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Salon du livre 2013

Publié le par Hélène

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Publié dans Divers

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Neige de Pema TSEDEN

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 L’auteur :

 Pema Tseden, né en 1969 au Tibet (province de l’Amdo, actuel Qinghai) dans une famille de paysans, est célèbre dans le monde tibétain contemporain tant pour ses nouvelles, qu’il publie depuis plus de vingt ans, que pour sa carrière de cinéaste. Il est le premier Tibétain, en 2004, à être diplômé de la prestigieuse Académie du Film de Pékin, section réalisation. Sur le plan international, il doit sa notoriété à trois films (Le silence des pierres sacrées, The Search, Old Dog) qui ont tous obtenu de nombreuses récompenses lors de festivals internationaux. Il fait aujourd’hui figure de chef de file d’un cinéma tibétain émergent. (Présentation de l’éditeur)

 L’histoire :

Écrire est pour moi un moyen de parvenir à cette paix tant désirée du corps et de l'esprit.

En écrivant, on accède à une sorte d'état suprême où le corps et l'esprit prennent un rythme d'une lenteur merveilleuse qui permet de se détendre peu à peu ; on peut alors pénétrer dans le monde intérieur des personnages de l'histoire que l'on veut conter.

Sept histoires du Tibet par un écrivain qui est aussi un célèbre cinéaste tibétain. Sept histoires où nous cheminons un moment en compagnie d'hommes et de femmes dans le Tibet d'aujourd'hui, loin d'une image folklorique ou idéaliser, un Tibet lointain par ses paysages et proche par son humanité. (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 "Nous vivons corps et âme emportés dans un constant maelström d’événements divers sans réussir à obtenir le moindre moment de paix. Avoir ne serait-ce qu’un instant de tranquillité relève parfois de l’espoir le plus insensé.

Ecrire est pour moi un moyen de parvenir à cette paix tant désirée du corps et de l’esprit.

Ma création littéraire s’explique donc essentiellement ainsi.

En écrivant, on accède à une sorte d’état suprême où le corps et l’esprit prennent un rythme d’une lenteur merveilleuse qui permet de se détendre peu à peu ; on peut alors pénétrer dans le monde intérieur des personnages de l’histoire que l’on veut conter.

Je sens qu’il existe au fond de moi un espace de paix, et comme je tiens à le préserver, je vais continuer à écrire ces récits que j’aime tant." PEMA TSEDEN

 

Tharlo : l'histoire d'un homme portant une petite natte et souhaitant faire des papiers d'identité. Il va connaître quelques déboires amoureux en cours de route... Un récit ludique, vivant et intelligent.

  

Le neuvième homme : Yumtso, raconte à son nouvel les neuf autres hommes qu'elle a connus avant lui. La narration de ses aventures est aussi envoûtante que celles de Shéhérazade.

 

Neige : le destin hors du commun de deux jeunes gens à la peau transparente. Un conte étrange, aux accents surnaturels fascinant.  

 

L'interview d'Akhu Thöpa : un journaliste est confronté à différents avis sur Akhu Thopa, ou le portrait protéiforme d'un homme insaisissable. Une belle réflexion sur les perceptions variées que l'on peut avoir d'un même individu...

  

Les dents d'Urgyän : le narrateur retrouve un camarade de classe devenu lama. 

 

Hommes et chien : un chien incompris pourtant plus intuitif que les hommes tente de les avertir en vain... Une fable à la leçon saisissante.

 

Huit moutons : un berger rencontre un américain, et malgré leurs difficultés de communication un lien invisible va les relier l'espace de quelques heures.

 

L'auteur fait preuve d'un talent de conteur hors pair en nous menant au sein d'univers variés et nous offre aussi un recueil fascinant.     

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Peut-être pas très marquant.

   Premières phrases :

 « Tharlo portait une petite natte sur la nuque, une petite natte toujours en mouvement qui ne passait pas inaperçue.

Au fil du temps, les gens ne l’appelèrent plus que par ce surnom, « Petite-Natte », et finirent par en oublier son véritable nom.

Au début de l’année, le chef du commissariat du canton vint au village pour enregistrer les changements intervenus dans la population ; il convoqua une réunion de tous les habitants et appela «Tharlo » un bon bout de temps.

Comme personne ne répondait, il demanda au chef de village : « Il n’y a personne dans votre village qui s’appelle Tharlo ? »

Le chef de village réfléchit un moment avant de répondre : « Il me semble qu’il n’y a personne ici qui porte ce nom. » »

 

Vous aimerez aussi :

  Littérature Asie de l'Est

 Neige, Pema Tseden, nouvelles traduites par Françoise Robin et Brigitte Duzan, Editions Philippe Picquier, janvier 2013, 176 p., 17.50 euros

 

Merci à Isabelle Lacroze des Editions Picquier. 

Participation à la semaine Tibet chez Marilyne Lire et merveilles

hiver russe

 

Publié dans Littérature Asie

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Automne de Jon McNAUGHT

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ 

 Prix révélation du Festival d’Angoulême 2013

 

L’auteur :

 Jon McNaught a reçu un diplôme en illustration de l’université de West England en 2007. Il habite actuellement à Bristol, où il travaille comme graveur et illustrateur freelance. Il dessine aussi des bandes dessinées pour différentes publications. (Source : Babélio)

 L’histoire :

 C'est un mardi gris d'octobre semblable à tant d'autres dans la petite ville de Dockwood. Les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes: à la maison de retraite d'Elmview, un garçon de cuisine prépare le repas des pensionnaires; le long de la rue Nettlefield, un livreur de journaux finit sa ronde; et dans les arbres les hirondelles se rassemblent à grand bruit avant de s'envoler vers l'Afrique.

Oeuvre contemplative et douce-amère, Automne suit les trajectoires de ces habitants, que Jon McNaught se plaît à faire se croiser, avec, pour toile de fond, les vestiges de l'arrière-saison. (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 Automne est une BD très contemplative, décrivant la vie quand elle se glisse dans les interstices du quotidien...

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 L'auteur reconstitue au moyen de détails satellites la journée de deux jeunes garçons : l’un qui travaille à la cuisine d’une maison de retraite, l’autre collégien qui distribue des journaux dans les boîtes aux lettres. Les détails sont aussi bien dans les bruits du quotidien,  le thé qui coule dans la tasse « PSHH », les légumes que l’on coupe « tchak », le café bu « sip », la feuille qui se détache de l’arbre et tombe « tac » l’oiseau « twi twii », que dans les animaux qui courent dans les fourrés, les écureuils sui se plaisent à fôlatrer dans les arbres, les pigeons qui se délectent d'un repas jeté à la hâte...

Tout ce qui est en périphérie de la vie prend de l'importance pour lui apporter à la fois consistance et légèreté. Et c'est finalement dans cet espace que réside la poésie et la beauté...  

 Ce que j’ai moins aimé :

 Les vignettes sont tellement petites et abondantes qu’il est difficile de tout voir, l’ensemble est très dense…

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 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Dimanche

Autre : La bicyclette rouge tome 2 Les roses trémières de Kim Dong Hwa 

 D’autres avis :

 Mango ; Jérôme 

 

Automne, Jon McNaught, traduit par Judith Taboy, Nobrow, 2012,18 euros 

BD Mango bleu

 

Chroniqué dans le cadre de l'opération de Priceminister "La BD fait son festival" Note : 15/20

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En haut à gauche de Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

  « Il y a toujours un saint en sentinelle pour une enfance silencieuse. » (p. 83)

 

L’auteur :

 

D'origine bourgeoise, il est destiné à une carrière de diplomate. Il s'y refuse, rompt avec sa famille et en 1968, embrasse le mouvement de révolte ouvrière. Il intègre le mouvement d'extrême gauche : Lotta continua, dont il sera dirigeant de la fin des années soixante au début des années soixante-dix.

Il multiplie les métiers manuels : ouvrier spécialisé chez fiat à Turin, manutentionnaire à l'aéroport de Catane, maçon en France et en Afrique, conducteurs de camions.
Bien qu'il se dise athée, il lit quotidiennement la bible et a appris l'hébreu ancien pour pouvoir lire et traduire les textes sacrés.

C'est un passionné d'alpinisme, sujet sur lequel il a écrit de nombreux articles..
Pendant la guerre de Yougoslavie, il s'engage comme conducteur auprès d'une association humanitaire, et convoie des camions de ravitaillement en Bosnie.

Bien qu'il ait commencé à écrire à l'âge de vingt ans, son premier livre ne paraît qu'en 1989, et obtient le prix Femina en 2002.

Il collabore au Matino, principal journal napolitain et à d'autres périodiques La republica, il manifesto).
Il vit actuellement près de Rome. (Source : babélio)

 

L’histoire :

 

 Publié en 1994, le recueil de nouvelles En haut à gauche semble contenir en germe nombre de livres à venir d’Erri De Luca. C’est d’abord l’enfance napolitaine, des pêcheurs taciturnes, une nature découverte avec l’école buissonnière. Puis, souvent d'inspiration autobiographique, de courts récits mettent en scène les années d’initiation ouvrière : le narrateur est né en bourgeoisie, il s'éveille à la solidarité des exploités. Surgissent des souvenirs de lutte, de sauvetages amoureux. Partout, le sacré. Erri De Luca excelle à transmettre la beauté des corps et des objets, la chair du monde et des livres. Chaque expérience devient une source d'enseignement que les mots viennent prolonger. (Source : Editeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Dans un style inoubliable et avec la sensibililté accrue qu'on lui connaît, Erri de Luca évoque son enfance puis le passage à l'âge adulte : l’école buissonnière, la solidarité entre les élèves, les leçons des grands maîtres que l’on admire et dont on retient les leçons, pour plus tard, quand on aura suffisamment mûri pour les recevoir, les petits métiers qu’il faut bien faire pour survivre, même s’ils sont ingrats, puis la guerre dont on ne se remet jamais totalement, les femmes qu’il est tellement difficile de garder, les dialogues avec le père, ses mots, ce qu’il a cherché à transmettre à son fils, ce qui les unit et les réunit pour l’éternité, au-delà de  la mort …

  Mais Erri de Luca chante aussi  l’amour de la montagne, de cette masse naturelle fascinante et sauvage, et, encore et toujours, l’amour des livres qui permettent ce partage lumineux d’une vie et de ses éclats…

  « Tu auras à nouveau tes livres, le seul endroit où l’expérience que l’on fait dans le monde trouve des mots d’accompagnement. » (p.115)

 « Ils connaissaient mes peines, mes besoins, mes mécontentements. En chacun d'eux il y avait une phrase, une lettre qui n'avait été écrite que pour moi. Ils ont été la vie seconde, qui apprend à corriger le passé, à lui donner une présence d'esprit qu'alors il n'eut pas, à lui donner une autre possibilité. Les livres sont des maîtres pour les souvenirs, ils les font marcher. Je les ai lus entièrement, je n'en ai laissé aucun à moitié, pour décevant ou présomptueux que fût un livre je l'ai suivi jusqu'à la dernière ligne. Parce que c'était beau pour moi de tourner la page lue et de porter mon regard en haut à gauche, là où l'histoire continuait. J'ai toujours tourné très vite la feuille pour reprendre à cette première ligne, en haut à gauche. » (p.118)

 Un très beau recueil

 

Ce que j’ai moins aimé :

   - Rien

 Premières phrases :

 « Durant une courte période de la scolarité j’évitai tout contact avec la physique. Je n’avais pas encore mes objections actuelles, je ne demandais pas de laisser en paix l’atome, lui qui suivant son intention originelle voulait être indivisible. Le terme consacré par Démocrite était une invitation au respect de la limite. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Trois chevaux  Le jour avant le bonheur , Le contraire de un  ; Le poids du papillon

Autre : de Mario RIGONI STERN Les saisons de Giacomo ; Hommes, bois, abeilles

 D’autres avis :

Presse : Libération ; Le matricule des anges

 En haut à gauche, Erri De Luca, traduit de l’italien par Danièle Valin, Folio, 2012, 128 p., 5.49 euros

   

Publié dans Littérature Europe

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Le mois le plus cruel de Louise PENNY

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

  

L'auteur :

 

Après avoir été longtemps journaliste, Louise Penny a décidé il y a quelques années de se consacrer à l'écriture. Elle vit avec son mari dans un petit village au sud de Montréal.
La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache, auréolée des plus prestigieuses récompenses, en est à son septième volume aux Etats-Unis.
Dans la collection "Actes noirs" ont déjà paru Nature morte (juin 2011) et Dernier Noël pour Miss de Poitiers (novembre 2011).

  

L'histoire :

 

Durant le week-end de Pâques, le village de Three Pines s'anime le temps d'une grande chasse aux oeufs. Mais une fois la nuit tombée, le monde des vivants se mêle à  celui des morts.

Lorsque Armand Gamache arrive le lendemain, l'inspecteur-chef de la Sûreté du Québec découvre une scène de crime des plus inhabituelles. Dans la vieille maison abandonnée des Hadley, où il a déjà  failli perdre la vie, une séance de spiritisme, organisée pour libérer la demeure du mal qu'elle recèle, s'est terminée de façon tragique. Un corps sans vie git à  terre, celui d'une participante apparemment morte de peur.

Mais Gamache a appris à  se méfier des apparences. Il sait que le décor de carte postale de la petite bourgade des Cantons-de-l'Est cache d'inavouables secrets. Il sait que l'explosion de vie du printemps dissimule des pulsions de mort. Il sait que l'un des siens est sur le point de le trahir.

Dans cette nouvelle enquête, les lecteurs de Louise Penny retrouveront avec bonheur l'inspecteur-chef Gamache, sa veste de tweed impeccable, son côté délicieusement suranné, son physique de bon vivant, ses longues promenades méditatives, et cette façon de se tenir debout quand tout le monde pense qu'il est sur le point de tomber.

 Ce que j'ai aimé :

 

L’atmosphère de ce petit village atypique coincé dans sa vallée est au centre de ces romans

 "Three Pines était niché dans sa petite vallée. De la fumée sortait des cheminées de pierre. Des érables, des cerisiers et des pommiers bourgeonnaient. Ici et là, des gens travaillaient  au jardin, étendaient du linge sur leurs cordes, balayaient les grandes et élégantes galeries. Le nettoyage du printemps." (p. 84)

 Les personnages sont un brin déjantés, évoluant dans un univers très particulier : entre cet homme qui entend ce que disent les arbres, des artistes peintres passionnées, des poètesses plus ou moins douées, une femme qui adopte deux canetons et les couve comme une maman cane,  le inspecteur-chef Gamache a fort à faire. D’autant plus qu’il se trouve acculé par sa direction, harcelé, poussé à la démission, espionné par son équipe, mais heureusement soutenu par d’autres. Ces bouleversements internes du service de police densifient la trame du roman, mettant en valeur la nature humaine de cet inspecteur-chef au grand cœur, homme moral par excellence, en conflit avec des hommes bien plus retors et noirs que lui.

 L’intrigue principale se concentre autour de la mort de la belle Mado, femme aimée, femme enviée, qui serait peut-être morte de peur, lors d’une séance de spiritisme organisée par une sorcière dans un lieu semi-hanté…

Une ambiance particulière plane sur ce roman somme toute d'agréable facture...

 

 Ce que j'ai moins aimé :

 Un peu lent

 

Premières phrases :

 

"Agenouillée dans l'herbe humide et odorante du parc, Clara Morrow dissimula soigneusement l'oeuf de Pâques en se disant qu'il était temps de réveiller les morts, ce qu'elle comptait faire en soirée." 

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Nature morte de Louise PENNY

 

 D'autres avis :

 

Allie 

  

Le mois le plus cruel, Louise Penny, traduit de l'anglais (Canada) par Michel Saint Germain avec la collaboration de Louise Chabalier, Actes Sud, Actes noirs, septembre 2012, 23.50 euros

 

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Mort aux cons de Carl ADERHOLD

Publié le par Hélène

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 ♥ 

 « Le con, m’écriai-je, voilà l’ennemi ! » (p. 153)

 

L’auteur :

 Carl Aderhold est né en 1963. Directeur éditorial chez Larousse dans le domaine des sciences humaines, il a publié Mort aux cons et Les poissons ne connaissent pas l’adultère. (Source Sophielit)

Questions http://blog.elle.fr/sophielit/2010/04/19/5-questions-a-carl-aderhold/

 

L’histoire :

Contrairement à l'idée répandue, les cons ne sont pas réformables ; les campagnes de prévention ou les actions pédagogiques n'ont pas de prise sur eux. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquille : la peur. Je veux qu'ils sachent que je les surveille et que le temps de l'impunité est révolu. Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu'ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat. » Qui n'a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse? Ou d'envoyer dans le décor l'automobiliste qui vous serre de trop près? Le héros de cette histoire, lui, a décidé un jour de passer à l'action. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

 L’idée de départ est originale : le narrateur a décidé de ne plus subir les cons qui l’entourent et le cernent, il les élimine un à un en maquillant ses forfaits ou en procédant de façon à ne jamais être retrouvé.

 Mais au fur et à mesure des disparitions, le problème se complexifie : comment définir le con, quels critères mettre en place pour »justifier » ces exactions ?

 Quelques réflexions le mènent sur la voie :

 « C’est une des grandes caractéristiques des cons que cette envie de nous faire partager leur bonheur et, plus encore, de nous y convertir. De fait, le con est contagieux. Il nous entraîne sur son propre terrain et nous pousse à agir selon sa propre logique, si bien qu’à le fin, on se trouve dans la peau d’une sorte de double, son alter ego. » (p. 192)

 « Premièrement : les cons sont partout. » (p. 296)

 « Bref, si l’on cumule tout ce temps passé chaque jour à lutter contre les cons, au boulot ou ailleurs, vous arrivez, à raison de deux heures par jour en moyenne, et en admettant que vous vivrez à peu près soixante-dix ans, au total faramineux de 50960 heures, soit grosso modo un quart de votre vie active. Un quart ! Qui part ainsi en fumée ! » (p. 310)

Une réflexion dans laquelle chacun peut se reconnaître...

 Ce que j’ai moins aimé :

 Malheureusement, le propos tourne rapidement en rond sans décoller, les situations ne changent pas, créant un effet catalogue lassant et ô déception suprême, la fin tombe à plat, preuve que l’auteur s’est perdu en chemin…

Premières phrases :

 « 1. On ne fait jamais assez attention aux petites choses de la vie. Pourtant le plus souvent, ce sont elles qui sont à l’origine des changements importants de notre existence. La littérature et le cinéma nous encombrent l’imagination de grands drames qui bouleversent la destinée du héros. Mais dans la réalité, ces brusques coups de tonnerre prennent presque toujours la forme de détails ridicules. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Les poissons ne connaissent pas l’adultère de Carl ADERHOLD

 Autre : Le couperet de Donald WESTLAKE

 Mort aux cons, Carl ADERHOLD, Le livre de poche, février 2009, 409 p., 6.95 euros

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L’herbe des nuits de Patrick MODIANO

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Patrick Modiano est un écrivain français.

Il est né d'un père juif italien (Albert Modiano) et d'une mère belge flamande, débarquée à Paris en 1942 pour tenter sa chance comme comédienne.

Il fait ses études à l'école du Montcel à Jouy-en-Josas, au collège Saint-Joseph de Thônes (Haute-Savoie), puis au lycée Henri-IV à Paris. Ayant pour professeur particulier de géométrie Raymond Queneau, un ami de sa mère qu'il rencontre alors qu'il a quinze ans, il décroche son baccalauréat à Annecy, mais n'entreprend pas d'études supérieures.
Sa rencontre avec l'auteur de Zazie dans le métro est cruciale. Introduit par lui dans le monde littéraire, Patrick Modiano a l'occasion de participer à des cocktails donnés par les éditions Gallimard. Il y publiera son premier roman en 1967, La Place de l'Étoile, après en avoir fait relire le manuscrit à Raymond Queneau. À partir de cette année, il ne fait plus qu'écrire.

En 1970 Patrick Modiano épouse Dominique Zehrfuss. De cette union naîtront deux filles, Zina (1974) et Marie (1978).

En 1978 Rue des boutiques obscures a reçu le Prix Goncourt.

En 2000, il reçoit le Grand prix de littérature Paul-Morand pour l'ensemble de son œuvre. (Présentation Babélio)

 

Quatrième de couverture :

«"Qu'est-ce que tu dirais si j'avais tué quelqu'un?"

J'ai cru qu'elle plaisantait ou qu'elle m'avait posé cette question à cause des romans policiers qu'elle avait l'habitude de lire. C'était d'ailleurs sa seule lecture. Peut-être que dans l'un de ces romans une femme posait la même question à son fiancé.

"Ce que je dirais? Rien."»

 Mon avis :

Ce dernier roman de Patrick Modiano est plaisant. Comme toujours, il est bien écrit, fluide, sans doute parce que l'auteur talentueux sait comment nous enjoindre à la rêverie, comment nous retenir dans les rets du souvenir et de la mémoire.

« Le passé? Mais non, il ne s’agit pas du passé, mais des épisodes d’une vie rêvée, intemporelle, que j’arrache, page à page, à la morne vie courante pour lui donner un peu d’ombre et de lumière. » (p56) 

 Malgré tout, j’ai été moins sensible au charme de ce roman que d’ordinaire, une fois la dernière page tournée, j’ai l’impression qu’il ne m’en restera rien, l’effet s’est évaporé dans les brumes d'une lecture nébuleuse... Peut-être est-ce dû au thème, vu et revu chez Modiano, cette quête incessante d'une figure du passé qui pourrait, peut-être rattraper le temps perdu et conjurer le temps qui passe...

 Destiné aux fans absolus de Modiano, ou peut-être à ceux qui ne le connaissent pas encore... Si vous êtes peu ou pas du tout sensibles à son charme, passez votre chemin... 

 

 Premières phrases :

 « Pourtant je n’ai pas rêvé. Je me surprends quelquefois à dire cette phrase dans la rue, comme si j’entendais la voix d’un autre. Une voix blanche. Des noms me reviennent à l’esprit, certains visages, certains détails. Plus personne avec qui parler. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'horizon de Patrick MODIANO  

 D’autres avis :

 Babélio 

  

L’herbe des nuits, Patrick Modiano, Gallimard, octobre 2012, 16.9 euros

 

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Loin des mosquées d’Armel JOB

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Professeur agrégé de philologie classique en Belgique, Armel Job a enseigné pendant vingt ans avant de se mettre au roman avec La Femme manquée. Aux Éditions Robert Laffont, il a également publié Baigneuse nue sur un rocher, Héléna Vanneck, Le Conseiller du Roi, Les Fausses Innocences (prix du jury Jean Giono 2005), Les Mystères de sainte Freya, Tu ne jugeras point, Les Eaux amères et Loin des mosquées.

 

L’histoire :

 

 Turc grandi en Belgique, Evren achève à Cologne de brillantes études de comptabilité. Hébergé chez son oncle, ce garçon de vingt et un ans, encore chaste et au visage ingrat, s'éprend de sa cousine, la belle et sensuelle Derya. Rentré en Belgique, Evren fait part aux siens de sa décision : il va épouser Derya. Une délégation familiale se rend donc en Allemagne pour demander la main de la jeune fille. Mais les choses ne tournent pas exactement comme prévu… (…) À travers l'évocation des mariages arrangés, Armel Job livre ici un conte à la morale subtile sur le combat courageux des femmes pour le droit à la dignité, à l'égalité et à la liberté.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Loin des mosquées offre une belle sensibilisation au statut des femmes musulmanes et aux mariages forcés auxquels elles sont souvent contraintes. Derya est une jeune femme qui aimerait choisir son destin, mais poussée par la pression masculine de la famille, elle doit se plier aux règles de son clan. Mais il permet aussi de ne pas faire d’amalgames, certains musulmans dans le roman étant tout à fait ouverts et compréhensifs allant même jusqu’à porter secours à la jeune Derya. De même certains mariages arrangés fonctionnent tout à fait correctement au fil du temps, quand les deux époux ont appris à se connaître et à s’apprécier.

 Le ton est teinté de comique, d’une légèreté qui permet d’éviter le tragique qui serait pourtant de mise avec un tel sujet. De même le choix de scinder le roman en diverses parties adoptant le point de vue de différents personnages apporte de la densité aux propos et une bouffée d’air frais quand la situation se fait trop lourde.

 Le fond du roman reste tout de même très grave, une ombre malsaine plane sur le destin des personnages, guettant dans l’ombre celui ou celle qui refusera de se soumettre à l’ordre familial.

Une construction millimétrée au service d’un thème difficile mais admirablement bien mené ici.

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 Premières phrases :

 

« En principe, un corbillard n’a jamais d’accident. D’abord parce que les chauffeurs de corbillards ont un certain style de conduite. Mesuré, solennel. On n’imagine pas un corbillard prendre des risques sur la route. Ensuite, les autres conducteurs, quand ils aperçoivent un corbillard, aussitôt lèvent le pied. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les eaux amères 

 

Loin des mosquées, Armel Job, Robert Laffont, février 2012, 19 euros

 

 

Publié dans Littérature Europe

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Je t’aime tellement que … de Anne HERBAUTS

Publié le par Hélène

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   ♥ ♥ ♥

  "Je t'aime comme le grand paquebot d'un roman fleuve."

    

 L’auteur :

 

Anne Herbauts est née quelque part à Bruxelles vers 1975. Elle a fait ses études supérieures à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles en Illustration et Bande dessinée. Elle a depuis signé plus d’une trentaine d’albums pour enfants (et grands) et des bandes dessinées. (Source : Entrée livre)

 

Présentation :

 Dans ce livre singulier, la couleur s'invite progressivement, comme si l'auteur devait apprivoiser un trop plein d'émotions. Au fil des pages, l'ouvrage explose d'images et de mots d'amour. Un livre léger et dense, aérien et profond. Entre l'incantation et la comptine, l'opéra et la chanson, une oeuvre où le grandiose côtoie l'imperceptible.

 

Ce que j'ai aimé :

 Comment dire l'amour que l'on se porte ? Comment décrire cette immensité qui vous prend, vous submerge telle une vague venue de nulle part, une vague tellement puissnate qu'elle vous laisse muet, ébahi ? Comment, sinon par la poésie, par ses images multiples reliées directement au coeur et à l'imaginaire ?

 

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 Ainsi Anne Herbauts dessine l'indicible au détour de métaphores lumineuses, elle nous enchante et nous enserre dans les rets de son lyrisme...

  "Je t'aime tant que la lune a téléphoné

pour prendre de mes nouvelles." 

 

"Le ciel a des bords d'algues. 

Je devine l'eau battue qui s'éteint dans une main de côte. 

Tu sens ? je demande. 

Tu as un rire d'eau. 

Je t'aime tellement que le sillage de nos nuits 

a brisé le reflet de la lune." 

 

 Le travail sur les dessins sur la couleur, est tout aussi passionné : peu à peu les dessins se font plus précis, comme si le sentiment diffus, confus, trop fort prenait peu à peu forme dans les mots et dans les dessins.

 Un magnifique chant d'amour...

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Ce que j’ai moins aimé :

Je ne saurais dire pour quel âge le conseiller...  Sur certains blogs on peut lire « pour 2 ans », "pour 7 ans", "pour 15 ans" …

Il est un peu long pour les plus petits, à moins qu’ils ne se laissent porter par la poésie du texte. C'est avant tout un livre d'artiste à savourer, à écouter, à partager... 

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 Je t’aime tellement que.. ; de Anne Herbauts, Casterman, janvier 2013, 64 p., 18.50 euros

 

Publié dans Jeunesse Album

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La bicyclette rouge tome 2 Les roses trémières de Kim Dong Hwa

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

  « Avec le temps, je réalise que ce n'est pas si mal de vieillir. On apprend à porter un regard plus indulgent sur la vie... »

 

L’auteur :

Kim Dong Hwa est un manhwaga coréen.

Il fait ses débuts dans l'illustration animalière en 1975, notamment pour les enfants. La qualité de son travail et de son dessin lui ont rapidement ouvert les portes de plusieurs maisons d'édition. Cela lui a permit de réaliser des histoires plus adultes, dont "La Bicyclette Rouge", qui lui valu beaucoup de succès.

Il est considéré en Corée comme l’un des plus brillants auteurs de sa génération ainsi que le créateur d'un genre de BD "adulte", à cause des thèmes qui y sont développés.

Ses principales séries sont "La Bicyclette Rouge", "Histoire couleur terre" (série terminée) et "Histoires de Kisaeng". Il est également l'auteur de 2 one shot : "La mal aimée" et "Les Nourritures de l'âme", édités tous les deux en 2008.

 L’histoire :

''Empruntez les nombreux chemins de campagne à la rencontre des habitants de Yahwari. Vous croiserez sûrement cette bicyclette rouge, celle du facteur, qui circule doucement en harmonie avec la nature''Avec la douceur de ces histoires courtes, Kim Dong Hwa est considéré comme l'un des plus talentueux auteur de manhwa dans le coeur des coréens.

 Ce que j’ai aimé :

 Ce petit village dans lequel se rend le facteur tous les jours est comme préservé du monde, à part, les habitants vivant dans une insouciance gagnée avec le temps. Leurs enfants sont partis, plus loin, à la ville, et ils attendent leurs visites avec impatience et bonheur, se réjouissant de retrouver leurs petits l’espace de quelques jours. Le reste du temps, ils se chamaillent, s’amusent, discutent de la vie, présente et de la vie passée et du plaisir d’être encore là, présent au monde et à la vie. Ces hommes et ces femmes nous offrent une belle réflexion sur la vieillesse, temps comme suspendu entre vie et mort, temps de l'épanouissement   :

« Dans ce village où il n’y a plus d’enfants, les anciens retombent en enfance à la première neige. Ils font des bonhommes de neige… Ils font de la luge… Et ils leur arrivent aussi de se chamailler comme des petits… » (p. 135)

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Quand deux vieillards partagent leurs rêves de jeunesse, ils esquissent une belle réflexion sur le bonheur : pour l’un il s’agissait de devenir extrêmement riche,  et pour l’autre de posséder un champ. A l’aube du grand saut, le deuxième a quelque peu changé son rêve :

 « Je me rends compte que j’ai un autre rêve depuis que j’ai vieilli. C’est de m’asseoir au soleil et de profiter de sa chaleur sans penser à rien. » (p. 52)

 Le facteur à la bicyclette rouge observe ce petit monde émerveillé, pleinement conscient de la chance qu'il a de connaître de tels grands sages...

  Ce que j’ai moins aimé :

   - Rien.

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La bicyclette rouge tome 1 Yahuwari de Kim DONG HWA

 Autre : Manga, Manhwa

 

La bicyclette rouge tome 2 Les roses trémières de Kim Dong Hwa, Paquet, 2006, 13.50 euros 

   BD Mango bleu

 

Publié dans Manga - Manhwa

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