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Niak de Carl HIAASEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

L’auteur :

 Carl Hiaasen écrit sur la Floride depuis que son père lui a offert sa première machine à écrire pour ses six ans. A l'époque, il s'agissait d'articles tapés avec deux doigts sur les parties de ballon ou les matches de softball de son quartier, qu'il distribuait ensuite à ses amis. Aujourd'hui, Carl Hiaasen, éditorialiste au Miami Herald, est l'auteur de nombreux romans à succès. (Source : Ricochet jeunes)

 

L’histoire :

 Derek Blair, l'animateur vedette de l'émission «Expédition Survie!», se fait mordre par : un alligator, une tortue serpentine, deux serpents, une chauve-souris et piquer par deux mille moustiques... avant de disparaitre dans les Everglades. L'intrépide Wahoo et son amie Anguille parviendront-ils à retrouver le pseudo-aventurier avant que la nature de Floride ne reprenne définitivement ses droits? Carl Hiaasen imagine dans cette nouvelle aventure la plus délirante des émissions de télé-réalité. Une comédie écologique et mordante! De 10 à 15 ans.

 

Mon avis :

 Wahoo est un jeune garçon qui vit dans les Everglades, région du sud de la Floride. Son père dresse des animaux sauvages qu’il loue ensuite pour des films ou des émissions. Parmi les animaux dont ils s’occupent, des serpents, des perroquets, des rats, souris, singes, et alligators. Derek Blair, animateur de l’émission de télé-réalité Expédition Survie fait ainsi appel à eux pour monter une émission dans les Everglades. Mais la personnalité et les idées loufoques de l’animateur vedette vont considérablement compliquer la tâche de Wahoo et de son père.

Je n’ai malheureusement pas retrouvé l’esprit déjanté de Hiaasen dans ce roman jeunesse, j’ai trouvé l’ensemble laborieux, poussif, les blagues ou situations m’arrachant à grand peine un sourire…

Bien sûr le ton est alerte et dynamique et les thèmes abordés le sont avec intelligence : ainsi la télé-réalité en prend pour son grade, truquée de A à Z, des problèmes familiaux complexes comme la violence parentale, l’alcoolisme sont abordés avec tact… Le jeune Wahoo est un jeune homme courageux auquel pourront facilement s’identifier les jeunes lecteurs.

Il n’en reste pas moins que les romans policiers pour adulte de l’auteur sont largement au-dessus de cet opus jeunesse ! Une déception.

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Premières phrases :

 « Mickey Cray était au chômage depuis qu’un iguane mort lui était tombé sur le crâne du haut d’un palmier.

L’iguane, qui avait succombé à une forte gelée, raide comme un piquet, faisait trois bons kilos et demi. Le fils de Mickey avait pesé la reptile sans vie sur une balance numérique, avant de le stocker dans la glacière avec les légumes pour les tortues, derrière le garage. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :

Jeunesse : Chouette

Adulte :  Cousu main de Carl HIAASEN

Autre :  Jeunesse Roman

 

D’autres avis :

 Lecture que j'ai le plaisir de partager avec Jérôme.

 

Niak, Carl Hiaasen, traduit de l’anglais par Yves Sarda, Gallimard jeunesse, roman junior à partir de 10 ans, 294 p., 2013, 13.50 euros

 

Publié dans Jeunesse Roman

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Esprit d'hiver de Laura KASISCHKE

Publié le par Hélène

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Un récit oppressant

 

L’auteur :

Laura Kasischke est née en 1961 à Grand Rapids, dans l’État du Michigan. Elle a fait ses études à l'Université du Michigan. Ella a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires ainsi que le Hopwood Awards. Elle a également reçu la Bourse MacDowell. Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river(1999), La Couronne verte(2008), En un monde parfait(2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et À suspicious riveront été adaptés au cinéma. Laura Kasischke vit actuellement à Chelsea, dans le Michigan, avec sa famille. Elle enseigne l'art du roman à l’université de Ann Arbor. (source : éditeur)

 

L’histoire :

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. » Marine Landrot, Télérama

(Quatrième couverture)


Mon avis :

Le matin de Noël, Holly se réveille tard. Son mari part comme une flèche chercher ses parents à l’éaroport, et  sa fille se terre dans sa chambre. Holly ressent comme une angoisse diffuse, difficile à cerner, qu’elle aimerait retranscrire par écrit, comme pour mieux l’appréhender et la comprendre. Mais elle ne trouve ni le temps car il lui faut préparer le repas de Noël, tandis que la cohabitation avec sa fille Tatiana se fait de plus en plus tendue et étrange. Le blizzard se lève, les invités annulent leur venue, Tationa devient inquiétante et l’angoisse sourde prend ses aises, entre souvenirs de l‘adoption de Tatiana et tensions exacerbées dans la maison.

Esprit d’hiver est un huis-clos anxiogène, qui plonge dans la psychologie de Holly avec une précision chirurgicale. Les non dits évacués par la conscience de Holly s’estompent petit à petit, le pire revient à la surface, et le coup de massue ne sera assenée qu’à la toute dernière page.

Il faut être prêt à aborder des rivages mouvants qui effleurent la conscience et l’inconscient, prêt à sentir jusque dans nos chairs le mal être rampant dans les pièce sd ela maison, insidieusement, sournoisement.

Laura K. crée un univers particulier, suintant, qui crée un malaise lancinant.

"Vous voyez, c'est toujours la même obsession qui revient, des êtres qui voudraient supprimer des choses qu'ils savent avant que ces choses ne les anéantissent eux-mêmes." Interview le Monde 

 

Premières phrases :

"Noël, 20..

 

Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut :

Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.

C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?

Treize ans ?

Treize ans !"

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Sucipisious river

D’autres avis :

  Lecture commune avec Géraldine,  Tiphanieet Cynthia

Les Inrocks ; Télérama

      Papillon Clara 

 

Esprit d’hiver, Laura Kasischke, traduit de l'anglais (EU) par Aurélie TRONCHET, Christian Bourgeois éditeur,

 

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      11/20

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L’école des saveurs de Erica BAUERMEISTER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« Nous sommes tous des ingrédients, Tom, reprit-elle, rien de plus. Ce qui compte, c’est la grâce avec laquelle on prépare le repas. » (p. 139)

 L’auteur :

 Erica Bauermeister est née à Pasadena en Californie en 1959.
Elle a longtemps enseigné la littérature et l’écriture à l’université de Washington, et a publié deux ouvrages consacrés à la littérature féminine. Son séjour au nord de l’Italie durant 2 ans avec sa famille lui a donné cet amour pour la « Dolce Vita » et la bonne chair.
L’École des saveurs, son premier roman, a connu un succès considérable. Traduit dans une vingtaine de pays, il est resté plus de deux ans dans la liste des meilleures ventes aux États-Unis.
Elle vit actuellement à Seattle avec son mari et ses deux enfants, et dit à propos de son livre, qu’il parle « de nourriture et des gens, de cette façon de prendre les choses "sans grande importance" de la vie et de les rendre beaux ».

 L’histoire :

 Un jour, la petite Lilian se lance un défi fou : si elle parvient à guérir sa mère de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d'un chocolat chaud aux épices opère et, une vingtaine d'années plus tard, Lilian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant. L'École des saveurs réunit des élèves de tous horizons qui, de l'automne au printemps, vont partager des expériences culinaires, découvrir la force insoupçonnée des épices, capables par leur douceur ou leur piquant, d'éveiller des ardeurs inconnues et de guérir des peines anciennes... Un savoureux roman culinaire, une ode à la gourmandise et aux sens.

http://www.lecoledessaveurs-livredepoche.com/recettes.html

Ce que j’ai aimé :

 La cuisine et les alliances de saveur sont au cœur de ce roman. Les élèves de l’école des saveurs concoctent des repas savoureux qui leur permettent de s’éveiller à la vie et aux  sens. Une idée quelque peu éculée et banale…

Les descriptions des sensations donnent nénamoins l'eau à la bouche, comme pour ces spaghettis del mare :

« Après le sucre du melon, cette saveur était riche d’explosions rouges et de flèches de piment qui lui transperçaient la langue, et en dessous, comme une main qui stabilise, un coussin salé de palourdes, le velours doux de l’origan et des spaghettis, chauds comme du sable sur une plage. » (p. 217)

Ce que j’ai moins aimé :

Un peu facile, léger comme une bulle de savon qui s’évanouit dés la dernière page refermée. Lecture agréable sans être inoubliable.

Alors que le roman s’ouvre sur l’histoire de Lillian, rapidement, elle laisse place à des chapitres consacrés aux élèves, et le mystère demeure que la jeune femme, rien  n’est totalement levé.

 Premières phrases :

« Le moment que préférait Lillian, c’était juste avant d’allumer la lumière. Debout sur le pas de la porte, laissait derrière elle l’air chargé d’humidité, elle sentait les odeurs de la cuisine venir à elle : la levure fermentée ; le café, terreux et sucré ; l’ail qui s’adoucissait à l’air libre. »

 Vous aimerez aussi :

   Le restaurant de l’amour retrouvé par OGAWA Ito

D’autres avis :

   chez Babélio 

 

L’école des saveurs, Erica Bauermeister, traduit de l’anglais (EU) par Mona de Pracontal, Le livre de poche, 2009, 6.50 euros

 

Merci à ma JU..

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La lettre à Helga de Bergsveinn BIRGISSON

Publié le par Hélène

  lettre-a-helga.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

"La vie n'est que trame et rêve,

calme plat et dur ressac,

écueil et courant rapide,

tempête, neige et brouillard.

Avec fleurs et soleil aussi.

Mais derrière les hautes montagnes -

personne n'est encore allé voir." (p. 102)

 

L'auteur :

Bergsveinn Birgisson est né en 1971. Titulaire d’un doctorat en littérature médiévale scandinave, il porte la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même fermier et pêcheur dans le nord-ouest de l’Islande.

Immense succès dans les pays scandinaves ainsi qu’en Allemagne, la Lettre à Helga est enfin traduit en français.

 

L'histoire :

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.

Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

 

Ce que j'ai aimé :

Bjarni Gislason est un vieil homme qui, à l'orée de sa mort, souhaite alléger le fardeau avec lequel il affrontera l'au-delà. Il se confie à Helga, son grand amour inassouvi, celle sui aurait pu être la seule et l'unique, celle qu'il n'a jamais cessé d'aimer, même si leur amour était impossible. Il lui écrit une longue lettre, une déclaration enflammée dans lequel il se souvient avec délices et intensité des premiers émois, des premiers regards, des premiers gestes... Mais il livre aussi sa vie, nue, l'élevage des moutons, son travail de contrôleur de fourrage, et surtout, surtout, son amour inconditionnel pour la nature sauvage si différente des villes telles que Reykjavik.

"Je ne veux pas dire que tout est tellement merveilleux par ici, ni que les gens sont des anges. Bien sûr, ici il y a les ragots, la jalousie, et toutes sortes de conneries qui vont avec l'espèce. Mais ces gens-là vous dépanneront d'un pneu de tracteur en cas de besoin. " (p. 103)

Avec une poésie sans pareille il chante son monde, comme pour enchanter ses choix et abnégations. Parce qu'il ne peut pas partir sans expliquer, sans expier, sans aimer, une dernière fois...

"J'ai appris à déchiffrer les nuages, le vol des oiseaux et le comportement du chien. J'ai éprouve l'étonnement du premier colon et mesuré l'envergure des premiers habitants de ce pays. J'ai perçu l'angoisse du feuillage aux éclipses de lune, j'ai levé les yeux dans les côtes et senti mon âme s'élever hors de moi tandis que je conduisais mon tracteur. (...) Je me suis baigné dans une eau pleine de l'écalt du soleil, et no celle qui sont noires des  tuyaux de lieux civilisés et j'ai perçu la différence. (...) L'amour ne se réduit pas au romantisme citadin où il s'agit de trouver la seule, la vraie qui comblera votre âme jusqu'à la faire déborder et dégouliner telle une pompe intarrissable. L'amour est présent aussi dans cette vie que j'ai menée ici, à la campagne." (p. 105)

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Un magnifique chant d'amour poétique, beau comme un coucher de soleil sur une vallée islandaise. Bjarni s'éteindra peut-être doucement bercé par le bêlement de ses moutons, mais son chant restera longtemps lové dans l'âme de ses lecteurs...

A lire, à relire, à offrir, à savourer, à aimer...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

Premières phrases :

"Chère Helga,

 

Certains meurent de causes extérieures. D'autres meurent parce que la mort depuis longtemps soudée à leurs veines travaille en eux, de l'intérieur. Tous meurent. Chacun à sa façon. Certains tombent par terre au milieu d'une phrase. D'autres s'en vont paisiblement dans un songe. Est-ce que le rêve s'éteint alors, comme l'écran à la fin du film ? Ou est-ce  que le rêve change simplement d'aspect, acquérant une autre clarté et des couleurs nouvelles ? Et celui qui rêve, s'en aperçoit-il tant soit peu ?"

 

Vous aimerez aussi :

Rosa candida de Audur Ava OLAFSDOTTIR

 

D'autres avis :

Babélio A noter qu'il est rare pour un roman de connaître un tel avis positif quasi unanime.

 

La lettre à Helga, Bergsveinn Birgisson, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson, Zulma, août 2013, 130 p., 16.5 euros

 

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Publié dans Littérature Europe

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Astérix chez les Pictes de Jean-Yves FERRI et Didier CONRAD

Publié le par Hélène

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 ♥ / ♥ ♥ ♥

 

Les auteurs :

Didier CONRAD : http://didierconrad.weebly.com/

Sur Astérix : http://.weebly.com/asterix.html

Jean-Yves FERRI : Né dans une cabane en planches en bordure d'un champ d'avoine, il a gardé de ses premières années un amour immodéré pour la glaise du terroir. "Seul, le coquelicot m'enchante, Seule, la libellule m'émeut..." (Labours fous - Poésie Plon 1969). Nombre de ses albums dessinés témoignent de sa frénésie bucolique: ainsi ses Fables autonomes (Fluide Glacial 1996 - 1998 ). Classées à tort dans la catégorie humour, elles célèbrent une ruralité âpre et violente, située à mi-chemin entre le réalisme social des Raisins de la colère et le lyrisme printanier d'Oscar le petit canard. La consécration vient avec le personnage d' Aimé Lacapelle. Héros de la campagne profonde, ce policier du BIT (Bureau d'investigation Tarnais) devient l'idole de toute une génération d'agriculteurs rebelles. Pour Ferri, le succès international est tel, qu'il lui permet de repeindre à neuf plusieurs fois sa cabane. Avec le scénario du Retour à la terre (dessin Larcenet), il tente de réconcilier ville et campagne et d'attirer l'attention sur le sort douloureux des chats déracinés. Dernier album solo de Ferri, De Gaulle à la plage, album anachronique et balnéaire sorti en décembre 2007 où le Général confond sa silhouette avec le Monsieur Hulot de Jacques Tati. Un De Gaulle à Londres est en préparation, et Ferri s’attaque également aux scénarios des irréductibles gaulois. L'auteur partage son temps entre la BD et le bouturage des dahlias.Texte © Dargaud

 

L'histoire :

Pour leur retour, Astérix et Obélix voyagent dans l’actuelle Écosse. Désopilante, l’aventure gauloise est menée par un duo d’auteurs inédit dopé à la potion magique. Port du kilt recommandé.

asterix-pictes.jpg

 

Mon avis (correspondant à une étoile) :

Je n'ai pas franchement ri à la lecture de cet opus. Il répond à la charte d'édition des Astérix mais l'inventivité et l'humour délirant en moins. Les dialogues tombent à plat, même ce brave Obélix peine à trouver des répliques cinglantes.

De nombreuses blagues sont adaptés à des adultes et non pas à des enfants, comme celle sur la délocalisation, ou la référence à Brassens pour ne citer que elles.

« Laisse Obélix ! Ce petit fonctionnaire ne fait qu'obéir aux ordres ;

- JE CONFIIIRME ! D'ailleurs, je suis bien connu pour mon manque d'initiatiiiive ! » (quand je vous disais qu'en plus ce n'est pas drôle...)

J'ai eu l'impression que le scénariste écrivait le pistolet sur la tempe, sommé de trouver quelque chose de drôle mais manquant cruellement d'à propos et de liberté pour ce faire... Et pourtant j'avais tellement apprécié son retour à la terre...

L'histoire est alambiquée, compliquée, une histoire de trahison entre deux clans pictes... D'ailleurs les jeux de mots liés à ces pictes sont là encore incompréhensibles pour des enfants. Néanmoins, les dessins sont à mes yeux – myopes au demeurant – réussis. Je n'ai pas constaté de différences marquantes par rapport à l'original.

Je laisse la parole à mon enfant à moi qui est fan absolu d'Astérix. Vous remarquerez qu'il dit avoir apprécié, mais qu'il relève les mêmes défauts que moi, sans que je ne lui en ai parlé auparavant. Son avis est vierge...

L'avis de Romain 7ans et demi  (correspondant à trois étoiles) :

J'ai trouvé que cela ressemblait aux Astérix de Uderzo et Goscinny, mais je n'ai pas autant ri qu'avec ces derniers. Je n'ai pas compris certaines blagues ou jeux de mots. Je n'ai pas trop compris l'histoire de Mac Oloch parce que c'était compliqué à comprendre. Je n'ai pas compris ce que faisait le monsieur romain qui vient dans le village (note : il parle de Numérus Clausus agent romain du recensement).

J'ai quand même aimé Agecanonix qui est drôle au début de l'histoire. Obélix aussi est drôle, il dit des mots qui font rire.

Conclusion :

Romain est bon public car il est fan d'Astérix, mais les limites sont bien là. Il vous conseille plutôt la lecture de « Astérix le gaulois », ou « La serpe d'or », ses deux préférés.

 

Vous aimerez aussi :

Le préféré de Romain : Astérix le gaulois, La Serpe d'or

Mon préféré : Astérix et les normands.

Du même auteur :  De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI  et Le retour à la terre

 

D'autres avis :

 

Lecture commune avec Jérôme.

Bibliobs

 

 

BD Mango bleu

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Yeruldelgger de Ian MANOOK

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Un premier roman remarquable !

 

L’auteur :

 Ian Manook a sûrement été le seul beatnick à traverser d'Est en Ouest tous les États-Unis en trois jours pour assister au festival de Woodstock et s'apercevoir en arrivant en Californie qu'il s'ouvrait le même jour sur la côte Est, à quelques kilomètres à peine de son point de départ. C'est dire s'il a la tête ailleurs. Et l'esprit voyageur !

Journaliste, éditeur, publicitaire et désormais romancier, Yeruldelgger est son premier roman, et le premier opus d'une série autour du personnage éponyme qui nous conduit des steppes oubliées de Mongolie aux bas-fonds inquiétants d'Oulan-Bator.
Il vit à Paris.

 Interview ici : http://www.unwalkers.com/entretien-entretien-qui-me-tiens-ian-manook-du-pur-delire/

L’histoire :

 Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité. Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

Dans ce thriller d’une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l’Asie Centrale jusqu’à l’enfer des bas-fonds d’Oulan-Bator. Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Ecosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook !

 

Ce que j’ai aimé :

 L’inspecteur Yeruldelgger est un homme brisé par la mort de sa petite fille Kushi, un homme rongé par la culpabilité, haï par son autre fille Sara qui l’accuse d’être à l’origine de la mort de sa sœur et de la folie de leur mère. Quand un vieil homme lui confie l’âme d’une petite fille dont le corps vient d’être retrouvé enfoui avec son tricycle, il se jette corps et âme dans l’enquête, comme pour expier. Mais ses fantômes le rattrapent rapidement, tenaces. Il lui faudra alors puiser dans l’enseignement des moines du monastère de Yelintey, qu'il a fréquenté enfant sur les conseils de son père qui souhaitait préserver les traditions après la destruction des monastères par le régime.

« Les anciens affirmaient encore à voix basse, se méfiant des délateurs et des espions, qu’un seul moine avait réchappé à la razzia des révolutionnaires et continuait à enseigner, dans les ruines du temple, une pensée plus pure et plus limpide encore que le bouddhisme le plus intransigeant. Il se disait aussi que par deux fois les révolutionnaires étaient revenus en force pour revendiquer définitivement le superstitieux et que par deux fois ils avaient été défaits par ce que le seul survivant avait qualifié de force invisible et mystérieuse. » (p. 194)

Ian Manook nous montre ici une Mongolie partagée entre traditions et modernité, gangrénée par un nationalisme violent. Les traditions se perdent à Oulan Bator :

« Nous avions des espaces immenses, des coutumes et des légendes séculaires, et regarde ce que nous sommes devenus !

- C’est ce que la vie a fait de nous ! soupira la femme.

- Non, c’est faux, la vie ne fait rien de nous. A vie, c’est nous uqi la faison, à coups de renoncements, peurs, abandons, tricheries, colères ! C’est nous qui nous  empêchons d’en faire autre chose que ce qu’elle est. » (p. 480)

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© Pichugin Dmitry - Shutterstock

Dans les steppes néanmoins, les vieillards enseignent les traditions aux plus jeunes pour que ne meure pas l'esprit séculaire de la Mongolie. Yeruldelgger est un personnage qui tente de faire la jonction entre ces deux mondes, entre la violence qu'il cotoie au quotidien et l'âme de la Mongolie, faite de rites et animée par un souffle puissant et salvateur.

L’enquête que  mène Yeruldelgger, aidé par Solongo, médecin légiste et par Oyun son adjointe, le confronte à des groupuscules nazis, à des chinois en colère, à des hommes avides de pouvoir et d’argent, pour qui une vie humaine a bien peu de prix.

De rebondissements en secrets enfouis, le rythme se fait haletant pour ce thriller passionnant, époustouflant, pour un premier roman ! A lire absolument. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

 Premières phrases :

 « Yeruldelgger observait l’objet sans comprendre. D’abord il avait regardé, incrédule, toute l’immensité des steppes de Delgerkhaan. Elles les entouraient comme des océans d’herbe folle sous la houle irisée du vent. Un long moment, silencieux, il avait cherché à se convaincre qu’il était bien là où il se trouvait, et il y était bien. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : sous le pseudo de Patrick Manoukian "Le temps du voyage, petite causerie sur la nonchalance et les vertus de l'étape" chez Transboréal ; sous le pseudo de Paul Eyghar "Les Bertignac" chez Hugo et cie.

Pour la suite des aventures de Yeruldelgger ce sera peut-être début 2014. On croise les doigts...

AutreLe dernier lapon d’Olivier TRUC ; Les roman de Galsan Tschinag :  Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

 

D’autres avis :

 Yves tout aussi enthousiaste... 

 

Yeruldelgger, Ian Manook, Albin Michel, octobre 2013, 542 p., 22 euros

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L’œil américain. Histoires naturelles du Nouveau Monde de Pierre MORENCY

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ 

« Que jamais ne nous déserte cet éclair qui nous tient aux aguets. » (p. 23)

 

L’auteur :

 

Né à Lauzon près de Québec en 1942, Pierre Morency a fait ses études au Collège de Lévis, où il a animé de 1961 à 1964 le théâtre étudiant, et à l’Université Laval, où il a obtenu en 1966 sa licence ès lettres. C’est en 1967 qu’il a décidé de vivre de sa plume et est devenu auteur radiophonique à Radio-Canada. C’est là qu’il a animé et écrit les séries Les Grands Aliments,Bestiaire de l’étéL’Œil américainLa Vie entièreÀ l’heure du loup qui l’ont fait connaître du grand public. C’est également en 1967 qu’il a publié son premier recueil,Poèmes de la froide merveille de vivre, qui sera suivi de plusieurs autres. Considéré comme l’un des plus  importants poètes de sa génération, Pierre Morency s’est aussi illustré au théâtre avec son adaptation de Charbonneau et le Chef, sa pièceLes Passeuses et ses nombreuses pièces pour les enfants. Son activité dans le milieu littéraire l’a amené à organiser des spectacles de poésie, à participer à la fondation de revues (Inédits et Estuaire) et à la création de L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ). En 1989, il a amorcé avec L’Œil américain, histoires naturelles du Nouveau Monde, la publication d’une série d’ouvrages sur ses expériences de naturaliste et d’observateur, ouvrages qui traitent sur un mode littéraire des plantes, des oiseaux et des paysages du Québec. Lumière des oiseaux (1992) et La Vie entière (1996) complètent la trilogie. Pour l’ensemble de son œuvre, Pierre Morency a reçu le prix Claude Sernet (1975); le Prix de l’Institut canadien de Québec (1979); le prix Duvernay (1991); le Grand Prix de poésie de Guillevic-Ville de Saint-Malo (2002). On lui a décerné le titre de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres de la République française en 1993 et il a reçu le prix Athanase-David en 2002 pour l’ensemble de son œuvre et de sa carrière. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

L'œil américain c'est une célèbre série d'entretiens radiophoniques que Pierre Morency a réunis. Il nous invite à explorer les marais, les lacs, les forêts, les champs, les îles du fleuve, les rivages.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Avoir l’œil américain, c’est « avoir des yeux et des oreilles tout le tour de la tête ! » (p. 18) , « avoir l’œil américain, n’est-ce pas également se pourvoir de l’aptitude à entendre ce que nous écoutons, à voir ce qui est derrière quand on regarde devant ? » (p. 18)

 

Cela signifie pour l’auteur être attentif au monde qui nous entoure, l’honorer, le célébrer et apprendre ainsi beaucoup de cet animaux et végétaux qui s’adaptent tellement naturellement et harmonieusement au monde…

 

« Tout a été découvert, sommes-nous portés à penser dans nos moments de lassitude. Pendant ce temps-là, dehors, une exubérance à chaque seconde se renouvelle, les racines travaillent, les sources montent, les poissons fulgurent dans les torrents, les écorces crient, les feuillages se peuplent de nids, les nids répandent des chants, les gazouillis répondent à des feulements, des plaintes s’enroulent dans les creux du silence, les arbres inventent des musiques, les champs ondulent et crépitent à midi, les fleuves d’odeurs comblent des museaux, chaque aube a ses soleils à nul autre semblable, chaque soir soulève des tours de sons inouïs, la nuit porte des lueurs, des oreilles se tendent pour tout saisir, des yeux cherchent des yeux, on marche sous les pierres, on pousse à la l lisière, tout va mourir bien sûr, tout va partir en poudre sous la terre ou dans le vent, mais tout cherche à naître encore et toujours. Que jamais ne nous déserte cet éclair sui nous tient aux aguets ! » (p. 23)

 

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Pierre Morency observe, les oiseaux des marais, les hirondelles, la cigale, le coyote, mais aussi l’érable, le pissenlit, l’érable, le cèdre. Il nous raconte leur histoire les éclaire de son point de vue, les illumine de ses connaissances et tout à coup un monde entier prend vie sous nos yeux ébahis.

 

« Soyez si peu distrait, gardez vos pensées si claires, vos rendez-vous si rares, votre attention si libre, votre existence si universelle que, dans tous les lieux et à toutes les heures, vous puissiez entendre le chant du grillon dans la saison où il chante. C’est une preuve de sérénité et de santé d’esprit que de pouvoir entendre ce chant facilement. » (HD THOREAU)

 

« Un livre à lire, à goûter, à écouter à respirer, à vivre, l’exceptionnelle histoire d’amour entre un écrivain et la nature de son pays » (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« Ecoute ! – Je n’entends rien. – Là, dans les sapins, derrière la maison blanche… - C’est un oiseau qui chante ? – Une grive des bois. –En pleine ville ? –Oui, une grive des bois en pleine ville, tu te rends compte ! »

 

Vous aimerez aussi :

 

Mon Amérique de Jim FERGUS

 

 Repéré chez Dominique. Merci...

 

 

L’œil américain, Pierre Morency, préface de Jean-Jacques Brochier, Illustrations de Pierre Lussier, Editions Boréal / Seuil, 1989, 23 euros

 

 

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Déception et abandon du mois d'octobre

Publié le par Hélène

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Conséquences de Darren Williams

 

Pitch :

 

La morte a les yeux de sa sœur disparue. Gibson s’abrutit d’alcool mais ne peut oublier cette adolescente retrouvée dans une maison abandonnée. Elle fuyait Angel Rock, ville désertée aux confins du bush australien. La commune dévore ses enfants depuis longtemps. Ils meurent sans explications. Gibson remue le passé des jeunes sacrifiés. La chaleur trouble se peuple de fantômes…

 

Mon avis :

 

Bien trop noir pour moi, je ne me suis pas sentie le courage de m'attaquer de plein fouet à ce roman, j'avoue avoir lu en diagonale de nombreux passages. Il faut dire que je n'ai vu aucune lumière, mais des enfances traumatisées, des pervers à tous les coins de rue, des ivrognes, des gamines paumées, des suicides en cascade, et le mal guettant ses proies dans la forêt, pervers et opportuniste. Pas envie de lire ça en ce moment... Et puis il faut dire que les enfants qui perdent leurs frères dans le bush, cela m'angoisse, raison pour laquelle j'ai arrêté de lire les aventures d'Erlendur... 

 

D'autres avis :

 

FrédéricBabélioVa

 

 

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Les 10 amours de Nishino de KAWAKAMI Hiromi

Publié le par Hélène

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♥ ♥


L’auteur :

 Hiromi Kawakami est une romancière japonaise. Elle est diplômée de l'université pour femmes d'Ochanomizu.

Sa première nouvelle, Kamisama (littéralement : Dieu), fut publiée en 1994. 
En 1996, elle fut récompensée par le Prix Akutagawa pour Hebi wo fumu (littéralement : Marcher sur un serpent). 

En 2000, elle reçut le Prix Tanizaki pour sa nouvelle Sensei no kaban (Les Années Douces, littéralement : La sacoche du professeur), racontant la naissance d'une histoire entre une jeune femme trentenaire, Tsukiko, et l'un de ses anciens professeurs de littérature, septuagénaire, rencontré par hasard dans un café qui verra l'évolution de leur relation au fil des saisons et de rencontres épisodiques et toujours aléatoires. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 

 Qui était Nishino, cet homme insouciant et farouche comme un chat, et qui comme lui s’immisçait avec naturel dans la vie des femmes dont il faisait battre le coeur trop fort ?

Dix voix de femmes composent ce roman dont un homme est le centre de gravité et dont l’existence nous est progressivement révélée par celles qui l’ont tant aimé aux différentes époques de sa vie. Chacune d’elles à son tour prend la parole : elles tissent un à un les fils séparés d’une existence qui se rejoignent pour dessiner en creux le visage d’un homme plein de charme et de mystère, nonchalant, touchant, insaisissable. Et en faisant son portrait c’est elles-mêmes finalement qu’elles révèlent.

Dix variations tissées de poésie, de mélancolie, de drôlerie, pour tenter de comprendre cet étrange sentiment que l’on nomme l’amour. (Source : Babélio)

 

 Mon avis :

 

 Dix femmes se racontent. Leur vie, la rencontre avec cet homme fuyant, Nishino, les sentiments qui naissent au fil des jours, s'évanouissent, ou ne voient jamais le jour… Le mystère de l’amour est au centre de ces récits : pourquoi aime-t-on quelqu’un, pourquoi pas, pourquoi Nishino papillonne-t-il de fille en fille sans réussir à être fidèle, qu’est-ce qui fait l’essence d’une relation ?

 

« Mais peut-on s’aimer, si on ne se fait pas d’illusions sur l’autre ? C’est seulement à condition d’être indulgent, de ne pas être sur ses gardes, de se méprendre un peu, qu’on peut s’aimer l’un l’autre. » (p.66)

Au travers ces multiples récits, se dessine le portait en creux de ce Nishino, un être perdu entre ces femmes qui semblent davantage savoir qui elles sont. 

 Le charme des romans de Kawakami Hiromi est tellement diffus, diaphane, qu’il vous enveloppe doucement mais quand il s’agit de l’expliquer, le mystère reste entier, intraduisible. Moins fort que Les années douces, de ce récit émane un charme indéfinissable.

 

Premières phrases :

 « Minami était âgée de sept ans à l’époque.

C’était une enfant réservée. Elle passait son temps à faire des origamis de ses doigts graciles : un orgue, une belle-de-jour, une perruche, un petit plateau monté sur pieds… Elle confectionnait sans se lasser toutes sortes d’objets, qu’elle rangeait ensuite délicatement dans une boîte en carton tapissée de papier gaufré. J’étais très jeune quand je l’ai mise au monde. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Les années douces de Hiromi KAWAKAMILe temps qui va, le temps qui vient de Hiromi KAWAKAMI

Autre :  Littérature Asie de l'Est

 

D’autres avis :

 TéléramaLireMango 

 

Les 10 amours de Nishino, Kawakami Hiromi, traduit par Lisabeth Suetsugu, Picquier, février 2013, 18.50 euros

 

Publié dans Littérature Asie

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African Tabloid de Janis OTSIEMI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

L’auteur :

 Janis Otsiemi est né à Franceville dans la province du Haut-Ogooué en 1976 au Gabon. 
Ancien élève du Collège Public d'Akébé (Collège Georges Mabignat aujourd'hui), il intègre en 1998 la Fondation Raponda Raponda Walker comme Membre permanent. Après un bref passage au Gouvernorat de l'Estuaire, il est actuellement Secrétaire Général Adjoint de l'Union des Ecrivains Gabonais (UDEG) et Directeur de la Collection « Polar d’Afrique » aux Éditions du Polar.

Romancier, poète et essayiste, Janis Otsiémi a publié un roman "Tous les chemins mènent à l'Autre" ( Prix du jeune écrivain gabonais) aux Éditions Raponda Walker (Libreville 2002) et aux Éditions Ndzé (Paris, 2002), 

Il a été lauréat du Prix du centenaire de la naissance du président Léon Mba pour son recueil de poèmes "Chants d'exil".  (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 Libreville. 2008. Un an avant les élections, un type est retrouvé mort sur une plage de Libreville, près du palais de la présidence de la République, une balle dans la gorge et deux doigts de la main gauche coupés. La victime est un journaliste d’investigation connu pour ses enquêtes très sensibles sur le pouvoir dont il dénonçait la corruption et la main mise sur les affaires du pays. Pour la corporation, la société civile et les associations de défense de la presse, il s’agit là, à l’évidence, d’un assassinat politique. Mais à Libreville, comme partout ailleurs en Afrique, les apparences sont souvent trompeuses… (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 Dés les premières pages la chaleur moite de la capitale gabonaise se fait sentir. Janis Otsiemi nous plonge dans les arcanes de sa ville aux côtés Koumba et Owoua, deux policiers qui enquêtent sur le meurtre d'un journaliste d'investigation. Mais ils sont aussi confrontés à une fraude bancaire et à un délit de fuite d'un mystérieux conducteur ayant renversé une femme et son enfant, et à un réseau pédophile oeuvrant sur la toile. Les intrigues s'entrecroisent, promenant ainsi le lecteur dans les bas fonds de la ville aux quartiers bigarrés.

Dans ce roman très urbain, les chapitres sont courts, bien ciselés, donnant un aperçu global de cette villle cosmopolite gangrénée par la corruption, les injustices, les abus de pouvoir permanents. Si la vision du pays est désenchantée et pourrait être prétexte à un livre noir et plombant, le ton résolument drôle et léger permet d'équilibrer l'ensemble. Les expressions locales contribuent à apporter de la fraîcheur  au récit : 

Cassé le bic : arrêter les études

Avoir un long bic : avoir fait des études universitaires

Coulisser : avoir des relations sexuelles

Tenir le cerveau : réfléchir

 Un humour dynamique et jubilatoire parsème les pages et permet à la fois de divertir tout en décillant les yeux du lecteur sur cette capitale riche en pétrole mais pauvre dans ses tréfonds...

Ce que j’ai moins aimé :

 Il s'agit plus d'un roman d’ambiance  que d'un polar haletant, l’appellation polar ne vaut que parce que il y a un meurtre et des policiers en action ; aucun suspense ne court en ces pages...

 Premières phrases :

 « Libreville.

Quartier du Plateau.

Trois heures du matin.

Assoupie sous un brouillard épais, la ville s’éveillait peu à peu entre les limailles d’une nuit sale, moribonde qui hésitait à se démarabouter sous la pression des premières lueurs poudreuses du jour qui commençaient à poindre à l’horizon. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  La bouche qui mange ne parle pas de Janis OTSIEMI

Autre :  Roman policier africain

 D’autres avis :

 http://www.babelio.com/livres/Otsiemi-African-tabloid/525303

 

African tabloid, Janis Otsiemi, Editions Jigal Polar, 2013, 208 p., 16.80 euros

babélio masse critique

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