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Mon Antonia de Willa CATHER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Jim, un orphelin du Midwest, est confié à ses grand-parents qui habitent dans les grandes plaines du Nebraska. Là, il rencontre Antonia, une jeune immigrée d’origine bohémienne dont la famille vient s'installer près de chez lui. Jim et Antonia grandissent ensemble dans un environnement rude, fait de travail agricole, de pauvreté, de paysages magnifiques et de luttes pour survivre.

Ce que j'ai aimé :

Le roman est un hymne à la vie des pionniers de l’Ouest américain, offrant un regard sans concessions sur les immigrants européens et leurs difficultés.

Antonia est un personnage lumineux, courageux, plein de vie, elle incarne la force, la ténacité et la beauté des pionniers, mais aussi une forme de perte : celle de l'innocence, des illusions, du temps qui passe. Une certaine nostalgie plane sur tout le roman. Jim raconte non seulement son histoire, mais aussi ce qui a été perdu en chemin — un monde rural qui s’efface, des rêves d’enfance qui se brisent, des liens qui se distendent. Le ton est doux-amer, parfois triste, mais toujours profondément humain.

Bilan :

Une belle découverte !

 

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Les objets célestes de Ruby TODD

Publié le par Hélène

En 1997, dans la petite ville fictive de Jericho, en Australie, Sylvia, jeune veuve hantée par la mort tragique de son mari dans un accident de voiture, sombre dans le désespoir au point d'envisager de mettre fin à ses jours. Mais l’apparition soudaine d’une comète vient bouleverser sa trajectoire. Elle se rapproche alors de Joseph Evans, un mystique persuadé que ce phénomène céleste est porteur d’un message divin, et de Theo St. John, un astronome taciturne dont la présence ravive en elle une étincelle de vie.

Ce que j'ai aimé :

Le personnage de Sylvia, tout en nuances permet d'amorcer une méditation riche sur le deuil, l’espoir et la mortalité. De plus l'ambiance quasi mystique entrainant les questionnements de chacun interroge la frontière entre foi et manipulation, ainsi que les mécanismes psychologiques qui poussent certains à suivre des figures charismatiques.

Ce que j'ai moins aimé :

L'ensemble manque de rythme à mes yeux, entraînant des longueurs...

La fin tonitruante contraste avec les nuances du début.

Bilan :

Mitigé !

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

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Le petit mari de Roukiata OUEDRAOGO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans un petit village africain, Saly perd son mari Moussa, frappé deux fois par la foudre. Conformément à la tradition du lévirat, elle est contrainte d'épouser l'un des frères du défunt ou de risquer l'exclusion sociale. Son beau-père lui accorde un mois pour se décider. Ce délai devient pour Saly une période de réflexion et de quête d'émancipation, durant laquelle elle envisage des moyens astucieux pour échapper à cette obligation sans recourir à la confrontation directe

Ce que j'ai aimé :

À travers les traditions ancestrales, le roman interroge la condition des femmes, en évoquant des thèmes comme le mariage forcé, la solitude des veuves et la suprématie masculine. Saly, fidèle à certaines coutumes mais déterminée à rester libre, incarne l'idée qu'il est possible de faire évoluer les traditions grâce à l'intelligence et à la persévérance.

Bilan :

Un conte féministe ancré dans la tradition africaine, mêlant humour, subtilité et critique sociale.

Présentation de l'éditeur : Pocket

Publié dans Littérature Afrique

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La grande fenêtre de Raymond CHANDLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Marlowe est engagé par une riche veuve autoritaire pour retrouver une pièce de collection disparue : une précieuse pièce d’or appelée le « Brasher Doubloon ». En menant son enquête, Marlowe se retrouve embarqué dans une affaire bien plus complexe que prévu : il croise des faussaires, des maîtres-chanteurs, des alcooliques et, comme souvent chez Chandler, des cadavres.

Ce que j'ai aimé :

Le vrai sujet n’est pas tant l’enquête que portrait d'une société malade, gangrenée par la cupidité et la solitude. Personne n'est réellement innocent, et face à ces êtres perdus se dresse Marlowe, de plus en plus amer et lucide, dernier chevalier dans une ville sans foi ni loi. Ses réparties sont mordantes, vives et cinglantes : "Je suis un détective privé, madame. Si je veux des amis, je m'achète un chien."

"- Vous êtes plein d'humour, Marlowe.
- C'est ma façon de ne pas être plein de plomb."

Son ironie est une arme de survie : plaisanter pour ne pas se laisser entraîner dans la brutalité du monde autour de lui.

Bilan :

Même si La Grande Fenêtre est parfois considéré comme un peu moins percutant que Le Grand Sommeil ou Adieu ma jolie, il reste un exemple superbe du style de Chandler : une intrigue labyrinthique, une écriture ciselée, et une profonde mélancolie sous le vernis du polar.

Présentation de l'éditeur : Folio policier

Du même auteur : La grand sommeil

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La bâtarde d'Istanbul de Eli Shafak

Publié le par Hélène

À Istanbul, Asya, jeune femme rebelle élevée par une famille exclusivement féminine, cherche son identité au milieu des secrets familiaux. Pendant ce temps, Armanoush, une Américaine d'origine arménienne, débarque pour comprendre son propre héritage lié au génocide arménien. À travers leur rencontre, les non-dits du passé turc et arménien refont surface, entre douleur et espoir de réconciliation.

Ce que j'ai aimé :

Dés les premières pages, on entre dans cette maison pleine de femmes, chacune plus haute en couleur que la précédente. Elles sont drôles, tragiques, contradictoires, mais aussi un peu stéréotypées. Et Asya, la fameuse "bâtarde", semble chercher son souffle dans ce tumulte familial. Leur maison est à l'image de la ville d'Istanbul, ville vibrante, magique et pleine de parfums, de sons et de tensions.

Par la suite, le roman explorera avec délicatesse des blessures du passé comme le génocide arménien.

Mais j'ai été rapidement étourdie par ce tumulte incessant...

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman s’enlise parfois dans un trop-plein : trop de personnages qui frôlent la caricature, trop d’histoires annexes, trop de symboles. L’ensemble manque parfois de souffle, de fluidité, de chair, le roman peine à s'incarner.

Bilan :

Reste malgré tout une ambiance, une ville, et une question essentielle : que transmet-on quand on se tait ?

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Histoire sentimentale de mes cheveux de Estelle-Sarah BULLE

Publié le par Hélène

Dans ce récit à la fois personnel et engagé, l'autrice explore la signification profonde de ses cheveux crépus en tant que femme métisse en France. Mais il est bien plus qu’un récit capillaire. C’est une traversée de soi, une exploration fine de ce que peut représenter une chevelure quand on est une femme métisse dans la France d’aujourd’hui.

Ce que j'ai aimé :

Ce texte, délicatement tissé entre souvenirs personnels et réflexion sociale, prend pour point de départ un sujet que l’on croit anecdotique — ses cheveux crépus — pour mieux interroger les normes, les regards, et les héritages. De la banlieue parisienne à la Guadeloupe, en passant par une résidence d’écriture auprès de jeunes en CAP coiffure à Saint-Denis, l’autrice retrace son parcours avec justesse, humour, et émotion. Elle invoque Michael Jackson, Maryse Condé ou encore Poil de Carotte et parvient à dire la complexité de l’identité, le poids des injonctions esthétiques, et la beauté des singularités, le tout avec une écriture souple et lumineuse.

Bilan :

Un bijou sensible, à glisser entre toutes les mains, surtout celles qui ont un jour rêvé de lisser, cacher, ou apprivoiser leurs boucles !

Présentation de l'éditeur : Bayard Editions

Du même auteur :  Là où les chiens aboient par la queue ♥ ♥ ♥ ♥

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Chaque serment que tu brises de Peter SWANSON

Publié le par Hélène

Abigail Baskin s’apprête à épouser Bruce Lamb, un homme riche, gentil, attentionné — l’homme parfait. Avant le mariage, elle passe un week-end entre amies pour son enterrement de vie de jeune fille. Là, elle vit une aventure d’un soir avec un inconnu dans un moment d’égarement, qu’elle choisit de laisser derrière elle.

Mais une fois en lune de miel sur une île isolée et luxueuse, l’homme réapparaît.

Il prétend vouloir vivre une histoire avec elle. Elle refuse. Mais il ne la laisse pas tranquille. Pire : sur cette île apparemment idyllique, d'autres éléments troublants surgissent. Abigail commence à comprendre que son mari, son mariage, et même l'île cachent quelque chose de bien plus sombre que ce qu'elle aurait pu imaginer…

Ce que j'ai aimé :

Certes le rythme peut s'avérer haletant.

Certes les références cinématographiques affluent de Vertigo à Piège à minuit de David Miller, en passant par Liaison fatale d’Adrian Lyne, fameux thriller sur l’infidélité.

Ce que j'ai moins aimé :

Mais justement ces références sonnent faux, comme un mauvais copier coller ridicule sans assumer l'être.

Le début mentionnant toutes les conquêtes de la jeune femme avec leur histoire penche du côté de la romance, puis le roman tourne au thriller avant de basculer dans le film d'horreur mais sans que le lecteur ne parvienne à croire une seconde à toute cette histoire.

Bilan :

Un thriller psychologique qui sait brouiller les pistes...

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteurHuit crimes parfaits ♥ ♥

Thème du mois : 8 crimes parfaits 

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La bombe de Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier

Publié le par Hélène

L’album raconte, de manière très documentée, l’histoire de la création de la bombe atomique, depuis la découverte de l’uranium jusqu’à l’explosion d’Hiroshima le 6 août 1945.

Le récit est à la fois dense et captivant. Il suit les grands moments scientifiques, politiques et humains qui ont mené au développement de cette arme dévastatrice. On y croise des figures célèbres comme Einstein, Oppenheimer ou les présidents Roosevelt et Truman, mais aussi des personnages moins connus comme Leó Szilárd, un physicien qui a joué un rôle clé dans le lancement du projet... avant d’en dénoncer les conséquences.

Le livre nous embarque dans un véritable tour du monde historique : des mines d’uranium du Congo à Los Alamos, en passant par l’Allemagne nazie, la Norvège, l’URSS et le Japon. C’est une fresque impressionnante, à la fois pédagogique, dramatique et humaine.

Ce que j'ai aimé :

La rigueur documentaire du récit est impressionnante. On sent que les auteurs ont mené un vrai travail de recherche pour reconstituer les faits. Le roman graphique réussit à vulgariser des concepts complexes (physique nucléaire, enjeux géopolitiques, stratégies militaires) sans être rébarbatif.

La dimension humaine est prégnante : les dilemmes, les peurs, les convictions, les remords des scientifiques et des politiques sont au centre de l'album.

Ce que j'ai moins aimé 

Le récit est très dense et les dessins en noir et blanc accentuent cet aspect... 

Bilan :

Une grande fresque documentaire !

Présentation de l'éditeur : Glénat

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La femme de ménage de Freida McFadden

Publié le par Hélène

Millie vient d'être libérée après dix ans de prison et peine à retrouver un travail. Par chance, elle réussi à se faire embaucher comme femme de ménage chez les Winchester, une famille aisée de New York. Mais rapidement sa patronne Nina se révèle instable et manipulatrice. Millie s'étonne aussi de ce verrou placé sur la porte de sa chambre, à l'extérieur...

Ce que j'ai aimé :

Le suspens est au rendez-vous, indéniablement il s'agit d'un page turner bien conçu, proche des Harlan Coben et consoeurs. Les rebondissements arrivent à point nommé (ça s'appelle un "plot twist" semble-t-il). Mais, comme chez Harlan Coben tout cela se fait au détriment du reste :

Ce que j'ai moins aimé :

La psychologie reste sommaire et très prévisible : la pauvre victime innocente, la femme hystérique, l'homme aux abdos d'acier tellement beau dans ses chemises blanches, l'enfant capricieuse ... Les clichés s'accumulent : la richesse cache des secrets inavouables, mesdames et messieurs, on ne vous le répétera jamais assez : ne vous fiez pas aux apparences, les couples ne sont pas toujours ce qu'ils paraissent, ni ceux qui sortent de prison, et j'en passe...

Bilan :

Ce roman a rencontré un immense succès et plusieurs tomes suivent. Je ne suis pas sûre de continuer pour ma part...

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

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La rivière à l'envers de Jean-Claude MOURLEVAT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Tomek est un jeune orphelin de 13 ans qui tient une petite épicerie dans son village. Sa vie paisible bascule lorsqu’une mystérieuse jeune fille, Hannah, entre dans sa boutique à la recherche d’une eau spéciale : celle de la rivière Qjar, qui coule à l’envers et dont l’eau rend immortel. Fasciné par la quête de Hannah, Tomek décide de tout quitter pour partir à la recherche de cette rivière légendaire. Son voyage l’amène à traverser des forêts enchantées, des contrées étranges et dangereuses, et à rencontrer des personnages étonnants.

Le livre est suivi d’un second tome, Hannah, qui raconte la même aventure mais du point de vue de la jeune fille.

Ce que j'ai aimé :

Avec une écriture fluide et un ton enchanteur, l'auteur crée une atmosphère magique qui rappelle les contes classiques. Ce voyage initiatique convoque le rêve et l'imaginaire. Il se double d'une quête de soi et de sens, plus qu’un simple voyage, c’est aussi une aventure intérieure :

« N’est ce pas justement parce que la vie s’achève un jour qu’elle nous est si précieuse ? … Est-ce que l’idée de vivre éternellement n’est pas plus effrayante encore que celle de mourir ?… Et si l’on ne meurt jamais, alors quand reverra-ton ceux que l’on aime et qui sont déjà morts ? … «  p 176

Un coup de coeur jeunesse !

Pour les 9-12 ans

Du même auteur : Et je danse aussi

Publié dans Jeunesse Roman

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