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La couleur des rêves de Rose TREMAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ils allaient enfin se rendre maîtres de quelque chose." 

En 1864, Joseph Blackstone quitte l'Angleterre avec sa femme Harriet et sa mère Lilian pour s'installer près de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Espérant fuir son passé et bâtir une nouvelle vie, Joseph est confronté à une existence rude et à une pauvreté presque insupportable. Lorsqu'il découvre de l'or au fond d'une rivière, il cache cette trouvaille à sa famille et, devient rapidement obsédé par l'idée de faire fortune.

Ce que j'ai aimé :

Harriet apparait comme une femme animée d’une détermination farouche dans sa quête personnelle. Elle s’impose comme une figure de résilience et de courage face à l’inconnu. Elle seule est réceptive aux confidences du jeune Edwin qui communique avec sa nourrice maorie et comprend ses croyances. Cette relation souligne avec finesse les tensions, mais aussi les possibles échanges entre les colons européens et les populations autochtones, révélant la complexité des rapports humains en contexte colonial.
Tandis que Joseph est consumé par sa soif d’or, symbole d’avidité et de vide existentiel, Harriet s’épanouit dans la contemplation d’un jardin paradisiaque, véritable métaphore d’une quête de sens et de bonheur plus profonde.

Bilan :

À travers une écriture riche et sensible, Tremain déploie une narration puissante et offre des personnages d'une grande profondeur psychologique, rendant son roman aussi captivant qu'émouvant.

 

Présentation de l'éditeur J'ai Lu

 

Publié dans Littérature Europe

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La maison biscornue de Agatha CHRISTIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Aristide Leonides, un riche industriel d’origine grecque, vit entouré de plusieurs générations de sa famille dans une grande demeure familiale anglaise surnommée "la maison biscornue" à cause de son architecture irrégulière. Lorsqu’il est retrouvé mort, empoisonné, tout le monde devient suspect.
Le narrateur, Charles Hayward est fiancé à la petite-fille du défunt, Sophia. Il est invité à enquêter discrètement sur le meurtre, car la police pense que le coupable est forcément un membre de la famille. Ce qui s’ensuit est une plongée dans les tensions, les rancunes et les secrets de cette tribu apparemment unie.

Ce que j'ai aimé :

Ni Hercule Poirot ni Miss Marple n’apparaissent dans ce roman. L’enquête repose sur un narrateur extérieur à la police, ce qui donne une ambiance plus intime et psychologique.

Le dénouement est particulièrement osé pour l’époque, et même aujourd’hui, il reste troublant. Christie y brise certains tabous qu’elle abordait rarement de manière aussi frontale.

Bilan :

Un des romans préférés d’Agatha Christie elle-même. Elle le considérait comme l’un de ses meilleurs, notamment en raison de la complexité psychologique de l’intrigue et de son dénouement audacieux.

Du même auteur Meurtre en Mésopotamie ♥ ♥ ♥ (Policier) ;  L'homme au complet marron ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Dix petits nègres ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Le train de 16h50 ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Le meurtre de Roger Acroyd ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; ABC contre Poirot ♥ ♥ (Policier) ; La maison biscornue ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier)

 

Publié dans Roman policier Europe

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Profondeurs glacées de Wilkie COLLINS

Publié le par Hélène

                                                                  

     ♥ ♥ ♥ ♥

Une plongée glaciale dans les profondeurs de l'âme humaine...

En Angleterre, Clara Burnham, jeune femme douce et sensible, tombe amoureuse de Franck Aldersley, un jeune officier de la marine. Ce dernier est en concurrence avec Richard Wardour, un homme sombre, passionné et instable, lui aussi amoureux de Clara. Quand Clara choisit Frank, Wardour est profondément blessé. Peu après, Frank part pour une expédition en Arctique, à la recherche d’un navire perdu. Wardour apprend qu’il fera partie de la même expédition. Il jure alors de se venger et de faire du mal à Frank — sans savoir que c’est précisément Frank qui est l’élu de Clara.

Ce que j’ai aimé :

En quelques mots, quelques phrases, le talentueux Wilkie Collins nous emmène dans son univers : nous sommes au XIXème siècle, au bal aux côtés de la frêle Clara attirée par le beau Frank mais torturée par un malentendu passé qui risque de bouleverser son univers.

Puis quelques pages plus tard, l’auteur nous plonge dans l’univers glacial des explorations polaires avec le départ de deux navires vers le pôle Arctique, lancés à la recherche d’un passage. Le beau Franck est du voyage, aux côtés du trouble Richard. Nous tremblons de froid et de peur à l'idée de rester enserrés dans ces régions inhospitalières, à la recherche de ce passage improbable qui s'éloigne inexorablement. L'auteur s'inspire ici de l'expédition Franklin débutée en 1845 et ayant pour but de découvrir un passage est-ouest au nord du continent américain, afin de rejoindre l'océan Pacifique par de nouvelles voies, celle de l'océan Arctique.

L’aventure est au rendez-vous, mais aussi une analyse très fine de l’âme humaine capable du meilleur comme du pire. Ses personnages troubles oscillent entre aspiration au bien et tentation plus sombre, ils sont tous habités par des forces qui quelquefois les surplombent. Réussiront-ils à lutter contre leurs démons intérieurs ou sombreront-ils dans la folie et dans la mort ?

Une très belle introduction pour ceux qui ne connaissent pas encore  l’œuvre passionnante de Wilkie Collins.

Présentation de l'éditeur : Libretto

 

Publié dans Littérature Europe

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Le cœur par effraction par James MEEK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Je ne veux pas être des « gens comme nous ». Je veux décider par moi-même de ce qui est bien ou mal. » (p. 496)

Rebecca (Bec), est une brillante scientifique engagée dans la lutte contre le paludisme. Son frère Ritchie, quant à lui est une ex-rock star reconvertie en producteur de télévision à succès. Lorsque Bec refuse la demande en mariage de Val, un journaliste people influent, celui-ci décide de se venger en faisant chanter Ritchie : il menace de révéler sa relation avec une mineure de 15 ans s’il ne lui fournit pas des informations compromettantes sur sa sœur . Ce chantage met à l’épreuve les liens familiaux et soulève des questions profondes sur la loyauté, la trahison et la morale.

Ce que j’ai aimé :

A l’époque où l’intime s’affiche dans tous les médias, où la transparence est souhaitée, traquée, mais où les failles sont aussi attendues et rêvées, il devient difficile de vivre sa vie sereinement pour toute personne se retrouvant sous les feux des projecteurs. Les uns espionnent les autres en espérant le faux pas, celui qui lui permettrait de se sentir supérieur à l’autre. James Meek pousse la logique jusqu’au bout en créant une entité gardienne de la moralité : La Fondation morale. Ces derniers  attendent que les médias aient établi une réputation, puis la détruise avec un scoop au nom de la moralité, tout en laissant le choix de dénoncer quelqu’un de son entourage pour ne pas être touché.

Ritchie va en être victime et il va devoir choisir entre résister, comme son père avant lui, officier tué en Irlande pour ne pas avoir dénoncé un informateur,  mais risquer de voir s’étaler sur la place publique des secrets inavouables qui feraient voler sa vie en éclat, ou bien trahir, vendre sa sœur, se préserver en trahissant sa famille.

« J’ai un tas de clients, réplique Midge. Ils aiment tous raconter leur vie. Et ça se résume à deux choses. Primo, ils n’arrivent pas à contrôler leur bite. Deuzio, ce pays est plein de mouchards et de balances… (…) De traîtres, poursuivit Midge. Des gens prêts à vous vendre. De filles qui couchent pour pouvoir raconter. De paparazzis. De marchands de tuyaux. De portables qui prennent des photos. Une vraie putain de Stasi… Comment croyez-vous que fonctionne un Etat policier ? Je vous donne un indice : ce n’est pas grâce à la police. Surveillez vos amis… la moitié du pays est prête à dénoncer l’autre. » (p. 195)

Une réflexion sur la moralité et sur la frontière mouvante entre le Bien et le Mal, s’amorce alors,  ce roman entrant dans nos consciences pour analyser le phénomène et nous secouer :

« Vous pouvez commettre un acte, reprit-il, quelque chose de mal, et savoir que vous l’avez fait, mais personne d’autre le sait, ça reste un secret. Mais le truc, quand on se fait prendre, ce n’est pas seulement que tout le monde sait ce que vous avez fait. Le truc, c’est que vous ne savez pas vraiment ce que vous avez fait, jusqu’au moment où vous savez que tout le monde sait. » (p. 296)

Parallèlement, Bec, scientifique oeuvrant contre le paludisme cherche à apporter sa pierre à l’édifice de la science. Les ambitions des scientifiques faites de risques et de ratages, pour le bien fondé de la science et du progrès s’entremêlent subtilement au thème de la moralité.

 Au terme de tergiversations nombreuses et aléatoires, Ritchie devra faire son choix, même s’il sait que la liberté individuelle et collective est la seule issue, chacun devant être son propre censeur.

Un roman ambitieux à ne pas manquer !

Présentation de l'éditeur Editions Métailié

 

Publié dans Littérature Europe

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Le mois anglais 2025

Publié le par Hélène

Retour du mois anglais organisé par Lou, Titine et Cryssilda

Il consiste à partager tout ce que vous souhaitez autour de l’Angleterre (lectures, films, photos, recettes…) au cours du mois de juin. 

Pour partager nos avis tout au long du mois de juin, plusieurs possibilités :

– Sur les blogs où est né le challenge

– Sur le groupe Facebook du Mois anglais 

– Sur Instagram, avec le compte @lemoisanglaisofficiel géré ensemble, et #lemoisanglais #lemoisanglais2025 et/ou #ayearinengland

 

Voici mes coups de coeur des années précédentes :

En 2015 Jack Rosenblum rêve en anglais de Natasha Solomons ; Les forestiers de Thomas Hardy et L'été solitaire de Elizabeth Von Arnim

En 2016 Les filles de Hallows Farm de Angela Huth ; Nord Sud de Elizabeth GASKELL

; La chute du British Museum de David Lodge

En 2017 La promenade au phare de Virginia Woolf ; Le dimanche des mères de Graham Swift

En 2018 : Une sacrée vertu de Winifred WATSON ; Un pélican à Blandings de PG WODEHOUSE  ;Une femme d'imagination de Thomas HARDY

En 2019 : La dame du manoir de Wildfell Hall ; Les détectives du Yorkshire tome 1 ; Dix petits nègres

En 2020 Rebecca de Daphné DU MAURIER et Le train de 16h50 de Agatha CHRISTIE

En 2021 : pas de coup de coeur

En 2022 : Une enquête des soeurs Brontë tome 1de Bella ELLISIl suffit d'une nuit de William Somerset MAUGHAM

En 2023 : Il était un fleuve de Diane Setterfield ; La trilogie de Corfou

En 2024 Le vent dans les saules de Kenneth GRAHAME ;

 

N'hésitez pas à nous rejoindre !

Bonnes lectures !

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Le rêve du jaguar de Miguel BONNEFOY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Et si les souvenirs d’un pays tenaient dans les veines d’une famille ?"

Tout commence à Maracaibo. Une mendiante, muette et invisible au monde, trouve un nourrisson abandonné sur les marches d’une église. Ce bébé, c’est Antonio. Et de cette première scène quasi biblique, naît une fresque romanesque aux allures de légende. Antonio, le garçon de rien, deviendra un chirurgien émérite marié à Ana Maria, la femme médecin — pionnière, rebelle, solaire. Leur fille s’appellera Venezuela, comme un cri d’amour à leur pays, mais aussi comme une promesse d’exil. Et au milieu de ces vies : la dictature, les espoirs, la jungle, la ville, la révolte.

Ce que j'ai aimé :

"Si tu veux devenir écrivain, parle avec ceux qui ne le sont pas." conseille un personnage à Cristobal qui souhaite devenir romancier. En incarnant la grande histoire dans l'intime, le récit se fait poétique sans jamais être prétentieux, politique, mais toujours profondément humain. Au fil des pages et aventures, se font entendre les cris de la rue, le bruissement des arbres, les soupirs des cœurs amoureux et les voix des ancêtres.

Le souffle romanesque de cette saga familiale vibrante est marquant, on lit ce roman comme on écouterait un conte au coin du feu — envoûté, suspendu, le cœur tambourinant parce que Bonnefoy a ce don rare : celui de raconter l’intime avec l’ampleur de l’épopée.

"Lire, ce n'est pas voyager. Les pages ont l'immobilité du métal et de l'agate. Cristobal s'attelait à ces royaumes pétrifiés, plongé dans leurs géométries d'encre et de grain, se perdant dans ses labyrinthes pour mieux se retrouver, se heurtant chaque fois aux mêmes mâts de leur beauté. C'est là que réside la fondation invariable des hommes, la part de refuge où se reposer du chaos, un havre sans départ ni exil. Les romans sont une île entourée de terre."

Bilan :

Un récit ample, fiévreux, d'une beauté brute, porté par une plume qui fait vibrer les mots...

Présentation de l'éditeur : Payot et rivages

Du même auteur Sucre noir ♥ ♥ ♥ ♥ ; Héritage ♥ ♥ ♥ ; Le voyage d'Octavio ♥ ♥ ♥ ♥

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Chère maman de Sophie ADRIANSEN et Mlle CAROLINE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Les mères aussi peuvent être toxiques

Dans Chère Maman, la narratrice (inspirée de l’autrice) raconte et déconstruit la relation toxique qu'elle a entretenue avec sa mère.  Dès l’enfance, la mère exerce un contrôle émotionnel fort : reproches, chantage affectif, dévalorisation, manipulation, voire maltraitance psychologique.
Ce n’est qu’à l’âge adulte et au moment où elle-même devient mère que la narratrice met un mot sur ce qu’elle a vécu : une forme d'emprise, derrière le masque de l’amour maternel. Elle entame alors un long chemin de prise de conscience, de guérison et surtout de libération intérieure.  

Ce que j'ai aimé :

J'apprécie les récits de Sophie Adriansen car elle n'hésite pas à aborder des sujets tabous ou peu mentionnés, qu'il s'agisse du parcours du combattant pour avoir un enfant dans Le syndrome de la vitre étoilée, en passant par la dépression post-partum et de la difficulté de tisser un lien avec son bébé dans La remplaçante, ou bien les avortements abusifs à la Réunion dans Outre-mères.

Ici, il s'agit des mères toxiques, narcissiques, manipulatrices, celles que l'on hésite à quitter, car comme tous le disent autour de la narratrice "Tout de même c'est de ta mère qu'il s'agit..." Et pourtant il est quelquefois nécessaire de couper les liens pour mieux se reconstruire, pour s'affirmer et vivre plus harmonieusement. "car il n'est jamais trop tard pour se libérer du poison, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne."...

Présentation de l'éditeur : Glénat

Du même auteur : Je vous emmène au bout de la ligne  ♥ ♥ (Essai)  Quand nous serons frère et sœur ♥ ♥ ; Grace Kelly ♥ ♥ (bio) ; Max et les poissons ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Naître et grandir en musique  ♥ ♥ (doct) ; Les grandes jambes  ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Le syndrôme de la vitre étoilée ♥ ♥ ♥ ♥ ; Linea Nigra ♥ ♥ ;  Ailleurs meilleur ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; L'été du changement ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; La remplaçante ♥ ♥ ♥ (BD) ; Hystériques ♥ ♥ ♥ ; La vie d'adulte ♥ ♥ ♥ (BD)  ; Hacker ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Outre-mères ♥ ♥ ♥ (BD)

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Trésor caché de Pascal QUIGNARD

Publié le par Hélène

"Il y a de sombres tristesses qui deviennent du bonheur."

Louise, une femme d'âge mûr, enterre son chat dans son jardin. En creusant, elle découvre un trésor enfoui. Cette trouvaille fortuite devient le catalyseur d'une transformation profonde : elle entreprend un voyage en Italie, rencontre un homme nommé Luigi, et voit sa vie bouleversée en l'espace d'une année.

Semblable aux chats qu'elle apprécie, Louise conquiert sa liberté et accepte peu à peu la mort qui semble vouloir s'imposer à elle par le biais des autres. Sa tristesse de mue en mélancolie, et se nimbe peu à peu d'un bonheur paradoxal...

"Le bonheur ne tombe pas du ciel car c'est d'abord une nuée qui se tient au-dessus de nous et qu'il s'agit de déceler. Il faut, doucement, lever la main sans que cette dernière frissonne. Le bonheur est extrêmement farouche : il faut savoir l'accueillir."

Ce que j'ai moins aimé :

Le rythme est très lent, le temps est comme suspendu, fait de silences, entrecoupé par des drames qui semblent passer sur l'héroïne tels des nuages qui obscurcissent le ciel un instant, puis s'estompent.  J'ai trouvé le fil narratif ténu, très mince, sans pour autant être conquise par la magie des instants suspendus comme je peux l'être dans des romans de Claudie Gallay par exemple.

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

Du même auteur : Les solidarités mystérieuses ♥ ♥ ♥ ♥ ; Villa amalia ♥ ; Une journée de bonheur ♥ ♥ ♥ ; Dans ce jardin qu'on aimait ♥ ♥

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Tarentule de Eduardo HALFON

Publié le par Hélène

♥ ♥

Dans ce récit autofictionnel Eduardo Halfon revient sur un épisode marquant de son adolescence. En 1984, alors qu'il vit aux États-Unis, ses parents l'envoient, avec son frère cadet, dans un camp de survie pour enfants juifs, situé au cœur de la forêt de l'Altiplano guatémaltèque. Ce camp, censé renforcer leur identité juive, prend une tournure sinistre lorsque les encadrants transforment l'expérience en une simulation de camp de concentration nazi. Les enfants sont contraints de porter des étoiles jaunes, de subir des brimades et des humiliations, recréant ainsi les conditions de détention des camps nazis. "Ils doivent apprendre le plus tôt possible, a-t-il ajouté, que tous les autres sont antisémites, que le monde entier tourne autour de cette haine immémoriale."

Ce que j'ai aimé :

Le roman explore comment un événement traumatisant de l'enfance peut resurgir des décennies plus tard, influençant la perception de soi et du monde. Halfon interroge aussi son identité juive et guatémaltèque, confronté à des traditions imposées et à une histoire familiale complexe. De fait, le récit oscille entre souvenirs personnels et éléments fictionnels, brouillant savamment les frontières. 

Le roman alterne entre le récit de l'expérience vécue dans le camp et des réflexions de l'auteur adulte, des années plus tard. Des rencontres fortuites, notamment à Paris avec une avocate passionnée de Salinger et à Berlin avec un ancien instructeur du camp, permettent à Halfon de revisiter et de recontextualiser cet épisode de son passé.

 

Présentation de l'éditeur : Editions la table ronde

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Lire les morts de Jacob ROSS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sur une île fictive des Caraïbes, appelée Camaho, après la mort mystérieuse de sa mère, Michael Digger Digson est recruté par un policier un peu marginal pour rejoindre une unité spéciale d’enquête. Cette unité officieuse s’occupe des affaires sensibles, souvent étouffées par les autorités locales. Au fil de son enquête sur de vieux meurtres et disparitions (y compris celle de sa mère), Digger découvre un réseau de corruption, de violence politique et de secrets profondément enfouis dans la société de l'île.

Ce que j'ai aimé :

L'atmosphère de cette île, cette chaleur écrasante prégnante, la tension sociale et politique sous-jacente, le ressentiment historique viscéral lié au passé colonial, tout concourt à déplacer le polar vers le roman social. C’est à la fois un roman d’enquête et une plongée dans la réalité d’un petit pays tiraillé entre ses traditions et ses blessures contemporaines, un roman riche.

Bilan :

Auteur de renom, Jacob Ross nous livre ici un roman noir singulier, porté par un héros atypique et une plume remarquable.

Présentation de l'éditeur : 10-18

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