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Solitudes australes, chronique de la cabane abandonnée de David LEFEVRE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

 « Et si je lève la tête pour un rien, c’est parce que j’ai besoin d’un monde qui m’étonne encore. » (p. 56)

 

 

L’auteur :

 

Né à Fougères en 1973, David Lefèvre interrompt ses études à 20 ans après une licence d’histoire-géographie. Après avoir travaillé un an comme gestionnaire dans une grande entreprise d’électronique, il boucle son sac avec l’idée d’aller chercher son université sur les routes. Un premier départ le conduit en Amérique du Nord. Après une traversée coast to coast des États-Unis, il randonne dans de nombreux parcs nationaux. Il parcourt notamment une partie de l’Arizona en compagnie d’un sculpteur de kashinas hopi qui cherche des racines de cotton wood dans les sables. En octobre 1994, il se rend au Mexique, dans la région du Chiapas alors en plein soulèvement zapatiste. Il côtoie les Indiens tzotzil en lutte contre le gouvernement central pour la défense de leurs droits. De retour à New York, il se retrouve sans argent et convoie des véhicules. Il parcourt plusieurs régions de France au rythme saisonnier des cueillettes et des récoltes de fruits (vignes dans le Beaujolais, pommes en Corrèze, mirabelles en Lorraine).

Il alterne ensuite divers petits boulots alimentaires dans l’idée de se frotter à la réalité précaire d’un monde pénible (opérateur sur presses à emboutir, peintre, chauffeur livreur) et des séjours en Asie (Turquie, Iran, Syrie, Ouzbékistan, Kirghizistan, Chine, Pakistan, Népal, Inde, Thaïlande, Malaisie). Il randonne en solitaire en Anatolie, au Rajasthan, dans le désert iranien du Dasht-e Kevir, réalise des treks classiques au Népal et excursionne sur d’anciens sentiers muletiers dans les monts Deosai, au nord du Pakistan. Une rencontre avec les aigliers des contreforts des Tian Shan constitue une autre expérience marquante.

En 2003, David Lefèvre se rend en Irlande sur les traces de Nicolas Bouvier qui y avait séjourné presque vingt plus tôt. Sur l’île d’Inishmore, il rencontre les deux personnages principaux du Journal d’Aran et recueille leurs souvenirs. Il se rend ensuite à la Bibliothèque publique de Genève et, sous l’égide d’Éliane Bouvier, explore les archives manuscrites et iconographiques de l’écrivain suisse. Cette escapade irlandaise associée à ce travail de recherche donne naissance à l’écriture d’un essai intitulé Dans le sillage d’un saumon genevois remontant à ses sources, qui sera publié dans la prestigieuse revue Europe en 2007. Auparavant, un autre séjour à Genève avait donné naissance à l’exposition Nicolas Bouvier, flâneur planétaire donnant à connaître à un large public le parcours multiple et l’œuvre de l’auteur genevois. Cette réalisation itinérante, toujours active à ce jour, a été régulièrement présentée dans divers espaces culturels, événements ponctuels et festivals à travers la France tels que les festivals Étonnants Voyageurs de Saint-Malo ou Artisans voyageurs à Angers.

Parallèlement, David Lefèvre continue à alterner voyages au long cours et sédentarité. Il exerce alors divers métiers. Il est initié aux techniques de la photographie à Udaipur, en Inde. Il est cuisinier en Angleterre et en Allemagne, barman puis berger en Irlande. Il commerce des pierres semi-précieuses.

De plus en plus attiré par les grands espaces, en 2003, il effectue un premier voyage en Amérique du Sud, au cours duquel il marche deux semaines dans les salars du Nord argentin et traverse le désert d’Atacama, au Chili, jusqu’à la côte Pacifique. En 2004, il se livre à une ascension du volcan Sajama, qui culmine à 6 542 mètres en Bolivie.
Entre 2005 et 2010, son attirance affirmée pour les forêts et les steppes argentines le pousse vers la Patagonie, où il effectue plusieurs séjours de trois à six mois. Depuis 2010, il réside au Chili, où il exerce d’abord une activité de photographe. Installé au bord d’un lac de l’île de Chiloé, dans une région où la nature demeure intacte, il s’adonne à une vie frugale proche de l’autosubsistance. Il s’interroge notamment sur les limites du concept de pauvreté volontaire. C’est une expérience propice à la réflexion, à la contemplation et donc à l’écriture. Parmi ses engagements, il entend sensibiliser le public aux dangers d’un projet de mégacentrales hydroélectriques par des entreprises privées sur les deux principaux fleuves de la Patagonie chilienne.

 

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Dans ses récits, David Lefèvre aime faire office de cueilleur de mémoire. Il privilégie l’enquête, le témoignage et, en particulier, la parole donnée aux anonymes.

(Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

Lorsque David Lefèvre se retire seul dans une cabane au cœur de l’île de Chiloé, au Chili, son projet est simple : vivre une existence frugale et authentique, en harmonie avec les éléments. Au fil des saisons, il s’ancre entre lac et forêt, travaille la terre et retrouve le goût des tâches manuelles, de la pêche à la cueillette en passant par la charpenterie. Entre deux corvées de bois, le voyageur devenu sédentaire s’interroge sur son rapport au monde. Et si le bonheur consistait à se contenter de l’essentiel, en marge de la société consumériste ? La beauté et l’intensité de la vie sauvage deviennent une source inépuisable d’émerveillement. Le temps qui s’égrène, plus dense, consacre chaque geste, et de la solitude jaillit une ivresse qui demeure. Le récit de cette expérience, dans la pure tradition du nature-writing, est à la fois un hymne au Grand Dehors et une envoûtante méditation intérieure.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Loin de toute civilisation tonitruante et souvent aliénante, l’auteur a choisi de se retirer dans une cabane au bord d’un lac, avec comme seuls compagnons la faune et la flore environnante. Il choisit alors une petite île chilienne, l'île de Chiloé, et cette expérience lumineuse qui lui permet de retrouver le monde et de l’embrasser dans toute sa plénitude.

 « C’était cela : être présent. Immobile. Comme une stèle au jardin des pierres. Laisser faire. Regarder. Ecouter. Avoir intensément désiré cet état. Se sentir décollé du sol, attiré comme une plante vers la clarté. » (p. 22)

 « Tant que les impératifs de l’âge de m’obligent pas à battre en retraite, je me tiens là, debout, et prends l’air du soir sous les variations du crépuscule. Dehors, un grillon grince, des mandibules mettent en pièces leurs victimes, des moucherons d’eau volettent au hasard, un bourdonnement s’enfuit vers le néant. » (p. 115)

 Occupé à retaper sa cabane, ses seules autres occupations consistent à chercher sa subsistance quotidienne, puis à observer ce qui l’entoure d’un œil neuf et émerveillé. A la fois soumis à ses sensations et à sa raison, cette expérience le pousse à une méditation intérieure florissante.

 « Faisons en nous la place au touchant, au léger, au sublime, au cosmique, à tout ce qui palpite et fait monter notre âme au ciel avant l’heure d’enterrer nos convictions, et de nous vautrer dans les habituels reniements de l’âge mûr une fois venue l’heure où le courage s’use, avant d’éprouver un jour cette fatigue de vieux soldats qui n’aspirent qu’au repos. » (p. 126)

  « Et pendant que l’homme exige un décorum à sa disposition, qu’il prend le monde comme une invention façonnée par lui, quel qu’en ait été l’architecte, des animaux franchissent les méridiens, engendrent leur descendance, s’éteignent sans qu’on s’inquiète de savoir s’ils ont assez vécu et si leur existence nous a été profitable. » (p. 51)

 Quelques écrivains l’accompagnent dans son monde : Giono et ses Vraies richesses, Henry Thoreau, Harry Martinson, Barry Lopez, John Haines, Annie Dillard… Autant de personnalités qui entretiennent un rapport fort à la nature et à la solitude. Néanmoins, il n’est pas sans rencontrer quelques chiliotes en chair et en os et c’est avec encore davantage d’ouverture et de plaisir qu’il partage alors quelques instants à leurs côtés.

 Quand il évoque sa vie d’avant, ses réflexions ont un arrière-goût désagréable :

 « Comme ceux que je côtoyais, j’étais moi aussi coupable de soumission volontaire. Naïf, j’ignorais que l’exploité se complaît parfois dans les griffes de l’exploitant et que chacun n’a pas envie de terrasser sa servitude et ses ignorances. Écueil de la modération : à force de s’effacer, on finit par disparaître. À cette époque, j’étais incapable de donner une direction à ma radicalité.

 Pour retrouver ma propre trajectoire, il me fallait d’urgence déserter cette mauvaise farce, faire le tri et regarder les solutions qui me restaient. Je décidai de ne plus disperser mon énergie dans le néant mais d’aller enfin ma pente naturelle : je voyagerais pour voir le monde et lui voler sa part de chaleur et d’humanité. Oui, c’était dit, j’irais rencontrer la planète, je disparaîtrais sous les cimes, je naviguerais sur le flot sauvage des cours d’eau avant de devenir un homme-machine, marqué et repéré. Je dévorerais l’espace à la poursuite de l’horizon. Comme un navire navigant à l’estime, je fouillerais l’inconnu démesuré. Cela répondait autant à une volonté profonde qu’à la nécessité de me mettre en retrait de mes aversions les plus indicibles. » (p.122-124)

 Dans un style digne des plus grands, David Lefevre partage avec son lecteur une existence frugale lumineuse, lui offrant un monde intact et fascinant. Les photographies au mitan du livre sont aussi là pour attester de ce petit miracle de bonheur.

  « N’est-il pas condamné à une certaine solitude l’être délicat qui sent le pouvoir du vent entre ses mains, la danse de l’abeille revigorante, le souffle de l’esprit qui habite le sous-bois. Qui croira ce que j’éprouve à écouter le chant d’un oiseau nocturne ou à passer une  nuit à marcher sous la pleine lune ? » p.143)

 Un récit inoubliable, fort, un indispensable du nature writing.

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Ce que j’ai moins aimé :

-Rien

 Premières phrases :

 « J’avais une fois encore traversé la Cordillère pour retrouver le sud du Chili, son ciel glacial et ses villages endormis. L’hiver semblait malgré tout rendre ses derniers souffles. Il ne tarderait pas à passer la main. C’est en abandonnant les gelées blanches d’Aisen pour une remontée de la Carretera austral, face aux îles pluvieuses des Fuaitecas, que les semaines et les mois écoulés sont revenus à ma mémoire. »

 Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Aux quatre vents de la Patagonie, En route pour la Terre de Feu

Autre : Une année à la campagne de Sue HUBBELL  ; Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM  

 

D’autres avis :

 

Transboreal ;

Dominique Lire et Merveilles  

 

Solitudes australes, chronique de la cabane abandonnée, David LEFEVRE, Transboréal, novembre 2012, 18.9 euros

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Publié dans Récits de voyage

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Revue Bonbek tome 6 an 3000

Publié le par Hélène

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♥ ♥

La revue pour enfants qui rend jaloux les parents... 

  

Présentation :

 

Bonbek, la revue pour enfants qui rend jaloux les parents.

Des histoires pas gnagnans, des jeux marrants,

des ateliers créatifs géants pour les enfants

de 5 à 10 ans…. et leurs parents.

Pour lire, rire, jouer, cuisiner, danser, rêver,

inventer, créer…en famille.

Site http://www.bonbek.fr/

 

Le tome 6 :

 

Un numéro An 3000 !

Pourquoi ? Mais, parce que «ils» débarquent, «ils» reviennent... Qui ? Les enfants de 2999 et leur imagination débooordante (petite histoire) ; le vaisseau autocollant, là, au pied du lit de vos chérubins (Coller-décoller) ; id#445691735 depuis sa planète propre, après les «schwimp», «wuuuuuppp» puis «glourps !» de sa capsule intergalactique (grande histoire) ; Padmé et Dark Vador sur la musique de Star Wars (Choré) ; Pistache du 3ème type et Guimauvator, directement dans vos cuisines (À table !) ; les robots, tous les robots, en bataille (Cartes à jouer) ! ! ! ! Des (pré)visions signées Christophe Merlin, Laurent Bazart, Mark Verhaagen, Seb Niark..,
À lire, à regarder... pour être prêt.

L’équipe :


Sophie Cleyet-Marrel, Directrice de publication, et ex-productrice, journaliste et réalisatrice TV ;

 

Mari Pietarinen, Directrice Artistique pour la presse (Technikart Chine, WAD...) ;

Jérôme Berger, Rédacteur en chef et toujours chroniqueur gastronomique.

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Mon avis :

  

Cette revue est destinée aux enfants de 5 à 10 ans ce qui permet de toucher un éventail assez large d'enfants. Chacun y trouvera son compte entre les chorégraphies délirantes à la starwars, des coloriages qui permettent d'occuper les enfants pendant des heures -véridique, ma fille y a passé sa soirée hier soir et elle n'a colorié qu'un quart du dessin...-, des jeux de cartes à découper, des recettes de cuisine originales, des bandes dessinées incontournables à cet âge... Toutes ces activités sont regroupées autour d'un thème, pour ce tome-là l'an 3000, pour permettre à l'enfant de se projeter dans le futur et de développer son imagination foisonnante... 

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D’autres avis :

 

Le Figaro ;  Sophie ;  Yves 

  

Merci à Gilles Paris.

 

Publié dans Jeunesse Album

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La campagne de France de Jean-Claude LALUMIERE

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

   "- Chateaubriand. C'est mon nom. René.

- Comme l'écrivain, souligna Otto en souriant.

- Non, comme le steack, corrigea l'homme en s'engouffrant dans l'autocar." (p. 48)

  

L’auteur :

 « Monsieur Lalumière, vous n’en êtes pas une ! » lui répète son professeur de mathématiques. Sans doute faut-il voir là une des raisons qui poussent le jeune Jean-Claude Lalumière vers les études de lettres. Il multiplie ensuite les expériences dans des domaines aussi variés que la papeterie industrielle, le sport, le transport de champignons, l’enseignement, le bâtiment, la radio et bien sûr l’administration. De tout cela, et de bien d’autres choses, il s’inspire pour écrire des romans empreints d’un humour qui n’est jamais gratuit. (Présentation de l’éditeur) 

 

L'histoire :

 Le train de la croissance est en panne ? Qu'à cela ne tienne, c'est en autocar que les jeunes Alexandre et Otto véhiculent leurs clients, un groupe de retraités indisciplinés, dans un voyage culturel à travers la France. Ultime tentative pour sauver leur agence de la faillite, l’entreprise est capitale, porteuse des plus grands espoirs mais aussi de l’éventualité du péril. Prudence donc sur la route : l'imprévu peut surgir à chaque virage. (Présentation de l’éditeur)

 

 Ce que j’ai aimé :

 Le ton est plutôt drôle autour de cette histoire de virée culturelle qui se heurte à des retraités récalcitrants, peu enclins à découvrir le parcours concocté par les deux brillants universitaires dont les étapes « permettaient une approche détaillée des relations entre la France et l’Allemagne à travers le XXème siècle. » Contraints de s’adapter à leurs voyageurs, ils feront quelques escales non prévues. Et entre André le GO, Denise, l'ancienne enseignante victime d'Alzheimer, son mari Edouard qui ne fait que dormir et manger, Daniel le spécialiste des autobus, et quelques autres hurluberlus, le voyage promet de ne pas être de tout repos. 

 Pour le lecteur le voyage est agréable, les mots coulent et l'entraînent gaiement aux côtés de ces joyeux drilles... 

  Ce que j’ai moins aimé :

 Malheureusement, j’ai trouvé que ni l’humour ni l’histoire ne décollaient suffisamment pour marquer durablement mon esprit…

 

 Premières phrases :

 « Le voyage avait pourtant bien commencé. Nous avions récupéré les membres de la fédération départementale des agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques devant la mairie de Jurançon ? Ils étaient joyeux à l’idée de ce voyage, blagueurs même. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le front russe

 D’autres avis :

 Presse sur le site de la maison d'édition : http://www.ledilettante.com/livre-9782842637446.htm

 

La campagne de France, Jean-Claude Lalumière, Le Dilettante, janvier 2013, 288 p., 17.50 euros

 

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Une journée d’Ivan Denissovitch de Alexandre SOLJENITSYNE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Dix-sept heures de la vie d’un captif des camps soviétiques

 L’auteur :

 Alexandre Soljenitsyne est né dans le Caucase en 1918. Juste avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est arrêté par la police militaire et passera les huit années suivantes dans des camps. Condamné ensuite à « l'exil perpétuel », il est réhabilité en 1957. Jusqu'en 1962, date de sa première publication, il enseigne les mathématiques et la physique dans des écoles secondaires de campagne. Le succès que va connaître Soljenitsyne avec ses publications puis son prix Nobel déclenche une tempête d'injures et de calomnies dans la presse soviétique. En 1974, il est arrêté et expulsé d'URSS. Il s'installe alors dans le Vermont, aux États-Unis. Il revient de son exil américain et s'installe près de Moscou en 1994. Il meurt le 3 août 2008, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. (Source : éditeur)

 

Présentation de l’éditeur :

 « Les journées, au camp, ça file sans qu'on s'en aperçoive. C'est le total de la peine qui n'a jamais l'air de bouger, comme si ça n'arrivait pas à raccourcir. » 

Tous les matins, à cinq heures, un surveillant réveille les vingt-trois détenus de la 104e brigade de travailleurs d’un camp de travail russe. Ivan Denissovitch, surnommé Choukhov, y a été déporté pour cause de « trahison de la patrie ». Condamné à dix ans, il ne lui reste qu'un an à passer au camp.

Un matin, le robuste Choukhov, affaibli, s'est levé en retard. Puni, il est contraint de nettoyer le plancher. Puis il se rend au dispensaire pour y chercher des soins, mais le médecin ne peut l’exempter car son quota quotidien d’arrêts de travail est déjà dépassé. Il retourne donc aux travaux forcés dans le froid glacial de la steppe, s’employant à mettre en place des méthodes de survie : il capitalise la seule richesse qu'il possède, celle des pourtant misérables rations de nourriture. Tous les jours, il s’évertue à accomplir d’harassantes et inhumaines tâches : il creuse des trous, martèle, déplace des kilos de terre, coupe et transporte du bois, construit des charpentes, aligne des briques ou bien dispose du mortier, etc.
À la nuit tombée, Choukhov est satisfait de sa journée. Elle ne lui a pas été fatale. Il n'a pas été mis au cachot, il n'est pas tombé malade et a même réussi à « s'acheter » du bon tabac grâce à un privilégié du camp.

Une journée d'Ivan Denissovitch est un roman noir dans lequel le désespoir n'a pas sa place. Il dépeint la force d’un prisonnier banal aspirant seulement à survivre jusqu’au lendemain, écrasé par des conditions de vie intolérables supportées sans cris et avec une grande dignité.
Alexandre Soljenitsyne décrit l’horreur banalisée et les principes du système concentrationnaire du Goulag en employant des termes simples et précis pour transcrire une situation tragique. Jamais plaintif, toujours juste, ce roman est à la fois d’une horreur saisissante et d’une beauté littéraire limpide. (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

Ce récit est à replacer dans son contexte : en 1961 ce qui s’était passé dans les camps soviétiques restait tabou, nébuleux. Ce manuscrit, servi par un style dans lequel transparaissent des facilités d’écriture confondantes, vient éclairer une période sombre de l’histoire.  Soljenitsyne l’aurait écrit en deux mois seulement. En un minimum de mots tiré de l'argot et du parler paysans il nous livre le récit expressif du quotidien d’un paysan emprisonné  pendant la seconde guerre mondiale et condamné à 10 ans de captivité.

 L’horreur de ces camps c’est avant tout le quotidien : 

« C’est merveilleux comme le travail fait passer le temps. Chouckhov l’avait remarqué qui sait des fois : les journées, au camp, ça file sans qu’on s’en aperçoive. C’est le total de la peine qui n’a jamais l’air de bouger, comme si ça n’arrivait pas à raccourcir. » (p. 84)

« Or, même pour penser, ça n’est jamais libre, un prisonnier. On retourne toujours au même point, en n’arrêtant pas de retourner les mêmes idées. Est-ce qu’ils ne vont pas retrouver la miche en fourgonnant dans la paillasse ? ce soir, est-ce que le docteur voudra bien vous exempter de travail ? Le commandant, il couchera au mitard ou pas ? Et comment il a pu s’arranger, César, pour se faire donner des affaires chaudes ? (…) » (p. 58)

« Il s’endormait, Choukhov, satisfait pleinement. Cette journée lui avait apporté des tas de bonnes chances : on ne l’avait pas mis au cachot ; leur brigade n’avait point été envoyée à la Cité du Socialisme ; à déjeuner, il avait maraudé une kacha ; les tant-pour-cent avaient été joliment décrochés par le brigadier ; il avait maçonné à cœur joie ; on ne l’avait point paumé avec sa lame de scie pendant la fouille ; il s’était fait du gain avec César ; il s’était acheté du bon tabac ; et au lieu de tomber malade, il avait chassé le mal.

Une journée de passée. Sans seulement un nuage. Presque de bonheur.
Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante-trois. 

Les trois de rallonge, c’était la faute aux années bissextiles.» (p. 189)


Ce récit tragique permet d'appréhender au plus près l'horreur de journées qui s'écoulent en captivité, dans la peur et la détresse. Un témoignage poignant, une esquisse de ce que sera L’archipel du goulag.

 Ce que j’ai moins aimé :

Une impression de déjà lu et entendu assez prégnante.

De plus - et pour cause - le tout est un peu lassant même si le texte est fort.

 Premières phrases :

 « A cinq heures du matin, comme tous les matins, on sonna le réveil : à coups de marteau contre le rail devant la baraque de l’administration. De l’autre côté du carreau tartiné de deux doigts de glace, ça tintait à peine et s’arrêta vite : par des froids pareils, le surveillant n’avait pas le cœur à carillonner. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : L’archipel du goulag

Autre : Si c’est un homme de Primo LEVI 

 

Une journée d’Ivan Denissovitch, Alexandre SOLJENITSYNE, Traduit par Lucia et Jean CATHALA, Robert Laffont, Pavillons poche, 2010, 7 euros

 Lu dans le cadre du mois russe initié par Marilyne

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Publié dans Littérature Europe

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Monsieur Lapin, la carotte sauvage de Loïc DAUVILLIER et Baptiste AMSALLEM

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

 Les auteurs :

 Tour à tour scénariste, éditeur (les éditions Charrette), scénographe, Loïc Dauvillier est né à Cambrai en 1971.

Il se lance, en 2004, avec Marc Lizano, dans une première série jeunesse de trois tomes : La Petite Famille. Depuis, il explore l'ensemble des possibilités que lui offre la bande dessinée. On le retrouve dans des projets d'adaptations littéraires, des récits intimistes, des livres jeunesse...

 

Avec Baptiste Amsallem, il écrit en 2012 les premières aventures de Monsieur Lapin, aux éditions Des ronds dans l'O.

 Baptiste est né à Paris. Il fait ses études dans le sud de la France à l'Atelier API puis se réinstalle à la capitale en 2009 pour travailler dans le monde du livre jeunesse.

Son premier livre, Dino et Pablo (Bang Ediciones) scénarisé par Loïc Dauvillier, sort en 2010. Il collabore ensuite avec différentes maisons (Lito, Larousse, Bayard, Auzou, Naïve Jeunesse, Eveil et Découvertes, Les Editions des mers Australes ...).

Toujours avec Loic, il dessine les premières aventures de Monsieur Lapin, aux éditions Des ronds dans l'O. Il prépare en ce moment de nouveaux projets, dans son atelier, à St Michel.

 

L’histoire :

 En chemin, Monsieur LAPIN trébuche sur une carotte plantée dans le sol. La trouvant très apétissante, il tente de l’arracher. Hélas, il n’y arrive pas. C'est alors que Petit LAPIN lui propose de l’aide mais Monsieur LAPIN n’en veut pas et l'envoie promener. Il veut la carotte pour lui tout seul. Pourtant, il faut toujours compter sur un plus petit que soi.

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Mon avis :

 Ce cher lapin est un album muet, accessible aux plus jeunes même s’ils ne savent pas lire ce qui permet de toucher un large public. D'autant plus qu'il est drôle et frais.

Monsieur Lapin a une idée fixe : arracher cette carotte, et rien ne pourra le détourner de son objectif, pas même Petit Lapin… Et même si ce charmant lapin est très persévérant -ou affamé-, la carotte, elle, est très résistante... Petit Lapin semble davantage un rival pour Monsieur Lapin sur les voies d'un repas succulent, mais il va rapidement comprendre combien ledit repas sera bien meilleur partagé ... 

A la fin de l'histoire, petit plus non négligeable, la recette du gâteau à la carotte nous tend les bras, et des coloriages agrémentent ce charmant album.

Une belle surprise, et bonne nouvelle : il y aura un tome 2 intitulé « la chasse au papillon ».

 

D’autres avis :

 Sur le site des Editions http://www.desrondsdanslo.com/MrLapinT1.html

  Marilyne  

   Monsieur Lapin, la carotte sauvage, Loïc DAUVILLIER et Baptiste AMSALLEM, Des ronds dans l’O,  octobre 2012, 12.50 euros

  BD Mango bleu

Publié dans Jeunesse BD

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Du côté de Canaan de Sebastian BARRY

Publié le par Hélène

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♥ ♥

  

L’auteur :

 

Sebastian Barry est né à Dublin en 1955. à la fois romancier, poète et dramaturge, il est reconnu comme l’une des voix les plus importantes de la littérature irlandaise d’aujourd’hui. Ses romans Annie Dunne et Un long, long chemin ont paru aux Éditions Joëlle Losfeld en 2005 et 2006. Le testament caché figurait sur la shortlist du Man Booker Prize 2008, et a obtenu le prix Costa Book of the Year cette même année. Il a également décroché en 2009 le prix Hughes and Hughes Irish Novel of the Year.

 

L’histoire :

 

Obligée autrefois de fuir l’Irlande et les siens avec son fiancé pour de mystérieuses raisons, Lilly Bere, à quatre-vingt-neuf ans, revit le chemin parcouru depuis son arrivée dans le Nouveau Monde – le «côté de Canaan» – au rythme des hommes de sa vie. D’une traversée clandestine à leur installation précaire à Chicago, le jeune couple n’aspire qu’à une vie normale. Mais c’est sans compter avec la menace sourde qui pèse sur eux, et qui va pousser Lilly, désormais seule au monde, à s’enfuir à Cleveland. Devenue employée de maison grâce à son amie Cassie, elle y est témoin des injustices et du racisme de la société américaine. Quand elle rencontre le séduisant et énigmatique Joe, elle croit enfin toucher le bonheur du doigt – jusqu’à une explosion pendant laquelle Joe disparaît… Ce n'est là qu'un des nombreux mystères de la vie de Lilly, racontée comme un thriller, et imprégnée d’une infinie douceur. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

A l’orée de sa mort, une vieille dame se remémore les instants cruciaux de sa vie, ceux qui, mis bout à bout, forment un tout cohérent et significatif. Pour elle, se souvenir est essentiel à l’heure où elle vient de perdre son petit-fils, prunelle de ses yeux. En se plongeant dans le récit de sa vie, elle peut ainsi revivre intensément par la magie de l’écriture les beaux moments, les moins bons, et les tragédies incontestables.

 

« Et de penser, de me souvenir. Toutes ces sombres affaires, ces histoires englouties, comme des vieilles chaussettes dans une vieille taie d’oreiller. Sans plus trop savoir quel poids de vérité elles contiennent. Et des choses que j’ai laissées de côté longtemps, dans l’intérêt du bonheur, ou du moins du contentement quotidien dont j’étais autrefois maîtresse, j’en suis persuadée. Le plaisir d’un plat bien cuisiné, simplement le petit plaisir étrangement infini de voir, de contempler, un plateau de biscuits sortant du four. Comme si je venais d’achever le Parthénon, ou la sculpture de Jefferson dans le roc, ou peut-être le contentement, ressenti dans les muscles, de l’ours quand il sort un saumon de l’eau avec sa patte. Puissamment apaisant, profondément, et pour quoi d’autres sommes-nous ici, sinon pour ressentir ces minuscules victoires ? Pas les grandes victoires qui broient et tuent le vainqueur. Pas les guerres et les émeutes, mais la grâce salutaire d’une sauce hollandaise qui a échappé à toutes les possibilités d’un désastre culinaire et qu’on étale comme une prière jaune sur un gros pavé de cabillaud, victorieusement. » (p. 39)

  

 Là où le pathétique pourrait être de mise,  Lilly ayant connu dans son parcours différentes tragédies, la luminosité de la vieille dame, sa bonté et son intelligence permettent d’éviter tout pathos, et d’auréoler son récit d’une aura particulière. Est-ce l’approche de la mort qui lui donne cette force immense, ou bien l’amour qu’elle a porté à chacun des êtres qui ont jalonnés sa vie, qu’importe, quand seul compte le récit de ces destins individuels marqués par les guerres (guerre d'indépendance irlandaise, première guerre mondiale, guerre du Vietnam, puis la guerre du Koweit), par le racisme, par les actions de l’IRA…

 

Servi par un style fluide, Du côté de Canaan retrace un très beau destin de femme…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Tellement fluide, que cela en devient presque banal et que je pense que cela ne le laissera pas un souvenir inoubliable.

 

Premières phrases :

 

« Bill n’est plus.

 

Quel bruit fait le cœur d’une femme de quatre-vingt-neuf ans quand il se brise ? Sans doute guère plus qu’un silence, certainement à peine plus qu’un petit bruit ténu. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Annie Dunne

Autre : Une seconde vie de Dermot BOLGER  

 D’autres avis :

 Blogs : Jérôme ; Mimi ; Clara ; Jostein

Presse : Lire ;Télérama  

 

Du côté de Canaan, Sebastian Barry, traduit de l’anglais (Irlande) par Florence Lévy-Paoloni, Editions Joëlle Losfeld, août 2012, 274 p.,  19.50 euros

 grand prix lectrices de elle

Publié dans Littérature Europe

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Mélancolie ouvrière de Michelle PERROT

Publié le par Hélène

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L'auteur :

 

C’est au milieu d’une carrière universitaire brillante, d’abord consacrée au mouvement ouvrier, que Michelle Perrot s’est imposée comme une des grandes historiennes des femmes.

Née en 1928 dans la petite bourgeoisie catholique parisienne, élevée dans un collège religieux de jeunes filles, soit une « éducation typiquement féminine », Michelle Perrot (son nom d’épouse) découvre la Sorbonne en 1946 et l’histoire sociale tournée vers le mouvement ouvrier.

Catholique, elle connaît l’attraction du communisme, dont elle s’éloigne à partir de 1957, se consacrant comme beaucoup de ses proches à l’action contre la guerre d’Algérie. Marquée par Mai 1968 où elle participe comme maître-assistante aux multiples activités de la Sorbonne occupée, elle connaît ensuite sa « conversion féministe » en liaison avec l’essor du mouvement des femmes.

Après avoir soutenu, en 1971, sa thèse sur « Les Ouvriers en grève (1871-1890) », sujet « viril » tant la grève était domaine masculin, elle s’engage dans le domaine nouveau qu’est l’histoire des femmes, donnant ses premiers cours sur ce thème en 1973.

De ses multiples études, communications et conférences, dont beaucoup sont reprises dans son recueil Les Femmes ou les silences de l’Histoire (Flammarion, 1998) se dégage le souci de restituer, de reconstituer une histoire globale dont les femmes cesseraient d’être exclues.

Elle co-dirige ensuite avec Georges Duby la première grande synthèse que sont les cinq volumes de l’Histoire des Femmes en Occident, de l’Antiquité à nos jours (Plon, 1991-1992). (Source : Babélio)

 

Quatrième de couverture :

 

 « Je suis entrée comme apprentie chez MM. Durand frères. J'avais alors douze ans. » Ainsi commence le témoignage de Lucie Baud (1870-1913), ouvrière en soie du Dauphiné, femme rebelle et oubliée, en dépit de grèves mémorables. Une ouvrière méconnue peut-elle être une héroïne ? Michelle Perrot s'efforce de comprendre son itinéraire en renouant les fils d'une histoire pleine de bruits et d'ombres, énigmatique et mélancolique. Mélancolie d'un mouvement ouvrier qui échoue, d'une femme acculée au départ et peut-être au suicide, de l'historienne enfin, confrontée à l'opacité des sources et à l'incertitude des interprétations.

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Mon avis :

 

Que de circonvolutions pour arriver dans le vif du sujet !  L’auteur s’évertue pendant quarante pages à nous répéter qu’on ne sait rien de cette Lucie Baud, que les renseignements sont difficiles à glâner, et en tant que lecteurs on aurait envie de lui dire « Mais change de sujet bon sang ! ». Sauf que comme il s’agit d’une commande de la part de l’éditeur voulant lancer une nouvelle collection « Nos héroïnes », peut-être que Michelle Perrot n’ose pas changer son fusil d’épaule. Alors elle persévère. Elle entre enfn dans le vif du sujet à la page 44, mais en ponctuant son propos de « sans doute », « on a d’assez fortes présomptions sur.. » « j’ignore si… », « je ne sais pas davantage », « on ne le sait pas très bien »… Parce que, on l’aura compris, on ne sait pas grand-chose de Lucie Baud…

 Donc, erreur sur le sujet. Mais erreur aussi sur l’écrivain qui n’a pas le talent nécessaire pour faire vivre son personnage, qui use de phrases simples rapidement ennuyantes : « Il s’agissait de former de bonnes ouvrières : l’école préparait à l’usine ; et au-delà, de bonnes épouses et mères. »  Car même la syntaxe est approximative…

 Le seul intérêt de cet essai tient dans le dossier final dans lequel la voix de Lucie Baud se fait enfin entendre... Il aurait peut-être été préférable de commencer par là... 

 

D’autres avis :

 Une lecture commune avec Clara

 Télérama  

 

Mélancolie ouvrière, Michelle PERROT, Grasset, octobre 2012, 192 p., 11 euros 

 

grand prix lectrices de elle 

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Un peu de bois et d’acier de Christophe CHABOUTE

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 L’auteur :

 

Né en 1967, d'origine alsacienne, Christophe Chabouté publie en 1993 ses premières planches chez Vents d'Ouest dans les Récits, un album collectif sur Arthur Rimbaud. En 1998, il réalise Sorcières au Téméraire et Quelques jours d'été chez Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au festival d'Illzach, le second à Angoulême où il décroche l'Alph' Art Coup de Cœur.

Avec Zoé paru en 1999 chez Vents d'Ouest, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité. Ce qu'il démontre avec encore plus d'évidence dans Pleine Lune, qui a reçu le prix Extrapole 2001, le prix de la ville de Limoges, celui du meilleur scénario à Chambéry et deux nominations à Angoulême 2001. En 2001, il réédite Sorcières chez Vents d'Ouest, dont la moitié des nouvelles qui le composent sont inédites. Il publie la même année Un Îlot de Bonheur chez Paquet, album récompensé par une mention spéciale du jury œcuménique de la BD à Angoulême 2002. En 2002 toujours, il collabore à l'ouvrage collectif Léo Ferré en BD et publie surtout La Bête dans la collection Intégra et Purgatoire, en couleurs, pour la collection Equinoxe de Vents d'Ouest.

En 2006, paraît Landru, suivi par Construire un Feu en 2007, adapté d'une nouvelle de Jack London, puis en 2008 par Tout Seul. En 2009, les éditions Vents d'Ouest ont le plaisir de publier une nouveauté de Chabouté, Terre Neuvas, mais aussi de rééditer plusieurs de ses œuvres : une intégrale de Purgatoire, ainsi qu'un opus réunissant Quelques Jours d'été et Un Îlot de Bonheur. En 2010 paraît Fables Amères.

L'œuvre très personnelle de Chabouté connaît un succès grandissant et a été récompensée de nombreux prix.

  

L’histoire :

 

Chabouté revient, avec son regard particulier et son exceptionnelle maîtrise du noir & blanc...

L'histoire d'un banc, un simple banc public qui voit défiler les gens à travers les heures, les jours, les saisons, les années... Ceux qui passent, qui s'arrêtent, d'autres qui reviennent, certains qui attendent... Le banc devient un havre, un îlot, un refuge, une scène... Un ballet d'anonymes et d'habitués évoluant dans une chorégraphie savamment orchestrée ou les petites futilités, les situations rocambolesques et les rencontres surprenantes donnent naissance à un récit drôle et singulier. Chabouté tisse avec brio une histoire où plane la magie d'un Tati, agrémentée d'un soupçon de Chaplin, quelques miettes du mime Marceau et d'une pincée de Keaton ... 330 pages d'une aventure dont le héros est un banc, un simple banc public... Juste un peu de bois et d'acier... (présentation de l’éditeur)

 

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 Ce que j’ai aimé :

 

 Christophe Chabouté nous offre là encore un album poétique, beau, mimant la vie comme elle va, qui s’écoule, douce et tranquille. Ce vieux banc est témoin de tranches de vie de quelques personnages : le clochard chassé régulièrement par le policier zélé, le couple de retraités qui aime partager une pâtisserie, le jeune éconduit avec ses fleurs, les joggeurs, musiciens… Le banc devient comme un havre de paix, une pause dans une vie mouvementée, une parenthèse enchantée. Puis, la vie continue, ailleurs, autre part...

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Ce que j’ai moins aimé :

 

- Le prix : 30 euros pour une BD muette, cela me semble tout  de même un peu cher.

- J'ai trouvé cet album assez banal par rapport à la claque qu'avait été Tout seul. Ici, beaucoup moins d'originalité, d'inventivité, même la fin est somme toute assez prévisible !

  Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Tout seul de Christophe CHABOUTE

 

D’autres avis :

Lecture commune avec Jérôme

Télérama 

Babélio 

 

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De bois et d’acier, Christophe Chabouté, Vents d’ouest, septembre 2012, 336 p., 30 euros

 

BD Mango bleu

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Le ciel se trouve sur terre de Ake EDWARDSON

Publié le par Hélène

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   ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

Åke Edwardson est né en 1953. Les Aventures d'Erik Winter ont été traduites dans plus de vingt langues; elles ont reçu des distinctions dans le monde entier, dont une nomination pour le Los Angeles Times Book Prize, et ont été adaptées pour la télévision (Présentation de l’éditeur)

 

 L’histoire :

Un climat d'angoisse éclipse à Göteborg les festivités de fin d'année. Tour à tour, des enfants sont enlevés quelques heures par un inconnu sans qu'aucun crime ne puisse être constaté. Alors qu'il enquête sur de violentes agressions touchant les étudiants, Erik Winter est sur le qui-vive. Jusqu'à ce que les deux affaires s'accélèrent brutalement... (Présentation de l’éditeur)

 

 Ce que j’ai aimé :

 Deux affaires aux allures étranges s’entremêlent dans ce nouvel opus des aventures de Erik Winter : la disparition momentanée d’enfants et l’agression d’étudiants dotés de cicatrices hors du commun par la suite. Pourquoi divers enfants racontent-ils être montés dans la voiture d’un homme qui les avait attirés avec des bonbons ? Disent-ils la vérité ou bien s’agit-il d’élucubrations d’enfants lovés dans des délires imaginatifs ? Et quels sont les liens entre ces étudiants agressés la nuit, et incapables de donner davantage de détails ?

 Ake Edwardson revient sur les blessures inoubliables de l’enfance, mais il pointe aussi les défaillances des jardins d’enfants, qui, par manque de personnel ne peuvent avoir l’œil partout alors que les pédophiles, eux, peuvent être à tous les coins de rue.

 Parallèlement, la vie domestique de Erik ronronne entre Angela et Elsa sa petite fille. Un nouvel opus passionnant des aventures de ce cher Erik Winter... 

 

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

 Premières phrases :

« L’un des enfants se précipita du haut de son perchoir et atterrit dans le bac à sable, puis il éclata d’un rire bref. C’avait l’air amusant. Lui aussi voulait sauter, mais alors il lui faudrait sortir de la voiture, longer la grille et franchir le portillon pour grimper sur les barres jaunes et rouges. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Je voudrais que cela ne finisse jamais de Ake EDWARDSON ; Presque mort de Ake EDWARDSON

Autre : Roman policier nordique

 

Le ciel se trouve sur terre, Ake Edwardson, Traduit par Marie-Hélène ARCHAMBEAUD, 10/18, octobre 2012, 504 p., 9.10 euros

Série Erik Winter

 

1.      Danse avec l'ange, 2002/

2.      Un cri si lointain, 2003 /

3.      Ombre et soleil, 2004 /

4.      Je voudrais que cela ne finisse jamais, 2005 /

5.      Le ciel se trouve sur Terre, 2011 /

6.      Voile de pierre, 2006 /

7.      Chambre numéro 10, 2007

8.      Ce doux pays, 2007

9.      Presque mort, 2009

10.  Le dernier hiver, 2010

 

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Une canne à pêche pour mon grand-père de GAO XINGJIAN

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

L’auteur :

 

Gao Xingjian est un écrivain, dramaturge, metteur en scène et peintre français d'origine chinoise.

Gao Xingjian grandit durant les répercussions de l'invasion japonaise en Chine orientale. Sa mère éveilla très tôt l'intérêt de son fils pour les arts de la scène et l'écriture[. Il reçoit une formation de base dans les écoles de la République populaire et obtient un diplôme de français en 1962, à l'Institut des langues étrangères de Pékin.

Lors de la Révolution culturelle, il est envoyé durant six ans en camp de rééducation à la campagne et se voit forcé de brûler une valise dans laquelle il avait dissimulé plusieurs manuscrits. Il n'est autorisé à partir à l'étranger qu'après la mort de Mao, en 1979. Il se rend alors en France et en Italie. Entre 1980 et 1987, il publie des nouvelles, des essais et des pièces de théâtre mais son avant-gardisme et sa liberté de pensée lui attirent les foudres du Parti communiste chinois.

Ses théories littéraires, exposées dans Premier essai sur l'art du roman (1981) vont délibérément à l'encontre des dogmes d'État et du réalisme révolutionnaire prôné par le régime. Le caractère subversif de ses œuvres le confronte inéluctablement à la censure.

En 1987, il est contraint à l'exil et est depuis déclaré persona non grata sur le territoire chinois. Il vit en France depuis 1988, où il a obtenu l'asile politique. En 1997 il obtient la nationalité française.

Il est Chevalier des Arts et des Lettres.

 

L’histoire :

 

Souvenirs d'enfance, les bonheurs simples de l'amour et de l'amitié, le pays natal et ses lieux familiers, mais aussi les drames de la rue ou les tragédies vécues par la Chine, tels sont les thèmes de prédilection de ces six nouvelles choisies par l'auteur - avec la complicité de son traducteur. " (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

« Le temple » délabré est visité par un couple pendant leur voyage de noces, prétexte à une nouvelle poétique, cette période dorée de l’histoire du mariage étant mise en valeur.

« L’accident » s’attache à la suite de hasards qui réécrivent l’histoire des hommes…

« La crampe » survient brutalement pendant la nage d’un jeune homme.

« Dans un parc » se noue une conversation compliquée entre deux anciennes connaissances qui éprouvent des difficultés à communiquer et à se retrouver, le ton tournant rapidement au ressentiment.

« Une canne à pêche pour mon grand-père » : dans cette nouvelle le narrateur recherche son enfance perdue, il mène sa quête dans une nature ravagée par la modernité en se souvenant de la douceur de ses grands-parents. Hymne à l’enfance et au pouvoir du souvenir, cette nouvelle est un hommage rendu au passé.

Instantanés : simple évocation d’images faisant naître le rêve.

Des nouvelles qui permettent d’aborder l’œuvre de ce grand écrivain chinois auteur notamment de l’immense roman « La montagne de l’âme ».

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Je n’ai rien compris à la dernière nouvelle « Instantanés »…

 

Premières phrases :

 

« Nous nagions dans un bonheur parfait, dans le désir, l’amour fou, la tendresse et le douceur du voyage de noces qui avait suivi notre mariage, bien que nous n’ayons eu qu’une quinzaine de jours de congé : dix jours accordés pour l’occasion et une semaine de congés normaux.

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La montagne de l'âme

Autre :  Littérature Asie de l'Est

 

Une canne à pêche pour mon grand-père, Gao Xingjian, traduit du chinois et préfacé par Noël Dutrait, Editions de l’Aube, 1997 et 2001, 7 euros

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Publié dans Littérature Asie

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