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Toutes les nuances de la nuit de Chris WHITAKER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

En 1975 à Monta Clare, dans une petite ville de l'Amérique profonde, le jeune Joseph « Patch » Macauley, un garçon borgne qui se prend pour un pirate, sauve la fille la plus riche de la ville d'un tueur en série de jeunes filles. Mais en faisant cela, Patch est capturé à sa place et disparaît. Saint, sa meilleure amie, une jeune fille farouche élevée par sa grand-mère, refuse d'abandonner l'idée de le retrouver. Elle va consacrer sa vie entière à le chercher. Lorsque Patch réapparaît des mois plus tard, il est brisé et transformé. 

Ce que j'ai aimé :

Les personnages prennent réellement vie au fil des pages, Patch, héros tragique se fait dévorer peu à peu par son traumatisme et par ses conséquences. A ses côtés, Saint tente de le sauver des griffes de la folie et de l'obsession, prête à tout sacrifier pour lui. Ni l'un ni l'autre ne grandit vraiment, tant ils sont restés marqués par ce traumatisme de 1975, n'ayant de cesse de s'extirper de cette obscurité pour enfin retrouver la lumière. Ils traquent la vérité

Certes le livre est épais (896 pages), mais les chapitres courts, presque cinématographiques, rendent la lecture fluide. 

Bilan : 

Le livre a reçu un accueil critique dithyrambique à sa sortie, bien mérité, il est souvent qualifié de "chef-d'œuvre de l'année" tant il transcende les genres du polar et de la littérature générale.

 

Publié dans Littérature Europe

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Grand prix des lectrices de Elle - Résultats

Publié le par Hélène

Les lauréats de cette édition 2026 : 

Les fantômes de Shearwater de Charlotte MCCONAGHY autrice aussi des magnifiques Je pleure encore la beauté du monde ♥ ♥ ♥ et Migrations ♥ ♥ ♥ 

La colline de Mathilde BEAUSSAULT

Sortir de la maison hantée de Pauline CHANU

 

En compétition : 

Les éléments de John BOYNE  ♥ ♥ ♥ ♥ 

Baignades de Andrée A. MICHAUD  ♥ ♥ ♥

La collision de Paul GASNIER  ♥ ♥

Quatre jours sans ma mère de Ramsès KEFI  ♥ ♥ ♥

La cabane dans les arbres de Véra BUCK ♥ ♥ ♥ ♥

Où les étoiles tombent de Cédric SAPIN-DUFOUR  ♥ ♥

La déroute de Emma PATTEE 

L'affaire Balzac de Hervé JUBERT  ♥ ♥

L'adieu au visage de David DENEUFGERMAIN ♥ ♥

Nourrices de Séverine CRESSAN ♥ ♥ ♥ ♥

La maison des silences de Donato CARRISI

Sortir de la maison hantée de Pauline CHANU ♥ ♥ ♥ ♥

Eclaircie de Carys DAVIES ♥ ♥ ♥ ♥

Le diable est un menteur de Fémi KAYODE ♥ ♥ ♥

Le book-club de la CIA de Charlie ENGLISH ♥ ♥ ♥

Même le froid tremble de Nicole MERSEY ORTEGA  ♥ ♥ ♥ ♥

Avant que tombe la nuit de Eva BJORG AEGISDOTTIR  ♥ ♥

Le théorème du flamant rose de Jennifer KERNER ♥ ♥

Les fantômes de Shearwater de Charlotte MCCONAGHY   ♥ ♥ ♥ 

Le champ des méduses de Oto OLTVANJI  ♥ ♥ ♥ ♥

La vie sexuelle des femmes africaines de Nana DARKOA SEKYIAMAH  ♥ ♥ 

La femme coupée en deux de Julie FUSTER  ♥ ♥

La colline de Mathilde BEAUSSAULT ♥ ♥ ♥ ♥

L'immontrable de Pauline DELABROY -ALLARD ♥ ♥

 

Mes préférés :

Fiction :

Même le froid tremble de Nicole MERSEY ORTEGA

Eclaircie de Carys DAVIES

Nourrices de Séverine CRESSAN

Les éléments de John BOYNE

Polar :

La colline de Mathilde BEAUSSAULT

Le champ des méduses de Oto OLTVANJI 

Essais : 

Sortir de la maison hantée de Pauline CHANU

 

Ce fut une belle aventure, j'ai pu découvrir des livres vers lesquels je ne serais pas allée naturellement, et j'ai été agréablement surprise par la qualité de ces lectures ! 

Le prix s'est clôturé par une belle soirée au théâtre de la Concorde, aux côtés des autres jurées, notamment Anne et Séverine avec qui j'ai pris plaisir à passer la soirée ! Merci aux organisatrices qui nous ont fait confiance !

 

Publié dans Prix littéraires

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Nord et Sud de Elizabeth GASKELL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Margaret Hale est la fille d’un pasteur du Sud rural qui quitte l’Église d’Angleterre pour des raisons de conscience et emmène sa femme et sa fille dans la ville industrielle de Milton dans le Darkshire, où on lui propose un travail de professeur privé. Ils rejoignent ainsi le rude et besogneux Nord industriel qui contraste sévèrement avec le paisible Sud rural et conservateur. Margaret découvre un monde totalement différent de celui qui était le sien, elle, qui vivait chez sa tante, dans un milieu privilégié, se heurte à un monde régi par la révolution industrielle et la montée des syndicats. Ces nouvelles valeurs s'incarnent dans le personnage de John Thornton, un riche manufacturier de la ville que méprise Margaret. Elle se lie au contraire avec les Higgins, des pauvres du quartier pour qui elle éprouve de la compassion. A leurs côtés, elle assiste alors aux premières grèves organisées et voit s'affronter patrons et ouvriers, s'éloignant peu à peu de l'univers qu'elle a quitté, de ces nobles qui se laissent vivre de façon indolente en entretenant des discussions superficielles, quand de l'autre côté, des travailleurs acharnés se battent pour nourrir leurs enfants. La jeune femme prend résolument partie, encourageant un dialogue égalitaire entre patrons et ouvriers, ouvriers qu'elle considère avant tout comme des êtres humains et non pas des outils de production régentés par le monde de l'argent. 

Dans cette magnifique fresque au souffle romanesque puissant, les points de vue différents s'affrontent face au pouvoir industriel, et les préjugés de la jeune Margaret se transforment face à la réalité et face à son ennemi de la première heure, le ténébreux John ... 

Elizabeth Gaskell a su trouver le bon équilibre entre romance et roman social pour porter les questions de son siècle sur le devant de la scène, et si les scènes sentimentales flirtent quelquefois avec les clichés, les pages passionnantes sur les grèves rachètent ces légers errements.

Un grand roman victorien. 

Présentation de l'éditeur : Points

 

Publié dans Littérature Europe

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La femme coupée en deux de Julie FUSTER

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Louise semble menée une existence maitrisée : elle suit une carrière dans le milieu de l'art, renvoie une image impeccable et semble tout contrôler. Mais quand elle revoit sa mère Nadia lors d'un mariage, puis quand elle apprend sa mort, tout se fissure. Louise est alors sommée de revenir vers un passé qu'elle avait enfoui. 

Ce que j'ai aimé : 

Le roman pose une question brutale : l'artiste a-t-il le droit de "piller" la vie de ses proches pour créer ? Nadia a transformé la douleur de sa fille en matière première, un acte que Louise perçoit comme un viol de son intimité. Mais le processus créatif apparaît aussi comme indubitablement lié à l'entourage : l'influence des proches est inévitable "J'étais sans cesse poursuivi, rattrapé, dévoré par eux, par leur influence, leurs questions, et les coïncidences perpétuelles qu'ils relevaient entre mes textes et ce qu'ils voulaient bien comprendre."

En retournant sur les lieux de son passé, Louise voit ses certitudes s'effriter. Le roman explore aussi comment nous réécrivons nos propres souvenirs pour survivre.

Ce que j'ai moins aimé

Le thème du conflit mère-fille reste assez classique et ne m'a pas touchée. 

Bilan :

Une lecture fluide mais peu marquante. 

Sélection n° 8

Catégorie Fiction

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L'immontrable de Pauline Delabroy-Allard

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"L'immontrable" est une photographie que l’autrice a prise mais qu'elle ne pourra jamais montrer à quiconque : celle de son petit garçon, né sans vie après une interruption médicale de grossesse à sept mois. Elle revient alors sur ce deuil difficile.  

Ce que j'ai aimé :

Ce thème est peu courant, cette forme de deuil particulière est rarement mise en mots : en effet, comment parler de cet enfant que l’on n’aura jamais connu vivant ? Le texte s’attache à cette absence paradoxale, une présence sans souvenirs partagés, sans gestes, sans voix, sans image, et donne corps à une douleur souvent tenue hors champ. Ainsi, l'autrice scrute ce que la parole commune laisse dans l’ombre : les naissances avortées, volées, suspendues, et les blessures muettes que portent les parents. Il devient à la fois un acte de mémoire et une contemplation du visible et de l’effacé, de ce qui a été, et de ce qui demeure impossible à dire.

Ce que j'ai moins aimé :

Le genre en lui même du texte témoignage autobiographique a tendance à me déplaire : je n'aime pas l'idée de pénétrer dans une intimité extrême, presque sans médiation. Cette proximité avec la douleur réelle d’une expérience vécue suscite en moi un léger malaise. 

Bilan : 

Mais c’est sans doute là que réside la force du livre : dans cette tension entre la nécessité de dire et l’impossibilité de montrer, entre le partage et le retrait, entre la mémoire offerte et la pudeur irréductible.

Sélection n°8

Catégorie Non fiction

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La colline de Mathilde BEAUSSAULT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥  

Dans une cité de Rennes, par un froid jour d'hiver, on découvre un nouveau-né vivant au fond d'un conteneur à ordures. Les heures qui suivent cette découverte voient se succéder plusieurs voix : Monroe 17 ans, agonisant après l'accouchement, et se replongeant dans les souvenirs heureux de sa grossesse passée auprès de sa grand-mère,

Ce que j'ai aimé :

L'histoire plonge ses ramifications dans une réalité sociale bousculée. Chacun essaie de tracer son chemin, cahin-caha, et les plus jeunes trinquent face à la déroute des ainés. Chaque portrait se distingue par sa précision et son humanité, porté par un  e compréhension subtile des personnalités. La galerie de métiers représentés révèle un sens aigu de l’observation réaliste. Les soignantes, notamment, nous plongent avec une grande justesse dans le quotidien hospitalier, submergé par l’afflux des dossiers, où l’on devine qu’il est impossible de répondre à tout. Les policiers apparaissent parfois démunis, les pompiers habités par le désir de connaître le destin de ceux qu’ils ont secourus. Jusqu’au couple âgé, décrit avec une finesse et une acuité remarquables, rien n’échappe au regard attentif de l’auteur.

Pour ne rien gâcher, l'ensemble est parfaitement rythmé, le suspens montant crescendo.

Enfin, Beaussault excelle à trouver des moments de grâce et de poésie là où tout ne pourrait être que misérabilisme. Elle insiste sur l'importance de se raccrocher aux beaux souvenirs, aux belles personnes croisées en chemin pour contrebalancer les phases plus douloureuses de nos parcours et interroge sur ce que chacun peut sauver de son humanité quand tout s'effondre. En cela la scène décrite tirée du film "Le vieux fusil" résonne longuement  "c'est un homme qui a traversé le pire, vous savez. (...) A la fin du film, il remonte dans son auto, il pleure et il sourit en même temps. Quand on y pense, c'est un peu à ça que ressemble la vie. Des larmes et des sourires, et chacun garde ce qu'il peut." 

Un vrai coup de cœur ! 

Présentation de l'éditeur : Seuil

Sélection n°8

Catégorie Polar

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La vie sexuelle des femmes africaines de Nana Darkoa Sekyiamah

Publié le par Hélène

♥ ♥

Nana Darkoa Sekyiamah, une militante féministe ghanéenne, a cofondé le blog Adventures from the Bedrooms of African Women. Constatant que la parole sur le plaisir et l'intimité des femmes africaines était souvent confisquée par des regards extérieurs ou étouffée par des tabous locaux, elle a passé six ans à interviewer des femmes à travers le continent et la diaspora. Elle livre ici les témoignages de plus de 30 femmes, d'origines, d'âges et d'orientations sexuelles variés.

Ce que j'ai aimé :

Dans de nombreuses sociétés, la sexualité féminine est perçue uniquement sous l'angle de la procréation ou du devoir conjugal. Ce livre a le mérite de replacer le plaisir au centre de la réflexion. L'autrice montre le chemin difficile pour s'affranchir des attentes patriarcales, religieuses ou familiales tout en déconstruisant l'image monolithique de "la femme africaine" : il montre une pluralité de désirs, d'identités et de combats.

"Le chemin qui mène à la liberté sexuelle n'est ni linéaire, ni figé, ni définitif. La liberté est un cap vers lequel on tend toute sa vie." 

Ce que j'ai moins aimé :

Le livre aborde de front l'hétérosexualité mais aussi le plaisir queer, le polyamour, le BDSM, et je ne suis pas certaine que ces pratiques reflètent la majorité des expériences des femmes africaines...

Je n'ai pas trouvé de recul, les témoignages sont livrés bruts, sans analyse ou réflexion.

Bilan :

Sous ce titre aguicheur se cache finalement la vie sexuelle des femmes, qu'elles soient africaines ou issues d'autres pays...

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Les fantômes de Shearwater de Charlotte McCONAGHY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sur une île isolée de l’océan Austral, menacée par la montée des eaux, un père et ses trois enfants veillent sur une banque mondiale de graines, censée préserver l’avenir de l’humanité. Mais la montée des eaux va les obliger à partir dans quelques semaines. Un soir, après une tempête, une femme échoue sur la plage. Que cherche-t-elle dans ce lieu désolé ? Que tentent de cacher ses hôtes ? 

Ce que j'ai aimé :

Ce roman se situe à la frontière de plusieurs genres : à la fois fable écologiste, récit d’anticipation post-apocalyptique et thriller, il s’inspire également du nature writing, ce qui lui permet de séduire un large public. Ce mélange des registres fonctionne avec efficacité.

La famille occupe une place centrale dans l’histoire, portée par des relations complexes et des silences subtilement distillés. La figure paternelle se distingue particulièrement : marqué par un deuil qu’il n’a pas su surmonter, il s’efforce malgré tout de veiller sur les siens.

Enfin, pour couronner le tout, l’objet livre est en lui-même superbe.

Ce que j'ai moins aimé :

Autant de drames étaient-ils nécessaires ? 

Tout comme le style qui le sert, le message s'avère relativement simpliste : le monde est dangereux, nous ne survivrons pas mais rien de vaut la beauté des rapports humains familiaux, un message distillé plus délicatement dans bon nombre de romans, dont le magnifique Soleil des Scorta relu récemment. Avec cette même scène de banquet et de danse symbole d'insouciance et de bonheur de vivre. 

Bilan :

Une petite déception tant j'avais apprécié les romans précédents ! 

Du même auteur : Je pleure encore la beauté du monde ♥ ♥ ♥ ♥ ; Migrations ♥ ♥ ♥ 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Sélection N°7

Catégorie Fiction 

Publié dans Littérature Europe

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Le champ des méduses de Oto OLTVANJI

Publié le par Hélène

♥ ♥  

Belgrade, années 2020. Le Sceptique, ancien journaliste reconverti en détective privé, est sollicité par Aleš, un vieil ami rencontré à l’époque de l’armée populaire yougoslave. Sa mission : retrouver Marijana, l’épouse de ce dernier, disparue dix ans plus tôt.

Mais cette affaire, loin d’être banale, entraîne le détective dans un véritable labyrinthe d’intrigues, de passions et de mensonges. De Belgrade aux rivages de Rovinj, surnommée le « Saint-Tropez croate », son enquête met au jour le passé trouble d’une élite corrompue et décadente, liée par un drame ancien : la disparition, trente ans plus tôt, de Bisera, la mère de Marijana.

Ce que j'ai aimé :

Le personnage principal allie "patience, compassion et conscience ou en d'autres mots "un fouineur pathologique, un voyeur et un emmerdeur" Il apparait comme une figure ambivalente, profondément humaine, qui n’est pas sans rappeler Philip Marlowe et toute la tradition des enquêteurs de romans noirs : solitaires, obstinés, un peu cabossés, mais incapables de lâcher prise.

Ici, pas de course effrénée ni de rebondissements spectaculaires à chaque page. Le rythme est lent, presque contemplatif. L’enquête progresse par touches, par fragments, au fil des rencontres et des silences. Et c’est dans cette lenteur que le roman trouve sa densité : chaque détail compte, chaque zone d’ombre s’épaissit.

Ce que j'ai moins aimé :

Beaucoup de personnages...

Bilan :

Une belle découverte !

Présentation de l'éditeur : Agullo Editions

Sélection n°7

Polar

Publié dans Roman policier Europe

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Le pays des phrases courtes de Stine PILGAARD

Publié le par Hélène

♥ 

La narratrice quitte Copenhague pour s’installer dans le Jutland rural avec son compagnon, professeur dans une école alternative. Pendant qu'il enseigne, elle s'occupe de leur bébé et tente de nouer des relations avec les habitants de la communauté, ce qui n'est pas une tâche facile tant elle trouve les habitants particuliers. Elle peine à trouver sa place, ne comprenant pas les codes, les conversations semblant se terminer avant d’avoir commencé. En parallèle, elle essaie désespérément d’obtenir son permis de conduire, faisant le désespoir des différents moniteurs...

Ce que j'ai aimé : 

Le permis de conduire devient d’ailleurs une métaphore de cette difficulté à “circuler” dans la vie sociale. La narratrice comprend mal les règles implicites du monde qui l’entoure, comme si elle n’arrivait jamais à conduire correctement dans les relations humaines. Leur expérience en tant que parents n'arrange pas les choses : ils ne dorment pas depuis plusieurs mois et vivent perpétuellement dans un brouillard, ignorant quels peuvent être les meilleurs choix pour leur enfant, navigant à tâtons dans ce monde complexe de la parentalité.

Alors qu'elle essaie désespérément de comprendre les codes de cette communauté, observant, voire harcelant les "professionnels" de la communication, elle répond également dans un journal local à des lettres de lecteurs.

Là elle fait preuve d'une clairvoyance étonnante derrière ses maladresses : quand une femme lui demande comment savoir si un homme est fiable, elle conseille de regarder comment il ses comporte avec ceux qui travaillent dans le secteur des services, les serveurs, chauffeurs de taxi. Quand un jeune père se plaint des changements de sa femme depuis qu'ils ont des enfants, elle mentionne la "colère de la nuit des temps des femmes contre les hommes" : "un tonnerre assourdissant transgénérationnel" "c'est la peur collective d'être violée, des douleurs menstruelles vertigineuses, des accouchements solitaires et un sentiment d'ingratitude." Un fardeau que nous portons et nous ne pouvons pas toujours le porter en silence. Pour conclure " Méfie-toi de la rage de la nuit des temps. Ne la prends pas personnellement, mais prends-la au sérieux." 

Ainsi, derrière cette personnalité déphasée, se terre une vraie angoisse moderne : comment appartenir à un groupe, comment aimer, comment parler, comment devenir adulte quand on a l’impression de jouer un rôle, et surtout comment parler aux autres quand on a trop de mots dans un monde qui préfère les phrases courtes !

Après une année entière passée au sein de cette école, la jeune femme finira finalement par trouver sa place...

Bilan : 

Un de ces romans à la fois absurde et profond, comme je les aime !

 

 

Publié dans Littérature Europe

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