Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ici ça va de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

ici-ca-va.jpg

♥ ♥ ♥

"C'est un livre qui a la prétention de l'aube, de l'horizon, du recommencement. Un livre comme certains matins. Parfois. Un livre qui veut croire." (p. 135)

 

 L’auteur :

Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon à Pertuis. Son premier roman, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux a été publié chez Alma en 2011.
Son blog : http://etc-iste.blogspot.com

 L’histoire :

 Un jeune couple s’installe dans une maison apparemment abandonnée. L’idée ? Se reconstruire en la rénovant. Tandis qu’elle chantonne et jardine, lui – à pas prudents – essaie de retrouver ses souvenirs dans ce lieu qu’il habita enfant. Ses parents y vécurent heureux, avant que la mort soudaine du père coupe le temps en deux. Dans ce paysage d’herbes folles et d’eau qui ruisselle, ce sont les gestes les plus simples, les événements les plus ordinaires qui vont réenchanter la vie : la canne à pêche, la petite voisine, les ragondins, la tarte aux fruits, l’harmonica.

 Ce que j’ai aimé :

Thomas Vinau nous offre des éclats de vie éclairés d'une aura particulière : il décrit la vie comme elle va, avec ses lenteurs, ses déceptions, ses musicalités, sa beauté et ses recoins sombres. Il ne nous raconte rien de plus que ce qu'il voit, juste la vie qui passe, juste le bonheur qui ondoie : 

 "Le soleil monte sur la berge. Sur les troncs. Les taillis. Puis les branches. Les feuillages, qu'il finit par percer. Certaines de ses flèches commencent à arriver sur la surface de l'eau. Elles éclatent en cristaux de lumière. Eblouissent. Eclaboussent. Bondissent dans mes pupilles." (p. 61)

 Son quotidien champêtre est doux et sans accroc, seules les blessures inévitables du passé affleurent au bord de ces journées passées dans les lieux même de son enfance. Blessures que l’on essaie de panser en se fondant dans la béatitude du temps qui passe. 

Thomas Vinau chante la beauté de la vie dans sa simplicité : nul besoin de fioritures, quand l'essentiel est de pouvoir dire à ceux que l'on aime « Ici ça va », comme un refrain rassurant qui n'en demande pas plus, comme une paix intérieure évidente, parce que finalement, le bonheur est peut-être dans ces mots, purs, simples et directs …

 "J'ai eu cette idée d'entrer dans l'eau à la manière du film Et au milieu coule une rivière. C'était beau. Romantique. Mais je ne pêche pas à la mouche. L'eau est glacée. Le soleil m'aveugle. Je me retrouve debout, les yeux fermés, au centre du courant. Cette scène n' a pas de sens. Je vais finir malade. Pourtant je me sens bien." (p. 62)

 

   Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien  

 

 Premières phrases :

« Ici ça va. La maison n’est pas toute neuve mais elle est propre et les plafonds sont hauts. Au moment où Ema a ouvert la porte grinçante, dont le bois humide avait gonflé autour des gonds et de la serrure, il y a eu comme un grand silence de poussière et de souvenirs. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Nos cheveux blanchiront avec nos yeux

Autre : L’homme-joie de Christian BOBIN

 D’autres avis :

 Presse 

 Blogs : Clara  ;  Anne Antigone, Emeraude, Mimipinson Nadael, Philisinne

 

Ici ça va, Thomas Vinau, Alma Editeur, août 2012, 140 p., 13 euros

  challenge rentrée littéraire 2012

Partager cet article
Repost0

Les gens honnêtes tome 1 et 2 de Jean-Pierre GIBRAT et Christian DURIEUX

Publié le par Hélène

gens-honnetes.jpg

gens-honnetes-2.jpg

 

  ♥ ♥ ♥

 

 Les auteurs :

Christian DURIEUX : Né à Bruxelles le 18 janvier 1965, Christian Durieux obtient une licence de lettres avant de s'inscrire aux cours de bande dessinée de l'Institut Saint-Luc.

Il réalise une courte biographie d'André Malraux, scénarisée par Luc Dellisse, pour TINTIN REPORTER, en 1989, puis s'associe avec Jean Dufaux pour lancer sa première série, Avel, aux éditions Glénat, dans leur collection "Grafica". Cette saga d'un tueur à la recherche de son destin comptera quatre volumes. Un tel thème exigeait un graphisme froid et raide qu'il maîtrise parfaitement.

Il passe ensuite au Lombard où il entreprend, sur scénarios de Luc Dellisse, la série Foudre. Il adopte cette fois un trait plus en rondeur, mieux acclimaté avec le côté parfois grotesque de ce thriller futuriste. Sur une toile de fond pessimiste et cataclysmique, ce cycle de cinq volumes publiés de 1996 à 1998 ne manque pas d'humour dans les relations entre des personnages s'efforçant de survivre dans un univers qui leur échappe.

Un bref passage aux Humanoïdes Associés aboutit à l'album "Benito Mambo", en 1999, avant qu'il prenne Andréas pour scénariste chez Delcourt et commence la série Mobilis.

Soucieux d'expériences nouvelles, tant au niveau du récit que du graphisme, il est séduit par un projet humoristique de Denis Lapière et s'attaque en 2001 à la série Oscar chez Dupuis. Un tout nouveau registre où il relate d'un trait simplifié et vivant, dynamiquement cocasse, les exploits et affabulations d'un petit garçon pas comme les autres. Un de ses plus vifs plaisirs est de changer régulièrement de technique. (Source : Dupuis)

 

Né le 17 avril 1954 à Paris, Jean-Pierre Gibrat connaît une enfance banlieusarde sans histoires. Élevé dans une ambiance cégétiste, brillant en histoire, il obtient son bac grâce au Front Populaire et à l'agriculture de l'URSS.

Il se tourne ensuite vers le graphisme publicitaire, puis s'inscrit en Fac d'Arts Plastiques en 1975. Deux ans plus tard, il interrompt ses études pour se lancer sérieusement dans la bande dessinée et publie ses premiers récits complets dans PILOTE.

Sa rencontre avec le scénariste Jackie Berroyer, son aîné de huit ans, va faire naître le petit "Goudard" dans B.D., série d'avatars quotidiens d'un adolescent finement typé qui fréquentera ensuite CHARLIE MENSUEL, puis FLUIDE GLACIAL. Parallèlement, Gibrat multiplie les dessins dans la presse branchée (L'EDJ, LE NOUVEL OBS, etc.) et collabore à L'ORDINATEUR DE POCHE, SCIENCES ET AVENIR, puis à JE BOUQUINE et OKAPI (la série "Médecins sans frontières", sur des scénarios de Guy Vidal, puis Dominique Leguillier).

En 1982, son talent d'évocation de la gent féminine incite Berroyer à lui proposer un personnage de "Parisienne" en vacances à introduire dans PILOTE. Ils décident de réunir Goudard et cette séduisante créature dans la série d'albums que leur ouvrent les éditions Dargaud.

Dessinateur perfectionniste, donc lent, Gibrat aime se surprendre en changeant de sujet pour aborder des domaines où on ne l'attendait guère. En 1985, il accepte de faire vivre dans TÉLÉ-POCHE la chienne Zaza de Dany Saval et Michel Drucker ("L'Empire sous la mer").

Dix ans plus tard, il publie chez Albin Michel une version érotique de "Pinocchia", sur un scénario de Francis Leroi.

L'année suivante, avec Daniel Pecqueur, il mélange onirisme et fantastique dans "Marée basse" pour la collection "Long Courrier" de Dargaud.

Mais c'est dans la prestigieuse collection "Aire Libre" qu'il compose seul un chef-d'oeuvre de nostalgie rurale et de recomposition historique des années d'occupation telles que vécues dans la France profonde : "Le Sursis" emporte de multiples prix et un accueil enthousiaste des lecteurs. Son premier essai d'auteur complet est une réussite totale. Il sera suivi, en 2002, du magnifique "Vol du Corbeau".

Le festival BD de Saint-Malo,"Quai des bulles", a décerné son grand prix 2004 à Jean-Pierre Gibrat ("Le Sursis", "Le Vol du Corbeau").

Jean-Pierre Gibrat s'est vu remettre, le jeudi 26 janvier 2006, le Prix du dessin au Festival d'Angoulême pour le second tome du "Vol du corbeau". (Source : Dupuis)

 

L’histoire :

Aujourd'hui, Philippe fête son anniversaire. 53 ans, déjà. Sa maison est confortable, ses enfants sont grands, sa mère est bavarde, son nouveau vélo est magnifique. Une belle tranche de vie, dans la simplicité, l'honnêteté. Mais celui qui empoisonne le gâteau, c'est le patron de Philippe quand il lui annonce son licenciement. Victime collatérale de la mondialisation, Philippe coule à pic. Perd tout, même son toit. Mais cette plongée au coeur de lui-même va lui permettre d'ouvrir son regard sur les autres. Les gens honnêtes n'ont rien d'ordinaire.

Chronique de la tragi-comédie du quotidien, Les gens honnêtes marque la rencontre entre deux auteurs réunis par la tendresse qu'ils éprouvent pour leurs personnages. Jean-Pierre Gibrat, au scénario, et Christian Durieux, au dessin, savent faire vibrer à l'unisson la parcelle indicible de la création romanesque: son humanité.

 

Ce que j’ai aimé :

Les gens honnêtes est un récit optimiste, qui prouve que tout un chacun peut facilement et rapidement toucher le fond et remonter malgré tout vers la lumière en usant de ruse et d’intelligence. Avec des appuis indispensables tels que la famille et les amis, Philippe va rebondir de façon spectaculaire après son licenciement. Le chômage ne sera qu'une étape vers un épanouissement profond lui conférant une liberté bienvenue...

 Les personnages sont profondément humains tel que l’ami médecin de Philippe  qui accepte de l’héberger dans son petit studio avec le sourire, sans jamais se plaindre, et qui finalement va lui trouver la solution miracle pour l’aider à remonter la pente, mais aussi  l’ami libraire hédoniste amoureux du vin et des livres, en passant par les enfants de Philippe…

 gens-honnetes-3.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Oui c’est un peu facile quelquefois, oui un peu caricatural peut-être, mais cela reste tendre et c’est un petit album de fée qui fait du bien au moral !

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le vol du corbeau

Autre : les albums de Jean-Claude DENIS

 Les gens honnêtes, Gibrat, Durieux, Editions Dupuis, août 2008, 2 tomes, 18 euros le tome.

BD Mango bleu 

Partager cet article
Repost0

Magellan de Stefan ZWEIG

Publié le par Hélène

                                          magellan-stefan-zweig-9782246168058.gif

 ♥ ♥ ♥

 "La somme des obstacles qu'un homme surmonte en pareil cas donne toujours la mesure véritable, exacte, de l'oeuvre et de celui qui l'a accomplie." (p. 101) 

 

L’auteur :

 

Romancier, nouvelliste, dramaturge, Stefan Zweig est notamment l'auteur de Brûlant Secret (1911), Jérémie (1917), La Peur (1920), Amok et Lettre à une inconnue (1922), Volpone (1927), une biographie de Marie-Antoinette (1932), Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (1934), La Pitié dangereuse (1938) et Le joueur d'échecs publié après sa mort en 1943.
Né à Vienne, d'un père juif riche tisserand et d'une mère issue d'une famille de banquiers italiens, il étudie la philosophie et l'histoire de la littérature. Sa famille est croyante mais modérée.
Avant la première guerre mondiale il voyage beaucoup en Europe d'abord puis en Inde et aux États-Unis. Il s'engage dans l'armée autrichienne en 1914 mais reste un pacifiste convaincu. Durant la guerre il s'unit avec d'autres intellectuels, dont Romain Rolland dans un pacifisme actif. A la fin de la guerre, il prône l'unification de l'Europe face à la montée du nazisme en Allemagne.

Hormis Romain Rolland, il compte parmi ses amis, Sigmund Freud, Emile Verhaëren.
Sa vie est bouleversée par l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Dés les premières persécutions, il quitte l'Autriche pour l'Angleterre (Bath puis Londres).

En 1941, il part pour le Brésil et s'installe à Rio. Effondré par l'anéantissement de ses rêves pacifistes et humanistes d'union des peuples il se donne la mort. (Présentation : Babélio)

 

L’histoire :

 

C'est sur un paquebot trop confortable, en route pour l'Amérique du Sud, que Stefan Zweig eut l'idée de cette odyssée biographique. Il songea aux conditions épouvantables des voyages d'autrefois, au parfum de mort salée qui flottait sur les bougres et les héros, à leur solitude. Il songea à Magellan, qui entreprit, le 20 septembre 1519, à 39 ans, le premier voyage autour du monde. Un destin exceptionnel...Sept ans de campagne militaire en Inde n'avaient rapporté à Magellan le Portugais qu'indifférence dans sa patrie. Il convainc alors le roi d'Espagne, Charles-Quint, d'un projet fou ; " Il existe un passage conduisant de l'océan Atlantique à l'océan Indien. Donnez-moi une flotte et je vous le montrerai et je ferai le tour de la terre en allant de l'est à l'ouest " (C'était compter sans l'océan Pacifique, inconnu à l'époque..). magellan.jpgJalousies espagnoles, erreurs cartographiques, rivalités, mutineries, désertions de ses seconds pendant la traversée, froids polaires, faim et maladies, rien ne viendra à bout de la détermination de Magellan, qui trouvera à l'extrême sud du continent américain le détroit qui porte aujourd'hui son nom. Partie de Séville avec cinq cotres et 265 hommes, l'expédition reviendra trois ans plus tard, réduite à 18 hommes sur un raffiot. Epuisée, glorieuse. Sans Magellan qui trouva une mort absurde lors d'une rixe avec des sauvages aux Philippines, son exploit accompli. Dans ce formidable roman d'aventures, Zweig exalte la volonté héroïque de Magellan, qui prouve qu'" une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis et que toujours un homme, avec sa petite vie périssable, peut faire de ce qui a paru un rêve à des centaines de générations une réalité et une vérité impérissables ".(Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

 

Une vraie plume de talent pour rendre hommage à cet homme au destin extraordinaire...

magellan-tour-du-monde.png

Le talent de Stefan Zweig transforme la biographie en véritable roman d'aventure passionnant. Dessinant les enjeux sans s'enliser dans des considérations politiques trop abruptes aux néophytes, il dresse un portrait saississant de l'époque. Plus qu'un hommage à un navigateur, cette biographie est un hommage rendu à tous ceux qui, malgré des circonstances excessives et dangeureuses, ont oeuvré pour le progrès.

 

« Dans les grands faits de l’histoire, il y a toujours, parce qu’ils s’élèvent tellement au-dessus de la commune mesure, quelque chose d’incompréhensible ; mais ce n’est que grâce aux exploits incroyables qu’elle accomplit que l’humanité retrouve sa foi en soi. » (Préface)

 

"Mais ce n'est jamais l'utilité d'une action qui en fait la valeur morale. Seul enrichit l'humanité, d'une façon durable, celui qui en accroît les connaissances et en renforce la conscience créatrice. Sous ce rapport l'exploit de Magellan dépasse tous ceux de son époque. (...) L'exploit de Magellan a prouvé, une fois de plus, qu'une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis et que toujours un homme, avec sa petite vie périssable, peut faire de ce qui a paru un rêve à des centaines de générations une réalité et une vérité impérissables." (p. 267) 


Premières phrases :

 

« Au commencement étaient les épices. Du jour où les Romains, au cours de leurs expéditions et de leurs  guerres, ont goûté aux ingrédients brûlants ou stupéfiants, piquants ou enivrants de l’Orient, l’Occident ne veut plus, ne peut plus se passer « d’espiceries », de condiments indiens dans sa cuisine ou dans ses offices. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Marie-Antoinette 

Autre : Magellan de Christian Clot, Bastien Orenge et Thomas Verguet, bande dessinée chez Glénat.

 

D’autres avis :

 

Mimi 

  

Magellan, Stefan ZWEIG, Version française par Alzir Hella, Grasset, Les Cahiers rouges, février 2003, 280 p., 9.15 euros

 12 d'Ys 

 

Publié dans Biographies et cie

Partager cet article
Repost0

Une partie de campagne de Guy de MAUPASSANT

Publié le par Hélène

partie-de-campagne.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

 L’auteur :

 Né(e) à : Fécamp (France) , le 5 Août 1850

Mort(e) à : Paris (France) , le 6 Juillet 1893

Il passe une enfance heureuse à Etretat, au bord du littoral normand et reçoit son instruction d’un abbé et de sa mère, qui possède une vaste culture littéraire. Il passe le reste de son temps entre le port et la campagne, où il se lie avec les pêcheurs et les paysans des environs qui lui inspireront plus tard plusieurs personnages.

A l’âge de 12 ans, il est envoyé en pension au collège religieux d’Yvetot, qui sera à l’origine de son dégoût de la religion. Il intègre ensuite le lycée de Rouen en 1868. Il commence à écrire ses premiers sonnets à l'âge de treize ans.

Au sortir du collège, Maupassant est mobilisé pour la guerre de 1870 contre la Prusse. Il sert dans l’intendance à Rouen jusqu’à la débâcle de 1871. Il travaille ensuite à Paris comme fonctionnaire au Ministère de la Marine pendant près de 10 ans, puis au Ministère de l’Instruction publique. Il se consacre pleinement à l’écriture en 1880. C'est cette même année qu'il reçoit la reconnaissance du pblic. Il est introduit dans les milieux littéraires par Flaubert qui le considère comme son fils spirituel.

Dans les dernières années de sa vie, Maupassant, est atteint de troubles nerveux dus à la syphilis. Son aversion progressive pour la société, qui croît à mesure que sa paranoïa augmente, le conduit à vivre reclus. Dépressif, physiquement diminué et sombrant peu à peu dans la folie, il décède le 6 juillet 1893 à l’âge de 43 ans. (Source : Babélio)

 L’histoire :

 En 1860, M. Dufour, commerçant parisien, vient passer une « journée à la campagne » en famille. Il s’arrête pour déjeuner dans une auberge de Bezons (alors en Seine-et-Oise) sur les bords de Seine. Deux canotiers décident de séduire la mère, Pétronille, et sa fille, Henriette.

 Ce que j’ai aimé :

Une partie de campagne appartient aux contes de canotage qu’affectionne Guy de Maupassant lui-même amateur de canotage. L’auberge mentionnée dans ce conte est bien réelle : il s’agit de l’auberge du Poulain dans laquelle Maupassant allait régulièrement faire du canotage, passer la journée ou la nuit. Ces lieux sont des lieux de détente et de plaisir : bals populaires, promenades sur la Seine sont les acivités les plus prisées, mais ce sont aussi des lieux de rencontres, d’échanges. Ce conte nous plonge dans cette douce période champêtre :

 « Sous un petit hangar en bois étaient suspendues deux superbes yoles de canotiers, fines et travaillées comme des meubles de luxe. Elles reposaient côte à côte, pareilles à deux grandes filles minces, en leur longueur étroite et reluisante, et donnaient envie de filer sur l’eau par les belles soirées douces ou les claires matinées d’été, de raser les berges fleuries où des arbres entiers trempent leurs branches dans l’eau, où tremblote l’éternel frisson des roseaux et d’où s’envolent, comme des éclairs bleus, de rapides martins-pêcheurs. » (p. 20)

 Les personnages venus déjeuner à l'auberge et se reposer au bord de l'eau sont des bourgeois : Les Dufour et leur fille Henriette, accompagnée de son futur mari, jeune homme insipide aux cheveux jaunes. La nature est elle aussi un véritable personnage du conte : le fleuve est une masse qui nous emporte, l’eau dans sa profondeur dit la complexité de l’esprit humain, la terre et la végétation incitent à l’union charnelle. Cette partie de campagne est prétexte en effet à l’éveil amoureux des femmes : Henriette et sa mère vont succomber à la nécessité de l’instinct sexuel et  vont écouter la voix de la nature qui parle en chacun de nous. Et c’est aux côtés de deux jeunes gaillards propriétaires de yole que les deux femmes vont folâtrer bien loin des liens conjugaux...

 partie-de-campagne-2.jpg

 Le mariage bourgeois est en effet synonyme d’échec irrémédiable des destins humains pour Maupassant : Henriette va s’enfermer dans un mariage avec le garçon aux cheveux jaunes et vingt ans plus tard elle sera comme sa mère. Derrière l’illusion de l’unité, perce la solitude de chacun. Maupassant insiste sur le pathétique du destin : nous avons tous un futur mais avons-nous un avenir ? Le conflit entre le couple légitime et la passion amoureuse est inévitable, comme si l’un et l’autre s’excluaient.

 Un très beau conte pessimiste…

 Ce que j’ai moins aimé :

          Rien

 Premières phrases :

 « On avait projeté depuis cinq mois d’aller déjeuner aux environs de Paris, le jour de la fête de Mme Dufour, qui s’appelait Pétronille. Aussi, comme on avait attendu cette partie impatiemment, s’était-on levé de fort bonne heure ce matin-là. »

 Vous aimerez aussi :

Le film de Renoir

   De nombreuses éditions sont disponibles... 

Partager cet article
Repost0

Les Règles du jeu de Amor TOWLES

Publié le par Hélène

regles-du-jeu-2.jpg

♥ ♥ ♥

 « Efforce-toi de Conserver dans ta Poitrine cette petite Etincelle de feu céleste qu’on nomme Conscience. » (p. 504)

 

L’auteur :

AMOR TOWLES, diplômé d'une grande famille WASP du Mayflower, diplômé de Yale University, a fait une brillante carrière dans la finance. Son premier roman, « les Règles du jeu », publié chez Albin Michel, a connu un grand succès aux Etats-Unis. Il vient de recevoir à l'hôtel Belles Rives de Juan-les-Pins le prix Scott Fitzgerald.

 L’histoire :

 Véritable phénomène d'édition aux Etats-Unis, le premier roman d'Amor Towles est un vibrant hommage au New York flamboyant de la fin des années 30, où les hommes avaient la mélancolie des héros de Fitzgerald et les femmes l'esprit des héroïnes de George Cukor.

Dactylo dans un grand cabinet juridique de Wall Street, Katey Kontent dissimule soigneusement ses origines. Intelligence mordante, nerfs d'acier, ambition, cette fille d'immigrés russes de Brooklyn s'est fixé comme objectif de rejoindre un jour les cercles dorés de Manhattan. Et l'aristocratique et séduisant banquier Tinker Grey, rencontré un soir de réveillon, va indirectement lui en ouvrir les portes avant de disparaître. Plus tard, le hasard remettra Tinker sur le chemin d'une Katey qui n'ignore alors plus rien des impitoyables règles du jeu.

« Un premier roman époustouflant, une voix qui tient de Francis Scott Fitzgerald et de Truman Capote mais a su trouver son identité. » Publishers Weekly

 (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Les règles du jeu nous plonge dans cette atmosphère insouciante des années 30 entre frivolité et vivacité, les jeunes gens courent les bars et les boites de jazz, à la recherche d’un avenir brillant et ludique. Katey et son amie Eve emplissent leur vie de tourbillons de musique, de danse, d’alcool, entre deux journées moins amusantes passées à taper des textes sur leur machine à écrire dans des cabinets d’avocat.

 Mais si Katey n’est que dactylo, persuadée d’être la victime de ses origines sociales, elle apprendra à évoluer vers des sphères plus enrichissantes, poussée indirectement par la belle et fascinante Anne.

« A mon époque, les opportunités qui se présentaient à une jeune femme étaient plutôt limitées, si bien que le mieux était de se choisir un époux convenable le plus tôt possible. Par contre, aujourd’hui… » (p. 171)

 Les différences de classe et d’origine ne sont qu’apparences qui méritent d’être bousculées. Tant que l’on connaît les règles du jeu, tout devient alors possible, l’univers s’ouvre à ceux qui souhaitent le conquérir. Certains, comme Tinker refuseront ces règles qui l’aliènent et d’autres se faufileront dans le moule prévu pour eux.

 Le récit débute au jour de l’an de l’année 1938 et il s’achèvera un an plus tard offrant un condensé de vie et apportant un effet réaliste. Il nous offre en prime de belles réflexions sur la perte des illusions ou sur l’amitié :

  « Parfois, on a vraiment l’impression que c’est ce à quoi la vie nous destine. Après tout, elle n’est au fond qu’une centrifugeuse qui, tous les trois ou quatre ans, tourne sur elle-même en projetant les corps les plus proches dans des directions opposées. Et quand elle cesse de tourner, elle nous ensevelit sous une montagne de préoccupations nouvelles en nous donnant à peine le temps de reprendre notre souffle. Quand bien même nous voudrions revenir sur nos pas et ranimer les vieilles amitiés, comment en trouverions-nous le temps ? » (p. 481)

 Les références littéraires sont nombreuses, à Walden notamment, mais aussi à Agatha Christie, à Dickens. L’écriture fluide est efficace et entraîne le lecteur dans un tourbillon de lecture agréable...

  

Ce que j’ai moins aimé :

Il s'agit plus d'un roman divertissant que marquant. Ce qui n'est déjà pas si mal...

 

Premières phrases :

 « Le soir du 4 octobre 1966, Val et moi, tous deux dans la cinquantaine, assistâmes au vernissage de l’exposition Many Are Called au Museum of Modern Art, où l’on présentait pour la première fois les portraits pris par Walker evans à la fin des années 30 dans le métro new-yorkais avec un appareil photo dissimulé. »

 

D’autres avis :

Presse : L’express ; Télérama ; Le figaro ; Bibliobs ; Elle

Blogs : Cryssilda 

 

Les règles du jeu, Amor Towles, traduit de l’américain par Nathalie Cunnington, mars 2012, 507 p., 22.9 euros

Partager cet article
Repost0

En route pour le Goncourt de Jean-François KIERZKOWSKI et Mathieu EPHREM

Publié le par Hélène

                                  en-route-pour-le-goncourt.jpg

        ♥ ♥ ♥ ♥

« Gabriel Garcia Marquez raconte qu’il a trouvé l’inspiration pour « Cent ans de solitude » dans sa voiture sur la route des vacances. Le problème, c’est que j’ai pas de voiture… et si je pars en train, j’ai peur d’écrire un roman de gare. »

 

 Les auteurs :

Jean-François Kierzkowski écrit plutôt bien, pourtant aucun de ses romans publiés n'obtient le prix Goncourt. Avide de reconnaissance, l'auteur se rabat donc sur les mathématiques et tente de décrocher la médaille Fields. Après un travail acharné, il se retrouve à enseigner en collège. Déçu, il décide de revenir à l'écriture, puis il hésite, puis il réfléchit, puis il a faim alors il cuit des nouilles. Il les mange saupoudrées de parmesan. Une fois repu, il se dit bon d'accord, allez, c'est bon, ça va : je reviens à l'écriture.

Mathieu Ephrem aime dessiner les grands espaces, les scènes de batailles napoléoniennes, les foules bigarrées et, plus généralement, les hommes assis dans leur salon derrière un ordinateur. C'est donc tout naturellement qu'il s'enthousiasme pour ce projet. Tel un orfèvre, il compose ses cases une à une sans céder à la facilité du copié/collé et travaille au pinceau sur toiles de très grand format. Curieusement, Ephrem est pressenti cette année pour la médaille Fields. (Source : Editeur)

 

L’histoire :

Comment devient-on écrivain ? Le croirez-vous mais tout est là, à portée de main, devant vous, exposé dans les pages de ce livre à votre attention. Plongez dans le quotidien d'un créateur, véritable pétrisseur de matière littéraire, capable de donner vie à une oeuvre à la fois singulière et universelle. Dans un portrait sans fard ni concession, s'approchant au plus près des préoccupations du métier, Kierzkowski et Ephrem dévoilent ici pour la première fois dans toute sa complexité la réalité du travail d'auteur. Déjà unanimement considéré par la critique parisienne comme un ouvrage de référence, En route pour le Goncourt est au futur écrivain ce que fut autrefois le J'attends un enfant de Laurence Pernoud aux futurs parents ; le Guide du Routard de l'Ardèche aux vacanciers ayant réservé au camping de Vals-les-Bains la première quinzaine d'août ; ou encore Maman, j'arrive à dessiner avec les pieds et la bouche aux jeunes accidentés de la route.

 

Ce que j’ai aimé :

 Ce petit album est une petite perle croquant avec justesse et humour le monde des jeunes écrivains en herbe persuadés que leur vocation est toute tracée, descendue droit devant du ciel lui-même, alors que le ciel s'échine à ne leur apporter qu'une page blanche dénuée d'un quelconque talent... 

C'est tellement bien vu, drôle, original, désopilant, tendre et sombre à la fois. Une vraie merveille. 

    « J’ai lu que Paul Morand a dit : « Bien écrire, c’est le contraire d’écrire bien. » Ca ne m’avance pas beaucoup… Dans mon cas, il serait plus intéressant de savoir si moyennement écrire est le contraire d’écrire moyennement. »

  « Je ne suis pas le premier écrivain à avoir des soucis d’orthographe. On raconte que Hans Christian Andersen avait de sérieux problèmes en ce domaine. On a retrouvé plus de 2600 fautes dans son journal personnel écrit entre 1825 et 1839. Oui mais bon, c’était un Danois. Si ça se trouve, il avait seulement oublié de barrer tous ses O. »

  « Allô Mathieu ! Je t’appelle car aujourd’hui est un grand jour : je sors poster mon texte aux éditions Gallimard. Non… Bien sûr ! Je ne mise pas uniquement sur cette maison. Je ne suis pas fou… J’ai un minimum de lucidité. Comme je veux être publié, j’ai prévu une solution de secours. J’ai prévu une autre enveloppe pour les Editions de Minuit. »

  « Je m’emmêle un peu dans ces histoires de compte d’auteur et d’éditeur… Récapitulons. Je paye pour que mon roman soit publié. Ça, c’est sûr. Par contre, je ne sais plus si c’est à moi de payer les lecteurs pour qu’ils lisent mon livre… »

 en route pour le goncourt 2 Un pur régal...

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 D’autres avis :

 Lire  

 

En route pour le Goncourt, Jean-François Kierzkowski et Mathieu Ephrem, Editions Cornélius, 2011, 80 p. en noir et blanc, 11 euros

BD Mango bleu

Partager cet article
Repost0

Peste et choléra de Patrick DEVILLE

Publié le par Hélène

                                           peste-et-cholera.jpg

 

Prix fémina 2012 

 

L’auteur :

Grand voyageur, esprit cosmopolite, Patrick Deville, né en 1957, dirige la Maison des Écrivains Étrangers et Traducteurs (MEET) de Saint-Nazaire. Son œuvre a été traduite en dix langues. Rappelons ses derniers livres publiés au Seuil: sa trilogie Pura Vida (2004), Equatoria (2006), Kampuchéa (2011)

 

 L’histoire :

 Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené la vie la plus mouvementée. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s’installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l’occupation japonaise. Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur. (Présentation de l’éditeur)

 

 Mon avis  :

 Alexandre Yersin est un personnage en perpétuel mouvement, toujours prêt à tenter de nouvelles aventures. S’il est un scientifique, il a au fond de lui une âme d’aventurier, il rêve de découvrir des territoires, des peuples, tel Livingstone, et c’est un peu par hasard qu’il découvre le bacille de la peste. Homme curieux, éveillé, il parcourt le monde en découvrant avec des frissons son foisonnement infini.

 « Ne pas avoir découvert le bacille de la peste le condamnerait à mourir explorateur inconnu parmi les milliers d’explorateurs inconnus. Il suffit d’une piqûre au bout du doigt comme dans les contes de fées. Mais c’est toujours ainsi la vie romanesque et ridicule des hommes. Qu’on soigne la peste ou meure de la gangrène. » (p. 92)

 Je n’ai pas été sensible au style, ni réussi à m’attacher au destin de ce personnage. Peste et choléra est à mi-chemin entre le roman et la biographie et ravira sans doute davantage les amateurs de biographie.

 

Premières phrases :

 « La vieille main tavelée au pouce fendu écarte un voilage de pongé. Après la nuit d’insomnie, le vermeil de l’aube, la glorieuse cymbale. La chambre d’hôtel blanc neige et or pâle. Au loin la lumière à croisillons de la grande tour en fer derrière un peu de brume. En bas les arbres très verts du square Boucicaut. La ville est calme dans le printemps guerrier. Envahie par les réfugiés. Tous ceux-là qui pensaient que leur vie était de ne pas bouger. La vieille main lâche la crémone et saisit la poignée de la valise. Six étages plus bas, Yersin franchit le tambour de bois verni et de cuivre jaune. Un voiturier en habit referme sur lui la portière du taxi. Yersin ne fuit pas. Il n’a jamais fui. Ce vol, il l’a réservé des mois plus tôt dans une agence de Saigon. »

 

D’autres avis :

Presse : Télérama Le Figaro Le point

Blogs : Mimi Chroniques de la rentrée littéraire  Val 

 

Peste et choléra, Patrick Deville, Seuil, août 2012, 228 p., 18 euros

challenge rentrée littéraire 2012 

Partager cet article
Repost0

Cousu main de Carl HIAASEN

Publié le par Hélène

cousu main

♥ ♥ ♥ ♥ 

 "Ma vie peut se résumer comme ça : j'ai tué cinq hommes et j'ai épousé cinq femmes." (p. 254)

  

L’auteur :

 Carl Hiaasen est né en Floride, où il vit toujours avec sa famille. Depuis 1985, il tient une rubrique dans le Miami Herald, et a également écrit pour les magazines Time, Life et Esquire.

 

L’histoire :

 Ex-flic retiré dans sa case sur pilotis au large de Miami, Mick Stranahan a connu une existence mouvementée, quoique fort simple à résumer : cinq cadavres à son actif, cinq divorces à son passif. Aujourd’hui, il n’aspire plus qu’à couler des jours paisibles en compagnie de son barracuda. Quelqu’un, en revanche, semble avoir d’autres plans pour lui, si l’on en croit l’intrusion d’un homme armé dans sa cahute. Sans compter la fâcheuse tendance qu’a Chimio, ce colosse au visage grêlé, à vouloir contrarier sa sérénité. Reste à savoir quel cerveau commandite ces incessantes attaques manquées. La liste des ennemis de Stranahan est longue, à commencer par un certain chirurgien plastique dont les œuvres ne semblent pas franchement cousues main…

 

Ce que j’ai aimé :

 Les romans de Carl Hiaasen sont dotés d’un humour délirant, complétement décalé, de ces romans qui redonnent instantanément le moral et le goût de lire.

 Les personnages croisés sont tous aussi improbables les uns que les autres : Stranahan, enquêteur de choc, grand romantique qui tombe amoureux en une nuit et demande en mariage dès le premier matin, de préférence les barmaids, ce qui lui a déjà valu 5 mariages ;  Chimio, monstre de foire pourvu d’une taille-herbe très pratique et ergonomique au bout du bras ;  un chirurgien plus proche du boucher que de l’as du bistouri ; des mannequins doutant de la symétrie de leurs seins ;  un journaliste masochiste prêt à tout pour faire de l’audience ; Liza, barracuda féminine attirée par tout ce qui brille…

 L’enquête nous plonge en pleine opération de chirurgie esthétique, opération de précision sur laquelle le docteur Graveline va se casser le nez... Les répercussions seront fracassantes pour tous les protagonistes...

 Après cette lecture, vous ne regarderez plus vos petits défauts physiques du même œil…

 cousu-main-Barracuda-1.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Premières phrases :

 « Le 3 janvier, sous un ciel plombé et par grand vent, deux touristes, originaires de Covington, Tennessee, déambulaient sur la plage de Key Biscayne, ayant ôté leurs chaussures de marche. À hauteur de l’ancien phare du cap Floride, le jeune homme et sa fiancée s’installèrent sur le sable mouillé pour regarder l’océan se fracasser avec violence parmi les énormes rochers noirs de la pointe de l’île. L’air salé, chargé d’embruns, picotait les yeux du garçon. Après avoir repéré l’objet flottant, il mit un bon moment à distinguer ce dont il s’agissait.

– On dirait un gros poisson crevé, dit sa fiancée. Un marsouin peut-être.

– Ça m’étonnerait, répondit-il. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Queue de poisson

Autre : Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

 

  Cousu main, Carl Hiaasen, traduit de l’anglais (EU) par Yves Sarda, Editions des deux Terres, mai 2012, 528 p., semi poche 12.50 euros

Partager cet article
Repost0

Rêveurs de Alain BLOTTIERE

Publié le par Hélène

                                              reveurs.jpg

 ♥ ♥

 

 L’auteur :

Romancier, essayiste et auteur de récits de voyage, Alain Blottière partage sa vie entre la France et l'Égypte depuis 1985. Il a notamment publié aux Éditions Gallimard, Saad (Le Chemin, 1980), Le Point d'eau (Blanche, 1985), Le Tombeau de Tommy (Blanche 2009 et Folio 5203). (Présentation de l’éditeur)

 L’histoire :

Nathan est un lycéen français vivant dans une banlieue confortable, choyé par son père, aimé par une jolie Manon. Mais pris au piège entre l'ennui du quotidien et la peur de l'inconnu. Il se réfugie dans le monde virtuel de ses jeux vidéo et celui, plus dangereux, du jeu du foulard, du « rêve indien » : pour retrouver les visions qu'il aime, il s'étrangle, il se pend.

Goma est un enfant des rues du Caire. Il a grandi dans un quartier misérable et surpeuplé en compagnie d'autres gamins affamés, manquant de tout, brutalisés par la police. Pour survivre, il est ramasseur de cartons ou pousseur de balançoire. Il n'a qu'un rêve : partir. La chute de Moubarak, les manifestations de la place Tahrir, auxquelles il participe, lui donnent un temps l'espoir d'une vie meilleure.

Nathan et Goma ne se connaissent pas, vivent à trois mille kilomètres l'un de l'autre. Pourtant, avant même de se rencontrer, ils sont inséparables. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Nathan et Goma évoluent dans deux mondes très différents : Nathan vit en France au sein d’une famille aimante, il a une petite amie, des amis, seule lui manque sa mère, décédée dans un accident de voiture quand il était enfant. Goma vit en Egypte, rejeté par sa mère il est contraint de vivre dans la rue en ramassant des cartons, et il assiste plein d’espoir aux prémices de la révolution égyptienne lancé contre Moubarak. Et pourtant ces deux  êtres ont de nombreuses similitudes : tous deux flirtent avec la mort, Nathan pour échapper à un quotidien vide et retrouver la douceur de sa mère disparue, Goma parce qu’il est né dans ce pays en révolution.

Nathan cherche à s’échapper dans le virtuel par l’intermédiaire de ses jeux vidéo, ou du jeu du foulard pour connaître une intensité des sensations absentes de sa  vie quotidienne. Il s'échappe dans les rêves provoqués par la suffocation.

Goma participe à la révolution égyptienne plein d’espoir et regarde impuissant ses amis des rues mourir sous l’assaut des chars, sous les coups, la torture, tout en rêvant à un ailleurs idyllique moins violent, pour lui, la France.  Et même si la chute de Moubarak n’est que l’occasion pour les « hommes noirs » (l’armée)  de prendre le pouvoir, Goma n’oublie pas de croire à un monde meilleur.

L’écriture maîtrisée, ni trop pathétique, ni trop insensible, de Alain Blottière est un vrai plaisir. Il utilise un procédé original qui relie les deux êtres que tout sépare jusque dans la phrase :

« Goma, malgré les protestations de Ragab, a tenu à s’asseoir quelques minutes sur un apis, adossé à un pilier, pour savourer la paix après avoir fermé les yeux

            dans l’église et alors Nathan a vu l’image du cadavre fondre, perdre peu à peu ses contours et ses couleurs puis se diluer dans l’oubli des rêves. » (p. 23)

Ce destin croisé de deux adolescents est criant de vérité et d’intensité.

 

Ce que j’ai moins aimé :

   - Assez noir malgré tout.

 

Premières phrases :

« Un éclair et dans cette violente lumière de foudre une pluie de pétales rouges embaumés tombant sur le cadavre nu de son père, qu’il découvrait avec une extravagante jubilation, une bouffée de bonheur pur qui emplissait les poumons et se régénérait, l’éclair durant, au fur et à mesure qu’apparaissaient  des mouvements réflexes du mort encore chaud sous les roses, battements de paupières, tressaillements d’un auriculaire, sourire, enfin, s’éternisant au point qu’il comprenait que son père lui jouait un de ces tours idiots dont il avait le secret et qui, invariablement, même cette fois où il décevait en ressuscitant, déclenchaient un fou rire. »

 

Vous aimerez aussi :

Alaa EL ASWANY L’immeuble Yacoubian

 

Rêveurs, Alain Blottière, Gallimard, septembre 2012, 176 p., 15.90 euros

  challenge rentrée littéraire 2012

Partager cet article
Repost0

Le goût du chlore de Bastien VIVES

Publié le par Hélène

gout du chlore

Pour les amoureux de natation...

  

L’auteur :

 Fraîchement diplômé de l’école des Gobelins, Bastien Vivès, 23 ans, débute son parcours professionnel, notamment en mettant sur pied, avec quelques camarades de sa génération, un atelier de bandes dessinées en plein Paris. On le connaît aussi sur le web sous le nom de Bastien Chanmax.

"Polina" a été lauréat du Prix des Libraires BD 2011 ,et du Grand prix de la critique BD 2012. (Source : Babélio)

L’histoire :

"- Tu t'es déjà posé cette question, pour quelles choses tu es prête à mourir ou celles que tu ne lâcheras jamais ?
-...
- Dis moi.
- je réfléchis. "
Le Goût du Chlore c'est un peu acre. Ça débouche le nez et irrite les bronches. Ça laisse comme un arrière-goût au fond de la gorge quand on a trop bu la tasse. C'est la rencontre entre un jeune homme et une jeune fille. Lui, sur les conseils de son kiné, s'entraîne au dos crawlé pour soigner sa scoliose. Elle, ancienne championne de natation, lui apprend à mieux nager. Ce sont des jeux d'enfants qui deviennent grands.
Finalement, malgré les progrès accomplis, elle attendra qu'il soit sous l'eau pour lui avouer. Avouer quoi ? Il n'a pas compris. Elle reviendra pour lui dire de vive voix. Mais garde à lui de ne pas se noyer ! Loin des clichés de sorties de lycée aux petit durs dragueurs et aux filles émerveillées, dans le Goût du Chlore, c'est lui qui n'ose pas et c'est elle qui d'une manière ou d'une autre va l'aider à sortir de l'eau, à trouver le tempo de sa propre respiration. (Présentation de l’éditeur)

 

 Mon avis :

Il nage, il nage, elle nage, ils nagent tous les deux, il nage seul…

 gout-du-chlore-1.jpg

Et ?

 Et c’est tout.

 Ils nagent.

 gout-du-chlore-2.jpg

  Alors oui quelquefois, ils se parlent -de natation-, ils s’attendent, ils se guettent, ils se quittent, ils coulent...

  gout-du-chlore-3.jpg

  gout-du-chlore-4.jpg

  Comme je n'ai pas une âme amphibie, mon intérêt s'est noyé rapidement... Et encore, je ne vous parle pas de la fin qui part en queue de poisson…

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Polina de Bastien VIVES

 

D’autres avis :

 Mango ; Mo ; Kathel ; Canel 

 

Le goût du chlore, Bastien VIVES, casterman, mai 2008, 144 p., 16 euros

BD Mango bleu 

Partager cet article
Repost0