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Le retour à la terre de Manu LARCENET et Jean-Yves FERRI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

"C'est moi vu par Ferri mais dessiné par moi"

Les auteurs :

Né dans une cabane en planches en bordure d'un champ d'avoine, Jean-Yves Ferri a gardé de ses premières années un amour immodéré pour la glaise du terroir. Nombre de ses albums dessinés témoignent de sa frénésie bucolique : ainsi ses Fables autonomes. Classées à tort dans la catégorie humour, elles célèbret une ruralité âpre et violente, située entre le réalisme social des Raisins de la Colère et le lyrisme printanier d'Oscar le petit canard. La consécration vient avec le personnage d"Aimé Lacapelle". Avec le scénario de la série Le retour à la terre, il tente de réconcilier ville et campagne et d'attirer l'attention sur le sort douloureux des chats déracinés. 

Emmanuel Larcenet, dit Manu Larcenet ou Larcenet, (né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux) est un auteur de bande dessinée français. De 1995 à 2006, il collabore au magazine Fluide glacial, pour lequel il réalise essentiellement des récits humoristiques, tout en publiant des œuvres plus intimes aux Rêveurs, maison d'édition qu'il crée en 1998, avec Nicolas Lebedel. Depuis le début des années 2000, ses albums publiés chez Dargaud, et particulièrement le Combat ordinaire1, en ont fait un des principaux auteurs francophones2.

Blog de Manu Larcenet http://www.manularcenet.com/blog/

 L’histoire :

Que se passe-t-il lorsqu'un natif de Juvisy, riante bourgade de la banlieue parisienne, part s'installer à la campagne au milieu des veaux, vaches, cochons ? Au minimum, un énorme choc culturel. Il faut apprendre à parler le patois, découvrir les effets de l'alcool local et surtout se désintoxiquer du périf. ©Dargaud

 

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 Ce que j’ai aimé :

C'est drôle, bien vu, distrayant, profondément vécu.

Manu décide de partir vivre à la campagne, au début "ce silence partout" est un peu difficile à vivre. Sans parler qu'il se met à chanter du Francis Cabrel à tout va. Bref ce n'est pas la grande forme. Quand il décide de voir un psy il se retrouve à boire du psit orange au bar du coin avant de trouver un vieil ermite dans son arbre tout prêt à jouer les psys.

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Les situations sont absurdes : à la recherche par exemple de gommes blanches impossibles à trouver dans cette région, il est contraint de prendre des boulettes de mie de pain, ce qui lui donne une excellente excuse pour rendre visite à la charmante boulangère.

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Dans le tome 3 sa chère et tendre est enceinte, il lit Florence Pernoud et écoute les dictons pleins de bon sens de Madame Mortemont :" Feuilles à tes trousses, fille blonde ou rousse." 

Il goûte les joies de la campagne : battue au sanglier, manoeuvres politiques, rude hiver, visite de son frère qui serine à longueur de tmps "j'pourrais pas, j'pourrais pas ..."

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Puis la petite Capucine fait son apparition dans le tome 4 et Manu va devoir apprendre à gérer son rôle de papa et de mari attentionné. D'autant plus que Mariette décide de reprendre ses études dans le tome 5. 

Les deux comparses nous parlent simplement de la vie qui passe avec ses angoisses, ses joies, ses cauchemars et ses bonheurs... Une petite merveille d'humanité !

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien, je suis fan !

Vous aimerez aussi :

 De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI

 D’autres avis :

Lecture commune avec Athalie

retour à la terre 1

 BD Mango bleu

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L'arbre à bouteilles de Joe R. LANSDALE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

L'auteur :

 

En 1972, à 21 ans, Joe R. Lansdale publia sa première histoire et avec sa mère, il publia un écrit sur la botanique , qui reçu le prix de meilleur article journalistique.

Ses débuts dans la littérature vont vers le western, la science-fiction, la bande-dessinée puis il glisse peu à peu vers le polar. Il a été couronné de nombreux prix (cinq Bram Stoker Horror Awards, l'American Mystery Award… ). Il est l'auteur de la série "Hap Collins et Leonard Pine" (L'Arbre à bouteilles, Le Mambo des deux Ours… ).

Il partage sa vie entre la littérature et un art martial de son invention, le Shen Chuan qu’il enseigne.

Lansdale vit à Nacogdoches avec sa femme Karen, qui écrit aussi, et ses fils Keith et Kasey. (Source : Babélio)

 

 

L'histoire :

 

Héritier de cent mille dollars et d'une petite bicoque dans un quartier délabré n'est pas si mal et l'oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard... Même s'il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l'on pourrait craindre de pire. Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c'est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés... (Source : Babélio)

 

 

Ce que j'ai aimé :

 

Au centre du roman, un duo improbable qui fonctionne pourtant très bien : ungrand noir homosexuel et un blanc qui a fait de la prison, amoureux desfemmes. Amis envers et contre tout, ils se retrouvent dans cette enquête avec une maison sur les bras, maison ayant appartenue à l'oncle récemment décédé de Leonard. Une maison qui en plus de bénéficier d'un voisinage peu recommandable semble de surcroît cacher des secrets bien sombres... 

 

Les dialogues sont enlevés, drôles et pertinents :

 

« - Z'êtes beaux comme une salière et une poivrière tous les deux, dit-elle en collant son œil à son viseur. » (p. 112)

 

Et l'atmosphère est très juste : les noirs dans ces communautés ne comptent

pas, si des enfants noirs disparaissent, ce ne sera que justice pour les policiers du coin, ils n'enquêteront pas plus avant. Une réflexion sur le mal qui reste protéiforme et mystérieux, s'amorce également : à quoi tient le destin d'un meurtrier ? A une enfance torturée ou à un mal inhérent, tapi  en l'être humain et ne demandant qu'à s'épanouir chez certains êtres humains ?

 

Une très belle découverte que ce roman alliant humour et profondeur. La perspective d'avoir encore une dizaine de romans de cet auteur à découvrir est proprement jubilatoire pour moi...

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

  • Rien...

     

Premières phrases :

 

« On était en juillet, on crevait de chaud, je m'occupais de mes boutures, et j'étais loin de penser à des histoires de meurtre.

Dans les champs de roses, tous les boulots sont nuls, les greffes, le bêchage, et le reste, mais le repiquage des boutures, c'est la punition qu'on réserve aux pêcheurs, en enfer. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le mambo des deux ours

Autre : Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

 

D'autres avis :

 

Babélio ; Dasola

 

 

L'arbre à bouteilles, une enquête de Hap Collins et Leonard Pine, Joe R. Lansdale, traduit de l'américain par Bernard Blanc, Gallimard, Folio policier, novembre 2004,  7.50 euros

 

 

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Déception et abandon du mois de mai

Publié le par Hélène

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Et tous mes amis seront des inconnus de Larry McMURTRY

 

Présentation de l'éditeur  :

Danny Deck est un jeune écrivain bien trop sensible. Alors qu’il s’apprête à publier son premier roman, il débarque en trombe dans le cœur de plusieurs femmes : la belle et froide Sally, qu’il épouse sur un coup de tête et qui ne tarde pas à le laisser tomber, une petite amie qui le rend heureux mais ne veut pas rester, une voisine aussi généreuse que dévergondée et une bonne vieille copine qu’il aime en secret. Allant de femme en femme, Danny quitte le Texas pour la Californie, terre promise de ce début des années 1960, en pleine ébullition sexuelle et culturelle. L’amour, la gloire et le Rêve Américain semblent à portée de main. Son périple sera ponctué d’aventures et de rencontres tragi-comiques qui marqueront les débuts dans la vie d’un jeune homme dont le seul tort est de tomber trop souvent amoureux.

    Et tous mes amis seront des inconnus est l’un des premiers romans de Larry McMurtry et sans conteste un des plus drôles. L’auteur de La Dernière Séance signe là un road-trip sensuel et exubérant et dresse le portrait attachant d’un irrésistible vagabond.

 

Mon avis :

Sexe alcool et drogue constitue le fond de la vie de Danny et de ce fait du roman. Ses frasques ne sont qu'une série d'expériences sexuelles, alcoolisées et droguées quelquefois. S'il faut avouer que ses déboires prêtent à sourire, il faut dire aussi que je me suis lassée de son road-movie égocentrique, peu réceptive à cette ambiance du début des années 60. Je devrais le savoir, à chaque fois que je me lance dans un livre de la collection  "Americana" de Gallmeister (Total killer par exemple) je reste au bord du chemin, peu sensible à leur univers. Mais là comme il s'agissait de Larry McMurtry, génialissime auteur de Lonesome dove dont je parle encore avec des trémolos dans la voix et qui a signé mon addiction définitive aux cow-boys, j'ai eu une absence et je me suis lancée dans cette lecture... Mais à même collection, mêmes effets : abandon !

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Le safari des meurtres à sang chaud et autres meurtres de Nicholas DRAYSON

 

Présentation de l'éditeur :

L’honorable M. Malik est très occupé par l’organisation du safari d’observation annuel de l’Asadi Club. Une fois de plus, l’énigme du meurtre de Lord Erroll, un riche Anglais émigré à Nairobi dans l’entre-deux-guerres, refait surface. Une nouvelle hypothèse suscite de vifs débats. Et la mascotte attitrée du club, la dépouille empaillée du lion Kima Killer, jadis célèbre dans la région pour son appétit féroce, disparaît dans des circonstances suspectes. Sans parler de Petula, la fille de M. Malik, qui hésite à se marier, et du ministre de l’Intérieur, un homme qui menace l’Asadi Club de fermeture. Aidé de ses amis, M. Malik va essayer de percer le mystère d’un assassinat vieux de plusieurs décennies, de retrouver la mascotte et de faire sortir de l’ombre la bête la plus dangereuse d’Afrique.

 

Mon avis :

J'avais été tellement emballée par le premier tome des aventures de Monsieur Malik que j'attendais celui-ci avec impatience, trop d'impatience peut-être. Je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire qui a tendance à s'éparpiller dans diverses directions : l'organisation du safari du titre, un ancien meurtre sujet de discussions interminables entre les membres du club, le retour de Rose, des digressions sur son histoire, le futur mariage de la fille de Monsieur Malik, le retour de Harry le fameux, des rappels du tome précédent. L'ensemble est un peu longuet, beaucoup trop de digressions. Une déception.

 

D'autres avis : 

Yves ; Keisha

 

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Swamplandia de Karen RUSSELL

Publié le par Hélène

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Une visite mouvementée dans les Everglades...

 

L’auteur :

 Originaire de la Floride, où se déroule ce premier roman classé par le New York Times comme un des meilleurs de l’année passée, Karen Russell est considérée par le New Yorker et la revue britannique Granta comme un des vingt jeunes auteurs américains les plus talentueux.

Swamplandia a été un des trois finalistes du prix Pulitzer 2012 (non attribué, les jurés n’ayant pu se mettre d’accord). Il est en cours de traduction dans une quinzaine de langues.

 

L’histoire :

      « Quand on n’est qu’au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j’étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C’est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s’est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l’histoire d’un seul mot : chute. »

Swamplandia a longtemps été le parc d’attractions le plus célèbre de toute la Floride, et sa star, Hilola Bigtree, dompteuse d’alligators de classe internationale, cuisinière exécrable et mère de trois enfants, n’y était pas pour rien. Mais à sa mort, l’entreprise sombre dans le chaos. Seule sa fille Ava, treize ans, semble en mesure de sauver les Bigtree du naufrage et de la menace du Monde de l’Obscur, leur redoutable concurrent… Sélectionné par le New York Times comme l'un des meilleurs romans américains de l'année 2011, Swamplandia plonge le lecteur dans l'univers luxuriant et magique de Karen Russell, dont l'écriture inventive n'est pas la moindre des qualités. 

 Mon avis :

 Je ne m’attendais pas du tout à cela après lecture de la quatrième de couverture : je pensais lire quelque chose de beaucoup plus délirant, or l’atmosphère est plutôt glauque , marécageuse, on ne voit pas bien où veut en venir l’auteure. Passé cette première impression négative, je reconnais que le récit fait preuve d'originalité et d'excentricité avec le destin atypique de ces personnages perdus sur une île et contraint de se confronter au monde pour s'extraire d'ennuis financiers. La mort de la mère obligera tout un chacun à grandir et à assumer ses responsabilités. Mais elle bouleversera aussi profondément l'une de ses filles qui se réfugiera dans un imaginaire débordant et aliénant. Le fils partira vers le continent obnibilé par l'envie de rembourser les dettes de son père, père qui lui aussi partira, laissant la jeune Ava seule avec sa soeur étrange qu'elle essaiera de protéger de ses mauvaises rencontres...

 

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Un contexte humide et sordide : les Everglades, une famille ruinée, un marécage dangereux, un continent aliénant synonyme de grande consommation inutile, le monde de Karen Russell est assez particulier...

Il doit y avoir une allégorie, mais je n’ai même pas eu envie de me creuser la tête, d'autant plus que des longueurs pèsent sur le récit assez souvent…

Une déception...

Premières phrases :

 « Notre mère entrait en scène dans la clarté des étoiles. Qui avait eu cette idée ? Je ne l’ai jamais su. Sans doute Chef Bigtree, et c’était une bonne idée – neutraliser la poursuite pour laisser le croissant de lune se détacher dans le ciel, sans chaperon ; couper le micro, laisser les projecteurs sous leurs paupières de fer afin de permettre aux touristes d’apprécier ce cadre nocturne ; encourager le public à anticiper le palpitant numéro exécuté par la vedette de Swamplandia – la fameuse dompteuse d’alligators : Hilola Bigtree. »

 

D’autres avis :

Presse : http://www.rentree-litteraire.com/auteur/karen-russell/

Blogs : JérômeYvesCathulu

 

Swamplandia, Karen Russell, traduit de l’américain par Valérie Malfoy, Albin Michel, août 2012, 22.50 euros

 

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Luz ou le temps sauvage de Elsa OSORIO

Publié le par Hélène

luz ou le temps sauvage

♥ ♥ ♥ ♥

"Un roman bouleversant et implacable" (Télérama)

 

L’auteure :

  http://www.elsaosorio.com

 

Ce que j’ai aimé :

 

Argentine. Années 70. Des militaires chargés de nettoyer le pays des subversifs, des enfants désirés tombés du ciel, une famille complice et aveugle à la fois, la famille des enfants volés qui cherchent les enfants, et au milieu de cet inextricable situation, des enfants, qui grandissent au sein de familles qui ne sont pas la leur, et qui peuvent à un moment ou un autre se poser la question nébuleuse de leurs origines. Luz est une de ces femmes au destin atypique et tragique, enlevée à sa naissance à sa mère emprisonnée par une famille de militaires. Elle raconte ici son histoire, de sa naissance jusqu’à la recherche de ses origines.

La narration est très vivante : à la première personne, elle entremêle les époques, l’époque actuelle avec une Luz adulte maman d’un petit garçon, et l’histoire de ses parents, les vrais, et les adoptifs. Parallèlement, elle raconte aussi le destin de Miriam, une jeune femme qui a joué un rôle non négligeable dans son histoire. Ce faisceau d’histoires rend le récit dense et profond.

Elsa Osorio est une ancienne opposante à la dictature en Argentine et elle s’intéresse ici aux grand-mères de la place de mai, à ces mères et grands-mères qui recherchent les bébés kidnappés pendant la dictature pour enfin faire la lumière sur une vérité latente violente et meurtrière. Par le biais d’un personnage romanesque fort, elle dénonce cette dictature et insiste sur l'importance pour ces enfants de connaître leurs origines pour se construire une identité propre dans la vérité et vivre ensuite apaisé et en cohérence avec eux-mêmes. Pour ne pas être des ombres, la vérité doit être faite.

500 bébés ont été volés pendant la dictature, 300 d’entre eux connaissent leur situation d’enfants volés, mais seuls 70 connaissent leur origine exacte.

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

L’ensemble est peut-être un peu faible psychologiquement parlant, et le style reste assez basique, mais l’histoire nous emmène tellement facilement au cœur de cette période sombre de l’histoire argentine que ces petits défauts s’estompent au fur et à mesure pour ne laisser en tête que la profondeur et la gravité du thème.

 

Premières phrases :

 

« Luz, Ramiro et leur fils Juan arrivèrent à l’aéroport de Barajas à sept heures du matin d’un jeudi chaud. Dans le taxi qui les conduisait à l’hôtel, Luz leur parla de la Plaza Mayor, des ruelles étroites et mystérieuses, des bars ouverts à toute heure, des femmes au regard hautain qui dansent avec leurs mains comme des oiseaux inquiets. Tu vas adorer le flamenco, Ramiro, et toi Juan je vais t’emmener au parc de Retiro. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Tango

Autre :  Mapuche de Caryl FEREY

 

D’autres avis :

 

Papillon ; AlfieSylire 

 

 

Luz ou le temps sauvage, Elsa Osorio, traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry, Métailié, novembre 2002, 364 p., 12 euros

Poche : en Points 8 euros

 

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En avant, route ! de Alix de SAINT ANDRE

Publié le par Hélène

en avant route

♥ ♥ 

 

L’auteure :

 Fille de militaire, élevée dans des pensions religieuses dont elle a gardé un intérêt pour la religion catholique, A. de Saint André a fait des études littéraires puis s'est orientée vers le journalisme.

Elle a travaillé à "Elle" au "Figaro magazine" et à "Canal Plus". Elle a aussi écrit un roman policier puis des livres inspirés de ses expériences personnelles, où se reflètent ses goûts littéraires, en particulier sa passion pour André Malraux. Elle fait encore des reportages mais se consacre de plus en plus à l'écriture dans sa petite maison bretonne. (Source : Babélio)

Interview http://www.gallimard.fr/Media/Gallimard/Entretien-ecrit/Alix-de-Saint-Andre.-En-avant-route

 

L’histoire :

 

Alix de Saint-André a pris trois fois la route de Compostelle. La première fois, elle est partie de Saint-Jean-Pied-de-Port, sur le chemin français, avec un sac plein d'idées préconçues, qui se sont envolées une à une, au fil des étapes.

La deuxième fois, elle a parcouru le «chemin anglais» depuis La Corogne, lors d'une année sainte mouvementée.

L'ultime voyage fut le vrai voyage, celui que l'on doit faire en partant de chez soi. Des bords de Loire à Saint-Jacques-de-Compostelle, de paysages sublimes en banlieues sinistres, elle a rejoint le peuple des pèlerins qui se retrouvent sur le chemin, libérés de toute identité sociale, pour vivre à quatre kilomètres-heure une aventure humaine pleine de gaieté, d'amitié et de surprises. Sur ces marcheurs de tous pays et de toutes convictions, réunis moins par la foi que par les ampoules aux pieds, mais cheminant chacun dans sa quête secrète, Alix de Saint-André, en poursuivant la sienne, empreinte d'une gravité mélancolique, porte, comme à son habitude, un regard à la fois affectueux et espiègle.

 

Ce que j’ai aimé :

  Alix de Saint André a suivi le chemin de Compostelle trois fois.

Elle partage avec nous cette expérience avant tout humaine faite de rencontres et d’entraide. Car les pélerins ne sont pas tous férus de religion, et beaucoup font la route pour des raisons spirituelles ou culturelles et non pas religieuses. Alix de Saint André avoue elle-même avoir  « la foi plutôt méfiante. » (p.149) et ce qu’elle cherche avant tout sur le chemin est une solitude mêlée d’introspection rythmée par l’amplitude de ses pas.

« Nous faisons savoir au pèlerin qu’il rencontrera au long du chemin des saints et des canailles, mais qu’il ne désespère pas, car il devra aider les autres et parfois se faire aider lui-même, qu’il trouvera de nouvelles valeurs et découvrira la transcendance. » (p. 126)

Cette solitude sera difficile à connaître tant le chemin est rencontre : Raquel et son verbiage incessant pour le premier et deuxième voyage, sept « maris » tombés du ciel pour le troisième voyage. Il faut accepter de rompre cette solitude pour laisser le monde venir à soi et emplir cœur et esprit sur le chemin. Dans cette alliance subtile entre vie intérieure et relations sociales, se construit la magie du chemin et s’établit le sentiment durable d’appartenir à une entité commune bienfaitrice, celle du « pèlerin ».

« Le chemin n’est pas fait pour aller vite d’un point A à un point B, il est fait pour se perdre, et perdre du temps. Ou prendre son temps, si l’on veut. Retrouver un monde à taille humaine et ses humains habitants. » (p. 169)

Le ton adopté par l’auteur n’est pas dogmatique, ni poétique, il est humain, drôle, enlevé, les anecdotes sont aussi bien liées aux douleurs du corps (et surtout des pieds et des articulations), qu’aux rencontres inattendues et pesantes quelquefois, en passant par les joies du chemin et à ses enseignements multiples.

 « Sur le chemin, la pauvreté n’était pas à fuir mais à rechercher. (…)  L’économie du monde spirituel fonctionnant à l’inverse de l’économie du monde matériel (plus on donne d’amour et plus on en a, par exemple), pour vivre vraiment au présent, le temps des enfants, des poètes et des mystiques, il me fallait apprendre à être pauvre. » (p. 304)

Un beau récit profondément humain.

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Ce que j’ai moins aimé :

 Il s’agit là d’un récit divertissant, ludique, mais le style reste assez simple, il ne faut pas trop en attendre.

  

Premières phrases :

 « Le 14 juillet 2003, ma cousine Cricri et moi-même étions dans le très typique village de Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque, attablées devant une nappe à carreaux rouges et blancs typique, en train d’avaler du fromage et du jambon typiques avec un coup de rouge typique aussi, en fin d’après-midi, sous la menace d’un orage de montagne, bien noir mais presque tiède. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Papa est au panthéon

 

D’autres avis :

 Presse : Télérama L’express 

Blogs : Joëlle Kathel, Alain, Cathulu, Praline, Sandrine, Lystig, Alex, Flora, Aproposdelivres, Mango, Saxaoul, Aifelle, Chiffonnette.

 

En avant, route ! Alix de Saint André, folio, juin 2011, 6.95 euros

Publié dans Récits de voyage

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L'étranger de Jacques FERRANDEZ d'après l'oeuvre d'Albert Camus

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Une superbe adaptation

 

L’auteur :


Jacques Ferrandez a commencé chez Casterman en publiant Arrière pays, des petites histoires d’inspiration provençales. Après le premier cycle en 5 volumes de la série Carnets d'Orient, consacrée à la période coloniale d'avant-guerre en Algérie, Jacques Ferrandez replonge dans l'univers provençal et s'attaque aux classiques de la littérature française en adaptant deux romans de Pagnol : Jean de Florette et Manon des Sources (1997). En octobre 1998, sur un scénario de Tonino Benacquista pour lequel il avait réalisé des illustrations sur La madonne des sleepings, Jacques Ferrandez dessine L’Outremangeur, puis La Boîte noire en octobre 2000. Il revient à sa série Carnets d'Orient en entamant un deuxième cycle, qui débute à la veille de l'insurrection en Algérie et qu'il clôt en 2009 avec Terre fatale. Contrebassiste de jazz, il se produit avec le Mille sabords quartet et le Miles Aboard Jazz Quintet et illustre régulièrement les couvertures de Jazzman magazine. (Source : France Inter)

 

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Présentation :

 Le jour où sa mère est morte, Meursault a remarqué qu'il faisait très chaud dans l'autobus qui le menait d'Alger à l'asile de vieillards, et il s'est assoupi. Plus tard, dans la chambre mortuaire, il a apprécié le café que lui offrait le concierge, a eu envie de fumer, a été gêné par la violente lumière des lampes électriques. Et c'est avec une conscience aiguë du soleil qui l'aveugle et le brûle que l'employé de bureau calme et réservé va commettre un acte irréparable. Camus présente un homme insaisissable amené à commettre un crime et qui assiste, indifférent, à son procès et à sa condamnation à mort.

 

Ce que j’ai aimé :

 L'adaptation est fidéle au texte initial : nous retrouvons ce Meursault anti-héros atypique à qui tout est égal, pour qui la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, et poussé par les circonstances ou par ses sens exacerbés à commettre un meurtre. Puis viennent le procés, l'emprisonnement, et toujours en filigrane cette passivité, cet homme qui s'adapte trop facilement à ce qui lui arrive et semble sans coeur, perdu dans un monde absurde.

"On ne change jamais de vie. En tout cas, toutes se valent et la mienne ici ne me déplaît pas du tout." (p. 53)

"Le cri des vendeurs de journaux dans l'air déjà détendu, les derniers oiseaux dans le square, l'appel des marchands de sandwiches, la plainte des tramways dans les hauts tournants de la ville et cette rumeur du ciel avant que la nuit bascule sur le port, tout cela recompose pour moi un itinéraire d'aveugle, que je connaissais bien avant d'entrer en prison. Oui c'est l'heure, où il y a bien longtemps, je me sentais content. Ce qui m'attendait alors, c'était toujours un sommeil léger et sans rêves. Et pourtant quelque chose a changé puisque, avec l'attente du lendemain, c'est ma cellule que je retrouve. Comme si les chemins familiers tracés dans les ciels d'été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu'aux sommeils innocents." (p. 109)

 Il lui faudra du temps pour se libérer de ce schéma désincarné et se dépasser pour accéder au sublime. Le sentiment de puissance n'arrivera finalement qu'avec la mort et son acceptation. Accepter la mort, sa propre finitude, l'absurdité de la vie, c'est peut-être enfin pouvoir toucher le bonheur du bout des doigts.

Le travail sur les dessins est magnifique : les aquarelles sont douces et lumineuses, habitées par la grâce de l'instant qui passe et dont il faut savourer chaque seconde en renonçant à lutter contre l'inévitable. Une vraie rencontre entre un auteur et un dessinateur de talent, pour une vraie réussite. 

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Ce que j’ai moins aimé :

  - Rien

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Les carnets d’Orient

 

 D’autres avis :

 

Presse :Télérama ; L’express  ; Le POint

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L’étranger, Jacques Ferrandez, d’après l’œuvre d’Albert Camus, Gallimard, avril 2013, 136 p., 22 euros

 

BD Mango bleu

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Noyade en eau douce de Ross MACDONALD

Publié le par Hélène

noyade en eau douce

♥ ♥ ♥

Un classique à découvrir dans sa nouvelle traduction

 

L’auteur :

 

ROSS MACDONALD, de son vrai nom Kenneth Millar, est né en 1915 en Californie et a d’abord grandi au Canada avant de revenir s’installer aux États-Unis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est offi cier de marine dans le Pacifi que. À son retour, il publie quatre romans avant la parution de Cible mouvante en 1949, le premier livre où apparaît le détective privé Lew Archer. Deux films content les aventures de Lew Archer, incarné à l’écran par Paul Newman. Ross Macdonald meurt en 1983. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de romans noirs. James Crumley disait avoir relu dix fois son œuvre et James Ellroy lui a dédicacé le premier volume de sa trilogie de Lloyd Hopkins. (Source : éditeur)

 

L’histoire :

 

Dans le quartier huppé de Nopal Valley, en Californie, Lew Archer est engagé pour enquêter sur une lettre anonyme accusant sa cliente, Maude Slocum, d’adultère. À aucun prix, ces allégations ne doivent parvenir jusqu’à son mari. Profitant d’une fête organisée chez les Slocum, le détective se mêle aux invités. Mais la soirée est interrompue par une macabre découverte : celle du corps de la belle-mère de Maude, flottant dans la piscine. Les soupçons se portent immédiatement sur son fils et sa trop séduisante petite-fille, premiers héritiers de la fortune colossale de la vieille dame. C’est désormais une double enquête qu’Archer doit mener, sur les traces d’un corbeau et d’un meurtrier.

 Cette nouvelle enquête de Lew Archer nous entraîne dans un univers trouble de faux-semblants où les victimes semblent avoir autant à cacher que les assassins. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le style lyrique très travaillé est la première bonne surprise de ce roman :

" L'incendie de ciel s'était éteint, laissant de longs lambeaux de nuages s'étirer sur la nuit comme des traînées de cendre pourpres. Je ne voyais des montagnes que leurs silhouettes géantes soutenant la pénombre. Quelques lumières scintillaient sur leurs flancs, et les phares d'une voiture qui montait pouce par pouce vers un col le franchirent pour disparaître de l'autre côté de la vallée. Puis la nuit se fit calme au point de sembler exclure toute vélléité de mouvement : nous étions des insectes pris dans l'ultime cristallisation d'une coulée d'ambre. Je bougeai, brisant le sortilège, et m'en allai en marchant à l'aveugle sur la pelouse glissante de rosée, à côté du chemin dallé." (p. 66)

Les descriptions sont magnifiques, les dialogues sonnent très justes, à la fois enlevés et drôles.

Les personnages sont tout aussi travaillés : Lew Archer est un détective amoureux de la vérité, il suffit qu'il soit lancé sur une piste pour souhaiter aller jusqu'au bout de l'enquête, quelques soient les embûches qui jalonneront son chemin. La famille sur laquelle porte son enquête est criblée de failles : la jeune femme qui fait appel à lui cache quelques secrets d'adultère, son mari semble être un homosexuel refoulé, leur fille entretient des relations troubles avec le chauffeur de la maison, et la belle-mère garde jalousement son héritage... Ajoutez au paysage une société pétrolière à l'affût des affaires jûteuses de la région, et vous comprendrez pourquoi les sous-sols de cette affaire sont explosifs...

Lew mène son enquête tambour battant, dans une ambiance trouble aux retombées sismographiques...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Quelques scènes - notamment celle du bateau - sont à mes yeux superflues, apportant trop d'action et de rebondissements peu crédibles. L'intrigue aurait peut-être gagné à être épurée...

 

Premières phrases :

 « Corps sémillant, silhouette de jeune fille : tant que vous ne regardiez pas son visage, elle avait moins de trente ans. Ses vêtements soulignaient bien la chose : tailleur peau d’ange sur mesure, talons hauts mettant le galbe de ses mollets aux ombres nylon sous tension. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Cible mouvante de Ross MACDONALD

Les 16 autres romans de la série Lew Archer sortiront au rythme de deux parutions par an.

Autre : les romans de Raymond Chandler

 

D’autres avis :

 

Papillon 

 

Noyade en eau douce, Ross Macdonald, traduit de l’américain par Jacques Mailhos, Gallmeister, totem, 2012, 288 p., 10 euros

 

 

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Liberté sur la montagne de Marc Graciano

Publié le par Hélène

                                   liberte-sur-la-montagne.jpg

♥ ♥

Un chant hypnotique

 

L’auteur :

 

Marc Graciano est né le 14 février 1966.

Il vit au pied des montagnes aux confins de l’Ain et du Jura.

Liberté dans la montagne est son premier livre. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 « Depuis bien des jours le vieux cheminait avec la petite le long de la rivière. Quelquefois le vieux tenait la main de la petite mais, le plus souvent, il la laissait voyager seule autour de lui » : telle est la première phrase de cette histoire puissamment envoûtante tant par la tension dramatique constante que Marc Graciano parvient à conserver tout au long de ce voyage initiatique, semé d’embûches, dans un temps très ancien, que par son style unique, fait de litanies.

 Dans leur périple vers l’amont de la rivière, le nord, le vieux et la petite traversent une nature à la fois splendide et sauvage, croisent des personnages inoubliables, comme le veneur.

 Vers où les conduira leur destin ?   (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

  Marc Graciano nous conte un récit très original : le vieux et la petite marche vers un ailleurs teinté de présent, ils marchent et ils rencontrent des dangers, des joies, des peines. Le vieux nomme à la petite les choses pour qu’elle accède à la connaissance du monde, il ne lui épargne aucune de ses vilenies, le sordide côtoie le sublime parce qu’au fond, le monde est fait ainsi.

Ils marchent, étroitement liés et rencontrent tour à tour un cirque ambulant, une joute de chevaliers, des hommes conduits à l’échafaud, un abbé, un berger, un géant, un veneur, une jeune femme envoûtante… Un lien étroit unit ce vieux et cette petite, un lien fait de tendresse, d’amour et de danger. Leur destin les porte inéluctablement là où ils devaient aller…

  C’est une peinture du Moyen-Age vivante et dynamique qui se profile sous nos yeux ébahis, les personnages se mettent en branle, tout bouge très vite et prend forme, un monde s’ébauche par la puissance des mots du vieux et de l’auteur. De  vieilles légendes puissantes émaillent le récit comme celle d’un cerf magique … Les mots font exister un monde.

 Et ce premier roman nous offre une très belle allégorie de la vie, un enseignement philosophique lumineux :

 « Alors le vieux dit à la petite qu’ils possédaient des choses qu’ils ne pouvaient pas perdre et que nul ne pourrait leur dérober. Il lui dit qu’ils possédaient le ciel et il lui dit qu’il possédait la forêt et il lui dit qu’ils possédaient l’enchantement chaque jour renouvelé du chemin que tous deux suivaient. (…) Il lui dit qu’ils possédaient les plantes et il lui redit qu’ils possédaient le ciel et aussi les oiseaux dedans le ciel puis il lui dit qu’ils possédaient ces choses à chaque fois qu’ils savaient les capter. Grâce à la connaissance qu’ils en avaient. » (p. 33)

 « Il leur dit qu’ils devaient aller toujours librement. Il leur dit qu’ils devaient cultiver désormais le respect et la délicatesse. Il leur dit qu’ils devaient s’arrêter à tous moment et qu’ils devaient s’asseoir et qu’ils devaient regarder le ciel avec une intense sérénité et il leur dit qu’ils se satisferaient alors de la sensation de leur corps chaud et vivant. (…) Le vieux leur dit qu’ils devaient se faire sensible aux chants des oiseaux et à l’odeur de terre humide qui montent de la rivière le soir. Il leur dit qu’ils devaient admirer la pureté du ciel et la beauté des traces. (…) Le vieux leur qu’ils devaient savoir jouir des agréments d’un chemin qui s’enrubanne dans la forêt. » (p. 141)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 Il faut être très concentré sur sa lecture pour suivre le destin de ces deux personnages atypiques : les paragraphes sont denses, les dialogues sont uniquement retranscrits au discours indirect, le vocabulaire est riche, les répétitions nombreuses, il faut se laisser porter par cette scansion orale pour pénétrer entièrement dans cet univers si particulier et se  laisser hypnotiser.

 Un texte difficile qui se mérite.

 

Premières phrases :

 « Depuis plusieurs jours le vieux cheminait avec la petite le long de la rivière. Quelqeufois le vieux tenait la main de la petite mais, le plus souvent, il la laissait voyager seule autour de lui. A cette fin, le vieux veillait à libérer la petite de tout faix. Le vieux veillait aussi à toujours régler son pas sur celui de la petite. »

 

Vous aimerez aussi :

 Hommes, bois, abeilles de Mario RIGONI STERN

 

D’autres avis :

 

 Aliette Armel  ; Sur le site de l'éditeurDominique 

 

 Liberté sur la montagne, Marc Graciano, José corti, janvier 2013, 311 p., 19.50 euros

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Coups de coeur

Publié le par Hélène

J'ai listé ici des coups de coeur antérieurs à ce blog, incluant donc des romans qui n'apparaissent pas en ces pages mais qui m'avait beaucoup enthousiasmée à leur lecture :

 

Là où se trouvait la mer de Rick BASS

La tête dans le carton à chapeaux de CHILDRESS

Ma famille inoubliable de Fred CHAPPEL

Jim Glass de Jim EARLEY

1001 femmes blanches de Jim FERGUS

Grâce et dénuement de Alice FERNEY

Les cinq quartiers de l'orange de Joanne HARRIS

Le vent qui souffle dans les grues de Lidia JORGE

L'arbre aux haricots de Barbara KINGSOLVER

Noces indiennes de Sharon MAAS

La rivière du sixième jour de Norman MCLEAN

Blonde de OATES

Brendan prairie de Dan O BRIEN

Best love Rosie de O FAOLAIN

Matin brun de Marc PAVLOFF

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

Un jour avant Pâques de Zoya PIRZAD

En attendant l'aube de Mario RIGONI STERN

De la beauté de Zadie SMITH

Le parfum de SUSKIND
Le sourire étrusque de SAMPEDRO

Luz ou le temps sauvage de OSORIO

L'alchimiste de COELHO

L'allée du roi de Françoise CHANDERNAGOR

C'est beau une ville la nuit de Richard BOHRINGER

Dojnaa de Galsan TSCHINAG

En caravane de Elisabeth VON ARNIM

Le joueur d'échecs de Stefan ZWEIG

Les romans de Michel TREMBLAY

A l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel PROUST

Emile de ROUSSEAU

Noces de Albert CAMUS
Que ma joie demeure de Jean GIONO

Les contes des 1001 nuits

Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

La morsure du lézard de Kirk MITCHELL

Le retour à la terre de FERRI et LARCENET

 

J'envisage de les relire pour les faire apparaître sur ce blog, si vous êtes tentés par des lectures communes, n'hésitez pas à me le faire savoir.

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