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Des nouvelles du Mexique sélectionnées et présentées par François GAUDRY

Publié le par Hélène

des nouvelles du mexique

♥ ♥ ♥

 Les auteurs :

Jorge IBARGÜENGOITIA - José de la COLINA - José AGUSTIN - Antonio SARABIA - Luis Arturo RAMOS - Guillermo SAMPERIO - Elmer MENDOZA - Paco Ignacio TAIBO II - Eusebio RUVALCABA - Alberto RUY SANCHEZ - Daniel SADA - Mónica LAVIN - Fabio MORABITO - Juan VILLORO - Xavier VELASCO - Enrique SERNA - Mauricio MOLINA - Mario BELLATIN - Ana GARCIA BERGUA - Rosa BELTRAN - Ana CLAVEL - David TOSCANA - Guillermo FADANELLI - Mario GONZALEZ SUAREZ - Eduardo Antonio PARRA - Eloy URROZ - Ignacio PADILLA - Jorge VOLPI - Alvaro ENRIGUE - Fernando de LEON - Socorro VENEGAS - Miguel TAPIA ALCARAZ

 

François Gaudry est traducteur littéraire. Il a traduit de nombreux ouvrages aux éditions Métailié et Phoebus. Il est l'initiateur de cette anthologie de textes mexicains.

Interview sur Evene  http://www.evene.fr/livres/actualite/mexique-litterature-salon-du-livre-1855.php

 Présentation de l’éditeur :

 La littérature mexicaine des trente dernières années offre l’image d’un extraordinaire foisonnement et d’une diversité thématique qui font éclater toutes les représentations réductrices.  Il n’y a pas une littérature mexicaine, mais des écrivains mexicains singuliers. Qu’ils s’expriment dans le registre de la satire, du réalisme, du fantastique, de la chronique, de l’humour ; que leur univers romanesque soit noir, inquiétant, désespérant, corrosif, insolite, drôle ; qu’ils s’éloignent de leur pays ou en scrutent les plaies, les grâces et les rêves, tous témoignent d’une relation unique avec le Mexique, ses dires, son histoire, son présent. Et le prouvent, avec talent, par leurs nouvelles.

 

Ce que j’ai aimé :

Ces nouvelles nous plongent dans des univers très divers, au travers de nouvelles parfois très courtes, un univers dense et passionnant se dessine sous la plume des auteurs en présence.

« Il n’y a pas, semblent dire toutes ces voix qui font le pari de l’art de la fiction, UNE littérature mexicaine, mais des écrivains mexicains singuliers. Qu’ils s’expriment dans le registre de la satire, du réalisme, du fantastique, de la chronique, de l’humour ; que leur univers romanesque soit noir, inquiétant, désespérant, corrosif, insolite, drôle ; qu’ils s’éloignent de leur pays ou en scrutent les plaies, les grâces et les rêves, tous témoignent d’une relation unique avec le Mexique, ses dires, son histoire, son présent. » (Préface)

Dans cette préface François Gaudry dresse un rapide portrait très enrichissant de la littérature mexicaine des trente dernières années. Le choix des écrivains et des nouvelles est de qualité, permettant au lecteur de profiter de la richesse des lettres mexicaines.

 Les récits proposés sont tout à fait accessibles : qu'il s'agisse de l'histoire d'un homme marabouté dont les mains sentent la mort (Paco Ignacio taibo II), du destin d'un mélomane prêt à tout pour rencontrer un pianiste de renom (Eusebio Ruvalcaba), d'une jeune voisine veuve un peu envahissante d'autant plus qu'elle ne se sépare pas des cendres du défunt (Monica Lavin), d'un road movie dantesque en compagnie d'un iguane (Juan Villoro), d'un jeune écrivain en mal de reconnaissance qui reçoit tout à coup le cadeau du ciel : une lettre d'Octavio Paz, mais ce sera sans compter sur les talents de dessinatrice de sa jeune enfant (Enrique Serna), d'un nouveau collègue plein de zèle inquiétant pour un ancien (David toscana), ou encore du tournage de Don Quichotte par Orson Welles (Jorge Volpi).

Une très belle façon d'aborder cette littérature foisonnante et passionnante...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

 Vous aimerez aussi :

Dans la même collection : Histoires d’amour d’Amérique Latine  présentées par Claude Couffon

D’autres avis :

Presse :

L’HUMANITE, Alain Nicolas
« Orientée vers les écrivains des trente dernières années, cette anthologie de textes courts rassemble tout ce qui bouge dans cette littérature. »

LES ECHOS, Philippe Chevilley

« Des Nouvelles du Mexique, parue  aux éditions Métailié, spécialistes de la littérature latino-hispanique, est indispensable. En trente-quatre textes et autant d’auteurs phares, un véritable feu d’artifices nous est offert. »

LA TRIBUNE, Laurène Champalle

« Une trentaine de courts récits des meilleurs auteurs mexicains contemporains, soigneusement sélectionnés et présentés par François Gaudry, fin connaisseur. »

LE FIGARO LITTERAIRE, Thierry Clermont

Trente-deux écrivains, dont un bon nombre traduits en français pour la première fois, sont réunis dans ce volume. L’occasion de découvrir la richesse d’une littérature qui depuis trois décennies ne cesse de surprendre et de séduire. »

 

Des nouvelles du Mexique, Métailié, Suite hispano américaine, février 2009, 382 p., 13 euros 

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Abélard de Régis HAUTIERE et Renaud DILLIES

Publié le par Hélène

      ♥ ♥ ♥
"Si ce que tu as à dire est moins beau que le silence, alors tais-toi."
 Les auteurs :

Renaud Dillies naît à Lille en 1972 dans une famille de cinq enfants. Petit, il croit (comme Charlie) que les hélicoptères sont des sortes de moulins volants et que les nuages sont faits de farine. Quand il ne rêve pas, Renaud écoute des 45 tours de John Lennon. Son père l'initie au jazz, aux big bands, à Amstrong. Sa mère au rock, à l'école british, aux Beatles. A l'école, comme tout futur auteur de BD qui se respecte, il « préfère regarder le vert de l'arbre dans la cour que celui du tableau ». Il passe alors la frontière franco-belge et s'inscrit, en humanités, en graphisme et arts décoratifs à Saint-Luc, à Tournai. Ensuite, il étudie l'illustration à l'Académie des Beaux-Arts de Tournai. Alors qu'il pense laisser définitivement tomber la bande dessinée, Renaud Dillies remporte le Prix du Meilleur Premier Album à Angoulême avec « Betty Blues » (éditions Paquet). Il publie ensuite chez le même éditeur « Sumato », « Mister Plumb » et « Mélodie du Crépuscule ». « Bulles et nacelle » est sa première sortie chez Dargaud.

Régis Hautière a fait ses études à Saint-Malo, Rennes et Lille. Il passe une bonne partie de son enfance le nez plongé dans les livres (que ce soient des romans ou des bandes dessinées) et se découvre très tôt un goût prononcé pour l'écriture. En 1995, il s'installe à Amiens où il devient membre des AJT, une association informelle qui réunit des auteurs amateurs de bandes dessinées. C'est au sein de cette association qu'il rencontre quelques-uns des dessinateurs avec lesquels il publie ses premiers albums (Hardoc, Fraco, David François, Damien Cuvillier...). Il travaille en parallèle pour une structure associative. En 2005, il démissionne pour se consacrer exclusivement à l'écriture de scénarios pour la bande dessinée.

Sa bibliographie est très éclectique. On y trouve notamment le Dernier Envol et Au-delà des nuages avec Romain Hugault (avec qui il a lancé la collection Cockpit), De Briques et de sang, une bande dessinée policière dont l'histoire se déroule en 1914 au Familistère de Guise et qui a fait partie des "essentiels" du festival d’Angoulême 2011, Accords sensibles (avec Antonio Lapone) et Abélard (avec Renaud Dillies).
Sa bibliographie complète compte actuellement une quarantaine d'albums environ, dont certains ont été traduits en plusieurs langues.
En 2011, il reprend le scénario de la série mythique Aquablue, créée par Olivier Vatine et Thierry Cailleteau.
L'édition américaine d'Abélard fait partie de la liste des "Hottest Grafic Novels" de 2012, révélée à l'occasion de la BookExpo America. (source : WIkipédia)

  

L’histoire :

 Abélard quitte son marais et part à la recherche d'une machine volante. En chemin il rencontre Gaston, qui a autant les pieds sur terre qu'Abélard a la tête dans les étoiles. Chacun va faire partager à l'autre sa vision de la vie. Aucun des deux ne sortira indemne de cette confrontation.

Ce que j’ai aimé :
Le jeune Abélard vit une vie calme et sereine, mais est avide de découvrir le monde et de quitter sa vie tranquille pour l'effervecence de la ville. Le jour où il rencontre Epilie, la jeune femme  incarne un peu pour lui tout ce qu’il ne connaît pas : la ville, l’ailleurs, le bonheur, peut-être. Quand on lui dit que pour conquérir la belle il faut décrocher la lune, Abélard n’hésite pas à quitter son univers heureux pour partir en Amérique ou, dit-on se fabrique une machine qui permet de voler et lui permettrait donc d'offrir à la belle le cadeau tant convoité. En chemin il rencontrera des personnages emblématiques, pas toujours aussi bons que ses amis, et il fera l’apprentissage de la vie, de l’ailleurs, pas aussi idyllique qu’il aurait pensé, à l’antipode effectivement du doux monde qu’il a quitté.

abelard-planche.jpg

C'est un album tendre, le jeune Abélard avec ses yeux tristes et mélancoliques est touchant de simplicité, sa naïveté et sa gentillesse innée lui permettent de découvrir le monde avec un regard neuf, émerveillé... Il n'a aucune idée de ce que peut être le Mal et ne peut admettre la méchanceté chez les autres.

 

abélard

Le texte est empreint d'une poésie quasi philosophique qui éclaire l'album d'une aura inoubliable :

  "Et les larmes ? Elles scintillent aussi. Pourtant elles ne tombent pas du ciel.

- C'est parce que, nous aussi, nous venons des étoiles. Nos larmes renferment le souvenir du temps où nous vivions là-haut. elles sont la mémoire d el'univers.

- Bientôt je retournerai dans les étoiles." (p.32)

 "La tolérance est la charité de l'intelligence." (p. 47)

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  Ce que j’ai moins aimé :

Le ton est vraiment triste et mélancolique... 

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Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Betty blues

D’autres avis :
Noukette Les avis sur le tome 1 de Choco, Lire pour le plaisir, Yvan, Yaneck

Les avis sur le tome 2 de Choco, Lire pour le plaisir, Yvan

Les avis sur le diptyque de Jérôme, Mo', Joëlle, Oliv', Fleur

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Le dernier lapon d’Olivier TRUC

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥ 

 L’auteur :

 Journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste pour la télévision. Il est l’auteur de la biographie d’un rescapé français du goulag, L’Imposteur (Calmann-Lévy).

 

L’histoire :

 L’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux.

La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Mais à Kautokeino on n’aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l’immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent. Au cours de l’enquête sur le meurtre Nina est fascinée par la beauté sauvage d’Aslak, qui vit comme ses ancêtres et connaît parfaitement ce monde sauvage et blanc.

Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de P-E. Victor, pourquoi, avant de disparaître, l’un des guides leur a-t-il donné ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks, ces chants traditionnels que chante le sympathique vieil oncle de Klemet pour sa jeune fiancée chinoise ? Que dissimule la tendre Berit malmenée depuis cinquante ans par le pasteur et ses employeurs ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et a l’air de bien connaître la géologie du coin ? Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

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Ce que j’ai aimé :

L'immersion dans un monde totalement différent du nôtre est immédiate et fulgurante : bienvenue dans la nuit polaire illuminée par quelques minutes d'ensoleillement courtes et intenses ("Jeudi 13 janvier. Lever du Soleil : 10h41 ; coucher du soleil : 12h15. 1h34 d'ensoleillement." p. 64)

Dans ces contrées éloignées, les policiers eux-mêmes ont une mission atypique : Nina et Klemet appartiennent à la police des rennes chargés de régler aussi bien les errements des rennes de troupeaux à troupeaux que les accidents :

"Nina avait rempli pour la première fois un constat d'accident de renne.  Elle avait été surprise de voir le formulaire spécifique où il fallait entourer sur le dessin du renne les parties où la bête avait été accidentée. " (p. 53) 

Mais ici comme ailleurs, la mort rôde et peut soudainement prendre ses aises : Mattis, éleveur de rennes est retrouvé mort. Ce qui ressemble au premier abord à un règlement de compte entre propriétaires de rennes se revèle finalement bien plus complexe : la disparition simultanée d'un tambour lapon densifie l'enquête et  aiguille les deux policiers vers un faisceau de pistes remontant à une expédition de Paul Emile Victor dans la région en 1939.

En s'intéressant aux chants lapons, les joïks qui permettent de perpétrer les histoires et traditions des peuples, ainsi qu'aux motifs dessinés sur les tambours, Nina et Klemet vont découvrir que sous la neige, se cachent des trésors attirant la convoitise universelle des hommes...

Le lecteur découvrira pour sa part une communauté divisée en quête de son identité : les samis "dernière population aborigène d'Europe" (p.134) en butte contre l'église suspicieuse face à leur chamanisme, et persécutés encore à notre époque par un racisme ordinaire...

Olivier Truc réussit à allier subtilement des données ethnologiques denses à une intrigue passionnante, et parvient ainsi à tenir le pari difficile de divertir tout en instruisant...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Premières phrases :

 « Aslak trébucha. Signe de fatigue. Normalement, ses pas trouvaient toujours. Le vieil homme n’avait pas lâché son paquet. Il roula sur lui-même. Le choc fut amorti par la couche de bruyère. Un lemming s’en échappa. »

 

Vous aimerez aussi :

Imaqa de Flemming JENSEN

D’autres avis :

Lire les billets de Michel, Yv, Dominique Keisha;  Dasola 

Presse 

 

Le dernier lapon, Olivier Truc, Métailié noir, septembre 2012, 456 p., 22 euros

Merci à Valérie des éditions Métailié.

 Un roman policier à chaudement recommander...

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Mon ami Kemushi de Nathalie DARGENT et Mandana SADAT

Publié le par Hélène

                                           mon-ami-kemushi.jpg

♥ ♥ ♥

 Les auteurs :

 Nathalie Dargent : Historienne d'art de formation, Nathalie Dargent a attendu que ses enfants apprennent à lire pour se consacrer à sa passion : inventer des histoires pour la jeunesse. Elle a publié de nombreux albums.

Mandana Sadat est née en 1971, elle réside en région parisienne. Après avoir obtenu son diplôme des Arts décoratifs de Strasbourg, Mandana Sadat se tourne vers l'édition. Elle s'exprime à travers différentes techniques (papier ciré, outils de tanneur pour graver). Son rapport au dessin est très affectif. Elle travaille en parallèle dans la presse et la publicité. Elle rencontre régulièrement des enfants et des professionnels et participe à des expositions. 

 

L’histoire :

 

 

 

kemushi vit dans le jardin du palais des pruniers et des cerisiers. Durant l’hiver, il reste enfoui dans son lit et écoute les rafales de vent. Le temps passe. Quand le givre a fondu, Kemushi a beaucoup changé. Dehors, les jardiniers s’activent. Kemushi attend leur départ pour enfin sortir de sa maison. Il s’emplit des parfums du jardin et contemple les fleurs de prunier et de cerisier qui volent dans le vent. Pour lui aussi, il est temps de s’envoler. Il déploie ses ailes et quitte sa maison.

Un bel album pour les petits qui parle, avec finesse, de la nature et de l’évolution, de l’identité et du temps qui passe.

Mon avis :

Kemushi est une petite chenille qui aime rester bien au chaud sous sa couette dans sa maison. Mais elle est de plus en plus à l’étroit dans sa maisonnette car elle grossit de jour en jour. Jusqu'à l'arrivée du printemps, saison de toutes les transformations et renaissances...

  « Comme le temps passe ! Fleurs de prunier, fleurs de cerisier, à peine écloses, elles s’éparpillen. Vite ! Kemushi secoue ses ailes. Et tandis que s’ébrouent pruniers et cerisiers, il s’élance. Les pétales tombent, lui s’envole. Il a bien changé, mon ami Kemushi. »

 Ce n'est pas tant l’histoire qui est belle -même si elle est touchante et toujours aussi magique - que les illustrations, magnifiques, teintées d'Asie, douces et colorées à la fois. Ainsi, par touches subtilement disséminées dans les pages, Kemushi nous ouvre les portes d'un cocon poétique moelleux, le prémisse à une vie simple et heureuse.

  kemushi1.jpg 

   

A feuilleter sur le site des Editions Picquier : 

http://www.editions-picquier.fr/catalogue/fiche.donut?id=843

 

Pour les enfants dés 4 ans.

 

Mon ami Kemushi, nathalie DARGENT, illustré par Mandana Sadat Picquier jeunesse, octobre 2012, 32 p., 12 Euros

 

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Publié dans Jeunesse Album

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Pêche en eaux troubles de Carl HIAASEN par Jérôme

Publié le par Hélène

J'ai réussi !

Jérôme du blog D'une berge à l'autre a lu un roman policier, et non des moindres puisque je lui avais conseillé celui-ci :


peche-en-eaux-troubles.jpg  

 

 

Alors si vous aussi vous souhaitez découvrir un bon policier, allez voir ce qu'il en dit : ICI

 


 

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Arrive un vagabond de Robert GOOLRICK

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

  « Et pour elle, pour Sylvan, il est Hollywood. » (p.138)

 

L’auteur :

Robert Goolrick vit dans une petite ville Virginie avec ses deux chiens Preacher et Judge. Son roman Une femme simple et honnête, N°1 sur la liste du New York Times, fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David Yates. Féroces a reçu en france un accueil prodigieux de la part des critiques, des libraires et des lecteurs. Son nouveau roman, Arrive un vagabond, est déjà retenu dans les sélections de rentrée littéraire de la Fnac, du Virgin, des Furets du Nord et de Cultura. (Source : editeur)

 L’histoire :

C’est au cours de l’été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises – l’une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l’autre une importante somme d’argent.

Charlie y tomba deux fois amoureux. D’abord, il s’éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d’un Dieu qu’ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d’autres : il n’y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg.

La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.

 Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre, avec Arrive un vagabond, une plongée sensuelle et enivrante au cœur de la passion. Il y dépeint les membres d’une communauté face à une tragédie en marche. Des hommes et des femmes ordinaires, qui se retrouvent partagés entre la terreur de ce qu’il va advenir de leur fils préféré et la fascination devant les événements qui écriront le souvenir de leur passage sur terre dans la poussière des siècles.

(Source : Editeur)

 Ce que j’ai aimé :

Robert Goolrick a ce talent des conteurs intemporels, qui, avec quelques mots quelques phrases vous rivent aux pages, aux lèvres de l’auteur et vous transportent dans un autre univers aux plaisirs et aux dangers innombrables. Ces simples mots « Arrive un vagabond » sont comme un sésame qui ouvre la porte de tous les possibles, de toutes les tragédies. Un simple mouvement, et le monde bouge, les êtres changent irrémédiablement, et le monde n’est plus le même. L’arrivée de Charlie bouleversera à jamais les vies de ce calme village de Virginie. Les pages nous plongent dans l’intensité d’une perdition, d’une lente descente aux enfers d’un homme pris dans les rets de la passion. Charlie succombera au charme de Sylvan, Emma Bovary américaine, subjuguée par les films de Hollywood, par ces superbes actrices aux robes chatoyantes qui rencontrent des hommes charismatiques et vivent une vie passionnante, bien loin de celle de Sylvan… Charlie, contrairement aux habitants de la petite bourgade, ne craint pas les foudres de l'Enfer promis à celui qui trahira, et c'est à corps et coeur perdu qu'il va se jeter dans cette liaison adultère...

 Témoin de leur liaison, le jeune Sam sera garant de leur secret, même si le poids de son silence résonnera à jamais dans sa vie future.

 « L'enfance est l'endroit le plus dangereux qui soit.  Personne n'en sort indemne. »(p.133)

 Dans un style lyrique inoubliable, Robert Goolrick nous parle de la vie qui coule non sans heurts et laisse sur le chemin des êtres laminés par les sentiments, ou transportés par la pureté de ce qu’ils ont éprouvés.

 « Puis ils restèrent  assis là en silence, à se balancer, le petit calme et fatigué sur les genoux de sa mère, et la fumée blanche de la Lucky Strike de Charlie planant comme un fantôme. La belle sérénité simple de la campagne, la rue douce et sombre aux porches éclairés, avec les derniers papillons de nuit de l’été qui voletaient dans le halo de lumière vive au-dessus de leurs têtes, et les habitants de la ville qui se balançaient en fumant, en somnolant ou en discutant à voix basse. 

Quand il fit noir, les libellules apparurent dans le jardinet de Charlie et des chauves-souris se mirent à voltiger tout autour de sa maison, dans l’obscurité des lourdes branches de ses arbres. » (p. 112)

 

Ce que j’ai moins aimé :

           Rien.

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Féroces de Robert GOOLRICK 

Autre : Au lieu-dit Noir-Etang… de Thomas H. COOK

 D’autres avis :

Clara  ;

Vallit 

 

Arrive un vagabond, Robert Goolrick, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville, Anne Carrière, août 2012, 320 p., 21.50 euros

 grand prix lectrices de elle

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Anuki La guerre des poules de Frédéric MAUPOME et Stéphane SENEGAS

Publié le par Hélène

                                     anuki

 ♥ ♥ ♥ ♥

 

 Les auteurs :

Malgré sa vocation de mousquetaire, Frédéric a choisi d’embrasser la carrière de professeur de mathématiques. C’est avec Stéphane Sénégas qu’il se lance, en 2004, dans l’écriture... C'est ainsi que paraîtront Pirateries et Jungleries aux éditions Kaleidoscope.

 Stéphane Sénégas

a étudié à l’école Emile-Cohl de Lyon. De là, est sorti un artiste complet : peintre, graphiste, dessinateur de presse... qui travaille aussi bien pour la publicité, que pour le dessin animé, la bande dessinée ou l’édition jeunesse. Il publiera aux éditions Kaléidoscope ses premiers albums, s’attachant à « réécrire des histoires avec des images » comme il le dit lui-même. Aujourd’hui, sa bibliographie compte près d’une quinzaine d’albums (Milan, Père Castor, Magnard jeunesse...) dont le très remarqué Pourquoi les libellules ont le corps si long ? (éditions Kaléidoscope), primé au festival d’Eaubonne, coup coeur de la FNAC et repris en « Lutin poche » à l’école des Loisirs. Trois autres de ses albums reçoivent un « coup de coeur de la FNAC », parmi eux l’album Pirateries, scénarisé par Frédéric Maupomé qui reçoit également les honneurs de la sélection du Ministère de l’ Éducation nationale. Enfin pour son entrée dans le grand monde de la bande dessinée, il recevra la mention spéciale du journal Le Monde pour Lyon, Quartier BD (éditions Glénat).

Frédéric Maupomé : Malgré sa vocation de mousquetaire, Frédéric a choisi d’embrasser la carrière de professeur de mathématiques. C’est avec Stéphane Sénégas qu’il se lance, en 2004, dans l’écriture... C'est ainsi que paraîtront Pirateries et Jungleries aux éditions Kaleidoscope. (Présentation de l'éditeur)

 

L’histoire :

La vie d’un petit Indien, ça n’est pas facile tous les jours.... Anuki, garçon vif et attachant, part à la recherche de son jouet perdu et rencontre en chemin des animaux dangereux ou farceurs. Les péripéties d’un scénario sans texte sont merveilleusement servies par un dessin fin et poétique. Au final, Anuki est une bande dessinée drôle et attendrissante !

 Anuki est une bande dessinée muette, consacrée à un jeune indien qui se confronte aux animaux qui entourent le village, les poules, un sanglier et même un ours. Le petit Anuki est courageux, débrouillard et joueur, et les péripéties auxquelles il se frotte montrent son inventivité.

Le dessin, précis et vif, rend le personnage particulièrement attachant, et les poules fournissent un contrepoint humoristique qui n’est pas sans rappeler la coccinelle de Gotlib. Sur le plan narratif, la bande dessinée de Sénégas et Maupomé a été particulièrement travaillée, et le jeune lecteur a vraiment l’impression de courir, sauter, voler même, au rythme d’Anuki. Cet album, appelé à être le premier d’une série et à toucher un large lectorat, propose de plus une conclusion émouvante, qui prouve ici encore que la bande dessinée jeunesse peut-être ambitieuse et accessible à la fois. (présentation de l'éditeur) 

 

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Ce que j’ai aimé :

Anuki est un album sans paroles, sans bulles, avec uniquemment les dessins expressifs au service de l'histoire de ce petit indien attachant. Anuki est un petit être assez solitaire, qui agit plutôt que discourir, qui fonce droit devant sans se préoccuper de ce qui pourrait se trouver sur son chemin... Poules, sangliers, ours, en font les frais mais ne l'entendent pas de cette oreille. Une lutte sans merci débute alors... Mais tapie tel un sioux derrière les arbres, la malchance -ou un juste retour des choses- n'est jamais bien loin et ne va guère épargner le jeune indien.

 Un album tout public accessible à tous, drôle, décalé, original, bref un coup de coeur ! 

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Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

 D’autres avis :

Blogs : Noukette  Hérisson Mo'

 

La presse en parle, elle est unanime, c'est super chouette...

 

- "Anuki - la Guerre des Poules est une bande dessinée drôle et attendrissante qui saura ravir un large public." ActuaBD

- "Le duo Stéphane Sénégas / Frédéric Maupomé reprend du service pour le plus grand plaisir des petits lecteurs." L'Avis des Bulles

- "Le pari est réussi, c'est diablement dynamique et vraiment mignon. (...) Je recommande, évidemment." Bedetheque.com

- "Entre livre jeunesse et BD initiatique, cet album démontre une nouvelle fois qu'en bande dessinée, il est possible de s'adresser à tous les publics, même aux très jeunes enfants." Bodoï

- "Une BD muette particulièrement travaillée." Bibliothéca

- "Anuki histoire sans parole mais non sans talent." "Un album "coup de cœur"" Le Courrier picard

- "C'est beau, c'est entraînant."
La Nouvelle République

 

Anuki, La guerre des poules, Editions de la Gouttière, octobre 2011, 9.50 euros

 

 BD Mango bleu

  

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Le héron de Guernica de Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

  L’auteur :

 Antoine Choplin est depuis 1996 l’organisateur du festival de l’Arpenteur, en Isère, événement consacré au spectacle vivant et à la littérature.

Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne.

Il est également l’auteur de plusieurs livres parus aux éditions de La fosse aux ours, notamment Radeau (2003, Prix des librairies Initiales), Léger fracas du monde (2005) et L’Impasse (2006).

Antoine Choplin reçoit le Prix France Télévisions 2012 pour "La nuit tombée". (Source : Babélio)

Interview : http://www.babelio.com/auteur/Antoine-Choplin/30311

 

 L’histoire :

Guernica. Avril 1937. Jeune peintre autodidacte, Basilio passe son temps dans les marais à observer des hérons cendrés. Ce n’est pas qu’il se sente extérieur au conflit, il a même chercher à s’enrôler dans l’armée républicaine. Mais tandis que les bombardiers allemands sillonnent déjà le ciel, il s’acharne à rendre par le pinceau le frémissement invisible de la vie, dans les plumes d’un de ces oiseaux hiératiques. Dans quelques heures, Guernica sera une ville en cendres, mais c’est un peintre autrement célèbre qui va en rendre compte, magistralement.

L’un comme l’autre, pourtant, le petit peintre de hérons tout autant que le Picasso mondialement connu, nous interrogent sur les tragédies de la guerre et la nécessité de l’art pour en témoigner. (Quatrième de couverture)

 

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 Ce que j’ai aimé :

Le héron de Guernica est un texte magnifique qui nous parle de la guerre, de l’amour, de l’art avec une économie de mots et d’images saisissantes. Il évoque le massacre de Guernica, ville d’innocents bombardés par les allemands pour soutenir Franco, devenu symbole de l’horreur perpétrée par la guerre.

 Il suit surtout les traces de Basilio, jeune homme qui se plaît à peindre la fragilité des hérons au bord de la rivière. Témoin du bombardement, il se rend ensuite à Paris, pour découvrir la toile que Picasso a consacré à cette tuerie, tableau peint à Paris, loin de l’horreur. Et pourtant, ce sera la toile de cet artiste qui inscrira Guernica dans la postérité.

 Antoine Choplin s’interroge ainsi sur le pouvoir de l’art et des choix de l’artiste :

 " J'ai photographié la bicyclette, aussi.

Quelle bicyclette?

Celle qu'on voit là-bas, couchée par terre au milieu de la place.

C'est une drôle d'idée, dit le père Eusebio en regardant vers la bicyclette.

Les avions, ça suffit pas pour raconter ce qui se passe ici, dit Basilio. Dès que tu te mets la tête sous le drap noir et l'oeil dans le viseur tu te rends compe que ça suffit pas.

Si on peut voir les bombardiers juste là, c'est déjà beaucoup, non? (…)

Rien que ça, une bicyclette qui repose à terre, au milieu d'une place déserte. Je crois que c'est pas mal pour donner à deviner tout ce qu'on voit pas sur l'image. Toutes ces choses qui flottent dans l'air et qui fabriquent notre peur de maintenant. Qu'on peut pas graver sur du papier mais qui nous empêchent presque de respirer, par moments. Tu vois ce que je veux dire? » (p. 106)

 Basilio est un artiste qui s’intéresse à  « Toutes les choses qu’on ne voit pas. Tout ce qui palpite sans figurer sur les images, ce qu’on éprouve avec force et qui se refuse à nos sens premiers. Et dont on voudrait témoigner pourtant. » (p. 108)

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 Un très beau texte sur la nécessité pour l'artiste d'offrir son talent à la description de l'horreur pour marquer les esprits et ne pas laisser dans l'oubli ces morts et ces vivants à jamais marqués par la guerre...

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

Premières phrases :

« La veille, après avoir quitté la gare, Basilio s’était aventuré au hasard, parmi les rues.

Vers le soir, il avait franchi les grilles du jardin du Luxembourg et s’était assis sur un banc, un peu à l’écart des allées. La nuit était tombée. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La nuit tombée de Antoine CHOPLIN

 

D’autres avis :

 Kathel ; Agathe ; Aproposdelivres ;  Uncoindeblog ; Val ; Yv

 

Le héron de Guernica, Antoine Choplin, La Brune, 2011, 158 p., 16 euros

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Le tireur de Glendon SWARTHOUT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

  

L’auteur :

GLENDON SWARTHOUT (1918-1992) est un auteur prolifique qui s’est illustré dans divers genres littéraires, mais qui était surtout reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Ouest américain et du western. Plusieurs de ses romans ont été des best-sellers et sept d’entre eux ont été portés à l’écran. Parmi ceux-là, Le Tireur a été mis en scène par Don Siegel en 1976 sous le titre Le Dernier des géants, avec John Wayne dans son dernier grand rôle au cinéma. Ce roman est publié dans une nouvelle traduction intégrale.

 

L’histoire :

Au tournant du XXe siècle, John Bernard Books est l'un des derniers survivants de la conquête de l'Ouest. Après des années passées à affronter les plus grandes gâchettes du Far-West, il apprend qu’'l est atteint d’un cancer incurable : il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Les vautours se rassemblent pour assister au spectacle de sa mort, parmi lesquels un joueur, un voleur de bétail, un pasteur, un croque-mort, une de ses anciennes maîtresses, et même un jeune admirateur. Mais Books refuse de disparaître sans un dernier coup d'éclat et décide d'écrire lui-même l’ultime chapitre de sa propre légende.

À l'instar de Larry McMurtry avec Lonesome Dove, Glendon Swarthout signe avec Le Tireur un western incontournable. Il a été porté à l’écran par Don Siegel en 1976, avec John Wayne dans son dernier grand rôle.

 

Ce que j’ai aimé :

 Le tireur est un homme de légende qui a marqué son siècle. As de la gâchette, il a tué un nombre infini d’hommes si bien que quand il revient dans la petite ville de El Paso, il est observé, craint, envié, adulé. Il s’installe dans la pension de la veuve Rogers, sans savoir qu’il va vivre là ses derniers jours…

Au fil des pages, cet homme cruel s’humanise, les lois de l’Ouest l’ont sans doute contraint à tuer plus que de raison, mais il reste un homme meurtri, seul, qui, à l’heure du bilan, se découvre des sentiments…

 « J'ai eu de bons moments. Mais les meilleurs instants étaient toujours après, juste après, le revolver chaud dans la main, la morsure de la fumée dans mes narines, le goût de la mort sur ma langue, le cœur haut dans la gorge, le danger derrière moi, et puis la sueur soudaine et le néant, et la sensation douce et fraîche d'être né. » (p.162)

 Les vautours ne vont pas tarder à tourner autour de lui, attiré par l’odeur de l’argent et de la mort d’un homme légendaire. Un à un, Books va les repousser pour s’éteindre dignement…

 La scène finale tonitruante va marquer à jamais la légende de cet homme fin tireur…

 Le jeune fils de Bond Rogers, Gillom, est à la fois fasciné et déçu par cet homme aux colts fumants, et il va s’attacher à ses pas, le filant comme une ombre…

 Un western original, crépusculaire

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien.

 

Premières phrases :

 « Il pensa : Quand j’arriverai là-bas, personne ne croira jamais que j’ai réussi un tel voyage à cheval et, Dieu m’en est témoin, je n’y croirai pas non plus.

Il était midi en cette journée maussade. Le soleil était pareil à un oeil injecté de sang dans la poussière. Son cheval souffrait d’une fistule. Une friction entre la selle et la couverture, une

épine, un caillou ou un noeud de fi celle avait créé un abcès au niveau du garrot, profond et purulent, et l’unique traitement, il le savait, aurait été de cautériser la plaie et de la laisser sécher à l’air libre sans remonter sur l’animal, mais il ne pouvait pas s’arrêter. Si le cheval souffrait, l’homme souffrait davantage encore. C’était son neuvième jour de voyage, et le dernier. »

 

Vous aimerez aussi :

 Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

Jérôme

 Jean- Marc 

 

Le tireur, Glendon Swarthout, Gallmeister totem, novembre 2012, 208 p., 9.50 euros

Merci à Marie-Anne des éditions Gallmeister.

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Réanimation de Cécile GUILBERT

Publié le par Hélène

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 « La mort ne possède aucun savoir-faire.

Seule la vie résolvant les contraires, quand elle repart de plus belle, l’été dans le jardin. » (p. 270)

 

L’auteur :

Cécile Guilbert est l'auteur de plusieurs essais publiés chez Gallimard comme Saint-Simon ou l'encre de la subversion (1994), Pour Guy Debord (1996), L'Ecrivain le plus libre (2004), Sans entraves et sans temps morts (2009). Elle a obtenu le prix Médicis de l'Essai pour Warhol Spirit (Grasset, 2008), et cosigné avec Nicolas Guilbert Animaux & Cie (Grasset, 2010). Après Le Musée national (Gallimard, 2000), Réanimation est son deuxième roman.

 L’histoire :

« Blaise vient de fêter ses cinquante printemps. Quelque chose en lui refuse-t-il de naître ? De céder ? De s’ouvrir ? Une délivrance ? Une douleur ? Un remords ? Peut-être. Car soudain tonne le canon qui abat tout, renverse tout, démolit tout. »

 La narratrice et Blaise, mariés, vivent comme des adolescents, des Robinson parisiens, artistes accrochés l’un à l’autre, insouciants. Jusqu’au jour où Blaise est atteint d’une maladie rare, la « cellulite cervicale », forme de nécrose parfois mortelle des tissus du cou. Hospitalisé d’urgence à Lariboisière, Blaise se mue du jour au lendemain en « homme-machine » plongé dans le coma. Alors la peur s'installe. De le perdre. De voir le bonheur disparaître. S'installe aussi la curiosité fascinée de la narratrice pour ce service spécial – la « réa » – tandis que son existence se détraque et se ranime elle aussi...

Récit intelligent et sensible, exercice de mise à distance du malheur, méditation d'une grande douceur sur le temps et l'espérance, les pouvoirs de l'art et de la médecine, les pièges de l'image et les sortilèges de l'imagination, le livre de Cécile Guilbert, traversé de mythes et de contes, et aussi – surtout ? – une lettre d'amour à Blaise.

Mon avis :

Ce mois-ci les lectrices de Elle ont choisi un autre témoignage sur la maladie, du point de vue des proches laissés sur le bord de la route. Je dois avouer que je n’avais nulle envie de lire à nouveau un livre sur la maladie après La tête à Toto le mois dernier –sans parler de La réparation  et Cher Gabriel du mois précédent – d’autant plus que la photo de l’auteure en bandeau fait franchement peur...

 Néanmoins, j’ai été très agréablement surprise par la profondeur du propos et par la beauté du style, mais il n’en reste pas moins que je ne saisis toujours pas bien l’intérêt de ce type de lecture : il s’agit pour l’auteur de se purger, de partager, je le conçois entièrement, mais pour les lecteurs ? Si encore il s’agit d’un lecteur lui-même atteint de ce type de maladie –ou d’une autre- et qui reste avide de trouver un témoignage, une bouffée d’espoir, pourquoi pas. Mais pour les autres ? Entretenir la paranoïa de la maladie, du malheur, se dire que finalement on n’est pas à plaindre ?

Je n’ai rien appris en lisant ce témoignage, j’en ressors indemne…

 Premières phrases :

« Cette année-là, dans les derniers jours de mars, quelque chose a lieu.

Le temps balance entre giboulées hargneuses et fulgurantes éclaircies.

Le soleil s’allume d’un coup dans le bleu lavé pour s’éteindre dans la cendre. »

 

D’autres avis :

Presse : Le monde Le Magazine Littéraire

Blogs : Clara A propos des livres  Nadael  Mango    Théoma

Réanimation, Cécile Guilbert, Grasset, août 2012, 272 p., 18 euros

grand prix lectrices de elle 

 

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