Dans la médecine antique, l'hystérie était vue comme une pathologie liée à des troubles sexuels dont l'origine était supposée découler d'un dysfonctionnement de l'utérus (hysteros en grec). A notre époque le terme est employé souvent de façon sexiste, pour discréditer la parole des femmes. C'est ici le cas, puisque plusieurs personnages féminins se voient affublés du terme "hystériques" sans raison valable par des hommes expéditifs. Même si toutes ont un rapport particulier à leur utérus, cette relation est en réalité bien plus complexe que ne voudraient le croire les hommes.
Noémie, Diane et Clémentine sont trois sœurs issues d'une famille dans laquelle on ne parle pas de ces sujets-là, chacune restant avec ses questionnements, ses doutes, ses peurs et angoisses. Alors qu'elle essaie d'avoir un enfant, Noémie découvre qu'elle doit se passer de cet organe, avant d'apprendre qu'il est possible de s'en faire greffer un. Sa sœur Clémentine renoue avec un souvenir douloureux qu'elle avait repoussé vers les profondeurs de son inconscient. Les souvenirs de l'accouchement cauchemardesque de Diane quant à eux restent un peu trop présents.
Sophie Adriansen donne la parole tour à tour à ces femmes malmenées dans leur maternité, et s'interroge sur l'héritage familial laissé par nos parents, et surtout ici par les mères.
Ce que j'ai aimé :
Hystériques permet d'aborder des sujets dont on parle peu, ou pas du tout, et de mener ces personnages en proie à des angoisses vers la lumière, vers l'épanouissement qui devrait prévaloir dans toute maternité.
Ce que j'ai moins aimé :
Peut être un peu trop de cas problématiques dans une seule famille et dans un seul roman ?
Bilan :
Un roman essentiel doté de personnages attachants dont on a envie de voir l'évolution.
John Mitchell est le dernier directeur du centre d'Ellis Island qui en 1954 va fermer ses portes. Passage obligé pour tous les immigrants venus d'Europe, ce lieu aura marqué les mémoires et l'histoire de l'Amérique. Ce directeur revient alors sur son passé, sur Liz son épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde qui l'a tant marqué.
Ce que j'ai aimé :
- Le style, très beau.
- L'histoire de ce lieu marqué d'émotions avec le portrait des immigrés si fragiles à cette période de leur périple :
"Il faut imaginer la fragilité, la folle énergie, la détresse et la détermination de toutes celles, de tous ceux qui ont un jour accepté l'idée, pour fuir la misère de la persécution, de tout perdre pour peut-être tout regagner, au prix d'une des plus terribles mutilations qui soient : la perte de sa terre, des siens, la négation de sa langue et parfois celle de son propre nom, l'oubli de ses rites et de ses chansons. "
Ce que j'ai moins aimé :
- Il s'agit du portrait d'un homme désagréable, qui s'est laissé porter par son pouvoir, et même si un semblant de rédemption apparait par la suite, reste un sentiment désagréable...
Bilan :
Je retiendrai surtout la froideur qui m'a dérangée et que j'avais déjà ressentie dans Les heures silencieuses
"Je crois que la plus belle chose que l'on puisse dire à quelqu'un, c'est "Regarde." Et la position la plus tendre, ce n'est pas une longue étreinte, mais deux personnes se tenant côte à côte, regardant ensemble le monde. Quand les gens apprennent à regarder, ils commencent à voir, à voir vraiment. Quand ils commencent à voir, ils commencent à se sentir concernés. Et se sentir concerné, c'est l'entrée dans le monde moral."
Kathleen Dean Moore est écrivain, philosophe et naturaliste, engagée dans la défense de la nature sauvage, ses récentes publications portant sur le changement climatique.
Elle s'interroge donc en ces pages pour savoir comment sensibiliser l'homme à ces problématiques, et met ainsi en lumière le lien profond qui existe entre l'homme et son environnement. Aimer un endroit s'apparente à aimer le monde et l'univers et devrait donc naturellement amener l'homme à chercher ainsi à le préserver.
L'homme faisant partie d'un tout, si le tout disparait qu'advient-il de lui ? Notre dépendance avec le milieu naturel est indéniable et cette éthique écologique du care devrait être universelle, pourtant, cette préservation ne semble pas aller de soi.
Avec humilité, l'auteure livre sa propre expérience, ses fusions fugaces et inestimables avec le monde, quand, soudain, il vibre sous la peau et rayonne. Qu'elle soit allongée en pleine nature, sur une plage guettant une tortue luth, qu'elle contemple une pluie de comètes, ou partage du temps sur un bateau avec les gens qu'elle aime, elle aiguise son regard et ses sensations pour être plus intensément reliée.
Sa conclusion en appelle à la responsabilité de chacun :
"Il n’y a pas d’autre solution : nous devons devenir les gardiens des lieux que nous habitons. Nous devons être moralement responsables du bien-être de l’air, de l’eau, de la terre. Et si cela rend nos relations avec la terre compliquées et douloureuses, peut-être n’y a-t-il là rien de surprenant. « Un changement s’impose, écrivait Linda Hogan dans Dwellings ». Assumer le rôle de gardiens est la responsabilité la plus spirituelle et physique de notre temps. "
Au préalable il faut préciser que je ne lis que rarement de la chick-lit, mais cette fois-ci je souhaitais découvrir un roman se passant à Singapour, et comme Babelio, lors de mes recherches, m'a proposé celui ci, je me suis laissée tenter. Je n'ai donc pas de critères de comparaison.
L'intrigue est simple : Rachel et Nick file le parfait amour quand Nick propose à sa belle de passer les vacances en famille à Singapour pour assister au mariage de son meilleur ami. La jeune femme accepte sans se douter que la famille de Nick est l'une des plus riches du pays et que le mariage en question a tout d'un mariage princier attendu par toute la jet-set. Rachel se retrouve alors propulsée dans un univers de paillettes, avec jets privés, robes coutant des millions, voitures de sport, maison ressemblant à de véritables palais. Si elle peine à s'adapter à ce nouvel aspect de Nick, sa belle-mère et d'autres jeunes femmes jalouses risquent d'achever de la désarçonner !
La quatrième de couverture prévoyait "Un Orgueil et préjugés sauce satay", inutile de dire que nous sommes bien loin de la psychologie fine et de l'univers feutré et subtile de Jane Austen. Nous sommes plus du côté de Dynastie que de la grande Jane.
"Elle resta immobile dans le véhicule, toutes vitres fermées . L'air devenait de plus en plus étouffant. Elle sentit son cœur s'accélérer. Elle venait d'acheter une bague en diamant de trois cent cinquante mille dollars qu'elle n'aimait pas vraiment , un bracelet à vingt-huit mille dollars qui lui plaisait assez , et des boucles d'oreilles à sept cent quatre -vingt- quatre mille dollars qui lui donnait l'air de Pocahontas. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, elle se sentit toute gaie. "
Alors oui l'ensemble est ironique et soit-disant caustique, l'intrigue prouvant que tous, pauvres ou riches, ont les mêmes problèmes de couple ou d'éducation, que dans tous les milieux se rencontrent des pestes et des personnes bienveillantes et que toute famille peut avoir ses cruautés, les familles ici ne jurant que par l'ascendance, mais tout cela ne semble que prétexte pour se délecter des listes interminables de marques de modes ou de lieux branchés à fréquenter.
A la fin, l'auteur a souhaité alourdir son propos de façon artificielle avec le secret révélé de Rachel, comme s'il s'était rendu compte du vide de son propos initial. Un échec !
Kieran revient de Sidney pour passer la basse saison dans sa ville natale Evelyn Bay, station balnéaire de Tasmanie. Il est accompagné de sa petite amie Mia et de leur fille Audrey. Il retrouve ses racines, ses amis, mais aussi les souvenirs douloureux : douze ans plus tôt il a perdu son frère dans une tragédie qui a secoué toute la communauté de la ville. De plus ce même jour, une jeune fille a disparu et n'est jamais reparue.
Aussi quand le cadavre d'une jeune femme est retrouvé sur la plage, des échos funestes se font entendre. Y aurait-il un rapport entre les deux drames ?
L'atmosphère de cette plage australienne est très bien rendue, les falaises, les grottes et ces statues de granit nommées les survivants sont un décor idéal que l'auteure donne à voir et ressentir.
L'intrigue est plus lente, moins prenante, avançant par à coups et sa résolution est assez alambiquée, somme toute décevante.
Bilan :
Une lecture divertissante à l'atmosphère envoûtante, mais plus faible pour moi que les précédents romans de l'auteur.
Hanté par une prédiction oedipienne, le jeune Tamura, quinze ans, fugue loin de son père. Il se réfugie dans une bibliothèque où il rencontre Oshima qui devient alors son guide. Parallèlement, un vieil homme étrange converse avec des chats...
Ce résumé succinct ne peut aucunement rendre compte de la complexité et de l'ampleur de ce roman qui aborde des pistes variées, emportant son lecteur dans un monde riche extraordinaire. Il nous interroge sur le destin, sur l'identité, le pouvoir de l'imagination, la tolérance...
“Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C'est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l'aube. Pourquoi ? parce que la tempête n'est pas un phénomène venu d'ailleurs sans aucun lien avec toi. Elle est toi même et rien d'autre. Elle vient de l'intérieur de toi. Alors la seule chose que tu puisses faire, c'est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d'empêcher le sable d'y entrer, et la traverser pas à pas. Au coeur de cette tempête, il n'y a pas de soleil, il n'y a pas de lune, pas de repère dans l'espace ; par moments, même, le temps n'existe plus. Il n'y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer.”P8
Il nous parle de nous, il nous parle du monde, il nous parle des autres, pour finalement évoquer le sens de la vie.
« Moi, je recherche une force capable d’absorber les pressions de l’extérieur et qui me permette de les supporter.»dira le narrateur.
« Et c’est à force de s’impliquer comme ça dans de petites choses que tout prend sens naturellement. Plus tu entres en rapport avec les choses, plus tu prends conscience de leur sens. »
Il plonge ses racines dans la culture qu'elle soit japonaise, française, grecque. Il prouve combien l'art est universel et souple face aux multiples facettes de la réalité, combien il peut parler aux âmes des lecteurs qui construit alors sa propre interprétation du roman et du monde.
« Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses... des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu'on ne pourra pas retrouver. C'est cela aussi vivre. Mais à l'intérieur de notre esprit - je crois que c'est à l'intérieur de notre esprit - il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque, j'imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaitre précisément ce qu'il y a dans nos cœurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l'aérer, changer l'eau des fleurs. En d'autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque. "
Alors qu'il est rentré ivre, le compagnon de Materena l'a demandé en mariage. Même s'il n'en a plus reparlé par la suite, Materena commence à planifier ce mariage, achetant même un lit qui devrait être son cadeau de mariage.
Ce mariage est l'occasion de dresser la chronique d'une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti. Grâce à ce texte atypique, l'immersion est totale et dépaysante.
Ce que j'ai moins aimé :
Il faut se laisser porter par ces petites anecdotes détachées les unes des autres, reflet de la vie quotidienne des polynésiens, entre discussion avec une cousine que l'on croise, un mari qui se laisse aller à la paresse, un congélateur qui tombe en panne...
Bilan :
Ce petit roman est frais et original. Il est le premier d'une série de trois romans
Octavio est un analphabète vénézuélien qui fait partie d'une bande de brigands. La belle Vénézuela entreprend de lui apprendre à lire et écrire et un nouvel univers s'offre à lui. Mais les évènements risquent de les éloigner quand Octavio débute un grand voyage.
Ce premier roman de Miguel Bonnefoy à l'univers si particulier est agrémenté de personnages mythiques au charme indéniable. A la fois conte, récit de voyage, aventures poétiques, son lyrisme nous emporte vers des rivages enchantés.
"Sa peau prit une couleur de sable, comme si on l'avait taillée dans un bloc de quartz. Aux hommes, il ne racontait jamais son histoire. Il évitait la compagnie des bavards, préférant celle des perdrix et des ramiers, dans l'ombre vaste des samanes. A l'aube, il marchait dans les rues en quête d'un bonheur. AU crépuscule, il se trainait jusqu'à un abri que la charité lui avait offert. Il avait cette attitude recueillie, désœuvrée. La nuit, il ne rêvait pas."
"La terre était noire, lourde, grasse. Des hectares entiers séchaient au vent, fertiles et épais, que personne ne cultivait. Octavio y lisait là l’oiseau à la trace de ses pattes, la souris à ses débris, la mule à l’empreinte du sabot. Il voyait le sillon d’herbes que laissait le cheval dans sa marche du pré à l’écurie. Plus loin, entre les pins, des fougères étaient couchées par des couples pendant l’amour, des prénoms gravés sur l’écorce des hêtres et des arbres à pluie, aux coupes vastes et étranges, peignaient leurs ombres sur les pâturages. Effacés par le vent, des dessins sur le sable faisaient comme un retour aux premiers gestes, à l’encoche taillée, à la corde nouée. Un retour à un monde où l’on désignait les choses en les pointant du doigt et où l’on comptait les heures au déplacement de la lumière."
Ce premier roman a remporté de nombreux prix, parmi lesquels le prix de la Vocation et le prix Fénéon.
Hier avait lieu une conférence avec Scholastique Mukasonga au centre des arts d'Enghien les Bains, avec la médiathèque George Sand d'Enghien
Envahie par l'émotion, l'auteure a répondu aux questions avec le souffle court, comme si les mots ne pouvaient pas aller jusqu'au bout du souffle, comme si la suffocation créée par ce génocide l'empêchait de s'exprimer. L'écrit a sans doute permis de dire ce que la parole n'autorisait pas...
LES VOIX MULTIPLES DU RWANDA
Scholastique Mukasonga est née en 1956 au sud-ouest du Rwanda, dans la province de Gikongoro. En 1960, sa famille est déportée, avec d’autres Tutsi. Elle réussit à survivre en dépit des persécutions et des massacres à répétition. En 1973, elle part en exil au Burundi. Elle achève ses études d’assistante sociale et travaille pour l’UNICEF.
Animé par Pierre Edouard Peillon
Pouvez-vous nous présenter Notre Dame du Nil et Kibogo est monté au ciel ?
J'ai écrit mon premier roman Notre Dame du Nil parce que j'avais une histoire à raconter, plus douloureuse que ce que ce que j'ai vécu. Cette histoire est inspirée de de ma propre expérience, j'ai créé ces personnages pour me décharger de cette histoire.
Kibogo se passe dans les années 40 que je n'ai pas connues. Je suis partie en quête du passé, j'ai consulté pour ce faire le livre du père Pagès et celui du père Delmas. J'ai alors découvert l'histoire de Kibogo déjà racontée par ma mère dans mon enfance. Il s'est sacrifié pour sauver son peuple de la sécheresse.Au Rwanda, à cette époque, colonisation et évangélisation avaient partie liée. En 1931, la destitution du roi Musinga qui refusait le baptême entraîna la conversion massive de la population. Souvent, ces baptêmes à la chaîne, pour beaucoup opportunistes, aboutirent à un syncrétisme qui constituait une forme de résistance. Le roman s'attache à montrer de façon satirique cette jonction difficile entre la culture ancestrale et l'évangélisation imposée.
Pourquoi ce passage de l'autobiographie à la fiction avec Notre Dame du Nil ?
Il s'agissait d'un devoir de mémoire, j'avais été choisie pour être la mémoire. Le drame du génocide est que l'on a des morts sans corps et sans sépulture. Inyenzi était un tombeau de papier, un lieu où je mettrai les miens. Je ne pensais pas écrire autre chose, j'écrivais juste pour sauver la mémoire, j'étais survivante, c'était comme un devoir.
J'ai souhaité publier à nouveau pour recruter d'autres gardiens de la mémoire. Vous, les lecteurs. L'écriture et les rencontres avec les lecteurs m'ont soulagée, il n'existe pas d'autre thérapie possible.
Après La femme aux pieds nus, hommage à ma mère, j'ai repris des forces, je revivais, parce que c'était un récit tendre, que j'ai écrit avec plaisir. Après je ne pouvais pas ne pas écrire.
Dans Inyenzi il y avait des passages que je n'avais pas pu écrire, dans Iguifou mon recueil de nouvelles, la première nouvelle est autobiographique, je ne pouvais pas parler de cette petite dans Inyenzi, j'en ai parlé dans la nouvelle.
Je voulais ensuite écrire un roman qui ne serait pas moi.
AInsi j'ai atteint la résilience.
Pourquoi ce choix du pensionnat dans Notre Dame du Nil ?
Ce pensionnat est comme un microcosme de tout le Rwanda, de tout ce qui va l'embraser. J'ai pris ce lycée pour montrer la préparation du génocide, ce huis clos montre que ce n'étaient pas des massacres mais un génocide, pas de la folie, mais un crime préparé.
Quelle est l'origine de votre nom ?
Au Rwanda, chaque nom a une signification. Le prénom n'a pas de sens, il est choisi pas le prêtre, mais le nom est donné par le père. Il y a un message dans le nom.
Maman a déjà eu une fille. Or les filles sont souhaitables au Rwanda pour l'ainée et la cadette : l’ainée parce qu'elle va seconder la mère, la cadette comme bâton de vieillesse. Alors Mukasonga veut dire "encore une fille", c'est un reproche à ma mère. Mais j'ai transformé mon nom avec tout ce que j'ai fait, cela signifie maintenant culminant, "muka" c'est "la femme de" et "songa" c'est "le point culminant la haute colline", je ne suis plus la fille de trop mais celle qui a accompli sa mission.
Est-ce que vous vous imposez l'humour dans vos livres ?
L'humour fait partie de la tradition rwandaise, c'est l'élégance rwandaise. Les choses graves passent plus facilement surtout avec une histoire aussi lourde. Le lecteur saisit mieux le message.
De plus quand j'ai voulu publier, j'ai dû retravailler mes manuscrits, or quand on écrit sur le génocide on se doit de préserver les lecteurs pour qu'ils ne souffrent pas, C'est pour ça que dans chacun de mes livres il y a des plages de répit, de plaisir, par exemple j'inclus des recettes de cuisine.
Voyez-vous une embellie dans les relations franco rwandaises ?
Pendant longtemps il n'y a pas eu d'ambassadeur français au Rwanda, or il vient d'être nommé, c'est plutôt bon signe.
De plus le déplacement de notre président Emmanuel Macron le 27 mai 2021 était attendu depuis 27 ans. Sarkozy est venu en 2010, il a parlé d'"aveuglement", un mot peu clair pour nous. Mais cette fois-ci Macron a initié une commission pour chercher la vérité de ce qui s'est passé au Rwanda durant la présence de la France au Rwanda. Lors de son discours, il a dit "je viens reconnaitre les responsabilités accablantes et lourdes de la France pendant le génocide des tutsis au Rwanda". Il a dit utiliser le mot "nuit", il a dit "Seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent nous faire le don du pardon". Il a dit "Ibuka" (souviens toi) puis il a dit "Diibuka" (je me souviens), ça veut dire qu’il était là avec nous, c’est un bon début.
Maintenant nous attendons les actes, nous avons besoin de la communauté internationale. Il a inauguré le nouveau centre culturel francophone pour les trois pays des grands lacs, je suis française et rwandaise, je voudrais que ces eux pays se donnent la main.
Les rwandais attendent que la justice puisse se suivre aussi.
Que pense la jeunesse de ces rapports franco-rwandais ?
La jeunesse veut que la justice fasse le travail contre les génocidaires. Sans rancœur. Si la France avait réagi en 1994 il n'y aurait pas eu de génocide, des massacres sans doute mais pas de génocide. Nous ne sommes pas rancuniers, les jeunes veulent que la vérité soit dite et que les actes soient posés.
Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?
Mon avis :
J'ai tellement peu adhéré au style et aux personnages que je n'ai pas même cherché à connaître quel était le mystère ou le lien entre les deux époques !