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Le corps et l'âme de John HARVEY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ancien inspecteur de police à la retraite, Elder a cherché à se retirer du monde de la criminalité dans un petit village des Cornouailles, espérant trouver un peu de paix. C'est un homme taciturne, marqué par les années passées à résoudre des crimes violents, mais aussi par sa vie personnelle tumultueuse, notamment sa relation avec sa fille, Catherine. Mais dans ce dernier volet de sa saga, le passé le rattrape de manière douloureuse et personnelle.

Ce que j'ai aimé :

Dans Le Corps et l'Âme, Frank Elder n'est pas seulement un détective en quête de vérité, mais un homme en quête de réconciliation avec lui-même. Ses regrets, sa culpabilité et sa relation brisée avec sa fille Catherine se mêlent à l'enquête, dans une quête de rédemption et de paix intérieure. Cette dernière affaire devient pour lui l'occasion d'affronter ses démons et ses erreurs passées. À travers une tension psychologique palpable, Harvey dépeint un Frank vieillissant, solitaire, qui tente de retrouver son équilibre dans un monde qu'il perçoit comme corrompu et fragile. 

Ce que j'ai moins aimé

La fin est un peu rapide, les pistes sont rapidement balayées, et l'intrigue résolue comme par miracle !

Bilan

L'ultime enquête de Frank Elder ! 

Présentation de l'éditeur : Rivages

Du même auteurDe chair et de sang ♥ ♥ ♥ ; Traquer les ombres  ♥ ♥ ♥  ; Le deuil et l'oubli   ♥ ; Cold in hand ♥ ♥ ♥ Lignes de fuite  ♥ ; Preuve vivante ♥ ♥ ♥ 

Série Frank Elder dans l'ordre 
  • De chair et de sang ♥ ♥ ♥ 
  • De cendre et d'os 
  • D'ombre et de lumière
  • Le corps et l'âme 

Publié dans Roman policier Europe

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Quatre jours sans ma mère de Ramsès KEFI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Tout commence par un geste minuscule, presque banal : Amani, 67 ans, quitte son appartement de banlieue, un soir, sans crier gare. Ce départ soudain laisse désarmés Hédi, son mari et Salmane, leur fils de 36 ans. Amani, était de ces mère-piliers, la femme qui tenait tout, discrètement, sans qu’on le remarque vraiment. En disparaissant, elle oblige les siens à exister autrement, à se confronter à ce qu’ils ne voulaient plus voir : la fatigue, la solitude, les non-dits. Pendant quatre jours, le roman suit cette absence comme une onde de choc. Puis peu à peu, derrière le mystère de la disparition se dessine une autre histoire : celle d’une femme qui a traversé la vie sans se plaindre, d’un couple d’immigrés venu bâtir une existence solide en France, et d’un fils qui ne savait pas d’où il venait.

Ce que j'ai aimé :

Ramsès Kefi décrit avec tendresse cette cité HLM "la Caverne", cette périphérie peuplée de vies modestes, de rires retenus et de rêves cabossés. 

L’absence d’Amani agit comme un miroir. Salmane découvre la vérité sur ses parents, sur leur amour silencieux, sur leurs sacrifices, sur cette transmission de la pudeur et du courage qui se passe de mots. Il découvre aussi sa propre inertie — cette adolescence prolongée, cette peur de grandir. Et, peu à peu, la quête de la mère devient une quête de soi. 

L'auteur rend hommage à toutes ces femmes discrètes qui portent les autres sans jamais s’arrêter, jusqu’au jour où elles disparaissent pour respirer un peu. Il interroge, en creux, la masculinité, la filiation, la difficulté d’être fils d’immigrés dans un monde où les repères se dissolvent. Il suit le chemin d'un homme qui apprend à regarder sa mère autrement, à la voir enfin comme une personne, pas seulement comme une présence.

Bilan :

Un roman simple et bouleversant.

Présentation de l'éditeur : Philippe Rey

Sélection du mois d'octobre 

Catégorie Fiction

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L'affranchie de Montmartre de Jean-Paul DELFINO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"La force, ma fille. Il faut de la force. Résister et se battre. Ne pas céder un seul pouce de ta liberté. Jamais. C'est le seul chemin possible..."

En 1938 à Montmartre, Suzanne Valadon se meurt. Elle regarde en arrière et décide de se confier. Elle se dévoile par fragments, avec cette gouaille montmartroise qui sonne vrai, et cette manière de réinventer sa propre légende comme si elle modelait encore une toile.
Le résultat est un monologue qui déborde d’énergie, de mauvaise foi parfois, de sincérité toujours. Une voix qui frappe par sa vitalité.

Ce que j'ai aimé : 

L'auteur nous offre une plongée dans l'existence débridée, rugueuse et lumineuse de Suzanne Valadon, trop longtemps remisée dans l’ombre des grands maîtres dont elle fut la muse.

L’un des grands charmes du roman est la manière dont le quartier de Montmartre se déploie : ses pavés humides, ses ateliers enfumés, ses cafés tapageurs, ses nuits bleues de peinture. Suzanne circule dans cette Butte qui grouille de misère et de génie, où Renoir croise Satie, où Lautrec rit trop fort, où les artistes vivent et meurent vite. Delfino fait de Montmartre une ruche, un théâtre, un endroit où tout se crée et se défait.

Ce que j'ai moins aimé :

Les allers retours entre le présent et le passé, sans réelles démarcations, ont tendance à casser le rythme de la narration. 

Bilan :

Une belle découverte !

Du même auteur :  Les pêcheurs d'étoiles ♥ ♥ ♥ ♥

Présentation de l'éditeur : Pocket

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Dire Babylone de Safiya SINCLAIR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Safiya grandit en Jamaïque dans une famille qui vit selon les principes rastafaris les plus austères. Le père, tyrannique, parfois violent, est en effet obsédé par la nécessité de protéger sa famille de "Babylone". Dans la doctrine rasta, "Babylone" désigne l'Occident, le système colonial, le racisme, le capitalisme, la corruption, l'Église, et tout ce qui est perçu comme décadent et oppresseur pour l'homme noir. Pour le père, cela inclut souvent l'éducation et l'ouverture au monde que cherche Safiya. La jeune femme trouve alors refuge et sa voie vers la liberté grâce à la poésie. 

Ce que j'ai aimé :

Ce beau roman autobiographique raconte l'histoire de l'émancipation de Safiya Sinclair face à l'autorité et au rigorisme de son père. Mais Dire Babylone est bien plus qu'un simple témoignage : c'est un hymne à la résilience féminine et à la force intérieure, une exploration de l'identité jamaïcaine et des luttes contre un patriarcat étouffant. Il nous invite à réfléchir sur les mécanismes de domination et sur le pouvoir salvateur de la littérature, qui, ici, devient un moyen de rendre sa voix à celle qui croyait l’avoir perdue.

À travers une écriture vibrante, elle parvient à transformer la douleur en une puissance créative, et à offrir au lecteur une réflexion profonde sur la quête d'identité, l'émancipation, et la lutte pour l'égalité. Un cri d’espoir, un témoignage bouleversant ! 

Présentation de l'éditeur : 10-18

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Viens avec moi de Castle FREEMAN Jr

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans les recoins reculés du Vermont, Lilian, une jeune femme déterminée, devient la cible de Blackway, un truand de la région. Son petit ami, trop peureux, a pris la fuite, mais elle a choisi de rester et d’affronter son harceleur. Alors que le shérif, bien qu'aux commandes, ne parvient pas à l'aider, Lilian se tourne vers un groupe d'hommes singuliers. Ensemble, ils partent à la recherche de Blackway dans les forêts sombres qui encerclent la ville, prêts à confronter le gangster. 

Ce que j'ai aimé

Cette galerie de personnages est absolument rocambolesque. Quels hommes ! On y croise un patriarche en fauteuil roulant, Whizzer ancien bûcheron vif d’esprit  ; Lester, vieillard farceur dont les répliques filent plus vite que les balles ; Nate, colosse attendrissant dont l’intelligence approximative n’a d’égal que la loyauté ; sans oublier Lilian, héroïne tenace dont la détermination met tout ce petit monde en mouvement. Chacun de ces protagonistes semble taillé dans le bois rugueux du Vermont !

Mais le véritable moteur du roman, ce sont les dialogues : secs, percutants, parfois hilarants, parfois inquiétants, toujours ciselés avec un sens du rythme diablement efficace. 

L’intrigue, pourtant simple — une jeune femme décide d’affronter l’homme qui la terrorise — devient un véritable road-trip rural, une quête quasi burlesque au cœur d’une Amérique sauvage, à mi-chemin entre western contemporain et comédie noire. On avance, comme les personnages, entre rires nerveux et tension palpable.

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman est très centré sur les dialogues et très court, c'est assez frustrant. 

Bilan :

Peut être est il plus pertinent de voir le film : 

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Une vie entière de Robert SEETHALER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Andreas Egger vit dans un petit village des Alpes autrichiennes, au XXᵉ siècle. Sa vie s'écoule doucement au coeur de sa vallée alpine, entre tragédies et petits bonheurs. Le récit suit sa trajectoire, celui d'une vie ordinaire, l'enfance difficile, le travail comme ouvrier agricole, éreintant, voué à la construction des lignes de téléphérique — symbole de la modernisation et de la fin d’un monde rural ancien. Puis l'amour comme un éclat, bref et intense. La guerre et le retour des années plus tard dans un monde transformé. Pour finir, la vieillesse, Andreas terminant sa vie dans la même vallée, témoin du passage du temps et de la disparition d’un mode de vie simple et rude.

Ce que j'ai aimé : 

Andreas Egger n’est ni un héros ni un homme d’exception. Sa vie « banale » prend pourtant une profondeur universelle, il endure tout avec une forme de sérénité muette, une acceptation stoïque de la vie.

"Comme tous les êtres humains, il avait, lui aussi, nourri en son for intérieur, pendant sa vie, des idées et des rêves. Il en avait assouvi certains, d’autres lui avaient été offerts. Beaucoup de choses étaient restées inaccessibles ou lui avaient été arrachées à peine obtenues. Mais il était toujours là. Et dans les jours qui suivaient la première fonte des neiges, quand il traversait le matin le pré humide de rosée devant sa cabane et s’étendait sur une des dalles rocheuses qui le parsemaient, avec dans son dos la fraîcheur de la pierre et sur le visage les premiers chauds rayons de soleil, il avait l’impression qu’il ne s’en était tout de même pas mal tiré ».p133

Le ton est calme, presque contemplatif, ce qui rend le roman d’autant plus émouvant. 

Bilan : 

Le livre a rencontré un grand succès critique et public, traduit dans de nombreuses langues. En France, il a été finaliste du Man Booker international Prize en 2016 et a conquis les lecteurs par sa sobriété et sa profondeur humaniste.

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Le tabac Tresniek ♥ ♥ ♥ ♥

Publié dans Littérature Europe

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Où les étoiles tombent de Cédric SAPIN DUFOUR

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Vivre, c'est s'entêter."

L’auteur raconte ici l’accident de parapente de sa femme. Il se concentre sur l’épreuve physique et psychologique ainsi que sur la reconstruction après un drame. 

Ce que j'ai aimé :

Sapin-Dufour ne se contente pas de relater un fait divers ; il nous plonge dans un véritable processus de transformation personnelle, tant pour lui que pour sa femme, après l’épreuve qu’ils ont traversée. Il insiste sur la puissance des mots et leur capacité à modifier le cours de la vie :

"Ça commence au premier cri. Nous ne faisons que voguer de parcelle en parcelle de l'existence, la fortune, bonne ou mauvaise, ordonne nos azimuts. Mais une fois échoués, il reste un espace ténu où nos actes convaincus peuvent contrer l'inexorable et infléchir la suite. Sur cet îlot, un des pouvoirs, c’est la pensée et les mots précis qu'on lui associe. Ils peuvent jusqu'à modifier la vie, on ne mesure pas leur puissance."

Il évoque aussi la force de l'amour et du soutien mutuel dans les moments les plus difficiles tout en soulignant la bienveillance du personnel médical rencontré. 

Ce que j'ai moins aimé

Je suis toujours un peu gênée par ces récits de vie très intimes. Cédric Sapin-Dufour se livre entièrement, partageant ses émotions, ses doutes et ses questionnements. Il explore l'impact de l'accident sur leur vie quotidienne, sur leur relation, et la manière dont l’événement bouleverse tout. Certes, il en tire une réflexion profonde sur la fragilité de la vie et sur la manière dont une fraction de seconde peut tout changer, mais j'ai parfois eu du mal à entrer pleinement dans cette sphère privée, me sentant presque voyeuriste face à tant d'intimité.

Bilan : 

Je n'ai pas été convaincue...

Présentation de l'éditeur : Editions Stock

Sélection du mois d'octobre

Catégorie Non fiction 

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L'impasse de Bab Essaha de Sahar KHALIFA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Dans la nuit, elles cessèrent d’être des étrangères. Elles devinrent un seul souffle. »

Dans une impasse de Naplouse, en Cisjordanie occupée, la jeune Samar, universitaire de 26 ans, cherche un refuge au moment où éclate un affrontement dans la rue. Elle trouve abri chez Nouzha, une prostituée marginalisée. Dans cette même maison se cache Houssam, un résistant grièvement blessé. La nuit se prolonge, et deux autres femmes se joignent à elles : Sitt Zakia, la sage-femme du quartier, et Oum Azzam, une épouse battue qui rêve d’échapper à son mari violent. Le huis clos devient alors une mosaïque de voix féminines, de blessures et d’espoirs partagés.

Ce que j'ai aimé : 

Sahar Khalifa ne raconte pas la guerre comme un décor, mais comme un quotidien. L’occupation israélienne, les couvre-feux, la peur et la pauvreté sont là, palpables, mais le cœur du roman bat ailleurs : dans les vies des femmes. Ces femmes, souvent réduites au silence, se parlent enfin. Elles évoquent leurs corps, leurs humiliations, leurs désirs d’émancipation. Elles racontent la domination masculine et la double oppression : celle du patriarcat et celle de l’occupation.
À travers elles, l’impasse devient une métaphore : celle d’un peuple et d’un genre enfermés dans une situation sans issue, mais toujours debout.
Bilan :

Un récit qui mêle avec justesse intime et politique autour de la solidarité féminine dans un monde où tout semble perdu. Il rappelle que même dans une impasse, il y a toujours un souffle d’espoir.

Présentation de l'éditeur : Elyzad

Publié dans Littérature Asie

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La cabane dans les arbres de Véra BUCK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Henrik et Nora décident de partir en vacances au cœur du Västernorrland suédois, au cœur d'une forêt primaire, accompagnés de leur fils de cinq ans Fynn. C'est là qu'a grandi Henrik puisque la maison a été héritée de son grand-père. L'endroit, bien que magnifique, dégage d'emblée une sensation de malaise et d'oppression.

Le séjour tourne rapidement au cauchemar lorsque le petit Fynn disparaît subitement sans laisser de trace. Ses parents, déjà fragilisés par des non-dits et des secrets, remuent ciel et terre pour le retrouver, tandis que leur couple implose sous la pression. En parallèle de la recherche de Fynn, on suit Rosa, une jeune femme atypique et passionnée de botanique, qui travaille dans la forêt. Elle fait une découverte sinistre : les ossements d'un enfant dissimulés au pied d'un arbre.

Ce que j'ai aimé :

Le récit plonge ses racines dans les mythes et les légendes, ces histoires tissées pour envoûter l’esprit du lecteur, mais aussi, et peut-être surtout, ces récits intimes que l’on se forge pour fuir la vérité brute de la réalité. Henrik, écrivain spécialisé dans la littérature jeunesse, est un maître dans l'art de la narration, parvenant à captiver son public avec une aisance presque surnaturelle. Pourtant, au fil de l’intrigue, certains des contes qu'il tisse deviennent si proches de l’imaginaire, si flous entre fiction et réalité, que ses proches peinent à distinguer le réel du fantasme.

Henrik est un personnage complexe, marqué par un passé douloureux. Victime de harcèlement, il a progressivement enfoui certains des traumatismes qui ont terni sa jeunesse, tandis que d'autres événements ont été soigneusement transformés, modelés à sa convenance, pour alléger la brutalité de leurs empreintes. Mais il ne pourra échapper à l’inexorable nécessité de se confronter à ses démons passés, s’il souhaite un jour retrouver son fils.

Nora, elle aussi, porte en elle des secrets lourds et insondables. Sa psychologie, tout aussi finement ciselée que celui d’Henrik, dissimule des facettes que le lecteur devra lentement découvrir, au fil des pages.

La tension qui sourd du roman est d’une telle intensité qu’il devient impossible de s’en détacher avant d’avoir franchi la dernière ligne, un envoûtement littéraire qui nous retient sans relâche jusqu’au dénouement.

Ce que j'ai moins aimé :

Les ressorts narratifs, quant à eux, demeurent dans une forme d’archétype éprouvé : l’enlèvement d’enfant, les secrets de famille, des éléments que l’on pourrait qualifier de classiques, sans grande surprise sur ce plan-là.

De plus, l’intrigue concernant le personnage de Rosa m’a semblé un peu moins percutante, moins aboutie, moins nécessaire.

Bilan : 

Un thriller très addictif, typique du suspense nordique, qui joue habilement entre la beauté sauvage de la nature et la noirceur de l'âme humaine.

Présentation de l'éditeur Gallmeister

Du même auteur : Les enfants loups

Sélection d'octobre

Catégorie Polar 

Publié dans Roman policier Europe

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La femme cachée de COLETTE

Publié le par Hélène

♥ ♥

"La femme cachée" est un recueil qui comprend 22 nouvelles brèves. Colette y dépeint, avec une écriture précise et sensorielle, des moments de bascule où l'existence banale de ses personnages est bouleversée par une révélation soudaine ou un événement inattendu. Ces histoires sont souvent qualifiées de " noires idylles" en raison de leur ton à la fois concis et percutant.

Ces récits examinent les rôles sociaux imposés aux femmes et leur besoin d'échapper à ces contraintes, souvent à travers le secret, l'anonymat (comme le bal masqué), ou la contemplation de soi. Colette décortique les relations conjugales, souvent en montrant le passage de l'idéalisation à la désillusion après le mariage.

Ce que j'ai aimé : 

L’un des points forts de Colette est de décrypter la vie intérieure des femmes, leur désir, leur pulsion, parfois leur infidélité ou leur émancipation. Les nouvelles explorent la liberté féminine, la jalousie, le double jeu entre apparence et vérité, la solitude dans le couple. 

Colette a un ton sensuel, précis, une observation aiguë des gestes, des corps, des regards — la nouvelle «La Femme cachée» est un bon exemple de ce travail minutieux. L'autrice sait saisir en une phrase une émotion fuyante, un basculement intime. Ce n’est pas une écriture démonstrative ; c’est celle du frémissement intérieur.

Ce que j'ai moins aimé : 

Certaines nouvelles sont très réussies (La main, La femme cachée, L’autre femme), d’autres paraissent plus anecdotiques ou inachevées. L’ensemble donne parfois l’impression d’un recueil de croquis plus que d’histoires abouties. 

Bilan :

Un recueil délicat, finement écrit, mais inégal et peu marquant. À lire pour le style et la lucidité de Colette, plus que pour le plaisir d’une narration.

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Sido et les vrilles de la vigne ♥ ♥ ♥ ♥ ; Le blé en herbe ♥ ♥ ♥ ♥

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