAU
Confessions, Paul Verlaine, Magnard, Classiques et
contemporains, août 2002, 230 p., 5 euros