Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L’amour sans le faire de Serge JONCOUR

Publié le par Hélène

                                                 amour-sans-le-faire.jpg

 L’auteur :

 Serge Joncour a 46 ans. Il est l'auteur de huit livres, parmi lesquels UV (Prix France Télévision 2003), L'Idole (Flammarion, 2005), Combien de fois je t'aime (Flammarion 2008), L'homme qui ne savait pas dire non (Flammarion 2009). (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c'est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s'appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d'y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. « On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d'un enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler à la vie réinventée. L'Amour sans le faire, c'est une histoire de la tendresse en même temps qu'un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer - et pourquoi pas à renaître. (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

 

Voilà un roman qui a les défauts de ses qualités : il nous parle de la vie comme elle va, bonnant mallant quelquefois pour certains, entre querelles de famille pour Franck et deuil incommensurable pour Louise. L’un comme l’autre vivent une vie décousue, triste et morne, jusqu’à ce que …

Le style du roman s’adapte à cette histoire fort simple, et reste très basique, tout comme les chapitres, courts alternant l’histoire de Franck et celle de Louise.

L’amour sans le faire pourrait donc être un joli conte mais il est finalement assez prévisible et frôle quelquefois les clichés et la niaiserie. Trop de simplicité et de banalité tue le roman.

Les réflexions sur le couple sont somme toute assez communes même si elles sonnent vraies :

« Ce qui les retenait, c’était cette totale habitude qu’ils avaient l’un de l’autre, à force de rester ensemble on ne tient plus à l’autre, mais on tient par l’autre, et là, c’ets beaucoup plus délicat, ça demande une énergie folle de se déprendre, ou de la haine pure, à moins de miser sur l’évènement d’une nouvelle rencontre, celle qui redonne la folie de recommencer à zéro. » (p.250)

« Je ne sais pas, dans le fond, c’est la seule vraie chose qu’on devrait se promettre dans la vie, de ne jamais se faire de mal. » (p. 296)

Dans le cadre du prix des lectrices de Elle je dois comparer ce roman-là à Arrive un vagabond. Le roman de Goolrick traite lui aussi d’un thème usé jusqu’à la lie, l’adultère, mais avec talent, originalité, puissance dans l’écriture… Dans L’amour sans le faire j’ai retrouvé tout ce que je reproche au roman français : un thème banal, des idées simplistes trop proches de notre quotidien pour nous apporter quelque chose, une tristesse latente démoralisante, et en prime un style qui ne s’élève pas et laisse le roman à ras de terre…

Dernière critique, la quatrième de couverture a le don d’intriguer le lecteur, mais cette piste est rapidement oubliée, rapidement résolue, fondue dans la banalité du sujet.

Une déception...

 

Premières phrases :

 

« Il voulait les prévenir avant de descendre. Ce jour-là il laissa sonner longtemps, il reposa même le téléphone pour vérifier le numéro, il n’était plus très sûr depuis le temps. »

 

D’autres avis :

 

Presse : Télérama ; Lire ; Le monde

Blogs : A propos de livres Fransoaz CanelYv  Papillon Gambadou  

 

L’amour sans le faire, Serge Joncour, Flammarion, août 2012, 319 p., 19 euros

   grand prix lectrices de elle

Partager cet article
Repost0

Les bonheurs de l’aube de Léon MAZZELLA

Publié le par Hélène

bonheurs-de-l-aube.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

 "La poésie, c'est ne pas être assis,

c'est, passionnément, refuser sa mort,

c'est entrer à l'aube et à corps perdu

dans l'onde du jour,

c'est ne pas dormir et c'est être

l'aube avant l'aube."

Rafael Alberti D'espagne et d'ailleurs

 

 L’auteur :

 

En quelques mots : je suis né le 7 novembre 1958 à Oran. J'ai grandi à Bayonne. J'ai fait mes études (Sciences-Po et Droit) à Bordeaux, où j'ai commencé à travailler -au journal Sud-Ouest, dès l'été 1981, à Biarritz. Journaliste professionnel depuis 1984, je bourlingue de rédaction en rédaction et effectue des reportages de pays en pays et de bled en bled. Spécialisé en art de vivre (gastronomie, vins, cigares, voyages), en nature sauvage et en critique littéraire, je donne beaucoup en presse écrite, mais aussi audiovisuelle (télé et radio). Plusieurs fois rédacteur en chef, notamment de Pyrénées Magazine (à Toulouse), de La Chasse, directeur des rédactions de GaultMillau (magazine et guides)... Je suis aussi éditeur (j'ai créé et dirigé fitway publishing, et suis actuellement directeur de collection aux éditions Privat). Auteur par ailleurs, d'une quinzaine d'ouvrages (ma biblio sélective figure sur la page d'accueil de ce blog), je consacre mon temps à lire, écrire, aimer, fort, à voir mes deux enfants grandir, à voyager, m'émerveiller des beautés de la nature; et à rire de tout, mais pas avec n'importe qui.  (Présentation de l’auteur sur son blog http://leonmazzella.hautetfort.com/

 

L’histoire :

 

Recueil de vingt nouvelles qui disent toutes la vérité. Ce sont parmi les aubes que j'ai vécues, celles qui m'ont le plus marqué. Elles se passent un peu partout dans le monde (Afrique, Cuba, Kazakhstan, Venise, Pays basque... Mer, montagne, marécages...). Ce sont des rencontres avec des paysages et avec des hommes (ou des femmes) forcément rares, car à l'aube, un surcroît de vie et d'acuité de tous les sens donnent plus de saveur à l'existence. Dispo en librairie, il a été publié à La Table ronde. Bon petit succès à sa parution fin 2001 (excellente presse, accueil libraires top!). J'aimerais le voir reparaître en poche. J'ajoute que ce bouquin a raté d'un cheveu le Prix GONCOURT de la nouvelle, en 2001... (Présentation de l’auteur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Les bonheurs de l'aube, ce sont ceux glânés aux quatre coins du monde par l'auteur, ces bonheurs minuscules qui deviennent immenses, quand tout à coup la beauté d'un instant ou d'un paysage vous envahit et vous prend à la gorge et au coeur. Ces instants collés à la réalité, si près d'elle, que quelquefois si le regard n'est pas aiguisé, si l'attention n'est pas relâchée, deviennent invisibles. Léon Mazzella nous rappelle que la beauté est là , que la poésie court dans le regard que l'homme porte que le monde, que la pureté existe.

Que ce soit en Afrique lors d’une partie de chasse au buffle, sur le pont d’un bateau dans le détroit de Gibraltar, dans les Pyrénées dans une plaine de Mongolie, Léon Mazzella chante la vie et la mort imbriqués comme dans un tout lumineux évident, il chante la renaissance d’un nouveau jour immuable et toujours aussi magique...

 

« Mais la première bouffée de ce cigare mercenaire, sans marque, à l’heure où les premiers rayons du soleil caressaient notre peau, me donna l’impression d’aspirer un peu de l’haleine des Dieux. Sa fumée rejoignait les nuages. Je fermais les yeux pour mieux ressentir la combustion du bonheur. » (p. 133)

 etangs-de-commelle-hdr-aube.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court ! Du coup j’enchaîne avec Chasses furtives que je viens d’acheter…


Premières phrases :

 

« Le combat s’est achevé vers deux heures et demie du matin. Depuis plusieurs jours, il faisait un temps de chien. J’étais épuisé.  J’ai bu beaucoup de whisky et je me suis couché sur une autre planète. Auparavant, en lisant machinalement, dans les toilettes, un texte sans intérêt sur l’emballage  du papier hygiénique, je me suis arrêté sur un mot de la version italienne du descriptif : le mot morbidezza. En français, cela signifie douceur. Aussitôt je me dis : morbidezza, et la mort paraît douce… »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Chasses furtives

Autre : Hommes, bois, abeilles de Mario RIGONI STERN

  

Les bonheurs de l’aube, Léon Mazzella, La table ronde, octobre 2001, 12.20 euros

 

 

Partager cet article
Repost0

Bric à brac hopperien de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

                                                        bric-a-brac 

♥ ♥ ♥ ♥

« Intérieur/Extérieur 

 Je voudrais que les yeux

Qui se promènent

Sur mes tableaux

Servent de fenêtre

Ou d’escalier

Entre mon cœur

Et les grands vents. » (p.49) 

  

 L’auteur :

Thomas VINAU est né en 1978 à Toulouse.

Il habite au pied du Luberon. Il est entre autres supporter des poussières, militant du minuscule, anomaliste, brautiganiste et etc-iste... (Source babélio)

 http://etc-iste.blogspot.fr/

 L’histoire :

 "À neuf ans, Ed s'est perdu en plein centre de Nyack. Il n'avait jamais pensé qu'il pourrait y avoir d'autres rues et d'autres maisons autour de sa rue et de sa maison... Lorsqu'il est arrivé à New York, Ed a commencé à se perdre mais cette fois avec un certain plaisir et sans aucune peur. Dans les dernières années de sa vie, il inscrivait parfois au dos de ses peintures la phrase suivante : "Il est préconisé de se perdre dans une ville inconnue pour comprendre ce tableau""


Portrait interne du peintre Edward Hopper réalisé à partir de listes, de notes et de chutes autobiographiques par Thomas Vinau, l'auteur de "Nos cheveux blanchiront avec nos yeux" (Alma, 2011) et "Ici ça va" (Alma 2012) (Source Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

  Edward Hopper apparaît en filigrane entre ces pages, son portrait se crée sous nos yeux, mille petites touches évoque l'homme, l'artiste, l'époux, et, peu à peu, il nous devient familier, amical, intime. Là réside le talent de Thomas Vinau qui, avec une sensibilité extrême, réussit, tel un marionnettiste à faire vivre un homme sous nos yeux. 

Son écriture poétique sert le destin de l'artiste qui cherchait à saisir ce qui se tramait en-deçà de la réalité, au coeur du monde et des choses, pour ensuite mieux peindre cette réalité flamboyante, tout comme Thomas Vinau, dans son oeuvre cherche à partager les brindilles du quotidien pour chanter la beauté de ce qui l'entoure.

 

« Point de vue

Ed regarde les gens comme il regarde le ciel.

Ed regarde les lieux comme il regarde les gens.

Lorsque Ed regarde quelque chose, il cherche

A voir ce qui le remplit et ce qui le vide.

Ce qui le modifie. » (p. 24)

 

« Partie de chasse

La première fois qu’il est allé chasser dans

la vallée du Yaak, Ed a clairement apprécié

le rythme de la marche dans les bois du

Montana. Le fusil encombrant l’empêchait de

se servir de ses mains  et l’affût lui interdisait

de laisser traîner ses yeux sur les formes

mouvantes des nuages. La seconde fois,

il trouva plus commode d’y aller sans fusil. » (p. 53)

 

  Une magnifique rencontre d'artistes, une symbiose parfaite qui élève l'âme !

gas.jpg

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court

 Premières phrases :

 

« Punch

Enfant, Ed lisait et relisait l’almanach

De Punch qu’un oncle lui avait rapporté

D’Angleterre. Il passait de longues heures

A rêver devant les dessins humoristiques

De Georges du Maurier. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Ici ça va de Thomas VINAU

Autre :  Hopper, Ombre et lumière du mythe américain de Didier OTTINGER

 

Bric à brac Hoppérien, Thomas Vinau, Alma Editeur, septembre 2012, 13 euros

 

Partager cet article
Repost0

Lectures pour la Saint Valentin

Publié le par Hélène

 baiser 

  

Si vous cherchez :

 

Une histoire d’amour :

  

Le scandale de la saison ; La double vie d’Anna Song ; Letraducteur amoureux ; Les années douces Purge ; Un jour ; Traversée ;  Tours et détours de la vilaine fille ; L'île des oubliés ; L’arrière-saison

BD : Chico et Rita ; 

Poésie : Les yeux d’Elsa

  

Une réflexion sur le couple :

  

La patience des buffles sous la pluie  ; La colère des aubergines ; Le traducteur amoureux La tournée d'automne  Les déferlantes ;  Quand viennent les cyclones  ; La fortune de Sila ; La double vie d’Anna Song ; Syngué sabour, pierre de patience ; En attendant Babylone ; Le club Jane Austen ; La délicatesse ;  Le mec de la tombe d’à côté ;  Ce qu’on peut lire dans l’air  ;   Les femmes du braconnier ; Mr.Peanut  ; Désolations  ; L’amant ; Des vies d’oiseaux ; La fille du cannibale ; Texasville ;  L’aiguillon de la mort ; Le jeu des ombres ; L’arrière-saison   

BD : Cinq mille kilomètres par seconde ; Loin d’être parfait

Policier : Intrusion ; Les apparences

 

De l’érotisme :

  

Eros dans un train chinois  ; Sex in America ; Le mardi c’est permis Alice et autres nouvelles ;  Permis pour le rendre fou de plaisir sans passer pour un nympho ; Premières fois ; Diane et autres stories en short  ; Osez pimenter la sexualité de votre couple ; Cinquante nuances de Grey

  

   Une vision du mariage :

  

Drôle de temps pour un mariage  ; Confessions de Paul VERLAINE ; Broderies ; Une si longue lettre ; Une bonne épouse indienne ; Mr.Peanut ; Désolations de David VANN ; 

Une partie de campagne  Ma brillante carrière  ; Madame Bovary ; Certaines n’avaient jamais vu la mer

 

 D’autres idées dans les idées cadeaux :

 

 Envie de volupté :

  

Faire l’amour, Jean-Philippe Toussaint  (suggéré par Carole Fives) 

  

La Comtesse de Ricotta, Milena Agus ; La mariée mise à nu, de Nikki Gemmell ( suggéré par Sophie Adriansen)    

  

Les belles endormies de Kawabata (suggéré par Pierre Frémaux)

 

Premières fois, ouvrage collectif aux éditions Delcourt. 

Cet album est un recueil de nouvelles érotiques très bien écrites, intelligentes et très éloignées de la pornographie brutale et lobotomisante que l’on trouve sur Internet. C’est un livre qui sonne juste, qui sonne vrai. Les auteurs sont variés, proposent des dessins différents ? Si l’on veut s’offrir un album érotique, je recommande vraiment celui-ci.  (suggéré par Yaneck)

  

« Le sexe pour les Nuls ». ( suggéré par Dominique Sylvain)

  

 

Un livre pour donner envie d'aimer :

 

Comment interprêter la question ? Je n'ai pas trop de référence alors je dirai Monsieur Papa de Patrick Cauvin qui parle du lien père fils avec beaucoup de tendresse. (suggéré par Loo)

  

Là aussi une référence s'impose à moi : Marcus Malte avec "Les harmoniques" (série noire) ou Carnage constellation (folio). (suggéré par Jean-Marc Laherrère)

  

Loin de Chandigarh, TEJPAL   (suggéré par Marie-Anne Lacoma)

  

Doomboy par Tony SANDOVAL aux éditions Paquet.

Une histoire d’amour, comment vivre après la mort de celle qu’on a aimé. C’est extrêmement touchant, très bien écrit, très poétique. Cette tristesse, cette passion, est vraiment bien illustrée. Les effets d’aquarelle contribuent bien à cela. (suggéré par Yaneck)

 

Le Hussard sur le toit, Jean Giono (suggéré par Aliette Armel)

 

« Out Of Sight » d’Elmore Leonard, et pour se calmer, « La Duchesse de Langeais » de Honoré de Balzac (quoique…). (suggéré par Dominique Sylvain)

 

Il faurait une histoire d'amour qui finisse bien, et là, finalement, il n'en existe pas tant que ça. Eviter absolument Belle du Seigneur, brrr! (suggéré par Keisha)

 

 L’amant de Marguerite DURAS (suggéré par Hélène)

 

Publié dans Idées cadeaux

Partager cet article
Repost0

La diane française de Louis ARAGON

Publié le par Hélène

        diane-francaise_couv.jpg

♥ ♥ ♥

 « Que peut un rossignol si ce n’est sa chanson. »

(La nuit de juillet)

 

L’auteur :

 Né à Paris en 1897, Louis Aragon manifeste très tôt un goût pour l'écriture. En 1917, il rencontre André Breton avec lequel il s'engage dans l'aventure surréaliste. La publication du roman intitulé Le Paysan de Paris (1926) fait de lui un écrivain d'avant-garde. À la fin des années 1920, il s'inscrit au parti communiste et rencontre Elsa Triolet, qui deviendra sa femme. Il s'éloigne alors du surréalisme et s'engage dans l'action politique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la Résistance et publie clandestinement, aux côtés de Pierre Seghers, plusieurs recueils de poèmes. Après la Libération, Aragon poursuit son œuvre romanesque et poétique tout en restant un écrivain engagé. Il meurt à Paris en 1982. Cinq de ses recueils ont été publiés aux Éditions Seghers.
Née Natacha Huttner à Moscou et venue en 1914 à Paris, Dominique Arban est secrétaire de rédaction à L'École de la vie et à Marianne avant la Seconde Guerre mondiale. Après quatre années de clandestinité, elle collabore au journal Combat, dont elle assure ensuite la direction littéraire. Collaboratrice à France-Observateur, au Figaro littéraire, puis au Monde, Dominique Arban produit et anime de 1954 à 1968 une émission hebdomadaire intitulée «Étranger, mon ami » sur les ondes de l'ORTF. Spécialiste de Dostoïevski, elle traduit et publie, entre autres, sa monumentale correspondance. À la fin de sa vie, Dominique Arban rédigera ses Mémoires, Je me retournerai souvent? (Flammarion, 1990). (Source : Editions Seghers)

 

 L’histoire :

Des poèmes devenus le symbole de la résistance littéraire en France.

 

Après Les Yeux d'Elsa, Il ne m'est Paris que d'Elsa et Le Voyage de Hollande, les Éditions Seghers rééditent le grand recueil de résistance de Louis Aragon. Cet ouvrage rassemble en réalité deux recueils qui furent d'abord publiés séparément par Pierre Seghers en 1946 : La Diane française et En étrange pays dans mon pays lui-même.


Composés entre 1941 et 1944, ces poèmes sont indissociables des circonstances dans lesquelles ils furent écrits, publiés et diffusés. En effet, si certains ont été édités légalement, d'autres échappent à la censure de Vichy en paraissant dans des revues clandestines, sous des pseudonymes (François la Colère ou Jacques Destaing).


Avec ce recueil, le poète bat la " diane " et tente de réveiller les Français endormis, comme l'avait fait avant lui Victor Hugo dans Les Châtiments. Il prend également appui sur une tradition remontant aux troubadours de langue d'oc, qui faisaient alterner le parler clair, destiné aux témoins des événements, et le parler clos, réservé aux initiés. Dans l'un et l'autre cas, Aragon veut convaincre ses compatriotes d'entrer dans une lutte commune et juste qui mobilise " toute sa lyre ".

 

Ce que j’ai aimé :

 

Ces poèmes d’Aragon sont un acte de résistance : rédigés entre 42 et 44 sous l’occupation, ils chantent l’amour de la France libérée de ses scories allemandes. Aragon ne concevait pas d’art en dehors des circonstances, pour lui, il était essentiel de témoigner, de lever les masses pour lutter contre l’oppression nazie.  

 

« Il faut libérer ce qu’on aime

Soi-même, soi-même, soi-même » (Marche française)

 

S’il évoque la femme aimée, c’est pour la comparer à la France bafouée

 

« Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur

Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri

Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri

Et pas plus que de toi l’amour de la patrie

Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs » (Il n’y a pas d’amour heureux)

 

Pour déjouer la censure, Aragon utilise des mythes et des légendes médiévales, des figures nationales comme dans la littérature de « contrebande » du Moyen-Age, il crypte les messages. Les héros de la résistance comme Gabriel Péri sont comparés aux chevaliers du Moyen-Age :

 

« Ce poème, écrit pour le second anniversaire de la mort de Gabriel Péri, publié illégalement, relève vraiment de la légende et non de l’histoire : en effet, ce n’est pas à Ivry, mais à  Suresnes et dans une tombe enregistrée et non pas dans la fosse commune que Péri est enterré. L’auteur, alors dans l’illégalité, n’a pourtant inventé aucun de ces détails, ni l’histoire, peut-être controuvée, des hortensias bleus ; mais déjà la tradition orale avait porté jusqu’à lui moins de deux ans après la mort du martyr cette version déformée par quoi naît une légende aujourd’hui comme au temps de la Chanson de Roland, des Troubadours et des poèmes transmis de bouche en bouche à travers une France alors comme aujourd’hui dévastée et livrée aux soudards et aux chimères. » (Légende de Gabriel Péri)

 

 « Trouver des mots à l’échelle du vent

Trouver des mots qui pratiquent des brèches

Dans le sommeil comme au soleil levant

Des mots qui soient à nos soifs une eau fraîche » (Je ne connais pas cet homme)

 

La vocation du poète est de « Trouver des mots que personne n’oublie » (Je ne connais pas cet homme), et nous n'oublierons pas ces mots...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Certains poèmes sont plus hermétiques que d’autres –et pour cause-, ils demandent une étude plus approfondie pour être pleinement apprécié.

 

Premier poème :

 

« De si loin qu’on se souvînt, la vie avait cette couleur d’habitude qui emprunte aux tournantes saisons ses nuances et fait aux hommes une marée d’humeurs qui varie avec le soleil et le vent. De si loin qu’on se souvînt, il y avait des familles de pêcheurs, des chasseurs habiles à tirer au vol les plumes dans le ciel et la bête des taillis débusquant, et des artisans qui, de père en fils, se transmettaient les secrets du bois, savaient courber le fer, tresser l’osier ; il y en avait qui se crevaient pour d’autres ; et l’on voyait passer sur des chevaux habillés d’étranges étoffes des dames et des seigneurs qui parlaient un langage difficile à suivre, non tant à cause de la vitesse de leurs coursiers que pour les idées de bizarrerie nées dans leurs maisons trop grandes (…) »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Les yeux d’Elsa de Louis ARAGON

 

 

La diane Française, Louis Aragon, Seghers, 16.50 euros 

 

Publié dans Poésie française

Partager cet article
Repost0

Daytripper, au jour le jour de Gabriel BA et Fabio MOON

Publié le par Hélène

                                                 daytripper.jpg

 ♥ ♥

 

Les auteurs :

 

Gabriel Bà est un illustrateur de BD.

Il s'est fait un nom dans l'univers des comics grâce, entre autres, à ses séries à succès 'Casanova' et 'Umbrella Academy'.

A ces occasions, il collabore avec Matt Fraction et le chanteur et auteur de BD Gérard Way.

Gabriel Bà et Fàbio Moon sont de vrais jumeaux. Ensemble, ils travaillèrent sur plusieurs publications, et pour le compte de plusieurs éditeurs, comme "Autobiographix", "Five" et "Pixu".

Leur plus célèbre travail personnel reste "De:TALES" pour le compte de Dark Horse Comics, une collection d'histoires courtes écrites et dessinées par les deux frères.

On pourra retrouver les deux frères avec le futur arc "B.P.R.D. 1497" et sur une nouvelle série pour le compte de Vertigo, "Daytripper".

Fábio Moon est un dessinateur de BD.

Après avoir travaillé sur le Casanova de Matt Fraction ou sur B.P.R.D. : 1947, il va lancer chez Vertigo avec son frère jumeau, Gabriel Ba, la maxi-série qui va les faire connaître, Daytripper.

 

L’histoire :

 

Les mille et une vies d’un aspirant écrivain et ses mille et une morts. Brás de Oliva Domingos, fils du célèbre écrivain brésilien, passe ses journées à chroniquer les morts de ses contemporains pour le grand quotidien de Sao Paulo  et ses nuits à rêver que sa vie commence enfin. Mais remarque-t-on seulement le jour où notre vie commence vraiment ? Cela commence-t-il à 21 ans, lorsque l’on rencontre la fille de ses rêves ? À 11 ans, au moment du premier baiser ? À la naissance de son premier enfant peut-être ? Ou au crépuscule de sa vie ? (Source : Babélio)

 

Mon avis :

 

Daytripper est un album mélancolique aux questions existencielles innombrables. Les auteurs explorent les différents destins tragiques que pourrait connaître leur héros Bras, en lui offrant différentes vies et diverses morts, ils s'interrogent sur les destins humains si fébriles face à la mort, sur ce qui est important dans la vie d'un homme, sur les petits bonheurs invisibles qu'on oublie de regarder...

C'est un très bel album, mais c'est aussi un texte qui touche profondément à l'intime et mon ressenti a été à l'inverse de l'effet recherché : quand Bras nous enjoint à inclure la mort dans nos vies pour appréhender mieux la vie, j'ai trouvé que c'était une façon de plomber la vie dans l'os, de gâcher tous les bonheurs possibles, le ton de l'album me menant davantage vers les trente-sixième dessous qu'au septième ciel.  Peut-être que cela est dû au fait que je n’ai jamais été confrontée à la mort, et peut-être que si je le relis après, plus tard, quand cela me sera arrivé, je comprendrai, tout s’éclairera.  

Mais présentement, j’ai juste trouvé que pour un album qui veut célébrer la vie, il était très noir !

  daytripper-by-Fabio_Moon_Gabriel_Ba.jpg

 

Vous aimerez aussi :

 

Portugal de Cyril PEDROSA  qui a provoqué en moi la même réaction, plus atténuée néanmoins...

 

D’autres avis :

  Multiples avis unanimes sur la blogosphère : Mango ; NouketteChoco Mo'YaneckYvanJérôme Alfie's mec, Oli'vCachou,Brize...  daytripper2.jpg

  

 Daytripper, au jour le jour, Gabriel BA et Fabio MOON, Urban comics, avril 2012, 22.50 euros

Partager cet article
Repost0

Déceptions et abandons du mois de janvier

Publié le par Hélène

dans le jardin de la bete 

 

Dans le jardin de la bête de Erik LARSSON

 

« C’étaient des gens compliqués se mouvant dans une époque compliquée, avant que les monstres proclament leur vraie nature. » (Préface)

 

Quatrième de couverture : Avec Le Diable dans la ville blanche, Erik Larson a révélé un talent exceptionnel pour romancer l’Histoire. Après s’être intéressé à l’Exposition universelle de Chicago et au premier serial killer américain dans son précédent livre, il nous offre cette fois un superbe thriller politique et d’espionnage, basé sur des évènements réels et peu connus qui se sont déroulés en Allemagne pendant l’accession au pouvoir d’Adolphe Hitler.

1933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Originaire de Chicago, c’est un homme modeste et austère, assez peu à sa place sous les ors des palais diplomatiques, qui s’installe dans la capitale allemande. Belle, intelligente, énergique, sa fille, la flamboyante Martha est vite séduite par les leaders du parti nazi et par leur volonté contagieuse de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d’entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécutions envers les juifs, essaie d’alerter le Département d’État américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union Soviétique. Tous les protagonistes de l’histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse « Nuit des longs couteaux ».

 

Mon avis : Erik Larsson nous plonge dans « le jardin de la bête », dans les années trente en Allemagne, quand, tapie dans l’ombre Hitler et ses acolytes tissent leur toile, insidieusement, lentement, inexorablement. Pour ce faire, l’auteur s’appuie à la fois sur une documentation érudite (sa bibliographie de plus de15 pages est là pour le prouver) et il choisit de mettre en scène deux personnages vrais d el’histoire : Dodd devenu ambassadeur des Etats Unis à Berlin dans ses années là, et sa fille Martha jeune femme qui n’a pas froid aux yeux…  Ainsi, le récit oscille entre documentaire et œuvre de fiction :

 

 « Ceci n’est pas une œuvre de fiction. Comme il se doit, tout passage entre guillemets est extrait d’une lettre, d’un journal intime, de mémoires oud ‘un autres document historique. Je n’ai pas cherché dans ces pages à décrire une fois de plus l’histoire de cette époque. Mon objectif est plus intime : approcher ce monde disparu par le biais du vécu et des perceptions de mes deux sujet principaux, le père et la fille, qui, dés leur arrivée à Berlin, ont entrepris un voyage plein de découvertes et de transforamtions, pour finir le cœur brisé. » (Préface)

 

Le travail documentaire est présent dans les citations, dans les passages descriptifs qui collent au plus près de la réalité de l’époque, tandis que le travail de romancier  consiste à donner vie aux personnages qui se meuvent devant nos yeux, prennent une consistance psychologique, sont pris peu à peu dans un engrenage qui les dépasse et dont ils ne sortiront pas indemnes. L’Histoire est vue de l’intérieur, à travers ces personnes qui ne se doutent pas encore de la face cachée du nazisme. Dodd  est un idéaliste qui veut développer le libéralisme américain en Allemagne et la jeune Martha une jeune séductrice attirée irrémédiablement vers le sexe fort, et frétillante devant ces beaux jeunes blonds aux yeux bleus.

 

L’ensemble est prenant, seulement,  il faut quand même avoir un goût certain pour cette période de l’histoire pour avoir envie de lire, encore, un livre sur le sujet, et surtout un tel pavé !

 

  Folfaerie ;  Clara ; Alex ;  Lystig  ; Keisha est ici 

 

 

tabloid-city.jpg 

  

Tabloid city de Pete HAMILL

 

Quatrième de couverture : Quand « 24h Chrono » rencontre « Collision » : un polar mené à 100 à l’heure dans un New York en pleine évolution…

Sam Briscoe, septuagénaire élégant aux faux airs d’Inspecteur Harry est le rédacteur en chef du New York World, l’un des tabloïds mythiques de la Grosse Pomme qui vit ses dernières heures : le compte à rebours est en route et dans très peu de temps, la version papier va disparaître au profit d’une version online. La fin d’une époque, au grand dam de Sam. Mais cette nuit-là, alors qu’il boucle son ultime édition, un fait divers d’une violence inouïe va bouleverser son chemin de fer. Et sa vie. Cynthia Harding, une « socialite » très introduite dans les milieux de l’art et de la culture, est sauvagement assassinée. Son assistante, Mary-Lou, partage son sort. Il en faut beaucoup pour déstabiliser un vieux briscard comme Sam. Seulement, Cynthia, c’est la seule femme qu’il ait jamais aimée… Tandis qu’il traverse cette nuit et cette journée pas comme les autres, on suit les parcours croisés d’un flic, Ali, l’époux de Mary-Lou, de leur fils Malik, fondamentaliste islamiste, et de bien d’autres encore…
Les voilà lancés dans une course folle à travers New-York, ville-héroïne du roman, peinte comme une sorte de Gotham City fantomatique, une ruche foisonnante, où chaque personnage est pris entre les mouvements permanents d’une ville qui ne s’arrête jamais, et les conflits qui l’habitent.

 

Mon avis : Je n’ai pas réussi à entrer dans ce roman pour plusieurs raisons :

 

Le style tout d’abord, très parlé, mimant les mots des protagonistes, adoptant leur point de vue mais le procédé est trop mécanique comme pour ce personnage fan de Céline et qui utilise à outrance les points virgule. Oui, bon…


"Le romantisme, cela dit, n'est plus vraiment de saison. Le dossier "Amour" déborderait plutôt de tarés qui rentrent pétés à la maison, vont chercher leur flingue, descendent maman et les trois gosses avant de s'en coller une pour finir en beauté." (p. 28)


L’indication des heures qui défilent et qui rapprochent tout ce beau monde de la catastrophe tient lui aussi du procédé grossier pour tenir le lecteur en haleine.

 

Les lamentations sans fin sur la fin de la presse écrite deviennent rapidement lassantes.

 

Les personnages sont très nombreux, presque trop nombreux pour que le lecteur s’attache réellement à l’un d’entre eux. Certains sont relativement caricaturaux comme la femme seule Helen, le jeune extrêmiste, le jeune loup arriviste…

 

En conclusion : un roman sont les ficelles sont trop apparentes à mon goût !

 

Le Figaro  

 grand prix lectrices de elle

 

Partager cet article
Repost0

Le Havre-New-York de Cyril DOISNEAU

Publié le par Hélène

le havre new york

♥ ♥

  L’auteur :

le blog de l’auteur 

 L’histoire :

 Dans les années 60, deux filous pensent trouver le bonheur en Amérique. À bord du France, ils font cap vers New York. À bord, diverses péripéties les jettent hors des sentiers battus.

Engagés comme larbins par une chanteuse à la mode, ils vivront une traversée... de tout repos! (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 Le Havre-New York est un album plaisant :  les deux zigues partis sur un coup de tête sont bien décidés à profiter de la vie, de leur voyage et de cette chance qui s’offre à eux de passer le temps du voyage aux côtés de Yolanda, chanteuse à la mode, en se prélassant. Les dessins aplat dans les tons gris-bleu s'accordent parfaitement à cette atmosphère d'entre deux mers, entre deux ponts... Le temps est comme suspendu le temps de cette traversée, il coule lentement entre bains de soleil, repos mérité après des soirées arrosées et des fêtes endiablées.

 le-havre001.jpg

  

le-havre002.jpg

    Ce que j’ai moins aimé :

 Toutefois l'histoire manque quelque peu de coffre, le fil reste relativement linéaire, sans réel intrigue, flirtant finalement avec une impression de platitude.

La fin tourne en queue de poisson, peut-être pour ouvrir les perspectives vers un  deuxième tome, l'information n'est pas donnée.

 Vous aimerez aussi :

   Paul à la campagne de Michel RABAGLIATI

  

tous les livres sur Babelio.com

 

 

Le Havre New-York, Cyril Doisneau, La Pastèque, janvier 2013, 68 p.,  19 euros

 

BD Mango bleu

 

Partager cet article
Repost0

Le voleur de morts de Tess GERRITSEN

Publié le par Hélène

                                                  voleur-de-morts.jpg

 ♥ ♥ ♥

 L’auteur :

http://www.tessgerritsen.com/

 L’histoire :

A travers la traque d'un tueur en série adepte du bistouri, Tess Gerritsen brosse un tableau captivant des débuts de la police scientifique.

Boston, 1830. Alors qu'elle veille à l'hôpital sur sa soeur mourante, Rose sympathise avec Norris, futur médecin d'origine modeste. Afin de financer ses études, ce dernier vole des cadavres dans les cimetières et les vend ensuite au marché noir. Quand une vague de meurtres sanglants secoue la ville, c'est sur lui que se portent tous les soupçons. De son côté, Rose comprend qu'elle est suivie et menacée...
De nos jours, dans le Massachussetts. Julia fait une découverte macabre dans son jardin : le squelette d'une femme assassinée plus d'un siècle auparavant. Intriguée, elle décide d'élucider ce mystère. Son enquête la mène sur les traces d'un homme surnommé le Faucheur. (Source : Editeur)

Ce que j’ai aimé :

 Deux récits vont s’entremêler subtilement pour créer un roman dense et passionnant : à l’époque actuelle, Julia, jeune divorcée, découvre un cadavre dans son jardin. Contactée alors par un membre de la famille à qui appartenait la maison auparavant, elle va enquêter sur ce corps retrouvé par hasard et se plonger pour ce faire dans une toute autre époque : les années 1830.

 Là intervient le deuxième récit centré sur le personnage de Rose, jeune femme pauvre, et de Norris, jeune étudiant en médicine dans les années 1830.

 L’ancrage historique et social densifie le récit : aux côtés de Norris nous découvrons les pratiques des médecins de l’époque, peu au fait encore des questions d’hygiène, et accompagnés de Rose nous nous confrontons à la pauvreté et aux bas-fonds des villes à cette époque.

 Une atmosphère particulière plane autour des personnages, noyés dans un brouillard prégnant, ils vont être confrontés à des meurtres sanglants, sentant le danger rôder autour d’eux, se rapprochant inéluctablement comme s'il se concentrait sur eux, et sur cette petite fille que Rose a adoptée à la mort de sa sœur.   

 Des personnages attachants, un suspense savamment dosé, deux époques entremêlées qui rompent la monotonie du récit, et en sus un contexte enrichissant, je suis conquise... 

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 Premières phrases :

« 20 mars 1888

Très chère margaret,

Je te remercie des condoléances que tu m’as exprimées avec tant de sincérité pour la perte de ma bien-aimée Amélia. L’hiver a été pour moi très difficile puisque, quasiment chaque mois, j’ai vu disparaitre un être cher, emporté par l’âge ou la maladie. C’est avec une profonde tristesse que je dois maintenant  envisager les années qui me restent et dont le nombre diminue rapidement. »

D’autres avis :

Sandrine ; Clara     

Vous aimerez aussi :

Roman policier américain  

 Le voleur de morts, Tess Gerritsen, traduit de l’anglais (EU) par Jacques Martinache, Presses de la cité, novembre 2012, 420 p., 22 euros

  grand prix lectrices de elle

Partager cet article
Repost0

L’oiseau canadèche de Jim DODGE

Publié le par Hélène

oiseau-canadeche

♥ ♥

 « - Nous refusons tout ce qui sort de l’ordinaire.

- Eh ben, ça doit vous faire une petite vie bien merdeuse et salement étroite, non ? »

 L’auteur :

 Né en 1945, Jim Dodge est une figure atypique de la littérature américaine, à la fibre nettement écologiste et libertaire. Peu prolifique, auteur de quatre livres, trois romans et un recueil de poésie, l’homme a pris le temps de vivre, a partagé durant quelques années l’expérience d’une communauté autonome de Californie, exercé divers métiers, entre autres bûcheron, berger, joueur professionnel, etc. Il oeuvre aujourd’hui pour la préservation de l’environnement dans un ranch de la région de Sonoma. Après Stone Junction, L’Oiseau Canadèche a rencontré un accueil très enthousiaste.

 

 L’histoire :

À près de 80 ans, Jake envisage sereinement l’avenir : c’est qu’un vieil indien lui a révélé le secret de l’immortalité, la recette d’un tord-boyau carabiné, le « Râle d’agonie », qu’il est a peu près le seul à pouvoir avaler : « Bois ça, tiens-toi peinard et tu seras immortel » lui a affirmé Johnny Sept-Lunes, avant de rendre son dernier souffle.

À la mort de sa fille qu’il a à peine connue, Jake se bat pour gagner le droit de recueillir son petit-fils : c’est que l’administration rechigne un peu à confier l’enfant à un vieux solitaire excentrique, porté sur le jeu et la bouteille, réfractaire à toutes les contraintes sociales, travail et impôt en premier lieu. Écumant avec une chance insolente les tables de poker de tout l’Ouest, il gagne de quoi se racheter une moralité aux yeux de l’état américain, et le droit conséquent d’élever son petit-fils. Quelques divergences de caractère semblent éloigner le jeune Titou de son grand-père, en particulier sa passion pour les clôtures ainsi qu’une relative sobriété, alors que toute forme de barrière répugne son alcoolique de grand-père. Mais le duo fonctionne pourtant bien, et mieux encore du jour où Titou découvre Canadèche, canard boulimique et fort sympathique, qui devient le compagnon préféré. La vie s’écoule à peu près totalement peinarde, à peine perturbée par la présence sur leur domaine d’un antique et monstrueux sanglier... En lequel Pepe Jake croit reconnaître la réincarnation de son vieil ami indien, alors que Titou le chasse comme son pire ennemi…

sanglier.jpg

 Traversé d‘un agréable souffle libertaire, L’Oiseau Canadèche est un délicieux conte naturaliste moderne, un trésor de malice et de tendresse brillant comme un coeur de canard… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Canadèche est un conte assez délirant, cocasse et certaines scènes restent gravés dans nos mémoires. Celle du cinéma par exemple, où l’on apprend les goûts cinématographiques très sûrs de Canadèche, ou encore celle durant laquelle le grand-père décide d’apprendre au volatile à voler, sans prendre en compte la loi de l’attractivité terrestre…

 Les personnages sont profondément humains, inspirés, hors-normes et nous permettent d’évoluer dans un monde parallèle bienheureux, simple dans lequel ennemis et amis sont clairement identifiés. Tout coule dans l’univers de cette drôle de famille.

 « On pense à Richard Brautigan et son Général sudiste de Big Sur  pour les divagations pacifistes, au James Crumley de La danse de l’Ours pour mille raisons, au Denis Johnson de Déjà mort pour les vies d’aventure remontées au petit bonheur, à Will Oldham de Palace Music pour le trémolo dans la voix, à Sherman Alexie pour l’eau de feu, les visions… à tous ces tendres déconneurs qui dans le effluves matutinaux de café remettent leur casquette, leur épaisse chemise à CARREAUX, et remontent dans le pick-up intersidéral de leurs vies cabossées. » ( Postface de Nicolas Richard)

 

Ce que j’ai moins aimé :

Trop court, je suis restée sur ma faim, surtout que j’en avais énormément entendu parler par la blogosphère.

 Pour moi, ce court roman souffre d’un problème de construction : les premiers chapitres mettant en place l’action sont trop  longs par rapport au court nombre de pages du roman : « Brève histoire de famille » présentant la famille des personnages court de la page 11 à 55, soit près de la moitié du roman, « Canadèche » centré sur le canard, partie plus drôle et intéressante à mon goût, de la page 59 à 105.

Les ellipses temporelles sont des tunnels  occultant  tout un pan de l’histoire des personnages, puisque l’on passe de Titou enfant à Titou adulte de vingt ans en quelques pages à peine.

 Le tout aurait pu être plus fluide en étant plus travaillé à mon sens.

 Premières phrases :

« Elle avait dix-sept ans ; elle s’appelait Gabrielle Santee ; elle était enceinte de trois mois quand elle se maria avec Johnny Makhurst, dit le Supersonique. Lui, il était pilote d’essai chez Boeing et venait de faire un héritage ; il lui était échu la modeste fortune d’un quincaillier de l’Etat de d’Ohio. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Stone Junction

Autre : souvent cité dans le Challenge Rire et Humour.  

  canard.jpg

D’autres avis unanimes :

 Presse et libraires :

 « Cela faisait un petit paquet d’années qu’on rêvait de voir ça, histoire que soit enfin rendu un hommage public et massif au plus formidable des livres courts découvert ces 10 dernières années. » Benjamin Berton, Fluctuat

« Quel excellent petit remontant. J’ai adoré. » Librairie A livre Ouvert à Bruxelles

« Un court roman sur la Liberté comme seuls les Américains savent les faire ! 106 pages de pur bonheur, de folie, de Grand Ouest Américain, de clôtures, d’échecs, de whisky qui rend immortel, de canard chasseur de sangliers… Les aventures de trois personnages, un orphelin, un vieux grincheux et un canard, dont le but principal est de vivre tranquillement, loin de toute contrainte quotidienne. Bref, les 106 meilleurs pages publiées depuis bien longtemps. » François, Librairie des Halles à Niort

« Jim Dodge appartient à sa manière à la communauté des poètes du grand Ouest américain tels que Brautigan, James Crumley ou Denis Johnson. Un écrivain à découvrir de façon idéale avec L’Oiseau Canadèche. » Florence, Librairie Atout Livre

« Un petit roman folk bienfaisant, comme une chanson de Neil Young ou de Greg Brown. Pastorale hors la loi, conte spirituel et spiritueux, eau de vie de bouilleur de cru, petit élixir du grand Ouest américain  ! Santé  ! » Julien de la Panneterie, Librairie Millepages

« C’est une fable absolument incroyable, totalement décalée, réjouissante. Un livre à lire, à relire et à faire lire sans modération. » Télématin, France2, Linda Cassou, libraire à Antipodes

« Vif, mordant et malicieux. » Elle

« Réjouissant et constamment surprenant. Un conte de fée vient de se poser sur terre. » Daily Telegraph

« Un conte moral moitié Zen moitié Punk. Intensément drôle et bizarrement profond. » Herald

« Un canardage sauvage. » The Times

« Vous allez l’adorer. » Independent on Sunday

« Incroyable...Un joyau, une pépite, un diamant dans la gadoue. » San Francisco Chronicle

« Une fable californienne contemporaine au charme transcendant, sagesse et beauté. » Los Angeles Time

« L’Oiseau Canadèche est une petite praline bourrée de tendresse, un improbable conte anarcho-onirique de la plus belle eau (de vie). » Sophie Creuz, L’Echo

« Si le distillat obtenu par Pépé Jake, le Vieux Râle d’Agonie (…) est effectivement “à 97 % pur”, alors le petit livre tout aussi spirituel que spiritueux présentement ouvert entre vos mains est à 97 % un coup de génie. Les 3 % qui restent pouvant, selon l’appréciation de chacun, relever du délire animalier, de l’apologie de la clôture, du manifeste anarchiste, de l’éloge de la vieillesse, du manuel de siphonage à contre-pente, du souvenir de la balle de golf aspirée au bout de 25 m de tuyau d’arrosage, du traité d’échec sous les séquoias, etc. » Nicolas Richard

« 100 pages stylistiquement trempées dans le Vieux Râle, un whisky indien qui aurait le pouvoir de rendre immortel, et traversées de visions célestes façon Steinbeck on acid. (…) Ça pourrait être niais, naturaliste emmerdant, c’est mortel. » Blog Discipline in disorder

 Blogs :

Aifelle ; Cathulu ; Dominique ; Clara  ; Theoma Chaplum, ChocoKathel, Keisha, Mango

 L’oiseau canadèche, Jim Dodge, Traduit de l’américain par Jean-Pierre Carasso, Cambourakis, 112 pages, 10.20 euros

 

Partager cet article
Repost0