Dans les règles de l'art de Makis MALAFEKAS
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A Athènes, durant l'été 2017, la ville accueille la Documenta 14, une grande manifestation internationale consacrée à l’art contemporain. De retour dans sa ville natale, Mikhalis Krokos, écrivain grec installé à Paris, se prépare au lancement de son livre sur le musicien de jazz John Coltrane. Mais il se retrouve mêlé à une affaire de tableau volé. Ce qui semble au départ être un incident secondaire prend progressivement une dimension beaucoup plus inquiétante.
Ce que j'ai aimé :
Athènes suffoque sous la chaleur de l’été. La nuit, la ville s’éveille, les bars s’animent, les langues se délient et les faux-semblants prospèrent. Makis Malafékas nous entraîne dans cette atmosphère électrique, entre ombre et lumière, au cœur d’une Grèce contemporaine loin des cartes postales.
Derrière les nuits athéniennes et l’agitation des milieux culturels, l’auteur brosse un portrait acerbe du marché de l’art contemporain et de ses dérives. Ici, les œuvres se négocient autant qu’elles se contemplent, les réputations se fabriquent et l’argent s’invite jusque dans les discours les plus savants. Que vaut une œuvre, au fond ? Son audace, sa beauté, ou le prix que quelques initiés sont prêts à lui accorder ? Sous les dehors brillants du monde artistique, Malafékas dévoile un univers où la spéculation menace parfois d’étouffer la création.
L’intérêt du roman tient d’ailleurs peut-être moins à la résolution de l’enquête qu’à cette peinture sans complaisance d’un milieu et d’une époque. À travers les codes du polar, l’auteur esquisse aussi le portrait d’une Grèce fragilisée par la crise économique, tiraillée entre ses réalités locales et les ambitions d’une culture mondialisée.
Au centre de cette intrigue bien rythmée, un personnage énergique entraîne le lecteur dans une succession de péripéties, donnant au récit son allant et sa vitalité.
Ce qui m'a moins convaincue :
Quelques longueurs viennent toutefois ralentir le récit, et la profusion de personnages finit parfois par brouiller les pistes. À force de multiplier les figures excentriques et les situations extravagantes, Makis Malafékas frôle lui-même cette surenchère qu’il dénonce dans le monde de l’art : à vouloir trop en montrer, le roman perd parfois un peu de sa force. Le trait se fait appuyé, les personnages flirtent avec la caricature, et l’ironie, pourtant réjouissante, tourne quelquefois à vide.
Un roman pour ceux qui aiment...
Les romans aux personnages atypiques qui offrent une satire sociale
Présentation de l'éditeur : Asphalte éditions
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