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Juste la fin du monde de Jean-Luc LAGARCE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« C’est comme la nuit en pleine journée, on ne voit rien, j’entends juste les bruits, j’écoute, je suis perdu et je ne retrouve personne. »

Louis rend visite à sa famille pour la première fois depuis des années. Il retrouve sa mère, sa sœur Suzanne, son frère Antoine et sa belle-sœur Catherine. Il a l'intention de leur annoncer sa maladie et sa mort prochaine irrémédiable, mais son arrivée fait ressurgir souvenirs et tensions familiales. Chacun exprime divers reproches et tout se joue alors dans les interstices, dans les silences, les répétitions. Ce qu'on dit, ce qu'on ne dit pas, ce qu'on pense que l'autre pense, ce qu'il ignore. Tout est subtil, lié aux blessures de l'enfance, au fait de se sentir aimé ou pas, rejeté, mis à l'écart, mis en valeur. Quoiqu'il arrive, rien n'est évident tant les relations familiales restent complexes et tant le langage est limité pour exprimer les vagues du conscient et de l'inconscient entremêlées étroitement.

Les êtres se frôlent certains haussent le ton comme Antoine, d'autres se taisent comme Louis, plus discret. Catherine pourrait incarner l'équilibre celle qui rassemble et comprend. Mais c'est la mère qui finalement sera clairvoyante quand elle dira : « […] la journée se terminera ainsi comme elle a commencé, / sans nécessité, sans importance. »

Mes réticences :

A la première lecture, je me suis perdue, et ce n'est qu'une fois que j'ai vu la magnifique adaptation de Xavier Dolan avec ces acteurs exceptionnels que j'ai mieux compris les enjeux de la pièce.

Bilan :

Un texte fort qui vibre longtemps ...

« Je me remets en route avec seul le bruit de mes pas sur le gravier. / Ce sont des oublis comme celui-là que je regretterai. »

Publié dans Théâtre

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Le ver à soie de Robert GALBRAITH

Publié le par Hélène

♥ ♥

Alors que l'écrivain Owen Quine vient de terminer son dernier manuscrit et que celui-ci fait grand bruit dans le monde de l'édition qu'il peint au vitriol, il disparait mystérieusement. Cormoran Strike est chargé de l'enquête par sa femme, inquiète. Cette disparition aurait-elle un lien avec ce roman sulfureux ?

Il s'agit du deuxième tome des enquêtes de Cormoran Strike, détective privé unijambiste, fils d'une rock-star et affublé d'une jeune secrétaire ambitieuse mais aux prises avec un petit ami jaloux de ce travail trop prenant à son goût.

Après s'être intéressé au monde de la mode dans L'appel du coucou, l'auteur nous plonge ici dans monde de l'édition, tout aussi nébuleux, peuplé d'êtres torturés à l'égo démesuré.

Ce que j'ai moins aimé :

- Des longueurs.

- Des personnages toujours aussi stéréotypés.

- Une fin assez prévisible.

Bilan :

Un bon moment de lecture malgré tout.

 

Vous aimerez aussi : le premier tome L'appel du coucou

Publié dans Roman policier Europe

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Mais quand le soleil baisse, une joie confuse, une joie de tout mon corps m’envahit. Je m’éveille, je m’anime. À mesure que l’ombre grandit, je me sens tout autre, plus jeune, plus fort, plus alerte, plus heureux. Je la regarde s’épaissir, la grande ombre douce tombée du ciel : elle noie la ville, comme une onde insaisissable et impénétrable, elle cache, efface, détruit les couleurs, les formes, étreint les maisons, les êtres, les monuments de son imperceptible toucher.
Alors j’ai envie de crier de plaisir comme les chouettes, de courir sur les toits comme les chats ; et un impétueux, un invincible désir d’aimer s’allume dans mes veines.

Yves Bonnefoy
1923-2016
Poésie et photographie, Éditions Galilée, 2014.

Publié dans Poésie française

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains !

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace !

Anna de Noailles
1876 - 1933
« La vie profonde », Le Cœur innombrable, 1901

Publié dans Poésie française

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Après les chiens de Michèle PEDINIELLI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En faisant son jogging sur les hauteurs de Nice, Ghjulia Boccanera découvre le cadavre d'un jeune Erythréen. L'enquête est confiée à son ex le commandant Santucci, mais comme cela n'avance pas assez vite au goût de la jeune femme, elle mène elle-même des investigations en parallèle pour retrouver la famille du jeune homme, un réfugié. De plus, elle accepte une enquête liée à la disparition de Melody une jeune lycéenne. Un autre récit se superpose à celui de Ghjulia : celui d'un jeune garçon qui à l'automne 43 fait passer des juifs de la France à l'Italie.

D'un ton décalé atypique, l'auteure nous parle de racisme, d'antisémitisme, du rapport à l'autre, mais aussi d'entraide que ce soit entre voisins, entre amis, entre membres d'un réseau... Si le personnage de Ghjulia Boccanera doit beaucoup à l'attachement immédiat que l'on ressent pour le roman, un autre personnage omniprésent a son rôle à jouer : la ville de Nice, véritable protagoniste qui insuffle définitivement à cette série un attrait original.

Une série à découvrir !

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Aube

Du même auteur : Boccanera (A noter que je n'avais pas lu le premier tome des aventures de Ghjulia mais que cela ne m'a nullement gênée. )

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Voilà
le monde reste beau
impunément
il n’a pas peur
du noir
il coule de source
toujours

Zéno Bianu
« Pérégrinations du Pierrot solaire »

Publié dans Poésie française

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Seul l’inespéré

donne à la vie

le goût de vivre


Gil Jouanard, Inédit pour le Printemps des Poètes

Publié dans Poésie française

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Si je mens tu vas en enfer de Sarah PINBOROUGH

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Lisa vit seule avec sa fille Ava, semblant fuir un passé oppressant. Elle aspire à une vie sans histoires, même si ces derniers temps, des détails l'inquiètent. Son anxiété atteint son apogée quand Ava sauve de la noyade un petit garçon, s'exposant ainsi dans la presse locale, et provoquant un séisme dans leur vie bien rangée. Parallèlement, Marilyn, une collègue et amie de Lisa, semble aussi avoir une vie parfaite, mais ses coulisses sont aussi hantées. Le destin des trois femmes va irrémédiablement basculer.

Chaque être porte finalement en lui ses fêlures, son passé au poids quelquefois étouffant, ou ses secrets inavouables. Comment composer avec cet ensemble disparate, comment construire ainsi une amitié, une famille ? Faut-il faire confiance à son instinct ?

Porté par de multiples rebondissements, ce roman policier est plutôt bien conçu, il manipule habilement le lecteur, tout comme les personnages manient avec brio l'art de la manipulation ! Les femmes maltraitées sont au cœur de l'intrigue, ces femmes malmenées qui trouvent un refuge comme elles peuvent, où elles peuvent.

Alors même si quelques caricatures et invraisemblances ponctuent le roman, il reste un polar efficace !

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche 

 

Publié dans Roman policier Europe

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage
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L'oeuvre de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Ah ! la vie, la vie ! la sentir et la rendre dans sa réalité, l’aimer pour elle, y voir la seule beauté vraie, éternelle et changeante, ne pas avoir l’idée bête de l’anoblir en la châtrant, comprendre que les prétendues laideurs ne sont que les saillies des caractères, et faire vivre, et faire des hommes, la seule façon d’être Dieu ! »

Claude est un peintre avant-gardiste, incompris par l'Académie partisane de l'art officiel. Il persévère malgré tout et travaille jour et nuit sur son grand projet "Plein air". Il veut peindre la vie moderne « la vie telle qu’elle passe dans les rues, la vie des pauvres et des riches, aux marchés, aux courses, sur les boulevards, au fond des ruelles populeuses; et tous les métiers en branle; et toutes les passions remises debout, sous le plein jour; et les paysans, et les bêtes, et les campagnes!... »

Alors qu'il s'était juré de se consacrer à la peinture uniquement, il rencontre alors Christine qui prend une place grandissante dans sa vie.

Dans ce roman s'exprime Zola critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Il met en scène le statut de l'artiste et les affres de la création, les doutes, l'envie prégnante de toucher du doigt la perfection quand tout fuit et se délite. Face à cette passion dévorante, certains êtres sont laissés alors sur le bord de la route, qu'il s'agisse ici de Christine jalouse des femmes peintes, ou de Jacques, jeune sacrifié à l'autel de la création. L'artiste demeure tout entier voué à cette quête incertaine, sans suivre les conseils sages du peintre plus âgé : « Je vous l’ai dit vingt fois qu’on débutait toujours, que la joie n’était pas d’être arrivé là-haut, mais de monter, d’en être encore aux gaietés de l’escalade. »
Zola écrit : "Avec Claude Lantier, je veux peindre la lutte de l'artiste contre la nature, l'effort de la création dans l’œuvre d'art, effort de sang et de larmes pour donner sa chair, faire de la vie : toujours en bataille avec le vrai et toujours vaincu, la lutte contre l'ange. En un mot, j'y raconterai ma vie entière de production, ce perpétuel accouchement si douloureux "

Un roman profondément parlant et toujours tellement juste et pointu dans sa peinture des milieux !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

A noter : attention à ne pas acheter une version simplifiée qui vous privera de passages essentiels

Du même auteur : Au bonheur des dames ; Thérèse Raquin

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