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L'affaire Balzac de Hervé JUBERT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Balzac se lance dans une enquête acharnée pour tenter de sauver son oncle, Louis Balssa, dit "le Prince", qui est accusé du meurtre de Cécile Soulié, une jeune servante enceinte et déjà promise à la guillotine. Aux côtés de son narrateur-serviteur effronté, il traverse villages et campagnes du Ségala pour démêler mensonges, rivalités locales et secrets de famille.

Ce que j'ai aimé : 

Le texte oscille habilement entre verve légère et tension dramatique.  Auberges, campagnes isolées, villages, déplacements, le récit multiplie les lieux et les ambiances que hante le narrateur, un homme doté d'une voix pleine d’esprit, incisive et enjouée. Ce duo truculent narrateur–Balzac fonctionne très bien : le narrateur, ancien domestique, un peu insolent, débrouillard, forme un parfait contrepoint à Balzac, ici décrit comme fantasque, romantique, audacieux, rusé, bien loin de l’image académique qu’on peut avoir de lui dans ses biographies. L'auteur donne à Balzac une dimension nouvelle : un homme vivant, complexe, capable d’empathie, de ruse, de bravoure, un "homme d’action" attachant.

Ce que j'ai moins aimé :

Malheureusement, l'intrigue devient peu à peu poussive, de nombreuses pistes se dessinent, avec beaucoup de personnages qui entrent en interaction, des témoignages divers retranscrits  si bien que l'intrigue devient  confuse et a eu tendance à me perdre !

Bilan :

Un roman prometteur par son style et son originalité, mais décevant par son intrigue. 

Présentation de l'éditeur : La manufacture des Livres

Jury de novembre 

Catégorie Polar

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Le guide de Peter HELLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Jack, jeune homme meurtri par les tragédies de sa vie récente, accepte un emploi dans un luxueux lodge de pêche au Montana. Ce lieu idyllique, réservé à une clientèle fortunée, semble au premier abord un havre de paix : rivières immaculées, paysages grandioses, calme absolu. Lorsque Jack devient le guide de Alison, une chanteuse célèbre venue chercher la tranquillité, ils découvrent que sous le calme apparent se cache des mystères troublants...

Ce que j'ai aimé : 

Une mélancolie lumineuse s'échappe de ces pages : Jack est meurtri par la disparition de sa mère et de son meilleur ami et espère prendre du recul en partageant sa passion pour la pêche. Il ressent une "dose de grâce insouciante" lors de la pêche au bord de la rivière, et une communion tacite entre les deux êtres qui s'harmonisent pendant cette partie de pêche, happés par la beauté du geste et du moment.

Ce que j'ai moins aimé : 

L'alliance entre la beauté sauvage de la nature et la cruauté des pratiques est assez surprenante. Le mélange des genres entre nature writing, roman d'anticipation, thriller, m'a déstabilisée... Peter Heller a une écriture à la fois poétique et précise, portée par une solide connaissance du monde sauvage. Son style enveloppe le lecteur dans une sorte de cocon, tout en faisant glisser le récit vers un thriller presque claustrophobe. C’est cette tension entre beauté et menace qui fait la singularité du roman et en dérouter certains.

Il s'agit de la suite de "La rivière", mais je ne l'avais pas lu, cela ne nuit pas à la lecture.  

Présentation de l'éditeur : Babel

Du même auteurCéline ♥ ♥ ♥ ♥ ; La pommeraie ♥ ♥ 

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L'adieu au visage de David DENEUFGERMAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce texte est un roman-témoignage puissant qui plonge le lecteur au cœur de la première vague de la pandémie de COVID-19, en mars 2020, pendant le confinement en France. L'auteur a utilisé son propre carnet de bord tenu entre mars et mai 2020 pour nourrir son récit, ce qui lui confère une authenticité et une intensité notables. Durant cette période, il est à la fois psychiatre exerçant en hôpital et responsable d'une équipe mobile qui maraude pour s'occuper des personnes marginalisées et des sans-abri dans la ville confinée. Le texte suit le quotidien intense et déchirant de ce psychiatre qui partage son temps entre deux réalités extrêmes. 

Ce que j'ai aimé :

Ainsi l’auteur interroge sur la question de savoir ce qu'est le soin, ce que signifie prendre soin de l'autre, qu'il soit vivant ou mort : "L'adieu au visage" est l'écriture d'un tremblement dont l'angoisse aura été de prendre soin jusqu'au bout des humains dont il parle. En les masquant. En les protégeant." (note de l'auteur)

Il est avant tout l'écriture d'une résistance fragile et d'une lutte pour maintenir l'humanité et la dignité au milieu d'une urgence sanitaire déshumanisante. Il met en avant le conflit entre l'obéissance aux protocoles sanitaires et le refus de l'horreur qu'ils engendrent. 

Ce que j'ai moins aimé : 

Dés les premières pages le ton est donné, le narrateur doit laver le corps d'une dame décédée et accueillir la famille venue lui rendre sa dernière visite. Cela donne le ton, très réaliste et sombre de ce texte. L'auteur peint l'horreur des malades mourant seuls,  privés de la présence de leurs proches et de tout rituel d'adieu. Le titre même fait référence à l'impossibilité, pour les familles, de voir le visage de leurs défunts une dernière fois à cause des protocoles sanitaires. Parallèlement, il continue ses maraudes pour retrouver et protéger les sans-abri dans une ville devenue silencieuse et vide. Il met en lumière la détresse de cette population déjà vulnérable, devenue encore plus invisible et en danger durant le confinement. Il faut toutefois se sentir prêt pour replonger dans les heures sombres du covid... 

Bilan : 

Un  plaidoyer éprouvant en faveur de la mémoire et du soin à l'autre... 

Présentation de l'éditeur : Editions Marchialy

Sélection de novembre

Catégorie Non fiction

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La déroute de Emma PATTEE

Publié le par Hélène

À neuf mois de grossesse, Annie affronte le terrible séisme que les habitants de la région des Cascades à Portland redoutaient depuis des années. Elle a beau avoir suivi des cours de préparation aux catastrophes, lorsque le sol cesse enfin de trembler, une seule certitude s’impose : elle doit avancer. Pour rejoindre son mari à travers une ville ravagée, elle sera confrontée à la fragilité de notre humanité, mais aussi à ces gestes de solidarité qui tiennent bon même au cœur du chaos.

Si le roman s’appuie sur les codes du récit catastrophe pour capter immédiatement l’attention, il n’a malheureusement pas su me convaincre sur la durée. La mise en place est efficace, la tension monte de chapitre en chapitre, et l’on sent que l’autrice maîtrise l’art du suspense. Pourtant, malgré cette promesse initiale, l’ensemble déçoit.

Ce que j’ai moins aimé :

La montée en puissance de l’intrigue, bien que prenante, débouche sur une fin qui m’a paru étonnamment plate et peu aboutie. Toute l’énergie accumulée au fil des pages semble retomber d’un coup, sans offrir l’impact émotionnel ou narratif que j’espérais.

Autre point qui m’a déplu : les placements de marques et de restaurants à Portland. Les personnages listent ce qu’ils rêvent de manger après la catastrophe — “une tarte au citron de chez Banning”, “des beignets de chez Sesame Donuts”, “la salade de macaronis bien crémeuse d’Alibi”, etc., à croire que l'autrice touche des intérêts ! Et je ne parle pas d'Ikéa !

Bilan : 

En bref, un roman qui avait du potentiel et quelques bonnes idées, et aurait pu nous dérouter mais qui ne m’a pas vraiment convaincue.

Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel

Sélection de novembre 

Catégorie : Fiction 

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La librairie disparue de Evie WOODS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En 1921, Opaline, une jeune femme passionnée de littérature, fuit Londres et l'avenir tracé qui l'attend : un mariage arrangé qu’elle rejette catégoriquement. Elle s’installe à Dublin, où elle transforme une vieille boutique en une librairie unique en son genre, spécialisée dans les livres anciens et rares. Cette librairie devient son refuge, un lieu à la fois de paix et de rébellion contre la vie qu’on aurait voulu lui imposer.

Des années plus tard, Martha, une femme qui fuit son propre passé de violence conjugale, croise Henry, un jeune étudiant qui, en cherchant des informations sur une librairie disparue, tombe sur la mystérieuse histoire d'Opaline. Intriguée par l’énigme, Martha décide de l’aider à résoudre ce mystère.

Ce que j'ai aimé : 

L’histoire s’attache à sonder le pouvoir secret des livres et cette troublante faculté qu’aurait la vie de se laisser réécrire. Elle révèle, en filigrane, la manière dont le passé modèle silencieusement l’avenir en offrant deux beaux portraits de femmes en quête d’émancipation, chacune tentant d’arracher son destin aux ombres qui l’ont précédée. Toutes deux, selon leur propre élan, cherchent à reprendre possession de leur existence, et la librairie, à la fois refuge et creuset de métamorphoses, incarne cette reconquête.

L’un des aspects les plus envoûtants du récit réside dans cette librairie disparue qui, avec ses ouvrages anciens, semble devenir un théâtre où se matérialisent souvenirs, émotions et événements inexplicables. Les livres s’y révèlent bien plus que de simples volumes : ils sont des passages secrets, des foyers de révélations, des énigmes à déchiffrer, des mémoires ensevelies qui palpitent encore dans l’ombre.

Bilan :

Un roman poétique et envoûtant, parfait pour les amateurs de récits mêlant mystère, magie et réflexion sur la résilience et la rédemption.

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Publié dans Littérature Europe

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La maison aux 36 clés de Nadine Debertolis

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

La mère de Dimitri et Tessa  a décidé de se rendre dans la maison d'un grand-oncle décédé, l'oncle Eustache. À leur arrivée, les enfants découvrent que la maison est pleine de portes fermées et que l'oncle a laissé derrière lui un énorme trousseau contenant des clés et les invitant à une véritable enquête... Ils décident de percer le secret de ce vieux manoir. Ils se lancent dans une véritable enquête, ouvrant les différentes pièces les unes après les autres, grâce à leur perspicacité et en assemblant les indices. Ils sont bientôt rejoints par Daphné, une voisine, qui devient leur amie et les aide dans leur quête.

Ce que j'ai aimé : 

L'intrigue s'orchestre tel un Escape Game littéraire, où le concept du trousseau de 36 clés, accompagnées de leurs énigmes qui mènent de pièce en pièce, insuffle au récit une dynamique palpitante, presque cinétique. Chaque nouvelle découverte, chaque nouvelle serrure ouverte, propulse le lecteur plus loin dans un jeu de piste envoûtant. Le narrateur, avec une subtile tendresse, évoque ce « moment magique du passage », cette sensation exquise propre à l’aventurier qui se trouve à l’aube d’une révélation, à l’instar des premiers explorateurs pénétrant le tombeau de Toutankhamon, et ressentant cette émotion rare et bouleversante de la découverte inédite.

La légèreté apparente de l’enquête sert de support pour aborder des thèmes plus lourds, tels que le traumatisme et le deuil. Bien que le message rappelle celui des romans feel-good, il s’en distingue par la finesse avec laquelle il est amené, porté par ce jeu de piste subtil et fascinant qui ne cesse d’évoluer.

Bien qu’il soit principalement destiné à un public de 9 à 13 ans, ce récit saura également séduire les adultes, invités à redécouvrir avec fraîcheur et profondeur les émotions oubliées et la mémoire de la joie.

Il s'agit du premier tome de la série "Tessa et Dimitri".

Publié dans Jeunesse Roman

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Comment voler une banque de Donald WESTLAKE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Un ancien du FBI, sûr de lui, visionnaire à sa manière (c’est-à-dire dangereusement confiant), a un plan « à toute épreuve » : au lieu de braquer une banque à l'ancienne, il décide de la voler ! Oui, littéralement. La banque. Entière. Parce qu’elle loge provisoirement dans une caravane qu’on peut  - a priori - accrocher à un véhicule pour filer avec le pactole. Sans arme, sans stress, et avec tout le temps voulu ensuite pour ouvrir le coffre, peinard, au calme. Comme toujours, Dortmunder, recruté pour l'occasion, sent venir la catastrophe. Il a ce radar à embrouilles qui sonne dès qu’un plan paraît trop simple. Mais les autres, tous plus enthousiastes, naïfs ou inconscients les uns que les autres, lui assurent que « ça va rouler ». Mais ça ne roule pas... Et la caravane non plus...

Ce que j'ai aimé :

La galerie de bras cassés choisis pour mener ce projet improbable est inimitable ! Entre Kelp, enthousiaste pathologique, capable de rendre optimiste un mur… et de foncer tête la première dedans, Murch, conducteur obstiné dont le véhicule est souvent plus performant dans les fantasmes que sur la route et ce « maître‑cerveau » improvisé, l’ex-agent du FBI, qui croit mener une opération chirurgicale… alors qu’il orchestre un chaos burlesque, tous sont d'un effet comique diablement efficace ! 

Le casse devient un numéro de cirque déjanté, désopilant et décalé ! C’est du Westlake à son sommet : une comédie criminelle où le crime n’est jamais vraiment crédible… mais où la comédie, elle, touche au grand art.

Bilan : 

L’un des scénarios les plus déjantés, absurdes et délicieusement tordus que Westlake ait imaginés pour son anti-héros fétiche John Dortmunder !  

Présentation de l'éditeur : Rivages poche

Du même auteur : Le couperet ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Pierre qui roule ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier)

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De la Terre à la Lune de Jules VERNE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Après la fin de la guerre de Sécession, les membres du Gun Club de Baltimore, passionnés d'artillerie, décident de construire un gigantesque canon capable de tirer un projectile… vers la Lune ! Leur ambition est de montrer la puissance de l'artillerie et, surtout, de repousser les limites de ce qui semble possible. Le projet est dirigé par le capitaine Nicholl, et l'ingénieur Michel Ardan, un rêveur enthousiaste, et le président du Gun Club, Impey Barbicane, sont les forces vives du projet. Ce dernier, après avoir reçu une lettre enthousiaste d'Ardan, s'engage avec une détermination inébranlable pour réaliser l'impossible.

À travers des descriptions minutieuses, Verne dépeint le montage du canon géant, la construction du vaisseau spatial, ainsi que les nombreuses épreuves techniques et logistiques que les protagonistes devront surmonter. 

Ce que j'ai aimé ; 

De la Terre à la Lune n'est pas seulement un exploit de pure imagination : c'est un roman dans lequel Verne anticipe des concepts futuristes, des technologies qui, au moment de la publication, paraissaient farfelues, mais qui résonneront profondément avec l'avènement de l'ère spatiale au 20e siècle. Le roman explore également les thèmes de l'optimisme scientifique et de l'ingéniosité humaine.

Ce que j'ai moins aimé :

Certaines précisions scientifiques peuvent rebuter au début du roman.

La fin est frustrante car il existe une suite : Autour de la Lune 

Bilan : 

Ce roman de Jules Verne publié en 1865, combine science, fiction et aventure dans un récit visionnaire.

Présentation de l'éditeur :

Du même auteur : 20000 lieux sous les mers ♥ ♥ ♥ ; Voyage au centre de la terre ♥ ♥ 

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DJ Bambi de Audur Ava OLAFSDOTTIR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans Dj Bambi, l’autrice islandaise Auður H. Ingólfsdóttir nous livre un récit poignant, une exploration intime de la transidentité à travers le parcours de sa protagoniste, une femme de soixante ans née dans un corps d'homme. À la fois lumineux et mélancolique, ce roman explore la lenteur du temps, l’effacement des rancœurs et le courage nécessaire pour enfin devenir soi-même. La narratrice est une femme qui n’a jamais eu le droit d’être elle-même, une femme contrainte de se cacher derrière une identité qu’elle n’a jamais choisie. Le temps qui passe, tout en effaçant parfois les blessures et les douleurs, ne lui a pas pour autant permis de vivre pleinement. 

À la fois vulnérable et forte, Bambi incarne cette fragilité qui réside dans le processus de transformation, tout en étant empreinte de délicatesse. Elle n’est jamais seule dans sa quête de soi. Un frère fidèle, un amour inattendu, une amitié improbable et une main tendue suffisent parfois à provoquer la bascule, celle qui la fait sortir des ténèbres pour se tourner vers la lumière. L’espoir est là, discret, mais omniprésent : l’espoir de pouvoir enfin se faire opérer, de pouvoir rencontrer sa petite-fille, de pouvoir partir ailleurs, loin du poids des années passées dans l’incompréhension.

Dj Bambi est un roman délicat et pudique. Loin des clichés ou du pathos facile, Olafsdottir explore des thèmes de transformation et d’émancipation avec une grande tendresse, créant un espace où l’on prend le temps de vivre et de se réinventer. Dans un monde parfois hostile, l’auteure nous rappelle qu’il ne faut pas grand-chose pour que des êtres, comme des funambules, retrouvent leur équilibre et la possibilité de toucher enfin la lumière.

Présentation de l'éditeur : Zulma

Du même auteurRosa candida ♥ ♥ ♥ ♥ ;  L’embellie  ♥ ♥ ♥ ; L'exception ♥ ♥ ♥ ♥ ; Le rouge vif de la rhubarbe ♥ ♥ ♥ ♥ ;  Ör ♥ ♥ ♥ ; Miss Islande ♥ ♥ ♥ ♥ ; La vérité sur la lumière ♥ ♥ ♥ ♥  ; Eden ♥ ♥ ♥ 

Publié dans Roman policier Europe

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La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude GRUMBERG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Voilà la seule chose qui mérite d’exister dans les histoires comme dans la vie vraie. L’amour, l’amour offert aux enfants, aux siens comme à ceux des autres. L’amour qui fait que, malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n’existe pas, l’amour qui fait que la vie continue."

Le récit commence par les éléments traditionnels d'un conte, présentant un couple de bûcherons polonais âgés et pauvres, vivant dans la misère en pleine Seconde Guerre mondiale, dans une forêt traversée par une voie ferrée. Chaque jour, des trains de marchandises passent, mais le couple, dans sa simplicité, ignore ce qu'ils transportent réellement. Un jour, un homme déporté jette un paquet du train, qui se révèle être un nouveau-né. La bûcheronne, n'ayant jamais pu avoir d'enfant, décide d'élever cet enfant avec son mari, dans la pauvreté, mais avec un amour incommensurable. Pour elle, cet enfant représente "la plus précieuse des marchandises". Parallèlement, on suit l'histoire du père de l'enfant, déporté à Auschwitz. Le récit explore sa souffrance, sa tentative désespérée de sauver son enfant, ainsi que sa lutte pour survivre.

Ce que j'ai aimé : 

Le conte de Grumberg est une allégorie poignante qui utilise la simplicité du genre pour aborder l'indicible : la Shoah. Grumberg déconstruit la forme traditionnelle du conte (Le Petit Poucet est explicitement rejeté) pour y inscrire la barbarie historique. Dans ce contexte de déshumanisation absolue, l'enfant représente la Vie, l'Amour et l'Espoir - la seule "marchandise" qui vaille vraiment d'être sauvée. 

Le conte oppose la cruauté du système nazi à la solidarité et à la bonté du couple de bûcherons. Le geste du père déporté et l'accueil inconditionnel de la bûcheronne sont des actes d'amour puissants qui rappellent qu'une étincelle d'humanité peut toujours jaillir au milieu de la pire des tragédies.

L'auteur, dont le père et le grand-père sont morts en déportation, ajoute un court appendice à la fin du conte, donnant des éléments factuels et historiques (notamment des listes de déportés), pour ancrer le récit dans la réalité et insister sur le devoir de mémoire.

Bilan : 

C'est un texte qui est salué pour son écriture à la fois simple, poétique et bouleversante, un hommage à la vie et un message universel sur le pouvoir de l'amour face à la mort.

Présentation de l'éditeur : Seuil

Ce conte a notamment été adapté en film d'animation par Michel Hazanavicius, renforçant sa résonance auprès du grand public. 

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