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Mon cher mari de Rumena BUZAROVSKA

Publié le par Hélène

Ces onze nouvelles racontées à la première personne présentent chacune une femme décrivant son époux dans une scène de la vie quotidienne. Elles explorent les complexités de la vie conjugale à travers le prisme des voix de différentes femmes.

Ce que j'ai aimé :

Rumena Bužarovska pointe les limites des rôles attribués par la société et interroge les relations, les attentes sociétales, et les frustrations silencieuses souvent vécues dans le cadre du mariage.

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman est écrit par une macédonienne mais il aurait tout aussi bien pu se passer ailleurs...

De plus, ces femmes sont fort peu sympathiques, voire exécrables, jalouses, violentes et les hommes narcissiques, infidèles. Les deux sont violents envers leurs enfants et finalement le portrait du genre humain est très pessimiste en ces pages ! 

Bilan

Très glauque !!

Présentation de l'éditeur : Folio

Publié dans Littérature Europe

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La mansarde de Mrs K de Mary WESLEY

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Laura Thornby est une femme d’une quarantaine d’années, indépendante, séduisante, mais qui cache une solitude tenace. Elle rencontre Claud Bannister, jeune écrivain fragile et hanté par ses obsessions créatives. Pour Laura, il n’est d’abord qu’un « caprice », une distraction de plus dans sa vie de séductrice. Mais l’aventure prend une tournure inattendue.

Ce que j'ai aimé : 

Le roman prouve comment l'imaginaire et la littérature peuvent avoir un pouvoir destructeur ou libérateur, brouillant les frontières entre la vie et la fiction. Laura Thornby, indépendante et cynique, pense s’amuser avec le jeune Claud Bannister, mais se retrouve piégée par ses propres sentiments – et par la force de l’imaginaire.

Ce que j'ai moins aimé : 

L’intrigue manque de souffle : Claud reste une silhouette, trop enfermé dans ses obsessions littéraires, et la rivalité avec l’héroïne inventée aurait mérité un traitement plus audacieux. On sourit à certains passages, on s’agace à d’autres, et l’ensemble laisse une impression en demi-teinte.

Bilan : 

En définitive, un texte qui illustre bien le style piquant de Wesley mais sans atteindre la densité émotionnelle de ses meilleurs romans. À lire si l’on connaît déjà l’autrice, mais pas comme porte d’entrée idéale dans son univers.

Présentation de l'éditeur : Flammarion

Du même auteurSucré, salé, poivré ♥ ♥ ♥ ; La pelouse de camomille ♥ ♥ ♥

Publié dans Littérature Europe

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Contrebandiers de Michèle PEDINIELLI et Valério VARESI

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Le corps sans vie d’un passeur est retrouvé dans la neige, au cœur des Alpes Valaisannes, entre la Savoie et le Piémont. Un indice permet à la police italienne de rapidement identifier la victime : Leonardo Morandì. De l'autre côté de la frontière, en France, un jeune burkinabè, apparemment en route vers l’Italie, est retrouvé presque gelé par Suzanne Valadon, une accompagnatrice en montagne. Le garçon aurait-il un lien avec ce meurtre ? Des deux côtés de la frontière, policiers et contrebandiers s’affrontent, car un meurtre, dans ce milieu, n’est jamais bon pour les affaires...

Ce que j'ai aimé :

Dès les premières pages, le roman installe son décor : un univers de traditions ancestrales, de codes implicites et d’un mode de vie nourri par l’ombre et l’isolement. La montagne, à la fois majestueuse et menaçante, s’impose comme un lieu paradoxal : terrain de jeu mais aussi piège, elle confronte les hommes aux éléments autant qu’à eux-mêmes.

Cet ancrage dans l’espace montagnard donne au récit une dimension singulière. C’est un territoire où s’entrelacent histoires et coutumes, sur fond de survie et de clandestinité. Il devient refuge autant qu’étau, théâtre où s’affrontent l’autorité de l’État, les dilemmes moraux et les règles tacites d’une communauté façonnée par son environnement.

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman m'a semblé trop court, presque expéditif, si bien que les personnages sont difficilement incarnés. Cette concision peut déstabiliser, surtout lorsqu’il s’agit de personnages qui, bien qu’intéressants, ne sont pas toujours suffisamment développés pour qu’on puisse pleinement s'y attacher, comme si certains moments essentiels n’étaient pas assez approfondis. De fait, il peut être difficile de vraiment comprendre les motivations profondes des personnages, ou de sentir une connexion émotionnelle avec eux.

Bilan :

Une déception ...

Des mêmes auteurs : 

Michèle PEDINIELLI : Après les chiens ♥ ♥ ♥ (Policier) ; La patience de l'immortelle  ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Boccanera ♥ ♥ (Policier) ; Sans collier ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Un seul oeil ♥ ♥ ♥ (Policier)

Valério VARESI : Le fleuve des brumes ♥ ♥ (Policier) ; La main de Dieu ♥ ♥ ♥ (Policier)

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Danbé de Aya CISSOKO et Marie DESPLECHIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Au destin qui s'acharne on ne peut opposer que la ténacité, et le recommencement." 

Aya grandit à Paris, dans le quartier populaire du 20ᵉ arrondissement, fille de parents maliens. Son enfance est douce malgré la pauvreté, au sein d’une famille soudée dans un petit appartement de Ménilmontant. Mais en 1986, un incendie criminel ravage leur logement les plongeant dans la tragédie. Sa mère, malade et en dialyse, refuse de retourner au Mali malgré la pression familiale, et élève seule Aya et ses frères.  

Malgré les difficultés, Aya devient excellente élève, mais sombre parfois dans la rébellion au lycée. La boxe devient pour elle un refuge.

Ce que j'ai aimé : 

Le titre fait référence au danbé : la dignité, bien plus qu'une simple valeur, mais "la vertu cardinale, le pivot autour duquel ma mère entend articuler notre existence." . Préserver et transmettre le danbé, c’est opposer la résistance de l’âme aux épreuves, c’est maintenir la droiture même quand tout vacille, c’est rester digne malgré l’adversité.

Le sport, souvent perçu comme planche de salut, ne sauve pas à lui seul. Ce qui transforme réellement, c’est la rencontre, la présence bienveillante qui offre une écoute, un lieu de parole. "Se savoir écouté, pouvoir se confier, le Bien est là. C'est ne pas exister qui est dur." Ce qui ronge n’est pas la difficulté, mais l’invisibilité, la douleur de n’être pour personne. 

C’est une écriture de la réinvention : après le traumatisme, l'autrice narre la lente et obstinée reconstruction de soi.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai trouvé le roman très triste même si le destin de la jeune femme est lumineux...

Bilan : 

Un témoignage fort !

Le livre a été adapté en téléfilm, réalisé par Bourlem Guerdjou (prix du meilleur téléfilm à La Rochelle en 2014 et au festival ColCoa de Los Angeles en 2015)

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Le cercle occulte des Gentlemen de Sarah PENNER

Publié le par Hélène

♥ ♥

En 1873, la médium célèbre Vaudeline d’Allaire est appelée en Angleterre pour résoudre le meurtre de son mentor, fondateur de la Société des Sciences Occultes. Elle est accompagnée de son assistante sceptique, Lenna Wickes, venue pour élucider la mort mystérieuse de sa sœur. Les deux femmes s’infiltrent dans un cercle privé d’hommes puissants — le Cercle occulte des Gentlemen — où l’enquête mène à des révélations et des dangers inattendus.

Ce que j'ai aimé :

Séances de spiritisme, sociétés secrètes, rituels étranges et récit gothique se mêlent pour créer une ambiance envoûtante. Les descriptions du Paris et du Londres victoriens contribuent à cette atmosphère empreinte de mystère. 

Le roman confronte le rationalisme à l’occulte, à travers deux personnages forts qui permettent aussi de mettre en lumière la marginalisation des femmes dans le domaine du spiritisme, tout en valorisant la solidarité, l’émancipation et la puissance de ces protagonistes féminines. Il questionne la place des femmes, de la sexualité et aborde même une romance lesbienne entre Lenna et Vaudeline, dans une société misogyne et répressive.

Ce que j'ai moins aimé :

Les messages se multiplient et finissent par manquer de profondeur. De plus pourquoi se lancer dans les clichés qui allient féminisme et lesbianisme ? 

Bilan :

Une déception alors que j'avais tant aimé La petite boutique aux poisons !

Présentation de l'éditeur : Pocket

Du même auteur : La petite boutique aux poisons

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Western Tchoukoutou de Florent COUAO-ZOTTI

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥ ♥ 

A Natingou City, une ville montagneuse fictive dans le nord du Bénin, trois figures masculines dominent la ville, chacune symbolisant un archétype du western : le bouvier ou cow-boy local Alassane Gounou, le shérif, inspecteur de police Boni Touré et l'homme d'affaires corrompu tenancier de saloon Ernest Vitou.

Le calme factice de la ville est bouleversé par l’arrivée de Kalamity Djane, une femme mystérieuse revenue d’entre les morts, qui monte sur sa moto : « Je suis Kalamity Djane. Et je suis venue pour tuer. » Elle incarne une figure vengeresse aux frontières du fantastique : fantôme ou sosie vengeur, personne ne le sait jusqu'à la fin du roman.

Ce que j'ai aimé : 

Le roman joue sur un ton à la fois burlesque et sombre, mélangeant parodie, violence et satire sociale. Il détourne les clichés du western tout en les transposant dans un univers béninois haut en couleurs, utilisant l’humour, le folklore local, et des personnages caricaturaux pour porter un regard critique — notamment sur la corruption et les violences faites aux femmes.

La langue est riche, rythmée, cinématographique : néologismes, audaces grammaticales, jeux de mots… Couao-Zotti y manie un style insolent et percutant.

Bilan :

Une réussite !

Du même auteur Poulet-bicyclette et cie ♥ (Nouvelles) 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Publié dans Littérature Afrique

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La bête humaine de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Jacques Lantier, conducteur de train rencontre Séverine, une femme mystérieuse qui cache un lourd secret, et leur relation se complique dans un climat de violence et de tensions sociales. À travers le quotidien des cheminots, Zola étudie les instincts humains et les conséquences de la fatalité.

Ce que j'ai aimé :

Zola explore les effets de la révolution industrielle et de la modernité sur les individus, en particulier sur leur psychologie et leur comportement. Les personnages sont souvent influencés, voire détruits, par leur environnement et par les forces sociales qui les écrasent. Le roman soulève des questions profondes sur la nature humaine, le déterminisme et la violence inhérente à l'homme, notamment au sein de la classe ouvrière et dans un contexte de société industrialisée. Dans ce contexte, le réseau ferroviaire est comme une métaphore de l’hérédité, et la machine allégorie du corps, substitut matériel de la bête tapie en chacun de nous. 

Jacques Lantier, est hanté par la violence génétique qui coule dans ses veines, un héritage de son père, Roubaud, qui lui-même est marqué par des tendances criminelles. Cette fatalité héréditaire montre comment l’individu est impuissant face à sa propre nature et aux actions de ses ancêtres. Lantier est victime de pulsions meurtrières qu'il ne parvient pas à contrôler, et cela devient un aspect central du roman.

« La famille n’était guère d’aplomb, beaucoup avaient une fêlure. Lui, à certaines heures la sentait bien, cette fêlure héréditaire ; non pas qu’il fût d’une santé mauvaise, car l’appréhension et la honte de ces crises l’avaient seules maigri autrefois ; mais c’étaient, dans son être, de subites pertes d’équilibre, comme des cassures, des trous par  lesquels son moi lui échappait, au milieu d’une sorte de grande fumée qui déformait tout. Il ne s’appartenait plus, il obéissait à ses muscles, à la bête enragée. Pourtant, il ne buvait pas, il se refusait même un petit verre d’eau-de-vie, ayant remarqué que la moindre goutte d’alcool le rendait fou. Et il en venait à penser qu’il payait pour les autres, les pères, les grands-pères, qui avaient bu, les générations d’ivrognes dont il était le sang gâté, un lent empoisonnement, une sauvagerie qui le ramenait avec les loups mangeurs de femmes, au fond des bois.»

Dans le titre du roman, "la bête humaine" désigne avant tout cette pulsion animale, cette violence irrationnelle et incontrôlable qui sommeille en chacun des personnages. C’est une métaphore de l’instinct brutal et primitif qui peut surgir à tout moment, même chez ceux qui s’efforcent de paraître civilisés. La mécanique sociale et les relations humaines, notamment l’amour, le sexe et le désir, sont représentées comme des moteurs de cette violence latente.

« On ne tue que sous l’impulsion du sang et des nerfs, un reste des anciennes luttes, la nécessité de vivre et la joie d’être fort. »

Bilan :

Un classique qui nous emporte immédiatement dans son univers !

Du même auteur : Thérèse Raquin ♥ ♥ ♥ , Au bonheur des dames ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'oeuvre ♥ ♥ ♥ ♥ ; Germinal ♥ ♥ ♥ ; L'assommoir

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La main droite du diable de Ken BRUEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Jack Taylor, ancien flic alcoolique, récemment sorti d’un asile psychiatrique est hanté par la mort d’une petite fille dont il se sent responsable. Il se retrouve dans les rues d’un Galway qui lui semble inconnu, la ville étant en pleine mutation économique, les repères sociaux se fissurent. Jack accepte avec réticence d’enquêter sur la mort d’un prêtre retrouvé décapité dans son confessionnal. Dans un pays dont les valeurs vacillent, alors que les scandales pédophiles secouent l’Église catholique irlandaise, il va devoir faire face à ses pires démons…

Ce que j'ai aimé : 

L'écriture de Ken Bruen se révèle à la fois désespérée et lumineuse à la fois, avec cette capacité unique à faire rayonner une lumière crue dans les ténèbres d'une Irlande fragmentée, où le désespoir le dispute à des éclats d'espoir ténus. Sincère et sans compromis, son écriture prend la forme d'une plongée brutale dans l'âme humaine, parée d’un humour noir qui, loin de masquer la douleur, l'accepte avec une sorte de poésie tragique.

Jack Taylor est un homme rongé par ses erreurs passées, marqué par les cicatrices d'une vie qui l’a laissé en ruines. Alcoolisme, violence, culpabilité : autant de démons qui le poursuivent sans relâche, alors qu’il tente de trouver une issue dans un monde où le poids de ses choix pèse lourdement. Loin d’être un simple détective privé, Taylor est une âme en quête de rédemption, constamment tiraillée entre la volonté de se réconcilier avec lui-même et la fatalité d'un monde qui semble n’offrir aucune issue.

À travers ce roman, Bruen explore avec finesse des thèmes universels : la réflexion sur la moralité, sur les conséquences de nos actes et la recherche du sens dans un univers souvent violent et brutal. Les personnages se retrouvent englués dans une réalité où la violence et le destin semblent tissés dans le même fil, impossible à démêler.

Bilan : 

Un opus intense et profond, où Bruen ne se contente pas de décrire ses personnages : il les scrute, les expose dans leurs failles les plus intimes, offrant un miroir sans fard de la condition humaine, fragile et faillible.

La série dans l'ordre : 

  • Delirium Tremens (titre original The Guards, 2001)
  • Toxic Blues (Killing of the Tinkers, 2002)
  • Le martyre des Magdalènes (The Magdalen Martyrs, 2003)
  • Le dramaturge (The Dramatist, 2004)
  • La main droite du diable (Priest, 2007)
  • Chemins de croix (Cross, 2008)
  • En ce sanctuaire (Sanctuary, 2009)
  • Le démon (The Devil, 2010)
  • Sur ta tombe (Headstone, 2011)

Présentation de l'éditeur : Folio

Publié dans Roman policier Europe

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Madame Hayat de Ahmet ALTAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Fazil est un jeune étudiant en littérature qui vient d’une famille modeste. Il perd son père et, pour survivre, donne des cours particuliers et vit dans une pension bon marché. Sa vie bascule quand il croise Madame Hayat, une femme mûre, libre, magnétique, exubérante, qui l’attire et le trouble. Parallèlement, Fazil rencontre Sila, une jeune femme cultivée, réservée et élégante, issue d’un autre milieu social.

Ce que j'ai aimé : 

Les deux figures féminines incarnent deux voies possibles pour Fazil : l’amour charnel et libérateur d’un côté, l’amour romantique et normatif de l’autre : Madame Hayat incarne la sensualité et la jouissance de l’instant, en opposition à l’austérité et à la mélancolie de son quotidien. Sila, quant à elle représente une autre forme d’amour, plus classique et plus "acceptable". Mais la tension liée  aux deux figures antithétiques est encore plus profonde. Bien que la Turquie ne soit jamais explicitement nommée, l’univers du roman reflète un climat de peur, de surveillance et de répression. Le roman est traversé par la mort, les deuils et la fragilité des existences. Face aux bouleversements politiques, l'autoritarisme, et les tensions sociales que traverse la Turquie contemporaine, le personnage de Madame Hayat incarne la liberté vécue, tandis que Sıla présente une vision plus rationnelle et mesurée. Le roman est animé par un sentiment d’urgence : saisir la beauté du monde avant qu’il ne disparaisse. Madame Hayat est finalement comme l'allégorie de la vieille Turquie et en ce sens les dernières pages sont déchirantes...

Pour finir, ce roman est d'autant plus marquant qu'il a été écrit en prison : Altan a été arrêté en 2016 et condamné à la réclusion à perpétuité (peine annulée ensuite, mais il a passé plusieurs années en détention). Pendant cette période, il a écrit plusieurs textes, dont ce roman. Malgré la censure, la prison et les contraintes, Altan insiste sur la puissance de l’imagination, de la mémoire et du désir. La littérature apparaît alors comme un refuge vital face à l’oppression.

Un grand roman !

Prix Fémina étranger en 2021

Présentation de l'éditeur : Actes sud

Publié dans Littérature Europe

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La légèreté de Catherine MEURISSE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Dans La Légèreté, Catherine Meurisse livre un récit profondément intime, une plongée bouleversante dans les jours qui ont suivi le 7 janvier 2015, date de l’attentat contre Charlie Hebdo. Rescapée de justesse, elle voit son monde vaciller : des amis disparaissent, et avec eux, le dessin, la mémoire, le sens même de la création.

Brisée mais debout, elle entreprend alors une quête de reconstruction, un voyage vers la beauté comme refuge et comme remède. De l’océan au Louvre, jusqu’à la Villa Médicis à Rome, elle cherche dans l’art, dans les paysages, dans la lumière, ce que la violence lui a arraché : un peu de paix, un peu de grâce. Une renaissance fragile, portée par le silence, la contemplation… et cette légèreté qu’elle croyait perdue.

Ce que j'ai aimé : 

La jeune femme tente de continuer coûte que coûte. Non par orgueil ni par devoir imposé, mais pour ceux qui ne marchent plus à nos côtés, pour elle-même aussi, parce que l’élan de vivre, malgré la brisure, conserve son prix. La route s’alourdit parfois de silence, mais chaque pas affirme une fidélité à la vie. Dans ce chemin vers la lumière, il faudra quelquefois tâtonner. Pourtant l’amitié, l’art, la culture offrent des haltes sûres, des clairières d’où l’on peut reprendre souffle en se lovant dans la beauté. Ainsi seulement s’invente la possibilité de transcender l'épreuve.

Et peut-être que la renaissance ne se trouve pas dans la déchirure effacée, mais dans ce souffle nouveau qui s’insinue à travers elle, discret et persistant... 

Présentation de l'éditeur : Dargaud

Du même auteur : Les grands espaces ♥ ♥ ♥ ; La jeune femme et la mer ♥ ♥ ♥

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