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Shutter island de Dennis LEHANE

Publié le par Hélène

                                   

♥ ♥ ♥

"Au fond, tout est dans l’œil de celui qui regarde."

 

 L'auteur :

 

 Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester dans le Massachusetts.  Après des études à Boston, il part à l'université internationale de Floride. Tout en écrivant son premier livre (Un dernier verre avant la guerre), il vit de métiers divers (livreur, libraire, chauffeur). C'est également un ancien éducateur qui travaillait dans le secteur de l'enfance maltraitée. Ce thème reste très présent dans la majorité de ses œuvres.

Il vit aujourd'hui à Boston. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.

 

L'histoire :

 

Le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés sur Shutter Island, île abritant un hôpital psychatrique, car l'une des patientes de l'hôpital, Rachel Solando, a disparu.

Leur enquête commence alors, peu évidente : comment la patiente a -t-elle pu s'enfuir de sa cellule, fermée de l'extérieur ?

 Ce que j'ai aimé :

 

Il s'agit d'un roman policier à forte teneur psychologique. Non seulement parce que l'enquête se déroule dans le milieu psychatrique, mais aussi parce que chaque personnage est doué d'une profondeur psychologique saisissante...

 Les êtres sont bien plus complexes qu'ils ne le semblent au premier abord, et si cette thèse est l'une de celle qui fait l'intérêt des romans de Dennis Lehane, ici, elle est menée à son paroxysme...

 Ce roman policier est absolument original, je n'en connais pas d'équivalent.

 Non seulement l'intrigue est trépidante, mais les personnages sont passionnants, des romans à eux seuls. Le marshall est un être marqué par la guerre en Europe, par les camps, par la perte de sa femme, il est un homme qui voue sa vie aux autres pour oublier quelques instants la sienne. Et pourtant, il est impossible de renier totalement celui que l'on est ...

 "Au fond, c'est pareil qu'une voiture. Un engrenage se grippe, un boulon casse et tout le système se détraque. Vous croyez qu'on peut vivre avec ça ? (Il se tapota la tempe.) Tout est enfermé là-dedans et y a pas moyen d'y accéder. Vous, vous contrôlez pas grand-chose, mais votre esprit, lui, il vous contrôle, pas vrai ? Et s'il décide un jour de pas aller au boulot, hein ? 

(...) Ben, vous êtes baisé."

 Un grand roman...

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

- Il faut savoir que ce n'est pas un roman policier classique et qu'il pourrait en déranger certains. Si vous êtes "Borderline", passez votre chemin...

 

 Premières phrases :

 

     " Le père de Teddy Daniels était pêcheur. Il dut céder son bateau à la banque en 1931 - Teddy avait onze ans à l'époque -, et il passa le reste de sa vie à trimer sur le bateau des autres quand ils avaient du travail à lui proposer, à décharger des marchandises sur les docks quand ils n'en avaient pas ou, lorsqu'il était rentré à la maison vers dix heures du matin, à demeurer de longs moments affalés dans un fauteuil, en contemplation devant ses mains, les yeux écarquillés et le regard sombre, marmonnant tout seul de temps à autres."

 

 Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur :  Ténèbres, prenez-moi par la main de Dennis LEHANE Gone, Baby, Gone de Dennis LEHANE 

Moonlight Mile de Dennis LEHANE

Autre :  Roman policier américain

 

Shutter island, Dennis LEHANE, traduit de l'américain par Isabelle Maillet, Rivages thriller, septembre 2009, 8.14 euros

 

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Librairies

Publié le par Hélène

 

Des enseignes de libraires ont créé un site Internet permettant de trouver un livre près de chez soi. 


Un bon moyen de contrer les géants du Net.


http://www.placedeslibraires.fr/

 

et pour les parisiens : 


http://www.parislibrairies.fr/

 

Comment ça marche ?
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Publié dans Divers

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Le vin de longue vie de Nicolas Dumitru COCEA

Publié le par Hélène

                                          vin-de-longue-vie.gif

                                                                        ♥ ♥


 L’auteur :

 Ecrivain roumain, auteur de nombreux romans, de nouvelles et de pièces de théâtre, Nicolae Dumitru Cocea (1880-1949) fut aussi traducteur français, introduisant en Roumanie les oeuvres de certains contemporains comme Anatole france ou Marguerie Audoux.

il est également connu dans son pays pour son engagement antifasciste : il fut le créateur ou le directeur de plusieurs revues, et défendit ses opinions courageuses progressistes à travers ses éecrits politiques jusqu'à la fin de sa vie.
 

L’histoire :

Roman épicurien d'amour et de vigne, le Vin de longue vie se déroule dans la campagne roumaine, sous le soleil, à l'ombre des souvenirs. Au jeune juge qui vient d'être nommé, tous les notables du village parlent de maître Manole, le boyard, propriétaire de l'immense vigne. Celui-ci attirerait des femmes dans sa demeure, dont elles ne ressortiraient jamais ; il userait également de sortilèges, et son extraordinaire longévité en serait la conséquence.

La rencontre entre le jeune homme et le vieux maître, puis l'amitié qui les unira, enfin le secret de cette jouvence que le boyard transmettra, tel est le coeur de ce roman. Un roman empli de poésie mais aussi de philosophie, sur la nature humaine et sur le sens que chacun peut donner à sa vie. (Source : Babélio)

Mon avis :

  L’action est très longue à se mettre en place, comme si le narrateur tournait volontairement autour de cet être mystérieux, Manole, sujet de toutes les conversations, envies et jalousies des alentours. Quand il finit par le rencontrer, sous l’égide de Charles Baudelaire, leurs conversations prennent un tour philosophique qui densifie tout à coup le propos et de fait le roman.

 « Vivre en harmonie ou en disharmonie avec l'univers, face à face avec l'infini, l'éternité ou le néant, qu'importe ! Mais en tous cas, loin des sots. » p. 57

 Peu à peu une amitié naît entre les deux hommes, Manole devenant le maître à penser du jeune homme, lui livrant des préceptes de vie, d’harmonie et finalement de bonheur. Fasciné, le jeune magistrat aimerait découvrir le secret d’éternelle jeunesse que semble détenir le boyart.

 Le vin de longue vie  est un récit plaisant, mais un peu long à se mettre en place.


Premières phrases :

 

 « La vigne de maître Manole Arcasch, plantée sur plus haute crête de la province de Cotnar, descendait dans la vallée jusqu’à la Fontaine aux Serfs : longue, rectangulaire, striée, ponctuée et bariolée de toutes les nuances du vert, comme un couvre-pied de Bessarabie. »

  

Le vin de longue vie, N. D. Cocea, traduit du roumain par Jean de Palacio, Editions Cambourakis, 2012, 124 p., 9 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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La tentation d’une île, Derrière les caméras de la téléréalité de Philippe BARTHEROTTE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Ils pensaient que ce n'était qu'un jeu...

 

L’auteur :

 Philippe Bartherotte, 32 ans, a été journaliste de téléréalité de 2001 à 2008. Il a mis fin à cette expérience en révélant dans la presse les méthodes de production de l’émission Pékin Express. Après L’avocat du diable, toujours sur la téléréalité, il a publié un roman Sugar Baby en 2011.

 

Quatrième de couverture :

 

 Philippe Bartherotte brise la loi du silence. Ce journaliste de téléréalité nous raconte son quotidien, aux côtés de candidats, exploités, trompés et manipulés par des producteurs de télévision qui ne reculent devant rien pour faire monter l'audimat. L'Ile de la Tentation, Star Academy, Pékin Express, une émission dantesque sur des chômeurs commandée par France 2... On suit son parcours à cent à l'heure, dans les méandres d'une gigantesque supercherie à laquelle il participe activement. En retournant les caméras de la téléréalité, Philippe Bartherotte tend à notre époque un miroir cruel.

 

Ce que j’en ai pensé :

 

 Philippe Bartherotte a travaillé 7 ans dans le secteur porteur de la téléréalité. Jusqu’à ce qu’un jour il décide de claquer la porte, écoeuré par tant d’agissements expédifs. Il décide par la suite de témoigner de son expérience sur les tournages de « L’île de la tentation » et de « Pékin Express » dans un livre choc.

Sur l’île de la tentation il doit interviewer les candidats fortement alcoolisés, privés de sommeil volontairement afin que l’on puisse les manipuler plus facilement par la suite. Acculés, ils deviennent des pantins au service de la production.

Puis sur Pékin Express il prouve comment le jeu est truqué d’avance : la production décide de privilégier tel ou tel binôme en fonction de son pouvoir télégénique pouvant influencer l’audimat.

« Cette émission nous soumet au plus grand décalage qui soit. D’un côté l’extrême pauvreté des gens qu’on rencontre, leur beauté, leur honnêteté, leur dignité, leur générosité… Et de l’autre, le cynisme sans bornes, la vulgarité, la laideur, l’égoïsme, la cupidité d’une production à l’image de notre capitalisme sans morale. L’être humain et la machine. Nous sommes là pour faire de l’audience. De l’audimat. On triche, on trafique, pour mieux vendre de l’espace publicitaire à des annonceurs. Et les gens qui accueillent nos candidats ne savent rien de tout cela. Ce sont des gens sincères qui donnent ce qu’ils ont de bon cœur. On les trompe eux aussi en quelque sorte. Eux sont vrais. Nous, on triche. » (p.246)

Il fera une brève incursion sur les chaînes publiques, pour un reportage sur les chômeurs, mais « finalement avec le docutainment sur les chômeurs et l’émission de Jean-Luc, je me suis rendu compte que le service public était bien plus hard core que je ne l’imaginais. Plus hard core tout en étant moins divertissant. » (p. 155)

 La téléréalité est un monde impitoyable, truqué à la base par des producteurs avides de gains. Des êtres qui ne respecte aucunement l’humain, obnubilés par le matériel, le pouvoir, l’argent facile. Philippe Bartherotte  nous peint un monde de sexe, de drogue, d’argent, de futilités, un monde qui broie tout individu innocent pris dans ses filets. Lui-même a souhaité s’en extraire avant qu’il ne soit trop tard, et le rêve final qu’il raconte fait froid dans le dos quand on repense à l’épisode tragique de la mort de Gérard Badin : des candidats filmés se succèdent devant un homme armé d’une épée qui les combat pour qu’ils ne prennent pas sa place.  « Et entre les rounds, j’étais chargé de faire des ITV (interviews) des candidats, à qui parfois il manquait un bras ou un œil, quelquefois les deux. Alors qu’est-ce que tu ressens ? Tu as mal ? Où tu as mal ? Tu as peur ? A quoi penses-tu maintenant ? Est-ce que tu crois que tu as encore une chance ? Et quand ils agonisaient, je posais toujours la même question : « Alors, ça fait quoi d’être en train de mourir ? » Je relançais avec des « C’est-à-dire ? » » (p. 337)

 Glaçant...

 

Premières phrases :

 

 « Qu’est-ce que tu es prête à faire pour participer à cette aventure ?

Je suis prête à tout.

C’est-à-dire ?

La jolie jeune fille qui est assise en face de moi se lève avec un grand sourire aux lèvres. Elle passe derrière la caméra, que j’ai à peine le temps de faire pivoter sur son trépied, et m’embrasse sur la bouche. Devant l’objectif, bien sûr. Avec la langue, ça va de soi. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : L’avocat du diable

 

La tentation d’une île, Derrière les caméras de la téléréalité, Philippe Bartherotte, Editions Jacob-Duvernet, 2008, 20 euros

 

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Déception et abandon du mois de juillet

Publié le par Hélène

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A chacun sa mort de Ross MACDONALD


Pitch :

Dans une maison décrépite de Santa Monica, une veuve glisse dans la main de Lew Archer 50 dollars pour qu’il retrouve sa fille Galatea, disparue depuis Noël. Ça n’est pas cher payé et les indices sont minces, mais une photo de la séduisante jeune femme achève de convaincre le détective. Galatea semble en danger : elle a été vue pour la dernière fois en compagnie d’un malfrat notoire. Des quartiers pauvres de San Francisco aux villas de Palm Springs, dans un monde gouverné par les commerces illicites, les cadavres s’accumulent et la ravissante disparue mène un jeu des plus troubles. Pour arriver à ses fins, Lew Archer devra se mêler à la pègre et admettre que les visages d’anges dissimulent parfois les âmes les plus sombres.


Mon avis :

Une fois n'est pas coutume, j'ai abandonné Lew Archer en cours de route : trop de gangsters, trop de personnages, trop d'action, au détriment de l'intrigue. J'avais déjà reproché au précédent opus ce trop plein d'action, mais l'ensemble était encore équilibré, mais cette fois-ci impossible de me passionner pour les aventures de ce cher détective qui ne fait que rencontrer des types peu recommandables, il se fait assommer, provoquer, poursuivre... Trop c'est trop...

 


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Thoreau : la vie sublime de Maximilien LE ROY et A. DAN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

Les auteurs :

 http://adanzeblog.blogspot.fr/

http://maximilienleroy.fr/

 L’histoire :

Mars 1845. Henri David Thoreau, lassé des grandes villes et d'une société trop rigoriste pour le laisser pratiquer l'enseignement tel qu'il l'entend, le poète philosophe choisit de revenir à une vie simple, proche de la nature, dans son village natal. C'est dans ce cadre qu'il écrit les essais qui feront de lui une des figures marquantes du XIXe siècle américain, dont les idées trouvent plus que jamais un écho aujourd’hui. (Source : Babélio)

 

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Ce que j’ai aimé :

 Ce bel album permet de découvrir un homme marquant , rebelle, père de la désobéissance civile. Un homme pour qui il était inconcevable de supporter les lois esclavagistes allant à l'encontre de ses principes humanistes :

"Qu'importe une loi qui protège vos biens et qui préserve votre âme et votre corps, si elle ne vous maintient pas dans les rangs du genre humain !" (p. 55)

Thoreau était un homme profondément humain, curieux des autres, respecteux de leur culture et de leurs idées, pleinement conscient de ce que peut apporter l'enrichissement mutuel. 

Le Thoreau plus connu, celui du Walden, apparaît également en ces pages, adepte de la vie simple en harmonie avec la nature :

"Ce qu'il me faut, c'est vivre abondamment, sucer toute la moelle de la vie, vivre assez résolument, assez en spartiate, pour mettre en déroute tout de ce qui n'était pas la vie... J'ai dans ma façon de vivre au moins cet avantage sur les gens obligés de chercher leur amusement au dehors, dans la société et le théâtre... que ma vie elle-même est devenue mon amusement et jamais ne cesse d'être nouvelle." (p. 15)

"Je vous l'ai déjà dit : vouloir être connu, c'est tomber plus bas que terre. On voudra vous corrompre, vous récupérérer, exploiter votre nom... La presse bavera dans ses colonnes, et tout ça sans jamais comprendre vos mots comme il faut. Le succés est une infortune, soyez-en sûr." (p. 39)

 vie-sublime-2.jpg

Maximilien Le Roy et A. Dan nous offre donc le portrait vivant d'un homme engagé dans son siècle, et l'avant-propos rédigé par Maximilien Le Roy et l'interview de fin d'album de Michel Granger, professeur spécialiste du XIXème siècle nous en apprennent beaucoup sur cet homme dont le nom est connu, mais dont les idées le sont moins.  

Ce que j’ai moins aimé :

 Les dessins sont un peu trop classiques à mon goût, j’aurais aimé plus de poésie, plus de beauté en harmonie avec la nature, les paysages ne m'ont pas touchée. 

La trame narrative reste relativement décousue, les scènes s'enchaînent mais il leur manque un petit supplément d'âme qui leur aurait donné consistance et sens. 

D’autres avis :

Babélio

 Thoreau : la vie sublime, M. LE ROY et A. DAN, Le lombard, 2012, 88 p., 20.50 euros

 

 BD Mango bleu

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Zalbac Brothers de Karel de LA RENAUDIERE

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 

38 ans. Génération bulle internet. Poursuivre les rêves construits par toutes ses lectures d'enfant et d'adolescent, l'a conduit dans l'audiovisuel aux côtés de Jean-Edern Hallier. Devenu entrepreneur dans la technologie, son succès lui a valu d'être débauché par une grande banque internationale où il a fait une ascension digne d'un de ses personnages. Par ce thriller, il paie sa dette à l'univers romanesque qui l'a formé et l'a fait directeur.

 

L’histoire :

New York, une très secrète banque d’affaires.

Un jeune français venu de nulle part.

Une héritière qui hésite sur son destin.

L’histoire d’une ascension et d’une chute.

Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d’une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

 

Mon avis :

 "Thriller captivant" ? Point de frisson, de peur ressentie, donc, non. "Fascinant" ? Non, ridicule. L'intrigue est loin d’être haletante - à moins de s'intéresser de près à l'idylle entre la jeune héritière et le jeune banquier : vont-ils se retrouver malgré leurs différences et les difficultés rencontrées, une question au suspens haletant effectivement... 

Dans la grande tradition de John Grisham ? Non. Plus dans la tradition des romans sentimentaux avec en toile de fond le monde financier. 

La construction est plus qu'élémentaire avec notamment des chapitres très courts, deux ou trois pages maximum, comme si l’auteur prenait ses lecteurs pour des personnes à la capacité de concentration réduite...

Les connaissances de l’auteur du monde de la finance sont trop ouvertement exploitées, comme si en bon élève il répétait bien sagement sa leçon, en faisant toutefois attention à simplifier les transactions pour ne pas perdre le crétin de lecteur.

Les personnages restent stéréotypés : golden boys désincarnés "maigre et dégingandé" (p. 14), geek maladroit en public, parvenu prêt à tout pour arriver, tous dotés d'une psychologie plus qu'élémentaire... Ils sont peu crédible, comme cette jeune héritière qui se rend à un rendez-vous d'affaires nue sous une robe beaucoup trop courte.

Les situations sont tout aussi formatées : le coup de foudre entre deux personnages qui ne devraient pas s'aimer, les quiproquos, l'attirance irrrréééésistible, les adjuvants, le jeune orphelin au père mystérieux - mais qui peut bien être son père ? se demandent les lecteurs qui aiment les chapitres de deux pages, les autres ayant deviné dés les premières pages - ... La fin en forme d’happy end est plus qu'attendue.

En conclusion, s'il se laisse lire -parce que des chapitres de deux pages, c'est encore à ma portée...- ce roman n'est pas d'un grand intérêt... 

 

Premières phrases :

« La limousine avance au pas, le long de Park Avenue rendue déserte par le froid et la neige. Soufflés par les bourrasques, les flocons volent au-dessus de Manhattan. Jean Demester colle sa tête au pare-brise. Les mains agrippées au volant, il s’énerve. Une soirée sans clients, c’est une soirée sans pourboires. »

 

Vous aimerez aussi :

 La firme de John GRISHAM

 

D’autres avis :

 Babélio

 

Zalbac Brothers, Karel de la Renaudière, Albin Michel, juin 2013, 322 p., 20 euros

 

Lu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio

 

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La trilogie du Minnesota. 3. Corbeaux de Vidar SUNDSTOL

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Le dernier tome de la trilogie

 

 L’auteur :

 

Né en 1963, Vidar Sundstøl est originaire de Drangedal, dans le Telemark. Il a vécu entre la Norvège, les Etats-Unis et l'Egypte, avant de se consacrer à l'écriture. Les corbeaux est le dernier volet de la trilogie du Minnesota.

 

L’histoire :

 

L’hiver, la neige, le froid. Lance Hansen est dans un motel non loin de la frontière canadienne. Sa famille et ses amis le croient en voyage en Norvège, le pays de ses ancêtres qui l’obsède tant, mais il se terre, cherche à se faire oublier, craint son frère depuis leur partie de chasse qui a mal tourné.
Lorsqu’enfin il sort  de sa torpeur et de sa tanière, le vieil Ojibwa Willy Dupree lui donne la clef du chemin des rêves. Swamper Caribou hante dès lors son sommeil troublé et le mène vers le véritable meurtrier. Mais encore faut-il savoir comprendre la voix des anciens et accepter de regarder vers l’avenir… 

 

Ce que j’en ai pensé :

 

J’ai retrouvé l’engouement éprouvé à la lecture du 1er tome : une intrigue bien menée, une histoire familiale dense et un passé lié aux indiens et à leurs croyances passionnant. Parmi les croyances des indiens ancêtres de Lance, celle du mythe des Rêves, et de leur importance dans la construction de l'individu : Lance ne rêve plus et aimerait connaître la signification de l'apparition de son ancêtre Swamper Caribou qui semble vouloir lui délivrer un message venu de l'au-delà. Il lui faudra recourir au savoir-faire des anciens pour enfin se libérer de ces visions. Lance est également confronté à des Indiens de chair et de sang, bien réels, et aux problèmes de drogue qui sévissent dans les réserves indiennes.  

Lance continue à s'interroger sur sa famille, en se centrant cette fois-ci sur sa jeune nièce, et son difficile passage dans l'âge interlope de l'adolescence. L'amour filial et les liens forts tressés au fort de la famille sont au coeur du roman. 

Ainsi le roman s'axe davantage sur ces problématiques que sur l'intrigue policière à proprement parlé. Celle-ci aurait pu être plus travaillée à mon sens en termes de tension nerveuse, de suspens.

Pour conclure sur la trilogie, je dirais que le découpage en trois tomes manque de cohérence et que l'ensemble aurait mérité un effort accru sur la construction et le rythme. Il n'en reste pas moins que cette trilogie ne manque pas d'intérêt et aborde avec subtilité des questions complexes comme l'amour filial et l'histoire des indiens dans cette région des Etats-Unis.

Une trilogie atypique que je recommande. 

 

Premières phrases :

 

« Pris par les glaces, le lac Supérieur s’était transformé en un désert blanc et vide. A Duluth, la température restait en permanence à moins vingt degrés. Plus aucun navire ne passait sous le vieux pont mobile, ce qui d’habitude arrivait plusieurs fois par jour. Ainsi fermé toute la journée, l’acier, couvert de givre, scintillait sous le soleil bas de janvier. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  La trilogie du Minnesota 1. Terre des rêves de Vidar SUNDSTOL ; La trilogie du Minnesota 2. Seuls les morts ne rêvent pas de Vidar SUNDSTOL 

Autre :  Roman policier nordique

 

Corbeaux, Vidar SUNDSTOL, traduit du norvégien par Hélène HERVIEU et Eva SAUVEGRAIN, Grasset, 2013, 412 p., 22 euros 

 

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Petit éloge des vacances de Frédéric MARTINEZ

Publié le par Hélène

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♥ 

« Rien ne sert de partir quand on ne sait plus voir. » (p. 16)

 

L’auteur :

http://www.frederic-martinez.fr/

 

Présentation :

 

En vacances, il faut désapprendre les allées ratissées qu'empruntent nos vies au cordeau : le temps est nu. Le cri aigre des goélands, la rumeur stridente des cigales submergent la fureur des métropoles. L'air plus vif rompt les entraves que la routine a posées sur nos âmes. Le ciel se rapproche de nous. Nous voici libres. Tapis au creux du temps comme dans une combe, nous faisons le gros dos sous la lune et reprenons peu à peu possession de nos corps qu'ébrèchent les travaux et les jours. Loin du béton, dans cette vacance qui nous rend à nous-mêmes, quelque chose doit arriver. (Source : Myboox)

 

Mon avis :

La quatrième de couverture laisse espérer de belles réflexions philosophiques sur les vacances, le temps qui file dans nos vies nous laissant haletant face à un quotidien insignifiant qu'il faut rendre passionnant à l'heure des congés. Mais si effectivement quelques réflexions émaillent les anecdotes de Frédéric Martinez, elles sont trop rares pour offrir un véritable intérêt à ces courts récits.

Pourtant Frédéric Martinez est un écrivain qui soigne son style. Les mots sont pensés, pesés, les métaphores filées, la syntaxe calibrée. Ainsi les tableaux des belles inconnues ou des séjours au bord de mer sont poétiques.

 « Accepter les caprices du temps ; accepter l’imprévu ; le silence et les temps morts. Savoir s’ennuyer. Ces petits renoncements trament l’étoffe des vacances. » (p. 16)

 Mais les sujets choisis, souvent de belles jeunes femmes croisées dans la rue sur lesquelles l'auteur fantasme, sont rapidement lassants. L’ensemble est très inégal et ne décolle pas beaucoup : les anecdotes sont a priori issues de l’imagination de l’auteur, qui extrapole à partir d’une silhouette croisée des destins vacanciers, si bien que le manque de souffle, de vécu se fait rapidement sentir.

Le petit supplément d’âme qui aurait permis de donner de la profondeur aux propos nous échappe.

 

Premières phrases :

 

« - Où partez-vous ?

La question devient inévitable. Les marronniers jettent leur ombre sur les trottoirs, tamisent l’éclat brusque du ciel qui pleut sur les femmes. Vêtues de robes légères, chaussées de tongs ou de sandales, de spartiates ou d’espadrilles, elles déambulent dans les rues, fredonnent sur l’asphalte la chanson de l’été. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Claude Monet, une vie au fil de l'eau

 

D’autres avis :

 Cathulu 

 

Petit éloge des vacances, Frédéric Martinez, Folio 2 euros, mai 2013, 2 euros

 

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Ça m’agace de Jean-Louis FOURNIER

Publié le par Hélène

ca-m-agace.jpg

"Heureux parce qu'ils lisent un beau livre.

Heureux parce qu'ils adorent le bruit du vent.
Heureux parce qu'ils parlent et qu'ils écoutent les autres.
Heureux parce qu'ils entendent de la musique.
Heureux parce qu'ils ont fait un beau dessin ou réussi un bon plat. Heureux parce que leur parquet brille et leur voiture aussi.
Heureux parce que leur enfant a eu une bonne note à sa rédaction.
Heureux parce qu'ils ont écrit une belle phrase.
Heureux parce que la douleur s'éloigne.
On dit « bêtement heureux ».
C'est si bête d'être heureux. "

 

L’auteur :

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision.
Il est le fils du médecin Paul Léandre Emile Fournier (23 août 1911 à Avesnes-le-Comte - 4 mai 1954 à Arras) et de Marie-Thérèse Françoise Camille Delcourt (17 juillet 1916 à Saint-Pol-sur-Ternoise - 20 septembre 1998 à Arras), rédactrice.

Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d'Antivol, l'oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986). C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste: "Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non ?". Il adore Ionesco.

En 2008, Jean-Louis Fournier publia le roman Où on va, papa ? dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui a reçu le Prix Femina, a suscité un certain nombre de controverses, et a provoqué une réponse de la mère des deux garçons qui a créé un blog qui leur est dédié (http://mamanmathieuetthomas.monsite-orange.fr/index.html).
Depuis, il a écrit deux autres romans : Poète et Paysan en 2010 et Veuf en 2011.
Jean-Louis Fournier a écrit et joué au Théâtre du Rond-Point deux pièces inspirées de ses écrits, Tout enfant abandonné sera détruit, donnée en novembre 2011 et Mon dernier cheveu noir, donnée en novembre 2012. (Source : Babélio)

  

L’histoire :

 Le goût de vivre est une chose fragile. Un rien peut vous le faire passer. Il suffit d’une bestiole d’un centimètre qui doit peser un gramme, un moustique en l’occurrence, pour transformer une nuit en cauchemar. Mais ce n’est pas tout. Il y a le serveur vocal qui fait semblant de ne pas vous comprendre et n’a jamais un mot gentil ; le désespéré qui choisit de se faire déchiqueter par votre TGV et vous fait louper votre entretien d’embauche ; les campagnes de dépistage qui vous rappellent avec délicatesse que vous êtes biodégradable ; les routiers qui essaient de se doubler sur l’autoroute ; le palmarès des hôpitaux qui révèle que l’hôpital où vous allez vous faire opérer de la hanche a obtenu la plus mauvaise note ; les pigeons qui chient partout ; les imprimeurs qui impriment en tout petit ; les exclusions de votre contrat d’assurance ; les mites qui attaquent de préférence l’endroit le plus visible de votre pull en cachemire ; les ouvre-boîtes intégrés qui font gicler sur votre pantalon l’huile de vos sardines, et beaucoup d’autres choses dont l’auteur vous réserve la mauvaise surprise. Ça m’agace aurait pu n’être qu’un billet d’humeur. Bien pire, c’est un livre de mauvaise humeur. Parce que, tout ça, Fournier, ça l’agace. (Babélio)

 

Mon avis :

 Jean-Louis Fournier liste des situations de la vie quotidienne qui peuvent s'avérer agaçantes, en pointant notamment du doigt des progrès techniques aux revers humains désagréables comme par exemple le serveur vocal. Seulement, l'ensemble des idées est assez éculées, vues et revues, testées, validées par nos soins de consommateurs ou de voyageurs, bref d'humains du XXIème siècle. Il aurait fallu qu'à ces situations trop connues, l'auteur insuffle un tour comique ou poétique de façon à les illuminer d'un éclairage nouveau. Point du tout, les propos restent collés aux choses, le style est tout à fait basique, très peu de poésie s'immisce dans ces pages.

Un des rares points forts de ces nouvelles est la chute offerte, chute digne de ce nom, souvent décalée et drôle. Malheureusement, il n'y a qu'elle pour sauver le texte, et cela reste un peu trop faible à mon goût... 

Quelques bonnes trouvailles affleurent quelquefois : comme ces messages radiophoniques pour les campagnes de dépistage pour le cancer colorectal par exemple 

« Pour ne rien vous cacher, je m’en doutais un peu, c’est une tradition dans la famille. Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort, je crois que c’est héréditaire. » et de conclure « Vos messages, je me les mets dans le colorectal. »

Ou sur le principe de précaution « Est-ce que c’est vraiment prudent de vivre ? »

Malgré ces quelques éclaircies, l'ensemble reste décevant. Vous savez ce qui m’agace moi ? Les écrivains qui écrivent et publient pour ne rien dire !

 

Premières phrases :

 « Les musiciens du métro jouent faux, les désespérés se jettent sous mon TGV, le serveur vocal ne me dit pas un mot gentil, une mite a fait un trou dans mon pull, les croissants sont mauvais, les moustiques me piquent, ma voisine joue du karcher, l’humoriste ne me fait pas rire, les camions m’empêchent de doubler, les pigeons me chient sur la tête…

Ca m’agace. »

 

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Du même auteur :  Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER

Autre : les textes de Philippe Delerm

 

D’autres avis :

Cathulu

 

 Ca m'agace, Jean-Louis Fournier, Editions Anne Carrière, octobre 2012, 190 p.,  15 euros

 

 

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