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Guide de Mongolie de Svetislav BASARA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Le dichotomie veille-rêve est tout à fait dévaluée. » (p. 124)

 

L’auteur :

Svetislav Basara est né en 1953 en Serbie occidentale, à la frontière bosniaque. Auteur d'une œuvre iconoclaste et impertinente, il flirte brillamment avec l'absurde, sur la ligne fragile et jubilatoire qui sépare - ou relie - fiction et réalité. Il a publié de nombreux romans et recueils de nouvelles dont Le Pays maudit, Phénomènes, Le Miroir fêlé ou encore Guide de Mongolie. Un recueil de nouvelles, Perdu dans un supermarché, a paru en 2008 aux éditions Les Allusifs.

 

L’histoire :

Un écrivain serbe est dépêché en Mongolie pour y écrire un guide de voyage. Lui qui rêvait de s'extirper de sa morosité quotidienne, atterrit dans un pays perdu, lieu de tous les possibles – ou, de temps à autre, on brûle encore des sorcières. Il échoue au bar de l'hôtel Gengis Khanà Oulan-Bator, ou il voit défiler un évêque hollandais égaré dans un rêve, un officier russe devenu lama, un mort vivant au passé lubrique et même l'énigmatique Charlotte Rampling. Que tout cela confine à la folie importe peu ; la vodka coule à flots, délie les langues et libère les pensées les plus délirantes de Basara. Flottant entre rêverie et ivresse, au coeur d'un univers jubilatoire ou la seule certitude est qu'il n'y en a aucune, il se laisse emporter dans un tourbillon extravagant de dérision qui n'épargne rien, ni personne. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

L’univers de Basara est peuplé d’êtres improbables, issus à la fois de sa vie, de son imagination, et quelquefois, droit venu du royaume des morts. Tout en s’imbibant de vodka, boisson indispensable dans un univers incertain et fluctuant, ils dissertent joyeusement autour de concepts en –isme : onirisme, nihilisme, l’existentialisme, communisme,  nationalisme, capitalisme, alcoolisme…

D’un ton décalé, voire déjanté, Basara dénonce «  la décadence universelle » tout en s’interrogeant sur la création, à la recherche de ce « quelque chose » qui, peut-être, l’éloignerait du dégoût…

 « Voyons un peu, alors,  ce que je cherche dans cette glose stérile que je compose péniblement depuis déjà quinze bonnes années, portant, de surcroît, tout aussi péniblement, un masque d’écrivain. Pour jouer ce rôle, j’ai dû perdre au moins dix kilos et commettre un tas de sottises que sans cela je n’aurais jamais faites. Par exemple, je suis forcé de boire beaucoup, alors que je ne supporte pas l’alcool. Qu’y puis-je ? Le rôle doit être tenu d’une manière professionnelle. (…) Je ne suis pas du tout intéressé par des personnes concrètes ; aucun être qui s’estime et qui vaut quelque chose ne fréquente ce monde, même sous un pseudonyme. Ce monde est un Eldorado pour les vauriens, les glandeurs, les imposteurs, les dupes et les sots. (p. 110)

 « Mais j’écris, je me casse la tête afin de tenir ma promesse : introduire dans ce monde une chose, une notion et un être qui ne font pas partie de son organisation merdique.

Je vais bien finir par trouver quelque chose. » (p. 116)

 « J’ai lu un jour dans Fuentes une phrase intéressante (laquelle, soit dit en passant, pourrait vous servir d’épigraphe pour quelque futur roman) :

« Mais la raison, ni lente ni paresseuse, nous apprend que sitôt répété, l’extraordinaire devient ordinaire, de même que dés que cesse la répétition, ce qui auparavant passait pour fait commun prend figure de prodige… » » (p. 129)

 Guide de Mongolie est un court récit à l’humour noir définitivement salvateur…

« Basara est à la littérature ce que Kusturica est au cinéma : un fou, un génie, un libertaire, un amuseur, un effronté, un sentimental. Un électron libre dans la fournaise qui nous sert d’humanité. » Martine Laval, Télérama

 

Ce que j’ai moins aimé :

Les divagations décousues de l’auteur peuvent quelquefois désarçonner le lecteur…

 

Premières phrases :

« Cette année-là, année du dragon de fer selon le calendrier chinois, si le printemps avait été vieux jeu, l’été fut extravagant. Il neigea deux fois en juillet, une fois le jour ne se leva point, et la nuit dura ainsi quarante-huit heures. Tout alla à l’avenant, jour après jour. Il ne se passait rien. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le miroir fêlé

Autre : L’année du jardinier de Karel CAPEK

 

D’autres avis :

Encres vagabondes, Papillon, Yves 

Télérama, Matricule des anges

 

Guide de Mongolie, Svetislav BASARA, Traduit du serbe par Gojko LUKIC et Gabriel IACULLI, Les Allusifs, 2006, 131 p, 13 euros

POCHE : Guide de Mongolie, Svetislav BASARA, Traduit du serbe par Gojko LUKIC et Gabriel IACULLI, 10/18, juin 2008, 144 p, 7 euros

 challenge voisins voisines

 

Publié dans Littérature Europe

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Un jour de David Nicholls

Publié le par Hélène

                                                  

Un mélo dont l'adaptation cinématographique sort aujourd'hui.

L’auteur :

 David Nicholls est un romancier et scénariste anglais.

 

L’histoire :

 Emma et Dex  passent une nuit indécise ensemble le 15 juillet 1988. Lui est issu d’un milieu aisé, séduisant, sûr de lui, quand elle est d’origine modeste, bourrée de complexes, de principes, de convictions. D’années en années, ils vont se perdre, se retrouver, s’aimer, se détester…

 Ce que j’ai aimé :

 -La construction est intéressante : le roman est découpé en chapitres de 20 ou 30 pages chacun consacré à un 15 juillet, de 1988 à 2005, permettant ainsi au lecteur d'assister à l'évolution des personnages et de leur relation au fil du temps.

 

- Un jour est un roman très visuel, doté de nombreux dialogues vivants, si bien que les 500 pages ne se font presque pas sentir...

  Ce que j’ai moins aimé :

Je dis "presque" parce que je pense qu'il faut être sacrément adepte des comédies romantiques pour apprécier pleinement les 500 pages en question... L'histoire est relativement banale : ils s'aiment mais n'en sont pas conscients, quand l'un pense aller vers l'autre, l'autre est pris, quand l'autre se libère, l'un se remet en couple, puis l'un quitte son conjoint, mais l'autre... bref, jusqu'au jour où... Là je dois avouer que la chute est assez surprenante, mais après réflexion, je pense aussi que c'était la seule façon de sortir la tête haute de cette histoire mélo somme toute très classique...

 Les personnages sont assez caricaturaux : le pauvre Dex englué dans la célébrité, égoïste, en mal d'amour, perdu entre le sexe et la drogue, et la sage Emma, coincée aux convictions soit disant tranchées (je cherche encore quelles sont lesdites convictions évoquées dans la quatrième de couverture…)

 Le style est très oral, pas du tout littéraire, pour preuve, ce passage d'anthologie :

  « Où tu vas ? s’enquit-il en posant une main au creux de son dos.

-         Aux chiottes », répondit-elle » (p. 19)

En résumé ce roman m’a laissé une Impression poisseuse, et pourtant, moi non plus je ne boude pas une bonne comédie romantique de temps en temps...

 

Ce qui m'amène à parler du film, qui sort aujourd'hui en salles, et qui souffre évidemment des mêmes travers que le roman.

 

Premières phrases :

 

« Je crois que… ce qui compte, c’est de faire bouger les choses, dit-elle. D’arriver à les changer.

-         Comment ça ? Changer le monde, tu veux dire ?

-         Pas le monde tout  entier, mais celui qui t’entoure… Si tu pouvais y changer quelque chose, ce serait déjà pas mal, non ? »

 

 

Un jour, David NICHOLLS, Traduit de l'anglais par Karine Reignier. Belfond, 537p., 22€

 

Publié dans Littérature Europe

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Chico et Rita de Javier MARISCAL et Fernando TRUEBA

Publié le par Hélène

                                          chico et rita

 ♥ ♥ 

   

Les auteurs :

 

Javier Mariscal, né en 1950 à Valencia est un graphiste, auteur de bande dessinée et peintre espagnol.

Né à Madrid, Fernando Trueba est le frère du scénariste et producteur David Trueba. D'abord critique de cinéma et scénariste, il se fit connaître avec son premier film, justement nommé Ópera prima (1980). C'est avec Le Rêve du singe fou qu'il acquiert la renommée, confirmée par Belle Époque puis La Fille de tes rêves avec Penélope Cruz.

 

 

L’histoire :

 

La Havane, 1948. Chico, jeune pianiste de génie, rêve de se faire une place parmi les grands du jazz. Rita, à la voix sans pareille, fascine tous ceux qui l'entendent et la voient. Au rythme du Cubop, le be-bop sauce Cuba, l'inévitable idylle se noue. Et se complique tandis que leurs carrières s'envolent et que les malices du destin les égarent sur les sentiers de la gloire. De leur île à Manhattan, de Las Vegas à Paris et Hollywood, ils se connaîtront, se reconnaîtront, se perdront de vue, se retrouveront dans un tourbillon d'afro-jazz, la bande-son de ce boléro amoureux couvrant un demi-siècle de chagrins, de luttes et de triomphes... 

 

 Chico--Rita-2.jpg

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le rapport orageux qui s'établit entre les deux personnalités explosives que sont celles de Chico et de Rita crée une histoire d'amour en pointillé, avortée par les coups du hasard et par la passion qui animent les personnages. Chico et Rita nous rappelle combien il est difficile de s'accorder pour trouver la bonne harmonie...

 

-          Les dessins et les couleurs rendent magnifiquement hommage à ce climat artistique si particulier dans un Cuba en pleine transformation. 

 ChicoAndRita3.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai été frustrée de ne pas entendre le son de ce jazz qui est pourtant au cœur du roman… De même j’aurais aimé voir danser la belle Rita. Aussi je pense qu’il vaut mieux aller voir le film que de  lire la BD…

- J'aurais aimé que Cuba ne soit pas seulement une toile de fond et que les évènements qui l'ont secouée à cette époque aient davantage de poids dans l'histoire.

  

Vous aimerez aussi :

 Bande annonce du film :

 


Chico et Rita
Bande annonce vf publié par CineMovies.fr - Les sorties ciné en vidéo
 

Chico et Rita, Javier MARISCAL et Fernando TRUEBA, Traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco, Denoël Graphic, juin 2011, 210 p., 23 euros

 

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Ces âmes chagrines de Léonora MIANO

Publié le par Hélène

ces âmes chagrines

 ♥ ♥

 "Quand je parlerais toutes les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit." (Corinthiens, I, 13, 1)

   

L’auteur :

 

Léonora Miano est née au Cameroun. Après avoir consacré une trilogie à l'Afrique avec L'Intérieur de la nuit, Contours du jour qui vient, prix Goncourt des Lycéens 2006, et Les Aubes écarlates (2009), elle est l'une des premières à avoir fait entrer la population afropéenne dans la littérature en publiant Tels des astres éteints (2008) et Blues pour Elise (2010).

 

L’histoire :

 

Né dans l'Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n'arrive toujours pas à surmonter la rancoeur qu'il nourrit envers sa mère, coupable de ne l'avoir jamais assez aimé. Elle n'a pas hésité à le laisser en pension alors qu'il n'avait que sept ans et à l'envoyer passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien, où il ne s'est jamais senti à sa place. Tout ça pour une histoire d'amour qui a tourné court. Et puis, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d'affection que lui.

Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l'ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.
Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s'effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même.
Débouté par cette existence qui ne cesse de se dérober sous ses pieds, il va être amené à renouer avec une histoire qu'il a toujours reniée, celle de ses origines subsahariennes, là-bas, au Mboasu.

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Ces âmes chagrines est un roman qui peut étonner au premier abord tant il semble éloigné de l’univers léger et lumineux de l’auteur. C’est un roman qui parle de solitude, d’abandon, du manque d’amour destructeur, de dépression. Léonora Miano l’explique elle-même : il est basé sur un texte initial ancien, elle avait 30 ans alors et ressassait ses histoires familiales dans un climat de dépression latente. Nous sommes donc bien loin du monde de « Blues pour Elise ». 

 Néanmoins, si le personnage d’Antoine, être déstructuré par l’abandon de sa mère bien décidé à se venger sur les autres, est relalivement sombre, il s’achemine au fil du récit vers une rédemption libératrice et optimiste. Lénora Miano nous enjoint par ce récit à  «éviter l’enfermement, le ressassement de la douleur, éviter l’amertume,  essayer la résilience, essayer d’y croire » et nous offre une lueur d'espoir dans une société gangrénée par la solitude…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Le talent de Léonora Miano permet de ressentir au plus près l'étouffement étriqué dans lequel vit Antoine, si bien que j'ai quelquefois eu du mal à respirer...

 

Premières phrases :

 

« Les femmes venaient de descendre. Il les voyait depuis le balcon de la terrasse donnant sur le jardin privatif, avec ses arbustes élégamment taillés, ses toboggans et balançoires destinés aux enfants des résidents. Philomène, apercevant de loin les voitures du funiculaire qui glissaient le long du câble, avait demandé quel était cet engin. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Blues pour Elise de Léonora MIANO

Autre : Celles qui attendent de Fatou DIOME

 

Ces âmes chagrines, Léonora MIANO, Plon, août 2011, 280 p., 20 euros

 

 challenge 1% littéraire 

defi Afrika Choupynette

 

Je peux le faire voyager, avis aux amateurs...

Publié dans Littérature Afrique

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Quand nous serons heureux de Carole FIVES

Publié le par Hélène

quand nous serons heureux

 

 

♥ ♥ ♥ 

 

« J’écris tout cela et plus encore, je donne forme à mes regrets, je les regarde en face et les tiens à distance, enfin, ces rêves qui ne sont pas les miens. Je finis par les faire tourner, les voir danser sur ma feuille de papier. » (p. 55)

 

 

L’auteur :

 

Carole Fives vit à Lille et partage son temps entre les arts plastiques et la littérature. Pour Quand nous serons heureux, elle a reçu le prix Technikart du manuscrit 2009, présidé par Alain Mabanckou.

 

L’histoire :

 

Il y a les vies que nous aimerions vivre… et celles que nous vivons, faites de compromis, de doutes, de fantasmes : le fils qui fait de la scène pour attirer l’attention de son père, la jeune femme qui comprend que ses opérations de chirurgie plastique n’ont pas réglé ses problèmes, la fan de David Bowie qui perd le sens de la réalité, l’homme qui à force de ratures, de biffures sur son agenda se rend compte que c’est son existence qu’il annule jour après jour, la victime de viol dans le déni qui relate son agression comme s’il s’agissait d’une histoire d’amour, le photographe Rmiste en panne de modèles… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

  Le bonheur dont il est question dans le titre semble bien loin des protagonistes… Carole Fives nous présente dans ses nouvelles des êtres désenchantés, malmenés par la vie et par les autres, des hommes et des femmes à l’avenir sans espoir. Mais elle peint leur quotidien avec un ton acide et décalé qui évite le naufrage dans un désespoir sans fond, et qui, subtilement amène le lecteur vers une réflexion constructive. La forme courte et expéditive des nouvelles permet aussi de ne pas s’enferrer dans les situations glauques, mais de simplement les effleurer, les suggérer pour mieux les faire chuter en fin de nouvelle.

 

« C’est pas parce que la vie est dégoûtante qu’il faut encore en rajouter dans un bouquin, merci. » (p. 155) conseille une amie à l’auteur dans le dernier chapitre, lui enjoignant de plutôt écrire des romans comme Anna Gavalda « plein d’espoir ». Carole Fives est une auteure effectivement bien loin des stratégies commerciales, et qui écrit simplement ce qu’elle ressent, dans un acte de partage sans calcul. Elle choisit délibérément de pointer les travers de la société et de nos semblables plutôt que d’édulcorer comme tant d’auteurs contemporains populaires le monde qui nous entoure… Parce qu’on ne peut pas se cacher les yeux éternellement et que viendra un jour où il faudra peut-être revoir notre rapport aux autres…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 J’ai lu ces nouvelles en ayant en tête le dynamisme et la gentillesse de Carole rencontrée par hasard un soir de mai. Je n’ai donc pas ressenti le côté plombant des nouvelles, mais je reconnais que leur cynisme pourrait en désarmer certains…

 

Premières phrases :

 

« Certes, les loyers y étaient largement moins élevés que dans le centre-ville. Mais ce n’est pas la seule raison qui vous a amenée à Ploucville. Le goût des quartiers populaires aussi, leur métissage, leurs possibilités d’échanges, de rencontres… »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON

 

D’autres avis :

 

Clara, Sophie

 

Quand nous serons heureux, Carole FIVES, Editions le Passage, 2010, 157 p., 14 euros

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Smoke Bellew de Jack LONDON

Publié le par Hélène

 

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♥ ♥ ♥ ♥

 

 « C’est étrange, la manière qu’a un grand texte, dés l’instant où il vous habite, de tout gommer sur son passage et de laisser une place indélébile. » (extrait de la Préface)

 

 

L’auteur :

 

Jack London, de son vrai nom John Griffith Chaney, né le 12 janvier 1876 à San Francisco et mort d'un empoisonnement du sang le 22 novembre 1916 à Glen Ellen, Californie, était un écrivain américain avec comme thèmes de prédilection l'aventure et la nature sauvage (le "Wild" Américain). Il a écrit L'Appel de la forêt et plus de cinquante autres nouvelles et romans connus. Il tire aussi de ses lectures et de sa propre vie de misère l’inspiration pour de nombreux ouvrages très engagés et à coloration socialiste, bien que cet aspect-là de son œuvre soit généralement négligé. Il fut un des premiers Américains à faire fortune dans la littérature. (Source Wikipédia)

L’histoire :

 

Il s’agit de douze nouvelles écrites en 1912 par Jack London avec comme personnage principal le héros éponyme, le jeune Smoke Bellew. Ce dernier, un jeune aspirant journaliste de San Francisco, persuade son oncle chercheur d'or de l'accueillir parmi sa bande de durs à cuire en partance pour le glacial Klondike, au nord-ouest du Canada.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Smoke Bellew est un roman d’apprentissage unique : de « chekako » (pied tendre, novice),  le jeune Smoke va devenir « mangeur de viande » . La grande Aventure l’attend aux côtés de son ami Shorty : ils vont devoir affronter le froid de ces contrées sauvages, (moins 60° dans les meilleurs jours…), les paysages glaciaires inhospitaliers, les autres aventuriers quelquefois plus redoutables que les plus cruelles des bêtes sauvages, les jeunes filles courageuses qui retournent le cœur…  Au fil du temps, les deux candides aventuriers en herbe vont apprendre à s’endurcir pour conquérir l’ouest sauvage.

 

« Les rapides  devinrent plus raides et les embruns commencèrent à voler. Dans l’obscurité croissante, Kit entrevit la Crinière et le détour du courant qui y débouchait. Il dirigea la barque dans ce coude et ressentit un frisson de plaisir quand le bateau aborda la crinière en plein milieu. Après cela bondissant et plongeant, suffoqué par le brouillard, in ne conserva d’autre impression nette que la volonté de peser de tout son poids sur la godille qui servait de gouvernail et le regret que son oncle ne fût pas là pour le voir. » (p. 59)

 

Les chapitres courts assemblés sous forme de nouvelles et l’humour désinvolte du jeune Smoke insufflent un dynamisme communicatif à ces récits, désamorçant ainsi la dureté de ces pays sauvages. Et même si on sait alors que la Ruée vers l’Or a pris d’autres chemins, on reste tenté nous aussi par  l’envie de tenter la grande Aventure pour devenir des mangeurs de viande…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« Au commencement, c’était Christopher Bellew. Il devint Chris  Bellew à l’époque où il fréquenta le lycée. Plus tard, parmi la bohème de San Francisco, il s’appela Kit Bellew. Et à la fin on ne lui connaissait d’autre nom que Smoke Bellew, autrement dit Bellew la Fumée. Cette évolution patronymique résume sa propre histoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  La tendresse des loups de Stef PENNEY

 

Smoke bellew, Jack London, Traduit de l’anglais (EU) par Louis Postif, Traduction revue et complétée par Frédéric Klein, Préface de Bernard Rapp, Phébus Libretto, 2006, 339 p., 9.90 euros

 

challenge nature writing

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Déluge de Karen DUVE

Publié le par Hélène

déluge

 

     

 

 

♥ ♥

 « Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements. » (Proverbe anglais)

 

 

 

L’auteur :

 

Karen Duve est une auteure allemande. Déluge est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Leon Ulbricht, écrivain en mal d'inspiration, quitte Hambourg pour se retirer à la campagne, dans une maison perdue au milieu des tourbières de l'est de l'Allemagne. La jeune et belle Martina, qu'il vient d'épouser, l'accompagne. Mais la pluie incessante, l'invasion des limaces et la boue transforment l'aventure en naufrage. Les fondations de la maison commencent à céder tandis que les relations du couple s'effritent. L'hostilité des villageois et la présence, dans la maison voisine, de deux sœurs aussi énigmatiques qu'inquiétantes précipitent Leon vers la déchéance.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Pour la lecture de ce roman, je vous conseille de rester bien au chaud chez vous, par temps sec pour savourer le confort d’une vie loin du déluge décrit dans ces pages… L’atmosphère humide est admirablement bien rendue, à tel point que l’on s’attend à tout moment à voir une limace escalader les pages du livre…

 

La maison dans laquelle les protagonistes emménagent n’a rien d’un eldorado, l’eau suinte par tous les murs, celle qui coule des robinets est d’un marron douteux, et les marécages qui l’entourent n’ont rien de rassurant.  Léon s’amollit dans ce contexte, puisque sa personnalité flasque et faible s’accordait déjà au préalable avec ce temps et ce paysage pluvieux. Il aura beau essayer de lutter pour ne pas se noyer, ses efforts resteront vains.  Mais son naufrage n’a rien de désespéré ou pathétique, il est vu comme à travers un voile de pluie, au travers de scènes qui sonnent comme des sketchs…

 

-         Déluge est en effet un roman original, à l’humour décalé. Par exemple l’invasion de bêtes en tous genres (salamandre, limaces dont il est impossible de se débarrasser malgré les efforts constants de Leon, serpents d’eau, voisine gluante) pourrait dérouter le lecteur, mais l’auteur réussit à retourner la situation en créant des scènes cocasses … Les personnages sont tous un brin déjantés, et grâce à ce trait de caractère, ils voguent allègrement au-delà du désespoir. Et même ce pauvre Léon, pourtant véritable incarnation de la lâcheté, finit par faire pitié…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien de particulier, mais ce n’est pas un coup de cœur.

 

Premières phrases :

 

« « Quoi… ? Qu’est-ce que tu dis ? »

L’oreille aux aguets, la jeune femme fixait le talus qui descendait. Elle était seule, silhouette fragile sur ce parking désert en bordure d’une nationale, seule avec une Mercedes 300 noire, une grosse poubelle qui débordait et une caravane sans roues aux issues condamnées par des planches et dont le toit portait un panneau arborant l’inscription CASSE-CROUTE. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 

Les poissons ne connaissent pas l’adultère de Carl ADERHOLD

 

Déluge, karen DUVE, traduit de l’allemand par Pierre Deshusses, Rivages, 2003, 266 p., 8.40 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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La maison d'à côté de Lisa GARDNER

Publié le par Hélène

maison d'à coté

 

 

♥♥

 

 Prix des lectrices de Elle Policier 2011

  

L’auteur :

 

Écrivain américain, Lisa Gardner a grandi à Hillsboro, dans l’Oregon. Auteur de plusieurs thrillers, elle a également écrit des romans sous le pseudonyme d’Alicia Scott. Elle vit actuellement dans le New Hampshire.

L’histoire :

 

Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra Jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle a disparu. Seul témoin : sa petite fille de 4 ans. Suspect N°1 : un mari Jason. Dès qu'elle pénètre dans la villa douillette des Jones, l'inspectrice D.D. Warren sent que quelque chose cloche. Aux yeux de tous, Sandra et Jason Jones avaient tout du jeune couple amoureux. Mais de toute évidence, cette apparente normalité dissimulait des zones d'ombre redoutables. Au fil des jours, la disparition de la jeune femme devient de plus en plus inquiétante. Pourtant Jason Jones semble plus intéressé à faire disparaître les preuves et isoler sa fille que par rechercher sa femme « chérie ». Le parfait époux essaierait-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il simplement à se cacher ? Mais de qui ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La maison d’à côté est un thriller qu’il est difficile de lâcher avant la fin tant le suspens est passionnant. En multipliant les questionnements, l’auteur réussit à ferrer son lecteur plus sûrement que le plus amateur des pêcheurs : qu’est-il arrivé à Sandra ? Pourquoi son mari semble-t-il si froid ? Qu’a vu  la petite Ree cette fameuse nuit ? Que cachent les ordinateurs de la maison ? Pourquoi ce couple idéal n’a-t-il ni famille ni amis ? Qu’est-il arrivé pendant ces vacances de février ? Etc… Je pourrais continuer encore longtemps cette liste car les questions naissent parallèlement à l’avancée de l’intrigue. Du grand art…

 

-          C’est une jeune femme qui mène l’enquête, D. D. Warren, personnage récurrent des romans de Lisa Gardner, si bien que pour une fois nous n’avons pas droit au personnage déséspéré de nombreux romans policiers : le vieux bougon limite alcoolique, limite dépressif, limite tout en fait (cf Dave Robicheaux cher James Lee Burke, Harry Bosh chez Connelly, Varg Veum chez Staalesen, Charlie Resnik chez John Harvey, Kurt Wallander chez Mankell, Erlendur chez Indridason, pour ne citer que mes auteurs fétiches…) (D’ailleurs si vous cherchez bien les femmes sont rares à cette place convoitée ou alors elles fonctionnent en binôme) (c’était la minute féministe de la journée…) D.D. est gaie, professionnelle, féminine, intelligente, sentimentale, mais sans trop en faire, bref elle est  limite parfaite…

 

-          Ce roman fait partie de ceux  dont  les questions continuent à nous hanter une fois la dernière page tournée, ceux qui modifient  infimement notre façon d’appréhender le monde. Désormais je regarde mon ordinateur d’un autre œil, je regarde mon mari d’un autre œil, je vois ma famille d’un autre œil, je considère d’un autre œil les délinquants sexuels (enfin, si je peux éviter d’en croiser, ça m’arrangerait quand même),  je vois les autres hommes  que mon mari d’un autre œil (je crois d’ailleurs que je vais cesser définitivement de les regarder…), bref tout à coup je vois au-delà des apparences…

 

« Bien sûr, nous passons totalement à côté de tous les moments intermédiaires. La vie quotidienne qui est ce qu’elle est. Rien à fêter. Rien à pleurer. Juste des tâches à accomplir.

Je suis convaincue que ce sont ces moments qui, au bout du compte, nous construisent ou nous brisent. Comme une vague qui vient lécher jour après jour le même rocher érode la pierre et dessine les contours du rivage, ce sont les petits détails ordinaires de nos existences qui recèlent le vrai pouvoir et donc tout le danger invisible. Les choses que nous faisons ou que nous ne faisons pas dans notre vie de tous les jours sans même comprendre les conséquences à long terme d’actes aussi insignifiants. » (p. 218)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

Premières phrases :

 

« Je me suis toujours demandé ce que ressentaient les gens pendant les toutes dernières heures de leur existence. Savent-ils qu’un drame est sur le point de se produire ? Pressentent- ils la tragédie imminente, étreignent-ils leurs proches ? Ou bien est-ce que ce sont juste des choses qui arrivent ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Bad Boy de Peter ROBINSON

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio

 

La maison d’à côté, Lisa GARDNER, Traduit de l’anglais (EU) par Cécile Déniard, Albin Michel, septembre 2010, 418 p., 20.90 euros

 

Merci aux Editions Albin Michel pour cette plongée en plein suspens..

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Hier d’Agota KRISTOF

Publié le par Hélène

                                               hier.jpg

 ♥ ♥ ♥

 « Hier tout était beau

La musique dans les arbres

Le vent dans mes cheveux

Et dans tes mains tendues

Le soleil. »

  

L’auteur :

 

Agota Kristof, est née en 1935 à Csikvand / Hongrie. Elle vit depuis 1956 en Suisse romande. Elle a d'abord travaillé dans une usine où elle a appris la langue de sa patrie d'élection, avant de se faire un nom comme écrivaine de langue française. Son premier roman Le grand Cahier publié en 1987 a connu un grand succès et a été honoré du titre Livre Européen. Elle s'est éteinte la semaine dernière.

 

L’histoire :

 

Aujourd’hui recommence la course imbécile. Se lever à cinq heures, prendre le bus, pointer, percer toujours le même trou dans la même pièce. Et gagner juste assez d’argent pour manger, habiter quelque part, être en mesure de recommencer la course, demain.

Pour que demain soit différent, il faudrait qu’apparaisse enfin Line, la femme idéale dont rêve Sandor Lester depuis qu’il a quitté son pays natal. Alors, il y aurait un avenir possible dans lequel Sandor deviendrait écrivain sous le nom de Tobias Horvath.

Mais, ce jour-là, ce n’est pas l’avenir qui monte dans le bus. C’est Line, la vraie Line surgie du passé, de ce temps où Tobias Horvath n’était pas un pseudonyme mais un enfant bien réel et qui croyait encore au futur… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Hier est un récit court comme un coup de poing, et long comme un hurlement de douleur qui ne peut s’achever que par la mort. La seule échappatoire pour Tobias est  le rêve, le souvenir idyllique d’un amour pur d’enfant, nimbé d’une auréole de sursis dans un monde  rendu glacial par la pauvreté. Mais si hier peut s’immiscer dans le présent, il porte néanmoins les stigmates de cette période troublée. Ce qui restait tapi dans l’ombre de l’enfance innocente peut éclater comme un cauchemar à l’heure de la  maturité, anéantissant tout espoir  et terrassant un  sentiment déjà agonisant.

 Agota Kristof nous parle de la vie de ces réfugiés pour qui la désillusion est âpre, mais elle nous conte aussi l’incapacité de certaines personnes, marquées par un passé douloureux,  à vivre dans un monde inadapté.

 Hier est un récit puissant sur l’espoir et son corollaire, le désespoir…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          C’est un roman profondément désespéré…

 

Premières phrases :

 

« Hier, il soufflait un vent connu. Un vent que j’avais déjà rencontré.

C’était un printemps précoce. Je marchais dans le vent d’un pas décidé, rapide, comme tous les matins. Pourtant j’avais envie de retrouver mon lit et de m’y coucher, immobile, sans pensées, sans désirs, et d’y rester couché jusqu’au moment où je sentirais approcher cette chose qui n’est ni voix, ni goût, ni odeur, seulement un souvenir très vague, venu d’au-delà des limites de la mémoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Là où vont nos pères de Shaun TAN

 

D’autres avis :

 

Le matricule des anges nous propose une interview de l'auteure.

 

 Hier, Agota Kristof, Points, Points, 1995, 146 p., 4.95 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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Le mardi c’est permis

Publié le par Hélène

 

mardi tout est permis 

Ce mois-ci, point de billet sulfureux, en effet, j’ai croisé la route de Carrie Pilby qui m’a tout à coup ouvert les yeux :

  « Le monde est tellement obsédé par le sexe qu’il faut être asexuel en pratique pour réaliser à quel point la sexualité est omniprésente et extrême. C’est la motivation principale derrière les agissements des gens, le sujet numéro un de leurs plaisanteries et la force motrice qui anime leur créativité artistique. Et si vous n’avez pas la même libido, vous finissez par vous interroger sur la légitimité de votre existence. Si le sexe fait tourner le monde, le  monde doit-il s’arrêter pour ceux qui sont asexuels ?» (p. 10)

 vie-pas-tres-cool.jpgEh oui, Carrie ne plaisante pas avec ça, elle préfère philosopher, faire des listes improbables sur les choses qu’elle aime, chercher des mots  compliqués dans le dictionnaire, et surtout, surtout  DORMIR. Là j’ai commencé à me détendre et à  apprécier davantage cette drôle de fille qui voue un culte aux sodas à la cerise, puisque nous nous sommes enfin trouvés un point commun (la philosophie bien sûr…)

 Je la rejoins aussi quand elle  évoque l’hypocrisie généralisée devenue un code de bonne conduite :

  « Je pense que tout le monde triche au travail, dis-je. Cela fait tellement partie du système que c’est implicite. Je n’ai pas vu un seul lieu de travail où les gens ne passaient pas le maximum  de temps à boire du café et lire le New York Post. » (p. 181)

 Et là vous aurez enfin la réponse à LA question  « Mais comment fais-tu pour lire autant ? » : c’est grâce à ce système astucieux d’hypocrisie tolérée que je peux assurer  la lecture et le compte–rendu de quinze livres par mois tout en sirotant mon café… Comme ça quand je rentre chez moi,  je peux dormir philosopher…

 Bref pour en revenir à cette chère Carrie, je dois avouer que ses questionnements sans fin sur la moralité, l’honnêteté, m’ont fait douter de son parcours universitaire sans faille et de sa  passion pour la philosophie :

 « Et qu’en est-il des mensonges des parents ? Quid de tous ces parents qui parlent du Père Noël à leurs enfants ? Est-ce qu’ils ne mentent pas, et même, ne commettent-ils pas un péché ? Quatre-vingt neuf pour cent de Chrétiens ne sont-ils donc pas de pécheurs ? » (p. 218)

 Et sa conclusion est à l’aune de ses interrogations :

 « On ne doit jamais renoncer à un principe qui est logique, solide, important et nécessaire à sa constitution, même si le monde entier est contre. » (p. 531)

  Yeahh baby… Retourne dormir Carrie, cela vaudra mieux…

 Comme vous l'aurez compris, si j'ai trouvé Carrie attachante par certains côtés, elle m'a aussi souvent horripilée.

 De plus, il faudrait qu'elle revoie son style car si je conseille à certains de mes élèves de se cantonner à la phrase simple pour éviter les phrases surréalistes, (exemple : "Carrie Pilby est seule pour cause que parce que elle est surdouée, donc que personne la comprend.") (c'était le pitch du bouquin...),  je pense qu'une élève d'Harvard  peut s'aventurer aux abords de la phrase complexe sans risquer de basculer dans le surréel...

 "J'enfile mon imperméable et un chapeau. J'attrape mon parapluie et dévale l'escalier.

Le trottoir est plein de flaques. Je marche dans quelques-unes. Je fais ça tout le long de la rue. Si les flaques sont inévitables, autant en profiter." (p. 370)

 Je vous laisse sur ces mots, le temps file, il est l'heure pour moi de retourner à mon café travail et puis j'avoue ne pas être téméraire, je crains les foudres de Juliette qui s'est prise pour Gustave en lançant "Carrie Pilby, c'est moi" (et c'était avant son traumatisme crânien...) I love you honey, n'oublie pas...

 

La vie (pas) très cool de Carrie Pilby de Caren LISSNER, traduction de l’américain par Géraldine BRETAULT, éditions Harlequin, Darkiss, 2010, 531 p., 11.50 euros

 

Publié dans Chick-lit

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