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Mélancolie ouvrière de Michelle PERROT

Publié le par Hélène

                                         melancolie-ouvriere,M97183 

 

L'auteur :

 

C’est au milieu d’une carrière universitaire brillante, d’abord consacrée au mouvement ouvrier, que Michelle Perrot s’est imposée comme une des grandes historiennes des femmes.

Née en 1928 dans la petite bourgeoisie catholique parisienne, élevée dans un collège religieux de jeunes filles, soit une « éducation typiquement féminine », Michelle Perrot (son nom d’épouse) découvre la Sorbonne en 1946 et l’histoire sociale tournée vers le mouvement ouvrier.

Catholique, elle connaît l’attraction du communisme, dont elle s’éloigne à partir de 1957, se consacrant comme beaucoup de ses proches à l’action contre la guerre d’Algérie. Marquée par Mai 1968 où elle participe comme maître-assistante aux multiples activités de la Sorbonne occupée, elle connaît ensuite sa « conversion féministe » en liaison avec l’essor du mouvement des femmes.

Après avoir soutenu, en 1971, sa thèse sur « Les Ouvriers en grève (1871-1890) », sujet « viril » tant la grève était domaine masculin, elle s’engage dans le domaine nouveau qu’est l’histoire des femmes, donnant ses premiers cours sur ce thème en 1973.

De ses multiples études, communications et conférences, dont beaucoup sont reprises dans son recueil Les Femmes ou les silences de l’Histoire (Flammarion, 1998) se dégage le souci de restituer, de reconstituer une histoire globale dont les femmes cesseraient d’être exclues.

Elle co-dirige ensuite avec Georges Duby la première grande synthèse que sont les cinq volumes de l’Histoire des Femmes en Occident, de l’Antiquité à nos jours (Plon, 1991-1992). (Source : Babélio)

 

Quatrième de couverture :

 

 « Je suis entrée comme apprentie chez MM. Durand frères. J'avais alors douze ans. » Ainsi commence le témoignage de Lucie Baud (1870-1913), ouvrière en soie du Dauphiné, femme rebelle et oubliée, en dépit de grèves mémorables. Une ouvrière méconnue peut-elle être une héroïne ? Michelle Perrot s'efforce de comprendre son itinéraire en renouant les fils d'une histoire pleine de bruits et d'ombres, énigmatique et mélancolique. Mélancolie d'un mouvement ouvrier qui échoue, d'une femme acculée au départ et peut-être au suicide, de l'historienne enfin, confrontée à l'opacité des sources et à l'incertitude des interprétations.

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Mon avis :

 

Que de circonvolutions pour arriver dans le vif du sujet !  L’auteur s’évertue pendant quarante pages à nous répéter qu’on ne sait rien de cette Lucie Baud, que les renseignements sont difficiles à glâner, et en tant que lecteurs on aurait envie de lui dire « Mais change de sujet bon sang ! ». Sauf que comme il s’agit d’une commande de la part de l’éditeur voulant lancer une nouvelle collection « Nos héroïnes », peut-être que Michelle Perrot n’ose pas changer son fusil d’épaule. Alors elle persévère. Elle entre enfn dans le vif du sujet à la page 44, mais en ponctuant son propos de « sans doute », « on a d’assez fortes présomptions sur.. » « j’ignore si… », « je ne sais pas davantage », « on ne le sait pas très bien »… Parce que, on l’aura compris, on ne sait pas grand-chose de Lucie Baud…

 Donc, erreur sur le sujet. Mais erreur aussi sur l’écrivain qui n’a pas le talent nécessaire pour faire vivre son personnage, qui use de phrases simples rapidement ennuyantes : « Il s’agissait de former de bonnes ouvrières : l’école préparait à l’usine ; et au-delà, de bonnes épouses et mères. »  Car même la syntaxe est approximative…

 Le seul intérêt de cet essai tient dans le dossier final dans lequel la voix de Lucie Baud se fait enfin entendre... Il aurait peut-être été préférable de commencer par là... 

 

D’autres avis :

 Une lecture commune avec Clara

 Télérama  

 

Mélancolie ouvrière, Michelle PERROT, Grasset, octobre 2012, 192 p., 11 euros 

 

grand prix lectrices de elle 

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Un peu de bois et d’acier de Christophe CHABOUTE

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 L’auteur :

 

Né en 1967, d'origine alsacienne, Christophe Chabouté publie en 1993 ses premières planches chez Vents d'Ouest dans les Récits, un album collectif sur Arthur Rimbaud. En 1998, il réalise Sorcières au Téméraire et Quelques jours d'été chez Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au festival d'Illzach, le second à Angoulême où il décroche l'Alph' Art Coup de Cœur.

Avec Zoé paru en 1999 chez Vents d'Ouest, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité. Ce qu'il démontre avec encore plus d'évidence dans Pleine Lune, qui a reçu le prix Extrapole 2001, le prix de la ville de Limoges, celui du meilleur scénario à Chambéry et deux nominations à Angoulême 2001. En 2001, il réédite Sorcières chez Vents d'Ouest, dont la moitié des nouvelles qui le composent sont inédites. Il publie la même année Un Îlot de Bonheur chez Paquet, album récompensé par une mention spéciale du jury œcuménique de la BD à Angoulême 2002. En 2002 toujours, il collabore à l'ouvrage collectif Léo Ferré en BD et publie surtout La Bête dans la collection Intégra et Purgatoire, en couleurs, pour la collection Equinoxe de Vents d'Ouest.

En 2006, paraît Landru, suivi par Construire un Feu en 2007, adapté d'une nouvelle de Jack London, puis en 2008 par Tout Seul. En 2009, les éditions Vents d'Ouest ont le plaisir de publier une nouveauté de Chabouté, Terre Neuvas, mais aussi de rééditer plusieurs de ses œuvres : une intégrale de Purgatoire, ainsi qu'un opus réunissant Quelques Jours d'été et Un Îlot de Bonheur. En 2010 paraît Fables Amères.

L'œuvre très personnelle de Chabouté connaît un succès grandissant et a été récompensée de nombreux prix.

  

L’histoire :

 

Chabouté revient, avec son regard particulier et son exceptionnelle maîtrise du noir & blanc...

L'histoire d'un banc, un simple banc public qui voit défiler les gens à travers les heures, les jours, les saisons, les années... Ceux qui passent, qui s'arrêtent, d'autres qui reviennent, certains qui attendent... Le banc devient un havre, un îlot, un refuge, une scène... Un ballet d'anonymes et d'habitués évoluant dans une chorégraphie savamment orchestrée ou les petites futilités, les situations rocambolesques et les rencontres surprenantes donnent naissance à un récit drôle et singulier. Chabouté tisse avec brio une histoire où plane la magie d'un Tati, agrémentée d'un soupçon de Chaplin, quelques miettes du mime Marceau et d'une pincée de Keaton ... 330 pages d'une aventure dont le héros est un banc, un simple banc public... Juste un peu de bois et d'acier... (présentation de l’éditeur)

 

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 Ce que j’ai aimé :

 

 Christophe Chabouté nous offre là encore un album poétique, beau, mimant la vie comme elle va, qui s’écoule, douce et tranquille. Ce vieux banc est témoin de tranches de vie de quelques personnages : le clochard chassé régulièrement par le policier zélé, le couple de retraités qui aime partager une pâtisserie, le jeune éconduit avec ses fleurs, les joggeurs, musiciens… Le banc devient comme un havre de paix, une pause dans une vie mouvementée, une parenthèse enchantée. Puis, la vie continue, ailleurs, autre part...

 chaboute2.jpg

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Le prix : 30 euros pour une BD muette, cela me semble tout  de même un peu cher.

- J'ai trouvé cet album assez banal par rapport à la claque qu'avait été Tout seul. Ici, beaucoup moins d'originalité, d'inventivité, même la fin est somme toute assez prévisible !

  Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Tout seul de Christophe CHABOUTE

 

D’autres avis :

Lecture commune avec Jérôme

Télérama 

Babélio 

 

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De bois et d’acier, Christophe Chabouté, Vents d’ouest, septembre 2012, 336 p., 30 euros

 

BD Mango bleu

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Le ciel se trouve sur terre de Ake EDWARDSON

Publié le par Hélène

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   ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

Åke Edwardson est né en 1953. Les Aventures d'Erik Winter ont été traduites dans plus de vingt langues; elles ont reçu des distinctions dans le monde entier, dont une nomination pour le Los Angeles Times Book Prize, et ont été adaptées pour la télévision (Présentation de l’éditeur)

 

 L’histoire :

Un climat d'angoisse éclipse à Göteborg les festivités de fin d'année. Tour à tour, des enfants sont enlevés quelques heures par un inconnu sans qu'aucun crime ne puisse être constaté. Alors qu'il enquête sur de violentes agressions touchant les étudiants, Erik Winter est sur le qui-vive. Jusqu'à ce que les deux affaires s'accélèrent brutalement... (Présentation de l’éditeur)

 

 Ce que j’ai aimé :

 Deux affaires aux allures étranges s’entremêlent dans ce nouvel opus des aventures de Erik Winter : la disparition momentanée d’enfants et l’agression d’étudiants dotés de cicatrices hors du commun par la suite. Pourquoi divers enfants racontent-ils être montés dans la voiture d’un homme qui les avait attirés avec des bonbons ? Disent-ils la vérité ou bien s’agit-il d’élucubrations d’enfants lovés dans des délires imaginatifs ? Et quels sont les liens entre ces étudiants agressés la nuit, et incapables de donner davantage de détails ?

 Ake Edwardson revient sur les blessures inoubliables de l’enfance, mais il pointe aussi les défaillances des jardins d’enfants, qui, par manque de personnel ne peuvent avoir l’œil partout alors que les pédophiles, eux, peuvent être à tous les coins de rue.

 Parallèlement, la vie domestique de Erik ronronne entre Angela et Elsa sa petite fille. Un nouvel opus passionnant des aventures de ce cher Erik Winter... 

 

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

 Premières phrases :

« L’un des enfants se précipita du haut de son perchoir et atterrit dans le bac à sable, puis il éclata d’un rire bref. C’avait l’air amusant. Lui aussi voulait sauter, mais alors il lui faudrait sortir de la voiture, longer la grille et franchir le portillon pour grimper sur les barres jaunes et rouges. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Je voudrais que cela ne finisse jamais de Ake EDWARDSON ; Presque mort de Ake EDWARDSON

Autre : Roman policier nordique

 

Le ciel se trouve sur terre, Ake Edwardson, Traduit par Marie-Hélène ARCHAMBEAUD, 10/18, octobre 2012, 504 p., 9.10 euros

Série Erik Winter

 

1.      Danse avec l'ange, 2002/

2.      Un cri si lointain, 2003 /

3.      Ombre et soleil, 2004 /

4.      Je voudrais que cela ne finisse jamais, 2005 /

5.      Le ciel se trouve sur Terre, 2011 /

6.      Voile de pierre, 2006 /

7.      Chambre numéro 10, 2007

8.      Ce doux pays, 2007

9.      Presque mort, 2009

10.  Le dernier hiver, 2010

 

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Une canne à pêche pour mon grand-père de GAO XINGJIAN

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

L’auteur :

 

Gao Xingjian est un écrivain, dramaturge, metteur en scène et peintre français d'origine chinoise.

Gao Xingjian grandit durant les répercussions de l'invasion japonaise en Chine orientale. Sa mère éveilla très tôt l'intérêt de son fils pour les arts de la scène et l'écriture[. Il reçoit une formation de base dans les écoles de la République populaire et obtient un diplôme de français en 1962, à l'Institut des langues étrangères de Pékin.

Lors de la Révolution culturelle, il est envoyé durant six ans en camp de rééducation à la campagne et se voit forcé de brûler une valise dans laquelle il avait dissimulé plusieurs manuscrits. Il n'est autorisé à partir à l'étranger qu'après la mort de Mao, en 1979. Il se rend alors en France et en Italie. Entre 1980 et 1987, il publie des nouvelles, des essais et des pièces de théâtre mais son avant-gardisme et sa liberté de pensée lui attirent les foudres du Parti communiste chinois.

Ses théories littéraires, exposées dans Premier essai sur l'art du roman (1981) vont délibérément à l'encontre des dogmes d'État et du réalisme révolutionnaire prôné par le régime. Le caractère subversif de ses œuvres le confronte inéluctablement à la censure.

En 1987, il est contraint à l'exil et est depuis déclaré persona non grata sur le territoire chinois. Il vit en France depuis 1988, où il a obtenu l'asile politique. En 1997 il obtient la nationalité française.

Il est Chevalier des Arts et des Lettres.

 

L’histoire :

 

Souvenirs d'enfance, les bonheurs simples de l'amour et de l'amitié, le pays natal et ses lieux familiers, mais aussi les drames de la rue ou les tragédies vécues par la Chine, tels sont les thèmes de prédilection de ces six nouvelles choisies par l'auteur - avec la complicité de son traducteur. " (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

« Le temple » délabré est visité par un couple pendant leur voyage de noces, prétexte à une nouvelle poétique, cette période dorée de l’histoire du mariage étant mise en valeur.

« L’accident » s’attache à la suite de hasards qui réécrivent l’histoire des hommes…

« La crampe » survient brutalement pendant la nage d’un jeune homme.

« Dans un parc » se noue une conversation compliquée entre deux anciennes connaissances qui éprouvent des difficultés à communiquer et à se retrouver, le ton tournant rapidement au ressentiment.

« Une canne à pêche pour mon grand-père » : dans cette nouvelle le narrateur recherche son enfance perdue, il mène sa quête dans une nature ravagée par la modernité en se souvenant de la douceur de ses grands-parents. Hymne à l’enfance et au pouvoir du souvenir, cette nouvelle est un hommage rendu au passé.

Instantanés : simple évocation d’images faisant naître le rêve.

Des nouvelles qui permettent d’aborder l’œuvre de ce grand écrivain chinois auteur notamment de l’immense roman « La montagne de l’âme ».

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Je n’ai rien compris à la dernière nouvelle « Instantanés »…

 

Premières phrases :

 

« Nous nagions dans un bonheur parfait, dans le désir, l’amour fou, la tendresse et le douceur du voyage de noces qui avait suivi notre mariage, bien que nous n’ayons eu qu’une quinzaine de jours de congé : dix jours accordés pour l’occasion et une semaine de congés normaux.

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La montagne de l'âme

Autre :  Littérature Asie de l'Est

 

Une canne à pêche pour mon grand-père, Gao Xingjian, traduit du chinois et préfacé par Noël Dutrait, Editions de l’Aube, 1997 et 2001, 7 euros

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Publié dans Littérature Asie

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L’amour sans le faire de Serge JONCOUR

Publié le par Hélène

                                                 amour-sans-le-faire.jpg

 L’auteur :

 Serge Joncour a 46 ans. Il est l'auteur de huit livres, parmi lesquels UV (Prix France Télévision 2003), L'Idole (Flammarion, 2005), Combien de fois je t'aime (Flammarion 2008), L'homme qui ne savait pas dire non (Flammarion 2009). (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c'est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s'appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d'y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. « On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d'un enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler à la vie réinventée. L'Amour sans le faire, c'est une histoire de la tendresse en même temps qu'un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer - et pourquoi pas à renaître. (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

 

Voilà un roman qui a les défauts de ses qualités : il nous parle de la vie comme elle va, bonnant mallant quelquefois pour certains, entre querelles de famille pour Franck et deuil incommensurable pour Louise. L’un comme l’autre vivent une vie décousue, triste et morne, jusqu’à ce que …

Le style du roman s’adapte à cette histoire fort simple, et reste très basique, tout comme les chapitres, courts alternant l’histoire de Franck et celle de Louise.

L’amour sans le faire pourrait donc être un joli conte mais il est finalement assez prévisible et frôle quelquefois les clichés et la niaiserie. Trop de simplicité et de banalité tue le roman.

Les réflexions sur le couple sont somme toute assez communes même si elles sonnent vraies :

« Ce qui les retenait, c’était cette totale habitude qu’ils avaient l’un de l’autre, à force de rester ensemble on ne tient plus à l’autre, mais on tient par l’autre, et là, c’ets beaucoup plus délicat, ça demande une énergie folle de se déprendre, ou de la haine pure, à moins de miser sur l’évènement d’une nouvelle rencontre, celle qui redonne la folie de recommencer à zéro. » (p.250)

« Je ne sais pas, dans le fond, c’est la seule vraie chose qu’on devrait se promettre dans la vie, de ne jamais se faire de mal. » (p. 296)

Dans le cadre du prix des lectrices de Elle je dois comparer ce roman-là à Arrive un vagabond. Le roman de Goolrick traite lui aussi d’un thème usé jusqu’à la lie, l’adultère, mais avec talent, originalité, puissance dans l’écriture… Dans L’amour sans le faire j’ai retrouvé tout ce que je reproche au roman français : un thème banal, des idées simplistes trop proches de notre quotidien pour nous apporter quelque chose, une tristesse latente démoralisante, et en prime un style qui ne s’élève pas et laisse le roman à ras de terre…

Dernière critique, la quatrième de couverture a le don d’intriguer le lecteur, mais cette piste est rapidement oubliée, rapidement résolue, fondue dans la banalité du sujet.

Une déception...

 

Premières phrases :

 

« Il voulait les prévenir avant de descendre. Ce jour-là il laissa sonner longtemps, il reposa même le téléphone pour vérifier le numéro, il n’était plus très sûr depuis le temps. »

 

D’autres avis :

 

Presse : Télérama ; Lire ; Le monde

Blogs : A propos de livres Fransoaz CanelYv  Papillon Gambadou  

 

L’amour sans le faire, Serge Joncour, Flammarion, août 2012, 319 p., 19 euros

   grand prix lectrices de elle

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Les bonheurs de l’aube de Léon MAZZELLA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 "La poésie, c'est ne pas être assis,

c'est, passionnément, refuser sa mort,

c'est entrer à l'aube et à corps perdu

dans l'onde du jour,

c'est ne pas dormir et c'est être

l'aube avant l'aube."

Rafael Alberti D'espagne et d'ailleurs

 

 L’auteur :

 

En quelques mots : je suis né le 7 novembre 1958 à Oran. J'ai grandi à Bayonne. J'ai fait mes études (Sciences-Po et Droit) à Bordeaux, où j'ai commencé à travailler -au journal Sud-Ouest, dès l'été 1981, à Biarritz. Journaliste professionnel depuis 1984, je bourlingue de rédaction en rédaction et effectue des reportages de pays en pays et de bled en bled. Spécialisé en art de vivre (gastronomie, vins, cigares, voyages), en nature sauvage et en critique littéraire, je donne beaucoup en presse écrite, mais aussi audiovisuelle (télé et radio). Plusieurs fois rédacteur en chef, notamment de Pyrénées Magazine (à Toulouse), de La Chasse, directeur des rédactions de GaultMillau (magazine et guides)... Je suis aussi éditeur (j'ai créé et dirigé fitway publishing, et suis actuellement directeur de collection aux éditions Privat). Auteur par ailleurs, d'une quinzaine d'ouvrages (ma biblio sélective figure sur la page d'accueil de ce blog), je consacre mon temps à lire, écrire, aimer, fort, à voir mes deux enfants grandir, à voyager, m'émerveiller des beautés de la nature; et à rire de tout, mais pas avec n'importe qui.  (Présentation de l’auteur sur son blog http://leonmazzella.hautetfort.com/

 

L’histoire :

 

Recueil de vingt nouvelles qui disent toutes la vérité. Ce sont parmi les aubes que j'ai vécues, celles qui m'ont le plus marqué. Elles se passent un peu partout dans le monde (Afrique, Cuba, Kazakhstan, Venise, Pays basque... Mer, montagne, marécages...). Ce sont des rencontres avec des paysages et avec des hommes (ou des femmes) forcément rares, car à l'aube, un surcroît de vie et d'acuité de tous les sens donnent plus de saveur à l'existence. Dispo en librairie, il a été publié à La Table ronde. Bon petit succès à sa parution fin 2001 (excellente presse, accueil libraires top!). J'aimerais le voir reparaître en poche. J'ajoute que ce bouquin a raté d'un cheveu le Prix GONCOURT de la nouvelle, en 2001... (Présentation de l’auteur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Les bonheurs de l'aube, ce sont ceux glânés aux quatre coins du monde par l'auteur, ces bonheurs minuscules qui deviennent immenses, quand tout à coup la beauté d'un instant ou d'un paysage vous envahit et vous prend à la gorge et au coeur. Ces instants collés à la réalité, si près d'elle, que quelquefois si le regard n'est pas aiguisé, si l'attention n'est pas relâchée, deviennent invisibles. Léon Mazzella nous rappelle que la beauté est là , que la poésie court dans le regard que l'homme porte que le monde, que la pureté existe.

Que ce soit en Afrique lors d’une partie de chasse au buffle, sur le pont d’un bateau dans le détroit de Gibraltar, dans les Pyrénées dans une plaine de Mongolie, Léon Mazzella chante la vie et la mort imbriqués comme dans un tout lumineux évident, il chante la renaissance d’un nouveau jour immuable et toujours aussi magique...

 

« Mais la première bouffée de ce cigare mercenaire, sans marque, à l’heure où les premiers rayons du soleil caressaient notre peau, me donna l’impression d’aspirer un peu de l’haleine des Dieux. Sa fumée rejoignait les nuages. Je fermais les yeux pour mieux ressentir la combustion du bonheur. » (p. 133)

 etangs-de-commelle-hdr-aube.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court ! Du coup j’enchaîne avec Chasses furtives que je viens d’acheter…


Premières phrases :

 

« Le combat s’est achevé vers deux heures et demie du matin. Depuis plusieurs jours, il faisait un temps de chien. J’étais épuisé.  J’ai bu beaucoup de whisky et je me suis couché sur une autre planète. Auparavant, en lisant machinalement, dans les toilettes, un texte sans intérêt sur l’emballage  du papier hygiénique, je me suis arrêté sur un mot de la version italienne du descriptif : le mot morbidezza. En français, cela signifie douceur. Aussitôt je me dis : morbidezza, et la mort paraît douce… »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Chasses furtives

Autre : Hommes, bois, abeilles de Mario RIGONI STERN

  

Les bonheurs de l’aube, Léon Mazzella, La table ronde, octobre 2001, 12.20 euros

 

 

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Bric à brac hopperien de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

                                                        bric-a-brac 

♥ ♥ ♥ ♥

« Intérieur/Extérieur 

 Je voudrais que les yeux

Qui se promènent

Sur mes tableaux

Servent de fenêtre

Ou d’escalier

Entre mon cœur

Et les grands vents. » (p.49) 

  

 L’auteur :

Thomas VINAU est né en 1978 à Toulouse.

Il habite au pied du Luberon. Il est entre autres supporter des poussières, militant du minuscule, anomaliste, brautiganiste et etc-iste... (Source babélio)

 http://etc-iste.blogspot.fr/

 L’histoire :

 "À neuf ans, Ed s'est perdu en plein centre de Nyack. Il n'avait jamais pensé qu'il pourrait y avoir d'autres rues et d'autres maisons autour de sa rue et de sa maison... Lorsqu'il est arrivé à New York, Ed a commencé à se perdre mais cette fois avec un certain plaisir et sans aucune peur. Dans les dernières années de sa vie, il inscrivait parfois au dos de ses peintures la phrase suivante : "Il est préconisé de se perdre dans une ville inconnue pour comprendre ce tableau""


Portrait interne du peintre Edward Hopper réalisé à partir de listes, de notes et de chutes autobiographiques par Thomas Vinau, l'auteur de "Nos cheveux blanchiront avec nos yeux" (Alma, 2011) et "Ici ça va" (Alma 2012) (Source Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

  Edward Hopper apparaît en filigrane entre ces pages, son portrait se crée sous nos yeux, mille petites touches évoque l'homme, l'artiste, l'époux, et, peu à peu, il nous devient familier, amical, intime. Là réside le talent de Thomas Vinau qui, avec une sensibilité extrême, réussit, tel un marionnettiste à faire vivre un homme sous nos yeux. 

Son écriture poétique sert le destin de l'artiste qui cherchait à saisir ce qui se tramait en-deçà de la réalité, au coeur du monde et des choses, pour ensuite mieux peindre cette réalité flamboyante, tout comme Thomas Vinau, dans son oeuvre cherche à partager les brindilles du quotidien pour chanter la beauté de ce qui l'entoure.

 

« Point de vue

Ed regarde les gens comme il regarde le ciel.

Ed regarde les lieux comme il regarde les gens.

Lorsque Ed regarde quelque chose, il cherche

A voir ce qui le remplit et ce qui le vide.

Ce qui le modifie. » (p. 24)

 

« Partie de chasse

La première fois qu’il est allé chasser dans

la vallée du Yaak, Ed a clairement apprécié

le rythme de la marche dans les bois du

Montana. Le fusil encombrant l’empêchait de

se servir de ses mains  et l’affût lui interdisait

de laisser traîner ses yeux sur les formes

mouvantes des nuages. La seconde fois,

il trouva plus commode d’y aller sans fusil. » (p. 53)

 

  Une magnifique rencontre d'artistes, une symbiose parfaite qui élève l'âme !

gas.jpg

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court

 Premières phrases :

 

« Punch

Enfant, Ed lisait et relisait l’almanach

De Punch qu’un oncle lui avait rapporté

D’Angleterre. Il passait de longues heures

A rêver devant les dessins humoristiques

De Georges du Maurier. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Ici ça va de Thomas VINAU

Autre :  Hopper, Ombre et lumière du mythe américain de Didier OTTINGER

 

Bric à brac Hoppérien, Thomas Vinau, Alma Editeur, septembre 2012, 13 euros

 

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Lectures pour la Saint Valentin

Publié le par Hélène

 baiser 

  

Si vous cherchez :

 

Une histoire d’amour :

  

Le scandale de la saison ; La double vie d’Anna Song ; Letraducteur amoureux ; Les années douces Purge ; Un jour ; Traversée ;  Tours et détours de la vilaine fille ; L'île des oubliés ; L’arrière-saison

BD : Chico et Rita ; 

Poésie : Les yeux d’Elsa

  

Une réflexion sur le couple :

  

La patience des buffles sous la pluie  ; La colère des aubergines ; Le traducteur amoureux La tournée d'automne  Les déferlantes ;  Quand viennent les cyclones  ; La fortune de Sila ; La double vie d’Anna Song ; Syngué sabour, pierre de patience ; En attendant Babylone ; Le club Jane Austen ; La délicatesse ;  Le mec de la tombe d’à côté ;  Ce qu’on peut lire dans l’air  ;   Les femmes du braconnier ; Mr.Peanut  ; Désolations  ; L’amant ; Des vies d’oiseaux ; La fille du cannibale ; Texasville ;  L’aiguillon de la mort ; Le jeu des ombres ; L’arrière-saison   

BD : Cinq mille kilomètres par seconde ; Loin d’être parfait

Policier : Intrusion ; Les apparences

 

De l’érotisme :

  

Eros dans un train chinois  ; Sex in America ; Le mardi c’est permis Alice et autres nouvelles ;  Permis pour le rendre fou de plaisir sans passer pour un nympho ; Premières fois ; Diane et autres stories en short  ; Osez pimenter la sexualité de votre couple ; Cinquante nuances de Grey

  

   Une vision du mariage :

  

Drôle de temps pour un mariage  ; Confessions de Paul VERLAINE ; Broderies ; Une si longue lettre ; Une bonne épouse indienne ; Mr.Peanut ; Désolations de David VANN ; 

Une partie de campagne  Ma brillante carrière  ; Madame Bovary ; Certaines n’avaient jamais vu la mer

 

 D’autres idées dans les idées cadeaux :

 

 Envie de volupté :

  

Faire l’amour, Jean-Philippe Toussaint  (suggéré par Carole Fives) 

  

La Comtesse de Ricotta, Milena Agus ; La mariée mise à nu, de Nikki Gemmell ( suggéré par Sophie Adriansen)    

  

Les belles endormies de Kawabata (suggéré par Pierre Frémaux)

 

Premières fois, ouvrage collectif aux éditions Delcourt. 

Cet album est un recueil de nouvelles érotiques très bien écrites, intelligentes et très éloignées de la pornographie brutale et lobotomisante que l’on trouve sur Internet. C’est un livre qui sonne juste, qui sonne vrai. Les auteurs sont variés, proposent des dessins différents ? Si l’on veut s’offrir un album érotique, je recommande vraiment celui-ci.  (suggéré par Yaneck)

  

« Le sexe pour les Nuls ». ( suggéré par Dominique Sylvain)

  

 

Un livre pour donner envie d'aimer :

 

Comment interprêter la question ? Je n'ai pas trop de référence alors je dirai Monsieur Papa de Patrick Cauvin qui parle du lien père fils avec beaucoup de tendresse. (suggéré par Loo)

  

Là aussi une référence s'impose à moi : Marcus Malte avec "Les harmoniques" (série noire) ou Carnage constellation (folio). (suggéré par Jean-Marc Laherrère)

  

Loin de Chandigarh, TEJPAL   (suggéré par Marie-Anne Lacoma)

  

Doomboy par Tony SANDOVAL aux éditions Paquet.

Une histoire d’amour, comment vivre après la mort de celle qu’on a aimé. C’est extrêmement touchant, très bien écrit, très poétique. Cette tristesse, cette passion, est vraiment bien illustrée. Les effets d’aquarelle contribuent bien à cela. (suggéré par Yaneck)

 

Le Hussard sur le toit, Jean Giono (suggéré par Aliette Armel)

 

« Out Of Sight » d’Elmore Leonard, et pour se calmer, « La Duchesse de Langeais » de Honoré de Balzac (quoique…). (suggéré par Dominique Sylvain)

 

Il faurait une histoire d'amour qui finisse bien, et là, finalement, il n'en existe pas tant que ça. Eviter absolument Belle du Seigneur, brrr! (suggéré par Keisha)

 

 L’amant de Marguerite DURAS (suggéré par Hélène)

 

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La diane française de Louis ARAGON

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « Que peut un rossignol si ce n’est sa chanson. »

(La nuit de juillet)

 

L’auteur :

 Né à Paris en 1897, Louis Aragon manifeste très tôt un goût pour l'écriture. En 1917, il rencontre André Breton avec lequel il s'engage dans l'aventure surréaliste. La publication du roman intitulé Le Paysan de Paris (1926) fait de lui un écrivain d'avant-garde. À la fin des années 1920, il s'inscrit au parti communiste et rencontre Elsa Triolet, qui deviendra sa femme. Il s'éloigne alors du surréalisme et s'engage dans l'action politique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la Résistance et publie clandestinement, aux côtés de Pierre Seghers, plusieurs recueils de poèmes. Après la Libération, Aragon poursuit son œuvre romanesque et poétique tout en restant un écrivain engagé. Il meurt à Paris en 1982. Cinq de ses recueils ont été publiés aux Éditions Seghers.
Née Natacha Huttner à Moscou et venue en 1914 à Paris, Dominique Arban est secrétaire de rédaction à L'École de la vie et à Marianne avant la Seconde Guerre mondiale. Après quatre années de clandestinité, elle collabore au journal Combat, dont elle assure ensuite la direction littéraire. Collaboratrice à France-Observateur, au Figaro littéraire, puis au Monde, Dominique Arban produit et anime de 1954 à 1968 une émission hebdomadaire intitulée «Étranger, mon ami » sur les ondes de l'ORTF. Spécialiste de Dostoïevski, elle traduit et publie, entre autres, sa monumentale correspondance. À la fin de sa vie, Dominique Arban rédigera ses Mémoires, Je me retournerai souvent? (Flammarion, 1990). (Source : Editions Seghers)

 

 L’histoire :

Des poèmes devenus le symbole de la résistance littéraire en France.

 

Après Les Yeux d'Elsa, Il ne m'est Paris que d'Elsa et Le Voyage de Hollande, les Éditions Seghers rééditent le grand recueil de résistance de Louis Aragon. Cet ouvrage rassemble en réalité deux recueils qui furent d'abord publiés séparément par Pierre Seghers en 1946 : La Diane française et En étrange pays dans mon pays lui-même.


Composés entre 1941 et 1944, ces poèmes sont indissociables des circonstances dans lesquelles ils furent écrits, publiés et diffusés. En effet, si certains ont été édités légalement, d'autres échappent à la censure de Vichy en paraissant dans des revues clandestines, sous des pseudonymes (François la Colère ou Jacques Destaing).


Avec ce recueil, le poète bat la " diane " et tente de réveiller les Français endormis, comme l'avait fait avant lui Victor Hugo dans Les Châtiments. Il prend également appui sur une tradition remontant aux troubadours de langue d'oc, qui faisaient alterner le parler clair, destiné aux témoins des événements, et le parler clos, réservé aux initiés. Dans l'un et l'autre cas, Aragon veut convaincre ses compatriotes d'entrer dans une lutte commune et juste qui mobilise " toute sa lyre ".

 

Ce que j’ai aimé :

 

Ces poèmes d’Aragon sont un acte de résistance : rédigés entre 42 et 44 sous l’occupation, ils chantent l’amour de la France libérée de ses scories allemandes. Aragon ne concevait pas d’art en dehors des circonstances, pour lui, il était essentiel de témoigner, de lever les masses pour lutter contre l’oppression nazie.  

 

« Il faut libérer ce qu’on aime

Soi-même, soi-même, soi-même » (Marche française)

 

S’il évoque la femme aimée, c’est pour la comparer à la France bafouée

 

« Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur

Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri

Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri

Et pas plus que de toi l’amour de la patrie

Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs » (Il n’y a pas d’amour heureux)

 

Pour déjouer la censure, Aragon utilise des mythes et des légendes médiévales, des figures nationales comme dans la littérature de « contrebande » du Moyen-Age, il crypte les messages. Les héros de la résistance comme Gabriel Péri sont comparés aux chevaliers du Moyen-Age :

 

« Ce poème, écrit pour le second anniversaire de la mort de Gabriel Péri, publié illégalement, relève vraiment de la légende et non de l’histoire : en effet, ce n’est pas à Ivry, mais à  Suresnes et dans une tombe enregistrée et non pas dans la fosse commune que Péri est enterré. L’auteur, alors dans l’illégalité, n’a pourtant inventé aucun de ces détails, ni l’histoire, peut-être controuvée, des hortensias bleus ; mais déjà la tradition orale avait porté jusqu’à lui moins de deux ans après la mort du martyr cette version déformée par quoi naît une légende aujourd’hui comme au temps de la Chanson de Roland, des Troubadours et des poèmes transmis de bouche en bouche à travers une France alors comme aujourd’hui dévastée et livrée aux soudards et aux chimères. » (Légende de Gabriel Péri)

 

 « Trouver des mots à l’échelle du vent

Trouver des mots qui pratiquent des brèches

Dans le sommeil comme au soleil levant

Des mots qui soient à nos soifs une eau fraîche » (Je ne connais pas cet homme)

 

La vocation du poète est de « Trouver des mots que personne n’oublie » (Je ne connais pas cet homme), et nous n'oublierons pas ces mots...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Certains poèmes sont plus hermétiques que d’autres –et pour cause-, ils demandent une étude plus approfondie pour être pleinement apprécié.

 

Premier poème :

 

« De si loin qu’on se souvînt, la vie avait cette couleur d’habitude qui emprunte aux tournantes saisons ses nuances et fait aux hommes une marée d’humeurs qui varie avec le soleil et le vent. De si loin qu’on se souvînt, il y avait des familles de pêcheurs, des chasseurs habiles à tirer au vol les plumes dans le ciel et la bête des taillis débusquant, et des artisans qui, de père en fils, se transmettaient les secrets du bois, savaient courber le fer, tresser l’osier ; il y en avait qui se crevaient pour d’autres ; et l’on voyait passer sur des chevaux habillés d’étranges étoffes des dames et des seigneurs qui parlaient un langage difficile à suivre, non tant à cause de la vitesse de leurs coursiers que pour les idées de bizarrerie nées dans leurs maisons trop grandes (…) »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Les yeux d’Elsa de Louis ARAGON

 

 

La diane Française, Louis Aragon, Seghers, 16.50 euros 

 

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Daytripper, au jour le jour de Gabriel BA et Fabio MOON

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 

Les auteurs :

 

Gabriel Bà est un illustrateur de BD.

Il s'est fait un nom dans l'univers des comics grâce, entre autres, à ses séries à succès 'Casanova' et 'Umbrella Academy'.

A ces occasions, il collabore avec Matt Fraction et le chanteur et auteur de BD Gérard Way.

Gabriel Bà et Fàbio Moon sont de vrais jumeaux. Ensemble, ils travaillèrent sur plusieurs publications, et pour le compte de plusieurs éditeurs, comme "Autobiographix", "Five" et "Pixu".

Leur plus célèbre travail personnel reste "De:TALES" pour le compte de Dark Horse Comics, une collection d'histoires courtes écrites et dessinées par les deux frères.

On pourra retrouver les deux frères avec le futur arc "B.P.R.D. 1497" et sur une nouvelle série pour le compte de Vertigo, "Daytripper".

Fábio Moon est un dessinateur de BD.

Après avoir travaillé sur le Casanova de Matt Fraction ou sur B.P.R.D. : 1947, il va lancer chez Vertigo avec son frère jumeau, Gabriel Ba, la maxi-série qui va les faire connaître, Daytripper.

 

L’histoire :

 

Les mille et une vies d’un aspirant écrivain et ses mille et une morts. Brás de Oliva Domingos, fils du célèbre écrivain brésilien, passe ses journées à chroniquer les morts de ses contemporains pour le grand quotidien de Sao Paulo  et ses nuits à rêver que sa vie commence enfin. Mais remarque-t-on seulement le jour où notre vie commence vraiment ? Cela commence-t-il à 21 ans, lorsque l’on rencontre la fille de ses rêves ? À 11 ans, au moment du premier baiser ? À la naissance de son premier enfant peut-être ? Ou au crépuscule de sa vie ? (Source : Babélio)

 

Mon avis :

 

Daytripper est un album mélancolique aux questions existencielles innombrables. Les auteurs explorent les différents destins tragiques que pourrait connaître leur héros Bras, en lui offrant différentes vies et diverses morts, ils s'interrogent sur les destins humains si fébriles face à la mort, sur ce qui est important dans la vie d'un homme, sur les petits bonheurs invisibles qu'on oublie de regarder...

C'est un très bel album, mais c'est aussi un texte qui touche profondément à l'intime et mon ressenti a été à l'inverse de l'effet recherché : quand Bras nous enjoint à inclure la mort dans nos vies pour appréhender mieux la vie, j'ai trouvé que c'était une façon de plomber la vie dans l'os, de gâcher tous les bonheurs possibles, le ton de l'album me menant davantage vers les trente-sixième dessous qu'au septième ciel.  Peut-être que cela est dû au fait que je n’ai jamais été confrontée à la mort, et peut-être que si je le relis après, plus tard, quand cela me sera arrivé, je comprendrai, tout s’éclairera.  

Mais présentement, j’ai juste trouvé que pour un album qui veut célébrer la vie, il était très noir !

  daytripper-by-Fabio_Moon_Gabriel_Ba.jpg

 

Vous aimerez aussi :

 

Portugal de Cyril PEDROSA  qui a provoqué en moi la même réaction, plus atténuée néanmoins...

 

D’autres avis :

  Multiples avis unanimes sur la blogosphère : Mango ; NouketteChoco Mo'YaneckYvanJérôme Alfie's mec, Oli'vCachou,Brize...  daytripper2.jpg

  

 Daytripper, au jour le jour, Gabriel BA et Fabio MOON, Urban comics, avril 2012, 22.50 euros

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