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Hopper, Ombre et lumière du mythe américain de Didier OTTINGER

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 « Ce que je voulais faire, dit Hopper, c’était peindre la lumière du soleil sur le côté d’une maison. » 

L’auteur :

 Conservateur, commissaire d'exposition et critique d'art français. 

 

Quatrième de couverture :

 Nighthawks, New York Movie, Gas, House by the Railroad, les images d'Edward Hopper incarnent nos mythologies américaines. À l'instar des scènes les plus mémorables du cinéma d'Hollywood, nous avons fini par croire à leur vérité, sans jamais cependant oublier qu'elles sont taillées dans l'étoffe des rêves. L'art d'Edward Hopper s'enracine dans le naturalisme des peintres de l'Ash Can School ; il se développe pendant les années 1920 et 1930, dans un contexte soucieux d'identité nationale, qui referme sur lui le piège étroit du réalisme.

Didier Ottinger analyse cette œuvre qui présente de singulières affinités avec le surréalisme le plus fondamental, se rapproche des précurseurs d'un art conceptuel, expose des scènes apparemment banales et réalistes mais qui retrouvent l'intimisme de Vermeer, la spiritualité de Rembrandt, la théâtralité de Watteau ou de Degas.

 

Mon avis :

Une belle introduction au travail d’Edward Hopper.

 S’attachant davantage au peintre qu’à l’homme, Didier Ottinger le confronte avec les autres mouvements artistiques de son siècle, le rapprochant pour mieux l’éloigner.  

 « Ottinger montre comment loin des images d'énergie, de dynamisme, et d'architecture verticale souvent associées à l'Amérique du XXe siècle, Hopper compose des atmosphères de solitude, de méditation, "de villes figées dans les formes immobiles d'un âge d'or antérieur à la mutation industrielle des Etats-Unis". » (AFP)

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 Il nous raconte son chemin de l’illustration aux galeries de peinture. En filigrane une peinture de l’homme s’ébauche, tel ce Pierrot triste nostalgique de ces années parisiennes.

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 « « La vie privée », la possibilité ou la nostalgie de la solitude et du recueillement sont bien les sujets permanents de l’œuvre d’Edward Hopper. Dans un cadre urbain tentaculaire, dans une architecture domestique ouverte aux quatre vents, il ne reste aux « résistants » de ses tableaux que l’espoir ou la consolation de la chaleur solaire, vecteur symbolique de la plénitude des sensations et de la vie de l’esprit. » (p. 95)

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 Un petit livre écrit pour découvrir un grand peintre...

 

Vous aimerez aussi :

L’arrière-saison de Philippe BESSON

  

Hopper, Ombre et lumière du mythe américain de Didier OTTINGER, Découvertes Gallimard, Coédition Gallimard/Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais

septembre 2012, 128 p.,  13.60 euros

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Madame Bovary de Gustave FLAUBERT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 D'origine bourgeoise (père médecin), il a une enfance peu heureuse car délaissé par ses parents qui lui préfère son frère aîné. Il est néanmoins très proche de sa soeur cadette.

Il fait sa scolarité au lycée de Rouen. Renvoyé, il passe seul son bac en 1840.
Dispensé de service militaire il commence des études de droit à Paris en 1841. Il abandonne en 1844 à cause de ses crises d'épilepsie. En 1846, sa soeur meurt et il prend en charge sa fille âgée de 2 mois.

Il poursuit ses tentatives littéraires et aboutit en 1851 au début de la rédaction de Madame Bovary qui parait en 1856. Le livre fera l'objet d'un procès pour outrage aux bonnes moeurs. Flaubert sera acquitté.

Durant ces années, il fréquente les salons parisiens. Il y rencontre entre autre Georges Sand.
En 1858, il entreprend un voyage en Tunisie afin de se documenter pour Salaambô.
En 1866, il reçoit la légion d'honneur.

Ses dernières années sont sombres : ses amis disparaissent et il est assailli par les difficultés financières et par des problèmes de santé. Il meurt subitement d'une hémorragie cérébrale. Il est enterré au cimetière de Rouen.

 

L’histoire :

Une jeune femme romanesque qui s'était construit un monde romantiquement rêvé tente d'échapper - dans un vertige grandissant - à l'ennui de sa province, la médiocrité de son mariage et la platitude de sa vie. Mais quand Flaubert publie Madame Bovary, en 1857, toute la nouveauté du roman réside dans le contraste entre un art si hautement accompli et la peinture d'un univers si ordinaire. L'écriture transfigure la vie, mais s'y adapte si étroitement qu'elle la fait naître sous nos yeux.

 « Ce n'était plus du roman comme l'avaient fait les plus grands », dira Maupassant : « C'était la vie elle-même apparue. On eût dit que les personnages se dressaient sous les yeux en tournant les pages, que les paysages se déroulaient avec leurs tristesses et leur gaieté, leurs odeurs, leur charme, que les objets aussi surgissaient devant le lecteur à mesure que les évoquait une puissance invisible, cachée on ne sait où. » (Source : Le livre de poche)

madame bovary hirondelle

  L'hirondelle de Yonville

 

Mon avis :

Gustave Flaubert a voulu dans ce roman montrer une vie où il ne se passe rien au travers le point de vue d'un personnage :  montrer les idées, les sentiments, l'enchaînement du psychologique et l'évolution des différentes psychologies. 

 Pour ce faire, il choisit comme personnage principal éponyme Emma Bovary, jeune femme épris de romantisme car influencée par ses nombreuses lectures :

  « Elle aurait voulu vivre dans quelque vieux manoir, comme ces châtelaines au long corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir. » (p. 71)

  « Elle n’aimait la mer qu’à cause de ses tempêtes, et la verdure seulement lorsqu’elle était clairsemée parmi les ruines. Il fallait qu’elle pût retirer des choses une sorte de profit personnel ; et elle rejetait comme inutile tout ce qui ne contribuait pas à la consommation immédiate de son cœur, - étant de tempérament plus sentimentale qu’artiste, cherchant des émotions et non des paysages. » (p. 70)

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 « Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol et qui pousse mal tout autre part. Que ne pouvait-elle s’accouder sur le balcon des chalets suisses ou enfermer sa tristesse dans un cottage écossais, avec un mari vêtu d’un habit de velours noir à longues basque, et qui porte des bottes molles, un chapeau pointu et les manchettes ! » (p. 74)  

 Mais la pesanteur existencielle provoque irrémédiablement une chute après l'envol du regard d'Emma :

« Mais l’anxiété d’un état nouveau, ou peut-être l’irritation causée par la présence de cet homme, avait suffi à lui faire croire qu’elle possédait enfin cette passion merveilleuse qui jusqu’alors s’était tenue comme un grand oiseau au plumage rose planant dans la splendeur des ciels poétiques ; -  et elle ne pouvait s’imaginer à présent que ce calme où elle vivait fût le bonheur qu’elle avait rêvé. » (p. 73)

   « Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. » (p. 78)

 « D’où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s’appuyait ? … Mais, s’il y avait quelque part un être fort et beau, une nature valeureuse, pleine à la fois d’exaltation et de raffinements, un cœur de poète sous une forme d’ange, lyre aux cordes d’airain, sonnant vers le ciel des épitaphes élégiaques, pourquoi, par hasard, ne le trouverait-elle pas ? oh ! quelle impossibilité ! Rien, d’ailleurs, ne valait la peine d’une recherche ; tout mentait ! Chaque sourire cachait  un bâillement d’ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur la lèvre qu’une irréalisable envie d’une volupté plus haute. » (p. 319)

« Avant qu’elle se mariât, elle avait cru avoir de l’amour ; mais le bonheur qui aurait dû résulter de cet amour n’étant pas venu, il fallait qu’elle se fût trompée, songeait-elle. Et Emma cherchait à savoir ce que l’on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d’ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres. » (p. 68)

 Charles lui-même, son mari, est prisonnier d’une image, comme elle-même et comme les autres : Emma est emprisonnée dans toutes ces identités opaque : pour Léon, elle est une « dame », pour Rodolphe, une petite femme élégante de province proie facile pour ce séducteur patenté.  

 La multiplication des voix, des points de vue permet d'épouser l'intériorité de ces personnages et d'offrir une description pointue de cet univers provincial et de ce destin tragique.

 Madame Bovary est un magnifique portrait de femme, servi par un style irréprochable, un classique à relire encore et toujours...  

 

Premières phrases :

« Nous étions à l’Etude, quand le Proviseur entra, suivi d’une nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon  de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Salammbô

 

Madame Bovary, Gustave Flaubert, Folio, 5.30 euros 

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Livres drôles

Publié le par Hélène

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En cette fin d'année aux allures apocalyptiques,

 

vous êtes nombreux à réclamer des livres qui ne soient pas moroses.

 

Kathel propose une sélection :

 

Conseils de lecture humour  

 

Vous pouvez également puiser ici :

 

 Challenge Rire et Humour. Principe et Récapitulatif des billets.

 

Thèmes

 

 Dans les idées cadeaux :

 

Un livre pour donner envie de gaieté ?

  

La conquête du monde, Sybille Grimbert (Carole Fives)

Les albums de la BD Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (la série compte 6 tomes) ; Cabine commune de Delphine Bertholon (Sophie Adriansen) 

Budapest de Chico Buarque (Pierre Frémaux)

 

« Le vin pour les Nuls ». (Dominique Sylvain)

 

Un livre pour donner envie de rire :

 

Kenneth Cook sans hésitation. A mourir de rire avec le Koala tueur. (Loo)

  S'il n'y avait qu'un seul nom ce serait Donald Westlake, avec soit le génial "Aztèques dansants", soit "Pierre qui roule" le premier de la série John Dortmunder (rivages). Mais il faudrait ajouter absolument le grand classique "fantasia chez les ploucs" de Charles Williams (folio), et quelques autres déjantés américains, Christopher Moore et son "Blues de coyote" (folio), les polars écolos hilarants de Carl Hiaasen (à commencer par "Miami park") ... En Europe le conseillerai Andrea Camilleri et son commissaire Montalbano, de plus en plus drôle, et un auteur français qui ne publie plus en ce moment, et c'est bien dommage, le marseillais Philippe Carrese, au hasard "les veuves gigognes" (fleuve noir)

Terry Pratchett et ses Annales du Disque Monde et son chef-d’œuvre écrit à quatre mains avec Neil Gaiman : De bons présages.(Jean-Marc Laherrère)

La grosse femme d’à côté, Michel TREMBLAY (Marie-Anne Lacoma) 

Les Dingodossiers par René GOSCINNY et Marcel GOTLIB, aux éditions Dargaud.

Il n’est jamais évident de proposer une référence de l’humour. On pleure plus facilement des meples choses que l’on en rit. Pour ma part, ma référence, ce sont les Dingodossiers de Goscinny et Gotlib. Des gags en deux planches maximum, pleine de non-sens, frappant par la justesse du regard sur les travers de notre société d’il y a trente ans. (Yaneck)

 

L’histoire de Pi de Yann Martel (Aliette Armel)

 

« Aztèques dansants » de Donald Westlake. (Dominique Sylvain)

 

L'humour est souvent une idée personnelle... Bon, disons Wodehouse, mais ça peut ne pas passer... (Keisha)

 

Ma famille et autres animaux de Gérald DURRELL   (Hélène)

 

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Le temps où nous chantions de Richard POWERS

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

  L’auteur :

 Adolescent fasciné par les sciences, Richard Powers étudie la physique à l'Université de l'Illinois. Vite rattrapé par le virus de la littérature, il obtient un diplôme dans ce domaine en 1979, avant de travailler à Boston en tant que programmateur informatique. Il y fait la connaissance d'un photographe au musée des Beaux-Arts, rencontre artistique le marquant si profondément qu'il abandonne son emploi afin d'écrire son premier roman, Trois fermiers s'en vont au bal , publié en 1985.

Il déménage ensuite aux Pays-Bas, où il écrit Prisoner's Dilemma, puis The Gold Bug Variations, oeuvre alliant la génétique, la musique et l'informatique. Operation Wandering Soul est rédigé durant un séjour d'un an à l'université de Cambridge, avant son retour en Illinois. Ecrivain reconnu, il publie alors Galatea 2.2 en 1995, relatant les déviations d'une intelligence artificielle, et Gain en 1998, l'évolution parallèle d'une fabrique de produits chimiques et de la vie déclinante d'une femme atteinte d'un cancer.
Plowing the Dark, sorti en 2000, est construit sur le même modèle, abordant le concept de réalité virtuelle. En janvier 2003 est publié. Richard Powers poursuit son travail d'exploration quant aux effets de la science moderne sur les vies humaines, à travers ses romans. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

En 1939, lors d'un concert de Marian Anderson, David Strom, un physicien juif allemand émigré aux États-Unis pour fuir les persécutions nazies, rencontre une jeune femme noire, Delia Daley.

Ils se marient et élèvent leurs trois enfants dans le culte exclusif de la musique, de l'art, de la science et de l'amour universel, préférant ignorer la violence du monde autour d'eux.
Cette éducation va avoir des conséquences diverses sur les trois enfants. Jonah devient un ténor de renommée mondiale, Ruth va rejeter les valeurs de sa famille pour adhérer au mouvement de Black Panthers, leur frère Joseph tentera de garder le cap entre l'aveuglement des uns et le débordement des autres, afin de préserver l'unité de sa famille en dépit des aléas de l'histoire.

Avec des personnages d'une humanité rare, Richard Powers couvre dans cet éblouissant roman polyphonique un demi-siècle d'histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique. Le Temps où nous chantions a été élu meilleur livre de l'année par The NewYork Times et The Washington Post. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

"Je travaillais sur mon premier roman, Trois fermiers s'en vont au bal*, raconte Richard Powers, lorsque j'ai découvert un document décrivant le concert que donna Marian Anderson à Washington en 1939. Ce nom est sans doute peu connu des Français mais c'est un symbole de l'histoire américaine." Ce jour-là, une Africaine de Philadelphie dont la voix fascinait les plus blasés monta sur scène à l'initiative d'Eleonore Roosevelt, la première dame des Etats-Unis, et colla aux Blancs et aux Noirs venus, en pleine ségrégation, assister à ce concert en plein air, le même indéfinissable frisson. "Ce jour-là, poursuit Powers, lorsque cette femme noire se mit à chanter les lieder de Schubert, toute l'Amérique, même la plus sauvage, se rendit compte que quelque chose ne tournait pas rond dans le pays." Ce jour-là, un émigré juif blanc tout juste arrivé d'Allemagne où il fuyait le nazisme rencontra une jeune Noire mélomane ; le roman de Richard Powers pouvait débuter. (Source L’express)

 Roman foisonnant, intelligent  et complet, Le temps où nous chantions compose une symphonie littéraire autour de cet évènement marquant les années de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Il nous plonge au coeur d'une famille dans laquelle se fondent les nationalités : le père est un physicien juif allemand immigré, la mère une chanteuse noire américaine, si bien que parmi les enfants métis pas un n'aura la même couleur que l'autre.

 "L'identité américaine passe par la couleur de la peau, précise Richard Powers. United we stand, proclame l'Amérique. Mais c'est une illusion! La réalité est que l'Amérique est une nation qui n'a jamais été unie. Le racisme est la question centrale de ce pays. Depuis la fin de la ségrégation, le fossé qui séparait les Noirs des Blancs s'est déplacé, mais il existe toujours. Le sort des métis est le moins enviable qui soit." (Richard Powers)

Leur père tente de les guider dans leur quête d'identité :  « à vous de défendre vos propres couleurs. » (p. 39) La musique va se placer au coeur de leur vie et leur permettre de transcender leurs origines, comme un écho à la première rencontre des deux parents. Jonah deviendra un grand ténor, accompagné au piano par son frère Joseph, quant à Ruth, elle choisira un tout autre chemin en rejoignant le mouvement des Black Panthers.  

 L'histoire de cette famille est passionnante et permet de balayer un demi-siècle de l'histoire américaine dans sa lutte pour l'intégration, en passant par le supplice et la mort du jeune Emmett Till, tué pour avoir siffler une femme blanche, la marche de Martin Luther King et son discours, les Black Panthers...   

Un roman symphonique époustouflant élu meilleur livre de l'année par le Washington Post et le New York Times.  

 « On sort de ce fleuve ému, bouleversé et admiratif : sans jamais écrire un roman politique, ni polémique, Richard Powers a décrit, à voix feutrée, l'échec définitif d'un idéal. »

Christophe Mercier, Le Figaro littéraire

 Ce que j’ai moins aimé :

 Ce roman est réellement un pavé, prévoyez du temps devant vous…

 

Premières phrases :

 « Quelque part dans une salle vide, mon frère continue de chanter. Sa voix ne s’est pas encore estompée. Pas complètement. Les salles où il a chanté en conservent encore l’écho, les murs en retiennent le son, dans l’attente d’un futur phonographe capable de les restituer. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La chambre des échos

Autre : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

D’autres avis :

 Lire

 Théoma ; Kathel ; Keisha ; Luocine  

 

Le temps où nous chantions, Richard POWERS, traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard, Le Cherche Midi – mars 2006 – 765 pages

POCHE : Le temps où nous chantions, Richard POWERS, traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard, 10/18, avril 2008, 1045 p., 11.10 euros

 

12 d'Ys

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Le papillon et la lumière de Patrick CHAMOISEAU

Publié le par Hélène

      

 ♥ ♥ ♥

 « C’est cela la vraie définition du courage : ne pas renoncer à vivre ce qu’on est de la manière la plus élevée, à être tout ce qu’on est de la manière la plus décente. » (p. 89)

  

L’auteur :

 Écrivain majeur de la littérature française contemporaine, prix Goncourt 1992 pour Texaco, Patrick Chamoiseau est l'auteur d'une vingtaine d’ouvrages dont Chronique des sept misères ( 1986) ou encore Les neuf consciences du Malfini (2009). (Présentation de l’éditeur)

 L’histoire :

« C'est une soirée très ordinaire, dans un coin de la ville. Les papillons sont là. Ils tourbillonnent autour des lampadaires. Comme la lune est absente, les ampoules électriques s'emparent de l’idée de lumière : ils apparaissent alors mille fois plus fascinants. Les papillons s’en exaltent, s’en approchent, et en reviennent parfois. Le plus souvent, ils s’y brûlent les ailes. L’hécatombe est massive. Des centaines de dépouilles gisent au pied des pylônes.

Les survivants tourbillonnent encore autour des lampadaires, mais ils ont les ailes plus ou moins estropiées. Rares sont ceux qui n’arborent pas quelque chose d’abîmé. Pour les papillons de nuit, l’aile délabrée est l’emblème du courage : le signe d’un début d’expérience du grand secret de la lumière. »

Un jeune papillon se tient à l’écart des réverbères et préserve sa vie. Mais il sent bien qu’une expérience fondamentale lui échappe. Il s’en ouvre à un vieux papillon, lui aussi aux ailes intactes. Ce dernier n’en est pas forcément plus heureux et semble éluder ses questions, avant de l’entraîner dans un voyage initiatique à travers la ville, dans la nuit d’abord, puis au lever du jour vers le soleil.

Ce conte philosophique, délicatement illustré par les dessins à l’encre de Chine d’Ianna Andréadis, mène le jeune papillon (et le lecteur avec lui) vers la résolution de la lancinante énigme de toute existence : quel est le sens d’une vie où l’on ne se met pas en danger ? (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Accompagner le vol de ces papillons de nuit permet d'accéder à un monde spirituel dense, riche en questionnements philosophiques incessants. Le jeune papillon ne veut pas se contenter de vivre comme les autres et risquer de se brûler les ailes aux lumières artificielles si attirantes, il préfère comprendre, réfléchir et non pas subir. Dans sa quête de la vérité, le vieux papillon va le guider, non pas en lui offrant des réponses formatées, mais en le menant vers sa propre vérité, vers son être unique et irremplaçable, vers ce qu’il est réellement. Il va le faire accoucher de lui-même comme Socrate avec ses disciples.  Et peut-être qu’alors, il pourra frôler du bout des ailes la beauté… 

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Patrick Chamoiseau nous offre un récit original au charme indéniable, un récit nourri d’aphorismes qui pourront mener le lecteur à son tour vers sa propre lumière… 

  « Je n’attends rien ni personne. C’est pourquoi je ne suis jamais surpris de ce qui arrive. (…) Attendre quelque chose, s’attendre à quelque chose, soupire le vieux, n’est-ce pas fermer la porte à tout ce que l’on n’attend pas : à tous les autres possibles ? » (p. 22)

 « Les croyances sont des petites traces de fortune qui permettent de conjurer l’abîme et de se donner l’impression d’avancer… » (p.24)

 « La vieillesse est le lieu de l’ultime connaissance. (…) c’est elle qui permet de de donner du sens à ce que l’on a réussi, mais aussi et surtout à tout ce que l’on a raté, tout ce que l’on a jusqu’alors été incapable d’oser, de tenter ou bien d’imaginer. C’est donc le seul moyen de vivre non pas longtemps mais…complètement. » (p. 48)

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Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 

Premières phrases :

« Chaque nuit, dans les villes, sur les routes, ensorcelés par les lumières artificielles, des millions d’insectes s’écrasent contre les ampoules brûlantes.

Parmi eux, les papillons de nuit. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Texaco

Autre : Le poids du papillon de Erri DE LUCA

  

Le papillon et la lumière, Patrick Chamoiseau, Illustrations de Ianna Andreadis, Philippe Rey éditeur, 109 p., 15.50 euros

Publié dans Littérature Antilles

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Mauvaises fréquentations de Marcia CLARK

Publié le par Hélène

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 L’auteur :

Procureur du procès O.J. Simpson, Marcia Clark est une star aux Etats-Unis. Avec Mauvaises fréquentations et son héroïne Rachel Knight, de son propre aveu son « double, en mieux ! », elle a fait une entrée remarquée sur la scène du suspense.

 L’histoire :

Intelligente, pugnace, efficace, Rachel Knight, malgré sa jeunesse, a été nommée procureur dans une division d’élite de Los Angeles. Après le meurtre de son collègue et ami Jack et d’un adolescent dans un motel sordide, elle hérite de l’affaire délicate sur laquelle il travaillait avant sa mort : le viol d’une jeune fille de la haute société. Et si les deux affaires étaient liées ? Rachel, qui ne peut s’empêcher de croire que Jack a été victime d’un coup monté, se retrouve prise dans une spirale de violence menaçant d’anéantir sa carrière et bientôt sa vie. Procureur célèbre aux U.S.A., Marcia Clarke connait comme personne les arcanes des prétoires et des commissariats de Los Angeles. Mêlant un sens inné du suspense et de l’action à un humour décapant, elle signe un premier thriller remarquable, les débuts en fanfare d’une héroïne qui lui ressemble et dont on n’a pas fini d’entendre parler : Rachel Knight.

« Un début triomphal. Les lecteurs vont attendre avec impatience les nouvelles enquêtes de Rachel Knight. » Publishers Weekly

« L’intrigue de Marcia Clark est forte et prenante, mais ce sont ses personnages déjanté qui font de ce premier thriller un vrai bonheur. » People

 Ce que j’ai aimé :

L’ intrigue est correcte, elle pousse à aller au bout des pages –et c’est la seule motivation, croyez-moi…

 Ce que j’ai moins aimé :

Je n’ai pas aimé le côté fille, à savoir cette gourde de procureure qui a des pensées très profondes soit :

 a.      Sa tenue ou celle de ses copines :

« Comme à son habitude, Bailey était l’élégance même ; un trench de couleur fauve et un col roulé blanc cassé qui s’accordaient parfaitement à sa peau claire et à ses cheveux blonds et courts. Un pantalon droit moulant lui irait toujours mieux avec sa minceur et son mètre soixante-quinze qu’à moi qui culminait à un mètre soixante-huit. Je me consolai une fois de plus en me disant que je pouvais compenser en mettant des chaussures à talons plus hauts. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était une solution. » (p. 51)

 b.      Ses repas et son régime :

« Nous entrechoquâmes nos couverts en argent, brisâmes la croûte brune et croustillante et savourâmes la première bouchée. Je trouvais l’appareil ferme mais crémeux, sucré mais pas trop. Nous ne rompîmes pas le silence avant d’avoir raclé le fond du ramequin. » (p. 224)

 c.       Ses restos et bars préférés

Le Church and state «  nouveau restaurant plutôt sympa situé dans le vieux quartier des abattoirs. »

Le Oolong café où « la nourriture se révélait étonnamment bonne et le service, rapide. » (p. 97)

Engine Co N°28 qui « demeurait un restaurant assez couru. » (p. 99)

El Chavo « Ce petit restau intime servait la meilleure cuisine mexicaine et les meilleures margaritas en dehors de Baja. » (p. 116)

  Charlie O’s « C’était un petit bar de jazz, chaleureux, l’un de nos QG préférés. » (p. 140)

PDC « vieux wagon-restaurant transformé en restaurant intime, époque Frank Sinatra ou Dean Martin, Le Pacific Dining car servait des homards et des pièces de viande à tomber et possédait l’une des meilleures caves de la ville. » (p. 180) Canters-deli.jpg

  Le Cover « bistro, style speakeasy qui se cachait derrière une porte anonyme au fond d’un diner construit dans les années trente, un véritable monument historique. Lumière tamisée, calme, et ouvert plutôt récemment (…) » (p. 218)

  Le Canter’s  « la popularité de ce deli avait connu des hauts et des bas, mais il servait toujours de bons petits plats. AU diable la diététique : je commanderai un bagel, saumon fumé, fromage balcn et câpres et Bailey, du poisson fumé sur un petit pain viennois. » (p. 284)

 Non, nous ne sommes pas dans un guide gastronomique - et pourtant ces restaurants existent bel et bien - mais non, la quatrième de couverture nous précise que nous sommes dans un « roman mêlant un sens inné du suspense –quel restaurant va-t-elle choisir – et de l’action –en voiture !- à un humour décapant »« Un petit coup ? demandai-je. –Voire plusieurs » répondit-elle. » (p. 71) –ah ah ah…-

 d.      Ses copines (avec qui elle écluse les bars enchaînant repas succulents et boissons alcoolisées) :

 Bailey but une nouvelle gorgée. Ses scampi m’avaient fait saliver ; j’en voulais encore. Incapable de résister, je levai ma fourchette et visai un autre morceau de crevette. Mais Bailey prouva qu’une amitié comme la nôtre connaissait des limites. Elle écarta son assiette pour la protéger de mes ardeurs.

A contrecœur, j’éloignai ma fourchette et me concentrai sur ma salade. Je fixai une rondelle d’œuf dur. Je fis semblant de la trouver délicieuse. » (p.  82)

 Dur-dur la vie de procureure…

 e.      Les beaux gosses

« « Il est intéressé.

-          Qui ? Et par quoi ?

-          Toi. Tu n’as pas remarqué ? »

Je ne savais absolument pas de quoi elle voulait parler.

« Qui ? répétai-je.

-          Graden. Le lieutenant. Tu l’intéresses.

-          Merde. Franchement, Toni », répliquai-je sur un ton agressif » (p. 40)

Citation qui vous permet d’ailleurs d’apprécier la qualité des dialogues…

 Alors je vais vous dire, contrairement à ce que dit la quatrième de couverture, je ne vais pas attendre avec impatience les nouvelles enquêtes de cette chère Rachel…


Premières phrases :

 «  Il referma le clapet de son portable d’un coup sec et le glissa dans la poche de son jean moulant. Il venait d’assembler la dernière  pièce du puzzle : ça ne serait plus long maintenant. Mais l’attente se révélait insupportable. »

 

Vous aimerez aussi :

Si vous avez aimé ce roman, n’importe quel roman policier fera l’affaire… Je vous conseille néanmoins, si vous avez aimé cette chère Rachel, les romans de Janet Evanovitch, bien plus fins et drôles…

 D’autres avis :

Babélio 

 

Mauvaises fréquentations, Marcia Clark, traduit de l’anglais (EU) par Guillaume Marlière, Albin Michel, octobre 2012, 20.90 euros

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La grotte de Petit Ours de Martin WADDELL et Barbara FIRTH

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

  

Les auteurs :

 Martin Waddell est né en 1941 en Irlande. Tout jeune, il voulait être footballeur. Il a quitté l'école à 15 ans et a pratiqué différents métiers, l'édition, la brocante, standardiste d'une compagnie de taxis, libraire. Aujourd'hui, il se consacre à l'écriture de livres sur ce sujet et à des conférences sur la littérature de jeunesse. Il a reçu de nombreux prix. Sous le pseudonyme de Catherine Sefton, il a écrit des romans pour les adolescents (voir à ce nom). Ses histoires pour les petits sont de grands succès, notamment "Tu ne dors pas, Petit Ours?", plein de charme et de tendresse. Il vit en Irlande avec sa femme et ses fils, un chien et un chat.

 Barbara Firth est née dans le Cheshire (Grande-Bretagne) en 1928. Quand elle eut douze ans, sa famille déménagea dans un cottage au bord du canal de Peak Forest. Elle passait son temps à observer et à dessiner les plantes et les animaux qui entouraient sa maison. Elle réussit plus tard avec brio des études de dessin de mode au collège de Londres. Elle travailla alors comme assistante dans un studio graphique puis comme dessinatrice de mode avant d'être engagée par "Vogue" où elle s'occupa durant quinze ans de production et de recherche artistique. Elle illustra son premier livre pour enfants à cinquante-quatre ans.

 

L'histoire :

Un jour, Petit Ours découvre une petite caverne. Juste un peu plus grande que la taille d’un petit ours.« Je pourrais faire ma grotte ici, se dit Petit Ours, avec un lit, une table et une chaise… »

A partir de 3 ans.

 

Ce que j'ai aimé :

 La douceur ouatinée de l'univers des deux ours rend cet album très attachant. Au chaud dans leur grotte, ils se créent un cocon, un lieu doux et accueillant, à l'abri du monde.   

 Un amour profond court entre petit Ours et Grand ours, un amour inconditionnel, entier, profondément émouvant.

"Grand Ours est assis dans son fauteuil, Petit Ours blotti dans ses bras. Il reste ainsi jusqu'à ce que les bûches soient entièrement brûlées.

"Dors bien, Petit Ours." murmure Grand Ours.

Mais Petit Ours dort déjà." 

Les dessins sont magnifiques et ajoutent de la poésie à cette histoire simple et lumineuse qui parlera aux plus petits…

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien, je suis une inconditionnelle des albums de ces deux auteurs !


Vous aimerez aussi :

 Des mêmes auteurs : Sélection d'albums jeunesse

 

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La grotte de Petit Ours, Martin Waddell et Barbara Firth, Texte traduit de l'anglais par Claude Lager, Ecole des Loisirs,   2005, 12.50 euros

 

Publié dans Jeunesse Album

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Far away de Maryse et Jean-François CHARLES et Gabriele GAMBERINI

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 Un road-movie émouvant...

 

 Les auteurs :

Gabriele Gamberini : En parallèle de sa carrière de peintre, Gabriele Gamberini réalise des bandes dessinées pour lesquelles il a reçu plusieurs prix en Italie.

Il a publié avec Jean-François Charles et Maryse Charles les deux tomes de Red Bridges et la biographie en BD de James Dean.

Gabriele Gamberini vit dans la province de Bologne.

 Jean-François Charles naît en Belgique en 1952. Il poursuit ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et commence par dessiner des caricatures. Il collabore notamment à "La Libre Belgique" et la "Nouvelle Gazette" sous le pseudonyme de Bof.

En 1975, il travaille pour le magazine "Spirou" puis aux éditions Averbode où il illustre plusieurs revues destinées aux enfants. En 1978, il rencontre le scénariste Jan Bucquoy avec lequel il travaille sur Le Bal du Rat Mort qui sort chez Michel Deligne en 1980.

Puis toujours chez Deligne, en 1982 et 1984, il publie Le Pilori et Le Grand Dérangement, les deux premiers épisodes des Pionniers du Nouveau Monde co-scénarisés par son épouse. Les épisodes suivants seront publiés dans le magazine "Vécu" édité par Glénat. À partir du tome 7, le dessin des Pionniers du Nouveau Monde est confié à Ersel.

À nouveau chez Glénat, Jean-François Charles dessine Sagamore, un conte philosophique co-scénarisé par son épouse, Maryse. Puis, en 1991, chez le même éditeur, il entame une nouvelle série intitulée Fox, scénarisée par Jean Dufaux.

En 2001, il signe Le Météore, tome 3 du Décalogue scénarisé par Frank Giroud et publie la même année Esquisses & Toiles, un ouvrage qui regroupe plus d'une centaine de dessins et croquis inédits sur des textes de Paul Herman. Toujours en 2001, il signe India Dreams chez Casterman scénarisé par Maryse Charles, et en 2007, War and Dreams chez le même éditeur.

En 2010, il revient au dessin avec la saga Ella Mahé, qu'il scénarise également avec son épouse Maryse Charles.

 Maryse Charles a souvent collaboré avec son mari, notamment sur Les Pionniers du Nouveau Monde, mais aussi sur India Dreams, Les Mystères d’Osiris, War and Dreams et Ella Mahé en 2010.

 

L’histoire :

 Martin Bonsoir est chauffeur de camion. Il parcourt seul les paysages grandioses du Canada et des États-Unis sans plus les voir. Jusqu’au jour où son camion est immobilisé par la neige dans un bled paumé du Canada. Il y est secouru par une femme seule, plus âgée que lui, Esmé Larivière. Sur un coup de tête, elle demande à Martin de l’emmener avec lui. Le voyage de Martin prend alors une autre tournure. Il se surprend à apprécier les paysages, à prendre le temps de savourer de bons repas… Une relation forte naît entre ces deux âmes solitaires, tellement inattendue qu’ils en deviendront vite maladroits… Ils vont devoir apprendre à se faire confiance et à se dévoiler pour ne pas se perdre. C’est un magnifique road movie que nous offrent ici Maryse et Jean-François Charles, friands d’exotisme et de romantisme. Leur complice au dessin, Gabriele Gamberini, peint aussi admirablement les paysages traversés que les subtiles émotions sur les visages de ces héros ordinaires.

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Ce que j’ai aimé :

 La relation qui se tisse entre Martin, chauffeur de camion et Esmé, femme solitaire, est douce et simple comme un matin ouatiné par la neige. Esmé va rencontrer le jeune homme par hasard et va choisir de l'accompagner vers l'Arizona à bord de son camion. Elle va lui faire découvrir un autre monde, par l'intensité de son regard elle va lui apprendre à s'épanouir à l'orée de chaque instant. 

Les dessins magnifiques de Gabriele Gamberini sont comme une ouverture sur le monde qui entoure les deux compagnons, ils chantent parfaitement la beauté du paysage qui les entoure et le nouveau regard que porte le jeune chauffeur sur ces sites hors du commun.  Le  destin croisé de ces deux personnages est pur, sans fioritures inutiles. La relation qui s'instaure entre eux, si simple soit-elle, changera définitivement  leur façon d'être au monde.  

Far Away est un hymne à la vie et aux immensités américaines !

far-away-planche 

Ce que j’ai moins aimé :

           Rien

Vous aimerez aussi :

 Des mêmes auteurs : Africa Dreams tome 1 L’ombre du roi de Frédéric BIHEL, Jean-Charles CHARLES et Maryse CHARLES ; Africa dreams tome 2 Dix volontaires sont arrivés enchaînés de Maryse et Jean-François CHARLES et Frédéric BIHEL

 Autre : L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI

 

D’autres avis :

 Mango ; Luocine ; Natiora ;  MissAlfie 

 

 BD Mango bleu 

 

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Rue des voleurs de Mathias ENARD

Publié le par Hélène

                                               rue des voleurs

  ♥ ♥ ♥

  L’auteur :

 Né en 1972, Mathias Énard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone.

Il est l’auteur de cinq romans chez Actes Sud : La perfection du tir (2003, prix des Cinq Continents de la francophonie ; Babel n° 903), Remonter l’Orénoque (2005), Zone (2008, prix Décembre, prix du Livre Inter ; Babel n° 1020), Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (2010, prix Goncourt des Lycéens, prix du Livre en Poitou-Charentes 2011) et Rue des Voleurs (2012).
Ainsi que Bréviaire des artificiers (Verticales, 2007) et L’alcool et la nostalgie (Inculte, 2011 ; Babel n° 1111).

 

L’histoire :

C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.

Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil.
Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Servi par une écriture fluide au style ciselé, Rue des Voleurs nous entraîne dans une histoire puissante autour de deux jeunes arabes perdus, à la recherche d’une famille, d’une reconnaissance, perdus surtout entre leur religion castratrice et leurs instincts naturels. Bassam va rejoindre le groupe pour la diffusion de la pensée coranique, entraînant pour un temps Lakhdar avec lui, mais une expédition bien particulière à leurs côtés éloignera peu à peu Lakhdar du cheikh Nouredine et de ses acolytes. Lakhdar va alors errer de Tanger à Barcelone, hanté par des cauchemars violents sous-tangents à son époque et aux vicissitudes  du monde actuel.  Le roman est en effet profondément ancré dans une actualité brûlante : l’enrôlement des jeunes arabes dans les mouvements extrémistes, les révolutions arabes de début 2011, la crise économique en Europe, le mouvement des Indignés, la victoire  des partis islamistes en Tunisie et en Egypte…

 Une subtilité dans les zones d’ombre plane sur les pages, dans les doutes de Lakhdar vis-à-vis de Bassam, son ami de toujours, si rien n’est sûr, le doute suffit à faire froid dans le dos…

 La construction fonctionne en boucle, la fin répondant au début du roman, et lui donnant ainsi tout son sens. Du grand art !

 « Je ne suis pas un assassin, je suis plus que ça.

Je ne suis pas un Marocain, je ne suis pas un Français, je ne suis pas un espagnol, je suis plus que ça.

Je ne suis pas un musulman, je suis plus que ça.

Faites de moi ce que vous voudrez. » (p. 250)

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 Premières phrases :

« Les hommes sont des chiens, ils se frottent les uns aux autres dans la misère, ils se roulent dans la crasse sans pouvoir en sortir, se lèchent le poil et le sexe à longueur de journée, allongés dans la poussière prêts à tout pour le bout de barbaque ou l’os pourri qu’on voudra bien leur lancer, et moi tout comme eux, je suis un être humain, donc un détritus vicieux esclave de ses instincts, un chien, un chien qui mord quand il a peur et cherche les caresses. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias ENARD

Autre : Pour seul cortège de Laurent GAUDE

 D’autres avis :

Initiales

Presse : Le figaro

Blogs : Clara 

 

Rue des voleurs, Mathias Enard, Actes sud, août 2012, 256 p., 21.50 euros

challenge rentrée littéraire 2012 

 

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Cadeaux de Noël

Publié le par Hélène

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Noël approchant, voici quelques idées :

Idées cadeaux

Coups de coeur

 

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