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Sanctuaire de James CLEARY

Publié le par Hélène

♥

Dans cette dystopie, les désastres climatiques ont fini par figer les Etats-Unis, provoquant des troubles civils, les plus pauvres se rebellant contre les plus riches. Dans ce climat tendu, le milliardaire John Brandt décide de mettre sa famille à  l'abri dans un bunker souterrain, le Sanctuaire, au cœur des Grandes Plaines. Mais ils sont rapidement rattrapés par un autre groupe prêt à tout pour survivre, mené par Grady. 

Mon avis :

L'auteur est acteur et metteur en scène et il a été profondément influencé par le rythme cinématographique. Le roman multiplie les clichés du film d'action américain : le lieu désertique, les comptes à rebours, les courses contre la montre, non sans son comptant de morts en cours de route ! Pour moi c'était trop, trop oppressant, trop de morts, trop d'incohérences, trop de noirceur, trop de personnages sans possibilité de s'attacher à aucun, trop de leçon de morale sur le désastre écologique, pas assez d'humanité, de supplément d'âme, pas assez de réflexions profondes, même si les pages de journal intime qui s'intercalent tentent de compenser ce manque. 

Et je ne vous parle pas de la fin !

Bilan : 

Un huis clos de survie assez brutal !

 

Présentation de l'auteur : Gallmeister

 

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Qui se ressemble de Agnès DESARTHE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Après avoir exploré sa branche maternelle ashkénaze dans ses précédents ouvrages, l'autrice se tourne ici vers sa lignée paternelle. En 1956 son père, tout droit venu d'Algérie, découvre la France. En 1973 à Paris jour de Kippour, la narratrice enfant prend conscience, presque sans le savoir, d’un monde en guerre et de ce que signifie appartenir à plusieurs mondes à la fois. elle tente de réconcilier ses identités multiples : juive, arabe par la langue de ses ancêtres, et française. 

Ce que j'ai aimé :

La mémoire familiale circule d'un chapitre à l'autre entre les générations, avec pour les relier, ce fil invisible de la chanson de Enta Omri d'Oum Kalsoum, comme un lien ténu entre les cultures et les générations, A travers elle se disent l'exil, la langue, la transmission, les émotions.

L'écriture de Agnès Desarthe, toute en sensibilité capte ce qui se transmet au-delà des mots ; gestes, silences, accents, tout ce qui constitue la famille. L'émotion reste toutefois pudique et contenue.

Ce que j'ai moins aimé : 

Cette beauté fragmentée, faite d’éclats brefs et de résonances, peut donner le sentiment d’un livre trop court, comme si l’on quittait trop tôt une voix que l’on commençait à peine à apprivoiser. Cette brièveté laisse une impression de suspension doublée d'une frustration discrète.

Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel

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Même le froid tremble de Nicole MERSEY ORTEGA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

"On a décidé de ne jamais s'empêcher de vivre." 

Dans le Chili des années 80, trois jeunes filles décident de se lancer dans un road trip à travers le pays pour  "aller voir le désert, les volcans, les flamants roses migrer, parler à la Vierge Noire et trouver enfin de l'espoir en découvrant d'autres couleurs sur la terre." Leur odyssée s'avère dangereuse dans un pays misogyne marqué par la violence sociale et chargé d'un passé politique lourd. Les rencontres accentuent cette tension constante, et si un tueur en série rôde, les hommes croisés sont tout aussi menaçants. 

Malgré cela, les jeunes femmes avancent, vers ailleurs, vers un espoir souvent bâillonné, ne retenant que les belles rencontres comme Maria la Tigresse trans, des féministes qui déboulent sur un stade de foot déguisées en lamas pour dénoncer les viols impunis des filles d'Atacama protégées par les footballeurs, trois délinquants qui vont prier la vierge noire de guérir leur mère atteinte d'un cancer, un père camionneur qui a perdu sa fille... 

Grâce à la force de leur jeunesse, elles portent leurs rêves à bout de bras, coute que coute, parce que "Il faut croire qu'au fond de nous, l'espoir n'est pas mort." "C'est beau, le manque de tout ce qui donne des pulsions de vie, vivre là où on ne devrait pas, s'affirmer avec les ongles sur le rocher, lutter contre la nature brutale qui écrase, je en trouve rien de plus bouleversant que la volonté de survie." 
Alors que tout suinte la violence et la mort, elles célèbrent la vie, l'envie de croire que demain sera meilleur !  

Un vrai coup de cœur qui, je l'espère gagnera le Grand Prix des Lectrices de Elle ! 

Sélection n° 6

Catégorie : Fiction 

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Le théorème du flamant rose de Jennifer KERNER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Le titre repose sur une image frappante : chez les flamants roses, les femelles perdent leur couleur pendant a couvaison, à cause de l’épuisement. Kerner s’appuie sur ce phénomène biologique pour illustrer une idée forte : donner la vie implique irrémédiablement une forme de sacrifice physique, psychique et social. 

Ce que j'ai aimé :

L'autrice met en lumière les aspects souvent gommés de la grossesse, mais aussi de l'accouchement et de la maternité qui suit. Elle évoque tous les risques encourus, des risques connus à ceux que l'on tait encore, parce que la parole et la douleur des femmes reste encore minimisée... Elle témoigne de sa propre grossesse et de ses effets pour étayer son propos. 

En tant qu'anthropologue, elle compare également les pratiques liées à la maternité dans différentes cultures et époques, aspect que j'ai trouvé très enrichissant et qui aurait mérité plus de développement.  

Ainsi, elle analyse la manière dont la médecine et la société occidentale traitent ou négligent le corps des femmes. Si la maternité est souvent  romantisée dans les discours sociaux, il ne faut pas minimiser ou taire la souffrance ou l’épuisement. Lors de ce moment intime de leurs vies, le corps des femmes devient un objet médical et politique, parfois au détriment de leur vécu. La douleur a tendance à être invisibilisée en raison du poids des attentes sociales qui pèsent sur les femmes. 

Ce que j'ai moins aimé :

Je m'imagine en jeune femme n'ayant pas encore eu d'enfants et je me demande si cet essai ne me découragerait pas... L'expérience de l'autrice a sans doute été traumatisante, difficile, et il est certain qu'il faut que la parole se délie sur ces sujets, mais peut être aurait-il fallu se placer davantage sur les moyens d'éviter ces écueils pour davantage d'optimisme...

Bilan :

Un essai à ne pas placer dans les mains des angoissées...

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Sélection n° 6

Catégorie Non fiction

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Avant que tombe la nuit de Eva Björg Ægisdóttir

Publié le par Hélène

♥ ♥

Alors que Marsí, 14 ans, entretient une correspondance secrète avec un garçon en se faisant passer pour sa sœur Stína, cette dernière disparait le jour où Marsi et lui devaient se rencontrer. Dix ans plus tard, l’affaire n’est toujours pas résolue et Marsí, persuadée que cette disparition est liée à cette relation, est rongée par la culpabilité. Elle revient dans sa maison familiale et lorsqu’elle reçoit une nouvelle lettre de son ancien correspondant, elle décide de reprendre l’enquête… mais elle doute de tout, y compris d’elle-même.

Ce que j'ai aimé :

L'autrice sait ferrer son lecteur, le roman est prenant dés le début si bien qu'on ne le lâche pas ! En se concentrant sur le point de vie de Marsi, l'intrigue joue sur la difficulté de distinguer réalité et imagination. les chapitres consacrés au passé permettent d'éclairer ses propos et de comprendre la frêle frontière entre ce que l'on vit et ce que l'on pense vivre ...

Ce que j'ai moins aimé :

Les fausses pistes se multiplient, l'autrice se plaisant à semer le lecteur en chemin, mais les ficelles sont tellement grosses, qu'on se retrouve vexés d'être considérés comme des lecteurs aussi crédules ! Vers la fin, les rebondissements se multiplient, retournements de situation, coups de théâtre, le lecteur est manipulé tel un pantin ridicule. 

Le roman se veut psychologique, mais je doute du bienfondé de certains comportements ou réactions des personnages !

L'histoire se passe en Islande, mais aurait pu tout aussi bien se passer ailleurs.

Bilan :

Un bon moment de lecture mais un peu trop attendu à mon goût...

Présentation de l'éditeur : Editions de la Martinière

Sélection n°6

Catégorie : Polar

Publié dans Roman policier Europe

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Certaines fièvres échappent au mercure de Mathilde FORGET

Publié le par Hélène

♥

Édith se cache des autres, jusqu'au jour où, dans un train de banlieue, en face d'une fille aux cheveux follement bouclés, elle découvre un sentiment farouche, joyeux, sidérant.

Au début de ma lecture j'étais très sceptique : l'histoire d'amour ne m'intéressait pas vraiment, et certaines réflexions avaient tendance à me désarçonner : "Les poils de tes jambes sont visibles car tes jeans sont courts. Je voudrais en avoir plein entre les dents." 

Puis peu à peu des scènes intrigantes émergent loin de la bluette amoureuse : par exemple sitôt que l'autre disparait, cette tendance à imaginer le pire, à remuer ciel et terre pour s'assurer qu'elle n'est pas morte. Enfin, peu à peu, la cause se profile : le suicide de la mère alors que la narratrice avait 8 ans, ce creux laissé, ces questions en suspens, cette peur viscérale de perdre les êtres aimés quand ils ne sont plus visibles.

On comprend alors que la rencontre amoureuse bouscule la narratrice et que cet attachement naissant, s'il peut être salvateur est aussi source d'angoisse car il ravive des traumas laissés de côté. 

Si le propos est touchant, je n'ai pas été sensible à l'écriture ni au propos. Je suis passée à côté.

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Avalanche de Lance WELLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Les hommes s'en vont. Ou ils sont emportés. (Elle haussa les épaules.) Ça revient au même, je suppose, Les hommes s'en vont et nous attendons qu'ils nous reviennent." 

Au début du XXème siècle, Clara rejoint son oncle et sa tante qui vivent dans une petite ville isolée appelée Forsaken Heights, nichée dans les montagnes de l’Ouest américain. Dans le train, elle rencontre Jack, un homme hanté par son passé, revenu enterrer celui qui l’a élevé. Celui-ci n'est pas le bienvenue en ville car vingt ans auparavant, il a, sans le savoir, introduit dans la ville une épidémie mortelle qui a causé une tragédie durable. Plus d'un habitant a perdu un proche à cause de cette maladie. 

Ce que j'ai aimé :

Dans Avalanche, Lance Weller explore avec finesse le thème de la culpabilité, cette charge invisible que Jack porte malgré lui, héritée d’un passé qui n'en finit pas de passer... Il a droit  malgré tout à une seconde chance grâce à Clara et cette relation fragile est esquissée par touches subtiles, jamais appuyées, l’auteur évitant tout pathos pour laisser affleurer une émotion retenue mais persistante. Leur lien, marqué par les non-dits, reflète une humanité vacillante.

En toile de fond, la nature s’impose comme une force implacable, indifférente aux drames humains, qu’il s’agisse d’une épidémie ou d’une avalanche. Face à elle, l’homme demeure vulnérable, souvent dépassé par des événements où le hasard et l’ignorance jouent un rôle tragique. Weller suggère ainsi que les catastrophes ne sont pas toujours évitables, mais qu’elles révèlent ce que nous sommes profondément car l’être humain, dans toute sa complexité, se montre capable du pire comme du meilleur. Prompt à juger et à condamner, il peut aussi, contre toute attente, trouver en lui la force de pardonner.

Ce roman sensible interroge alors notre rapport à la faute, à l’autre et à la possibilité de rédemption.

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman met en scène des personnages brisés, physiquement, moralement, dans une Amérique rude. Le lieu reculé, le froid, la culpabilité de Jack, rongent peu à peu aussi le lecteur, et si les éclaircies existent, elles restent fugaces. Demeure juste un souvenir de douceur qui permet d'affronter le monde, de le supporter, une once de bonheur fugace, qui fuit rapidement mais reste gravée dans leur corps et dans leur âme pour permettre de continuer à avancer. 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

 

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Dérangé que je suis de Ali ZAMIR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Je suis un pousse-pousseur, je ne suis pas un penseur, mais ma sueur pense pour moi."

L'histoire se déroule à Anjouan, aux Comores. Le protagoniste, surnommé Dérangé, est un "pousse-pousseur", c'est à dire un porteur qui transporte des marchandises sur une charrette à bras. Sa vie bascule lorsqu'il croise une femme d'une beauté foudroyante, une sorte de "sirène" urbaine qui lui propose ses faveurs alors qu'elle est mariée. Parallèlement, il s'engage dans un défi : un course insensée contre les Pipipis trio maléfique des trois dockers Pirate, Pistolet et Pitié.

Ce que j'ai aimé : 

Si le sujet traite de la pauvreté, la forme, elle, est d'une richesse absolue. Ali Zamir est connu pour sa langue exubérante et inventive. Il assume un goût pour les mots rares, ses phrases sont  sinueuses comme pour mimer l'essoufflement du porteur sous sa charge. Le texte rend aussi hommage à la tchatche de rue, aux palabres et à l'énergie vitale des marchés comoriens.

Il donne une voix et une dignité aux "petites gens", ceux que l'on ne regarde jamais alors qu'ils font tourner l'économie locale. "Dérangé" lutte contre un sort qui semble écrit d'avance, transformant son quotidien précaire en une aventure mythologique. Le titre reflète l'état mental du héros, dérangé par l'amour, par la faim, et par l'absurdité du monde qui l'entoure. Il incarne ainsi la probité, l'importance de conserver ses valeurs à n'importe quel prix. Mais malgré la dureté de sa condition, le récit est teinté d'une ironie mordante et d'un humour tragi-comique.

Bilan : 

Un cri de rage contre l'injustice porté par une écriture lumineuse !

 

Prix roman France télévisions 2019

Présentation de l'éditeur : Le Tripode

Publié dans Littérature Afrique

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La désobéissance civile de Henry David THOREAU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« La seule obligation qui m’incombe est de faire bien. »

Thoreau défend l’idée que la conscience individuelle doit primer sur la loi : « Tous les hommes reconnaissent le droit à la révolution, c’est-à-dire le droit de refuser fidélité et allégeance au gouvernement et le droit de lui résister quand sa tyrannie ou son incapacité sont notoires et intolérables. »

Alors que les Etats-Unis financent la guerre le Mexique, et de fait le système esclavagiste, Thoreau refuse de payer un impôt qui financerait ce conflit. Pour ce refus, il est brièvement emprisonné. 

Ce que j'ai aimé : 

 

Par ce geste de refus, Thoreau affirme qu’une loi, même revêtue du manteau de la légalité, ne saurait commander l’obéissance lorsque son cœur est injuste. Se plier sans réfléchir, c’est devenir complice de l’injustice qui gangrène la société. Il propose alors une voie de courage : la désobéissance civile, ce refus noble de collaborer avec un État qui trahit le droit et la justice. Défendre la liberté, c’est écouter la voix intérieure de la conscience, ne pas se soumettre aveuglément aux lois, et tourner le dos à l’injustice.

Cette flamme d’indépendance inspirera, des décennies plus tard, des âmes lumineuses comme Mahatma Gandhi et Martin Luther King Jr.

Le texte insiste sur l’éveil de la responsabilité personnelle. Pour Thoreau, le véritable citoyen ne se contente pas de suivre la majorité ou l’État ; il suit le chemin de sa propre conscience, guidé par le sens du juste et du vrai.

A méditer...

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur : Walden ou la vie dans les bois

Sur l'auteur : Thoreau : la vie sublime de Maximilien LE ROY et A. DAN

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Jusqu'au dernier de Déon MEYER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Mat Joubert, inspecteur au Cap, n’est plus que l’ombre de lui-même. Depuis la mort brutale de sa femme, lui aussi policière, il s’enfonce dans une forme d’apathie. Son quotidien n’est plus qu’une routine sans relief, jusqu’à ce qu’un nouveau supérieur le force à se reprendre en main. Il doit alors enquêter sur des meurtres commis avec une arme ancienne, mais aussi sur une série de braquages audacieux, perpétrés par un mystérieux criminel.

Ce que j'ai aimé :

Certes le personnage de l'enquêteur au bord du gouffre est une figure récurrente de la littérature policière, mais ici, force est de constater qu'elle est admirablement explorée. Joubert se reconstruit peu à peu et nous assistons à des éclairs de vie au milieu du brouillard, et éclair après éclair à cette reconstruction tant attendue. L’écriture de Deon Meyer épouse ce mouvement : sobre et tendue, elle laisse place aux silences, aux respirations, à ce qui ne se dit pas mais pèse. Et dans cet équilibre entre tension et fragilité, le roman trouve sa force.

L’un des grands atouts du roman réside aussi dans son ancrage social. À travers l’enquête, Meyer esquisse une Afrique du Sud en mutation, encore marquée par les fractures de son histoire. Sans jamais tomber dans le discours didactique, il laisse affleurer les tensions raciales, les inégalités et les cicatrices de l’après-apartheid, donnant au récit une profondeur rare dans le genre.

Bilan :

Un polar intense, intelligent et profondément humain. Jusqu’au dernier ne se contente pas de raconter une enquête : il explore la douleur, la justice et la possibilité de renaître.

Présentation de l'éditeur : Points

Du même auteur :  13 heures ♥ ♥ ♥ (policier) ; A la trace ♥ ♥ ♥ (policier) ; 7 jours ♥ ♥ (policier) ; Kobra ♥ ♥ ♥ (policier)

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