Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le soldat désaccordé de Gilles MARCHAND

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans les années 1920, le narrateur, un ancien combattant de la Grande Guerre, s'est reconverti en enquêteur pour les familles de disparus : il tente de suivre la trace des soldats disparus pour rendre leur souvenir à leur famille. A la demande de sa mère, il part ainsi à la recherche de Emile, disparu en 1917. 

Ce que j'ai aimé :

La quête est prétexte à de multiples rencontres et témoignages poignants des soldats, avides de raconter leur guerre, tant il est difficile pour eux de partager cette expérience traumatisante avec leurs proches, comme ce soldat qui refuse de raconter la guerre à sa femme pour ne pas que s'évanouisse la lumière de ses yeux.  

Face à la barbarie, chacun trouve son refuge, pour Emile il s'agira d'une belle histoire d'amour avec Lucie, d'autres s'accrochent à de belles légendes, espérant croiser "la fille de la Lune", jeune femme qui apparaît dans les tranchées, à la recherche de l'homme qu'elle aime. Moriceau prétend avoir croisé le grand Apollinaire, 

"On a tous une histoire d'amour intense, forte, dévorante. Une qui a tout emporté sur son passage et qui ne s'est pas finie, ou qui n'a jamais eu lieu parce qu'elle n'était pas réciproque. Une qu'on n’a pas osé déclarer, une qu'on a gardée pour soi parce qu'on avait peur. Et même quand tout se passe bien, on a encore peur : que l'intensité s'en aille, que la passion se soumette comme un animal sauvage à qui on aurait appris à lever la patte. La passion ne donne pas la patte, elle te la met dans la gueule. Et quand tout va bien, on cherche des noises, on va au conflit sans savoir pourquoi, alors que la réponse est simple : faut que ça bouge, faut que ça brûle, faut que ça pète. Pas tout le temps, mais parfois, juste pour permettre au sang de faire un tour et de revenir. Juste pour voir si on a encore des larmes, si les cris peuvent encore sortir ou s'ils restent bloqués au fond de notre gorge."

Emile est définitivement "désaccordé", fabriquant des sculptures à partir de douilles, écrivant des lettres d'amour enflammées, rêveur épris de poésie et de musique. Il possède une forme de fragilité poétique qui le distingue, représentant ainsi cette jeunesse sacrifiée avant d'avoir pu vivre pleinement.

Face à la grisaille de la mort, le roman célèbre la capacité de l'homme à créer des histoires, des légendes et de la beauté pour ne pas sombrer.

Du même auteur : Une bouche sans personne

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Partager cet article
Repost0

Le lac de la reine de Anna JACOBS

Publié le par Hélène

En 1895, après le décès de son beau-père,la jeune Elinor Pendleton pense enfin avoir trouvé la liberté. Malheureusement, elle découvre qu'il l'a dépouillée de son héritage et a planifié pour elle un mariage forcé avec un homme qui lui répugne. Elinor refuse ce destin et s'enfuit en compagnie de sa fidèle servante et amie, Maud. Ensemble, elles cherchent refuge à Ollerthwaite chez le cousin de Maud, Walter Crossley. Walter est un vieil homme brisé par un drame familial qui attend le retour de son petit-fils d'Amérique pour l'aider à la ferme. L'arrivée d'Elinor et de Maud va insuffler une nouvelle dynamique. Les habitants s'unissent pour redonner vie à leur communauté avec un rêve secret : faire en sorte que la reine Victoria vienne visiter leur lac lors de son jubilé.

Ce que j'ai aimé :

Cela commençait plutôt bien, comme un roman d'aventures avec des rebondissements, une traque, des femmes qui prennent leur destin en mains...

Ce que j'ai moins aimé :

Puis les deux jeunes femmes arrivent chez Walter, et l'intrigue s'embourbe ! La traque prend fin pour laisser place à une bluette amoureuse sans intérêt. Quelques personnages malveillants rôdent toutefois, mais ils sont vite réduits à néant par super Walter !

Je pensais que le tome 2 verrait le retour des personnages mais il semblerait que d'autres prennent leur place, laissant en plan ceux là !

Bilan :

Passez votre chemin !

Présentation de l'éditeur : L'archipel

De la même autrice : Les pionnières ♥ ♥ ♥ 

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Vin de bohème de Joanne HARRIS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Jay Mackintosh est un écrivain anglais d'une trentaine d'années. Après le succès retentissant de son premier roman, il peine désormais à retrouver l'élan créatif qui lui permettrait de poursuivre son chemin d'écrivain. Enfant, il a passé trois étés inoubliables chez ses grands-parents, où il a fait la rencontre de Joe Cox, un voisin aussi fantasque qu'attachant : jardinier, conteur, vigneron amateur et véritable magicien du quotidien. Joe élaborait de mystérieux vins de fruits dont Jay conserve encore quelques précieuses bouteilles.

Alors qu'il traverse une profonde crise existentielle, une annonce immobilière attire son regard : une vieille ferme à vendre dans le village français de Lansquenet. Quelque chose dans ce lieu réveille le souvenir de Joe. Sans vraiment savoir pourquoi, Jay décide de quitter l'Angleterre pour s'y installer, espérant y retrouver bien plus qu'une maison : une part de lui-même.

Ce que j'ai aimé : 

Dès les premiers souffles du récit, l'esprit du lecteur est happé par un prélude étonnant : la voix qui s'élève n'est pas humaine, mais l'âme d'un Fleury 1962. Prisonnière de verre et de secrets, cette voix de malice et de sagesse veille sur le destin de Jay. En effet, dans ce roman, la magie imprègne chaque page, mais elle demeure discrète, presque insaisissable. Elle coule dans ces « vins de bohème », ces élixirs artisanaux que Joe confectionne à partir des fruits de son jardin, des mûres, sureau, pissenlits... Chaque bouteille ouverte libère un éclat du passé, réveille les rêves de l'enfance et semble offrir à celui qui la goûte le courage de transformer son présent. Une magie douce, profondément humaine, qui rappelle que les plus grands enchantements naissent souvent de nos souvenirs et de notre capacité à croire encore aux possibles.

Sous la plume de Joanne Harris, les mots se font chair, arômes et textures. Les jardins débordent d'une vitalité farouche, les fruits exhalent leur parfum printanier, les mets frémissent sur le feu et les vins embaument l'air. La lecture devient une expérience sensorielle totale. 

Mais sous cette lumière gourmande, le roman se fait l'écho aussi d'une réflexion touchante sur la création, le doute, et la peur universelle de perdre son inspiration. En suivant le chemin de Jay, l'autrice nous invite à retrouver ce qui nourrit notre imaginaire et à revenir à une vie plus simple, plus vraie. 

Vin de bohème s'offre comme un hymne suspendu à l'authenticité, un refuge littéraire, un baume envoûtant qui invite à suspendre le vol du temps, à prêter l'oreille aux murmures du monde... et à se surprendre à croire, l'espace d'un instant, que la magie habite encore la terre.

Présentation de l'éditeur : Folio

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

La mort s'invite à Pemberley de PD JAMES

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

L'intrigue se déroule six ans après la fin d'Orgueil et Préjugés. Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy vivent heureux à Pemberley avec leurs enfants. À la veille d'un grand bal annuel, un événement dramatique survient : Lydia Wickham arrive affolée en criant que son mari a été assassiné. Une recherche est lancée dans les bois du domaine, où l'on découvre effectivement un cadavre. L'enquête qui suit va mettre à l'épreuve les habitants de Pemberley et faire resurgir des tensions anciennes.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai très peu retrouvé ce qui fait, à mes yeux, le charme de Jane Austen : l'humour, la finesse psychologique, la vivacité des dialogues et cette satire sociale subtile qui nourrit chacun de ses romans. Les personnages semblent parfois avoir perdu une partie de leur personnalité, et l'atmosphère générale est tellement différente qu'on peine à retrouver l'émotion et le plaisir procurés par le roman d'origine.

L'intrigue souffre également d'un démarrage extrêmement lent. Il faut attendre près de quatre-vingts pages avant que l'action ne s'enclenche réellement, ce qui donne une impression de lourdeur et de lenteur. Les longues mises en place, les rappels et les descriptions rendent la lecture parfois fastidieuse.

Les personnages pullulent, il est difficile de s'y retrouver : entre les protagonistes hérités d'Orgueil et Préjugés et les nouveaux venus nécessaires à l'enquête, ils semblent se multiplier comme des petits pains, alourdissant encore un récit déjà peu dynamique.

Au final, La mort s'invite à Pemberley m'a laissé un sentiment de déception. L'hommage est respectueux et documenté, mais il manque ce qui faisait toute la saveur d'Orgueil et Préjugés

 

Partager cet article
Repost0

Un visiteur inattendu de Agatha CHRISTIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Par une nuit de brouillard au pays de Galles, un homme nommé Michael Starkwedder se perd sur une route isolée. Cherchant de l'aide, il entre dans un manoir et découvre une scène troublante : un homme est mort, tué par balle, et son épouse, Laura Warwick, se tient à côté du corps en affirmant être la meurtrière.

L'affaire paraît simple. Pourtant, Michael remarque rapidement des incohérences. Au lieu de prévenir immédiatement la police, il commence à poser des questions. Peu à peu, il apparaît que presque tous les habitants de la maison avaient une raison de détester la victime. Ce qui semblait être une affaire résolue devient alors une énigme complexe.

Ce que j'ai aimé :

Je ne connaissais pas les pièces de théâtre de Agatha Christie et j'ai eu plaisir à découvrir ce huis clos à l'atmosphère intense. Le brouillard extérieur symbolise parfaitement l'opacité des relations humaines à l'intérieur de la maison. On est plongé dans une ambiance de suspicion permanente où chaque personnage devient une menace potentielle.

L'originalité de l'intrigue tient au fait que le coupable semble connu dès les premières minutes. La tension ne repose donc pas sur la question « Qui a tué ? » mais plutôt sur « Que s'est-il réellement passé ? ». L'autrice multiplie les fausses pistes et les révélations jusqu'au dénouement final. Les personnages apparaissent complexes : la victime elle-même était un homme cruel et tyrannique. Agatha Christie explore avec beaucoup de finesse la psychologie de l'entourage, naviguant dans une zone grise morale très intéressante : qui est le plus coupable, le meurtrier ou celui qui a poussé à bout sa victime ?

Ce que j'ai ai moins aimé :

Le dénouement est rapidement expédié : alors que le suspense monte crescendo tout au long du récit, le dénouement et les révélations finales s'enchaînent de manière extrêmement rapide. La fin aurait méritée d'être un peu plus distillée pour savourer pleinement l'ironie et le génie de la résolution.

S'agissant d'une œuvre pensée initialement pour le théâtre, l'intrigue repose presque exclusivement sur les interrogatoires, les non-dits et les confrontations verbales. Les amateurs de thrillers dynamiques ou d'enquêtes de terrain à cent à l'heure pourront y trouver un certain manque de mouvement.

De la même autriceMeurtre en Mésopotamie ♥ ♥ ♥ (Policier) ;  L'homme au complet marron ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Dix petits nègres ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Le train de 16h50 ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Le meurtre de Roger Acroyd ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; ABC contre Poirot ♥ ♥ (Policier) ; La maison biscornue ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier)

 

Partager cet article
Repost0

Etrange suicide dans une fiat rouge à faible kilométrage de LC TYLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Ethelred Tressider a un quotidien compliqué : il écrit des polars sous trois pseudonymes différents, manque cruellement d’inspiration, et doit supporter Elsie, son agente littéraire envahissante qui déteste ouvertement les écrivains. Tout bascule lorsque son ex-femme, Géraldine, disparaît mystérieusement. Alors que la police soupçonne un tueur en série, l’infatigable Elsie pousse notre romancier malgré lui à jouer les détectives amateurs. 

Ce que j'ai aimé :

Le récit est une mise en abyme constante. Le héros, étant lui-même écrivain, analyse l'enquête à travers le prisme des codes de l'écriture. L'auteur manipule le lecteur d'un bout à l'autre avec une intrigue où chaque pièce du puzzle ne prend sens qu'à la toute fin.

Le contraste entre Ethelred, flegmatique et un peu lâche, et Elsie, énergique et sans filtre, fonctionne à merveille et apporte une vraie fraîcheur.

Ce que j'ai moins aimé :

Les digressions d'Ethelred sur son roman coupent parfois le rythme de l'enquête principale. Cela peut déconcerter les lecteurs qui attendent un thriller linéaire et purement axé sur l'action.

Bilan :

Un roman qui sera vite oublié !

 

Partager cet article
Repost0

1984 de George ORWELL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Dans un Londres futuriste devenu la capitale du bloc totalitaire d’Océania, la liberté n'existe plus. La société est surveillée jour et nuit par les écrans de Big Brother, le leader suprême du « Parti » qui traque jusqu'aux pensées des citoyens. Au milieu de cet enfer, Winston Smith, un employé chargé de réécrire l'Histoire pour le pouvoir, décide de se révolter en secret. Sa vie bascule lorsqu’il commence à tenir un journal interdit et qu'il rencontre Julia, une jeune femme rebelle partageant sa soif de liberté...

Ce que j'ai aimé :

Orwell a créé un monde d'une cohérence terrifiante. Les concepts de la Néolangue (une langue simplifiée pour empêcher les gens de réfléchir), de la Police de la Pensée ou du Doublepenser sont si géniaux et percutants qu'ils sont passés dans notre langage courant actuel.

Ce n'est pas un livre d'action hollywoodien, c'est un thriller psychologique étouffant. On ressent l'angoisse constante de Winston, cette paranoïa de savoir que le moindre faux mouvement ou tic sur le visage peut vous condamner.

Plus qu'un simple roman, c'est un avertissement brillant sur les dérives du totalitarisme, la manipulation des masses et la perte de notre esprit critique. Un livre indispensable pour comprendre les enjeux de la surveillance moderne.

Ce que j'ai moins aimé :

L'atmosphère est évidemment glaçante, notamment les scènes de torture. L'atmosphère est poisseuse, grise, désespérée, et Orwell ne fait aucun cadeau à ses personnages (ni à ses lecteurs). La fin est réputée pour être l'une des plus glaçantes de la littérature.

Bilan :

Un chef-d'œuvre absolu et intemporel.

 

Publié dans Roman Science Fiction

Partager cet article
Repost0

Sous l'aile du bizarre de Kate ATKINSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"Que la vie serait plus facile pour les pauvres écrivains s'ils n'avaient pas à écrire." 

Effie Stuart est une jeune étudiante écossaise qui passe une nuit mouvementée sur une île battue par les vents en compagnie de sa mère, Nora. Au fil de leurs conversations, Effie revient sur ses années d'université, ses amitiés, ses amours, ses ambitions littéraires et les nombreux événements étranges qui ont marqué sa vie.

Peu à peu, les souvenirs se mêlent aux inventions, les secrets de famille remontent à la surface et la question de l'identité d'Effie devient centrale. Le lecteur avance dans un récit où il est parfois difficile de distinguer le vrai du faux.

Ce que j'ai aimé :

Le milieu des universitaires est croqué avec malice. Kate Atkinson montre surtout que l'université est moins un sanctuaire du savoir qu’un théâtre social : étudiants et professeurs y construisent des personnages d’intellectuels, rivalisent pour le prestige et adoptent les théories à la mode. Elle se moque du jargon universitaire et de la tendance à parler de littérature de façon abstraite plutôt qu’à la lire ou l’écrire. Le roman suggère aussi une tension entre création et institution : peut-on vraiment enseigner l’écriture sans la normaliser ? Enfin, l’université apparaît comme un lieu où l’on expérimente des identités politiques, intellectuelles et affectives, souvent avec beaucoup d’incertitude et de mise en scène. Toutefois, le regard d’Atkinson n’est pas anti-intellectuel : elle aime profondément la littérature, mais se méfie des prétentions et des jeux de pouvoir du milieu universitaire.

L'humour est omniprésent, souvent absurde, et les personnages sont hauts en couleur.

Ce que j'ai moins aimé :

Ce roman est l'un des plus singuliers de Kate Atkinson. Son intrigue n'est pas linéaire : elle avance par détours, anecdotes et récits imbriqués.La lecture demande parfois un peu d'attention car l'autrice joue constamment avec les frontières entre réalité et imagination. Elle multiplie les personnages, si bien que le risque est grand de perdre le fil !

Bilan : 

 Un bilan mitigé, j'avais préféré d'autres romans de cette autrice comme Dans les coulisses du musée ou  A quand les bonnes nouvelles ♥ ♥ ♥

Lecture commune avec Nathalie et Enna !

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Les enquêtes de Enola Holmes tome 1 de Nancy Springer

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

L'histoire commence le jour des 14 ans d'Enola. Elle découvre que sa mère, Eudoria, a mystérieusement disparu du domaine familial en ne lui laissant que quelques cadeaux étranges (un carnet, du matériel de dessin et des messages codés). Ses deux frères aînés, qu'elle n'a pas vus depuis des années, reviennent pour s'occuper d'elle. Il s'agit de Mycroft et du célèbre détective Sherlock Holmes. Pour Mycroft et Sherlock, Enola est une jeune fille sauvage, mal élevée pour l'époque victorienne. Mycroft décide de l'envoyer dans un pensionnat strict pour en faire une "vraie dame".Mais la jeune fille rebelle refuse et décide de partir pour Londres à la recherche de sa mère en prenant de fausses identités pour se cacher de ses frères. 

Ce que j'ai aimé :

Si vous avez vu le film avec Millie Bobby Brown, sachez que le livre a une identité qui lui est propre : Enola est plus solitaire et sombre, plus jeune que dans le film, elle se sent réellement perdue sans sa mère, contrainte de survivre par ses propres moyens dans les bas-fonds dangereux de Londres. "Enola" lu à l'envers signifie "Alone", un prénom prémonitoire choisi par sa mère pour lui rappeler qu'elle doit apprendre à se débrouiller par elle-même dans un monde d'hommes.

Nancy Springer utilise les codes vestimentaires de l'époque victorienne de façon très intelligente. Le corset, symbole d'oppression pour les femmes de l'époque, devient pour Enola une armure où elle cache son argent, ses outils de déguisement et ses messages codés.

Le livre fait la part belle aux énigmes textuelles. Le lecteur s'amuse à décoder en même temps qu'Enola les messages secrets basés sur le langage des fleurs ou des grilles de chiffrement.

La dynamique familiale est au cœur du récit. Mycroft représente l'autorité patriarcale rigide. Sherlock, quant à lui, est fidèle à lui-même : brillant mais d'abord très analytique et froid. Pourtant, au fil de ce premier tome, Sherlock commence à développer un respect involontaire pour cette petite sœur qui se révèle être la seule capable de rivaliser avec son esprit de déduction. Un jeu du chat et de la souris s'installe entre eux.

Bilan : 

C'est un roman court, très rythmé, qui se lit d'une traite !

 

Publié dans Jeunesse Roman

Partager cet article
Repost0

Toutes les nuances de la nuit de Chris WHITAKER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

En 1975 à Monta Clare, dans une petite ville de l'Amérique profonde, le jeune Joseph « Patch » Macauley, un garçon borgne qui se prend pour un pirate, sauve la fille la plus riche de la ville d'un tueur en série de jeunes filles. Mais en faisant cela, Patch est capturé à sa place et disparaît. Saint, sa meilleure amie, une jeune fille farouche élevée par sa grand-mère, refuse d'abandonner l'idée de le retrouver. Elle va consacrer sa vie entière à le chercher. Lorsque Patch réapparaît des mois plus tard, il est brisé et transformé. 

Ce que j'ai aimé :

Les personnages prennent réellement vie au fil des pages, Patch, héros tragique se fait dévorer peu à peu par son traumatisme et par ses conséquences. A ses côtés, Saint tente de le sauver des griffes de la folie et de l'obsession, prête à tout sacrifier pour lui. Ni l'un ni l'autre ne grandit vraiment, tant ils sont restés marqués par ce traumatisme de 1975, n'ayant de cesse de s'extirper de cette obscurité pour enfin retrouver la lumière. Ils traquent la vérité

Certes le livre est épais (896 pages), mais les chapitres courts, presque cinématographiques, rendent la lecture fluide. 

Bilan : 

Le livre a reçu un accueil critique dithyrambique à sa sortie, bien mérité, il est souvent qualifié de "chef-d'œuvre de l'année" tant il transcende les genres du polar et de la littérature générale.

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>