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Explosives de Hélène COUTARD

Publié le par Hélène

Aux yeux de tous, Clara est une jeune femme discrète, presque effacée. Étudiante timide en apparence, elle semble inoffensive. Pourtant, derrière cette façade calme, une profonde colère gronde. Elle en veut au patriarcat omniprésent, à une société qui ne la prend pas au sérieux et aux limites qu’on cherche sans cesse à lui imposer.

Tout semble changer lorsqu’elle rencontre Ari, la mystérieuse dirigeante d’un groupe féministe radical. Fascinée, Clara a l’impression d’avoir enfin trouvé un endroit où sa colère peut s’exprimer et où elle peut vraiment exister. Ari fait alors d’elle sa nouvelle recrue. Mais une question demeure : que sont devenues les membres qui l’ont précédée ?

Ce que j'ai aimé :

Certes le style et les idées sont incisives et cette radicalité est assez originale. Le livre explore la colère féminine contemporaine et ses racines et plonge dans des milieux militants radicaux sans les édulcorer et aborde des thèmes forts : domination, violence, manipulation...

Ce que j'ai moins aimé :

Mais l'ensemble manque de nuances, j'espérais une fin plus ouverte, alors qu'ici le conflit hommes / femmes est caricaturé à l'extrême, généralisant dangereusement : "si on y prêtait un peu attention, ces histoires étaient partout. Des femmes violées, brûlées, poignardées, enterrées dans des trous."

Il faut attendre les remerciements pour enfin lire des mots apaisés vers les hommes...

Bilan :

Un roman trop dans la colère à mon goût !

Présentation de l'éditeur : Grasset

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Un homme est mort de KRIS et Etienne DAVODEAU

Publié le par Hélène

♥ ♥

L’histoire se déroule à Brest en 1950, dans un contexte de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Les ouvriers, qui vivent dans des conditions très dures, se mettent en grève. Lors d’une manifestation, un ouvrier est tué par les forces de l’ordre. Cet événement déclenche une onde de choc dans la ville. La BD suit alors René Vautier, un jeune cinéaste militant, qui décide de filmer les luttes sociales pour donner une voix aux ouvriers. Son film devient un outil de mémoire et de résistance.

Ce que j'ai aimé : 

La bande dessinée montre comment un événement tragique peut devenir un symbole, symbole ici de lutte sociale, de solidarité ouvrière pour faire face à des conditions de travail devenues honteuses.

Le titre de l’œuvre fait directement référence au poème de Paul Éluard :

"Au rendez-vous allemand"

Un homme est mort qui n'avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n'avait d'autre route
Que celle ou l'on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l'oubli

Car tout ce qu'il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd'hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amis
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant ."

Édouard Mazé représente tous les hommes simples victimes de violences alors qu’ils réclament seulement plus de dignité et de justice.

La bande dessinée montre également l’importance du cinéma grâce au personnage de René Vautier. En filmant les manifestations et la colère des ouvriers, il transforme l’art en véritable arme politique. Le cinéma devient un moyen de dénoncer les injustices, de conserver une trace des événements et de lutter contre l’oubli. À travers cette réflexion sur les images et la mémoire, les auteurs montrent que l’engagement artistique devient presque une nécessité face aux violences sociales.

Le dessin sobre et réaliste de Étienne Davodeau renforce enfin la gravité et l’émotion du récit. Les scènes de solidarité entre ouvriers donnent à l’œuvre une dimension profondément humaine. Ainsi, cette bande dessinée est à la fois une œuvre historique, politique et humaniste, qui rend hommage aux oubliés de l’Histoire tout en montrant le pouvoir de l’art pour transmettre la mémoire collective.

La BD a été adaptée en film d’animation en 2012 : Un homme est mort.  Le film reprend fidèlement l’esprit de l’œuvre, avec une narration engagée et une esthétique proche du dessin original.

Présentation de l'éditeur : Futuropolis

Du même auteurLes ignorants ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Le chien qui louche ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Loire ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Le droit du sol ♥ ♥ ♥ ♥ (BD)

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Filles maudites de Oyinkan BRAITHWAITE

Publié le par Hélène

 

Eniiyi naît le jour même des funérailles de sa cousine Monife. D’une grande beauté, elle lui ressemble tellement que beaucoup pensent que l’enfant est la réincarnation de Monife. Cette idée s’impose d’autant plus facilement que l’histoire se déroule à Lagos, au Nigéria, où les croyances et les traditions occupent une place importante. Eniiyi semble ainsi promise à un destin tragique. Elle appartient en effet à la famille Falodun, sur laquelle pèse une étrange malédiction : depuis des générations, on dit qu’aucun homme ne peut trouver la paix auprès d’une femme Falodun.

Le roman alterne les points de vue de trois personnages : Eniiyi, sa mère Ebun et sa cousine Monife, dont les voix se répondent et éclairent peu à peu l’histoire de cette famille marquée par le destin.

Ce que j'ai aimé :

Le roman permet de s'interroger sur les croyances populaires, sur ces mythes qui attribueraient la malchance à une malédiction. Eniiyi, jeune femme ancrée dans la modernité, hésite toutefois et envisage une autre voie, plus rationnelle : "Et si le traumatisme engendré par la perte de l'amour, de la stabilité et du statut social qui allait de pair avec le mariage avait laissé des marqueurs épigénétiques sur les générations successives des femmes Falodun ? Et si c'étaient les neurones de leur cerveau qui avaient poussé sa mère, sa grand-mère et sa grand-tante à choisir le mauvais partenaire, et que c'était là, la "malédiction" ?"

Parallèlement, le poids de la famille se fait omniprésent. Sous un même toit cohabitent les générations, et les aînés, garants d’un héritage et de valeurs, continuent de tirer les fils des existences plus jeunes. Cette transmission, si elle se veut protectrice, peut aussi devenir contraignante, freinant les élans d’émancipation. Dès lors, pour espérer se réinventer et conquérir un espace de liberté, les plus jeunes n’ont souvent d’autre choix que de s’éloigner, de partir à la recherche d’un horizon plus vaste.

Ce que j'ai moins aimé :

La fin m'a semblé ambivalente...

Bilan

Un très beau roman profond sur ces croyances enracinées dans certaines familles.

Présentation de l'éditeur : Editions La Croisée

Du même auteurMa soeur, serial killer ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman policier) 

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Sanctuaire de James CLEARY

Publié le par Hélène

Dans cette dystopie, les désastres climatiques ont fini par figer les Etats-Unis, provoquant des troubles civils, les plus pauvres se rebellant contre les plus riches. Dans ce climat tendu, le milliardaire John Brandt décide de mettre sa famille à  l'abri dans un bunker souterrain, le Sanctuaire, au cœur des Grandes Plaines. Mais ils sont rapidement rattrapés par un autre groupe prêt à tout pour survivre, mené par Grady. 

Mon avis :

L'auteur est acteur et metteur en scène et il a été profondément influencé par le rythme cinématographique. Le roman multiplie les clichés du film d'action américain : le lieu désertique, les comptes à rebours, les courses contre la montre, non sans son comptant de morts en cours de route ! Pour moi c'était trop, trop oppressant, trop de morts, trop d'incohérences, trop de noirceur, trop de personnages sans possibilité de s'attacher à aucun, trop de leçon de morale sur le désastre écologique, pas assez d'humanité, de supplément d'âme, pas assez de réflexions profondes, même si les pages de journal intime qui s'intercalent tentent de compenser ce manque. 

Et je ne vous parle pas de la fin !

Bilan : 

Un huis clos de survie assez brutal !

 

Présentation de l'auteur : Gallmeister

 

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Qui se ressemble de Agnès DESARTHE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Après avoir exploré sa branche maternelle ashkénaze dans ses précédents ouvrages, l'autrice se tourne ici vers sa lignée paternelle. En 1956 son père, tout droit venu d'Algérie, découvre la France. En 1973 à Paris jour de Kippour, la narratrice enfant prend conscience, presque sans le savoir, d’un monde en guerre et de ce que signifie appartenir à plusieurs mondes à la fois. elle tente de réconcilier ses identités multiples : juive, arabe par la langue de ses ancêtres, et française. 

Ce que j'ai aimé :

La mémoire familiale circule d'un chapitre à l'autre entre les générations, avec pour les relier, ce fil invisible de la chanson de Enta Omri d'Oum Kalsoum, comme un lien ténu entre les cultures et les générations, A travers elle se disent l'exil, la langue, la transmission, les émotions.

L'écriture de Agnès Desarthe, toute en sensibilité capte ce qui se transmet au-delà des mots ; gestes, silences, accents, tout ce qui constitue la famille. L'émotion reste toutefois pudique et contenue.

Ce que j'ai moins aimé : 

Cette beauté fragmentée, faite d’éclats brefs et de résonances, peut donner le sentiment d’un livre trop court, comme si l’on quittait trop tôt une voix que l’on commençait à peine à apprivoiser. Cette brièveté laisse une impression de suspension doublée d'une frustration discrète.

Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel

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Même le froid tremble de Nicole MERSEY ORTEGA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥  

"On a décidé de ne jamais s'empêcher de vivre." 

Dans le Chili des années 80, trois jeunes filles décident de se lancer dans un road trip à travers le pays pour  "aller voir le désert, les volcans, les flamants roses migrer, parler à la Vierge Noire et trouver enfin de l'espoir en découvrant d'autres couleurs sur la terre." Leur odyssée s'avère dangereuse dans un pays misogyne marqué par la violence sociale et chargé d'un passé politique lourd. Les rencontres accentuent cette tension constante, et si un tueur en série rôde, les hommes croisés sont tout aussi menaçants. 

Malgré cela, les jeunes femmes avancent, vers ailleurs, vers un espoir souvent bâillonné, ne retenant que les belles rencontres comme Maria la Tigresse trans, des féministes qui déboulent sur un stade de foot déguisées en lamas pour dénoncer les viols impunis des filles d'Atacama protégées par les footballeurs, trois délinquants qui vont prier la vierge noire de guérir leur mère atteinte d'un cancer, un père camionneur qui a perdu sa fille... 

Grâce à la force de leur jeunesse, elles portent leurs rêves à bout de bras, coute que coute, parce que "Il faut croire qu'au fond de nous, l'espoir n'est pas mort." "C'est beau, le manque de tout ce qui donne des pulsions de vie, vivre là où on ne devrait pas, s'affirmer avec les ongles sur le rocher, lutter contre la nature brutale qui écrase, je en trouve rien de plus bouleversant que la volonté de survie." 
Alors que tout suinte la violence et la mort, elles célèbrent la vie, l'envie de croire que demain sera meilleur !  

Un vrai coup de cœur qui, je l'espère gagnera le Grand Prix des Lectrices de Elle ! 

Sélection n° 6

Catégorie : Fiction 

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Le théorème du flamant rose de Jennifer KERNER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Le titre repose sur une image frappante : chez les flamants roses, les femelles perdent leur couleur pendant a couvaison, à cause de l’épuisement. Kerner s’appuie sur ce phénomène biologique pour illustrer une idée forte : donner la vie implique irrémédiablement une forme de sacrifice physique, psychique et social. 

Ce que j'ai aimé :

L'autrice met en lumière les aspects souvent gommés de la grossesse, mais aussi de l'accouchement et de la maternité qui suit. Elle évoque tous les risques encourus, des risques connus à ceux que l'on tait encore, parce que la parole et la douleur des femmes reste encore minimisée... Elle témoigne de sa propre grossesse et de ses effets pour étayer son propos. 

En tant qu'anthropologue, elle compare également les pratiques liées à la maternité dans différentes cultures et époques, aspect que j'ai trouvé très enrichissant et qui aurait mérité plus de développement.  

Ainsi, elle analyse la manière dont la médecine et la société occidentale traitent ou négligent le corps des femmes. Si la maternité est souvent  romantisée dans les discours sociaux, il ne faut pas minimiser ou taire la souffrance ou l’épuisement. Lors de ce moment intime de leurs vies, le corps des femmes devient un objet médical et politique, parfois au détriment de leur vécu. La douleur a tendance à être invisibilisée en raison du poids des attentes sociales qui pèsent sur les femmes. 

Ce que j'ai moins aimé :

Je m'imagine en jeune femme n'ayant pas encore eu d'enfants et je me demande si cet essai ne me découragerait pas... L'expérience de l'autrice a sans doute été traumatisante, difficile, et il est certain qu'il faut que la parole se délie sur ces sujets, mais peut être aurait-il fallu se placer davantage sur les moyens d'éviter ces écueils pour davantage d'optimisme...

Bilan :

Un essai à ne pas placer dans les mains des angoissées...

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Sélection n° 6

Catégorie Non fiction

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Avant que tombe la nuit de Eva Björg Ægisdóttir

Publié le par Hélène

♥ ♥

Alors que Marsí, 14 ans, entretient une correspondance secrète avec un garçon en se faisant passer pour sa sœur Stína, cette dernière disparait le jour où Marsi et lui devaient se rencontrer. Dix ans plus tard, l’affaire n’est toujours pas résolue et Marsí, persuadée que cette disparition est liée à cette relation, est rongée par la culpabilité. Elle revient dans sa maison familiale et lorsqu’elle reçoit une nouvelle lettre de son ancien correspondant, elle décide de reprendre l’enquête… mais elle doute de tout, y compris d’elle-même.

Ce que j'ai aimé :

L'autrice sait ferrer son lecteur, le roman est prenant dés le début si bien qu'on ne le lâche pas ! En se concentrant sur le point de vie de Marsi, l'intrigue joue sur la difficulté de distinguer réalité et imagination. les chapitres consacrés au passé permettent d'éclairer ses propos et de comprendre la frêle frontière entre ce que l'on vit et ce que l'on pense vivre ...

Ce que j'ai moins aimé :

Les fausses pistes se multiplient, l'autrice se plaisant à semer le lecteur en chemin, mais les ficelles sont tellement grosses, qu'on se retrouve vexés d'être considérés comme des lecteurs aussi crédules ! Vers la fin, les rebondissements se multiplient, retournements de situation, coups de théâtre, le lecteur est manipulé tel un pantin ridicule. 

Le roman se veut psychologique, mais je doute du bienfondé de certains comportements ou réactions des personnages !

L'histoire se passe en Islande, mais aurait pu tout aussi bien se passer ailleurs.

Bilan :

Un bon moment de lecture mais un peu trop attendu à mon goût...

Présentation de l'éditeur : Editions de la Martinière

Sélection n°6

Catégorie : Polar

Publié dans Roman policier Europe

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Certaines fièvres échappent au mercure de Mathilde FORGET

Publié le par Hélène

Édith se cache des autres, jusqu'au jour où, dans un train de banlieue, en face d'une fille aux cheveux follement bouclés, elle découvre un sentiment farouche, joyeux, sidérant.

Au début de ma lecture j'étais très sceptique : l'histoire d'amour ne m'intéressait pas vraiment, et certaines réflexions avaient tendance à me désarçonner : "Les poils de tes jambes sont visibles car tes jeans sont courts. Je voudrais en avoir plein entre les dents." 

Puis peu à peu des scènes intrigantes émergent loin de la bluette amoureuse : par exemple sitôt que l'autre disparait, cette tendance à imaginer le pire, à remuer ciel et terre pour s'assurer qu'elle n'est pas morte. Enfin, peu à peu, la cause se profile : le suicide de la mère alors que la narratrice avait 8 ans, ce creux laissé, ces questions en suspens, cette peur viscérale de perdre les êtres aimés quand ils ne sont plus visibles.

On comprend alors que la rencontre amoureuse bouscule la narratrice et que cet attachement naissant, s'il peut être salvateur est aussi source d'angoisse car il ravive des traumas laissés de côté. 

Si le propos est touchant, je n'ai pas été sensible à l'écriture ni au propos. Je suis passée à côté.

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Avalanche de Lance WELLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Les hommes s'en vont. Ou ils sont emportés. (Elle haussa les épaules.) Ça revient au même, je suppose, Les hommes s'en vont et nous attendons qu'ils nous reviennent." 

Au début du XXème siècle, Clara rejoint son oncle et sa tante qui vivent dans une petite ville isolée appelée Forsaken Heights, nichée dans les montagnes de l’Ouest américain. Dans le train, elle rencontre Jack, un homme hanté par son passé, revenu enterrer celui qui l’a élevé. Celui-ci n'est pas le bienvenue en ville car vingt ans auparavant, il a, sans le savoir, introduit dans la ville une épidémie mortelle qui a causé une tragédie durable. Plus d'un habitant a perdu un proche à cause de cette maladie. 

Ce que j'ai aimé :

Dans Avalanche, Lance Weller explore avec finesse le thème de la culpabilité, cette charge invisible que Jack porte malgré lui, héritée d’un passé qui n'en finit pas de passer... Il a droit  malgré tout à une seconde chance grâce à Clara et cette relation fragile est esquissée par touches subtiles, jamais appuyées, l’auteur évitant tout pathos pour laisser affleurer une émotion retenue mais persistante. Leur lien, marqué par les non-dits, reflète une humanité vacillante.

En toile de fond, la nature s’impose comme une force implacable, indifférente aux drames humains, qu’il s’agisse d’une épidémie ou d’une avalanche. Face à elle, l’homme demeure vulnérable, souvent dépassé par des événements où le hasard et l’ignorance jouent un rôle tragique. Weller suggère ainsi que les catastrophes ne sont pas toujours évitables, mais qu’elles révèlent ce que nous sommes profondément car l’être humain, dans toute sa complexité, se montre capable du pire comme du meilleur. Prompt à juger et à condamner, il peut aussi, contre toute attente, trouver en lui la force de pardonner.

Ce roman sensible interroge alors notre rapport à la faute, à l’autre et à la possibilité de rédemption.

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman met en scène des personnages brisés, physiquement, moralement, dans une Amérique rude. Le lieu reculé, le froid, la culpabilité de Jack, rongent peu à peu aussi le lecteur, et si les éclaircies existent, elles restent fugaces. Demeure juste un souvenir de douceur qui permet d'affronter le monde, de le supporter, une once de bonheur fugace, qui fuit rapidement mais reste gravée dans leur corps et dans leur âme pour permettre de continuer à avancer. 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

 

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