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L'étranger de Jacques FERRANDEZ d'après l'oeuvre d'Albert Camus

Publié le par Hélène

                                  l-etranger-jacques-ferrandez

♥ ♥ ♥

Une superbe adaptation

 

L’auteur :


Jacques Ferrandez a commencé chez Casterman en publiant Arrière pays, des petites histoires d’inspiration provençales. Après le premier cycle en 5 volumes de la série Carnets d'Orient, consacrée à la période coloniale d'avant-guerre en Algérie, Jacques Ferrandez replonge dans l'univers provençal et s'attaque aux classiques de la littérature française en adaptant deux romans de Pagnol : Jean de Florette et Manon des Sources (1997). En octobre 1998, sur un scénario de Tonino Benacquista pour lequel il avait réalisé des illustrations sur La madonne des sleepings, Jacques Ferrandez dessine L’Outremangeur, puis La Boîte noire en octobre 2000. Il revient à sa série Carnets d'Orient en entamant un deuxième cycle, qui débute à la veille de l'insurrection en Algérie et qu'il clôt en 2009 avec Terre fatale. Contrebassiste de jazz, il se produit avec le Mille sabords quartet et le Miles Aboard Jazz Quintet et illustre régulièrement les couvertures de Jazzman magazine. (Source : France Inter)

 

etranger-debut.jpg


 

Présentation :

 Le jour où sa mère est morte, Meursault a remarqué qu'il faisait très chaud dans l'autobus qui le menait d'Alger à l'asile de vieillards, et il s'est assoupi. Plus tard, dans la chambre mortuaire, il a apprécié le café que lui offrait le concierge, a eu envie de fumer, a été gêné par la violente lumière des lampes électriques. Et c'est avec une conscience aiguë du soleil qui l'aveugle et le brûle que l'employé de bureau calme et réservé va commettre un acte irréparable. Camus présente un homme insaisissable amené à commettre un crime et qui assiste, indifférent, à son procès et à sa condamnation à mort.

 

Ce que j’ai aimé :

 L'adaptation est fidéle au texte initial : nous retrouvons ce Meursault anti-héros atypique à qui tout est égal, pour qui la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, et poussé par les circonstances ou par ses sens exacerbés à commettre un meurtre. Puis viennent le procés, l'emprisonnement, et toujours en filigrane cette passivité, cet homme qui s'adapte trop facilement à ce qui lui arrive et semble sans coeur, perdu dans un monde absurde.

"On ne change jamais de vie. En tout cas, toutes se valent et la mienne ici ne me déplaît pas du tout." (p. 53)

"Le cri des vendeurs de journaux dans l'air déjà détendu, les derniers oiseaux dans le square, l'appel des marchands de sandwiches, la plainte des tramways dans les hauts tournants de la ville et cette rumeur du ciel avant que la nuit bascule sur le port, tout cela recompose pour moi un itinéraire d'aveugle, que je connaissais bien avant d'entrer en prison. Oui c'est l'heure, où il y a bien longtemps, je me sentais content. Ce qui m'attendait alors, c'était toujours un sommeil léger et sans rêves. Et pourtant quelque chose a changé puisque, avec l'attente du lendemain, c'est ma cellule que je retrouve. Comme si les chemins familiers tracés dans les ciels d'été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu'aux sommeils innocents." (p. 109)

 Il lui faudra du temps pour se libérer de ce schéma désincarné et se dépasser pour accéder au sublime. Le sentiment de puissance n'arrivera finalement qu'avec la mort et son acceptation. Accepter la mort, sa propre finitude, l'absurdité de la vie, c'est peut-être enfin pouvoir toucher le bonheur du bout des doigts.

Le travail sur les dessins est magnifique : les aquarelles sont douces et lumineuses, habitées par la grâce de l'instant qui passe et dont il faut savourer chaque seconde en renonçant à lutter contre l'inévitable. Une vraie rencontre entre un auteur et un dessinateur de talent, pour une vraie réussite. 

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Ce que j’ai moins aimé :

  - Rien

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Les carnets d’Orient

 

 D’autres avis :

 

Presse :Télérama ; L’express  ; Le POint

     etranger-3.jpg

 

L’étranger, Jacques Ferrandez, d’après l’œuvre d’Albert Camus, Gallimard, avril 2013, 136 p., 22 euros

 

BD Mango bleu

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Noyade en eau douce de Ross MACDONALD

Publié le par Hélène

noyade en eau douce

♥ ♥ ♥

Un classique à découvrir dans sa nouvelle traduction

 

L’auteur :

 

ROSS MACDONALD, de son vrai nom Kenneth Millar, est né en 1915 en Californie et a d’abord grandi au Canada avant de revenir s’installer aux États-Unis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est offi cier de marine dans le Pacifi que. À son retour, il publie quatre romans avant la parution de Cible mouvante en 1949, le premier livre où apparaît le détective privé Lew Archer. Deux films content les aventures de Lew Archer, incarné à l’écran par Paul Newman. Ross Macdonald meurt en 1983. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de romans noirs. James Crumley disait avoir relu dix fois son œuvre et James Ellroy lui a dédicacé le premier volume de sa trilogie de Lloyd Hopkins. (Source : éditeur)

 

L’histoire :

 

Dans le quartier huppé de Nopal Valley, en Californie, Lew Archer est engagé pour enquêter sur une lettre anonyme accusant sa cliente, Maude Slocum, d’adultère. À aucun prix, ces allégations ne doivent parvenir jusqu’à son mari. Profitant d’une fête organisée chez les Slocum, le détective se mêle aux invités. Mais la soirée est interrompue par une macabre découverte : celle du corps de la belle-mère de Maude, flottant dans la piscine. Les soupçons se portent immédiatement sur son fils et sa trop séduisante petite-fille, premiers héritiers de la fortune colossale de la vieille dame. C’est désormais une double enquête qu’Archer doit mener, sur les traces d’un corbeau et d’un meurtrier.

 Cette nouvelle enquête de Lew Archer nous entraîne dans un univers trouble de faux-semblants où les victimes semblent avoir autant à cacher que les assassins. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le style lyrique très travaillé est la première bonne surprise de ce roman :

" L'incendie de ciel s'était éteint, laissant de longs lambeaux de nuages s'étirer sur la nuit comme des traînées de cendre pourpres. Je ne voyais des montagnes que leurs silhouettes géantes soutenant la pénombre. Quelques lumières scintillaient sur leurs flancs, et les phares d'une voiture qui montait pouce par pouce vers un col le franchirent pour disparaître de l'autre côté de la vallée. Puis la nuit se fit calme au point de sembler exclure toute vélléité de mouvement : nous étions des insectes pris dans l'ultime cristallisation d'une coulée d'ambre. Je bougeai, brisant le sortilège, et m'en allai en marchant à l'aveugle sur la pelouse glissante de rosée, à côté du chemin dallé." (p. 66)

Les descriptions sont magnifiques, les dialogues sonnent très justes, à la fois enlevés et drôles.

Les personnages sont tout aussi travaillés : Lew Archer est un détective amoureux de la vérité, il suffit qu'il soit lancé sur une piste pour souhaiter aller jusqu'au bout de l'enquête, quelques soient les embûches qui jalonneront son chemin. La famille sur laquelle porte son enquête est criblée de failles : la jeune femme qui fait appel à lui cache quelques secrets d'adultère, son mari semble être un homosexuel refoulé, leur fille entretient des relations troubles avec le chauffeur de la maison, et la belle-mère garde jalousement son héritage... Ajoutez au paysage une société pétrolière à l'affût des affaires jûteuses de la région, et vous comprendrez pourquoi les sous-sols de cette affaire sont explosifs...

Lew mène son enquête tambour battant, dans une ambiance trouble aux retombées sismographiques...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Quelques scènes - notamment celle du bateau - sont à mes yeux superflues, apportant trop d'action et de rebondissements peu crédibles. L'intrigue aurait peut-être gagné à être épurée...

 

Premières phrases :

 « Corps sémillant, silhouette de jeune fille : tant que vous ne regardiez pas son visage, elle avait moins de trente ans. Ses vêtements soulignaient bien la chose : tailleur peau d’ange sur mesure, talons hauts mettant le galbe de ses mollets aux ombres nylon sous tension. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Cible mouvante de Ross MACDONALD

Les 16 autres romans de la série Lew Archer sortiront au rythme de deux parutions par an.

Autre : les romans de Raymond Chandler

 

D’autres avis :

 

Papillon 

 

Noyade en eau douce, Ross Macdonald, traduit de l’américain par Jacques Mailhos, Gallmeister, totem, 2012, 288 p., 10 euros

 

 

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Liberté sur la montagne de Marc Graciano

Publié le par Hélène

                                   liberte-sur-la-montagne.jpg

♥ ♥

Un chant hypnotique

 

L’auteur :

 

Marc Graciano est né le 14 février 1966.

Il vit au pied des montagnes aux confins de l’Ain et du Jura.

Liberté dans la montagne est son premier livre. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 « Depuis bien des jours le vieux cheminait avec la petite le long de la rivière. Quelquefois le vieux tenait la main de la petite mais, le plus souvent, il la laissait voyager seule autour de lui » : telle est la première phrase de cette histoire puissamment envoûtante tant par la tension dramatique constante que Marc Graciano parvient à conserver tout au long de ce voyage initiatique, semé d’embûches, dans un temps très ancien, que par son style unique, fait de litanies.

 Dans leur périple vers l’amont de la rivière, le nord, le vieux et la petite traversent une nature à la fois splendide et sauvage, croisent des personnages inoubliables, comme le veneur.

 Vers où les conduira leur destin ?   (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

  Marc Graciano nous conte un récit très original : le vieux et la petite marche vers un ailleurs teinté de présent, ils marchent et ils rencontrent des dangers, des joies, des peines. Le vieux nomme à la petite les choses pour qu’elle accède à la connaissance du monde, il ne lui épargne aucune de ses vilenies, le sordide côtoie le sublime parce qu’au fond, le monde est fait ainsi.

Ils marchent, étroitement liés et rencontrent tour à tour un cirque ambulant, une joute de chevaliers, des hommes conduits à l’échafaud, un abbé, un berger, un géant, un veneur, une jeune femme envoûtante… Un lien étroit unit ce vieux et cette petite, un lien fait de tendresse, d’amour et de danger. Leur destin les porte inéluctablement là où ils devaient aller…

  C’est une peinture du Moyen-Age vivante et dynamique qui se profile sous nos yeux ébahis, les personnages se mettent en branle, tout bouge très vite et prend forme, un monde s’ébauche par la puissance des mots du vieux et de l’auteur. De  vieilles légendes puissantes émaillent le récit comme celle d’un cerf magique … Les mots font exister un monde.

 Et ce premier roman nous offre une très belle allégorie de la vie, un enseignement philosophique lumineux :

 « Alors le vieux dit à la petite qu’ils possédaient des choses qu’ils ne pouvaient pas perdre et que nul ne pourrait leur dérober. Il lui dit qu’ils possédaient le ciel et il lui dit qu’il possédait la forêt et il lui dit qu’ils possédaient l’enchantement chaque jour renouvelé du chemin que tous deux suivaient. (…) Il lui dit qu’ils possédaient les plantes et il lui redit qu’ils possédaient le ciel et aussi les oiseaux dedans le ciel puis il lui dit qu’ils possédaient ces choses à chaque fois qu’ils savaient les capter. Grâce à la connaissance qu’ils en avaient. » (p. 33)

 « Il leur dit qu’ils devaient aller toujours librement. Il leur dit qu’ils devaient cultiver désormais le respect et la délicatesse. Il leur dit qu’ils devaient s’arrêter à tous moment et qu’ils devaient s’asseoir et qu’ils devaient regarder le ciel avec une intense sérénité et il leur dit qu’ils se satisferaient alors de la sensation de leur corps chaud et vivant. (…) Le vieux leur dit qu’ils devaient se faire sensible aux chants des oiseaux et à l’odeur de terre humide qui montent de la rivière le soir. Il leur dit qu’ils devaient admirer la pureté du ciel et la beauté des traces. (…) Le vieux leur qu’ils devaient savoir jouir des agréments d’un chemin qui s’enrubanne dans la forêt. » (p. 141)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 Il faut être très concentré sur sa lecture pour suivre le destin de ces deux personnages atypiques : les paragraphes sont denses, les dialogues sont uniquement retranscrits au discours indirect, le vocabulaire est riche, les répétitions nombreuses, il faut se laisser porter par cette scansion orale pour pénétrer entièrement dans cet univers si particulier et se  laisser hypnotiser.

 Un texte difficile qui se mérite.

 

Premières phrases :

 « Depuis plusieurs jours le vieux cheminait avec la petite le long de la rivière. Quelqeufois le vieux tenait la main de la petite mais, le plus souvent, il la laissait voyager seule autour de lui. A cette fin, le vieux veillait à libérer la petite de tout faix. Le vieux veillait aussi à toujours régler son pas sur celui de la petite. »

 

Vous aimerez aussi :

 Hommes, bois, abeilles de Mario RIGONI STERN

 

D’autres avis :

 

 Aliette Armel  ; Sur le site de l'éditeurDominique 

 

 Liberté sur la montagne, Marc Graciano, José corti, janvier 2013, 311 p., 19.50 euros

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Coups de coeur

Publié le par Hélène

J'ai listé ici des coups de coeur antérieurs à ce blog, incluant donc des romans qui n'apparaissent pas en ces pages mais qui m'avait beaucoup enthousiasmée à leur lecture :

 

Là où se trouvait la mer de Rick BASS

La tête dans le carton à chapeaux de CHILDRESS

Ma famille inoubliable de Fred CHAPPEL

Jim Glass de Jim EARLEY

1001 femmes blanches de Jim FERGUS

Grâce et dénuement de Alice FERNEY

Les cinq quartiers de l'orange de Joanne HARRIS

Le vent qui souffle dans les grues de Lidia JORGE

L'arbre aux haricots de Barbara KINGSOLVER

Noces indiennes de Sharon MAAS

La rivière du sixième jour de Norman MCLEAN

Blonde de OATES

Brendan prairie de Dan O BRIEN

Best love Rosie de O FAOLAIN

Matin brun de Marc PAVLOFF

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

Un jour avant Pâques de Zoya PIRZAD

En attendant l'aube de Mario RIGONI STERN

De la beauté de Zadie SMITH

Le parfum de SUSKIND
Le sourire étrusque de SAMPEDRO

Luz ou le temps sauvage de OSORIO

L'alchimiste de COELHO

L'allée du roi de Françoise CHANDERNAGOR

C'est beau une ville la nuit de Richard BOHRINGER

Dojnaa de Galsan TSCHINAG

En caravane de Elisabeth VON ARNIM

Le joueur d'échecs de Stefan ZWEIG

Les romans de Michel TREMBLAY

A l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel PROUST

Emile de ROUSSEAU

Noces de Albert CAMUS
Que ma joie demeure de Jean GIONO

Les contes des 1001 nuits

Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

La morsure du lézard de Kirk MITCHELL

Le retour à la terre de FERRI et LARCENET

 

J'envisage de les relire pour les faire apparaître sur ce blog, si vous êtes tentés par des lectures communes, n'hésitez pas à me le faire savoir.

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Ceci n’est pas l’Afrique, récit d’une française au Gabon de Anne-Cécile MAKOSSO-AKENDENGUE

Publié le par Hélène

                                          ceci-n-est-pas-l-afrique.jpg

 L’auteure :

 

Anne-Cécile Makosso-Akendengué, née Frébeau, après une vingtaine d'années passées au Gabon, vit actuellement à Angers. Elle y est disquaire. Elle a déjà publié en 2007 un roman, Mathilde et son pianiste, aux éditions les 2 encres.

 

L’histoire :

 

 L'auteur nous parle ici de ses vingt ans passés au Gabon. Sans nostalgie et parfois avec humour, elle s'exprime sur ce qui l'entoure, s'attardant sur des vues du pays, des situations souvent surprenantes, la vie de tous les jours, loin de certains clichés habituels. (Source éditeur)

 

Mon avis :

 

 Ce qui m’a profondément choqué dans ce témoignage d’une femme qui a  passé vingt ans en Afrique est qu’elle ne parle pas du tout des africains. Ils sont scandaleusement absents de ces pages, comme si Madame Makosso avait vécu là-bas dans une bulle à part, sans s’intégrer, sans se mélanger, à observer seulement de loin ce pays dont elle prétend ensuite donner une image plus juste que les médias français. Il faut le savoir : nous avons ici un récit écrit par une blanche, le point de vue d’une blanche qui se complaît à écouter de la musique classique dans sa voiture.

Finalement les moments où elle semble le plus  en harmonie avec le pays est quand elle s’évade loin de Libreville au cap Estérias, comme pour fuir cette ville qu’elle rêve de nettoyer de fond en comble de ses détritus. Ses propos sur la ville sont inintéressants : ils concernent les taxis, les grands hôtels, une excursion à Lambaréné

, Mbolo, le nom des quartiers de Libreville, les atangas… Autant de futilités qui ne donnent qu’une image superficielle de ce pays, de cette ville foisnnante et de ses habitants…

« Comment s’habiller ce matin ? Pleuvra-t-il encore ? Le ciel, surchargé, le laisse soupçonner. Dand le doute, comme sous  toutes les latitudes, j’embarque mon parapluie dans la voiture. Et m’habille finalement comme tous les jours, légère et sobre à la fois. » (p. 113)

De plus le style frise le scolaire, les phrases restant très basiques. Clou du récit, un chapitre entier « J’aime j’aime pas » digne des meilleures rédactions de collégiennes… En voici un florilège : « Je n’aime pas le dimanche soir, à cause du lundi matin. » « Je n’aime pas les mondanités. » « Je n’aime pas la banane verte, je l’aime mûre, tendre et sucrée. » « Je n’aime pas l’heure fatale où le moustique débarque, fatalement repoussant, jamais inoffensif. » « J’aime dire que j’ai vécu au Gabon. »

J’aurais envie de dire à cette charmante dame « Ceci non plus n’est pas l’Afrique. » Ce n'est qu'une vision fade et égocentrique de son séjour...

Photos-LN-004.jpg

 

Premières phrases :

 « Nous venions de faire connaissance. J’allais chez L. à la Cité Universitaire. Chez lui, c’est beaucoup dire : petite chambre impersonnelle dans laquelle il ne ferait que passer, entre son arrivée à Toulouse et son installation, avec moi, dans mon studio. »

 

Vous aimerez aussi :

Sur le Gabon : La bouche qui mange ne parle pas de Janis OTSIEMI  

 

D'autres avis :

http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2010/05/01/17753856.html

http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2012/05/06/24195266.html

http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2010/11/03/19510378.html

 

Ceci n’est pas l’Afrique,  Récit d’une française au Gabon, Anne-Cécile Makosso-Akendengue, l’Harmattan, 2010, 137 p., 13.50 euros

Publié dans Récits de voyage

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La trilogie du Minnesota 1. Terre des rêves de Vidar SUNDSTOL

Publié le par Hélène

                                                   trilogie-minnesota.jpg 

♥ ♥ ♥

Le premier tome d'une trilogie prometteuse... 

Ce que j’ai aimé :

L'action se déroule dans la région du Minnesota, près de Tofte au bord du lac supérieur. Lance est un policier du parc mais il n'a jamais été confronté à des délits majeurs. Il préfère passer ses heures à collecter des informations sur le passé de la région, sur ses premiers colons norvégiens, et de fait sur l'histoire de ses ancêtres.

Pour la première fois, il se retrouve confronté à un meurtre, très difficile à résoudre car aucune piste ne semble s'ouvrir devant lui. Si ce n'est cet homme qu'il a aperçu le jour du meurtre dans les alentours et qu'il devrait interroger dnas le cadre de l'enquête. Mais rien n'est aussi simple : des considérations morales, personnelles, psychologiques vont se dresser devant lui, le poussant à cacher sa découverte. Aidé par le FBI, il devra choisir entre la sincérité et ses contraires...

Ainsi, ce roman mêle habilement intrigue policière, considérations psychologiques et morales, et données historiques autour de l'histoire des norvégiens installés au Minnesota au XIXème siècle. L'atmosphère de cette région au passé multiculturel est fascinante. S'y mêlent mysticisme indien, passé nordique, et présent américain, dans une cohabitation a priori sans heurts.

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Ce que j’ai moins aimé :

 Quelques longueurs et insistances un peu malvenues, j’ose espérer qu’elles s’estomperont au deuxième tome… Deuxième tome que je me suis empressée d'acheter car le suspens à la fin du premier tome reste quasi-entier...

 

Premières phrases :

 

« Le lac scintillait au soleil. Au loin, il semblait s’étendre à l’infini pour se fondre dans le ciel.

Il n’y avait presque pas de circulation. Une Jeep Cherokee noire longeait le lac en direction du sud. Le chauffeur portait des lunettes de soleil pour se protéger de la forte lumière matinale. »

 

Vous  aimerez aussi :

 Du même auteur : Le tome 2 de la trilogie Seuls les morts ne rêvent pas

Autre :  La saga des émigrants de Vilhelm MOBERG

 

 Terre des rêves, La trilogie du Minnesota tome 1, Vidar Sundstol, traduit du norvégien par Hélène Hervieu et Eva Sauvegrain, Points, 2011, 7.60 euros

 

Défi nordique (2013) avec Lystig

 

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Voyage aux îles de la Désolation d’Emmanuel LEPAGE

Publié le par Hélène

                                           voyage-aux-iles-de-la-desolation-couv.jpg

♥ ♥

 

L’auteur :

Né en 1966 à Saint-Brieuc, Emmanuel Lepage va faire à l’âge de 13 ans une rencontre déterminante : celle du dessinateur Jean-Claude Fournier. Le dessinateur de Spirou va lui enseigner les rudiments du métier et lui donner des conseils.

En 1983, il réalise dans le quotidien Ouest France son premier dessin publié, puis avec l’aide des bibliothèques de Rennes il publie à compte d’auteur son premier album de bande dessinée La Fin du monde aura-t-elle lieu ? à partir de l’année suivante, il réalise de nombreuses illustrations pour des revues et des magazines en Bretagne.
En 1986, il commence sa première série : Les aventures de Kelvinn. Deux albums en couleur paraissent également aux éditions Ouest France. Il collabore aux journaux de bande dessinée Circus et Tintin Reporter.

En 1990 et 1991 il publie aux éditions Signe de piste deux ouvrages adaptés de l’œuvre d’Huguette Carrière. Cette série sera ensuite reprise aux éditions du Lombard.
En 1991 associé au talentueux scénariste Dieter, il commence la série Névé chez l’éditeur grenoblois Glénat. Ayant achevé les cinq albums de cette série qui fut très remarquée, il entame une nouvelle collaboration avec la romancière Anne Sibran. Tous deux réalisent dans la prestigieuse collection Aire Libre de Dupuis La Terre sans mal qui consacrera sa notoriété.
Un an plus tard il dessine Alex Clément est mort et après un tour du monde de deux ans, il publie aux éditions Casterman deux livres de carnets de voyage : Brésil et America avec des textes de l’écrivain Nicolas Michel.

En 2003, il entame ce qui sera considéré comme son chef d’œuvre, le diptyque Muchacho dans la collection Aire Libre. Il décrit le parcours d’un jeune séminariste au Nicaragua qui va se trouver confronté à des relations sociales très dures et à la découverte de sa propre sensualité. Lepage, auteur complet, signe là une œuvre éminemment sensible et engagée, elle sera reconnue par toute la presse unanime et sera couronnée par de nombreux prix. Le trait fin et puissant de Lepage, son dessin raffiné, son art consommé de l’aquarelle font de lui un des plus brillants créateurs de la nouvelle bande dessinée française ; ses ouvrages ont été traduits dans de nombreux pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis.
Actuellement, il réalise avec sa compagne l’écrivain Sophie Michel un diptyque Oh les filles ! qui est paru début 2008 aux éditions Futuropolis.

2011: Voyage aux îles de la Désolation, Futuropolis

2012: Un printemps à Tchernobyl (Source : Babélio)

 

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L’histoire :

C’est un récit de voyage, un reportage dessiné, où se mêlent les mots, la bande dessinée, les grandes illustrations couleur, les portraits et croquis pris sur le vif. De ces terres australes, de ce monde au bout du monde, dont on dit qu’il est le point le plus isolé du globe, Emmanuel Lepage nous rapporte un récit vivant, chaleureux, mystérieux et, surtout, profondément humain. (Source : Babélio)

 

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Mon avis :

Emmanuel Lepage nous emmène au bord du Marion Dufresne à la découverte des terres australes, Crozet, Amsterdam, Saint-Paul, Kerguelen, surnommées îles de la Désolation. Le départ ne se fait pas sans heurts, il est retardé par une grève des entrepôts pétroliers, mais le magnifique bateau va finir par s’ébranler, en route pour une aventure humaine et personnelle très forte.

Emmanuel Lepage nous conte au jour le jour l’avancée du bateau, les ennuis rencontrés en route, les manques, les joies, le partage des passions de chacun, par touches subtiles il peint un univers tout en retenue et puissance.

Voyage aux Iles de la Désolation tient davantage du carnet de voyages que d'une véritable bande dessinée, il fonctionne comme un journal de bord plus que comme une histoire entièrement scénarisée. Il m’a manqué des considérations qui m’auraient permis de ressentir un vrai coup de cœur pour cet album, l’auteur cherche à capter des moments, et s’il y parvient magnifiquement avec son dessin, il échoue à mon sens avec son texte.

Vous l’aurez compris, l’atout majeur de cet album tient dans ses dessins en noir et blanc, au fusain, à l’aquarelle, tous magnifiques, ils rendent hommage aux paysages, animaux, hommes rencontrés.

voyages aux iles désolation

 

Néanmoins, là aussi je n'ai pas été totalement conquise, car si j'ai adoré ses aquarelles, j'ai trouvé ses planches en noir et blanc trop brouillonnes et fatiguantes à regarder et lire.

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Un bian en demi-teinte pour un album qui a fait l'unanimité sur les blogs...

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Un printemps à Tchernobyl

Autre : Kerguelen de Isabelle Autissier

 

D’autres avis :

 Mango ; Noukette ; Choco, Emmyne, Yaneck, Miss Alfie ; Jérôme 

 

Voyage-aux-Iles-de-la-desolation-Panche-3

 

BD Mango bleu

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L’écume des jours de Boris VIAN

Publié le par Hélène

                                       ecume des jours

 ♥ ♥

   L’auteur :

 

 Boris Vian est né d'un père rentier et d'une mère musicienne (harpe et piano). Il est le second de quatre enfants. A douze ans, on lui découvre une insuffisance aortique.

Il intègre l'École centrale en 1939 et devient ingénieur en 1942. 
Cependant, passionné de musique, en particulier de jazz, il passe le plus clair de son temps dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés. Il s'y fait connaître comme trompettiste et rédige des articles dans plusieurs journaux de jazz dont Jazz Hot. Par ailleurs, il écrit plusieurs centaines de chansons.

Vian est influencé par le mouvement existentialiste, auquel il contribue dans sa "Chronique du menteur", au sein de la revue de Sartre les Temps modernes.

Son premier roman célèbre (sous l'hétéronyme de Vernon Sullivan) est J'irai cracher sur vos tombes, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu'il est retrouvé sur les lieux d'un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S'ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, Et on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.
Si les œuvres à succès, signées Vernon Sullivan, ont permis à Vian de vivre, elles ont aussi occulté les romans signés de son vrai nom, œuvres plus importantes à ses yeux. D'après lui, seuls ces derniers avaient une véritable valeur littéraire.

1951 et 1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler.

Boris Vian meurt d'une crise cardiaque quelques minutes après le début du film, J'irai cracher sur vos tombes, inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. 

Son œuvre connut un immense succès public posthume dans les années 1960 et 1970, notamment pendant les événements de mai 1968. (Source : Babélio)

 L’histoire :

 Dans un univers mêlant quotidien et onirisme, ce premier roman conte les aventures de Colin, de Chick, d’Alise et de la belle Chloé. Deux histoires d’amour s’entremêlent : Colin est un jeune homme élégant, rentier, qui met fin à son célibat en épousant Chloé, rencontrée à une fête, tandis que son ami Chick, fanatique transi du philosophe vedette Jean-Sol Partre, entretient une relation avec Alise. Tout irait pour le mieux sans les forces conjuguées de la maladie (Chloé est victime d’un « nénuphar » qui lui dévore le poumon) et du consumérisme (Chick consume ses ressources dans sa passion pour Jean-Paul Sartre) qui s’acharnent sur les quatre amis. La plume alerte de Boris Vian, qui multiplie les néologismes poétiques et les jeux de mots (le pianocktail, le biglemoi, les doublezons…) semble le faire par politesse, car sous ses dehors de roman d’amour pour éternels adolescents, l’Ecume des Jours est un piège qui étouffe petit à petit le lecteur et les personnages. A l’image de la maladie de Chloé qui s’étend, la légèreté et l’innocence qui ouvrent le roman sont progressivement contaminées par le drame.

Un classique moderne, salué à sa sortie par Raymond Queneau comme « le plus poignant des romans d'amour contemporains. » (Source : Babélio)

 Ce que j’ai aimé :

 

 « Il y a seulement deux choses : c’est l’amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, (…). » (Avant- propos)

 

Par sa poétique irréelle, Boris Vian peint un monde tragique marqué par l’aliénation du travail, les passions dévorantes poussant à une consommation effrénée et ruineuse, un monde duquel on ne sort pas indemne. Mais au cœur de cette vision pathétique de l’existence, la passion amoureuse peut s’épanouir pour épargner quelques instants les individus pris dans la glu d’un quotidien désabusé. L’amour et la musique, deux pôles rédempteurs. Colin aime Chloé et Chloé aime Colin, et même si leur amour est condamné, il leur permet se s'échapper et de croire à un monde meilleur. Chick par contre sacrifiera son amour physique pour une passion immodérée pour un auteur à la mode qui le ruinera. N'est pas sauvé qui veut...

Aussi Boris Vian nous offre-t-il un roman-jazz à l’imaginaire foisonnant, plantant son intrigue amoureuse dans un univers fantastique absurde : des patineurs s’écrasent contre les murs et y restent collés « comme une méduse de papier mâché écartelée par un enfant cruel. » mais cela n’affecte personne, des « varlets-nettoyeurs » viennent nettoyer puis tout rentre dans l’ordre… (p. 45)

 

Les dialogues sont enlevés et drôles, comme pour conjurer le mauvais sort :

" - Ah… dit Colin. Combien vous dois-je ?...

- C’est très cher… dit le marchand. Vous devriez m’assommer et partir sans payer.

- Oh, dit Colin, je suis trop fatigué. » ( p. 194)

La puissance de la poésie et de l’imaginaire sont chantés ici avec passion. La richesse du style concoure à nous enchanter : néologismes (dilatoirement, trousse à doctoriser, zonzonner…), savant mélange des niveaux de langues, jeux de mots, mot valise (piano-cocktail). Les inventions sont tout aussi savoureuses et éclairées.

 

Un beau roman à l'univers particulier à découvrir...

Ce que j’ai moins aimé :

 Je n’ai pas été particulièrement sensible à cet univers, je reste –il faut le dire- relativement hermétique à ce qui est surnaturel…

 Premières phrases :

 « Colin terminait sa toilette. Il s’était enveloppé, au sortir du bain, d’une ample serviette de tissu bouclé dont seuls ses jambes et son torse dépassaient. Il prit à l’étagère, de verre, le vaporisateur et pulvérisa l’huile fluide et odorante sur ses cheveux clairs. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'arrache-coeur

Autre : le film de Gondry

 

 L’écume des jours, Boris Vian, Le livre de poche, 6.60 euros

  

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Mon grand ami d’Eric BATTUT

Publié le par Hélène

                           mon grand ami

♥ ♥ ♥

Quand l'amitié permet de vaincre sa timidité ...

 

L’auteur :

 Eric Battut est né à Chamalières, où il vit et travaille.

Après six années d'études en économie et en droit, il a étudié à l'École Emile Cohl de Lyon. En 1996, ses premières illustrations pour "La Chèvre de Monsieur Seguin" sont montrées à Bologne.
En 1997, il a reçu le prix "Figue Future" de Montreuil, ainsi que le Prix Octogones 2000 du CIELJ. Il a depuis publié chez Didier jeunesse, Milan, Bilboquet et Bohem Press. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 Monsieur Tim est un grand timide. Mais lorsqu'il croise un jour le chemin du discret Monsieur Puce, c'est comme une révélation: ni zozotements ni bégaiements, ni gêne ou hésitation, ces deux-là sont faits pour être ensemble !

Une jolie fable sur la timidité et le courage, la confiance en soi que procure l'amitié. (Source : Babélio)

A partir de 3 ans.

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Ce que j’ai aimé :

 La rencontre de Monsieur Tim et de Monsieur Puce transforme radicalement leur vie et leur personnalité. L’assurance que leur donne cette nouvelle amitié miraculeuse est le sésame qui leur permet désormais d’être eux-mêmes, épanouis et heureux quand ils n’étaient auparavant que l’ombre du meilleur d’eux-mêmes…

La sincérité de cette belle histoire d’amitié est touchante et permet pour les plus jeunes d’aborder le thème de la timidité de façon ludique et intelligente.

Les dessins restent simples pour parler à l'âme des plus jeunes. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien

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Premières lignes :

« Monsieur Tim n'avait pas d'amis, car monsieur Tim était très très timide. Quand quelqu'un lui disait bonjour, il bégayait, zézayait, rougissait, puis tournait les talons sans entamer la conversation.

Ce matin-là, après avoir longtemps marché le long d'un chemin, monsieur Tim s'arrêta pour se reposer. Il s'endormit.
Venu d'on ne sait où, monsieur Puce vit monsieur Tim, qui lui ouvrit l'appétit.
Monsieur Puce prit son élan. En quelques bonds, il se posa sur monsieur Tim, sur son nez exactement. Monsieur Tim se réveilla en sursaut :
«Une puce ! s'écria-t-il. Quel fléau !» »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Veux-tu être mon ami ?

Autre : Le catalogue des éditions Autrement jeunesse donne envie de tout découvrir... : http://www.autrement.com/userfiles/catalogues/cat_cat3.pdf

 

 Mon grand ami, Eric Battut, Autrement jeunesse, avril 2013, 24 p., 12.50 euros

 
 

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Publié dans Jeunesse Album

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La fille de l’irlandais de Susan FLETCHER

Publié le par Hélène

 

fille de l'irlandais

♥ ♥

 

L’auteure :

 

Susan Fletcher est née à Birmingham en 1979. Avis de tempête est son deuxième roman après La fille de l'Irlandais (Plon 2006) qui a connu un immense succès en Angleterre (sélectionné par le célèbre talk-show " Richard and Judy ").

 

L’histoire :

 

Eve Green, huit ans, de père inconnu, sa mère subitement morte, se trouve renvoyée chez ses grands-parents dans un petit village du beau et sauvage pays de Galles. Un univers dur, où les mesquineries et le mépris jalonnent sa vie d'écolière. 

Un jour, la plus jolie fille de la classe disparaît, et le microcosme villageois se met en ébullition : enquête, soupçons, mensonges, faux témoignages, vengeance, culpabilité - à huit ans, c'est une drôle d'éducation à la vie qui lui tombe dessus. Seuls deux amis réussissent à gagner sa confiance, jusqu'au jour où l'un d'eux disparaît à son tour... 

Vingt ans plus tard, enceinte de son premier enfant, Eve remet en place, dans la sérénité et dans l'amour, le puzzle de sa vie ; et il en surgit ce magnifique conte d'innocence perdue, de paix et de bonheur retrouvés, de mystères résolus. 

Ce livre, couronné par les deux prix littéraires les plus prestigieux attribués aux premiers romans en Grande-Bretagne (le Whitebread et le Betty Trask Award), s'est déjà vendu à 200 000 exemplaires en Angleterre.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Les époques s’entrecroisent pour nous livrer le destin particulier de la jeune Evangeline et de sa mère amoureuse d’un homme roux mystérieux, le père d’Eve, qu’elle n’a jamais connu.

Eve adulte et enceinte nous livre ses souvenirs liés à son arrivée chez ses grands-parents, dans la région sauvage du pays de Galles, suite à la mort brutale de sa mère. Sa personnalité frondeuse étonne et charme son entourage, même si elle pose souvent des questions dérangeantes.

Une atmosphère mélancolique teintée de mystères plane sur le récit de la jeune femme qui a eu la chance de grandir dans un univers protégé parmi des gens aimants. La disparition de la jeune Rosie va ébranler cet équilibre somme toute fragile...

Hymne à l’enfance, à ses joies, ses rencontres, cette liberté insouciante, mais aussi ses failles, ses sentiments exacerbés, ses mensonges innocents qui peuvent être quelquefois à double tranchant, La fille de l'irlandais est un roman doux et nostalgique à la violence sous-jacente…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Ce roman souffre à mes yeux d’un problème de construction :

- déjà, très prosaïquement, la première partie s’étend sur 187 pages, puis le livre 2 court sur 112 pages seulement et enfin le livre 3 sur 10 pages.

- de plus la première partie instaure un suspens concernant la disparition de la jeune Rosie et un mystérieux incendie, et que tout n’est résolu que quelques pages avant la fin. L’équilibre entre suspens et explications aurait pu être plus subtil.

- enfin l'auteure choisit d'entrelacer les époques et les récits : celui d'Evangeline enfant, celui de Evangeline adulte, celui de sa mère avec des allers-retours incessants qui peuvent rapidement lasser le lecteur...

En conclusion, il s’agit là du premier roman de l’écrivain, il est tout à fait logique qu’il y ait quelques défauts, il n’en reste pas moins que le talent apprécié dans « Un bucher sous la neige » se devine déjà ici en filigrane.

 

Premières phrases :

 

« Sur une feuille blanche ma mère a écrit :

Hier soir, je suis allée sur le chemin, le sien. Mes jambes m’nt conduite là, à travers les fougères, et je me suis assise de nouveau sur la clotûre. D’où viennent les taches de rousseur ? Je lui demanderai. Les chauves-souris étaient sorties et j’ai passé près de deux heures à les regarder. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Un bûcher sous la neige de Susan FLETCHER

Autre :  Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

D’autres avis :

 

Lecture commune avec Philisine cave ; Une Comète

 

Jostein A propos de livresAifelleCathulu ; Liliba

 

 

La fille de l’irlandais, Susan Fletcher, traduit de l’anglais par Marie-Claire Pasquier, j’ai Lu, 2008, 310 p., 6.7 euros

 

 

 

Publié dans Littérature Europe

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