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Compartiment n°6 de Rosa LIKSOM

Publié le par Hélène

                                     compartiment-n°6

  

 "Il y a des milliers et des milliers de vérités. Chacun a la sienne. J'ai maudit ce pays je ne sais combien de fois, mais je ne serai rien sans lui. Je l'aime." (p.112)

 

L'auteure :

 

Rosa Liksom est une écrivaine finlandaise née en 1958 dans un petit village situé près de Tornio en Laponie, sous le nom d’Anni Tylävaara. Liksom est un pseudonyme (signifiant « comme » en suédois). Rosa Liksom parcours l’Europe à partir de l’âge de 15 ans, commençant par la Scandinavie, la France, l’URSS où elle s’installe un temps. Serveuse dans des cafés pour « hippies-punk », dans les années 1980, Rosa Liksom profite des temps morts pour écrire des livres qui posent des questions : le refus du monde, l’exclusion sociale, l’espoir et l'amour dans un argot (celui des jeunes d’Helsinki) poétique. Son premier livre date de 1985 (Arrêt de nuit). Elle écrit surtout des nouvelles traduites dans une quinzaine de langues, mais elle a aussi publié un roman, Kreisland, non traduit en français. En parallèle à l’écriture, Rosa Liksom est également peintre. (Source : Babélio)

 

L'histoire :

 

En gare de Moscou, une jeune Finlandaise s’installe dans le train qui la mènera à travers la Sibérie, puis la Mongolie, jusqu’à la ville mythique d’Oulan-Bator. C’est avec Mitka qu’elle aurait dû réaliser son rêve, mais la voici seule dans ce compartiment n° 6, prête à traverser l’Union soviétique pour rallier les portes de l’Asie. Quelques instants avant le départ, un homme la rejoint et s’installe finalement face à elle. Vadim Nikolaïevitch Ivanov est une véritable brute qui s’épanche sur les pires détails de sa vie, sans jamais cesser de boire.


La jeune femme regarde défiler les paysages enneigés qui se répètent et se déclinent à l’infini. Alors que les villes ouvrières se succèdent, l’atmosphère du compartiment n° 6 s’alourdit à mesure que l’intimité disparaît. Les repas se partagent, de même que les angoisses et les violentes pulsions du grand Russe. Si la jeune femme se réfugie dans ses souvenirs pour ne pas céder à la peur, ces deux êtres que tout oppose rentreront à jamais changés de ce long voyage. (Source : éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

 

 

Le train brinquebale lentement à travers les paysages de la Russie, entraînant la jeune finlandaise vers le nord, vers la ville d'Outan-Bator. L'atmosphère se fait lente, comme suspendue entre deux décisions, entre deux amours, entre deux vies possibles. Le train est le symbole du passage, d'un temps et d'un monde à part, à l'orée du monde pour la jeune femme indécise. Les phrases sporadiques épousent les mouvements lancinants du train :

 

"Tout est en mouvement, la neige, l'eau, l'air, les arbres, les nuages, le vent, les villes, les villages, les gens et les pensées." (p. 158)

 

« La forêt jaillit, ce n'est plus Novossibirsk : une colline, une vallée, des broussailles. Le train se rue vers la toundra, vers l'inconnu, et Novossibirsk s'écroule au loin en un tas de pierres. Le train fonce dans la nature, gronde à travers le pays enneigé, désert. » (p. 93)

 

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Ce trajet est le prétexte de rencontres improbables possibles, comme cette confrontation avec l'homme qui partage le compartiment de la jeune femme, un alcoolique, désabusé, qui voit en la jeune fille fragile et discrète une oreille attentive. Le contraste est saississant entre ce russe, amoureux de la vodka, des prostituées, symbole du pays en déliquescence, et cette jeune femme diaphane, qui essaie de rester transparente et qui fuit dés qu'elle le peut pour découvrir les villes où le train fait des haltes. 

 

Rosa Liksom signe là un roman au charme nordique indéniable, cotonneux, typique des romans du nord...

 

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

 - L'action est réduite au minimum, il s'agit davantage d'un roman contemplatif. 

 

 

Premières phrases :

 

« Moscou se recroquevillait dans le froid sec d'un soir de mars, se protégeant du contacte du soleil couchant, rouge et glacé. La jeune femme monta dans le dernier wagon, en queue du train, chercha son compartiment, le n°6, et respira profondément. Il y avait quatre couchettes, dont les deux du haut étaient repliées, avec entre elles une petite table ornée d'une nappe blanche et d'un vase en plastique contenant un œillet en papier rose décoloré par le temps ; le porte-bagages, à la tête des lits, débordait de gros ballots noués à la va-vite. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le creux de l'oubli

Autre :  La nuit tombée de Antoine CHOPLIN

 

 

 

 

Compartiment n°6, Rosa Liksom, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, Gallimard Du monde entier, septembre 2013, 212 p., 19.50 euros

 

 

 

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Publié dans Littérature Europe

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Le vent dans les saules tome 1 Le bois sauvage de Michel PLESSIX d'après le roman de Kenneth GRAHAME

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

L'auteur :

Né en 1959 à Saint-Malo, Michel Plessix reste fidèle à sa région. Ses premiers   travaux sont des affiches de festnoz et une plaquette de communication sur les   nouvelles technologies pour la ville de Rennes. Il participe également à un   collectif sur l’histoire de la Bretagne pour le Crédit Agricole (1983). En 1984,   après sa collaboration au journal Frilouz, il publie Mark-Jones : pas de bananes   pour Miss Blanquette aux Éditions Souny avec Jean-Luc Hiettre. S’ensuit un   album, La Déesse aux yeux de jade, chez Milan en 1988 (réédité en 1993   aux Éditions Delcourt). Il collabore avec Dieter au scénario et Isabelle Rabarot   aux couleurs et le trio signe en 1989 les aventures en quatre volets de Julien Boisvert (Éditions Delcourt). Michel Plessix scénarise par   ailleurs la série Les Forell (Dargaud), dessinée par Bazile. En 1996,   il se lance dans l’adaptation du Vent dans les Saules, le roman de   Kenneth Grahame et c’est un succès. La série vend à plus de 200 000 exemplaires   et reçoit une dizaine de prix. En 2005, il lui compose une suite flamboyante : Le Vent dans les Sables.

(Source : Delcourt)

 

L'histoire :

Le printemps est enfin là, tout en couleurs et en saveurs. Taupe ne peut résister à son appel et abandonne ses tâches ménagères pour une promenade pastorale. Il rencontre Rat, et les deux nouveaux amis rendent visite au vaniteux Crapaud, spécialiste des lubies catastrophiques. Succulente adaptation d'un classique de la littérature anglaise, signé Kenneth Grahame. (Source : Delcourt)

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Mon avis :

Un album merveilleux pour une brillante adaptation !

Taupe préfère répondre à l'appel de la nature et aller fôlatrer dans les prés et au bord de la rivière que d'accomplir des tâches ménagères rébarbatives. C'est là qu'il fait la connaissance de Rat qu'il va accompagner au fil de l'eau et des pages dans ses pérégrinations. Tous deux vont s'abandonner à la beauté de ce lumineux jour de printemps. Mais en voulant rendre visite à Crapaud, ils traversent le bois sauvage qui leur réserve bien des surprises.

Beauté du jour, contemplation, mystère, amitié, tout est là. Et le lecteur entend alors lui aussi le vent vibrer dans les saules et part à l'aventure aux côtés des compères.

Les dessins mis en couleurs à l'aquarelles sont magnifiques, lumineux pour une promenade bucolique inoubliable !

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L'avis de Romain, 7 ans :

"J'ai aimé cette bd notamment quand Taupe et Rat rencontre la Loutre. L'histoire est bien parce qu'elle raconte un grand voyage. J'ai préféré le personnage de Rat parce qu' il a décidé de faire le voyage. Crapaud est drôle aussi. Les dessins sont beaux avec les étangs. Cela m'a donné envie de partir en voyage en bateau. "

 

Vous aimerez aussi :

https://www.editions-delcourt.fr/catalogue/bd/julien_boisvert_integrale_t_1_a_4 

 

Le vent dans les saules, Michel Plessix, Delcourt, novembre 2009, 9.40 euros

 

BD Mango bleu

 

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La confrérie des moines volants de Metin ARDITI

Publié le par Hélène

confrérie moines

♥ ♥

L’auteur :

 Né en 1945 à Ankara, Metin Arditi vit à Genève. Il préside l’Orchestre de la Suisse romande et la fondation Les Instruments de la Paix-Genève.
Son œuvre est publiée chez Actes Sud : Dernière lettre à Théo (2005), La pension Marguerite (2006 ; Babel n° 823), L’imprévisible (2006 ; Babel n° 910),Victoria-Hall (Babel n° 726), La fille des Louganis (2007 ; Babel n° 967), Loin des bras (2009 ; Babel n° 1068), Le Turquetto (2011, prix Jean-Giono, prix Page des libraires, prix Alberto-Benveniste, prix des libraires de Nancy) etPrince d'orchestre (2012). (Source : Actes Sud)

 L’histoire :

 1937. Le régime soviétique pille, vend et détruit les trésors de l’Eglise russe. Il ferme plus de mille monastères. Des centaines de milliers de prêtres et de moines sont exécutés. Les plus chanceux s’échappent, vivant cachés dans les forêts.

Voici l’histoire de Nikodime, qui, avec l’aide d’une poignée de moines-vagabonds, tente de sauver les plus beaux trésors de l’art sacré orthodoxe. Où l’on rencontrera un ancien trapéziste, un novice de vingt ans et quelques autres fous de Dieu. De l'avant-guerre à nos jours, de la Russie bolchévique à la Moscou des milliardaires et des galeries d’art, l’étourdissante histoire de quelques hommes de courage.
Et puis, bien sûr, il y a Irina. Elle fuit l'Enfer, traverse l'Europe, arrive à Paris, change d'identité... Elle est au cœur de cette lumineuse histoire de résistance et de rédemption. (Source  éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 La première partie du roman se déroule en 1937 lors des pillages massifs et radicaux orchstrés par le régime soviétique. Une à une les églises disparaissent en fumée, les moines et les prêtres sont exécutés. Un petit groupe d’entre eux parvient à s’échapper et à se cacher dans la forêt. Sous l’égide du prêtre NIkodime, ils vont s’organiser pour sauver les plus beaux trésors de l’art sacré orthodoxe. Ils vont alors former « la confrérie des moines volants ». Nikodime est un personnage tourmenté par le pêché, par la tentation, en raison d’un lourd passé mystérieux. Il va rencontrer au détour d’un chemin la jeune Irina et sa destinée en sera à jamais marquée.

Cette partie est passionnante, mettant en lumière un épisode peu connu de l’histoire soviétique, bel exemple de résistance incarnés par des personnages forts. Malheureusement la deuxième partie est beaucoup moins aboutie…

 Ce que j’ai moins aimé :

 La deuxième partie se situe dans les années 2000, Mathias est un jeune photographe, petit-fils de Nikodime, mais ignorant encore tout du passé de son grand-père.

Les chapitres sont aussi courts que dans la première partie, mais quand précédemment ils servaient une fluidité d’écriture, ils semblent être ici le signe d’un manque prégnent d’inspiration :

« Mathias appela Dol, tomba sur son répondeur et raccrocha. Il appela ensuite Helen, d’abord chez elle, où le téléphone sonna dans le vide, puis sur son portable. Elle décrocha de suite, fit : « Mathias, mon chéri, je te rappelle. », et raccrocha. Il resta une ou deux minutes assis, hébété, puis se décida à appeler Jason. Le numéro sonna occupé. Il essaya encore trois fois, toujours sans succés, puis finalement obtint une sonnerie espacée, mais personne ne décrocha. Il appela Dol à nouveau, sans succés, et décida d’aller au studio. » (p. 213)

Et ?

Cette deuxième partie est beaucoup plus brouillonne, Mathias  part sur le traces des trésors de son grand-père mais le rythme comma la quête s’avérent laborieux, lents et marqués par l’indécision. En sus de cette intrigue, l’auteur s’est cru obligé de rajouter une pseudo-intrigue amoureuse autour du délitement du couple et des rencontres passionnées que l’on peut faire, intrigue superficielle et artificielle. Les personnages sont nombreux, les intermédiaires également, l’ensemble est alambiqué.

Deux parties déconnectées l’une de l’autre, qui laissent une impression d’inachevé.

Premières phrases :

"-Ils sont tous morts !

Nikolaï, l'un des novices du monastère, tremblait tant qu'il pouvait. Son frère Serghey le regardait, tremblant lui aussi, l'air perdu.

- Qui est mort ?

La voix caverneuse de Nikodime acheva de pétrifier les deux garçons. déjà qu'ils n'arrivaient pas à retrouver leur souffle... C'était la première fois qu'ils se rendaient chez lui, et bien sûr ils s'étaient égarés."

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le Turquetto de Metin ARDITI

 D’autres avis :

 Libfly http://www.rentreelitteraire2013.com/?p=1938

 

La confrérie des moines volants, Metin Arditi, Grasset, 352 p., août 2013, 19 euros

rentrée littéraire2013 2

 

 

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Le chapeau de Mitterand de Antoine LAURAIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Prix relay des voyageurs 2012

« Le fait d'avoir un chapeau sur la tête vous confère une indéniable autorité sur ceux qui n'en ont pas. » (Tristan Bernard)

 

L'auteur :

http://antoinelaurain.blogspot.fr/

 

L'histoire :

Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, vient dîner en solitaire dans une brasserie pour se consoler de l'absence de sa femme et de son fils. Sa vie en tout point banale, étriquée même, bascule quand un illustre convive s'installe à la table voisine : François Mitterrand, venu déguster des huîtres en compagnie de deux amis. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français tout à fait moyen décide de s'approprier en souvenir. Or le célèbre feutre noir n'est pas un simple trophée : tel un talisman, il ne tarde pas à transformer le petit employé en véritable stratège au sein de son entreprise… Daniel aurait-il sans le savoir percé le mystère du pouvoir suprême ? (Source babélio)

 

Ce que j'ai aimé :

Le chapeau de Mitterand va voyager de tête en tête conférant à ceux qui le portent une aura particulière, remarquable et surtout motrice. Cette idée de départ originale est l'occasion d'un joli conte rondement mené par Antoine Laurain qui nous parle avec poésie des destins individuels modifiés par un détail infime et ridicule, et pourtant quelquefois lourd de conséquences dans la trajectoire d'une vie. L'être humain doit alors s'adapter au chemin élu,  conscient toutefois de ces autres vies parallèles laissées de côté.

« Avoir l'esprit assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon ce que le vent et les accidents de la fortune commandent. » (p.148)

Mais la force du roman n'est pas seulement dans son thème, il offre également une plongée dans les années Mitterand au travers la trajectoire de personnages très différents, un parfumeur de talent, une jeune femme de son temps, un banquier issu des milieux bourgeois de la capitale, et Daniel, un homme somme toute banal que le chapeau va aussi transformer.

« Le chantier titanesque du Grand Louvre avait permis la découverte de vestiges remontant au néolithique et depuis les premiers coups de pioche, c'était tout un Paris englouti qu'avaient retrouvé avec passion les archéologues. A qui devait-on tout cela ? A Mitterand bien sûr, avec ses grands travaux : l'Opéra Bastille, la pyramide du Louvre, l'Arche de la Défense. Mitterand savait marquer son temps, il savait s'inscrire dans l'Histoire, et dans le présent. Poser une pyramide en verre devant le Louvre, des colonnes à rayure dans le Palais-Royal, une arche au bout de la perspective de l'Arc de Triomphe, relevait d'une volonté parfaitement anti-conservatrice, iconoplaste. Limite punk. » (p. 147)

Le minitel cotoie Ardisson, les tubes comme "C'est la ouate" de Caroline Loeb, Ardisson, l'émission "Droit de réponse"...

Ce court roman se lit avec plaisir, le sourire aux lèvres, et soudainement, nous aussi nous sentons légers et dotés d'un pouvoir particulier, comme à l'orée du monde.

Une très belle découverte que je dois à la blogosphère qui en a très largement parlé et chanté les louanges.

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Ce que j'ai moins aimé :

   - Rien 

Premières phrases :

« Daniel Mercier monta les escaliers de la gare Saint Lazare à rebours de la foule. Des hommes et des femmes descendaient autour de lui, attachés-cases à la main et même valises pour certains. Ils avaient le front soucieux et la démarche rapide. »

 

D'autres avis :

sur Babélio http://www.babelio.com/livres/Laurain-Le-chapeau-de-Mitterrand/333999/critiques

 

Le chapeau de Mitterand, Anttoine Laurain, J'ai lu, mars 2013, 6.50 euros

 

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Le restaurant de l’amour retrouvé par OGAWA Ito

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« La magie est un spectacle impromptu. » (p. 149)

L’auteur :

Née en 1973, Ogawa Ito est l’auteur de livres pour enfants et écrit des chansons pour le groupe de musique Fairlife. Le Restaurant de l’amour retrouvé, son premier roman, est un bestseller au Japon et a été adapté au cinéma en 2010 par la réalisatrice Mai Tominaga.

http://www.nipponcinema.com/trailers/shokudo-katatsumuri-teaser

 L’histoire :

 Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.

 Ce que j’ai aimé :

 L'histoire de Rinco est très simple, comme un retour aux sources bénéfique et rédempteur, après le choc de la désertion de celui qui partageait sa vie. Là elle va retrouver sa mère, une mère mal aimée, parce qu’au fond mal connue par l’adolescente qu’elle était quand elle est partie du domicile familial. Elle va aussi concrétiser ses projets avec l’aide des fidèles de la première heure, notamment Kuma, celui qui a toujours été là pour elle. Elle va réapprendre à vivre dans la beauté de l’enfance enrichie de l’expérience de l’adulte, en s’émerveillant du monde qui l’entoure :

« Le simple fait de remettre sur ses pattes un cloporte coincé sur le dos était pour moi une joyeuse rencontre. La chaleur d’un œuf fraîchement pondu contre ma joue, une goutte d’eau plus belle qu’un diamant sur les feuilles mouillées de rosée, une dame voilée cueillie à l’orée d’un bouquet de bambous, son superbe capuchon pareil à un dessous de verre en dentelle flottant dans mon bol de soupe de miso… La moindre petite chose me donnait envie de déposer un baiser sur la joue du Bon Dieu. » (p. 70)

Ito Ogawa nous offre un récit poétique autour du goût et de la cuisine. Aux côtés de Rinco, même les lapins anorexiques retrouvent le goût de la vie et des carottes... Ses repas sont concoctés avec des produits locaux dont les habitants redécouvrent les saveurs sublimées par Rinco.

Un roman tout en émotion qui nous enjoint à savourer chaque bouchée de la vie avec déléctation...

 Ce que j’ai moins aimé :

Certaines scènes sont assez étranges, comme souvent dans la littérature japonaise, notamment les pages concernant le cochon et ce qu’il en advient.

Un certain déséquilibre se fait sentir dans la construction puisque le lecteur pense assister à l’éclosion du restaurant et à la renaissance par la cuisine de la jeune Rinco, jusqu’à ce que vers la fin du roman la mère de l’héroïne quasi absente jusqu’ici, refasse surface et tienne alors un rôle central. Alors qu’auparavant le rythme était lent, tout s’accélère soudain.

Ces points de détail n'enlèvent néanmoins rien au charme du roman...

Shiitake_Mushroom_Extract_Powder.jpg 

Premières phrases :

« Quand je suis rentrée à la maison après ma journée de travail au restaurant turc où j’ai un petit boulot, l’appartement était vide. Complètement vide. La télévision, la machine à laver et le frigo, jusqu’aux néons, aux rideaux et au paillasson, tout avait disparu. »

 Vous aimerez aussi :

Littérature Asie de l'Est

Mãn de Kim THÚY

 

Le restaurant de l’amour retrouvé, Ogawa Ito, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, Picquier, septembre 2013, 256 p., 19 euros

  

rentrée littéraire2013 2

 

Publié dans Littérature Asie

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Le produit de Kevin ORR

Publié le par Hélène

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L'auteur :


 

Né en 1981 à Paris.
Etudiant en Pratique du langage et des arts à l'EHESS.
Assistant mise en scène
Auteur de scénario
2003 : recueil de poésie aux éditions le Quartanier, Amine Imaël
Son blog, avec un work in progress

 

(Source : Sitaudis)

 

 

L’histoire :

 

Le narrateur, âgé d’une trentaine d’années, vit à Paris. Il vient de rompre avec sa compagne. Mais son obsession, c’est le Produit, ce satané Produit dont il est dépendant et qu’il voudrait absolument arrêter de consommer. Il s’efforce de penser à autre chose, mais sans cesse revient en lui la sensation de dépendance. Peut-être un changement d’air pourra-t-il l’aider ? Il décide de partir pour New York, chez un couple d’amis qui sont un peu ses parents adoptifs depuis l’enfance. Ceux-ci, inquiets de son état physique et mental, l’emmènent passer quelques jours à la campagne, au bord de l’Hudson. Bientôt, c’est le retour à New York, puis à Paris. Avec le même souci, et un seul espoir : se délivrer du Produit.

Le livre est le journal de bord de la souffrance créée par le manque, peu à peu compensée par l’écriture. La littérature prend alors une dimension cathartique, elle seule semble à même de sauver l’auteur, qui mène son récit dans une langue nerveuse, irritée, violente, presque syncopée parfois. On ne saura jamais ce qu’est le Produit. De sorte que ce premier roman devient celui de toutes les addictions.

 

Mon avis :

 

Le produit représente une addiction quelle qu’elle soit, de celle qui rende autre, qui aliène l’être humain et le rende esclave. Le narrateur a décidé de s’abstraire de cette addiction, et pour l’y aider, il écrit chaque jour, plusieurs fois par jour ses pensées, sa vie, son évolution par rapport au produit. L’ensemble ressemble donc à un carnet intime digne d’un adolescent, avec des considérations du même âge, notamment sexuelles. Des données passionnantes tirées d’un quotidien tout aussi compact :

 

«  Je me suis rendu compte qu’il pleuvait. J’ai décidé que je n’irai pas à l’école. C’était la première fois que j’allais faire ça. » (p. 23).


Pendant quelques pages, il semble que l’écriture se densifie, qu’enfin un véritable écrivain émerge de cet amas de platitudes sans intérêt, puis le style retourne au niveau o de la narration.

 

Une déception !

 

 

D'autres avis :

 

Libfly

 

Le produit, Kevin ORR, Seuil, août 2013, 17 euros

 

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Rentrée littéraire 2013

Publié le par Hélène

 

Voici quelques sélections pour faire votre choix dans cette rentrée littéraire

toujours très dense :

 

 

 

La sélection des adhérents de la Fnac  

 

La sélection des libraires de la Fnac

 

Coups de coeur Cultura

 

 

 

 

Télérama, leurs premiers coups de coeur 

 

L'express

 

 

 

Libfly On vous lit tout 

 

Le challenge de la rentrée littéraire chez Sophie

 

 

 

Chez moi vous trouverez :

 

 

Monde sans oiseaux de Karin SERRES

 

Le cœur par effraction par James MEEK

 

 

Et prochainement :


 

Le produit de Kevin ORR

 

Compartiment n°6 de Lisa LIKSOM

 

Le restaurant de l'amour retrouvé de Ito OGAWA

 

La confrérie des moines volants de Metin ARDITI

 

Faillir être flingué de Céline MINARD

 

La grâce des brigands de Véronique OVALDE

 

 

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Déception et abandon du mois d'août

Publié le par Hélène

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La fin du vandalisme de Tom DRURY

 


 

Pitch :


 

La Fin du vandalisme est le premier volume d'une trilogie qui raconte le comté de Grouse, dans le Midwest : ses fermes, ses chemins de terre, ses lacs, son marais Lapoint, son bois Martins, sa saison sèche suffocante, ses pluies automnales, ses pompiers, son conseil élu... Le couple formé par Dan, le shérif, et Louise, jeune femme lunaire, ironique, secrète, est au centre de cette fresque foisonnante de personnages, dont la construction et la tonalité ne sont pas sans rappeler le Winesburg-Ohio de Sherwood Anderson. Tom Drury entrelace ses fils narratifs avec une admirable sérénité et un sens de l humour extraordinaire, sans sarcasme ni cynisme, il invente un monde, un drôle de Midwest profondément original et follement attachant. (Source Babélio)


 

Mon avis :

 

Il ne se passe pas grand chose dans ces pages, seulement la vie comme elle va pour Dan, Louise et Tiny. Le rythme du roman épouse le quotidien lent et routinier des 70 -eh oui !- personnages, au point que le lecteur ne sait pas bien où il va. Et ne sait plus s'il a envie d'y aller surtout tant cette vie ressemble à celle qu'il connaît. L'auteur ne s'attarde pas sur les sentiments ou une quelconque introspection, il se contente de décrire la vie dans le comté de Grouse, dans le Midwest. Je ne suis pas tombée sous le charme de ces- tranches de vie...

 

 

D'autres avis :

 

fluctuat

 


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Monde sans oiseaux de Karin SERRES

Publié le par Hélène

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L’auteure :

http://karinserres.blogspot.fr/

 

L’histoire :

« Petite Boîte d’os » est la fille d’un pasteur d’une communauté vivant sur les bords d’un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d’algues et d’herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche. Elle découvre l’amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le « Déluge », enveloppé d’une légende troublante qui le fait passer pour cannibale. Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d’un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd’hui disparue. Le lac, d’apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village. Une histoire d’amour fou aussi poignante qu’envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fin d’un monde, puisque l’eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac…

 

Ce que j’ai aimé :

Karin Serres nous offre un court récit très étrange qui nous plonge dans un univers onirique inquiétant : non seulement les oiseaux ont disparu, mais des cochons fluorescents nagent dans le lac au fond duquel reposent les cercueils des habitants morts du village. Un récit à l’orée du fantastique qui met en scène la jeune « petite Boîte d’Os », enfant, puis adolescente et enfin adulte, portée par l’amour inconditionnel du vieux Joseph. Un monde dur, difficile, dans lequel les catastrophes sont monnaie courante, comme une allégorie de la vie faite de bonheurs et de vicissitudes.

Et ?

 

Ce que j’ai moins aimé :

Je n’ai pas bien saisi où voulait en venir l’auteure, je n’ai trouvé son récit ni poétique, ni philosophique, et je ne pense pas qu’il m’en restera grand-chose à part cet univers tellement étrange qu’ il en devient dérangeant. Un univers auquel je n’ai pas du tout été sensible.

 

Premières phrases :

« Il paraît qu’autrefois certains animaux traversaient le ciel grâce à leurs ailes, de fins bras couverts de plumes qui battaient comme des éventails. Ils glissaient dans l’air, à plat ventre, sans tomber, et leurs cris étaient très variés. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : http://karinserres.blogspot.fr/

 

 

D'autres avis :

Jérôme ; Marilyne

 

 

Monde sans oiseaux, Karin Serres, Stock, août 2013, 112 p., 12.50 euros

 

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rentrée littéraire2013 2

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Vacarme dans la salle de bal de François VALLEJO

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« La danse, il faut bien penser où l'on mettra ses pieds » Blaise Pascal

 

L'auteur :

François Vallejo est un écrivain français auteur de sept romans, romans pour lesquelles il a obtenu plusieurs distinctions littéraires.

 

L'histoire :

« Nous pourrions nous ignorer, comme bien des voisins au monde, mais un petit rien établit un lien entre nous, un lien ténu et flou, intermittent, mais déjà plus lourd et plus douloureux à l’épiderme que des chaînes : dès que nous nous enfermons, lui dans sa taupinière, moi dans mon entresol, et que nous séparent seulement lui son plafond, moi mon parquet, ce petit rien entre nous, c’est son grand boucan. Ça barde tout de suite. Voici que du fond de la crypte sur laquelle je m’apprêtais à bâtir avec Célestine une cathédrale de paix vouée au recueillement voluptueux et à la musique de chambre, s’élève un sabbat de bal musette. »

Pour éviter de s’en faire un ennemi, le narrateur – médecin désabusé responsable de la santé de tous les marins du globe transitant par le port du Havre – a l’idée saugrenue de « quémander » le silence auprès de M. Émile afin d’écrire sa pseudo-thèse qui traite… du bal à travers les âges ! Mal lui en prend !

Anodin et loufoque, truffé de quiproquos, le récit aborde très subtilement les rives du « conflit » entre corps et esprit, entre l’un qui danse et l’autre qui ne fait que « penser » la danse, celles de la difficile communication entre les humains.

 

Ce que j'ai aimé :

Pour Monsieur Emile, la danse est tout. La musique, la joie procurée par le mouvement, la technique, la beauté des danseurs, cet ensemble calibré et harmonieux résume son monde. Et cela s'entend, pour le plus grand déplaisir de son voisin, le narrateu,r qui aimerait profiter de son nouvel appartement en silence et non pas en musique... Aussi ce médecin va-t-il prétendre avoir besoin de paix pour rédiger une thèse sur le bal à travers les âges. Mais sa paix sera de courte durée puisque Monsieur Emile sera ravi de rencontrer une personne qui estime sa passion au point de lui consacrer une thèse.

Les deux univers vont alors s'interpénétrer, mais les pages du roman ne nous mènent jamais là où on pensait aller allègrement, en maître absolu, François Vallejo mène résolument la danse, pour le plus grand plaisir de ses partenaires-lecteurs.

Roman jubilatoire, alerte, au rythme rapide, Vacarme dans la salle de danse lance des canaux de réflexion sur l'humain, sur les rapports entre les hommes, qu'ils soient voisins ou en couple, sur la curiosité des uns pour la vie des autres, sur la passion qui anime certains êtres, sur le mystère qui plane finalement sur les uns ou les autres dans une obscurité déroutante. Seul le partage d'une passion pourra peut-être en sauver certains...

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Ce que j'ai moins aimé :

M'en souviendrais-je dans un an ?

 

Premières phrases :

« Emménager dans un nouvel appartement, c'est comme venir au monde : parfois on tombe mal. Et impossible de se débarrasser du mal, à moins d'en crever ; ou de déménager une nouvelle fois, avec l'espoir de la résurrection. Grande affaire. »

 

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Du même auteur :  Les sœurs Brelan de François VALLEJO

 

D'autres avis :

Mango 

 

Vacarme dans la salle de bal, François Vallejo, Viviane Hamy, 1998, 160 p., 16.50 euros

 

 

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