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GrandMèreDixNeuf et le secret du soviétique de ONDJAKI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans une banlieue de Luanda en Angola près d’une petite plage, GrandMèreDixNeuf (on l’a amputée d’un orteil) s’occupe de toute une bande de gamins, curieux et débrouillards, amateurs de baignades et de fruits chapardés. Son petit-fils raconte le projet de construction d’un mausolée à la gloire d’Agostinho Neto, fondateur du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et premier président du pays, mort en 1979, figure majeure de la lutte pour l’indépendance et partisan d’un projet de société communiste, soutenu par l’Union soviétique. Les enfants découvrent que leur domaine est menacé, les coopérants russes voulant ainsi détruire les maisons du quartier à coup de dynamite.  Ils prennent les choses en main pour pouvoir continuer à plonger dans la mer pour pousser des “cris bleus”.

Ce que j'ai aimé :

La guerre sert de toile de fond à un récit de souvenirs, dans lequel la résilience et la vitalité des liens familiaux et sociaux des habitants du quartier sont essentiels. Chacun de ces personnages, tous plus fascinants les uns que les autres, incarne l’esprit d’un peuple qui, dans un pays dévasté et en pénurie de tout, trouve des moyens d'inventer et de se battre pour maintenir l’espoir. La force de la résistance tient dans des éclats de vie, des bonheurs fugaces, un tango improvisé au milieu de l'hôpital avant une opération, car "la vie est pleine de surprises". Dans ces moments-là, "Personne n'oublie le scintillement clignotant d'une étoile tombante".

Les enfants croient en des "ciels dansants", grâce à eux, le ciel s'anime, les cerfs-volants tournoient dans la nuit noire de Luanda, portés par des vents de liberté et d’espoir.

"Je ne fais que rassembler des voix qui sont comme des scintillements dans un ciel qui parfois me paraît trop sombre - je suis sûr que tu sais de quoi je parle ; je traverse ainsi les jours, en inventant le temps, en tissant les voix, en réinventant d'impossibles constellations. (...) que le ciel dansant, vêtu d'étoiles tombantes, puisse danser encore et encore. Que les enfants apprennent toujours avec les oiseaux la magie secrète des cris bleus. "

"Il y a des adultes qui oublient de grandir et continuent de mélanger leurs rêves à du gros sel pour voir si ça explose. Les voix sont ce qui nous reste pour aider à supporter les cicatrices que nous portons en nous. De la matière hautement inflammable, pour sûr." 

(Echange de lettres entre l'auteur et Ana Paula Tavares, grande poétesse angolaise)

Présentation de l'éditeur : Editions Métailié 

Publié dans Littérature Afrique

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Couleur de peau : miel de JUNG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L'auteur, Jung, pseudonyme de Jun Jung‑sik, est né à Séoul en 1965, adopté à l’âge de 5 ans par une famille belge. Dans cette Bd autobiographique il narre son expérience. 

Dans le tome 1 il raconte son enfance depuis son abandon à Séoul, pris en charge par l’orphelinat américain Holt, jusqu’à son adoption en mai 1971 par une famille belge déjà composée de quatre enfants. Il évoque son arrivée dans cette famille, sa mère plus autoritaire, son père absent, ses frères et sœurs bienveillants.
Dans le tome 2 il se heurte à la question de son identité, fréquentant des coréens, en rébellion contre cette mère adoptive qui semble ne pas être à la hauteur de ses attentes. Après avoir été rejeté par sa mère biologique, il aurait aimé trouver l'amour nécessaire à une reconstruction dans cette nouvelle famille adoptive, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Il découvre aussi les premiers émois amoureux.

Dans le tome 3 il retourne en Corée du sud à 44 ans et se souvient aussi de ses années d'études à Bruxelles.

Enfin dans le tome 4 il donne la parole à sa mère adoptive. 

Ce que j'ai aimé :

L'auteur montre bien la difficulté de se forger une identité quand l'enfant est tiraillé entre son héritage coréen et son éducation belge, peinant à trouver sa place. Il insiste sur le profond sentiment de déracinement et d'abandon : l’histoire met en lumière l’expérience de milliers d’enfants coréens adoptés dans le monde après la guerre, et le malaise que cela peut créer, poussant même certains au suicide ou à l'autodestruction comme pour sa petite sœur Valérie. Le chemin vers l'acceptation est long et semé d'embûches...

"C'est moins l'origine que la qualité de la terre qui te permettra de plonger tes racines au plus profond de ton être." 

Le récit est narré avec sobriété, ironie et humour, nullement mélodramatique, ce que je redoutais. 

Des encadrés informatifs sur l’adoption coréenne, permettent au lecteur de découvrir aussi l’histoire sociale et géopolitique de la Corée qui a envoyé plus de 200 000 enfants aux quatre coins du monde. 

Je conseille de lire les 4 tomes ensemble, ils forment un tout vers la compréhension de son identité. 

Présentation de l'éditeur : Soleil

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Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques / Blade Runner de Philip K. DICK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans un futur post-apocalyptique où la Terre a été dévastée par une guerre nucléaire, et où la plupart des formes de vie animale ont disparu, les humains survivants vivent dans un environnement dégradé. Une mort lente consume la civilisation à mesure que la poussière et le vide s’emparent progressivement de tout. Par conséquent, l’humanité a quitté la terre pour Mars. Mais la colonisation est un échec et les androïdes conçus pour aider l’homme se retournent contre lui et veulent exister à leur tour. Rick Deckard est un chasseur de primes chargé de traquer des androïdes qui se sont échappés sur Terre. Il est motivé par l'appât du gain il rêve en effet de s'acheter un animal. 

Ce que j'ai aimé : 

Blade Runner est moins une aventure qu'un parcours philosophique moral et éthique. Le livre explore ce qu'il signifie être "humain" : est-ce une question de biologie, de conscience, ou de capacités émotionnelles ? Est-ce que les androïdes peuvent rêver ou éprouver des sentiments authentiques ? « On exigera de toi que tu fasses le mal où que tu ailles. C’est le fondement même de l’existence, d’être forcé à aller à l’encontre de sa nature. Chaque espèce vivante doit le faire un jour ou l’autre. C’est l’ombre ultime, la défaite de la création. C’est la malédiction à  l’œuvre, la malédiction qui se nourrit de toue vie. Partout dans l’univers. »

Rick doit résoudre un dilemme moral durant sa journée de destruction : normalement l'empathie est le critère pour démasquer les androïdes mais il vacille peu à peu : comment tuer des créatures qui sont de véritables prédateurs sans prendre le risque de développer une forme d’empathie à leur égard. Par les choix qu'il doit faire, on comprend que l’humanité se définit par sa complexité, son ambigüité « être humain revient à accepter de ne pas savoir ou de se contredire, en un mot de ne pas avoir de réponse absolue. » (postface)

Bilan :

Je lis très peu de science fiction habituellement, parce que je trouve souvent ces récits angoissants et sombres, mais je dois reconnaitre que les questions philosophiques soulevées sont passionnantes !

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Le roman date de 1968 et est particulièrement connu pour avoir inspiré le film culte Blade Runner de Ridley Scott, même si le film prend quelques libertés par rapport à l'œuvre originale.

Publié dans Roman Science Fiction

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L'inventaire des rêves de Chimamanda NGOZI ADICHIE

Publié le par Hélène

♥ ♥

L'inventaire des rêves nous invite à découvrir quatre grandes héroïnes, quatre femmes d'Afrique de l'Ouest, puissantes et déterminées, dont les trajectoires et les aspirations s'entrelacent. Chiamaka est une rebelle qui a déçu sa famille aisée du Nigéria. Plutôt que de se conformer aux attentes d'un mariage et d'une vie tranquille avec enfants, elle préfère se consacrer à l'écriture, sans attaches. Mais son rêve est-il vraiment le sien ? Sa meilleure amie, Zikora, a toujours rêvé de devenir mère et finit par trouver l'âme sœur. Mais celui-ci saura-t-il être à la hauteur ? Omelogor, la cousine de Chiamaka, est une brillante femme d'affaires qui, profondément marquée par les injustices faites aux femmes, décide de tout quitter pour reprendre ses études aux États-Unis. Et puis il y a Kadiatou, la domestique bien-aimée de Chiamaka, une cuisinière d'exception et une tresseuse talentueuse. Son rêve américain se réalise lorsqu'un hôtel de luxe l'engage comme femme de chambre, mais pour le meilleur et surtout pour le pire. Les rêves de ces femmes sont-ils plus difficiles à atteindre à cause de leur identité ?

Ce que j'ai aimé :

Ces femmes naviguent entre leurs rêves individuels et la réalité qui les entoure. Au cœur de l'intrigue se trouve une réflexion sur les aspirations personnelles et la manière dont ces rêves entrent en conflit avec les attentes sociales, familiales et culturelles. Ces protagonistes se confrontent aux rôles prédéfinis que la société attend d'elles et cherchent à redéfinir leur place dans le monde. Adichie explore la notion du rêve au sens large : des rêves d'avenir, mais aussi des rêves de rébellion, de liberté et de transformation.

Il s'agit d'un roman riche et fascinant qui explore les réalités contemporaines de la société nigériane à travers le prisme des rêves et des désirs humains. Cette œuvre tisse subtilement les questions de société, de genre, de famille et de culture, tout en mettant en lumière les tensions entre les traditions et la modernité.

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Du même auteur  L'hibiscus pourpre ♥ ♥ ♥ Autour du cou ♥ ♥ ♥ ; Americanah ♥ ♥ 

Publié dans Littérature Afrique

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La prime de Janet EVANOVICH

Publié le par Hélène

La prime est le premier tome de la célèbre série de romans policiers écrits par Janet Evanovich (qui compte plus de 25 tomes !). Cette série met en scène Stephanie Plum, une jeune femme qui se retrouve sans boulot, sommée de vendre ses meubles, et décide donc d'accepter la proposition de son cousin et de devenir chasseuse de primes, c'est à dire qu'elle est missionnée pour traquer les criminels qui refusent de se présenter aux audiences. Sa première mission consiste à retrouver un certain Joe Morelli, un ex-flic qu'elle a connu - et bien connu - dans sa jeunesse. 

Mon avis :

J'avais découvert cette série quand j'avais 20 ans (hier) avec le tome 4 Quatre ou double (ne me demandez pas pourquoi le tome 4, j'avais 20 ans, je ne brillais pas par ma logique...) J'avais apprécié le ton décalé, l'humour lié à ce personnage haut en couleurs, capable de se placer dans des situations improbables, sans jamais perdre sa bonne humeur et son optimisme (je pense que je m'identifiais...). Aujourd'hui je trouve que cette héroïne a mal vieilli, devenue LA "cruche" caricaturale, accumulant les gaffes, tombant sous le charme de "bad boys" sexys, poursuivie par des méchants bodybuildés (boxeurs bien sûr), mais protégée - ô miracle - par le bad boy sexy qui se plaît à la surprendre sous la douche...

Alors oui c'est léger, cela ne se prend pas au sérieux, mais les stéréotypes semblent excessifs aujourd'hui et j'ai eu envie de secouer cette Bridget Jones naïve dotée semble-t-il d'un cerveau atrophié. L'humour est souvent forcé.

Il paraît que ce roman peut être placé dans la catégorie "chick lit" ou "feel good" (même si j'ai quelques doutes au vue de la violence de certaines scènes) et je pense que cette lecture confirme deux points :

- je n'ai plus 20 ans (depuis hier) et mes goûts ont changé

- deuxièmement il me faut définitivement fuir ces catégories de romans, ce n'est pas fait pour moi !

Il existe une adaptation cinématographique qui semble tout aussi vide, mais je vous joins la bande annonce tout de même : 

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Ces soleils ardents de Nincemon FALLE

Publié le par Hélène

À Abidjan, Iro brûle de rêves, de lectures et d’espoir. À vingt ans, il étudie la littérature, partage des chambres étouffantes avec ses amis, empile les petits boulots pour survivre et tente de tenir la distance entre ses ambitions et la réalité, entre ses désirs et les injonctions familiales.

Il y a la ville — la ville qui pulse, bavarde, pleine de chaleur et de poussière, de nouchi et de solidarité — et puis il y a le village. Quand son père meurt, Iro est rappelé là-bas. Ce retour ouvre en lui une faille, un vertige : il faut affronter ce père absent et pourtant omniprésent, ce village qui le juge, ces souvenirs qui piquent la peau.

Ce que j'ai aimé : 

Ce roman offre un portrait réaliste de la jeunesse d’Abidjan, entre rêves, défis et réalités socio-économiques, il peint ses colères et ses lumières, de la ville où l’on se forge à la forêt des origines. C’est un roman d’apprentissage vibrant, celui d’un jeune homme qui apprend à dire je dans la cacophonie du monde. 

Il présente aussi une réflexion profonde sur les relations père‑fils et la construction identitaire.

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas pu m'attacher aux personnages. Etait-ce dû au style, relativement simple ou à l'alternance des chapitres sur Iro et puis Thierry qui casse le fil narratif et met à distance les personnages, je l'ignore...

Bilan :

Bilan mitigé...

Présentation de l'éditeur : Editions JC Lattès

Publié dans Littérature Afrique

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Pauline d'Alexandre DUMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥

Pauline, paru en 1838, est l'un des premiers romans d'Alexandre Dumas dans lequel on trouve en filigrane les grands ressorts de son œuvre romanesque.

Le narrateur reçoit le récit d'Alfred de Nerval, un peintre ami qui lui raconte l'histoire de Pauline, jeune femme mystérieuse qui se dérobe aux yeux du narrateur et des autres, comme si elle craignait d'être reconnue. Que cache-t-elle ? Alfred brosse le portrait d'une jeune femme innocente et pure que les hasards de l'existence auront mis en présence d'un être sombre, le comte Horace de Beuzeval, homme fascinant dont l'"âme est un abîme d'où rien ne sort" mais qu'elle épousera par aveuglement. 

Sous l'influence de Walter Scott, Alexandre Dumas écrit ici un roman gothique avec des tempêtes, des abbayes en ruines, des passages secrets,  des amitiés tout aussi secrètes, des crimes violents, une femme enterrée vivante, des êtres diaboliques... Comme dans les romans gothiques "Personne n'ignore par expérience que le danger inconnu est mille fois plus saisissant et plus terrible que le péril visible et matérialisé." 

Mais Pauline résonne aussi d'accents romantiques avec l'importance accordée à la nature, le lyrisme brûlant de certains passages, l'amour platonique d'Alfred et la sensibilité de Pauline. Les héros sont des êtres soumis au mal du siècle, riches, mais trainant leur désœuvrement, des personnages las de leur environnement. 

"Le grand malheur de notre époque est la recherche du romanesque et le mépris du simple. Plus la société se dépoétise, plus les imaginations actives demandent cet extraordinaire, qui tous les jours disparaît du monde pour se réfugier au théâtre ou dans les romans ; de là, cet intérêt fascinateur qu'exercent sur tout ce qui les entoure les caractères exceptionnels." p. 104

Par le biais d'aventures passionnantes placées sous l'égide d'un mystère envoûtant, Pauline propose un habile portrait de la société contemporaine. Un récit peu connu de l'auteur à redécouvrir !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Le comte de Monte-Cristo ♥ ♥ ♥

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L'homme à l'envers de Fred VARGAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans un village des Alpes, des brebis sont égorgées, puis une femme est retrouvée assassinée. Très vite, la rumeur enfle : et si c’était un loup-garou ? Le récit s’organise autour d’un road trip improbable, à bord d’un vieux camion, où se rassemblent une jeune bergère, un enquêteur maladroit, un ancien légionnaire taciturne… et Adamsberg, toujours aussi fuyant et fascinant. Ensemble, ils traquent un tueur, mais aussi une vérité plus vaste, tapie "à l’envers" des apparences.

Ce que j'ai aimé : 

Ce qui frappe dans ce roman, c’est cette manière qu’a Fred Vargas de faire glisser le lecteur dans un monde légèrement décalé. Le loup-garou n’est pas là pour faire peur, mais pour rappeler que le monstre est parfois… humain. Vargas manie le doute, le flou, le fantasme avec un art rare. Elle ne cherche pas l’explication rationnelle à tout prix : elle installe une ambiance, un suspens presque organique.

Le roman vaut aussi (et surtout ?) pour ses personnages. Le ton du délicieux commissaire Adamsberg, dont il s'agit ici de la deuxième enquête, se fond parfaitement dans cette galerie atypique de personnages : nous rencontrons le Veilleux, qui appelle ses moutons au téléphone pour les rassurer "il leur dit de ne pas se faire de mouron, de bien manger, de ne pas s'alanguir.", et ses expressions redondantes "c'est piégeux", Soliman et ses contes d'Afrique et Camille, au centre des pensées de chacun. 

Bilan :

Avec L’homme à l’envers, Fred Vargas continue de tracer son sillon singulier dans le paysage du polar français.

"Apre beauté bien sûr, mais monde désertique de géants et de silence, où l'homme, pire encore que son mouton, semblait hors de proportion."

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Du même auteur :  Temps glaciaires ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Quand sort la recluse ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Sur la dalle ♥ (Policier)

 

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Les filles du chasseur d'ours de Anneli JORDAHL

Publié le par Hélène

Elles sont sept, sept sœurs aux allures de sauvageonnes, avec leurs longues chevelures rousses, leurs muscles noueux, leurs gestes brusques et leurs éclats de rire ponctués de grossièretés. On les voit parfois descendre au marché, les bras chargés de peaux de bêtes, qu’elles vendent avant de danser, ivres et flamboyantes, sous les sifflets des hommes. On les dit braconnières, bagarreuses, et quand la lune est pleine, on jurerait les apercevoir, nues et hurlantes, se baigner dans la rivière. Mais nul ne sait vraiment qui elles sont. Elles portent un seul nom : les filles du chasseur d’ours.

Pourtant, derrière ces renardes effrontées se cache un récit plus sombre. Une nuit, leur père ne revient pas de la chasse, et les sept filles se retrouvent livrées à elles-mêmes. La forêt, pour celles qui n’étaient jusque-là qu’une bande de gamines jouant les dures, devient alors une épreuve implacable. La faim, le froid, la discorde — et surtout la violence des hommes — leur apprennent ce que la survie exige.

Ce que j'ai aimé : 

Les personnages sont atypiques : ces filles sauvages aiment chasser, fumer, danser, s’enivrer de bière, se goinfrer de gibier, se baigner nues dans les lacs glacés, se rouler dans la boue et se foutre des raclées, et ne se promènent pas sans un gourdin. Et pourtant elles révèlent leur humanité au fil des pages, au fur et à mesure qu'elles s'émancipent de l'image du père. Elles comprennent peu à peu qu'il ne leur a pas appris à lire, écrire, les a maintenues dans leur sauvagerie et non pas par idéologie comme elles le pensaient. Elles apprennent peu à peu à se libérer des entraves et gagnent une véritable liberté en affirmant leur propre personnalité.

« Vous êtes libres. Libres de créer votre propre royaume où vous serez reines. Vivez ! Soyez fortes, vivez fort, et vous pouvez compter sur votre père. Je serai à vos côtés jusqu'au bout. »

Ce que j'ai moins aimé :

Il faut persévérer au début pour s'attacher aux personnages, très nombreux. La crudité du ton et la noirceur des scènes peuvent aussi déranger. 

Bilan :

Un roman à la fois cruel et fascinant, relativement sombre.

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Publié dans Littérature Europe

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Miracle à la combe aux Aspics de Ante TOMIC

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans un coin reculé et montagneux de Croatie, dans la vallée fictive de la Combe aux Aspics, vit la famille Poskok, une tribu masculine, rustre, sauvage et farouchement hostile à l’État, aux femmes et à toute forme de modernité. Le père, Jozo élève seul ses quatre fils, qu’il garde coupés du monde extérieur. Mais tout bascule lorsqu’un des fils, Krešimir, décide de quitter le nid pour aller chercher une femme. Ce "crime" déclenche une série d’événements absurdes, comiques, parfois violents, qui vont attirer l’attention de la police, de la politique, et des médias.

Ce que j'ai aimé :

Dans ce "western balkanique", chaque personnage vaut le détour. Le ton burlesque et ironique teinté d'humour noir emporte le lecteur dans un tourbillon d'aventures rocambolesques dans un monde où les armes circulent librement et l’État semble aussi impuissant qu’incompétent.

L'auteur signe ici une œuvre à la fois satirique, burlesque et tendrement critique du monde rural et des tensions sociales et politiques des Balkans.

Bilan :

Un roman jubilatoire ! 

Présentation de l'éditeur : Libretto

Publié dans Littérature Europe

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