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Le restaurant de l’amour retrouvé par OGAWA Ito

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« La magie est un spectacle impromptu. » (p. 149)

L’auteur :

Née en 1973, Ogawa Ito est l’auteur de livres pour enfants et écrit des chansons pour le groupe de musique Fairlife. Le Restaurant de l’amour retrouvé, son premier roman, est un bestseller au Japon et a été adapté au cinéma en 2010 par la réalisatrice Mai Tominaga.

http://www.nipponcinema.com/trailers/shokudo-katatsumuri-teaser

 L’histoire :

 Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.

 Ce que j’ai aimé :

 L'histoire de Rinco est très simple, comme un retour aux sources bénéfique et rédempteur, après le choc de la désertion de celui qui partageait sa vie. Là elle va retrouver sa mère, une mère mal aimée, parce qu’au fond mal connue par l’adolescente qu’elle était quand elle est partie du domicile familial. Elle va aussi concrétiser ses projets avec l’aide des fidèles de la première heure, notamment Kuma, celui qui a toujours été là pour elle. Elle va réapprendre à vivre dans la beauté de l’enfance enrichie de l’expérience de l’adulte, en s’émerveillant du monde qui l’entoure :

« Le simple fait de remettre sur ses pattes un cloporte coincé sur le dos était pour moi une joyeuse rencontre. La chaleur d’un œuf fraîchement pondu contre ma joue, une goutte d’eau plus belle qu’un diamant sur les feuilles mouillées de rosée, une dame voilée cueillie à l’orée d’un bouquet de bambous, son superbe capuchon pareil à un dessous de verre en dentelle flottant dans mon bol de soupe de miso… La moindre petite chose me donnait envie de déposer un baiser sur la joue du Bon Dieu. » (p. 70)

Ito Ogawa nous offre un récit poétique autour du goût et de la cuisine. Aux côtés de Rinco, même les lapins anorexiques retrouvent le goût de la vie et des carottes... Ses repas sont concoctés avec des produits locaux dont les habitants redécouvrent les saveurs sublimées par Rinco.

Un roman tout en émotion qui nous enjoint à savourer chaque bouchée de la vie avec déléctation...

 Ce que j’ai moins aimé :

Certaines scènes sont assez étranges, comme souvent dans la littérature japonaise, notamment les pages concernant le cochon et ce qu’il en advient.

Un certain déséquilibre se fait sentir dans la construction puisque le lecteur pense assister à l’éclosion du restaurant et à la renaissance par la cuisine de la jeune Rinco, jusqu’à ce que vers la fin du roman la mère de l’héroïne quasi absente jusqu’ici, refasse surface et tienne alors un rôle central. Alors qu’auparavant le rythme était lent, tout s’accélère soudain.

Ces points de détail n'enlèvent néanmoins rien au charme du roman...

Shiitake_Mushroom_Extract_Powder.jpg 

Premières phrases :

« Quand je suis rentrée à la maison après ma journée de travail au restaurant turc où j’ai un petit boulot, l’appartement était vide. Complètement vide. La télévision, la machine à laver et le frigo, jusqu’aux néons, aux rideaux et au paillasson, tout avait disparu. »

 Vous aimerez aussi :

Littérature Asie de l'Est

Mãn de Kim THÚY

 

Le restaurant de l’amour retrouvé, Ogawa Ito, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, Picquier, septembre 2013, 256 p., 19 euros

  

rentrée littéraire2013 2

 

Publié dans Littérature Asie

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Le produit de Kevin ORR

Publié le par Hélène

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L'auteur :


 

Né en 1981 à Paris.
Etudiant en Pratique du langage et des arts à l'EHESS.
Assistant mise en scène
Auteur de scénario
2003 : recueil de poésie aux éditions le Quartanier, Amine Imaël
Son blog, avec un work in progress

 

(Source : Sitaudis)

 

 

L’histoire :

 

Le narrateur, âgé d’une trentaine d’années, vit à Paris. Il vient de rompre avec sa compagne. Mais son obsession, c’est le Produit, ce satané Produit dont il est dépendant et qu’il voudrait absolument arrêter de consommer. Il s’efforce de penser à autre chose, mais sans cesse revient en lui la sensation de dépendance. Peut-être un changement d’air pourra-t-il l’aider ? Il décide de partir pour New York, chez un couple d’amis qui sont un peu ses parents adoptifs depuis l’enfance. Ceux-ci, inquiets de son état physique et mental, l’emmènent passer quelques jours à la campagne, au bord de l’Hudson. Bientôt, c’est le retour à New York, puis à Paris. Avec le même souci, et un seul espoir : se délivrer du Produit.

Le livre est le journal de bord de la souffrance créée par le manque, peu à peu compensée par l’écriture. La littérature prend alors une dimension cathartique, elle seule semble à même de sauver l’auteur, qui mène son récit dans une langue nerveuse, irritée, violente, presque syncopée parfois. On ne saura jamais ce qu’est le Produit. De sorte que ce premier roman devient celui de toutes les addictions.

 

Mon avis :

 

Le produit représente une addiction quelle qu’elle soit, de celle qui rende autre, qui aliène l’être humain et le rende esclave. Le narrateur a décidé de s’abstraire de cette addiction, et pour l’y aider, il écrit chaque jour, plusieurs fois par jour ses pensées, sa vie, son évolution par rapport au produit. L’ensemble ressemble donc à un carnet intime digne d’un adolescent, avec des considérations du même âge, notamment sexuelles. Des données passionnantes tirées d’un quotidien tout aussi compact :

 

«  Je me suis rendu compte qu’il pleuvait. J’ai décidé que je n’irai pas à l’école. C’était la première fois que j’allais faire ça. » (p. 23).


Pendant quelques pages, il semble que l’écriture se densifie, qu’enfin un véritable écrivain émerge de cet amas de platitudes sans intérêt, puis le style retourne au niveau o de la narration.

 

Une déception !

 

 

D'autres avis :

 

Libfly

 

Le produit, Kevin ORR, Seuil, août 2013, 17 euros

 

libfly

 

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Rentrée littéraire 2013

Publié le par Hélène

 

Voici quelques sélections pour faire votre choix dans cette rentrée littéraire

toujours très dense :

 

 

 

La sélection des adhérents de la Fnac  

 

La sélection des libraires de la Fnac

 

Coups de coeur Cultura

 

 

 

 

Télérama, leurs premiers coups de coeur 

 

L'express

 

 

 

Libfly On vous lit tout 

 

Le challenge de la rentrée littéraire chez Sophie

 

 

 

Chez moi vous trouverez :

 

 

Monde sans oiseaux de Karin SERRES

 

Le cœur par effraction par James MEEK

 

 

Et prochainement :


 

Le produit de Kevin ORR

 

Compartiment n°6 de Lisa LIKSOM

 

Le restaurant de l'amour retrouvé de Ito OGAWA

 

La confrérie des moines volants de Metin ARDITI

 

Faillir être flingué de Céline MINARD

 

La grâce des brigands de Véronique OVALDE

 

 

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Déception et abandon du mois d'août

Publié le par Hélène

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La fin du vandalisme de Tom DRURY

 


 

Pitch :


 

La Fin du vandalisme est le premier volume d'une trilogie qui raconte le comté de Grouse, dans le Midwest : ses fermes, ses chemins de terre, ses lacs, son marais Lapoint, son bois Martins, sa saison sèche suffocante, ses pluies automnales, ses pompiers, son conseil élu... Le couple formé par Dan, le shérif, et Louise, jeune femme lunaire, ironique, secrète, est au centre de cette fresque foisonnante de personnages, dont la construction et la tonalité ne sont pas sans rappeler le Winesburg-Ohio de Sherwood Anderson. Tom Drury entrelace ses fils narratifs avec une admirable sérénité et un sens de l humour extraordinaire, sans sarcasme ni cynisme, il invente un monde, un drôle de Midwest profondément original et follement attachant. (Source Babélio)


 

Mon avis :

 

Il ne se passe pas grand chose dans ces pages, seulement la vie comme elle va pour Dan, Louise et Tiny. Le rythme du roman épouse le quotidien lent et routinier des 70 -eh oui !- personnages, au point que le lecteur ne sait pas bien où il va. Et ne sait plus s'il a envie d'y aller surtout tant cette vie ressemble à celle qu'il connaît. L'auteur ne s'attarde pas sur les sentiments ou une quelconque introspection, il se contente de décrire la vie dans le comté de Grouse, dans le Midwest. Je ne suis pas tombée sous le charme de ces- tranches de vie...

 

 

D'autres avis :

 

fluctuat

 


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Monde sans oiseaux de Karin SERRES

Publié le par Hélène

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L’auteure :

http://karinserres.blogspot.fr/

 

L’histoire :

« Petite Boîte d’os » est la fille d’un pasteur d’une communauté vivant sur les bords d’un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d’algues et d’herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche. Elle découvre l’amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le « Déluge », enveloppé d’une légende troublante qui le fait passer pour cannibale. Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d’un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd’hui disparue. Le lac, d’apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village. Une histoire d’amour fou aussi poignante qu’envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fin d’un monde, puisque l’eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac…

 

Ce que j’ai aimé :

Karin Serres nous offre un court récit très étrange qui nous plonge dans un univers onirique inquiétant : non seulement les oiseaux ont disparu, mais des cochons fluorescents nagent dans le lac au fond duquel reposent les cercueils des habitants morts du village. Un récit à l’orée du fantastique qui met en scène la jeune « petite Boîte d’Os », enfant, puis adolescente et enfin adulte, portée par l’amour inconditionnel du vieux Joseph. Un monde dur, difficile, dans lequel les catastrophes sont monnaie courante, comme une allégorie de la vie faite de bonheurs et de vicissitudes.

Et ?

 

Ce que j’ai moins aimé :

Je n’ai pas bien saisi où voulait en venir l’auteure, je n’ai trouvé son récit ni poétique, ni philosophique, et je ne pense pas qu’il m’en restera grand-chose à part cet univers tellement étrange qu’ il en devient dérangeant. Un univers auquel je n’ai pas du tout été sensible.

 

Premières phrases :

« Il paraît qu’autrefois certains animaux traversaient le ciel grâce à leurs ailes, de fins bras couverts de plumes qui battaient comme des éventails. Ils glissaient dans l’air, à plat ventre, sans tomber, et leurs cris étaient très variés. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : http://karinserres.blogspot.fr/

 

 

D'autres avis :

Jérôme ; Marilyne

 

 

Monde sans oiseaux, Karin Serres, Stock, août 2013, 112 p., 12.50 euros

 

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rentrée littéraire2013 2

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Vacarme dans la salle de bal de François VALLEJO

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« La danse, il faut bien penser où l'on mettra ses pieds » Blaise Pascal

 

L'auteur :

François Vallejo est un écrivain français auteur de sept romans, romans pour lesquelles il a obtenu plusieurs distinctions littéraires.

 

L'histoire :

« Nous pourrions nous ignorer, comme bien des voisins au monde, mais un petit rien établit un lien entre nous, un lien ténu et flou, intermittent, mais déjà plus lourd et plus douloureux à l’épiderme que des chaînes : dès que nous nous enfermons, lui dans sa taupinière, moi dans mon entresol, et que nous séparent seulement lui son plafond, moi mon parquet, ce petit rien entre nous, c’est son grand boucan. Ça barde tout de suite. Voici que du fond de la crypte sur laquelle je m’apprêtais à bâtir avec Célestine une cathédrale de paix vouée au recueillement voluptueux et à la musique de chambre, s’élève un sabbat de bal musette. »

Pour éviter de s’en faire un ennemi, le narrateur – médecin désabusé responsable de la santé de tous les marins du globe transitant par le port du Havre – a l’idée saugrenue de « quémander » le silence auprès de M. Émile afin d’écrire sa pseudo-thèse qui traite… du bal à travers les âges ! Mal lui en prend !

Anodin et loufoque, truffé de quiproquos, le récit aborde très subtilement les rives du « conflit » entre corps et esprit, entre l’un qui danse et l’autre qui ne fait que « penser » la danse, celles de la difficile communication entre les humains.

 

Ce que j'ai aimé :

Pour Monsieur Emile, la danse est tout. La musique, la joie procurée par le mouvement, la technique, la beauté des danseurs, cet ensemble calibré et harmonieux résume son monde. Et cela s'entend, pour le plus grand déplaisir de son voisin, le narrateu,r qui aimerait profiter de son nouvel appartement en silence et non pas en musique... Aussi ce médecin va-t-il prétendre avoir besoin de paix pour rédiger une thèse sur le bal à travers les âges. Mais sa paix sera de courte durée puisque Monsieur Emile sera ravi de rencontrer une personne qui estime sa passion au point de lui consacrer une thèse.

Les deux univers vont alors s'interpénétrer, mais les pages du roman ne nous mènent jamais là où on pensait aller allègrement, en maître absolu, François Vallejo mène résolument la danse, pour le plus grand plaisir de ses partenaires-lecteurs.

Roman jubilatoire, alerte, au rythme rapide, Vacarme dans la salle de danse lance des canaux de réflexion sur l'humain, sur les rapports entre les hommes, qu'ils soient voisins ou en couple, sur la curiosité des uns pour la vie des autres, sur la passion qui anime certains êtres, sur le mystère qui plane finalement sur les uns ou les autres dans une obscurité déroutante. Seul le partage d'une passion pourra peut-être en sauver certains...

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Ce que j'ai moins aimé :

M'en souviendrais-je dans un an ?

 

Premières phrases :

« Emménager dans un nouvel appartement, c'est comme venir au monde : parfois on tombe mal. Et impossible de se débarrasser du mal, à moins d'en crever ; ou de déménager une nouvelle fois, avec l'espoir de la résurrection. Grande affaire. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Les sœurs Brelan de François VALLEJO

 

D'autres avis :

Mango 

 

Vacarme dans la salle de bal, François Vallejo, Viviane Hamy, 1998, 160 p., 16.50 euros

 

 

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Toxic blues de Ken BRUEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Une enquête de Jack Taylor, le plus déjanté des irlandais...

 

 L’auteur :

 Ken Bruen est né en 1951 à Galway. Après une carrière qui le mène en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud, il crée les inspecteurs Roberts & Brant, puis le privé Jack Taylor dont Toxic Blues est la deuxième enquête. Son style incisif et la férocité désarmante de ses personnages l'ont d'emblée placé parmi les meilleurs d'une génération en passe de renouveler le roman noir anglo-saxon.

 

L’histoire :

 

 Jack Taylor, l'ancien flic de Galway reconverti en privé dans un pays qui ne supporte pas cette profession, revient dans sa ville natale. A peine a-t-il le temps de retrouver ses marques, les dealers divers et les pubs gorgés de soiffards qu'il croise un chef tinker. Ces gens du voyage, sans être tsiganes, passent leur vie sur les routes d'Irlande. Tout le monde s'en méfie. Peu de gens les aident. Des jeunes hommes du clan, depuis quelques semaines, sont pourtant mutilés et tués sans que la police ne bouge. Quatre au total. Taylor, marginal à sa façon, le nez dans la poudre et la Guinness, accepte le marché. Nourri et logé en échange de son travail, il va, très loin des bars branchés du centre-ville, partir bille en tête affronter le chaos.

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Il s’agit ici du deuxième opus des aventures de Jack Taylor, après « Delirium tremens ». mais qui est Jack Taylor me demanderez-vous ? Un privé alcoolique, drogué, célibataire et ne refusant pas quelques femmes de passage dans son lit et dans sa vie, sentimental à ses heures, amoureux des bons livres (Pelecanos, Harry Crews, les références sont nombreuses au fil des pages) , de la bonne musique, fréquentant plus que de coutume les pubs enfumés aux côtés de ses amis, bref un irlandais atypique, sympathique malgré ses nombreux défauts. Un être imparfait, pas franchement malheureux, mais pas pleinement heureux non plus, trop conscient du monde dans lequel il évolue.

 Il revient ici dans la ville de son enfance, Galway, après un séjour londonien. Il se voit alors confier deux missions : trouver qui élimine les tinkers de la région, gens du voyage, et qui tue les cygnes du lac avoisinant. Deux missions qu’il va mener avec autant d’assiduité l’une que l’autre. Il va fréquenter alors des mondes interlopes pour faire la lumière sur cet univers bouleversé.

 Ce personnage atypique tient les rênes du roman, concentrant tout son intérêt, l’enquête demeurant en arrière-plan. Ses dialogues sont vifs et intelligents et les citations nombreuses qui émaillent le récit lui apporte profondeur et émulation intellectuelle...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Il est à noter que l’intrigue policière passe franchement au second plan, le premier plan étant largement consacré à Jack et à ses boires et déboires…


Premières phrases :

 « Dans le car qui me ramenait à Galway, The Boys Are Back In Town me trottait dans la tête, comme un scie. Un tube de Thin Lizzy, avec Gary Moore dans un de se solos d’enfer. J’avais assisté au dernier concert qu’ils avaient donné à Dublin. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Delirium tremens

Autre :  Triste flic de Hugo HAMILTON

 

D’autres avis :

 Yves http://lyvres.over-blog.com/article-35411794.html

Kathel http://lettres-expres.over-blog.com/article-20735093.html

 

Toxic blues, Une enquête de Jack Taylor, Ken Bruen, traduit de l’anglais (Irlande) par Catherine Cheval et Marie Ploux, Folio policier, 

 

Publié dans Roman policier Europe

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Super triste histoire d’amour de Gary SHTEYNGART

Publié le par Hélène

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  ♥  

 

L’auteur :

 

   Né en 1972, Gary Shteyngart a été désigné comme l'un des vingt meilleurs auteurs de sa génération par le New Yorker. Ses deux premiers romans, Absurdistan et Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes Russes, sont disponibles en Points. 

 

L’histoire :

 

Lenny Abramov vit dans un New York futuriste, image exagérée de notre époque mais qui lui ressemble étrangement : le monde entier est arrimé à son téléphone ultra-perfectionné, la publicité triomphe et la littérature est un art préhistorique que quelques inadaptés tentent de sauvegarder sans succès. Lenny fait partie de ceux-là. Il lit des "livres papier", croit encore aux relations humaines et commet la folie de tomber amoureux d’Eunice Park, jeune américaine d’origine coréenne. Cette Super Triste Histoire d’amour est une comédie romantique qui finit mal (Lenny et Eunice ne vieilliront pas ensemble) et qui dresse un portrait accablant de la "modernité". L'Amérique, au bord de l'effondrement économique, est menacée par ses créanciers chinois et une ambiance très Big Brother s’installe au quotidien. Cette satire mélancolique est surtout un roman à l’humour dévastateur.

Sans délaisser la fable politique, Shteyngart livre ici un texte plus personnel, un autoportrait à peine déguisé d’un homme en décalage avec son temps. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Gary Shteyngart nous entraîne dans un univers décalé, loufoque, au sein d'une sorte de roman d'anticipation se situant aux Etats-Unis, pays devenu un état policier glaçant. Ce changement d'époque lui permet de figurer une satire de la modernité avec au centre de l'intrigue un Lenny décalé et has been, face à un monde dans lequel il ne trouve plus sa place.

Les points de vue varient entre ceux de Lenny par le biais de son journal et les conversations d'Eunice avec ses amies sur le forum Globados. Cette formation en miroir des situations racontées sous deux formes différentes permet de mettre en valeur la solitude des êtres appelés bien souvent à se tromper sur leurs congénères, aveuglés par leurs égos. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Le style est assez vulgaire notamment dans les conversations entre Eunice et sa soeur :

"Quoi de neuf, pétasse ? Ta nigaude te manque ? Tu veux me lâcher la purée dessus ? MDR. J'suis grave dégoûtée de baiser avec des meufs. A prop', j'ai vu les photos du comité des anciens d'Elderbird où tu mets ta langue dans, hum !, l'oreille de Bryana." (p. 41)

De plus les personnage principaux sont peu sympathiques voire franchement antipathiques : Lenny est un vieux bedonnant amoureux d’une jeunette, et Eunice, une jeune femme perdue et vulgaire. Des êtres obsédés par le sexe et en perpétuel décalage entre ce qu'ils montrent d'eux-mêmes et ce qu'ils sont, des êtres égoïstes, se répétant sans cesse, pour le plus grand désarroi du lecteur. 

Une déception...


Premières phrases :

 

"Très cher journal,

Aujourd'hui, j'ai pris une grande décision : je ne mourrai jamais.

D'autres mourront autour de moi. Annihilés. Rien de leur personnalité ne substitera. Extinction des feux. Leur vie, leur entièreté, seront résumées sur le marbre poli de leur pierre tombale par des formules mensongères ("Son étoile brillait au firmament", "Nous ne t'oublierons jamais", "Il aimait le jazz"), lesquelles seront à leur tout balayées par un raz-de-marée ou mises en pièces par on ne sait quelle dinde de l'avenir génétiquement modifiée." 

 

D’autres avis :

L'express  ; Les inrocks ; France Info 

  Babélio 

 

Super triste histoire d’amour, Gary Shteyngart, traduit de l'anglais (EU) par Stéphane Roques, Points, 8 euros

 

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L’amoureux de Rébecca DAUTREMER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 PRIX SORCIÈRES 2004

 

L’auteur :

Rébecca Dautremer est née à Gap. Elle a suivi les cours de l'ENSAD de Paris, avant de devenir graphiste et illustratrice. En plus de l'édition, elle travaille pour la presse jeunesse. (Source : Ricochet jeunes)

 http://www.rebeccadautremer.com/index/accueil

 

L’histoire :

 

 Ernest n'arrête pas d'embêter Salomé. 

Il lui tire les cheveux, 
fait tomber ses lunettes exprès... 
La maman de Salomé dit que, peut-être, 
Ernest est amoureux d'elle. 

Mais ça veut dire quoi, amoureux ? 

Sur ce sujet, tous les copains 
de Salomé sont bien renseignés 
et chacun a son mot à dire :
amoureux, c'est..

(Source : Babélio)

 Ce que j’ai aimé :

 

Ce petit album palpitant est un trésor de poésie et d’humour, indispensable dans la bibliothèque des plus jeunes pour aborder le thème mystérieux –à tous âges- de l’amour.

 Salomé ne comprend pas pourquoi Ernest l’embête, et quand sa maman lui suggère qu’Ernest veut peut-être simplement devenir son amoureux, Salomé comprend encore moins. Qu’est-ce que c’est « être amoureux » ? La petite fille va mener son enquête :

 

« La petite Noé avait entendu parler du coude-foudre…

« Amoureux, c’est du feu !

Ça brûle ?

Comme un éclair !

C’est l’orage.

Il pleut alors ? »

Et Salomé s’est dit qu’il valait mieux avoir un parapluie pour être amoureux. »

 

Grâce à des jeux de mots, de l’humour, l’univers feutré et intrigué des enfants irradie les pages de cet album romantique

 

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Les dessins sont magnifiques, les personnages créés ressemblent à des pantins articulés qui prennent vie sous nos yeux et sous les mots enchanteurs de l’auteur. L’univers est féérique, tendre et cotonneux. 

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

Rien

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Histoires de princesses

Autre :  Jeunesse

 

L’amoureux, Rébecca Dautremer, Gautier Languereau, 12.59 euros

 

Publié dans Jeunesse Album

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Désolé nous avons raté la piste - Désolé votre hôtel a brûlé ! de Stephan ORTH et Antje BLINDA

Publié le par Hélène

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Les auteurs :


Stephan Orth est rédacteur voyage pour Spiegel Online depuis 2008. 

Il a étudié l'économie et la psychologie à l'Université de Wuppertal et est titulaire d'un master en journalisme de l'Université de technologie du Queensland à Brisbane, en Australie.

 

L’histoire :

 

Désolé nous avons raté la piste : Ce petit ouvrage est le résultat désopilant d'un appel lancé par un grand magazine à ses lecteurs pour qu'ils racontent leurs expériences en vol les plus cocasses et les plus délirantes. Voici près de deux cents morceaux choisis, qui pourraient bien vous donner envie d'apporter votre propre témoignage, ou vous faire passer l'envie de prendre l'avion... Notre petit avion n'a que deux hôtesses de l'air à son bord: l'une est très aimable, la seconde, d'une humeur chagrine. Il semble y avoir de l'orage dans l'air, quand le pilote nous fait cette annonce: "Le commandant et la moitié de l'équipage vous souhaitent un agréable vol !" Après l'atterrissage, un des membres du personnel navigant commente: "Mesdames, messieurs, nous venons de percuter Nantes. " Sur ce, le pilote prend la parole: " Oh, ça n'a pas été violent à ce point-là."


Désolé, votre hôtel a brûlé! : Combien de pauvres voyageurs tout juste arrivés en Inde se sont-ils fait accueillir en ces termes par des chauffeurs de taxi désireux de les aiguiller vers l'hôtel de leur choix ? Tout comme Désolé, nous avons raté la piste, ce petit ouvrage est le résultat d'une compilation d'expériences, celle des voyages les plus désastreux. Erreurs de destinations, hôtels introuvables, rencontre avec de faux policiers, quand les  vacances virent au cauchemar... Entre rire et larmes, ces témoignages nous disent qu'un vacancier averti en vaut deux ! "

 

Mon avis :

 

Désolé nous avons raté la piste est une compilation d'anecdotes cocasses qui se sont déroulées à bord d'un avion : consignes de sécurité hors norme ("Saississez-vous d'une hôtesse et plaquez-la bien fort sur le nez"), décollages agités, turbulences, problèmes techniques traités à la légère par l'équipage, hôtesse taquine qui s'écrie en plein vol "Mon Dieu, l'aile !", pilote fier d'annoncer qu'il s'agit là de son premier vol, etc... On apprendra ainsi que les pilotes sont rarement des pros de la comunication...

 

La rédaction du Spiegel Online a en effet appelé ses lecteurs à relater leurs pires et leurs plus amusants souvenirs à bord d'un avion.  Certaines anecdotes sont assez drôles mais l’ensemble est tout de même relativement lassant et assez inégal.

 

Dans Désolé, votre hôtel a brûlé, les mêmes lecteurs témoignent de leur expérience en terme de voyage à l'étranger.

 

" Ce que les croisiéristes veulent savoir

Le navire produit-il son électricité ? Non. Vous ne voyez pas la rallonge, derrrière ? (...)

Cette île est-elle totalement entourée d'eau ? Non, un côté est entouré de sable, mais tout est bien balisé." ( p.356)

"On pourrait passer beaucoup de temps à essayer de comprendre la signification des nombreux avertissements affichés dans l'hôtel. Les deux plus utiles que nous ayons trouvés disaient : ""Ne marchez pas sur un crocodile si vous êtes pieds nus"" et ""Piscine interdite aux enfants hideux""...

 

Les histoires de cockpit sont plus drôles que celles des hôtels, ces dernières tombant bien souvent à plat.

 

Des récits divertissants, mais loin d'être indispensables... Un peu comme les compilations de musique, cousues de chansons agréables indépendamment les unes des autres, mais qui mises bout à bout mènent les nerfs à vif... 

  

Premières phrases :

 

« Le temps des vacances n'est pas la plus belle période de l'année seulement pour les touristes : il en va de même pour les voleurs et les escrocs. Les touristes veulent laisser vagabonder leur âme, oublier les problèmes du quotidien et se montrent souvent incroyablement insouciants et crédules à l'excès. Le réveil, toujours désagréable, arrive quand le gentil monsieur qui s'est offert pour prendre une photo de famille prend au contraire la fuite avec votre appareil numérique flambant neuf. Ou quand les billets que vous venez de changer dans la rue se révèlent de la fausse monnaie. Mais bien des escrocs sont encore plus imaginatifs lorsqu'il s'agit de dérober à des touristes imprudents leur pécule de vacances.

Si l'on observe bien leur comportement, on identifie à temps les signes avant-coureurs et l'on peut souvent éviter le pire. Les correspondants de Spiegel Onlinenous font revivre les filouteries les plus désagréables – à travers le monde entier. »

 

 

D’autres avis :


http://www.lexpress.fr/culture/livre/desole-votre-hotel-a-brule_1147151.html

  

  Désolé, nous avons raté la piste ! et Désolé votre hôtel a brûlé, Stephan Orth et Antje Blinda, traduits de l'allemand par Agnès Boucher et par Denis-Arnand Canal, Editions France Loisirs, 2011, 20 euros




 

 

 

 

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