Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La trilogie du Minnesota. 3. Corbeaux de Vidar SUNDSTOL

Publié le par Hélène

                                  corbeaux.jpg

♥ ♥

Le dernier tome de la trilogie

 

 L’auteur :

 

Né en 1963, Vidar Sundstøl est originaire de Drangedal, dans le Telemark. Il a vécu entre la Norvège, les Etats-Unis et l'Egypte, avant de se consacrer à l'écriture. Les corbeaux est le dernier volet de la trilogie du Minnesota.

 

L’histoire :

 

L’hiver, la neige, le froid. Lance Hansen est dans un motel non loin de la frontière canadienne. Sa famille et ses amis le croient en voyage en Norvège, le pays de ses ancêtres qui l’obsède tant, mais il se terre, cherche à se faire oublier, craint son frère depuis leur partie de chasse qui a mal tourné.
Lorsqu’enfin il sort  de sa torpeur et de sa tanière, le vieil Ojibwa Willy Dupree lui donne la clef du chemin des rêves. Swamper Caribou hante dès lors son sommeil troublé et le mène vers le véritable meurtrier. Mais encore faut-il savoir comprendre la voix des anciens et accepter de regarder vers l’avenir… 

 

Ce que j’en ai pensé :

 

J’ai retrouvé l’engouement éprouvé à la lecture du 1er tome : une intrigue bien menée, une histoire familiale dense et un passé lié aux indiens et à leurs croyances passionnant. Parmi les croyances des indiens ancêtres de Lance, celle du mythe des Rêves, et de leur importance dans la construction de l'individu : Lance ne rêve plus et aimerait connaître la signification de l'apparition de son ancêtre Swamper Caribou qui semble vouloir lui délivrer un message venu de l'au-delà. Il lui faudra recourir au savoir-faire des anciens pour enfin se libérer de ces visions. Lance est également confronté à des Indiens de chair et de sang, bien réels, et aux problèmes de drogue qui sévissent dans les réserves indiennes.  

Lance continue à s'interroger sur sa famille, en se centrant cette fois-ci sur sa jeune nièce, et son difficile passage dans l'âge interlope de l'adolescence. L'amour filial et les liens forts tressés au fort de la famille sont au coeur du roman. 

Ainsi le roman s'axe davantage sur ces problématiques que sur l'intrigue policière à proprement parlé. Celle-ci aurait pu être plus travaillée à mon sens en termes de tension nerveuse, de suspens.

Pour conclure sur la trilogie, je dirais que le découpage en trois tomes manque de cohérence et que l'ensemble aurait mérité un effort accru sur la construction et le rythme. Il n'en reste pas moins que cette trilogie ne manque pas d'intérêt et aborde avec subtilité des questions complexes comme l'amour filial et l'histoire des indiens dans cette région des Etats-Unis.

Une trilogie atypique que je recommande. 

 

Premières phrases :

 

« Pris par les glaces, le lac Supérieur s’était transformé en un désert blanc et vide. A Duluth, la température restait en permanence à moins vingt degrés. Plus aucun navire ne passait sous le vieux pont mobile, ce qui d’habitude arrivait plusieurs fois par jour. Ainsi fermé toute la journée, l’acier, couvert de givre, scintillait sous le soleil bas de janvier. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  La trilogie du Minnesota 1. Terre des rêves de Vidar SUNDSTOL ; La trilogie du Minnesota 2. Seuls les morts ne rêvent pas de Vidar SUNDSTOL 

Autre :  Roman policier nordique

 

Corbeaux, Vidar SUNDSTOL, traduit du norvégien par Hélène HERVIEU et Eva SAUVEGRAIN, Grasset, 2013, 412 p., 22 euros 

 

Partager cet article
Repost0

Petit éloge des vacances de Frédéric MARTINEZ

Publié le par Hélène

petit-eloge-des-vacances.jpg

♥ 

« Rien ne sert de partir quand on ne sait plus voir. » (p. 16)

 

L’auteur :

http://www.frederic-martinez.fr/

 

Présentation :

 

En vacances, il faut désapprendre les allées ratissées qu'empruntent nos vies au cordeau : le temps est nu. Le cri aigre des goélands, la rumeur stridente des cigales submergent la fureur des métropoles. L'air plus vif rompt les entraves que la routine a posées sur nos âmes. Le ciel se rapproche de nous. Nous voici libres. Tapis au creux du temps comme dans une combe, nous faisons le gros dos sous la lune et reprenons peu à peu possession de nos corps qu'ébrèchent les travaux et les jours. Loin du béton, dans cette vacance qui nous rend à nous-mêmes, quelque chose doit arriver. (Source : Myboox)

 

Mon avis :

La quatrième de couverture laisse espérer de belles réflexions philosophiques sur les vacances, le temps qui file dans nos vies nous laissant haletant face à un quotidien insignifiant qu'il faut rendre passionnant à l'heure des congés. Mais si effectivement quelques réflexions émaillent les anecdotes de Frédéric Martinez, elles sont trop rares pour offrir un véritable intérêt à ces courts récits.

Pourtant Frédéric Martinez est un écrivain qui soigne son style. Les mots sont pensés, pesés, les métaphores filées, la syntaxe calibrée. Ainsi les tableaux des belles inconnues ou des séjours au bord de mer sont poétiques.

 « Accepter les caprices du temps ; accepter l’imprévu ; le silence et les temps morts. Savoir s’ennuyer. Ces petits renoncements trament l’étoffe des vacances. » (p. 16)

 Mais les sujets choisis, souvent de belles jeunes femmes croisées dans la rue sur lesquelles l'auteur fantasme, sont rapidement lassants. L’ensemble est très inégal et ne décolle pas beaucoup : les anecdotes sont a priori issues de l’imagination de l’auteur, qui extrapole à partir d’une silhouette croisée des destins vacanciers, si bien que le manque de souffle, de vécu se fait rapidement sentir.

Le petit supplément d’âme qui aurait permis de donner de la profondeur aux propos nous échappe.

 

Premières phrases :

 

« - Où partez-vous ?

La question devient inévitable. Les marronniers jettent leur ombre sur les trottoirs, tamisent l’éclat brusque du ciel qui pleut sur les femmes. Vêtues de robes légères, chaussées de tongs ou de sandales, de spartiates ou d’espadrilles, elles déambulent dans les rues, fredonnent sur l’asphalte la chanson de l’été. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Claude Monet, une vie au fil de l'eau

 

D’autres avis :

 Cathulu 

 

Petit éloge des vacances, Frédéric Martinez, Folio 2 euros, mai 2013, 2 euros

 

Partager cet article
Repost0

Ça m’agace de Jean-Louis FOURNIER

Publié le par Hélène

ca-m-agace.jpg

"Heureux parce qu'ils lisent un beau livre.

Heureux parce qu'ils adorent le bruit du vent.
Heureux parce qu'ils parlent et qu'ils écoutent les autres.
Heureux parce qu'ils entendent de la musique.
Heureux parce qu'ils ont fait un beau dessin ou réussi un bon plat. Heureux parce que leur parquet brille et leur voiture aussi.
Heureux parce que leur enfant a eu une bonne note à sa rédaction.
Heureux parce qu'ils ont écrit une belle phrase.
Heureux parce que la douleur s'éloigne.
On dit « bêtement heureux ».
C'est si bête d'être heureux. "

 

L’auteur :

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision.
Il est le fils du médecin Paul Léandre Emile Fournier (23 août 1911 à Avesnes-le-Comte - 4 mai 1954 à Arras) et de Marie-Thérèse Françoise Camille Delcourt (17 juillet 1916 à Saint-Pol-sur-Ternoise - 20 septembre 1998 à Arras), rédactrice.

Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d'Antivol, l'oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986). C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste: "Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non ?". Il adore Ionesco.

En 2008, Jean-Louis Fournier publia le roman Où on va, papa ? dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui a reçu le Prix Femina, a suscité un certain nombre de controverses, et a provoqué une réponse de la mère des deux garçons qui a créé un blog qui leur est dédié (http://mamanmathieuetthomas.monsite-orange.fr/index.html).
Depuis, il a écrit deux autres romans : Poète et Paysan en 2010 et Veuf en 2011.
Jean-Louis Fournier a écrit et joué au Théâtre du Rond-Point deux pièces inspirées de ses écrits, Tout enfant abandonné sera détruit, donnée en novembre 2011 et Mon dernier cheveu noir, donnée en novembre 2012. (Source : Babélio)

  

L’histoire :

 Le goût de vivre est une chose fragile. Un rien peut vous le faire passer. Il suffit d’une bestiole d’un centimètre qui doit peser un gramme, un moustique en l’occurrence, pour transformer une nuit en cauchemar. Mais ce n’est pas tout. Il y a le serveur vocal qui fait semblant de ne pas vous comprendre et n’a jamais un mot gentil ; le désespéré qui choisit de se faire déchiqueter par votre TGV et vous fait louper votre entretien d’embauche ; les campagnes de dépistage qui vous rappellent avec délicatesse que vous êtes biodégradable ; les routiers qui essaient de se doubler sur l’autoroute ; le palmarès des hôpitaux qui révèle que l’hôpital où vous allez vous faire opérer de la hanche a obtenu la plus mauvaise note ; les pigeons qui chient partout ; les imprimeurs qui impriment en tout petit ; les exclusions de votre contrat d’assurance ; les mites qui attaquent de préférence l’endroit le plus visible de votre pull en cachemire ; les ouvre-boîtes intégrés qui font gicler sur votre pantalon l’huile de vos sardines, et beaucoup d’autres choses dont l’auteur vous réserve la mauvaise surprise. Ça m’agace aurait pu n’être qu’un billet d’humeur. Bien pire, c’est un livre de mauvaise humeur. Parce que, tout ça, Fournier, ça l’agace. (Babélio)

 

Mon avis :

 Jean-Louis Fournier liste des situations de la vie quotidienne qui peuvent s'avérer agaçantes, en pointant notamment du doigt des progrès techniques aux revers humains désagréables comme par exemple le serveur vocal. Seulement, l'ensemble des idées est assez éculées, vues et revues, testées, validées par nos soins de consommateurs ou de voyageurs, bref d'humains du XXIème siècle. Il aurait fallu qu'à ces situations trop connues, l'auteur insuffle un tour comique ou poétique de façon à les illuminer d'un éclairage nouveau. Point du tout, les propos restent collés aux choses, le style est tout à fait basique, très peu de poésie s'immisce dans ces pages.

Un des rares points forts de ces nouvelles est la chute offerte, chute digne de ce nom, souvent décalée et drôle. Malheureusement, il n'y a qu'elle pour sauver le texte, et cela reste un peu trop faible à mon goût... 

Quelques bonnes trouvailles affleurent quelquefois : comme ces messages radiophoniques pour les campagnes de dépistage pour le cancer colorectal par exemple 

« Pour ne rien vous cacher, je m’en doutais un peu, c’est une tradition dans la famille. Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort, je crois que c’est héréditaire. » et de conclure « Vos messages, je me les mets dans le colorectal. »

Ou sur le principe de précaution « Est-ce que c’est vraiment prudent de vivre ? »

Malgré ces quelques éclaircies, l'ensemble reste décevant. Vous savez ce qui m’agace moi ? Les écrivains qui écrivent et publient pour ne rien dire !

 

Premières phrases :

 « Les musiciens du métro jouent faux, les désespérés se jettent sous mon TGV, le serveur vocal ne me dit pas un mot gentil, une mite a fait un trou dans mon pull, les croissants sont mauvais, les moustiques me piquent, ma voisine joue du karcher, l’humoriste ne me fait pas rire, les camions m’empêchent de doubler, les pigeons me chient sur la tête…

Ca m’agace. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER

Autre : les textes de Philippe Delerm

 

D’autres avis :

Cathulu

 

 Ca m'agace, Jean-Louis Fournier, Editions Anne Carrière, octobre 2012, 190 p.,  15 euros

 

 

Partager cet article
Repost0

Une ardente patience (Le facteur) d’Antonio SKARMETA

Publié le par Hélène

                    

                         

♥ ♥ ♥ ♥

L’auteur :

Écrivain et scénariste chilien.

Né en 1940 à Antofagasta (Chili), dans une famille d'origine dalmate, Esteban Antonio Skármeta Vranicic a été élevé par ses grands-parents, très pauvres. Il fait néanmoins des études universitaire, d'abord à Santiago, puis à l'université de Columbia (1964-1966), qu’il achève par un mémoire sur l'écrivain Julio Cortázar. En 1967, il publie un premier recueil de nouvelles El entusiasmo, puis un deuxième en 1969. Il doit s'exiler en 1973 à la suite du putsch du général Pinochet. Depuis, il a vécu aux États-Unis et en Europe, en particulier en Allemagne. Scénariste pour le cinéma et la télévision, il a enseigné à l'Institut du cinéma de Berlin.

De 2000 à 2003, Antonio Skármeta est ambassadeur du Chili en Allemagne. Il est surtout connu hors de son pays pour être à l'origine du film qui connut un succès mondial Le facteur (Il Postino), avec Philippe Noiret dans le rôle de Neruda et Massimo Troisi dans celui du facteur, une adaptation de son roman Une ardente patience. En France, sa notoriété a été confortée par l'obtention du prix Médicis du roman étranger pour La noce du poète (2001). En 2006, Antonio Skármeta a reçu le prestigieux prix Flaiano pour l'ensemble de soir œuvre. (Source : Bibliomonde)

 

L’histoire :

Dans son refuge de l'Ile Noire, Pablo Neruda est l'unique client du facteur Mario Jimenez. ces rapports se changent en amitié, et Mario Jimenez demande à Neruda de lui enseigner l'art de la poésie afin de conquérir l'amour de la fille de la patronne de l'auberge, la belle adolescente beatriz Gonzalez. Le poète l'aide, mais la mère de Beatriz, Mme Rosa, se méfie de la poésie, et son pragmatisme terre à terre s'oppose à la romance. Les amoureux gagnent : Allende aussi. celui-ci nomme Neruda ambassadeur à Paris. le roman suit la trajectoire ascendante de l'unité populaire jusqu'à la tragédie finale ; la mort du poète; du président et de la démocratie chilienne.

Le film du cinéaste anglais, Michael Radford, Le facteur, adapté du roman Une ardente patience, est un hommage à Pablo Neruda, rôle tenu par Philippe Noiret mais aussi au comédien Massimo Troisi, le Facteur, très populaire en Italie, mort en 1994.  

Ce que j’ai aimé :

 Parce qu'il aimerait séduire la belle Beatriz, Mario, facteur attitré de Pablo Neruda, va demander au célèbre poète de l'initier à la poésie et à la littérature. Car pour lui le pouvoir des mots est infini, et maîtriser l'art des métaphores est pour lui un gage de réussite dans sa conquête amoureuse."- Cela fait plusieur mois qu'un dénommé Mario Jimenez rôde autour de mon auberge. Ce monsieur s'est permis des insolences à l'égard de ma fille qui a à peine dix-sept ans.

- Que lui a-t-il dit ?

La veuve cracha entre ses dents :

- Des métaphores.

Le poète avala sa salive.

- Et alors ?

- Et alors, don Pablo, avec ses métaphores, il a rendu ma fille plus chaude qu'un radiateur.

- Mais, madame Rosa, nous sommes en hiver.

- Ma pauvre Béatriz se consume complètement pour ce facteur. Un homme dont le seul capital est constitué des champignons qu'il traîne entre ses doigts de pieds. Seulement, si ses pieds sont un bouillon de culture, sa bouche, elle , elle  est fraîche comme une laitue et entortillée comme une algue. Et le plus grave, don Pablo, c'est que les matéphores avec lesquelles il a séduit mon enfant, il les a copiées sans vergogne dans vos livres.

- Non !

- Si ! Il a commencé par parler innocemment d'un sourire qui était un papillon. Mais après, il lui a dit carrément que sa poitrine était un feu à deux flammes.

- Et cette image, il l'a employée de façon visuelle ou tactile ? s'enquit le poète.

- Tactile, répondit la veuve. Du coup, je lui ai interdit de sortir de la maison jusqu'à ce que monsieur Jimenez ait décampé. Vous trouverez peut-être ça cruel de la séquestrer ainsi, mais voyez vous-même ce poème que j'ai trouvé tout froissé au fond de son soutien-gorge.

- Au fond de son soutien-gorge ? Et il n'était pas roussi ?"

Antonio Skarmeta insiste sur le lien profond entre la poésie et les femmes, quelquefois muses comme Beatriz - du même nom que la muse de Dante - 

L'évocation de la Beatriz de Mario est prétexte à des pages érotiques particulièrement remarquables. 

Une toile de fond historique tapisse le récit : le roman s’ouvre en 1969, année qui voit l’avènement d’une république socialiste démocratique au Chili, avec l’élection de Salvador Allende, et se clôt peu après le 11 septembre 1973, date du coup d’État du général Pinochet.
Un hymne à l'amour et à la poésie à savourer ! 

  le-facteur.jpg

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

Premières phrases :

 « En janvier 1969, deux motifs, l’un trivial et l’autre heureux, amenèrent Mario Jimenez à changer d’emploi. Le premier fut son absence de goût pour les corvées de la pêche qui le tiraient du lit avant le lever du soleil et presque toujours au moment où il était en train de rêver d’amours audacieuses en compagnie d’héroïnes qui rivalisaient d’ardeur avec celles qu’il pouvait voir sur l’écran du cinéma de San Antonio. »

 Vous aimerez aussi :

 adaptation filmique,Le Facteur de Michael Radford

 D’autres avis :

 Marilyne

 

Une ardente patience (Le facteur), Antonio Skarmeta, traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero, Points, 5.50 euros

Partager cet article
Repost0

7 jours de Deon MEYER

Publié le par Hélène

7jours.png

♥ ♥

"La vie n'était jamais simple"

 

L'auteur :

http://www.deonmeyer.com/

L'histoire : 

Un mystérieux imprécateur menace, dans un mail délirant, d'abattre un policier par jour tant que le meurtrier de la belle avocate d'affaires Hanneke Sloet n'a pas été arrêté. Et s'empresse de joindre le geste à la parole. La police du Cap, prise de panique, charge Benny Griessel de rouvrir l'enquête, au repos depuis plus d'un mois. Pas d'indices, pas de mobile, pas de témoins, juste quelques photos où la victime posait nue, une forte pression venue du sommet de la hiérarchie, et un sniper insaisissable manifestement décidé à poursuivre sa mission. Fragilisé par la piètre opinion qu'il a de lui-même, déchiré entre le désastre de sa vie privée et son exceptionnelle conscience professionnelle, Griessel va devoir repartir de zéro. A l'arrière-plan se dessine bientôt un paysage urbain d'intérêts politiques et financiers, de compromission et de corruption, qui ouvre bien des perspectives et nous indique plus d'une fausse piste. Jusqu'au stupéfiant coup de théâtre final.

 

Ce que j’ai aimé :

L'enquête se livre sur deux fronts : d'une part arrêter un sniper fou qui menace de tirer chaque jour sur un nouveau policier tant que le meurtrier de Hanneke Sloet ne sera pas arrêté, et de l'autre reprendre l’enquête sur ledit meurtre jamais éclairci. Un contre la montre commence alors afin d'éviter une hécatombe policière... Le suspens grandit au fur et à mesure des heures qui s'égrennent.

Cette intrigue aux ressorts somme toute assez communs est densifiée grâce à la profondeur psychologique des personnages et notamment de Benny Griessel, ancien alcoolique qui entame son 227ème jour d'abstinence. Malheureusement pour lui, il tombe jour après jour amoureux d'une femme alcoolique elle-même qui replonge durant son enquête. Il devra la surveiller en parallèle de son enquête, tout en veillant également sur sa fille acoquinée avec un tatoué qui ne l'inspire guère... Il fait également le bilan sur l'échec de son précédent mariage, sans doute provoqué par les aléas d'un métier éprouvant :

« Le sang, et l’odeur, et les corps sans vie, sans défense, des enfants et des femmes et des personnes âgées, et la certitude qu’on pouvait faire subir ça à d’autres. La pression. La tension constante – le manque d’argent, les longues heures, les attentes des familles des victimes, et les chefs. Et les railleries du public et de la presse. » (p. 303)

 

Ce que j’ai moins aimé :

"7 jours" est plus classique, moins ambitieux que le précédent « A la trace », plus dans la veine de "13 heures".

Les incursions dans le monde de la finance n’apportent rien à l’intrigue d’autant plus que Benny lui-même n’y comprend rien.

Les allusions à l'histoire de l'Afrique du Sud restent trop sporadiques :

« Quand j’étais petit comme ça, mon père m’a emmené dehors un soir, il m’a montré la Lune. Il a dit « Benedict, des gens ont marché là-dessus. Pourquoi ? Parce qu’ils en avaient rêvé, nè. » Il a ajouté : « Tu dois aller dans ce monde, ukuphupha, avec un rêve. Et tu dois suivre ce rêve, jusqu’à ce que tu l’attrapes. » Ce matin, quand j’ai entendu toutes ces manigances, je me suis dit : « Qu’est-ce qui nous arrive ? Madida avait un rêve, Benny. Le grand Ukuphupha pour l’Afrique du Sud. Mais maintenant, on est en train d’oublier ce rêve. » Je suis resté assis là hier soir à regretter mon père, nè, il est mort en 2005, et je me suis dit : « Pourquoi, est-ce qu’on ne peut pas être « nous » à nouveau ? » Dans ce pays. Dans le monde entier. Parce qu’on est tous sur la même petite planète. » (p. 335)

Une petite déception...

 Premières phrases :

 « Quoi qu’il arrive, il voulait simplement ne pas passer pour un crétin total.

Le capitaine Benny Griessel portait des vêtements neufs trop chers pour lui. Il y avait un bouquet de fleurs sur le siège passager, ses mains crispées sur le volant étaient moites, et il aspirait de tout son être au pouvoir apaisant de l’alcool. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  13 heures  ; A la trace 

Autre :  Roman policier africain

 D’autres avis : 

L’express ; Télérama 

 

7 jours, Deon Meyer, Traduit de l’anglais par Estelle Roudet,  Seuil policiers, mai 2013, 496 p., 22 euros

Partager cet article
Repost0

Mais qui a tué Harry ? de Jack Trevor STORY

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥ ♥


 

L'auteur :

 

Jack Trevor Story (1917-1991) est un écrivain britannique extrêmement prolifique, qui publia des dizaines de romans sous psudonyme, touchant à divers genres. Il est le créateur de plusieurs séries policières populaires. Autodidacte, son oeuvre est marquée par la culture ouvrière et par les aléas de sa fortune personnelle, qu'il s'agisse de ses amours agitées ou de revers financiers. sa vie en dent de scie, sa désinvolture, son humour et son sens de l'empathie le rapprochent de son maître en écriture William Saroyan.

 

L’histoire :

 

 Alors qu’il vadrouille en forêt par un beau jour d’été, Abie, petit garçon de quatre ans, bute sur le corps d’un homme étendu au milieu des fougères et des rhododendrons, en ce charmant coin de campagne anglaise. Harry est mort, et son cadavre est bien encombrant pour les membres de la petite communauté qui peuple la lande de Sparrowswick. Plusieurs fois découvert, caché, enterré, exhumé au cours d’une même journée, le défunt déclenche une série de quiproquos, et sera le révélateur des turpitudes secrètes des villageois, qui tous ont de bonnes raisons de craindre d’être accusés de meurtre. Mais l’incident, cause de beaucoup d’angoisse, encouragera également le rapprochement de quelques êtres, les situations aigues stimulant semble-t-il sentiments et passions...

En quelques phrases percutantes, Jack Trevor Story excelle à croquer une série de portraits particulièrement savoureux : le capitaine Wiles, balourd et piètre chasseur, la jeune mère d’Abie, sexy et sans complexes, Sam Marlow, artiste raté mégalomane, Miss Graveley, vieille fille en mal d’amour, ou encore Mark Douglas, promoteur immobilier et séducteur invétéré.

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Ce cher  Harry, qui ne semble manquer à personne, va être enterré, déterré, réenterré dans une suite de gags burlesques servis par des dialogues enlevés.

Le rythme est rapide car les indécisions quant au sort de Harry fluctuent au fur et à mesure des pages et des rencontres : faut-il informer la police ? Le capitaine a-t-il tiré sur lui ou sur un hérisson ? Qu'a vu le petit Abie ? 

Les personnages sont bien campés, drôles et déjantés : un chasseur de papillons décalé, une jeune veuve ravie, un artiste peintre de talent encore méconnu, un capitaine indécis, un vagabond amateur de chaussures, un chasseur de femmes...

« Mark Douglas était un amateur de blondes. C'était aussi un amateur de brunes, de rousses, d'albinos, de négresses, de mulâtresses, de sémites, d'Asiatiques et de réceptionnistes d'hôtel. Mark Douglas était amateur de tout ce qui portait jupe et ne jouait pas de cornemuse. »

Si le sujet principal reste la mort d'Harry, pourtant nous ne sommes pas dans un roman policier. Harry méritait sa mort, personnage peu sympathique, il est clair pour tous qu'il est mieux là où la mort l'a envoyé. Ce prérequis permet de jouer sur un autre terrain, point d'enquête, le but va plutôt être de cacher ce cadavre un peu encombrant.

« - Quelle a été votre réaction ?

- Mal au cœur, dit Jennifer laconiquement. Vous avez vu sa moustache et ses cheveux crêpés ?

Sam hocha la tête en signe d’assentiment.

 - Seulement, dit-il, quand je l’ai vu il était mort.

Jennifer haussa les épaules.

 - Il était exactement pareil de son vivant, sauf qu’il était vertical. » (p. 81)

 

 Ce court roman jubilatoire a été adapté par Alfred Hitchcock en 1955.

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien


Première phrases :

 

 « Le petit garçon nommé Abie gravissait le chemin forestier qui menait à la lande de Sparrowswick. Son corps formait un angle aigu avec la pente raide et caillouteuse. Il serrait fermement une carabine à flèches sous son bras gauche. »

 

D’autres avis :

Sandrine Jérôme http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2013/04/mais-qui-tue-harry.html

 

Mais qui a tué Harry ? de Jack Trevor Story, traduit de l’anglais par Jean-Baptiste Rossi, Cambourakis, 2013, 9 euros

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Paradis avant liquidation de Julien BLANC-GRAS

Publié le par Hélène

paradis-avant-liquidation.jpg

♥ ♥

  "Il y a des pays en voie de développement et des espèces en voie de disparition. La république des Kiribati est un pays en voie de disparition." (p. 10)

 

L’auteur :

Né en 1976 à Gap, Julien Blanc-Gras est journaliste de profession et voyageur par vocation. Il a publié trois romans, "Gringoland" (lauréat en 2005 du festival du premier roman de Chambéry et "Talents à découvrir" des librairies Cultura), "Comment devenir un dieu vivant en 2008", une comédie apocalyptique, et en 2011, "Touriste" (plus de 10.000 exemplaires vendus, lauréat du Prix J. Bouquin et du Prix de l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon, nominé au Prix de Flore).

L’histoire :

  Récit de voyage aux Kiribati, pays d'Océanie menacé de disparition par le changement climatique.
« Il y a des pays en voie de développement et des espèces en voie de disparition. La république des Kiribati est un pays en voie de disparition. Perdu au milieu de l’océan Pacifique, ce petit paradis semble promis à l’engloutissement par le changement climatique.
J’ai organisé ma vie autour d’une ambition saugrenue, le quadrillage méthodique de la planète. Moteur : toujours voir un pays en plus. Ce qui se profile ici, c’est un pays en moins. Je dois m’y rendre avant qu’il ne soit rayé de la carte. »

  http://www.audiable.com/livre/?GCOI=84626100083860 

Ce que j’ai aimé :

L'écriture de Julien Blanc-Gras est d'une fluidité très agréable pour le lecteur. Il émaille son récit d'un humour flegmatique de bon aloi, bref à travers son récit transparaît une personnalité intéressante, profondément humaine. C'est un amoureux de ceux qu’il rencontre, il est en totale empathie avec eux.

Il nous conte ici son voyage dans les îles Kiribati, îles en voie de disparition, menacées d'engloutissement en raison des changements climatiques.

« J’espère que nous n’aurons pas à quitter notre pays, mais je reconnais le poids de l’évidence. Il n’y a pas assez de place pour tout le monde. La terre rétrécit. Nous n’avons pas de futur. » (p. 233)

Notre globe-trotteur part ainsi à la rencontre des habitants de cette île du bout du monde et va passer quelques temps à leurs côtés, pour des rencontres enrichissantes, des personnes souvent pauvres, mais au fond plus heureux que nous, occidentaux. La comparaison finale avec Los Angeles où « tout sonne faux » est d'autant plus parlante :

« Je suis dans le pays le plus riche du monde et les SDF pullulent. Aux Kiribati, qui figurent tout en bas du classement, chacun a un toit.

Ce qui m’amène à ce cliché entendu mille fois à propos des régions où la misère serait moins pénible au soleil.

La formule, souvent prononcée de loin, est exécrable quand elle oublie les ventres vides et la souffrance des vies trop courtes. Cela dit, il n’est pas insensé de dire que le niveau de joie émanant du quotidien aux Kiribati est supérieur à celui d’une grande ville occidentale modelée par l’insatisfaction et noyée sous les divertissements. » (p. 248)

Ce que j’ai moins aimé :

 L’impression que cet écrit ne restera pas dans les mémoires, quelquefois je lisais certains chapitres sans que rien ne vienne s'imprégner sur mon esprit, si bien que je devais relire les mêmes passages plusieurs fois. 

 Premières phrases :

 « Le bout du monde se cache plus loin que prévu. On m’avait appris que les antipodes se trouvaient aux alentours de la Nouvelle-Zélande et comme c’est exact, je m’étais empressé d’y croire. Arrivé à Auckland, j’ai tout de même dû emprunter deux avions supplémentaires avant d’apercevoir ma destination. Il faut croire que la géographie est une science mouvante. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Touriste

D’autres avis :

Initiales http://www.initiales.org/Paradis-avant-liquidation.html

 Paradis avant liquidation, Julien Blanc-Gras, Au diable Vauvert, 17 euros

Publié dans Récits de voyage

Partager cet article
Repost0

Lectures de l’été

Publié le par Hélène

  Voici les livres que je vous conseille pour cet été :

 

des romans qui allient aventure, dépaysement, personnages forts et attachants, intrigue prenante,

 

bref de ces livres qu'on ne lâche plus après les avoir ouverts :

 

 

 

 

amerique.jpg

 

 

 

Amérique :

 

Rick BASS Là où se trouvait la mer 

 

DUNCAN La vie selon Gus Orviston 

 

Armistead MAUPIN Chroniques de San francisco

 

MCMURTRY Lonesome dove

 

MOBERG La saga des émigrants

 

Jim FERGUS Mille femmes blanches 

 

Barbara KINGSOLVER L’arbre aux haricots ou un été prodigue 

 

VANDERHAEGHE La dernière traversée 

 

asie.jpg 

 

Asie :

 

José FRECHES Le disque de Jade 

 

Arthur GOLDEN Geisha 


Anjana APPACHANA L’année des secrets 


Sharon MAAS Noces indiennes 

 

afrique.jpg 

 

Afrique :

 

SCHOLES La reine des pluies 

 

histoire.gif 

 

Histoire :

 

Ken FOLLETT Les piliers de la terre 

 

Françoise CHANDERNAGOR La chambre du roi

 

MOURAD De la part de la princesse morte 

 

PECASSOU La belle chocolatière 

 

 

Isabel ALLENDE Fille du destin

 

 

Eclat-de-rire.jpg 

Délirant :

 

Mark CHILDRESS La tête dans le carton à chapeau 

 

DURELL Ma famille et autres animaux

 

 suspens.jpg

Suspens :

 

Wilkie COLLINS

 

Coups de coeur catégorie policiers

 

 Lectures-d-ete-selection-2011_w670_h372.jpg

Des sélections chez les autres :

 

Sélections BD chez Myboox 

Les conseils de l’académie Goncourt 

Les livres préférés de la rédaction de Télérama 

Le Monde  

France Info 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Déceptions et abandons du mois de juin

Publié le par Hélène

 demain-est-un-autre-jour.jpg

 

Demain est un autre jour de Lori Nelson Spielman

 

Pitch :

À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu'elle va hériter de l'empire de cosmétique familial. Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu'un vieux papier jauni et chiffonné : la liste des choses qu'elle voulait vivre, rédigée lorsqu'elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d'héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list... Mais la Brett d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec la jeune fille de l'époque, et ses rêves d'adultes sont bien différents. Enseigner ? Elle n'a aucune envie d'abandonner son salaire confortable pour batailler avec des enfants rebelles. Un bébé ? Cela fait longtemps qu'elle y a renoncé, et de toute façon Andrew, son petit ami avocat, n'en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant ? Les circonstances ne s'y prêtent guère. Tomber amoureuse ? C'est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que...

Menée tambour battant, cette comédie romantique sur les rêves de jeunesse, les illusions perdues et la possibilité de refaire sa vie se lit d'une traite. Publié en avant-première en France, le premier roman de Lori Nelson Spielman sera bientôt traduit dans plus de vingt-cinq langues.

 

Mon avis :

Plus qu’une comédie romantique, je la qualifierais de comédie pathétique tant l’auteur tire sur la corde des bons sentiments. Pour une lecture estivale, elle est un peu trop triste à mon goût, jouant sur les sentiments de la mort de sa mère, sur la culpabilité, les regrets, la vie ratée, stop stop, de l’air, de l’aventure, voilà ce que je veux l’été, pas des larmes et des regrets ! Aventure que Road Tripes aurait pu m'offrir : 

 

Road-tripes.jpg

Road tripes de Sébastien GENDRON

 

Le pitch :

« Aujourd’hui encore, je ne sais pas pourquoi je suis monté dans cette voiture. Sans doute parce qu’un autre que moi en avait décidé ainsi. Je sais juste que la portière s’est ouverte, la portière s’est refermée. Entre les deux, j’ai eu le temps de m’asseoir et de boucler ma ceinture. »

Quand deux paumés décident de jouer aux cow-boys sur des routes où les pompes à essence ont remplacé les Indiens, cela donne une course folle et déjantée entre Bordeaux et Montélimar, soient 4000 kilomètres en dents de scie à manger des sardines à l’huile et des gâteaux secs, à foutre le feu aux forêts et à vider un fusil pour secouer le décor… Un polar délirant signé Sébastien Gendron, dans la lignée de Donald Westlake, Joe R. Lansdale et Christopher Moore.

 

Mon avis :

Vous me connaissez, je suis une pro des cow-boys, qui n’ont aucun secret pour moi… Et vous savez que récemment je suis tombée en amour de Joe R. Lansdale. So, ce roman avait tout pour me plaire. Sauf que les cow-boys sont tout sauf sexys et débordants de testostérone, que celui qui a fait la comparaison avec Joe avait dû abuser de substances illicites, et que l’ensemble était plus plombant que délirant !

 

Alex est d’accord avec moi

Keisha aussi a été un peu déçue

 

 garcon-qui-n-existait-pas.jpg

Le garçon qui n’existait pas de Patrice Leconte

Pitch :

« Un jour, je traverserai la Manche à la nage, et ça leur clouera le bec à tous.” Voilà ce que je me suis dit un beau matin. Parce que, fatigué de n’être personne, j’ai envie de devenir quelqu’un, pour épater mes collègues de la banque où je travaille, mais surtout pour séduire Victoire, qui est la jeune femme la plus jolie que je connaisse. »

Le héros de Patrice Leconte possède le charme distrait et la poésie d’Antoine Doinel. Comme lui, il pense que les femmes sont magiques. Et comme lui, il va accomplir un exploit effarant pour gagner le cœur de l’une d’entre elles…

Une comédie sentimentale aussi cocasse que mélancolique.

 

Mon avis :

Cocasse ? Mélancolique ? Non ! Plutôt fade et sans grand intérêt, j’ai eu envie de donner des baffes au héros (anti-héros d’ailleurs) –oui je suis comme ça moi je donne des baffes à tous ceux qui ne ressemblent pas à des cow-boys. Franchement, ceux qui traversent la Manche à la nage… non !

 

Des avis contrastés chez Babélio 

 

Partager cet article
Repost0

Le marin américain de Karsten LUND

Publié le par Hélène

        

marin-americain.jpg

♥ ♥

Prix Gens de Mer 2009
Festival Étonnants Voyageurs

 

L’auteur :

 

 Karsten Lund est né en 1954. Parallèlement à son travail d’é­cri­vain, il est journaliste pour la chaîne de télévision danoise TV2. 

Le marin américain est son premier roman traduit en français. (Source : gaïa)

 

L’histoire :

 

 En l’an 1902, un trois-mâts fait naufrage au large de Skagen, à l’extrême nord du Danemark. Le seul survivant, un marin américain, aux cheveux et aux yeux noirs, est hébergé chez un jeune couple.

Le marin disparaît à l’aube, sans laisser de trace. Neuf mois plus tard naît un enfant qui ne ressemble pas aux autres. Tout au long de sa vie, Anthon sera surnommé Tonny, ou l’Américain, et devra supporter les rumeurs persistantes sur ses origines. Mais sa réussite en tant que patron-pêcheur de haute mer lui permettra de surmonter ce qui est un véritable handicap dans cette petite ville du nord, où chacun est blond et sait d’où il vient.

Un siècle plus tard, au cours duquel Skagen est passé d’un gros bourg de pêcheurs aux maisons basses à une ville riche de ses pêcheries industrielles et célèbre par les peintres qui s’y sont installés, un homme roule de nuit le long des dunes, dans le paysage lunaire, balayé par les sables. Il se sent investi d’un obscur devoir de réhabilitation et veut élucider le mystère qui plane sur les origines de son grand-père, ce secret qui pèse sur la famille depuis quatre générations.

Avec une douce ironie scandinave, Le marin américain raconte le destin d’hommes et de femmes ordinaires et remarquables, d’une époque révolue à la vie de nos jours, tout au nord du sauvage Jutland.

 Le marin américain est lauréat du Prix Gens de Mer 2009. (Source : Gaïa)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Un vieux phare veille sur le récit, balaie le paysage, il est le seul à tout savoir mais à ne rien dire. Car des secrets se terre au coeur du récit : secret de la naissance de Tonny, secret de la disparition du marin américain, secret que certains partagent et gardent jalousement pour ne pas créer d'étincelles. Le voile ne sera levé qu'à la toute fin du roman après la quête sans relâche du petit-fils de Anthon. Celui-ci revient en effet sur les lieux même où tout a débuté et il va enquêter à sa façon pour approfondir son histoire. Nous suivons donc ses pérégrinations, émaillées par des retours en arrière nous plongeant dans l'histoire passionnante de Ane et de Jens Peter.

 Le récit se situe dans la région sauvage du Jutland, région âpre où les hommes vivent de la pêche de génération en génération.  Les habitants sont des personnages forts et au coeur du roman se nichent des êtres qui s’aiment envers et contre tout. 

En toile de fond, de belles réflexions agrémentent le récit :

«Qu’en est-il alors de l’autodétermination de l’individu ? Où est la libre volonté ? dans les décisions anodines, sans danger. Dois-je peindre la porte en rouge ou en vert, acheter une Tuborg ou une Carlsberg. Dans les situations déterminantes et dangereuses, quelque chose d’autre, d eplus grand, décide. » (p. 404)

 Ce marin américain sait nous intriguer et nous envoûter...

skagen-2.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Un peu long.

 

Premières phrases :

 

« Ma famille est issue d’un naufrage dramatique, survenu par une nuit d’hiver il y a cent ans.

L’histoire me tient en éveil dans l’Audi A8 qui me porte vers le nord. La grosse voiture roule au régulateur de vitesse, museau levé, et éclaire la route sur cinq cent mètres. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les déferlantes de Claudie Gallay

 

D’autres avis :

Le point ; Dominique

 

Le marin américain, Karsten Lund, Gaïa, Roman traduit du danois par Inès Jorgensen,  mars 2009, 400 p., 24 euros

Le marin américain, Karsten Lund, Roman traduit du danois par Inès Jorgensen, Babel, janvier 2011, 9.70 euros

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0