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Le papillon et la lumière de Patrick CHAMOISEAU

Publié le par Hélène

      

 ♥ ♥ ♥

 « C’est cela la vraie définition du courage : ne pas renoncer à vivre ce qu’on est de la manière la plus élevée, à être tout ce qu’on est de la manière la plus décente. » (p. 89)

  

L’auteur :

 Écrivain majeur de la littérature française contemporaine, prix Goncourt 1992 pour Texaco, Patrick Chamoiseau est l'auteur d'une vingtaine d’ouvrages dont Chronique des sept misères ( 1986) ou encore Les neuf consciences du Malfini (2009). (Présentation de l’éditeur)

 L’histoire :

« C'est une soirée très ordinaire, dans un coin de la ville. Les papillons sont là. Ils tourbillonnent autour des lampadaires. Comme la lune est absente, les ampoules électriques s'emparent de l’idée de lumière : ils apparaissent alors mille fois plus fascinants. Les papillons s’en exaltent, s’en approchent, et en reviennent parfois. Le plus souvent, ils s’y brûlent les ailes. L’hécatombe est massive. Des centaines de dépouilles gisent au pied des pylônes.

Les survivants tourbillonnent encore autour des lampadaires, mais ils ont les ailes plus ou moins estropiées. Rares sont ceux qui n’arborent pas quelque chose d’abîmé. Pour les papillons de nuit, l’aile délabrée est l’emblème du courage : le signe d’un début d’expérience du grand secret de la lumière. »

Un jeune papillon se tient à l’écart des réverbères et préserve sa vie. Mais il sent bien qu’une expérience fondamentale lui échappe. Il s’en ouvre à un vieux papillon, lui aussi aux ailes intactes. Ce dernier n’en est pas forcément plus heureux et semble éluder ses questions, avant de l’entraîner dans un voyage initiatique à travers la ville, dans la nuit d’abord, puis au lever du jour vers le soleil.

Ce conte philosophique, délicatement illustré par les dessins à l’encre de Chine d’Ianna Andréadis, mène le jeune papillon (et le lecteur avec lui) vers la résolution de la lancinante énigme de toute existence : quel est le sens d’une vie où l’on ne se met pas en danger ? (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Accompagner le vol de ces papillons de nuit permet d'accéder à un monde spirituel dense, riche en questionnements philosophiques incessants. Le jeune papillon ne veut pas se contenter de vivre comme les autres et risquer de se brûler les ailes aux lumières artificielles si attirantes, il préfère comprendre, réfléchir et non pas subir. Dans sa quête de la vérité, le vieux papillon va le guider, non pas en lui offrant des réponses formatées, mais en le menant vers sa propre vérité, vers son être unique et irremplaçable, vers ce qu’il est réellement. Il va le faire accoucher de lui-même comme Socrate avec ses disciples.  Et peut-être qu’alors, il pourra frôler du bout des ailes la beauté… 

papillon-deux.jpg

Patrick Chamoiseau nous offre un récit original au charme indéniable, un récit nourri d’aphorismes qui pourront mener le lecteur à son tour vers sa propre lumière… 

  « Je n’attends rien ni personne. C’est pourquoi je ne suis jamais surpris de ce qui arrive. (…) Attendre quelque chose, s’attendre à quelque chose, soupire le vieux, n’est-ce pas fermer la porte à tout ce que l’on n’attend pas : à tous les autres possibles ? » (p. 22)

 « Les croyances sont des petites traces de fortune qui permettent de conjurer l’abîme et de se donner l’impression d’avancer… » (p.24)

 « La vieillesse est le lieu de l’ultime connaissance. (…) c’est elle qui permet de de donner du sens à ce que l’on a réussi, mais aussi et surtout à tout ce que l’on a raté, tout ce que l’on a jusqu’alors été incapable d’oser, de tenter ou bien d’imaginer. C’est donc le seul moyen de vivre non pas longtemps mais…complètement. » (p. 48)

 papillon-et-lumiere.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 

Premières phrases :

« Chaque nuit, dans les villes, sur les routes, ensorcelés par les lumières artificielles, des millions d’insectes s’écrasent contre les ampoules brûlantes.

Parmi eux, les papillons de nuit. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Texaco

Autre : Le poids du papillon de Erri DE LUCA

  

Le papillon et la lumière, Patrick Chamoiseau, Illustrations de Ianna Andreadis, Philippe Rey éditeur, 109 p., 15.50 euros

Publié dans Littérature Antilles

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Mauvaises fréquentations de Marcia CLARK

Publié le par Hélène

                                            mauvaises-frequentations.jpg

 

 L’auteur :

Procureur du procès O.J. Simpson, Marcia Clark est une star aux Etats-Unis. Avec Mauvaises fréquentations et son héroïne Rachel Knight, de son propre aveu son « double, en mieux ! », elle a fait une entrée remarquée sur la scène du suspense.

 L’histoire :

Intelligente, pugnace, efficace, Rachel Knight, malgré sa jeunesse, a été nommée procureur dans une division d’élite de Los Angeles. Après le meurtre de son collègue et ami Jack et d’un adolescent dans un motel sordide, elle hérite de l’affaire délicate sur laquelle il travaillait avant sa mort : le viol d’une jeune fille de la haute société. Et si les deux affaires étaient liées ? Rachel, qui ne peut s’empêcher de croire que Jack a été victime d’un coup monté, se retrouve prise dans une spirale de violence menaçant d’anéantir sa carrière et bientôt sa vie. Procureur célèbre aux U.S.A., Marcia Clarke connait comme personne les arcanes des prétoires et des commissariats de Los Angeles. Mêlant un sens inné du suspense et de l’action à un humour décapant, elle signe un premier thriller remarquable, les débuts en fanfare d’une héroïne qui lui ressemble et dont on n’a pas fini d’entendre parler : Rachel Knight.

« Un début triomphal. Les lecteurs vont attendre avec impatience les nouvelles enquêtes de Rachel Knight. » Publishers Weekly

« L’intrigue de Marcia Clark est forte et prenante, mais ce sont ses personnages déjanté qui font de ce premier thriller un vrai bonheur. » People

 Ce que j’ai aimé :

L’ intrigue est correcte, elle pousse à aller au bout des pages –et c’est la seule motivation, croyez-moi…

 Ce que j’ai moins aimé :

Je n’ai pas aimé le côté fille, à savoir cette gourde de procureure qui a des pensées très profondes soit :

 a.      Sa tenue ou celle de ses copines :

« Comme à son habitude, Bailey était l’élégance même ; un trench de couleur fauve et un col roulé blanc cassé qui s’accordaient parfaitement à sa peau claire et à ses cheveux blonds et courts. Un pantalon droit moulant lui irait toujours mieux avec sa minceur et son mètre soixante-quinze qu’à moi qui culminait à un mètre soixante-huit. Je me consolai une fois de plus en me disant que je pouvais compenser en mettant des chaussures à talons plus hauts. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était une solution. » (p. 51)

 b.      Ses repas et son régime :

« Nous entrechoquâmes nos couverts en argent, brisâmes la croûte brune et croustillante et savourâmes la première bouchée. Je trouvais l’appareil ferme mais crémeux, sucré mais pas trop. Nous ne rompîmes pas le silence avant d’avoir raclé le fond du ramequin. » (p. 224)

 c.       Ses restos et bars préférés

Le Church and state «  nouveau restaurant plutôt sympa situé dans le vieux quartier des abattoirs. »

Le Oolong café où « la nourriture se révélait étonnamment bonne et le service, rapide. » (p. 97)

Engine Co N°28 qui « demeurait un restaurant assez couru. » (p. 99)

El Chavo « Ce petit restau intime servait la meilleure cuisine mexicaine et les meilleures margaritas en dehors de Baja. » (p. 116)

  Charlie O’s « C’était un petit bar de jazz, chaleureux, l’un de nos QG préférés. » (p. 140)

PDC « vieux wagon-restaurant transformé en restaurant intime, époque Frank Sinatra ou Dean Martin, Le Pacific Dining car servait des homards et des pièces de viande à tomber et possédait l’une des meilleures caves de la ville. » (p. 180) Canters-deli.jpg

  Le Cover « bistro, style speakeasy qui se cachait derrière une porte anonyme au fond d’un diner construit dans les années trente, un véritable monument historique. Lumière tamisée, calme, et ouvert plutôt récemment (…) » (p. 218)

  Le Canter’s  « la popularité de ce deli avait connu des hauts et des bas, mais il servait toujours de bons petits plats. AU diable la diététique : je commanderai un bagel, saumon fumé, fromage balcn et câpres et Bailey, du poisson fumé sur un petit pain viennois. » (p. 284)

 Non, nous ne sommes pas dans un guide gastronomique - et pourtant ces restaurants existent bel et bien - mais non, la quatrième de couverture nous précise que nous sommes dans un « roman mêlant un sens inné du suspense –quel restaurant va-t-elle choisir – et de l’action –en voiture !- à un humour décapant »« Un petit coup ? demandai-je. –Voire plusieurs » répondit-elle. » (p. 71) –ah ah ah…-

 d.      Ses copines (avec qui elle écluse les bars enchaînant repas succulents et boissons alcoolisées) :

 Bailey but une nouvelle gorgée. Ses scampi m’avaient fait saliver ; j’en voulais encore. Incapable de résister, je levai ma fourchette et visai un autre morceau de crevette. Mais Bailey prouva qu’une amitié comme la nôtre connaissait des limites. Elle écarta son assiette pour la protéger de mes ardeurs.

A contrecœur, j’éloignai ma fourchette et me concentrai sur ma salade. Je fixai une rondelle d’œuf dur. Je fis semblant de la trouver délicieuse. » (p.  82)

 Dur-dur la vie de procureure…

 e.      Les beaux gosses

« « Il est intéressé.

-          Qui ? Et par quoi ?

-          Toi. Tu n’as pas remarqué ? »

Je ne savais absolument pas de quoi elle voulait parler.

« Qui ? répétai-je.

-          Graden. Le lieutenant. Tu l’intéresses.

-          Merde. Franchement, Toni », répliquai-je sur un ton agressif » (p. 40)

Citation qui vous permet d’ailleurs d’apprécier la qualité des dialogues…

 Alors je vais vous dire, contrairement à ce que dit la quatrième de couverture, je ne vais pas attendre avec impatience les nouvelles enquêtes de cette chère Rachel…


Premières phrases :

 «  Il referma le clapet de son portable d’un coup sec et le glissa dans la poche de son jean moulant. Il venait d’assembler la dernière  pièce du puzzle : ça ne serait plus long maintenant. Mais l’attente se révélait insupportable. »

 

Vous aimerez aussi :

Si vous avez aimé ce roman, n’importe quel roman policier fera l’affaire… Je vous conseille néanmoins, si vous avez aimé cette chère Rachel, les romans de Janet Evanovitch, bien plus fins et drôles…

 D’autres avis :

Babélio 

 

Mauvaises fréquentations, Marcia Clark, traduit de l’anglais (EU) par Guillaume Marlière, Albin Michel, octobre 2012, 20.90 euros

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La grotte de Petit Ours de Martin WADDELL et Barbara FIRTH

Publié le par Hélène

                                        grotte-petit-ours.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

  

Les auteurs :

 Martin Waddell est né en 1941 en Irlande. Tout jeune, il voulait être footballeur. Il a quitté l'école à 15 ans et a pratiqué différents métiers, l'édition, la brocante, standardiste d'une compagnie de taxis, libraire. Aujourd'hui, il se consacre à l'écriture de livres sur ce sujet et à des conférences sur la littérature de jeunesse. Il a reçu de nombreux prix. Sous le pseudonyme de Catherine Sefton, il a écrit des romans pour les adolescents (voir à ce nom). Ses histoires pour les petits sont de grands succès, notamment "Tu ne dors pas, Petit Ours?", plein de charme et de tendresse. Il vit en Irlande avec sa femme et ses fils, un chien et un chat.

 Barbara Firth est née dans le Cheshire (Grande-Bretagne) en 1928. Quand elle eut douze ans, sa famille déménagea dans un cottage au bord du canal de Peak Forest. Elle passait son temps à observer et à dessiner les plantes et les animaux qui entouraient sa maison. Elle réussit plus tard avec brio des études de dessin de mode au collège de Londres. Elle travailla alors comme assistante dans un studio graphique puis comme dessinatrice de mode avant d'être engagée par "Vogue" où elle s'occupa durant quinze ans de production et de recherche artistique. Elle illustra son premier livre pour enfants à cinquante-quatre ans.

 

L'histoire :

Un jour, Petit Ours découvre une petite caverne. Juste un peu plus grande que la taille d’un petit ours.« Je pourrais faire ma grotte ici, se dit Petit Ours, avec un lit, une table et une chaise… »

A partir de 3 ans.

 

Ce que j'ai aimé :

 La douceur ouatinée de l'univers des deux ours rend cet album très attachant. Au chaud dans leur grotte, ils se créent un cocon, un lieu doux et accueillant, à l'abri du monde.   

 Un amour profond court entre petit Ours et Grand ours, un amour inconditionnel, entier, profondément émouvant.

"Grand Ours est assis dans son fauteuil, Petit Ours blotti dans ses bras. Il reste ainsi jusqu'à ce que les bûches soient entièrement brûlées.

"Dors bien, Petit Ours." murmure Grand Ours.

Mais Petit Ours dort déjà." 

Les dessins sont magnifiques et ajoutent de la poésie à cette histoire simple et lumineuse qui parlera aux plus petits…

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien, je suis une inconditionnelle des albums de ces deux auteurs !


Vous aimerez aussi :

 Des mêmes auteurs : Sélection d'albums jeunesse

 

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La grotte de Petit Ours, Martin Waddell et Barbara Firth, Texte traduit de l'anglais par Claude Lager, Ecole des Loisirs,   2005, 12.50 euros

 

Publié dans Jeunesse Album

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Far away de Maryse et Jean-François CHARLES et Gabriele GAMBERINI

Publié le par Hélène

                                              far-away.jpg

 ♥ ♥ ♥

 Un road-movie émouvant...

 

 Les auteurs :

Gabriele Gamberini : En parallèle de sa carrière de peintre, Gabriele Gamberini réalise des bandes dessinées pour lesquelles il a reçu plusieurs prix en Italie.

Il a publié avec Jean-François Charles et Maryse Charles les deux tomes de Red Bridges et la biographie en BD de James Dean.

Gabriele Gamberini vit dans la province de Bologne.

 Jean-François Charles naît en Belgique en 1952. Il poursuit ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et commence par dessiner des caricatures. Il collabore notamment à "La Libre Belgique" et la "Nouvelle Gazette" sous le pseudonyme de Bof.

En 1975, il travaille pour le magazine "Spirou" puis aux éditions Averbode où il illustre plusieurs revues destinées aux enfants. En 1978, il rencontre le scénariste Jan Bucquoy avec lequel il travaille sur Le Bal du Rat Mort qui sort chez Michel Deligne en 1980.

Puis toujours chez Deligne, en 1982 et 1984, il publie Le Pilori et Le Grand Dérangement, les deux premiers épisodes des Pionniers du Nouveau Monde co-scénarisés par son épouse. Les épisodes suivants seront publiés dans le magazine "Vécu" édité par Glénat. À partir du tome 7, le dessin des Pionniers du Nouveau Monde est confié à Ersel.

À nouveau chez Glénat, Jean-François Charles dessine Sagamore, un conte philosophique co-scénarisé par son épouse, Maryse. Puis, en 1991, chez le même éditeur, il entame une nouvelle série intitulée Fox, scénarisée par Jean Dufaux.

En 2001, il signe Le Météore, tome 3 du Décalogue scénarisé par Frank Giroud et publie la même année Esquisses & Toiles, un ouvrage qui regroupe plus d'une centaine de dessins et croquis inédits sur des textes de Paul Herman. Toujours en 2001, il signe India Dreams chez Casterman scénarisé par Maryse Charles, et en 2007, War and Dreams chez le même éditeur.

En 2010, il revient au dessin avec la saga Ella Mahé, qu'il scénarise également avec son épouse Maryse Charles.

 Maryse Charles a souvent collaboré avec son mari, notamment sur Les Pionniers du Nouveau Monde, mais aussi sur India Dreams, Les Mystères d’Osiris, War and Dreams et Ella Mahé en 2010.

 

L’histoire :

 Martin Bonsoir est chauffeur de camion. Il parcourt seul les paysages grandioses du Canada et des États-Unis sans plus les voir. Jusqu’au jour où son camion est immobilisé par la neige dans un bled paumé du Canada. Il y est secouru par une femme seule, plus âgée que lui, Esmé Larivière. Sur un coup de tête, elle demande à Martin de l’emmener avec lui. Le voyage de Martin prend alors une autre tournure. Il se surprend à apprécier les paysages, à prendre le temps de savourer de bons repas… Une relation forte naît entre ces deux âmes solitaires, tellement inattendue qu’ils en deviendront vite maladroits… Ils vont devoir apprendre à se faire confiance et à se dévoiler pour ne pas se perdre. C’est un magnifique road movie que nous offrent ici Maryse et Jean-François Charles, friands d’exotisme et de romantisme. Leur complice au dessin, Gabriele Gamberini, peint aussi admirablement les paysages traversés que les subtiles émotions sur les visages de ces héros ordinaires.

  far-away--le-camion.jpg

Ce que j’ai aimé :

 La relation qui se tisse entre Martin, chauffeur de camion et Esmé, femme solitaire, est douce et simple comme un matin ouatiné par la neige. Esmé va rencontrer le jeune homme par hasard et va choisir de l'accompagner vers l'Arizona à bord de son camion. Elle va lui faire découvrir un autre monde, par l'intensité de son regard elle va lui apprendre à s'épanouir à l'orée de chaque instant. 

Les dessins magnifiques de Gabriele Gamberini sont comme une ouverture sur le monde qui entoure les deux compagnons, ils chantent parfaitement la beauté du paysage qui les entoure et le nouveau regard que porte le jeune chauffeur sur ces sites hors du commun.  Le  destin croisé de ces deux personnages est pur, sans fioritures inutiles. La relation qui s'instaure entre eux, si simple soit-elle, changera définitivement  leur façon d'être au monde.  

Far Away est un hymne à la vie et aux immensités américaines !

far-away-planche 

Ce que j’ai moins aimé :

           Rien

Vous aimerez aussi :

 Des mêmes auteurs : Africa Dreams tome 1 L’ombre du roi de Frédéric BIHEL, Jean-Charles CHARLES et Maryse CHARLES ; Africa dreams tome 2 Dix volontaires sont arrivés enchaînés de Maryse et Jean-François CHARLES et Frédéric BIHEL

 Autre : L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI

 

D’autres avis :

 Mango ; Luocine ; Natiora ;  MissAlfie 

 

 BD Mango bleu 

 

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Rue des voleurs de Mathias ENARD

Publié le par Hélène

                                               rue des voleurs

  ♥ ♥ ♥

  L’auteur :

 Né en 1972, Mathias Énard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone.

Il est l’auteur de cinq romans chez Actes Sud : La perfection du tir (2003, prix des Cinq Continents de la francophonie ; Babel n° 903), Remonter l’Orénoque (2005), Zone (2008, prix Décembre, prix du Livre Inter ; Babel n° 1020), Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (2010, prix Goncourt des Lycéens, prix du Livre en Poitou-Charentes 2011) et Rue des Voleurs (2012).
Ainsi que Bréviaire des artificiers (Verticales, 2007) et L’alcool et la nostalgie (Inculte, 2011 ; Babel n° 1111).

 

L’histoire :

C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.

Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil.
Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Servi par une écriture fluide au style ciselé, Rue des Voleurs nous entraîne dans une histoire puissante autour de deux jeunes arabes perdus, à la recherche d’une famille, d’une reconnaissance, perdus surtout entre leur religion castratrice et leurs instincts naturels. Bassam va rejoindre le groupe pour la diffusion de la pensée coranique, entraînant pour un temps Lakhdar avec lui, mais une expédition bien particulière à leurs côtés éloignera peu à peu Lakhdar du cheikh Nouredine et de ses acolytes. Lakhdar va alors errer de Tanger à Barcelone, hanté par des cauchemars violents sous-tangents à son époque et aux vicissitudes  du monde actuel.  Le roman est en effet profondément ancré dans une actualité brûlante : l’enrôlement des jeunes arabes dans les mouvements extrémistes, les révolutions arabes de début 2011, la crise économique en Europe, le mouvement des Indignés, la victoire  des partis islamistes en Tunisie et en Egypte…

 Une subtilité dans les zones d’ombre plane sur les pages, dans les doutes de Lakhdar vis-à-vis de Bassam, son ami de toujours, si rien n’est sûr, le doute suffit à faire froid dans le dos…

 La construction fonctionne en boucle, la fin répondant au début du roman, et lui donnant ainsi tout son sens. Du grand art !

 « Je ne suis pas un assassin, je suis plus que ça.

Je ne suis pas un Marocain, je ne suis pas un Français, je ne suis pas un espagnol, je suis plus que ça.

Je ne suis pas un musulman, je suis plus que ça.

Faites de moi ce que vous voudrez. » (p. 250)

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 Premières phrases :

« Les hommes sont des chiens, ils se frottent les uns aux autres dans la misère, ils se roulent dans la crasse sans pouvoir en sortir, se lèchent le poil et le sexe à longueur de journée, allongés dans la poussière prêts à tout pour le bout de barbaque ou l’os pourri qu’on voudra bien leur lancer, et moi tout comme eux, je suis un être humain, donc un détritus vicieux esclave de ses instincts, un chien, un chien qui mord quand il a peur et cherche les caresses. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias ENARD

Autre : Pour seul cortège de Laurent GAUDE

 D’autres avis :

Initiales

Presse : Le figaro

Blogs : Clara 

 

Rue des voleurs, Mathias Enard, Actes sud, août 2012, 256 p., 21.50 euros

challenge rentrée littéraire 2012 

 

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Cadeaux de Noël

Publié le par Hélène

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Noël approchant, voici quelques idées :

Idées cadeaux

Coups de coeur

 

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Ma brillante carrière de Miles FRANKLIN

Publié le par Hélène

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  ♥

   L’auteur :

Miles Franklin est une écrivaine australienne née Stella Maria Sarah Miles Franklin en 1879 en Nouvelle-Galles du Sud, au sein d'une famille de propriétaires terriens.

Elle publie son premier roman, Ma brillante carrière, en 1901, grâce à l’appui de l’auteur australien Henry Lawson. Après cette publication, elle tente une carrière d’infirmière puis de gouvernante, tout en continuant d’écrire pour des journaux. Durant cette période, elle écrit la suite de Ma brillante carrière, mais la censure l’interdit de publication jusqu’en 1946, trouvant l’ouvrage trop subversif !

En 1906, elle part vivre aux États-Unis et devient la secrétaire d'Alice Henry, directrice de la Ligue des Femmes de Chicago, puis en 1915 elle s’installe en Angleterre où elle travaille dans un hôpital. Elle rentre en Australie en 1932 et écrit de nombreux romans historiques sur le Bush australien.
Sa vie est caractérisée par sa volonté de ne jamais se marier, et ce malgré les nombreux prétendants. Elle fait ainsi partie de ces pionnières du féminisme à l’australienne.
Elle décède en 1954 dans une banlieue de Sydney. Dans son testament, elle lègue une somme conséquente afin que soit créé un prix littéraire annuel portant son nom, le Miles Franklin Literary Award. (Source : babélio)

 L’histoire :

 Ce chef-d'oeuvre de la littérature australienne contient tous les ingrédients qui font les meilleures recettes littéraires : un cadre exceptionnel - celui des gigantesques espaces australiens apprivoisés petit à petit par des hommes et des femmes aussi courageux que tenaces -, une saga familiale dramatique, une merveilleuse histoire d'amour, et la volonté farouche de Miles Franklin de réussir une brillante carrière de femme et d'écrivain. Un pari totalement réussi ! (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

 Ma brillante carrière est un récit très romanesque, le lecteur est entraîné par un style fluide qui le mène page après page sur les traces de la jeune Sybylla, jeune femme virevoltante aux idées bien arrêtées. A cause de la faillite de son père, elle doit quitter ses parents et ses frères et sœurs pour vivre aux côtés de sa grand-mère, dans la région de Caddagat. Pour  Sybylla, amoureuse de cette région et de sa beauté, cette nouvelle est un vrai bonheur, elle va s’épanouir au contact de ces grands espaces battus par les vents.

  « Je m’abandonnai à la simple joie d’être en vie. Comme la lumière du soleil étincelait et dansait sur la route ! –elle faisait briller les feuilles d’eucalyptus telle  une myriade de pierres précieuses ! Un nuage de points blancs, que je reconnus pour être des cacaotès, faisait des cercles au-dessus du sommet de la colline. » (p. 272)

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 Là-bas, elle va faire des rencontres qui vont bouleverser sa vie sans pour autant modifier  l’image du couple et du mariage qu’elle avait depuis son plus jeune âge.

 Ma brillante carrière est aussi un roman féministe, porté par la personnalité frondeuse et avide de liberté de l’héroïne-auteure (je n’en dis pas plus pour ne pas déflorer l’intrigue et l’issue de sa relation avec le bel Harold)

 Ce que j’ai moins aimé :

 J’ai trouvé le récit trop centré sur la relation de la jeune fille avec Harold. J’aurais aimé que le récit s’en éloigne pour s’étoffer ainsi et ne pas me laisser cette impression de ne lire qu’un roman sentimental, quelqu'en soit l'issue...

 Premières phrases :

 « Aïe, aïe, je vas mourir. Aïe, j’ai mal, j’ai mal ! Aïe, Aïe !

-Allons, allons, viens. Le petit compère de son papa va pas faire la mauviette, non ? Je vais mettre dessus un peu de graisse qui nous reste du déjeuner et l’attacher avec mon mouchoir. »

 D’autres avis :

 Blogoclub

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le pays d’en haut

 

POCHE : Ma brillante carrière, Miles Franklin, traduit de l’anglais (Australie) par Nelly Lhermillier, Editions de l’Aube, mai 2012 (réédition), 11.40 euros

 blogoclub 

Publié dans Littérature Océanie

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Les apparences de Gillian FLYNN

Publié le par Hélène

                                               apparences

 ♥ ♥ ♥

Préparez vos nuits blanches ! 

 L’auteur :

 Gillian Flynn est un auteur américain. Elle a grandi dans le Missouri et vit aujourd'hui à Chicago. (Source : Babélio)

 L’histoire :

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Charlie, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Charlie a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Charlie découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Charlie ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre quelle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Charlie est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

Considérée par une critique unanime comme l’une des voix les plus originales du thriller contemporain, Gillian Flynn dissèque ici d’une main de maître la vie conjugale et ses vicissitudes et nous offre une symphonie paranoïaque aux retournements multiples, dans un style viscéral dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller. (Source : Editeur)

 Ce que j’ai aimé :

Les apparences est un roman diaboliquement prenant, machiavélique, qui joue avec vos nerfs et vos analyses psychologiques. L’auteur alterne les chapitres : l’un adopte le point de vue de Nick, mari suspecté d’avoir tué sa femme, et le suivant retranscrit le journal intime de la jeune femme dans les mois précédant sa mystérieuse  disparition. Des indices dans le discours de l’un ou de l’autre orientent le lecteur vers une explication ou une autre, indices savamment disséminés dans le but de manipuler ledit lecteur.

 Puis un retournement de situation soudain renverse à nouveau les perspectives, offrant un tout nouvel éclairage sur la scène du « crime ». Cette construction orchestrée de mains de maître apporte du poids à ce roman centré sur le mariage et ses aléas.

 A quel point doit-on s’aliéner pour plaire à l’autre ? Le mari doit-il devenir le pantin de sa femme, celui qui accourt dès qu’on le siffle, la femme doit-elle être « cool » à tous prix et faire des concessions inconcevables, au prix d’y laisser son âme ? Le couple peut-il durer quand  il débute sur des compromis que le temps efface parce qu’ils deviennent ingérables au quotidien ?

 D'autres questions affleurent également comme le poids de l'opinion publique dans le cadre d'une enquête criminelle, le rôle des médias, l'image du coupable manipulée... Autant de pistes de réflexions qui densifient le propos.

Méfiez-vous des apparences…

 Ce que j’ai moins aimé :

La fin est plus faible, mais la question se pose aussi : comment finir ?

 Premières phrases :

« Quand je pense à ma femme, je pense toujours à son crâne. A la forme de son crâne, pour commencer. La toute première fois que je l’ai vue, c’est l’arrière de son crâne que j’ai vu, et il s’en dégageait quelque chose d’adorable. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les lieux sombres

Autre : La maison d'à côté de Lisa GARDNER

  D’autres avis :

Canel ; Val ; Clara ; Stieg ; Véronique  

 

Les apparences, Gillian Flynn, traduit de l’anglais (EU) par Héloïse Esquié, Sonatine, 2012, 22 euros

grand prix lectrices de elle 

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Quand le requin dort de Milena AGUS

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Milena Agus, cette inconnue sarde, enthousiasme le public français avec Mal de pierres en 2007. Le succès se propage en Italie et lui confère la notoriété dans les 26 pays où elle est aujourd’hui traduite. Après Battement d’ailes, Mon voisin et Quand le requin dort, Milena Agus poursuit avec La comtesse de Ricotta sa route d’écrivain, singulière et libre. (Source ; Editeur)

 

L’histoire :

 Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiché de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd à tout sauf à son piano. Celle qui décrit l’étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable… Une liaison qu’elle cache à sa famille, où pourtant on parle d’amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n’arrive pas à décider s’il existe ou pas. Plutôt qu’à lui, autant s’en remettre à la superstition pour affronter les dangers de l’existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d’un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaye d’en sortir quand il dort… Dans ce livre, le plus poignant de Milena Agus, on retrouve sa voix inimitable, capable de toutes les audaces. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Ce premier roman de Milena Agus porte déjà le sceau de son talent. Par la voix de sa narratrice, elle nous plonge immédiatement dans l’univers profondément poétique et désespéré à la fois de cette famille sarde hors norme.

 Les blessures de l’âme sont plus douloureuses que les blessures physiques et la jeune adolescente préfère alors accepter une relation sado-maso purement sexuelle avec un homme marié plutôt que d’affronter les affres d’une relation amoureuse. Car elle sait combien les sentiments sont éphémères, combien de fois sa tante s’est retrouvée seule, meurtrie après un l’abandon d’un nouvel amant, elle sait combien les sentiments peuvent être complexes et combien la fidélité se paie chère, elle sait combien la vie ne tient qu’à un fil et combien la frontière entre bonheur et souffrance est ténue… A tout instant le requin peut se réveiller et vous broyer lentement…

 Mais si elle sait, elle essaie malgré tout de mettre du miel sur tout, comme sa maman, même si « papa dit qu’on finira par se faire un diabète du cerveau. » (p. 21) Parce que dans son monde, comme dans celui d’un des personnages, Mauro de Cortes, « ça a du sens de faire pousser des fleurs ou d’apprendre à faire des petits gâteaux. Et surtout on peut espérer. » (p. 54)

  Un roman lumineux inoubliable... 

 

Ce que  j’ai moins aimé :

- Rien  

 

 Premières phrases :

 « En réalité, nous ne sommes pas la famille Sévilla-Mendoza. Nous sommes sardes, j’en suis sûre, depuis le Paléolithique supérieur.

C’est mon père qui nous appelle comme ça, ce sont les deux noms de famille les plus courants là-bas. Il a beaucoup voyagé, et l’Amérique c’est son mythe, mais pas celle du Nord, riche et prospère, celle du Sud, pauvre et déshéritée. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Battements d’ailes de Milena AGUS

Autre : Le cœur cousu de Carole MARTINEZ

 

D’autres avis :

Presse : Télérama, Lire ;  Interview Le Figaro   

  Blogs : Alex; Mango ;Stéphie ; Hélène ; Clara ; Leiloona, Mango, Stephie, Lancellau, Gambadou 

 

Quand le requin dort, Miléna AGUS, traduit de l’italien par Françoise Brun, Liana Levi, 2010, 160 p., 15 euros

POCHE Le livre de poche janvier 2012, 6.10 euros

Publié dans Littérature Europe

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La tête à Toto de Sandra KOLLENDER

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 

 L’auteur :

 Conceptrice-rédactrice puis comédienne, elle met sa carrière entre parenthèses en 2003 pour s’occuper de son fils, alors atteint du Syndrome de West.

Elle partage actuellement son temps entre les nombreuses rééducations et la scène.

La Tête à Toto est son premier roman.

 L’histoire :

 – Écoute Anna, ton bébé est gravement malade, mais tu sais il pourrait être handicapé. Ah, OK, il est handicapé ? Mais tu pourrais être une mère célibataire. Ah, ça aussi ? Bon mais ne te plains pas, je te rappelle que le père de ton fils est vivant alors que ton amoureux d’avant est mort d’un cancer. Ah, tu vois, ça va tout de suite mieux non ?

 Anna a grandi dans une famille où le pathos est proscrit. Chez les siens, il est un devoir de rire de tout. Alors, elle n'a pas choix, il faut tout prendre autrement. C'est une question de survie.

 Dans ce roman autobiographique, Sandra Kollender nous entraîne dans un monde surréaliste et lumineux. Elle démontre que dans la vie non seulement tout peut arriver – mais que, surtout, presque tout arrive. Même le meilleur.

En refermant ce livre sur le pouvoir de l'amour maternel, on se dit que, bien qu’escarpé, le chemin est exaltant.

 

Ce que j’ai aimé :

Sandra Kollender nous fait découvrir le parcours du combattant d’une mère et de son enfant handicapé : les médecins peu aptes à expliquer la maladie, peu psychologues, les directrices d’école, peu enclines à accepter un enfant handicapé, les méthodes de rééducation, peu adaptées en France… Le bilan pour la France est lourd : il semble que ce soit un pays qui ne sait pas gérer cette réalité, obligeant par exemple Noé à se faire rééduquer à … Toronto !

 Après les stages à Toronto avec la méthode MEDEK voici le bilan de la jeune maman : 

 « Eh bien moi j’ai réalisé pendant mes longues heures d’avion que si Noé était né dans une ferme au fin fond de la Creuse, dans une famille un peu moins informée et avantagée, il n’aurait pas pu partir à Toronto et rien de tout ça ne serait arrivé.

J’ai aussi vu le retard de la France en matière de prise en charge (peu de choix, quasiment aucun remboursement), mais surtout l’étroitesse d’esprit des nombreux rééducateurs qui refusaient de s‘ouvrir aux méthodes qui ne sont pas celles enseignées à l’école.(…)

« Ah oui, c’est très bien. Oui vraiment, très impressionnant. Ca ressemble un peu à la méthode machin que j’utilise parfois. Bravo, il a fait de beaux progrès. Allez, reprenons où on en était. » » (p. 43)

Le ton de ce témoignage se veut drôle et décalé :

 « Je n’ai rien contre les PMI. C’est peut-être très bien. Mais faut pas y aller quand t’es malade. C’est marqué dans le règlement. Quand t’es malade il faut aller voir le pédiatre. Mais comment tu sais que t’es malade si tu vas qu’à la PMI ? » (p. 21)

 En effet derrière cette mascarade humoristique, se cache de véritables failles, cachées pour les besoins du bien-être de l’enfant :

 « Mais il faut qu’il sache que je suis la plus graaaande actrice qu’il ait jamais connue.

Je suis celle qui peut vire chaque jour avec un cœur mort en chantant « Meunier tu dors » avec les mains qui tournent et le changement de rythme et tout et tout.

Je suis celle qui peut parler pendant près d’une heure avec sa grand-mère adorée d’une voix parfaitement calme et raccrocher pour pouvoir enfin m’écrouler.

Je suis celle qui va jouer la comédie du monde meilleur pour son petit garçon, parce que si je ne le fais pas, il va devenir triste. » (p. 76)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’ai nettement moins aimé les chapitres consacrés uniquement à la maman et à ses déboires amoureux. Il faut dire aussi que ce livre est beaucoup centrée sur elle, sur sa capacité à passer outre les difficultés, à être une super-maman…

Je me suis demandée si les quelques caricatures qui égratignent la France sont vraies ou pas, j'aurais aimé qu'un dossier accompagne ce petit livre, avec en plus des explications sur la maladie évoquée.

 Au final, je pense que le fait de traiter de ce sujet sur un mode humoristique est dérangeant pour les personnes concernées par le handicap, j’ai en effet demandé à deux personnes dont c’était le cas, elles m’ont répondu que ce type de livre les gênait. 

  

Premières phrases :

 « Je m’appelle Anna, je suis au bord de mes trente-sept ans et de pas mal d’autres choses. J’ai des diplômes vraiment très impressionnants. Si vous voulez les voir, ils sont quelque part au fond d’un carton. »

 Vous aimerez aussi :

Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER 

 

D’autres avis :

Clara Mimi Stieg Yves

   La tête à Toto, Sandra Kollender, Steinkis Editions, février 2012,  156 p., 9.50 euros

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Publié dans Biographies et cie

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