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Les femmes de mon père de José Eduardo AGUALUSA

Publié le par Hélène

Laurentina, une documentariste portugaise, apprend à la mort de son père adoptif qu’elle est en réalité la fille illégitime d’un célèbre musicien angolais, Faustino Manso. Ce dernier, saxophoniste de renom, a voyagé à travers l'Afrique, laissant derrière lui plusieurs femmes et enfants.

Intriguée par ses origines, Laurentina entreprend un voyage à travers l'Afrique pour retrouver les traces de son père. 

Ce que j'ai aimé :

Le rythme musical, qui fait écho aux voyages du père et aux sons du jazz et de la musique africaine, emporte le lecteur dans un voyage dans une Afrique métissée et vibrante... Laurentina part à la quête de ses origines dans cette Afrique postcoloniale marquée par la guerre et l'espoir d'un renouveau. Si elle rencontre symboliquement son père, saxophoniste, symbole de la richesse culturelle et du brassage des influences entre l'Afrique et le monde lusophone, elle croise aussi des personnages féminins marquants.

Ce que j'ai moins aimé :

Chaque chapitre reprend le point de vue d'un narrateur différent, seulement le nom du narrateur n'est pas précisé si bien qu'on se perd rapidement entre les personnages.

Bilan :

Il faut se laisser porter par la musicalité du roman en acceptant de perdre ses repères...
 

Présentation de l'éditeur : Editions Métailié

 

Publié dans Littérature Afrique

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Vertical de Shinichi Ishizuka

Publié le par Hélène

Sanpo Shimazaki est un passionné de montagne résidant dans les Alpes japonaises. Considéré comme un expert des sommets, il agit en tant que secouriste volontaire, prêt à sauver randonneurs imprudents, skieurs en difficulté et alpinistes en danger. Sanpo, amoureux inconditionnel de la montagne, en connaît les beautés mais aussi les innombrables dangers.

Ce que j'ai aimé :

Le manga explore l'univers de l'alpinisme et met en lumière les défis et les dangers liés à la montagne. Les histoires poignantes présentées dans la série illustrent les sacrifices et les efforts des secouristes en montagne.

Vertical offre une immersion profonde dans le monde de l'alpinisme, mettant en avant les risques et les beautés de la montagne. Le personnage de Sanpo Shimazaki incarne la passion et le dévouement, offrant aux lecteurs des histoires riches en émotions et en enseignements sur la vie en altitude.

Ce que j'ai moins aimé :

Les histoires sont quelque peu répétitives.

Bilan :

La série compte 18 volumes mais je ne suis pas certaine d'aller plus loin...

Présentation de l'éditeur : Glénat

Publié dans Manga - Manhwa

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Un pied au paradis de Ron RASH

Publié le par Hélène

♥ ♥

En Caroline du Sud, dans une vallée vouée à être engloutie par un barrage, le shérif Will Alexander enquête sur la disparition de Holland Winchester, un jeune homme revenu marqué de la guerre de Corée. Ses soupçons se portent rapidement sur Billy Holcombe, un fermier du coin, mais faute de preuves, l’affaire semble vouée à rester irrésolue.

Ce que j'ai aimé :

Chaque chapitre adopte le point de vue d'un personnage différent : le shérif, Billy Holcombe, sa femme Amy, leur fils et un dernier témoin. Chacun apporte un éclairage nouveau sur l’affaire, densifiant peu à peu l'intrigue. Si le roman commence comme un roman policier, il devient peu à peu un roman social, se transformant au fil des chapitres. La vallée où se déroule l’histoire est condamnée à être engloutie par un barrage, métaphore d’un monde rural qui s’efface face à la modernité. L'écriture sobre accentue cette tension dramatique.

Bilan :

Un grand roman noir !

Présentation de l'éditeur : Folio

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Oliver Twist de Charles DICKENS

Publié le par Hélène

Oliver Twist est un orphelin né dans un hospice, où il grandit dans la misère et la maltraitance. À neuf ans, il est placé chez un croque-mort, mais il finit par s’enfuir et rejoint Londres. Là, il tombe sous l’emprise de Fagin, un vieil homme dirigeant un groupe de jeunes pickpockets. Oliver est forcé de participer à un vol, mais il est arrêté. Heureusement, il est recueilli par Mr. Brownlow, un homme bienveillant qui commence à découvrir les mystères de son passé. Cependant, la bande de Fagin, notamment le brutal Bill Sikes et la compatissante Nancy, ne comptent pas le laisser s’échapper aussi facilement. Entre manipulations, révélations et dangers, Oliver devra lutter pour trouver sa véritable place dans la société.

Ce que j'ai aimé :

Oliver Twist a  été publié en 1837-1839 sous forme de feuilleton, puis en livre en 1839. C'est l'un des premiers romans anglais à avoir pour héros un enfant et l'un des plus célèbres de son auteur, un des romans les plus emblématiques du XIXème siècle. Il dénonce les injustices sociales de l’époque victorienne, notamment le traitement des pauvres et des orphelins par le biais de ce personnage mythique qui incarne l'innocence face à la corruption.

Ce que j'ai moins aimé :

Ce type de romans n'est pas vraiment mon style : l'enfance malheureuse n'en finit pas de sombrer, les rebondissements sont innombrables et longs, et pourtant je l'ai lu en version abrégée.

Bilan :

Ce livre a été adapté de nombreuses fois au cinéma, au théâtre et en comédie musicale (Oliver!). Son influence sur la littérature et la culture populaire reste immense.

Publié dans Littérature Europe

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La glorieuse vengeance de Maude Horton de Lizzie POOK

Publié le par Hélène

♥ ♥

Londres 1850. Maude Horton apprend que sa sœur Constance, qui s'était déguisée en homme pour embarquer sur un navire en partance pour l'Arctique, a mystérieusement disparu. Les autorités se contentent d'évoquer un "incident malencontreux". Déterminée à retrouver des réponses, la jeune femme se lance dans une enquête dangereuse qui la mène dans les bas-fonds d’un Londres troublé par la "Murder Mania", une époque où les exécutions publiques fascinent autant qu’elles terrifient. Sur son chemin, elle croise Edison Stowe, un homme manipulateur et inquiétant.

Ce que j'ai aimé :

Lizzie Pook nous plonge dans dans l'Angleterre victorienne du XIXe siècle, et entremêle avec talent mystère, aventure et quête de justice. Elle sait créer des personnages féminins forts, qu'il s'agisse de Maude ou de Constance, dont on découvre l'aventure par le biais du journal intime découvert par sa sœur.

Ce que j'ai moins aimé :

Les personnages peuvent être quelquefois caricaturaux.

Bilan :

Un roman historique riche en rebondissements !

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur : La fille du pêcheur de perles ♥ ♥ ♥ ♥

 

Thème du mois : La fin des hommes

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Coyote de Sylvain PRUDHOMME

Publié le par Hélène

♥ ♥

De Tijuana à Matamoros, Prudhomme a parcouru 2 500 kilomètres en stop en deux semaines. Il a longé la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, cette zone hautement symbolique et marquée par les tensions migratoires, la surveillance accrue et les récits politiques, notamment ceux de Trump. Il rencontre des ouvriers, des camionneurs, des trafiquants de drogue, des artistes et retranscrit leur conversation. Ces morceaux épars finissent par dresser un portrait sensible et humain de cette zone frontalière.

"J'essaie plein de choses. Je fais de mon mieux pour rester ouvert. Accueillir ce qui vient, tu comprends ? Disons que c'est ça, pour l'instant, ma principale œuvre. J'essaie de me tenir ouvert. D'accueillir. Accueillir."

Prudhomme choisit de porter un regard poétique et intime sur ce sujet brûlant, cherchant à comprendre comment cette frontière influence la vie des habitants qu'il croise. Il capture des instants de vie, prenant même une photo à la fin de leur voyage partagé, et tous prennent vie sous nos yeux, ils deviennent profondément vivants, êtres de souffrance sommés de s'adapter à une politique insensée :

« Alors comme ça, tu bosses sur le mur de Trump. Ah, Trump. Ce gros naze. Ce foutu trouduc. […] Pour nous, ce type est un choc quotidien. J'ai habité à New York, j'en ai connu des mecs comme lui. Il n'est pas aussi crétin qu'on le dit. C'est faux de dire qu'il serait totalement crétin. Simplement, il regarde que la réussite. Il est raciste, c'est une évidence. Mais il est encore plus classiste que raciste. C'est-à-dire que tu peux être noir ou latino ou ce que tu veux, si tu réussis à t'enrichir, pas de problème : t'as ta place dans son Amérique. Le problème, c'est si t'es pauvre. »

Photo Prudhomme / Les Éditions de minuit

Le titre est lui aussi hautement symbolique : "les coyotes" sont les passeurs qui aident les migrants à traverser la frontière, mais le nom représente aussi l'auteur, passeur lumineux qui relie, guide et offre ici la radiographie de l'Amérique contemporaine, marquée par la peur, les divisions profondes, mais aussi par des solidarités lumineuses inattendues.

Aller à la rencontre de l'autre, passer la frontière qui sépare les idées préconçues et la réalité, se heurter à l'identité de l'autre, autant de pistes essentielles pour le monde de demain...

"Ay, Silvano ! Regarde ces couleurs sur le désert. Regarde comme c’est beau. On a le coucher de soleil pour nous. Tu veux que je te dise mon avis ? On a eu du bol de naître dans cette vie. ¿ Qué dices de la vida : bonita, no ? Elle est belle mais elle est courte, il faut la vivre bien."

Présentation de l'éditeur : Les Editions de Minuit

Du même auteur : Par les routes ♥ ♥ ♥ ♥ ; Les grands ♥ ♥ 

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Les courants fourbes du lac Tai de Qiu Xiaolong

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Cette série met en scène un inspecteur principal Chen un peu particulier : il aime citer de la poésie pendant une enquête, il écrit lui même, il apprécie la bonne chair, et aime les discussions philosophiques, c'est "un incorrigible épicurien avec un appétit infaillible même en pleine enquête criminelle."

Il est envoyé en congé spécial dans un luxueux hôtel près du lac Tai, l'un des plus grands lacs de Chine, situé près du delta du Yangzi Jiang. Officiellement en vacances, Chen est en réalité chargé d'enquêter discrètement sur la pollution croissante du lac, qui suscite des inquiétudes au sein du Parti. Son séjour prend une tournure inattendue lorsqu'il découvre que le directeur d'une entreprise chimique locale a été retrouvé mort. Chen se retrouve alors plongé dans une enquête complexe mêlant corruption, enjeux environnementaux et intérêts politiques. Il rencontre une belle jeune femme Shanshan, et son enquête oscille entre les beaux yeux de Shanshan et ses soupçons.

"Pourquoi est-on capable de faire n'importe quoi pour de l'argent ? Une partie de la réponse est l'effondrement du système éthique. Les Chinois croyaient au confucianisme, puis au maoïsme, mais au présent ? En ces temps matérialistes nos journaux regorgent désormais de "nouveaux honneurs et de nouvelles hontes". Qui croit encore à ces choses-là ?"

« Qiu Xiaolong décrypte une société chinoise qu’il connaît bien. Il offre un panorama de son pays plein d’humour et de justesse, au fil de ses mutations et de ses traumatismes. » Télérama

L'inspecteur Chen livre ici sa sixième enquête mais j'ai personnellement commencé par ce tome sans être perdue. Je vous le conseille !

Présentation de l'éditeur : Points

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La dame de Job de Alexandre VIALATTE

Publié le par Hélène

♥ ♥

"L'important n'est pas ce qui se passe, mais la façon dont ce qui se passe s'imprime en nous."

"C’est une dame, écrivait Alexandre Vialatte à Jean Paulhan, qui fume la cigarette sur un calendrier du Job dans une auberge sur le plateau du champ de tir, près d’une petite ville de garnison." Son image fascine deux enfants, le narrateur et Frédéric Lamourette, fils du chef de musique. Ils vont bâtir, autour de l’auberge et du champ de tir, un univers fantastique dont elle sera l’énigmatique souveraine.

Ce que j'ai aimé :

L'écriture témoigne indéniablement d'une finesse littéraire, alliant poésie, satire et fantaisie. L'atmosphère mélancolique se double d'une réflexion sur la condition humaine. La banalité du quotidien est transcendée par la réflexion philosophique : l'existence humaine apparait comme une suite d'absurdités qu'on tente de comprendre sans jamais y parvenir. La beauté ne réside pas dans les grandes choses mais dans la façon dont on les regarde.

"Il faut longtemps avant d'apprendre, en quelque point du vaste monde, devant un spectacle pareil à ceux que nous avaient promis les dessinateurs du journal, que ce qu'on allait chercher si loin, ce n'était pas ce qu'il y avait sur l'image, mais le souvenir de cette heure où l'on avait pu croire un jour qu'il existe des paradis hors de ceux qu'on s'invente soi-même."

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai moins apprécié la deuxième partie.

Bilan :

Une oeuvre qui me donne envie de découvrir plus avant cet auteur !

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Trois femmes puissantes de Marie N'DIAYE

Publié le par Hélène

Le roman met en scène trois destins de femmes : la première, Norah, après avoir grandi en France avec sa mère, revient au Sénégal sur la demande de son père avec qui elle a peu de contact. Fanta est une professeure de français africaine qui est mariée à Rudy, ils se sont installés en France. Khady est une jeune africaine mariée qui a été renvoyée par sa belle famille après la mort de son époux. Elle doit partir pour la France et suivre le chemin infernal des émigrés clandestins. Elle se retrouve obligée de se prostituer afin de subvenir à ses besoins.

Chacune est confrontée à des situations de violence, d'oppression et de lutte pour leur dignité.

Ce que j'ai aimé :

Les rapports de domination sont passés au scalpel, qu'il s'agisse de la domination du père, du mari ou de la société. Chaque geste est disséqué, chaque pensée analysée, le malaise s'installe peu à peu et fait vaciller les consciences.

Fanta n'est vue que par le biais du point de vue de son mari, un homme insatisfait, jaloux des autres mais l'effet est décuplé, comme si elle était réellement le pantin de cet homme raté.

Chacune de ces femmes essaie malgré tout de reprendre possession de sa vie après avoir connu les pires des souffrances.

Ce que j'ai moins aimé :

Personnellement je n'ai pas ressenti la puissance de ces femmes, certes elles essaient de faire preuve de résilience face à l'adversité, mais leurs tentatives restent relativement vaines. Le titre aurait pu être mieux choisi car il dirige la lecture vers des horizons qui ne sont que mirages.

L'écriture alourdit encore cette atmosphère sombre et oppressante.

Présentation de l'éditeur : Folio

Prix Goncourt 2009

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L'épopée de Gilgamesh

Publié le par Hélène

♥ ♥

L'épopée de Gilgamesh est la première œuvre littéraire que nous possédions, transmise à l’oral vers 2300 avt JC déchiffrée en 1872 et adaptée de façon moderne en 1947 par Jacques Cassabois. 

La XIe tablette de la version de Ninive de l’Épopée de Gilgamesh, relatant le Déluge. British Museum.

Elle questionne sur l'universelle fatalité du destin des hommes et montre que le mythe et la littérature nous interrogent sur les grandes questions de la condition humaine, la vie, la mort, le bonheur, la liberté.

Elle relate l'histoire de Gilgamesh, roi tyrannique que les dieux décident de tempérer en lui envoyant un rival, Enkidu. La rencontre entre Gilgamesh et Enkidu est essentielle : Enkidu, être sauvage, humanise Gilgamesh en lui enseignant l’humilité et la compassion. Leur amitié est profonde et les aide à évoluer. Tous les deux, ils triomphent du géant Humbaba et du Taureau Céleste. Le récit bascule avec la mort d’Enkidu, punition infligée par les dieux pour l’affront qui leur a été fait. Gilgamesh se lance alors dans la quête de l'immortalité qui le conduit jusqu’au bout du monde où réside l’immortel Uta-Napishti. 

Ce que j'ai aimé :

Gilgamesh, après la mort de son ami Enkidu, entreprend une quête désespérée pour trouver l’immortalité. Mais il échoue et comprend que la mort est inévitable pour tous les humains. Cette prise de conscience est l'un des premiers récits littéraires de la finitude humaine. L’immortalité physique est hors d’atteinte, mais l’homme peut laisser une trace par ses actes et son héritage.

« Non seulement personne ne t’oubliera, mais chacun portera en lui une part d’humanité que tu auras donnée. Voilà comment tu deviendras immortel. » p 93

« Tu es un homme, alors fais régner l’homme. En toi, en chacun."

Il comprend que la véritable grandeur ne réside pas dans la puissance brute, mais dans la sagesse et le service aux autres. Uta-Napishtim lui révèle que la vie humaine est éphémère, mais que la sagesse et l’histoire se transmettent de génération en génération. La mémoire et la transmission du savoir sont essentielles pour les civilisations.

L’échec de Gilgamesh à obtenir l’immortalité ne signifie pas que son voyage était vain. Au contraire, il apprend à voir la valeur de la vie humaine et du moment présent. « Deviens un gourmet », est l'ultime conseil donné à Gilgamesh, la sagesse ne résidant pas dans la quête de l’éternité, mais dans la compréhension et l’acceptation de la vie telle qu’elle se présente.

Bilan :

Ce récit est infiniment riche en philosophie, et plutôt que de lire des livres vains et creux de développement personnel, chacun devrait se pencher sur ces pages !

Publié dans Littérature Asie

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