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Le sens de la vis tome 2 Tracer le cercle de Jean-Yves FERRI et Manu LARCENET

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

Les auteurs :

 

  Jean-Yves FERRI et Manu LARCENET sont des auteurs de bandes dessinées français. Ils ont déjà collaboré ensemble pour la série "Le retour à la terre".

 

L’histoire :

Ce second tome du Sens de la Vis est une hilarante remontée aux sources mystérieuses de l’impulsion créatrice. Nous retrouvons Demi-Lune guidé par son Maître Shumryu Sushiba au coeur de la forêt dans le but de fabriquer un authentique pinceau. D’abord découvrir la branche qui fournira le manche. Ensuite, traquer la martre, animal légendaire, dont la queue touffue fournira le poil qui permettra à Demi-Lune de tracer enfin le cercle parfait… (source Fnac)

 

sens-de-la-vis-3.jpg

 

Ce que j’ai aimé :

 

-   Je suis une fan inconditionnelle de l’humour des deux compères, humour absurde, intelligent, éclairé, et ici également humour philosophique et spirituel.

- Le duo improbable formé par le maître maigrelet et l'élève enrobé par des strates de civilisation fonctionne à merveille, leur décalage physique et philosophique étant source de scènes  pour le moins cocasses.

-  Les dessins sont magnifiques, le trait est fin et minutieux, les couleurs fondues,

 

photo1 

 photo2

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Trop court...

 

Vous aimerez aussi :

 

Des mêmes auteurs : Le retour à  la terre

 

Le sens de la vis, tome 2 « Tracer le cercle », Ferri et Larcenet, Les rêveurs, novembre 2010, 15 euros

 

rire copie

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Hommes, bois, abeilles de Mario RIGONI STERN

Publié le par Hélène

                                                    

♥ ♥ ♥ ♥

  

 L’auteur :

 Mario Rigoni Stern est un auteur italien. D'origine autrichienne, RigoniStern1.jpgMario Rigoni Stern commence sa vie en combattant pendant la Seconde Guerre mondiale dans un régiment de chasseurs alpins. Il combat en France, en Grèce, en Albanie et en Russie. En 1943, il est fait prisonnier par les Allemands après la signature de l'armistice avec les Alliés et est transféré en Prusse orientale. Il parvient tout de même à s'évader et à rejoindre sa ville natale en 1945. Il devient alors employé du cadastre et, dès 1970, se consacre à l'écriture. Amoureux de sa région d'origine, Mario Rigoni Stern la considère comme sa muse et ses oeuvres sont souvent 'habitées' de Vénétie. Connu pour son 'Sergent dans la neige', signé en 1954, l'écrivain raconte à travers ce roman l'errance de plusieurs soldats italiens perdus en Russie, au moment du retrait des troupes. A côté de ses souvenirs de guerre, il a signé plusieurs ouvrages sur la nature, les paysages et les animaux. Considéré comme l'un des plus grands écrivains italiens contemporains, Mario Rigoni Stern décède en 2008 dans son village natal d'Asiago.

  

L’histoire :

 

Quelques nouvelles avec les thèmes chers à l’auteur : la nature, la chasse, les animaux, mais aussi la guerre et ses ravages.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Lire les romans de Mario Rigoni Stern c’est écouter la vie palpiter et résonner dans nos coeurs et dans nos âmes. Avec beaucoup de simplicité, il chante l’amour de la vie et nous conte sobrement son monde, son pays, en nous réconciliant avec des plaisirs harmonieux :

 

«  lui ce qu’il désirait c’était d’aller pendant un mois, une fois dans sa vie, chasser la bécasse dans les bois de Bohême ; libre et seul avec son chien, sans horaires ni obligations. » (p. 58) 

 

« L’humidité du bois, l’odeur de la terre humifère, les couleurs des feuilles de hêtre, de sorbier, du saule des chèvres, de l’aulne blanc tranchant sur le vert sombre des sapins et la splendeur flamboyante d’un merisier ; lui avec son chien ; et le silence amplifié par les brefs appels des oiseaux de passage, par le battement d’ailes d’une grive, par le tintement argentin du grelot attaché au collier de son chien. Marcher comme ça pendant toute la vie. Toujours. » (p. 62)

 

- Mario Rigoni Stern est un montagnard averti qui chante ici pour notre plus grand bonheur les charmes de cette montagne et des montagnards.

 

« Je décidais que je parlerai d’aujourd’hui, d’une journée avec les gens de la montagne. » (p. 145)



- Si c'est un homme profondément amoureux de la nature, il nous parle aussi de respect et de communion entre les hommes, comme dans ce magnifique texte dans lequel en temps de guerre deux hommes de la vallée se font accompagner de quelques prisonniers pour aller chasser lors d'une battue. Grâce à ces hommes, les prisonniers vécurent une journée de trêve, une journée de rêve.

    

- Sa simplicité est résolument la preuve que ce fut un grand homme à ne surtout pas oublier...

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« La couverture sur la tête, on marchait en silence ; en sortant de la bouche le souffle gelait sur la barbe et sur les moustaches. Mais l’air, la neige et les étoiles aussi semblaient soudés ensemble par le froid. La couverture tirée sur la tête, on continuait à marcher en silence. On s’arrêta, peut-être parce qu’on ne savait pas où aller. Le temps et les étoiles passaient au-dessus de nous, étendus sur la neige. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les saisons de Giacomo de Mario RIGONI STERN

Autres : Le jour avant le bonheur de Erri DE LUCA

 

Hommes, bois, abeilles, Mario Rigoni Stern, traduit de l’italien par Monique BACCELLI, La fosse aux ours, août 2001, 17 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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Bad Boy de Peter ROBINSON

Publié le par Hélène

bad-boy.jpg

♥ ♥ ♥ 

 Un très bon roman policier…

 

 L’auteur :

 

Peter Robinson vit au Canada... mais c'est son Yorkshire natal qui lui a inspiré la série de l'inspecteur Banks, son héros " plus british que nature ", fantasque et amateur mélancolique de musique, de femmes, et de whisky. "Bad Boy" est le 16ème (et pour l'instant dernier) roman de la saga des "Alan BANKS".

 

L’histoire :

 

Jaff est beau, ambitieux, et sait s’entourer d’un irrésistible parfum de mystère. Mais il est aussi très dangereux. Tracy, la fille de l’inspecteur Banks, a cédé à son charme… et à son emprise. Au point d’accepter de le suivre pour échapper à la police qui le recherche pour détention d’arme. Pour la jeune fille, c’est le début d’une traque mortelle à travers le pays.
De retour en Angleterre, Banks, qui ignore le coup de tête de sa fille, est confronté à l’enquête la plus angoissante et la plus personnelle de sa carrière.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          « Bad boy » est un roman qui m’a littéralement happée du début à la fin. Je connaissais déjà les romans de Peter Robinson, je n’ai jamais été déçue, et là encore j’ai été bluffée. L’intrigue se met en place progressivement, la tension monte crescendo, les personnages prennent de l’épaisseur au fil des pages, bref, le suspens est savamment dosé…

 

- Les chapitres alternent les points de vue, si bien que nous suivons aussi bien la fin des vacances de Banks, aux prises avec une belle inconnue, le travail de sa collègue et amie restée "au front", aux prises avec des enquêtes délicates, mais aussi la trajectoire hasardeuse de Tracy, aux prises avec un jeune homme trouble au charme dévastateur...

 

- Contrairement à certains romans policiers (je pense à James Lee Burke par exemple ou Maxime Chattam si je puise dans les auteurs plus commerciaux...) ici la violence est subtilement dosée : seulement suggérée au début, sous-entendue, mais finalement insoutenable dans les dernières pages.

 

   

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La psychologie aurait sans doute pu être un peu plus affûtée mais l’ensemble est de tellement bonne facture que les défauts s’estompent naturellement… J'ai en effet été relativement étonnée par la placidité de Banks menant cette enquête sur la disparition de sa propre fille... Quelques allusions ici et là à son état second tentent de sauver la mise,  mais sans doute pour justifier le fait qu'il participe à l'enquête malgré son implication, il réussit remarquablement à garder le cap. Je ne sais pas vous, mais moi si ma fille disparaissait je deviendrais hystérique... Chapeau Mister Banks !

 

Premières phrases :

 

« En cette fin du mois d’août, la campagne détrempée du Yorkshire évoquait une symphonie en vert et or sous un ciel bleu ponctué de nuages blancs. C’était un vrai miracle que les fermiers se soient débrouillés pour faire les foins, car la pluie était tombée sans interruption pendant des jours et des jours.

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Saison Sèche

Autre : La mort indienne de Karin FOSSUM

 

www.inspectorbanks.com (en anglais)

 

 

Bad Boy, Peter Robinson, traduit de l’anglais par Marina Boraso, mars 2011, 405 p., 19.90 euros

 

challenge voisins voisines

 

Publié dans Roman policier Europe

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Lisahohé de Théo ANANISSOH

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 

Théo Ananissoh est togolais. Il est né en 1962. Il vit en Allemagne. Lisahohé est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Lisahohé, toute petite ville loin de la capitale d'un pays africain, au cœur d'une savane dont les fosses aux lions et les plaines aux éléphants captivent deux touristes allemandes. Un ancien ministre tout-puissant, Félix Bagamo, a été tué. Un coupable a été trouvé et arrêté ; un peu vite, sans doute. M. A. qui revient à Lisahohé après quinze années d'absence voudrait reparcourir les chemins du passé, mais le voici pris dans la logique d'une enquête involontaire. L'assassinat est-il crapuleux ? Des amis d'enfance sont-ils devenus les politiques criminels d'aujourd'hui ? Mais peut-il vraiment s'agir d'un crime politique ? Et puis, ici, qu'est-ce qu'un crime ? Le narrateur lui-même est-il innocent ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le rythme lancinant épouse parfaitement les errements de ce narrateur revenu dans son pays natal et à la fois avide de marcher sur les traces de son passé, mais aussi réticent par rapport à ce qu’il découvre au fil du temps. Cette hésitation incessante oscillant entre passé, présent et futur émane de chaque conversation, de chaque action de M. A.

 -          L’Afrique à la politique trouble est effleurée au fur et à mesure que l’enquête avance :

 « Les hommes sont des hommes et, en politique, le chemin n’est jamais droit ni propre. Autant d’hommes et de femmes, autant de buts, d’objectifs, de désirs, d’angoisses cachées, de complexes dissimulés ou non. Et il faut faire avec tout ça. » (p. 125)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          J’ai eu tendance à m’ennuyer à cette lecture qui a glissé sur moi telle un texte froid et sans humanité. Je n’ai pas saisi où voulait m’emmener l’auteur et j’ai de plus en plus douté avoir envie de l’accompagner dans cette aventure. Comme le livre est court, je suis allée au bout, mais à dire vrai il ne me reste pas grand-chose de cette lecture…

 

Premières phrases :

 « Avant de prendre place sur le siège qu’il m’avait indiqué, je demandai :

« Connaissez-vous l’auberge de la Savane à Lisahohé ? »

Ce fut en français.

«  C’est là que vous allez dormir ? demanda-t-il à son tour, dans son français.

-         Oui. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Ténèbres à midi de Théo ANANISSOH

Autre : L’iguifou, Nouvelles rwandaises de Scholastique MUKASONGA

 

D’autres avis :

A girl from earth, La Plume francophone , Hervé

 

Lisahohé, Théo ANANISSOH, Gallimard, Continents Noirs, 2005, 135 p., 13 euros

defi Afrika Choupynette

Publié dans Littérature Afrique

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Ikebukuro West Gate Park de Ira ISHIDA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

 

L’auteur :

 

Ishida Ira est un auteur japonais. En 1997, le premier volume d’Ikebukuro West Gate Park se voit décerner le prix Orû Yomimono, grand prix de littérature policière. Depuis, l’auteur a publié de nombreux romans dont les deux volumes suivants d’Ikebukuro West Gate Park, et obtenu de nombreux autres prix littéraires.

 

L’histoire :

 

Bienvenue à Ikebukuro Park. Dans ce square ouvert aux aventuriers urbains, à la sortie ouest de la gare d’Ikebukuro, se croisent les filles en minijupe et les musiciens en herbe jusque tard dans la nuit. C’est là que Makoto et sa bande d’amis ont établi leur QG. Makoto a dix-neuf ans, il habite seul avec sa mère. C’est un trouble shooter, un « solutionneur d’embrouilles ». Des embrouilles, il n’en manque pas dans ce quartier où se rencontrent gamins à la dérive, yakuzas, filles perdues et clandestins dans le Japon de l’envers. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ikebukuro West Gate Park est composé de plusieurs histoires qui ont toutes en commun le jeune Makoto, un jeune homme satellite, vivant comme à l’extérieur du monde qu’il décrit, et aimant porter secours à ceux qui réclament son aide.

 

Il nous conte ses aventures dans un Japon moderne, dans une ville gangrenée par les luttes de clans, et hantée par des personnes pauvres, rongées par la solitude. La lumière qui émane de ce roman est comme crépusculaire,  et l’on ne sait si tout va sombrer dans la nuit ou si un autre jour plus lumineux va s’épanouir. Makoto est une sorte d’ange gardien des habitants, un justicier intelligent qui fait le lien entre les solitudes.

 

« Un petit problème, et hop on nouait des liens, on recevait et on donnait des étincelles qu’on n’oublierait pas. » (p. 149)

 

« Ne pas considérer les êtres humains en bloc, ne pas les réduire à des statistiques. Les règles de base étaient les mêmes, qu’il s’agisse de pondre une chronique, d’écouter les gens raconter leur histoire, ou même de traquer un criminel complètement taré. » ( p. 262)

 

La pauvreté et son corollaire, le pouvoir destructeur de l’argent et du système économique sont des thèmes récurrents au fil des histoires :

 

 « Devenir adulte dans ce monde, c’est sans doute devenir le dernier client de l’histoire de l’humanité. Acheter sans cesse des choses, pour les balancer dans un cœur vide. Haïr les centres commerciaux, ne plus pouvoir supporter la solitude du shopping, et continuer à arpenter les mêmes allées lumineuses parce que vous n’avez nulle part ailleurs où aller. En écoutant le chant des sirènes qui s’élève de cet amoncellement de produits. » (p. 79)

 

Makoto est un être qui prône la simplicité, aussi bien dans ses relations avec les autres que dans son rapport au monde :

 

« Quand j’ai fini de tenir la boutique, je me rends seul au Square Ouest, là où les ormes commencent enfin à perdre leurs feuilles. Banc inconfortable, fontaine inutile, sculptures sans signification. Par-dessus le marché, un vent qui commence à se faire frisquet, et les super bruits de la ville. Et quand je lève les yeux, dans les interstices des immeubles, un ciel d’automne indéfiniment bleu.

C’est gratuit, offert à tout le monde. » (p. 298)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai été quelque peu lassée par le côté « super-héros » de Makoto, qui,  quoi qu’il advienne réussit toujours intelligemment à résoudre les intrigues qui se posent à lui. Je n’aurais peut-être pas dû lire les deux tomes à la suite…

 

Premières phrases :

 

« J’ai un autocollant de photomaton sous mon portable. Un autocollant défraîchi où on nous voit tous les cinq nous bousculer dans un cadre étroit. Le motif du fond ? Une jungle verte. Des singes vulgaires se trémoussent en quêtant une banane. Rien qui différencie leur monde du nôtre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Park life de Shuichi YOSHIDA

 

Ikebukuro West Gate Park, ISHIDA Ira, traduit du japonais par Anne Bayard-Sakai, Picquier poche, 8.50 euros le tome I, 7 euros le tome II

 

Merci à Isabelle LACROZE des Editions Picquier.

Publié dans Littérature Asie

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Au pays des hommes de Hisham MATAR

Publié le par Hélène

                       

   ♥ ♥ ♥ ♥

À Tripoli en 1979, la société libyenne vit sous l’emprise du régime autoritaire du Muammar Kadhafi. Suleiman, neuf ans, tente de grandir dans cette atmosphère étouffante : son père est mystérieusement absent et sa mère, qu’il aime autant qu’il craint, sombre peu à peu dans l’alcool et l’angoisse, tandis que la maison se remplit de silences et de secrets.

Un jour, au cœur de la ville, Suleiman aperçoit son père dissimulé derrière de grandes lunettes noires, mais celui-ci les ignore. Dès lors, la peur s’installe : des hommes armés fouillent la maison, le père de son meilleur ami est arrêté, et sa mère brûle un à un les livres de la bibliothèque familiale, comme si un danger invisible les menaçait.

Ce que j’ai aimé :

J’ai repéré ce roman dans un article de Courrier International qui pointait les romans capables de nous en apprendre davantage sur un pays qu’un documentaire. Et en cela, ce roman est effectivement remarquable. En choisissant d’adopter le point de vue du jeune Suleiman, l’auteur parvient à créer une tension implicite plus forte que toutes les explications. Le lecteur adulte peut combler à sa manière les blancs inhérents à l’histoire et découvrir ainsi de multiples ramifications à ce roman qui ne parle pas seulement de la Libye de Kadhafi et des régimes totalitaires, mais qui interroge aussi le courage, la traîtrise, l’amour d’une mère. Il évite le pathos toujours grâce au point de vue de cet enfant un brin égoïste, qui aimerait être le centre du monde, mais sent qu’on lui cache des choses importantes.

« De la sollicitude. Je pense que c’est ce que je cherchais désespérément. Une sollicitude chaude, stable, immuable. En un temps de sang et de larmes, dans une Libye pleine d’hommes couverts d’hématomes et maculés d’urine, taraudée par le manque et désireuse de se libérer, j’étais cet enfant ridicule en quête e sollicitude. Et même si je n’y songeais pas en ces termes à l’époque, l’auto-apitoiement avait viré à la détestation de soi. » (p. 227)

Si bien que pages après pages, ce roman réussit le rare challenge de devenir universel, et de s’intégrer majestueusement dans la lignée des chefs d’œuvre de la littérature.

 

Publié dans Littérature Afrique

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Lectures de l'été

Publié le par Hélène

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Pour mieux connaître votre destination :

 

Localisation géographique

 

Pour voyager léger :

 

Point 2

 

Pour vous réconforter si vous n'êtes pas partis à l'autre bout du monde :

 

Le koala tueur de Kenneth COOK

 

La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL

 

Des romans policiers pour frissonner sous 40° :

 

Comme deux gouttes d’eau de Tana FRENCH

 

Je voudrais que cela ne finisse jamais de Ake EDWARDSON

 

La rivière de sang de Jim TENUTO

 

Pour faire monter la température de vos vacances :

 

Chocolat amer de Laura ESQUIVEL

 

Le mardi c'est permis

 

Quelques sagas :

 

Comme le dernier tome des Chroniques de San francisco vient de sortir, profitez de votre été pour reprendre tout à zéro et relire les premiers tomes...: Mary Ann en automne, Chroniques de San Francisco, tome 8 de Armistead MAUPIN

 

La tendresse des loups de Stef PENNEY

 

La saga des émigrants de Vilhelm MOBERG

 

 

 

Et bien sûr, pour ceux qui me connaissent, ma sélection ne serait pas complète sans :

 

La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS (en plus il vient de sortir en poche, n'hésitez plus...)

 

Bonnes vacances à tous...

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Les poissons ne connaissent pas l’adultère de Carl ADERHOLD

Publié le par Hélène

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Une comédie décevante...

  

L’auteur :

 

Carl Aderhold est né à Decazeville (Aveyron) en 1963. Fils de comédiens, il a poursuivi des études d’histoire. Il a plus particulièrement étudié la littérature du XVIIIe siècle. Il est directeur éditorial chez Larousse dans le domaine des sciences humaines.

 

L’histoire :

 

Sauter dans un train, un matin. Tout quitter. À l’aube de ses quarante ans, une femme monte dans le Corail pour Toulouse et s’installe dans le premier compartiment venu. Il a suffi d’une séance de relooking, cadeau de ses copines, pour que tout son univers s’effondre : son pavillon de banlieue, son mari, sa fille, son emploi de caissière. Pour mieux marquer le début de sa nouvelle vie, elle change de prénom : Julia, comme Julia Roberts, son actrice préférée. Chaque gare de la ligne est une étape vers la liberté. Comme par contagion, tous les passagers qu’elle croise sont eux aussi emportés : Colette, la vieille dame, amoureuse de deux hommes, Germinal Serna, le contrôleur anarchiste, le Happy Days Band, la chorale déjantée, le sourd-muet, embarqué malgré lui dans le train, l’éternel dragueur, le serveur indien... Et Vincent, spécialiste des bestiaires médiévaux, qui se rend à un colloque en compagnie de sa femme et d’un autre couple de chercheurs. « Les poissons ne connaissent pas l’adultère », écrit l’un des auteurs du Moyen Age qu’étudie Vincent. Mais les historiens peuvent-ils en dire autant ? Dans ce voyage initiatique, tout se joue entre Paris et Toulouse en 6 h 06 : Julia se bat pour se libérer peu à peu de la fatalité qui pèse sur son existence, mais pourra-t-elle en modifier le cours ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’idée de départ était plaisante : suivre la trajectoire oblique d’une femme qui se découvre femme et non plus seulement mère et épouse transparente.  L’ensemble s’annonçait bien sûr léger et aérien, mais teinté d’un humour décalé de bon aloi.

 

« Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Exister ! Mais encore ? Chaque chose en son temps. » (p. 42)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais le roman n’a pas tenu ses promesses et est resté très superficiel, voire caricatural souvent dans la typologie des personnages. La fin en forme d’happy end est fidèle à cette caricature des comédies romantiques, bref l’ensemble est assez décevant.

 

Premières phrases :

 

« Tout ça, c’est à cause de la surprise des copines.

Pour l’instant, Djamel et sa fille Laura la croient en route pour son boulot. Un trajet tellement réglé qu’ils pourraient, rien qu’en regardant leur montre, deviner où elle est. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Le mardi c'est permis

 

D’autres avis :

 

Clara, Amanda, Choco, Cathulu, Manu

  

Les poissons ne connaissent pas l’adultère, Carl ADERHOLD, JC Lattès, 2010,17.10 euros

POCHE : Les poissons ne connaissent pas l’adultère, Carl ADERHOLD, Le Livre de Poche, avril 2011, 317 p., 6.95 euros

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L’orme du Caucase de TANIGUCHI et UTSUMI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ 

Huit courts récits très touchants.

 

Les auteurs :

 

UTSUMI est un scénariste japonais. Jiro TANIGUCHI quant à lui est mangaka (auteur de mangas) et il s’est surtout fait connaître avec Quartier lointain (dont le 1er tome a reçu un prix à Angoulême en 2003).

 L’histoire :orme 2

 

Huit récits se succèdent, tous teintés de mélancolie.

L’orme du Caucase conte avec poésie le dilemme d’un propriétaire à qui l’on demande de couper son bel orme dont les feuilles gênent les voisins,

Le cheval de bois met en scène une petite fille qui semble apeurée par les attractions d’un parc,

La petite fille à la poupée est l’œuvre d’une jeune femme que son père qui l’avait perdu de vue retrouve par hasard,

La vie de mon frère voit deux frères très différents dans leur conception de la vieillesse se retrouver,

Le parapluie est celui que tend une jeune femme à son frère,

Les environs du musée sont témoins de la rencontre touchante entre deux personnes âgées,

Dans la forêt, deux jeunes garçons apprennent à s’épauler,

Son pays natal est celui d’une jeune française devenue brutalement veuve et restée malgré tout au Japon.  

 orme_du_caucase-1.jpgCe que j’ai aimé :

 

-          La poésie douce et mélancolique nimbe ces récits d’un halo de tristesse. Les personnages ont souvent vécus des situations troublantes voire traumatisantes, mais entourés d’amour, ils parviennent à passer au-delà de ces séparations, déchirements, ou mort brutale. La vie transcende leur peine et leur offre un petit supplément d’âme qui les apaise.

 

- Les thèmes difficiles comme la vieillesse, la séparation, la mort, sont abordés avec subtilité et philosophie.

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          C’est triste, j’ai beaucoup pleuré…

 

 

L’orme du Caucase, TANIGUCHI et UTSUMI, Casterman écritures, juin 2004, 13.50 euros

 

 Keisha en parle aussi

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Moonlight Mile de Dennis LEHANE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

Une petite déception...

 

L’auteur :

Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester dans le Massachusetts.  Après des études à Boston, il part à l'université internationale de Floride. Tout en écrivant son premier livre (Un dernier verre avant la guerre), il vit de métiers divers (livreur, libraire, chauffeur). C'est également un ancien éducateur qui travaillait dans le secteur de l'enfance maltraitée. Ce thème reste très présent dans la majorité de ses œuvres.

Il vit aujourd'hui à Boston. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.

 

L’histoire :

 

Patrick Kenzie et Angela Gennaro ne sont plus détectives privés. Patrick travaille pour une grosse société de surveillance qui refuse de l'embaucher définitivement car il n'est pas assez "lisse" pour son patron. Il est toujours consumé par la colère face aux injustices et c'est peut-être cela - ainsi que la culpabilité - qui le pousse à accéder à la demande de Beatrice, la tante d'Amanda McCready. Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda, mais le fait d'avoir retrouvé l'enfant s'était soldé par un fiasco humain. Selon Beatrice, Amanda, aujourd'hui âgée de 16 ans, a de nouveau disparu et elle est peut-être en danger...

 

Mon avis :

 

 J’avais hâte, comme tous les fans de Dennis Lehane, de retrouver ses deux héros fétiches, mais quelle ne fut pas ma surprise de trouver deux êtres transformés par le temps, parents d’une petite Gabby, et étant devenus de fait des représentants de la classe moyenne, aux prises avec des ennemis aussi terrifiants que les fins de mois difficiles, les CDD qui n’en finissent pas, les études reprises envers et contre tout pour rentrer dans le rang… Sans parler du discours sur les jeunes, proche du « d’notre temps ma p’tite dame, c’était bien différent.. » :

 

« Nous avions derrière nous à peu près cinq mille ans de civilisation, vingt siècles au moins s’étaient écoulés depuis la création de la bibliothèque d’Alexandrie et une bonne centaine d’années depuis l’invention de l’avion, nous disposions aujourd’hui d’ordinateurs de poche permettant d’accéder à toutes les richesses intellectuelles du globe -, mais, à en juger par la conversation des filles réunies dans cette pièce, la seule avancée notable que nous avions faite depuis l’invention du feu, c’était la transformation de « quoi » et « trop » en mots fourre-tout servant aussi bien de verbe que de nom ou article, voire de phrase entière au besoin. » (p. 145)

 

Heureusement, l’humour et l’action qui s’enclenche permet de sauver Patrick et Angela de la noyade assurée et j’ai finalement passé un bon moment de lecture en leur compagnie.

 

Seulement je regrette l’absence de profondeur, de coffre, qui faisait tout l’intérêt des romans de Lehane. Trop de légèreté de ton me semble sapper son propos pourtant peu optimiste sur la société contemporaine américaine.

 

Entendons-nous, Moonlight Mile est un bon roman policier mais l'auteur nous ayant habitué à du "très bon",  ses lecteurs seront sans doute déçus...

 

Pour me consoler, j’ai acheté « Un pays à l’aube », le seul de l’auteur que je n’ai pas encore lu, parce que je n’aime pas rester sur une impression mitigée…

 

Premières phrases :

 

« L’air était inhabituellement doux en ce bel après-midi de début de décembre quand Brandon Trescott est sorti du spa du Chatham Bars Inn, à Cape Cod, pour monter dans un taxi. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Gone, Baby, Gone de Dennis LEHANE

Autre : De chair et de sang de John HARVEY

 

 

Moonlight Mile, Dennis Lehane, Traduit de l’anglais (EU) par Isabelle Maillet, Rivages thriller, 2011, 379 p., 20 euros

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