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Les écrins de Jean-Marc ROCHETTE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Un monde réduit à sa plus pure expression. de la pierre, du ciel, de l'eau, et de la lumière pour unifier le tout. J'étais arrivé chez moi."

Dôme de Neige, Dibona, Brèche Zsigmondy, face nord d’Ailefroide, Meije, lac des Bèches, vallon de Bonne Pierre, col de la Temple, 70 aquarelles et lavis de paysages et de grandes voies, accompagnés de textes : un voyage en haute montagne, au cœur du massif des Écrins.

Ce que j'ai aimé : 

L'auteur communique son amour profond pour la montagne, il peint et dépeint la beauté sauvage du massif, là où la nature impose sa présence et son rythme. Il capte le silence, le temps qui coule doucement à l'abri des contingences, la densité de la roche qui contraste avec le légèreté de l'air. 

En quelques pages magnifiques, la pureté du lieu irradie et inonde le lecteur. 

 "Peu d'hommes, une flore rare et quelques animaux souvent invisibles. Ici règne la matière prétendument morte, comme on parle improprement de natures mortes. Le ciel, les nuages, la pierre, le rocher, la neige, la glace, l'eau des torrents. Une matière qui ne se bat pas pour sa survie, sans souffrance, apaisée. La matière à son état pur, libérée de la mort. Un miroir où se reflète l'harmonie des choses." 

"Le ciel est bleu, unique, profond, lumineux, écrasant et pourtant plus léger que l'air. Un avant-goût de paradis, et je suis seul. Pas de bruit, pas de vent, un silence qui vous ouvre le sentier des grands secrets."

Une merveille à offrir ou à s'offrir...

Présentation de l'éditeur : Les étages éditions

Du même auteur Ailefroide  ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Le loup ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; La dernière reine ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Au coeur de l'hiver  ♥ ♥ ♥

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Le silence de la mer de VERCORS

Publié le par Hélène

                         

          ♥ ♥ ♥

Publié clandestinement en 1942, Le Silence de la mer de Vercors incarne un monde étouffé par la barbarie. Les nouvelles font le constat d’un monde déchu : l’homme est « la plus salope des créatures », capable de persécuter son prochain pour plus de terre ou de pouvoir, capable de placer un diable à la tête de son pays, capable de déporter, torturer, et tuer.

Malgré tout, Vercors refuse le désespoir absolu. Face à l’impuissance et à la soumission, dans un univers sclérosé, l’art et la pensée deviennent ainsi les derniers lieux où l’espoir est encore possible : « L’art seul m’empêche de désespérer. L’art donne tort à Renaud. Nous le voyons bien que l’homme est décidément une assez sale bête. Heureusement l’art, la pensée désintéressée le rachètent. »

Dans « Le désespoir est mort » « L’espoir, le désespoir, ne sont pas choses raisonnantes ni raisonnables. » Le découragement, le désespoir s’emparent de ces hommes dans un camp de prisonniers, il les enserre, les accable en les paralysant, dans un fatal désœuvrement. Puis un jour le narrateur et ses compagnons voient passer sur la route quatre petits canetons dont l’un qui n’en finit pas de « se casser la gueule » Ce spectacle dérisoire et cocasse les fait rire et lui fait dire soudainement « nous en sortirons » pour conclure « qu’il valait de vivre, puisqu’on pouvait espérer un jour extirper ce pire, faire refleurir ce meilleur. » L’espoir prend alors la place du désespoir : en riant, les prisonniers cessent d'être des victimes passives. Le rire leur redonne une supériorité intellectuelle sur leur situation.

Aujourd’hui, il est nécessaire de réveiller les consciences et de montrer que l'esprit humain reste libre, même sous la botte de l’oppression ou de la bêtise. Le désespoir est une forme de soumission, l'espoir est acte de résistance. 

L’homme a le devoir de "faire refleurir le meilleur" alors rions, créons, écrivons !

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Coups de coeur 2025

Publié le par Hélène

Mon top 5

Madame Hayat et La librairie disparue pour chanter la littérature, refuge vital face à l’oppression

Miracle à la combe aux Aspics pour vivre des aventures rocambolesques

Coyote pour passer la frontière qui sépare les idées préconçues et la réalité 

Les éléments pour donner une voix à ceux qui sont à côté

 

D'autres Romans

La petite bonne pour cette rencontre improbable entre deux éclopés de la vie

Western Tchoukoutou pour plonger dans un western haut en couleurs 

La piste du vieil homme pour croire en l'espoir et l'humanité

GrandMèreDixneuf et le secret du soviétique  pour faire tournoyer les cerf-volants

Le petit mari pour faire évoluer les traditions 

L'heure des oiseaux pour voir la lumière au-delà des ténèbres

Veiller sur elle pour être soufflé

Migrations pour vibrer avec ses personnages forts 

 

Classique : 

Le grand Meaulnes pour s'envelopper de cette atmosphère lunaire

 

Romans policiers

La cabane dans les arbres pour saisir l'équilibre subtil entre entre la beauté sauvage de la nature et la noirceur de l'âme humaine

La main droite du diable pour observer dans un miroir sans fard la condition humaine, si fragile et faillible

Les courants fourbes du lac Tai pour voyager à l'autre bout du monde

Un pied au paradis pour découvrir un grand roman noir 

Comment voler une banque pour faire fortune

 

BD

La légèreté pour reprendre souffle

 

Jeunesse : 

La rivière à l'envers pour vaciller entre rêve et réalité 

La maison aux 36 clés pour traquer les émotions oubliées et la mémoire de la joie

L'épopée de Gilgamesh pour revenir aux fondements

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L'affaire Balzac de Hervé JUBERT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Balzac se lance dans une enquête acharnée pour tenter de sauver son oncle, Louis Balssa, dit "le Prince", qui est accusé du meurtre de Cécile Soulié, une jeune servante enceinte et déjà promise à la guillotine. Aux côtés de son narrateur-serviteur effronté, il traverse villages et campagnes du Ségala pour démêler mensonges, rivalités locales et secrets de famille.

Ce que j'ai aimé : 

Le texte oscille habilement entre verve légère et tension dramatique.  Auberges, campagnes isolées, villages, déplacements, le récit multiplie les lieux et les ambiances que hante le narrateur, un homme doté d'une voix pleine d’esprit, incisive et enjouée. Ce duo truculent narrateur–Balzac fonctionne très bien : le narrateur, ancien domestique, un peu insolent, débrouillard, forme un parfait contrepoint à Balzac, ici décrit comme fantasque, romantique, audacieux, rusé, bien loin de l’image académique qu’on peut avoir de lui dans ses biographies. L'auteur donne à Balzac une dimension nouvelle : un homme vivant, complexe, capable d’empathie, de ruse, de bravoure, un "homme d’action" attachant.

Ce que j'ai moins aimé :

Malheureusement, l'intrigue devient peu à peu poussive, de nombreuses pistes se dessinent, avec beaucoup de personnages qui entrent en interaction, des témoignages divers retranscrits  si bien que l'intrigue devient  confuse et a eu tendance à me perdre !

Bilan :

Un roman prometteur par son style et son originalité, mais décevant par son intrigue. 

Présentation de l'éditeur : La manufacture des Livres

Jury de novembre 

Catégorie Polar

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Le guide de Peter HELLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Jack, jeune homme meurtri par les tragédies de sa vie récente, accepte un emploi dans un luxueux lodge de pêche au Montana. Ce lieu idyllique, réservé à une clientèle fortunée, semble au premier abord un havre de paix : rivières immaculées, paysages grandioses, calme absolu. Lorsque Jack devient le guide de Alison, une chanteuse célèbre venue chercher la tranquillité, ils découvrent que sous le calme apparent se cache des mystères troublants...

Ce que j'ai aimé : 

Une mélancolie lumineuse s'échappe de ces pages : Jack est meurtri par la disparition de sa mère et de son meilleur ami et espère prendre du recul en partageant sa passion pour la pêche. Il ressent une "dose de grâce insouciante" lors de la pêche au bord de la rivière, et une communion tacite entre les deux êtres qui s'harmonisent pendant cette partie de pêche, happés par la beauté du geste et du moment.

Ce que j'ai moins aimé : 

L'alliance entre la beauté sauvage de la nature et la cruauté des pratiques est assez surprenante. Le mélange des genres entre nature writing, roman d'anticipation, thriller, m'a déstabilisée... Peter Heller a une écriture à la fois poétique et précise, portée par une solide connaissance du monde sauvage. Son style enveloppe le lecteur dans une sorte de cocon, tout en faisant glisser le récit vers un thriller presque claustrophobe. C’est cette tension entre beauté et menace qui fait la singularité du roman et en dérouter certains.

Il s'agit de la suite de "La rivière", mais je ne l'avais pas lu, cela ne nuit pas à la lecture.  

Présentation de l'éditeur : Babel

Du même auteurCéline ♥ ♥ ♥ ♥ ; La pommeraie ♥ ♥ 

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L'adieu au visage de David DENEUFGERMAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce texte est un roman-témoignage puissant qui plonge le lecteur au cœur de la première vague de la pandémie de COVID-19, en mars 2020, pendant le confinement en France. L'auteur a utilisé son propre carnet de bord tenu entre mars et mai 2020 pour nourrir son récit, ce qui lui confère une authenticité et une intensité notables. Durant cette période, il est à la fois psychiatre exerçant en hôpital et responsable d'une équipe mobile qui maraude pour s'occuper des personnes marginalisées et des sans-abri dans la ville confinée. Le texte suit le quotidien intense et déchirant de ce psychiatre qui partage son temps entre deux réalités extrêmes. 

Ce que j'ai aimé :

Ainsi l’auteur interroge sur la question de savoir ce qu'est le soin, ce que signifie prendre soin de l'autre, qu'il soit vivant ou mort : "L'adieu au visage" est l'écriture d'un tremblement dont l'angoisse aura été de prendre soin jusqu'au bout des humains dont il parle. En les masquant. En les protégeant." (note de l'auteur)

Il est avant tout l'écriture d'une résistance fragile et d'une lutte pour maintenir l'humanité et la dignité au milieu d'une urgence sanitaire déshumanisante. Il met en avant le conflit entre l'obéissance aux protocoles sanitaires et le refus de l'horreur qu'ils engendrent. 

Ce que j'ai moins aimé : 

Dés les premières pages le ton est donné, le narrateur doit laver le corps d'une dame décédée et accueillir la famille venue lui rendre sa dernière visite. Cela donne le ton, très réaliste et sombre de ce texte. L'auteur peint l'horreur des malades mourant seuls,  privés de la présence de leurs proches et de tout rituel d'adieu. Le titre même fait référence à l'impossibilité, pour les familles, de voir le visage de leurs défunts une dernière fois à cause des protocoles sanitaires. Parallèlement, il continue ses maraudes pour retrouver et protéger les sans-abri dans une ville devenue silencieuse et vide. Il met en lumière la détresse de cette population déjà vulnérable, devenue encore plus invisible et en danger durant le confinement. Il faut toutefois se sentir prêt pour replonger dans les heures sombres du covid... 

Bilan : 

Un  plaidoyer éprouvant en faveur de la mémoire et du soin à l'autre... 

Présentation de l'éditeur : Editions Marchialy

Sélection de novembre

Catégorie Non fiction

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La déroute de Emma PATTEE

Publié le par Hélène

À neuf mois de grossesse, Annie affronte le terrible séisme que les habitants de la région des Cascades à Portland redoutaient depuis des années. Elle a beau avoir suivi des cours de préparation aux catastrophes, lorsque le sol cesse enfin de trembler, une seule certitude s’impose : elle doit avancer. Pour rejoindre son mari à travers une ville ravagée, elle sera confrontée à la fragilité de notre humanité, mais aussi à ces gestes de solidarité qui tiennent bon même au cœur du chaos.

Si le roman s’appuie sur les codes du récit catastrophe pour capter immédiatement l’attention, il n’a malheureusement pas su me convaincre sur la durée. La mise en place est efficace, la tension monte de chapitre en chapitre, et l’on sent que l’autrice maîtrise l’art du suspense. Pourtant, malgré cette promesse initiale, l’ensemble déçoit.

Ce que j’ai moins aimé :

La montée en puissance de l’intrigue, bien que prenante, débouche sur une fin qui m’a paru étonnamment plate et peu aboutie. Toute l’énergie accumulée au fil des pages semble retomber d’un coup, sans offrir l’impact émotionnel ou narratif que j’espérais.

Autre point qui m’a déplu : les placements de marques et de restaurants à Portland. Les personnages listent ce qu’ils rêvent de manger après la catastrophe — “une tarte au citron de chez Banning”, “des beignets de chez Sesame Donuts”, “la salade de macaronis bien crémeuse d’Alibi”, etc., à croire que l'autrice touche des intérêts ! Et je ne parle pas d'Ikéa !

Bilan : 

En bref, un roman qui avait du potentiel et quelques bonnes idées, et aurait pu nous dérouter mais qui ne m’a pas vraiment convaincue.

Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel

Sélection de novembre 

Catégorie : Fiction 

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La librairie disparue de Evie WOODS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En 1921, Opaline, une jeune femme passionnée de littérature, fuit Londres et l'avenir tracé qui l'attend : un mariage arrangé qu’elle rejette catégoriquement. Elle s’installe à Dublin, où elle transforme une vieille boutique en une librairie unique en son genre, spécialisée dans les livres anciens et rares. Cette librairie devient son refuge, un lieu à la fois de paix et de rébellion contre la vie qu’on aurait voulu lui imposer.

Des années plus tard, Martha, une femme qui fuit son propre passé de violence conjugale, croise Henry, un jeune étudiant qui, en cherchant des informations sur une librairie disparue, tombe sur la mystérieuse histoire d'Opaline. Intriguée par l’énigme, Martha décide de l’aider à résoudre ce mystère.

Ce que j'ai aimé : 

L’histoire s’attache à sonder le pouvoir secret des livres et cette troublante faculté qu’aurait la vie de se laisser réécrire. Elle révèle, en filigrane, la manière dont le passé modèle silencieusement l’avenir en offrant deux beaux portraits de femmes en quête d’émancipation, chacune tentant d’arracher son destin aux ombres qui l’ont précédée. Toutes deux, selon leur propre élan, cherchent à reprendre possession de leur existence, et la librairie, à la fois refuge et creuset de métamorphoses, incarne cette reconquête.

L’un des aspects les plus envoûtants du récit réside dans cette librairie disparue qui, avec ses ouvrages anciens, semble devenir un théâtre où se matérialisent souvenirs, émotions et événements inexplicables. Les livres s’y révèlent bien plus que de simples volumes : ils sont des passages secrets, des foyers de révélations, des énigmes à déchiffrer, des mémoires ensevelies qui palpitent encore dans l’ombre.

Bilan :

Un roman poétique et envoûtant, parfait pour les amateurs de récits mêlant mystère, magie et réflexion sur la résilience et la rédemption.

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Publié dans Littérature Europe

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La maison aux 36 clés de Nadine Debertolis

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

La mère de Dimitri et Tessa  a décidé de se rendre dans la maison d'un grand-oncle décédé, l'oncle Eustache. À leur arrivée, les enfants découvrent que la maison est pleine de portes fermées et que l'oncle a laissé derrière lui un énorme trousseau contenant des clés et les invitant à une véritable enquête... Ils décident de percer le secret de ce vieux manoir. Ils se lancent dans une véritable enquête, ouvrant les différentes pièces les unes après les autres, grâce à leur perspicacité et en assemblant les indices. Ils sont bientôt rejoints par Daphné, une voisine, qui devient leur amie et les aide dans leur quête.

Ce que j'ai aimé : 

L'intrigue s'orchestre tel un Escape Game littéraire, où le concept du trousseau de 36 clés, accompagnées de leurs énigmes qui mènent de pièce en pièce, insuffle au récit une dynamique palpitante, presque cinétique. Chaque nouvelle découverte, chaque nouvelle serrure ouverte, propulse le lecteur plus loin dans un jeu de piste envoûtant. Le narrateur, avec une subtile tendresse, évoque ce « moment magique du passage », cette sensation exquise propre à l’aventurier qui se trouve à l’aube d’une révélation, à l’instar des premiers explorateurs pénétrant le tombeau de Toutankhamon, et ressentant cette émotion rare et bouleversante de la découverte inédite.

La légèreté apparente de l’enquête sert de support pour aborder des thèmes plus lourds, tels que le traumatisme et le deuil. Bien que le message rappelle celui des romans feel-good, il s’en distingue par la finesse avec laquelle il est amené, porté par ce jeu de piste subtil et fascinant qui ne cesse d’évoluer.

Bien qu’il soit principalement destiné à un public de 9 à 13 ans, ce récit saura également séduire les adultes, invités à redécouvrir avec fraîcheur et profondeur les émotions oubliées et la mémoire de la joie.

Il s'agit du premier tome de la série "Tessa et Dimitri".

Publié dans Jeunesse Roman

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Comment voler une banque de Donald WESTLAKE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Un ancien du FBI, sûr de lui, visionnaire à sa manière (c’est-à-dire dangereusement confiant), a un plan « à toute épreuve » : au lieu de braquer une banque à l'ancienne, il décide de la voler ! Oui, littéralement. La banque. Entière. Parce qu’elle loge provisoirement dans une caravane qu’on peut  - a priori - accrocher à un véhicule pour filer avec le pactole. Sans arme, sans stress, et avec tout le temps voulu ensuite pour ouvrir le coffre, peinard, au calme. Comme toujours, Dortmunder, recruté pour l'occasion, sent venir la catastrophe. Il a ce radar à embrouilles qui sonne dès qu’un plan paraît trop simple. Mais les autres, tous plus enthousiastes, naïfs ou inconscients les uns que les autres, lui assurent que « ça va rouler ». Mais ça ne roule pas... Et la caravane non plus...

Ce que j'ai aimé :

La galerie de bras cassés choisis pour mener ce projet improbable est inimitable ! Entre Kelp, enthousiaste pathologique, capable de rendre optimiste un mur… et de foncer tête la première dedans, Murch, conducteur obstiné dont le véhicule est souvent plus performant dans les fantasmes que sur la route et ce « maître‑cerveau » improvisé, l’ex-agent du FBI, qui croit mener une opération chirurgicale… alors qu’il orchestre un chaos burlesque, tous sont d'un effet comique diablement efficace ! 

Le casse devient un numéro de cirque déjanté, désopilant et décalé ! C’est du Westlake à son sommet : une comédie criminelle où le crime n’est jamais vraiment crédible… mais où la comédie, elle, touche au grand art.

Bilan : 

L’un des scénarios les plus déjantés, absurdes et délicieusement tordus que Westlake ait imaginés pour son anti-héros fétiche John Dortmunder !  

Présentation de l'éditeur : Rivages poche

Du même auteur : Le couperet ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Pierre qui roule ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier)

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