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Déception et abandon du mois

Publié le par Hélène

Deux personnes seules au monde de KIM Young-ha

Ce recueil rassemble trois nouvelles coréennes autour du thème de la perte :

Deux personnes seules au monde présente la relation fusionnelle d'une fille et son père, Je ne suis pas un épi de maïs nous parle d'un auteur dépressif en mal d'inspiration, et Je cherche mon enfant traite de la disparition d'enfant (je ne l'ai pas lu).

L'ensemble est assez désabusé, avec des personnages angoissés et angoissants, témoignant d'un mal-être prégnant qui m'a fait fuir...

Présentation de l'éditeur : Picquier

 

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L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent de Philippe DELERM

Publié le par Hélène

Dans cet opus, Philippe Delerm s'intéresse aux gestes presque mécaniques les gestes de la vie : qu'il s'agisse de l'épluchage de la clémentine, de la conduite d'un caddie, de remonter ses manches, l'auteur observe et analyse ce que ces gestes peuvent révéler de nous.

Quelques gestes évoqués nous font retrouver le charme de ces "Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" qui avaient tant plu à l'époque de leur sortie, comme le déhanchement pour laisser entrer le chat, même s'il n'est plus là, un geste empreint d'habitude et de nostalgie.

Mais malheureusement, ces fulgurances sont rares, et l'ensemble est profondément décevant.

Ce que j'ai moins aimé :

Le style n'a rien de poétique : "elles sont trop fortes" P. 37, l'emploi généralisé du "on", "il y a", "génial" créent des phrases courtes sans âme. Même les ricochets perdent de leur poésie, chaque geste devient vide, guindé, en raison de la banalité du propos et du style.

 

Présentation de l'éditeur : Seuil

Lu dans le cadre de Masse Critique de Babélio

tous les livres sur Babelio.com
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De pierre et d'os de Bérengère COURNUT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Uqsuralik est une jeune fille inuit qui se trouve séparée de sa famille en raison d'une fracture de la banquise. Livrée à elle-même dans le froid polaire, elle n'a d'autre solution que d'avancer pour survivre et trouver un groupe pour l'accueillir.

« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman)
A l'origine de ce roman, une curiosité de Bérengère Cournut qui, en contemplant de minuscules sculptures inuit en os, en ivoire, en pierre tendre et en bois de caribou, s'est demandé "quel peuple pouvait produire des oeuvres à la fois si simples et puissantes." Poussée par ce premier appel, l'auteure a investigé, notamment auprès du fonds d'archives Paul Emile Victor et du fonds Jean Malaurie, à la Bibliothèque centrale du Museum Naturelle, et ainsi est née Uqsuralik, jeune femme nomade, fragile au début du roman, mais gagnant en force au fil des pages et de ses rencontres. Habitée par ses croyances et ses mythes, elle avance, tenace, envers et contre tout, vers la lumière entraperçue dans ses rêves.

Ce très beau roman nimbé d'onirisme nous entraine aux confins d'une culture fascinante portée par ce personnage terriblement attachant. L'intense spiritualité de ce peuple s'échappe de chaque page, de chaque chant retranscrit, nous emportant bien loin de nos propres croyances occidentales.

Pour ne rien gâcher, le livre lui-même, en tant qu'objet, est magnifique, avec cette belle couverture de Juliette Maroni, ce papier si doux au toucher, et pour finir, ce carnet de photographies à la fin permettant de s'immerger encore davantage dans ces mondes lointains

L'auteure a reçu le prix Roman Fnac, un prix amplement mérité !

"Puisse ce roman être une porte d'entrée vers l'univers foisonnant du peuple inuit"

 

Présentation de l'éditeur : Le tripode

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Des souris et des hommes de John STEINBECK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Courant de ferme en ferme à la recherche d'un travail saisonnier dans les ranchs, Georges et Lennie arrivent dans le ranch de Curley à Soledad, en Californie. Leur but est de mettre de l'argent de côté pour ensuite acheter leur propre exploitation pour y vivre "comme des rentiers". Mais « The best laid schemes o'mice an'men gang aft a-Gley » (« Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ») comme le dit Robert Burns dont s'inspire le titre du roman...

Dans ce classique américain des années 30, Steinbeck reprend les fondements du mythe américain et notamment cet idéal de tout un chacun de posséder sa propre ferme pour construire son avenir à la seule force de sa volonté. Tous ont un rêve en tête : George rêve de son ranch, Lennie de petits lapins qu'il pourrait caresser, la femme de Curley d'Hollywood. Souvent seuls, malmenés par la vie, cette échappée bienheureuse s'avère nécessaire. De leur côté, Georges et Lennie ont rompu cette solitude en s'attachant l'un à l'autre dés l'enfance, ils s'entraident, mais Lennie s'avère être l'"incarnation des désirs informulés et puissants de tous les hommes.", et ne se rendant pas compte de sa force, sa passion pour la douceur risque de lui être fatale...

Steinbeck s'est inspiré du modèle théâtral pour écrire son roman avec une prédominance pour les dialogues et des descriptions qui ressemblent à des didascalies. De fait, le rythme est rapide, la lecture fluide, impactant davantage le propos et rendant cette œuvre, devenue un classique incontournable de la littérature américaine, inoubliable !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : La perle 

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Par les routes de Sylvain PRUDHOMME

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Moi cette question je me la pose à propos de la vie tout entière, je lui dis. A ton avis qu'est-ce qu'il faut faire tout court. De la vie. De la mort. De l'amour."

 

Sacha et l'autostoppeur. Deux êtres, deux choix de vie : Sacha est écrivain, ses journées ont un aspect assez répétitif que rendent ces phrases courtes percutantes, répétition de gestes similaires, quelquefois vides de sens. Dans le village où il décide de s'installer, il retrouve l'autostoppeur, qu'il a connu dans sa jeunesse, aujourd'hui marié à Marie, père d'un petit Augustin, et pourtant, épris de liberté. Avide de rencontres et de découvertes, l'autostoppeur part régulièrement sur les routes : "J'ai vu peu de gens, dans ma vie, pour lesquels autrui n'était jamais un poids, jamais une fatigue, jamais un ennui. Toujours au contraire une chance. Une fête. la possibilité d'un supplément de vie. l'autostoppeur était de ces êtres."

Ces deux hommes sont comme les deux aspirations qui peuvent tirailler l'être humain moderne, englué dans le quotidien quelquefois aliénant, et pris de vertige face à l'éventail de tous les possibles laissés de côté. Et pourtant il a bien fallu faire un choix, donner un sens à cette vie. Dans ses périples, l'autostoppeur cherche des réponses auprès des êtres croisés, il pose des questions philosophiques, mesure à quel endroit le vide atteint sa plus grande intensité, ou questionne sur notre présence sur terre, sur le sens de la vie, sur notre identité : "Elle m'a raconté que pour Spinoza chacun de nous était comme un petit nuage fragile, à chaque instant menacé de heurter d'autres nuages et de se dissoudre. Elle m'a dit que Spinoza n'utilisait pas l'image du nuage, mais que c'était comme ça qu'elle l'avait compris : vivre c'est maintenir entier le petit nuage que nous formons, malgré le temps qui passe, malgré les bonnes et mauvaises rencontres. C'est réussir à faire tenir ensemble toutes les petites gouttes de vapeur qui font que ce nuage c'est nous, et personne d'autre."

Le temps d'un voyage, les discussions s'enflamment, les liens se créent, le partage règne, comme dans cette magnifique scène finale, ode à la vie ! Un roman magnifique, doté d'une profondeur dans la légèreté, un vrai coup de coeur !!

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

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Moins qu'hier (plus que demain) de FABCARO

Publié le par Hélène

♥ ♥

Cet album jubilatoire nous parle du couple et de ses lassitudes. Comme à son habitude, Fabcaro se joue des clichés, les détourne et s'en moque ironiquement en une soixantaine de planches.

Cette exquise BD sera bientôt adaptée sur Canal Plus avec Emma de Caunes, Eye Aidara, Ana Girardot, Guillaume Gouix et Pierre Delalonchamps sont quelques-unes des stars de cette série réalisée par Lola Doillon. Elle sera diffusée sur Canal + et constituée de quinze épisodes de deux minutes.

 

Présentation de l'éditeur : Glénat

Du même auteur : Si l'amour c'était aimer ; Zaï, Zaï, Zaï

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Une bête au paradis de Cécile COULON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Emilienne élève seule ses deux petits enfants Blanche et Gabriel tout en menant d'une main de maître sa ferme Le Paradis. Elle est aidée par Louis un jeune homme du pays qu'elle a recueilli alors qu'il rencontrait des difficultés familiales.

A l'âge de l'adolescence, Blanche tombe amoureuse d'Alexandre, et emportée par sa passion, s'imagine qu'ils vont passer toute leur vie côte à côte, dans la ferme. Malheureusement pour elle, les projets d'Alexandre diffèrent : dévoré par l'ambition, il veut quitter le village pour la ville. Il laisse une Blanche dévastée qui se jette corps et âme dans le travail de la ferme. Jusqu'au jour où Alexandre revient...

Dans ce roman au style ramassé, les sentiments sont intenses, le drame couve sans cesse sous les corps malmenés, les passions prêtes à éclater. D'une écriture sèche et efficace, Cécile Coulon immerge son lecteur dans une histoire prenante, à l'issue tonitruante.

 

Présentation de l'éditeur : L'iconoclaste

D'autres avis : Télérama

Du même auteur : Trois saisons d'orage  

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Les reflets d'argent de Susan FLETCHER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sur l'île de Parla, les habitants vivent depuis plusieurs générations au rythme de la mer. Ils en apprécient la beauté, mais ils connaissent aussi la cruauté de celle qui leur a enlevé des hommes. Ainsi, ces habitants du bout du monde sont attentifs aux signes, aux chansons et aux légendes légués par leurs ancêtres, ces histoires qui ont bercé leurs enfances pour les aider à se construire et à appréhender le monde qui les entoure. Aussi, quand un homme échoue sur la plage de Sye, tous pensent à la légende de l'Homme Poisson selon laquelle un homme arrivera par la mer pour apporter l'espoir à tous. En effet, non seulement l'homme est amnésique mais il ressemble de surcroît étrangement aux illustrations de cette légende. Il ressemble aussi à Tom, un jeune homme de l'île disparu en mer et dont le corps n'a jamais été retrouvé. Face à tant de correspondances étranges, les esprits des habitants s'emballent, tant l'importance de croire aux histoires, de trouver de la beauté, du réconfort dans ce monde est prégnante :

"Qui peut expliquer cette histoire ? Ou toute autre histoire humaine ?  C'est un monde extraordinaire  - plein d'amour, de chagrin, de coïncidences - et nous ne le comprendrons jamais. Nous ne devrions jamais essayer. Nous devrions nous contenter de lui être reconnaissant. Oui, nous ferions mieux d'aimer, de respirer, de dire tout ira bien et d'y croire. Et nous ferions mieux de partager nos meilleures histoires, aussi souvent que possible."

Dans cette histoire de couple et de deuil, le pouvoir de l'imagination éclaire les destinées, la lumière s'infiltre dans les interstices et efface la souffrance.

« Il arrive tant de choses blessantes, dans la vie. Ça n’arrête jamais, en tous cas jamais très longtemps. Il arrive que les corps souffrent, que l’amour soit tendre et mal partagé, que des hommes pleins de bonté se noient sans que leur corps soit retrouvé. Mais Tabitha sait qu’il existe aussi des jours qui sont autant de cadeaux. Que des vies sont sauvées, contre toute attente. Il y a des moments comme celui-là ; où l’on élague des rosiers à côté de sa soeur qui chantonne, après avoir murmuré, en vous prenant dans ses bras, qu’elle aussi regrette, et que oui, oui – vous aussi lui avez toujours manqué. »

Et si les histoires peuvent  permettre à un être de supporter deuil, souffrance, douleur, elles sont plus que légitimes, elles deviennent alors essentielles. Un bel hommage rendu aux contes et légendes et à la littérature...

« Peut-être y a-t-il des flocons d’argent dans les champs et un monde sous-marin. Peut-être les phoques ont-ils un cœur humain et connaissent-ils l’amour, ou le sentiment amoureux – et peut-être croira-t-elle chaque histoire qu’on raconte. Pourquoi pas ? » (p. 140)

 

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu ;

Du même auteur La fille de l’irlandais  ;  Un bûcher sous la neige 

D'autres avis : CathuluEva ; Enna

L'anecdote : En cherchant d'autres avis, je me suis aperçue que j'avais déjà lu et chroniqué ce livre en 2013. Or je n'en ai AUCUN souvenir, et en plus, je n'avais pas tellement aimé à l'époque, alors que cette fois-ci, j'ai adoré ! Comme quoi, nos goûts changent (et j'ai dû être poisson rouge dans une vie antérieure) J'ai remplacé l'article, voici ce que j'avais moins aimé à l'époque :

"L’impression que l’auteure tire un peu trop sur la corde du pathétique en accumulant les difficultés de l’existence : enfance battue, infidélité, amour à l’épreuve du temps, disparition, maladie incurable, accidents… Les 460 pages auraient pu être abrégées..."

Je reconnais ces défauts, mais cette fois-ci, ils sont passés inaperçus tant j'ai été emportée par la beauté du texte...

 

Publié dans Littérature Europe

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Au loin de Hernan DIAZ

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En 1850, Hakan Söderström et son frère entreprennent un voyage pour quitter le Suède pour l'eldorado des Etats-Unis. Au moment de changer de bateau en Angleterre, Hakan perd dans la foule son frère Linus. Il continue sa route vers New-York, persuadé qu'il le retrouvera là-bas, seulement c'est en Californie qu'il arrive, non à New-York. Son seul objectif sera alors de retrouver ce frère chéri. Sans argent, il entreprend donc la traversée du pays à pied, croisant la route de personnages hors normes : une tenancière de saloon assez toxique, des chercheurs d'or enfiévrés, un naturaliste original qui éveillera son esprit, des fanatiques religieux, des migrants, des arnaqueurs professionnels, des criminels, des vrais Indiens et des faux Indiens...

Dans ce premier roman l'auteur prend à revers le mythe américain : son héros est un être vierge, sans attaches, sans le sou, entièrement tendu vers la quête de son frère. Les codes du western sont subvertis, les attentes du lecteur sont sans cesse renversées, l'amenant à remettre en question ces mythes imposés par l'histoire. 

Mais ce road-movie se transforme aussi peu à peu en une belle réflexion sur la solitude et l'introspection à travers ce personnage atypique, colosse aux fragilités émouvantes.

Un roman riche et fascinant !

 

Présentation de l'éditeur : 10/18 Parution aujourd'hui

 

D'autres avis : Kathel ; Yann ; Chinouk ;

 

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Einstein, le sexe et moi d'Olivier LIRON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"J'aime beaucoup les lasagnes, le chocolat à l'orange, la Patagonie et les chansons de Leonard Cohen. Bienvenue dans mon monde."

Olivier Liron est autiste Asperger. "Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence." Une différence qu'il partage avec nous aujourd'hui en choisissant résolument l'angle de l'humour et du second degré. Ayant participé en 2012 à l'émission mythique de Julien Lepers "Questions sur un champion", il revient sur cette journée particulière, prétexte pour aborder ses ressentis et expériences.

En se plongeant dans son passé, lui reviennent ces termes cruels employés par les autres camarades pour le désigner, "gogol", ces coups psychologiques incessants, l'intolérance prégnante, ce "fascisme de la norme" qui l'a rapidement condamné. Mais il a la possibilité d'écrire pour ouvrir la prison, aimer, aller à la rencontre des autres, et se répéter comme un mantra "Il y aura toujours la beauté."

L'originalité du procédé lié au suspens du jeu allié à un humour corrosif cachent une réflexion bien plus grave sur la place des personnes différentes dans notre société. Avec talent, Olivier Liron transforme le jeu "Questions pour un champion" en quête de soi même, et amorce en parallèle une réflexion sur l'acceptation, pour que chacun comprenne et intègre ce droit de ne pas "rentrer dans le moule".

Un roman-bijou qui a obtenu le grand prix des blogueurs littéraires en 2018.

 

Présentation de l'éditeur : Alma Editeur

D'autres avis : Babélio

 

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