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L'adieu au visage de David DENEUFGERMAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce texte est un roman-témoignage puissant qui plonge le lecteur au cœur de la première vague de la pandémie de COVID-19, en mars 2020, pendant le confinement en France. L'auteur a utilisé son propre carnet de bord tenu entre mars et mai 2020 pour nourrir son récit, ce qui lui confère une authenticité et une intensité notables. Durant cette période, il est à la fois psychiatre exerçant en hôpital et responsable d'une équipe mobile qui maraude pour s'occuper des personnes marginalisées et des sans-abri dans la ville confinée. Le texte suit le quotidien intense et déchirant de ce psychiatre qui partage son temps entre deux réalités extrêmes. 

Ce que j'ai aimé :

Ainsi l’auteur interroge sur la question de savoir ce qu'est le soin, ce que signifie prendre soin de l'autre, qu'il soit vivant ou mort : "L'adieu au visage" est l'écriture d'un tremblement dont l'angoisse aura été de prendre soin jusqu'au bout des humains dont il parle. En les masquant. En les protégeant." (note de l'auteur)

Il est avant tout l'écriture d'une résistance fragile et d'une lutte pour maintenir l'humanité et la dignité au milieu d'une urgence sanitaire déshumanisante. Il met en avant le conflit entre l'obéissance aux protocoles sanitaires et le refus de l'horreur qu'ils engendrent. 

Ce que j'ai moins aimé : 

Dés les premières pages le ton est donné, le narrateur doit laver le corps d'une dame décédée et accueillir la famille venue lui rendre sa dernière visite. Cela donne le ton, très réaliste et sombre de ce texte. L'auteur peint l'horreur des malades mourant seuls,  privés de la présence de leurs proches et de tout rituel d'adieu. Le titre même fait référence à l'impossibilité, pour les familles, de voir le visage de leurs défunts une dernière fois à cause des protocoles sanitaires. Parallèlement, il continue ses maraudes pour retrouver et protéger les sans-abri dans une ville devenue silencieuse et vide. Il met en lumière la détresse de cette population déjà vulnérable, devenue encore plus invisible et en danger durant le confinement. Il faut toutefois se sentir prêt pour replonger dans les heures sombres du covid... 

Bilan : 

Un  plaidoyer éprouvant en faveur de la mémoire et du soin à l'autre... 

Présentation de l'éditeur : Editions Marchialy

Sélection de novembre

Catégorie Non fiction

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La déroute de Emma PATTEE

Publié le par Hélène

À neuf mois de grossesse, Annie affronte le terrible séisme que les habitants de la région des Cascades à Portland redoutaient depuis des années. Elle a beau avoir suivi des cours de préparation aux catastrophes, lorsque le sol cesse enfin de trembler, une seule certitude s’impose : elle doit avancer. Pour rejoindre son mari à travers une ville ravagée, elle sera confrontée à la fragilité de notre humanité, mais aussi à ces gestes de solidarité qui tiennent bon même au cœur du chaos.

Si le roman s’appuie sur les codes du récit catastrophe pour capter immédiatement l’attention, il n’a malheureusement pas su me convaincre sur la durée. La mise en place est efficace, la tension monte de chapitre en chapitre, et l’on sent que l’autrice maîtrise l’art du suspense. Pourtant, malgré cette promesse initiale, l’ensemble déçoit.

Ce que j’ai moins aimé :

La montée en puissance de l’intrigue, bien que prenante, débouche sur une fin qui m’a paru étonnamment plate et peu aboutie. Toute l’énergie accumulée au fil des pages semble retomber d’un coup, sans offrir l’impact émotionnel ou narratif que j’espérais.

Autre point qui m’a déplu : les placements de marques et de restaurants à Portland. Les personnages listent ce qu’ils rêvent de manger après la catastrophe — “une tarte au citron de chez Banning”, “des beignets de chez Sesame Donuts”, “la salade de macaronis bien crémeuse d’Alibi”, etc., à croire que l'autrice touche des intérêts ! Et je ne parle pas d'Ikéa !

Bilan : 

En bref, un roman qui avait du potentiel et quelques bonnes idées, et aurait pu nous dérouter mais qui ne m’a pas vraiment convaincue.

Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel

Sélection de novembre 

Catégorie : Fiction 

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La librairie disparue de Evie WOODS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En 1921, Opaline, une jeune femme passionnée de littérature, fuit Londres et l'avenir tracé qui l'attend : un mariage arrangé qu’elle rejette catégoriquement. Elle s’installe à Dublin, où elle transforme une vieille boutique en une librairie unique en son genre, spécialisée dans les livres anciens et rares. Cette librairie devient son refuge, un lieu à la fois de paix et de rébellion contre la vie qu’on aurait voulu lui imposer.

Des années plus tard, Martha, une femme qui fuit son propre passé de violence conjugale, croise Henry, un jeune étudiant qui, en cherchant des informations sur une librairie disparue, tombe sur la mystérieuse histoire d'Opaline. Intriguée par l’énigme, Martha décide de l’aider à résoudre ce mystère.

Ce que j'ai aimé : 

L’histoire s’attache à sonder le pouvoir secret des livres et cette troublante faculté qu’aurait la vie de se laisser réécrire. Elle révèle, en filigrane, la manière dont le passé modèle silencieusement l’avenir en offrant deux beaux portraits de femmes en quête d’émancipation, chacune tentant d’arracher son destin aux ombres qui l’ont précédée. Toutes deux, selon leur propre élan, cherchent à reprendre possession de leur existence, et la librairie, à la fois refuge et creuset de métamorphoses, incarne cette reconquête.

L’un des aspects les plus envoûtants du récit réside dans cette librairie disparue qui, avec ses ouvrages anciens, semble devenir un théâtre où se matérialisent souvenirs, émotions et événements inexplicables. Les livres s’y révèlent bien plus que de simples volumes : ils sont des passages secrets, des foyers de révélations, des énigmes à déchiffrer, des mémoires ensevelies qui palpitent encore dans l’ombre.

Bilan :

Un roman poétique et envoûtant, parfait pour les amateurs de récits mêlant mystère, magie et réflexion sur la résilience et la rédemption.

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Publié dans Littérature Europe

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La maison aux 36 clés de Nadine Debertolis

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

La mère de Dimitri et Tessa  a décidé de se rendre dans la maison d'un grand-oncle décédé, l'oncle Eustache. À leur arrivée, les enfants découvrent que la maison est pleine de portes fermées et que l'oncle a laissé derrière lui un énorme trousseau contenant des clés et les invitant à une véritable enquête... Ils décident de percer le secret de ce vieux manoir. Ils se lancent dans une véritable enquête, ouvrant les différentes pièces les unes après les autres, grâce à leur perspicacité et en assemblant les indices. Ils sont bientôt rejoints par Daphné, une voisine, qui devient leur amie et les aide dans leur quête.

Ce que j'ai aimé : 

L'intrigue s'orchestre tel un Escape Game littéraire, où le concept du trousseau de 36 clés, accompagnées de leurs énigmes qui mènent de pièce en pièce, insuffle au récit une dynamique palpitante, presque cinétique. Chaque nouvelle découverte, chaque nouvelle serrure ouverte, propulse le lecteur plus loin dans un jeu de piste envoûtant. Le narrateur, avec une subtile tendresse, évoque ce « moment magique du passage », cette sensation exquise propre à l’aventurier qui se trouve à l’aube d’une révélation, à l’instar des premiers explorateurs pénétrant le tombeau de Toutankhamon, et ressentant cette émotion rare et bouleversante de la découverte inédite.

La légèreté apparente de l’enquête sert de support pour aborder des thèmes plus lourds, tels que le traumatisme et le deuil. Bien que le message rappelle celui des romans feel-good, il s’en distingue par la finesse avec laquelle il est amené, porté par ce jeu de piste subtil et fascinant qui ne cesse d’évoluer.

Bien qu’il soit principalement destiné à un public de 9 à 13 ans, ce récit saura également séduire les adultes, invités à redécouvrir avec fraîcheur et profondeur les émotions oubliées et la mémoire de la joie.

Il s'agit du premier tome de la série "Tessa et Dimitri".

Publié dans Jeunesse Roman

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Comment voler une banque de Donald WESTLAKE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Un ancien du FBI, sûr de lui, visionnaire à sa manière (c’est-à-dire dangereusement confiant), a un plan « à toute épreuve » : au lieu de braquer une banque à l'ancienne, il décide de la voler ! Oui, littéralement. La banque. Entière. Parce qu’elle loge provisoirement dans une caravane qu’on peut  - a priori - accrocher à un véhicule pour filer avec le pactole. Sans arme, sans stress, et avec tout le temps voulu ensuite pour ouvrir le coffre, peinard, au calme. Comme toujours, Dortmunder, recruté pour l'occasion, sent venir la catastrophe. Il a ce radar à embrouilles qui sonne dès qu’un plan paraît trop simple. Mais les autres, tous plus enthousiastes, naïfs ou inconscients les uns que les autres, lui assurent que « ça va rouler ». Mais ça ne roule pas... Et la caravane non plus...

Ce que j'ai aimé :

La galerie de bras cassés choisis pour mener ce projet improbable est inimitable ! Entre Kelp, enthousiaste pathologique, capable de rendre optimiste un mur… et de foncer tête la première dedans, Murch, conducteur obstiné dont le véhicule est souvent plus performant dans les fantasmes que sur la route et ce « maître‑cerveau » improvisé, l’ex-agent du FBI, qui croit mener une opération chirurgicale… alors qu’il orchestre un chaos burlesque, tous sont d'un effet comique diablement efficace ! 

Le casse devient un numéro de cirque déjanté, désopilant et décalé ! C’est du Westlake à son sommet : une comédie criminelle où le crime n’est jamais vraiment crédible… mais où la comédie, elle, touche au grand art.

Bilan : 

L’un des scénarios les plus déjantés, absurdes et délicieusement tordus que Westlake ait imaginés pour son anti-héros fétiche John Dortmunder !  

Présentation de l'éditeur : Rivages poche

Du même auteur : Le couperet ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Pierre qui roule ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier)

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De la Terre à la Lune de Jules VERNE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Après la fin de la guerre de Sécession, les membres du Gun Club de Baltimore, passionnés d'artillerie, décident de construire un gigantesque canon capable de tirer un projectile… vers la Lune ! Leur ambition est de montrer la puissance de l'artillerie et, surtout, de repousser les limites de ce qui semble possible. Le projet est dirigé par le capitaine Nicholl, et l'ingénieur Michel Ardan, un rêveur enthousiaste, et le président du Gun Club, Impey Barbicane, sont les forces vives du projet. Ce dernier, après avoir reçu une lettre enthousiaste d'Ardan, s'engage avec une détermination inébranlable pour réaliser l'impossible.

À travers des descriptions minutieuses, Verne dépeint le montage du canon géant, la construction du vaisseau spatial, ainsi que les nombreuses épreuves techniques et logistiques que les protagonistes devront surmonter. 

Ce que j'ai aimé ; 

De la Terre à la Lune n'est pas seulement un exploit de pure imagination : c'est un roman dans lequel Verne anticipe des concepts futuristes, des technologies qui, au moment de la publication, paraissaient farfelues, mais qui résonneront profondément avec l'avènement de l'ère spatiale au 20e siècle. Le roman explore également les thèmes de l'optimisme scientifique et de l'ingéniosité humaine.

Ce que j'ai moins aimé :

Certaines précisions scientifiques peuvent rebuter au début du roman.

La fin est frustrante car il existe une suite : Autour de la Lune 

Bilan : 

Ce roman de Jules Verne publié en 1865, combine science, fiction et aventure dans un récit visionnaire.

Présentation de l'éditeur :

Du même auteur : 20000 lieux sous les mers ♥ ♥ ♥ ; Voyage au centre de la terre ♥ ♥ 

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DJ Bambi de Audur Ava OLAFSDOTTIR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans Dj Bambi, l’autrice islandaise Auður H. Ingólfsdóttir nous livre un récit poignant, une exploration intime de la transidentité à travers le parcours de sa protagoniste, une femme de soixante ans née dans un corps d'homme. À la fois lumineux et mélancolique, ce roman explore la lenteur du temps, l’effacement des rancœurs et le courage nécessaire pour enfin devenir soi-même. La narratrice est une femme qui n’a jamais eu le droit d’être elle-même, une femme contrainte de se cacher derrière une identité qu’elle n’a jamais choisie. Le temps qui passe, tout en effaçant parfois les blessures et les douleurs, ne lui a pas pour autant permis de vivre pleinement. 

À la fois vulnérable et forte, Bambi incarne cette fragilité qui réside dans le processus de transformation, tout en étant empreinte de délicatesse. Elle n’est jamais seule dans sa quête de soi. Un frère fidèle, un amour inattendu, une amitié improbable et une main tendue suffisent parfois à provoquer la bascule, celle qui la fait sortir des ténèbres pour se tourner vers la lumière. L’espoir est là, discret, mais omniprésent : l’espoir de pouvoir enfin se faire opérer, de pouvoir rencontrer sa petite-fille, de pouvoir partir ailleurs, loin du poids des années passées dans l’incompréhension.

Dj Bambi est un roman délicat et pudique. Loin des clichés ou du pathos facile, Olafsdottir explore des thèmes de transformation et d’émancipation avec une grande tendresse, créant un espace où l’on prend le temps de vivre et de se réinventer. Dans un monde parfois hostile, l’auteure nous rappelle qu’il ne faut pas grand-chose pour que des êtres, comme des funambules, retrouvent leur équilibre et la possibilité de toucher enfin la lumière.

Présentation de l'éditeur : Zulma

Du même auteurRosa candida ♥ ♥ ♥ ♥ ;  L’embellie  ♥ ♥ ♥ ; L'exception ♥ ♥ ♥ ♥ ; Le rouge vif de la rhubarbe ♥ ♥ ♥ ♥ ;  Ör ♥ ♥ ♥ ; Miss Islande ♥ ♥ ♥ ♥ ; La vérité sur la lumière ♥ ♥ ♥ ♥  ; Eden ♥ ♥ ♥ 

Publié dans Roman policier Europe

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La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude GRUMBERG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Voilà la seule chose qui mérite d’exister dans les histoires comme dans la vie vraie. L’amour, l’amour offert aux enfants, aux siens comme à ceux des autres. L’amour qui fait que, malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n’existe pas, l’amour qui fait que la vie continue."

Le récit commence par les éléments traditionnels d'un conte, présentant un couple de bûcherons polonais âgés et pauvres, vivant dans la misère en pleine Seconde Guerre mondiale, dans une forêt traversée par une voie ferrée. Chaque jour, des trains de marchandises passent, mais le couple, dans sa simplicité, ignore ce qu'ils transportent réellement. Un jour, un homme déporté jette un paquet du train, qui se révèle être un nouveau-né. La bûcheronne, n'ayant jamais pu avoir d'enfant, décide d'élever cet enfant avec son mari, dans la pauvreté, mais avec un amour incommensurable. Pour elle, cet enfant représente "la plus précieuse des marchandises". Parallèlement, on suit l'histoire du père de l'enfant, déporté à Auschwitz. Le récit explore sa souffrance, sa tentative désespérée de sauver son enfant, ainsi que sa lutte pour survivre.

Ce que j'ai aimé : 

Le conte de Grumberg est une allégorie poignante qui utilise la simplicité du genre pour aborder l'indicible : la Shoah. Grumberg déconstruit la forme traditionnelle du conte (Le Petit Poucet est explicitement rejeté) pour y inscrire la barbarie historique. Dans ce contexte de déshumanisation absolue, l'enfant représente la Vie, l'Amour et l'Espoir - la seule "marchandise" qui vaille vraiment d'être sauvée. 

Le conte oppose la cruauté du système nazi à la solidarité et à la bonté du couple de bûcherons. Le geste du père déporté et l'accueil inconditionnel de la bûcheronne sont des actes d'amour puissants qui rappellent qu'une étincelle d'humanité peut toujours jaillir au milieu de la pire des tragédies.

L'auteur, dont le père et le grand-père sont morts en déportation, ajoute un court appendice à la fin du conte, donnant des éléments factuels et historiques (notamment des listes de déportés), pour ancrer le récit dans la réalité et insister sur le devoir de mémoire.

Bilan : 

C'est un texte qui est salué pour son écriture à la fois simple, poétique et bouleversante, un hommage à la vie et un message universel sur le pouvoir de l'amour face à la mort.

Présentation de l'éditeur : Seuil

Ce conte a notamment été adapté en film d'animation par Michel Hazanavicius, renforçant sa résonance auprès du grand public. 

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Le corps et l'âme de John HARVEY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ancien inspecteur de police à la retraite, Elder a cherché à se retirer du monde de la criminalité dans un petit village des Cornouailles, espérant trouver un peu de paix. C'est un homme taciturne, marqué par les années passées à résoudre des crimes violents, mais aussi par sa vie personnelle tumultueuse, notamment sa relation avec sa fille, Catherine. Mais dans ce dernier volet de sa saga, le passé le rattrape de manière douloureuse et personnelle.

Ce que j'ai aimé :

Dans Le Corps et l'Âme, Frank Elder n'est pas seulement un détective en quête de vérité, mais un homme en quête de réconciliation avec lui-même. Ses regrets, sa culpabilité et sa relation brisée avec sa fille Catherine se mêlent à l'enquête, dans une quête de rédemption et de paix intérieure. Cette dernière affaire devient pour lui l'occasion d'affronter ses démons et ses erreurs passées. À travers une tension psychologique palpable, Harvey dépeint un Frank vieillissant, solitaire, qui tente de retrouver son équilibre dans un monde qu'il perçoit comme corrompu et fragile. 

Ce que j'ai moins aimé

La fin est un peu rapide, les pistes sont rapidement balayées, et l'intrigue résolue comme par miracle !

Bilan

L'ultime enquête de Frank Elder ! 

Présentation de l'éditeur : Rivages

Du même auteurDe chair et de sang ♥ ♥ ♥ ; Traquer les ombres  ♥ ♥ ♥  ; Le deuil et l'oubli   ♥ ; Cold in hand ♥ ♥ ♥ Lignes de fuite  ♥ ; Preuve vivante ♥ ♥ ♥ 

Série Frank Elder dans l'ordre 
  • De chair et de sang ♥ ♥ ♥ 
  • De cendre et d'os 
  • D'ombre et de lumière
  • Le corps et l'âme 

Publié dans Roman policier Europe

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Quatre jours sans ma mère de Ramsès KEFI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Tout commence par un geste minuscule, presque banal : Amani, 67 ans, quitte son appartement de banlieue, un soir, sans crier gare. Ce départ soudain laisse désarmés Hédi, son mari et Salmane, leur fils de 36 ans. Amani, était de ces mère-piliers, la femme qui tenait tout, discrètement, sans qu’on le remarque vraiment. En disparaissant, elle oblige les siens à exister autrement, à se confronter à ce qu’ils ne voulaient plus voir : la fatigue, la solitude, les non-dits. Pendant quatre jours, le roman suit cette absence comme une onde de choc. Puis peu à peu, derrière le mystère de la disparition se dessine une autre histoire : celle d’une femme qui a traversé la vie sans se plaindre, d’un couple d’immigrés venu bâtir une existence solide en France, et d’un fils qui ne savait pas d’où il venait.

Ce que j'ai aimé :

Ramsès Kefi décrit avec tendresse cette cité HLM "la Caverne", cette périphérie peuplée de vies modestes, de rires retenus et de rêves cabossés. 

L’absence d’Amani agit comme un miroir. Salmane découvre la vérité sur ses parents, sur leur amour silencieux, sur leurs sacrifices, sur cette transmission de la pudeur et du courage qui se passe de mots. Il découvre aussi sa propre inertie — cette adolescence prolongée, cette peur de grandir. Et, peu à peu, la quête de la mère devient une quête de soi. 

L'auteur rend hommage à toutes ces femmes discrètes qui portent les autres sans jamais s’arrêter, jusqu’au jour où elles disparaissent pour respirer un peu. Il interroge, en creux, la masculinité, la filiation, la difficulté d’être fils d’immigrés dans un monde où les repères se dissolvent. Il suit le chemin d'un homme qui apprend à regarder sa mère autrement, à la voir enfin comme une personne, pas seulement comme une présence.

Bilan :

Un roman simple et bouleversant.

Présentation de l'éditeur : Philippe Rey

Sélection du mois d'octobre 

Catégorie Fiction

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