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Les saisons de Giacomo de Mario RIGONI STERN

Publié le par Hélène

                                    saisons de giacomo

  ♥ ♥ ♥

Quelques saisons lumineuses suspendues entre guerre et paix...

 

 L’auteur :

 

Mario Rigoni Stern est un écrivain italien d’ascendance autrichienne. En septembre 1943 il a été fait prisonnier des Allemands, mais a réussi à s’évader pou rejoindre à pied son pays natal, le plateau d’Asagio. C’est de cette expérience qu’est né son premier roman Le sergent dans la neige, en 1953.

 

L’histoire :

 

Après la Seconde Guerre mondiale, un homme retourne au hameau de la montagne vénitienne où il a passé son enfance. Si les pierres et les rues en ont été remodelées pour le transformer en un village de villégiature, les stigmates de l'horreur et le souvenir de ceux qui y vécurent sont demeurés bien vivaces.

C'est d'abord celui de Giacomo, petit gamin d'une famille pauvre qui, de l'entre-deux-guerres à la campagne de Russie, traversera toutes les vicissitudes réservées aux montagnards italiens.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’histoire de Giacomo est émouvante et représentative de cette atmosphère d’entre-deux-guerres : le narrateur évoque le manque de travail et la faim qui obligent Giacomo à passer leur temps à rechercher les reliquats de la première guerre pour revendre le cuivre des obus ou la poudre des cartouches, l’exil des pères qui tentent leur chance au-delà des frontières pour nourrir leur famille, l’école qui propose sa propre version édulcorée de l’Histoire, le fascisme qui prend de l’essor au fil des jours…

 

«  [Giacomo prend son livre d’histoire] (…)

-          « A bon droit il nous faut saluer en Benito Mussolini un des éléments décisifs de notre guerre et de notre victoire. Mais il devait aussi être le sauveur de l’Italie dans la période tourmentée qui suivit la guerre. »

La grand-mère ne parla plus. Elle pensait peut-être à son homme mort sur le Kukla, aux conditions dans lesquelles ils avaient dû se sauver en abandonnant out, à leur vie de réfugiés, à la fièvre espagnole, à l’état dans lequel ils avaient retrouvé leur terre, à son gendre émigré en France bien qu’on ait gagné la guerre ; à la façon dont, en revanche, on raconte l’histoire à l’école. » (p. 59)

 

-          Les scènes sont brèves et marquantes, comme pour mieux rendre cette atmosphère comme suspendue, entre guerre et paix…

 

-          Mais Mario Rigoni Stern nous offre surtout une vision simple et heureuse de l’enfance passée au sein d’une famille aimante :

 

« A la maison, dans son lit, par-delà la petite fenêtre qui donnait à l’est, il continuait à imaginer ce ciel que le givre sur les carreaux ne permettait pas de voir, et il lui semblait qu’il naviguait dedans comme en lisant le livre De la Terre à la Lune, avec Barbicane, Nicholl et Ardan dans la fusée en aluminium lancée par le canon Columbiad. » (P. 141)

 

- Si vous ne connaissez pas encore les livres lumineux de cet auteur, je vous conseille de le découvrir sans tarder…

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« J’y fais un saut, et il n’y avait personne. Silence alentour comme dans les maisons. Au loin on entendait aboyer un chien et dans le ciel croasser deux corbeaux. La neige était descendue assez bas, jusque sur le Moor. Il faisait froid, mais les cheminées ne fumaient pas. Les portes étaient toutes bien closes et les volets fermés. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Hommes, bois et abeilles

Autre : Jean GIONO

 

D’autres avis : Aifelle

 

Je remercie Elisabeth Villeneuve des Editions Robert Laffont pour cette belle immersion dans l’univers lumineux de Mario Rigoni Stern

 

Les saisons de Giacomo, Mario Rigoni Stern, traduit de l’italien par Paul Ambroise, Robert Laffont, Pavillons poche, février 2011, 231 p., 7.90 euros

 challenge voisins voisines 

Publié dans Littérature Europe

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Cinq mille kilomètres par seconde de Manuele FIOR

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 Fauve d’or du meilleur album Angoulême 2011

  

L’auteur :

 

Manuele Fior est un auteur de bandes dessinées et illustrateur italien. 

 

 L’histoire :

 

Lucia et sa mère emménage en face de chez Piero. L’adolescent tombe rapidement amoureux de sa mystérieuse voisine et aux côtés de son ami Nicola, il tente de la séduire. Plusieurs années plus tard, nous retrouvons la jeune étudiante italienne en Norvège et le jeune homme en Egypte. Leur relation s’est interrompue, mais séparés, ils n’en continuent pas moins à penser l’un à l’autre…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les ellipses temporelles jettent sur l’histoire des deux protagonistes un voile nébuleux que le lecteur lève peu à peu, au fil des pages. On retrouve Lucia et Piero à des moments-clés de leur vie, dans de courtes séquences significatives, mais leur passé reste seulement suggéré. Lucia semble particulièrement prisonnière des entrelacs du temps et des regrets qui parfois se forment au détour d’une déception.

 

-          Les aquarelles traduisent admirablement la nostalgie flottant insidieusement au-dessus des personnages.

 

5000km2.jpg

 

-          Cinq mille kilomètres par seconde est aussi le portrait d’une génération : celle de trentenaires qui se cherchent, partent à l’autre bout du monde sur un coup de tête, plutôt que d’affronter des situations complexes, induisant ainsi des choix souvent irréversibles.

 5000km3.jpg 

  

« Cela fait vingt ans que je travaille en Egypte. J’ai consacré plus de temps à cette terre et à ses habitants qu’à ma famille. Hassan me dit souvent que je devrais retourner à la maison. Je lui réponds que je me sens libre ici que je suis heureux. Vous savez ce qu’il me répond ? Que ce n’est pas une question de liberté ou de bonheur. Mais de faire le bon choix. Vivre loin de chez soi, ce n’est pas normal. Abandonner sa demeure n’est pas un bon choix. Nous ne serons jamais vraiment d’ici. Mais en partant, nous avons aussi cessé d’appartenir à l’endroit que nous avons quitté. Nous serons toujours des étrangers ici et avec le temps nous le devenons également aux yeux de ceux que nous aimons. Nous croyons être libres. En vérité nous sommes des exilés, des âmes égarées. Faites le bon choix tant que vous le pouvez encore. »

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Cet album met en scène une vision très désabusée, désenchantée de la vie et du couple.

 

Vous aimerez aussi :

 

Aya de Yopougon de Marguerite ABOUET et Clément OUBRERIE tome 1

 

Cinq mille kilomètres par seconde, Manuele Fior, traduit de l’italien par Nicolas Elmer Mathieu et Christophe Gouveia Roberto, Atrabile, janvier 2010, 19 euros

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Losers-nés de Elvin POST

Publié le par Hélène

                                             losers nés

 

 

 L’auteur :

 

Elvin Post est un auteur hollandais. Losers-nés est son troisième roman traduit en France.

 

L’histoire :


Roméo est rangé des voitures : il a renoncé à dealer pour le compte de Sean Withers, le caïd local, et se contente désormais de vendre des livres et des revues d’occasion en compagnie de son nouveau patron, un ex-junkie nommé Vernon. De son petit bout de trottoir sur la 6e avenue, à New York, Roméo voit beaucoup de choses… Et rêve un peu, par exemple à cette ravissante jeune femme qui vient tous les jours boire un café juste en face. Il s’inquiète aussi : son grand frère, resté fidèle à Withers, s’empêtre dans ses magouilles obscures, et sa mère, femme de ménage dans des locaux industriels, est maltraitée par son patron. Roméo ne sait que faire, il semble tout juste bon à constater le désastre qui s’annonce....Withers est de plus en plus colérique, soupe-au-lait, paranoïaque et semble devenu accro à un thé étrange, une décoction de plantes ayant manifestement des effets spectaculaires sur sa libido et son humeur… Que Troy, le nouveau caïd du quartier d’à côté ait déterré la hache de guerre n’arrange rien. Les morts s’accumulent, le frère de Roméo est victime d’un coup monté, Withers s’énerve et panique, Roméo lui-même comprend qu’il doit réagir, tandis que l’inspecteur Murino s’obstine dans une enquête que son chef préférerait enterrer. (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Losers-nés est un roman plaisant dans lequel on se sent bien, qui choisit délibérément un ton léger pour aborder des sujets graves et violents, un roman sans prétentions.

 

-          J’ai aimé les personnages, le jeune Romeo qui porte très mal son nom, amoureux transi qui va vite découvrir la cruauté des femmes, Sean, caricatural mais aussi décalé avec son addiction à ce thé aphrodisiaque, les femmes de ces caïds, dindes profitant de l’argent facile sans trop chercher son origine… Ils sont stéréotypés mais ne se prennent pas au sérieux, et sont juste assez complexes pour ne pas sombrer dans la facilité.

 

-          La peinture du milieu me semble assez juste, savant mélange de violence et d’espoir pour ces jeunes qui se font enrôler très tôt dans le trafic de drogue.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Comme  l’auteur est néerlandais, je pensais que l’histoire se déroulerait aux Pays-Bas et que cela me donnerait l’occasion de découvrir l’envers d’un pays que je connais peu. J’ai donc été déçue quand j’ai compris que l’action se passait à New-York…

 

Premières phrases :

 

« Il l’avait rencontrée pour le première fois deux semaines plus tôt- l’un des premiers jours chauds de l’été. Enfin, rencontrée… elle s’était soudain trouvée là, pile devant sa table, avec un gentil sourire et dans la main deux vieux numéros de Marie Claire. »

 

D’autres avis : chez Babélio

  

Losers-nés, Elvin POST, Traduit du néerlandais par Hubert Galle, Seuil policiers, avril 2011, 304 p., 20.50 euros

 

Lu dans de le cadre du jury Babélio-Seuil policiers

jury babélio

Publié dans Roman policier Europe

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Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas JONASSON

Publié le par Hélène

                                               vieux qui ne voulait pas

♥ ♥ ♥ ♥

 « Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s’autoriser quelques caprices. »

 

L’auteur :

 

Jonas Jonasson est un écrivain et journaliste suédois. Ce roman est son premier.  

 

L’histoire :

 

Le jour de ses cent ans, alors que tous les notables de la ville l'attendent pour célébrer l'événement, Allan Karlsson s'échappe par la fenêtre de sa maison de retraite quelques minutes avant le début de la fête organisée en son honneur. Ses plus belles charentaises aux pieds, le vieillard se rend à la gare routière, où il dérobe une valise dans l'espoir qu'elle contienne une paire de chaussures. Mais le bagage recèle un bien plus précieux chargement, et voilà comment Allan se retrouve poursuivi par la police et par une bande de malfrats…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La narration est originale  et dynamique : elle oscille entre le présent d’Allan et ses aventures rocambolesques suite au recel de cette valise volée par inadvertance, et entre son passé d’artificier, jalonné de rencontres notoires et improbables.

 

-          La vivacité et la vie du vieil homme sont impressionnantes. Il a survolé l’histoire politique de plusieurs pays (sans toutefois se résoudre à adopter une idéologie) : il fut sympathisant de Franco, puis a voulu combattre le camarade Mao, a sauvé la vie de Churchill, a séjourné en Iran, et a, par mégarde, mis la formule de la bombe atomique entre les mains des Etats-Unis… Ce parcours a-typique nous permet de survoler quelques évènements majeurs de notre siècle avec le point de vue naïf d’un homme qui ne comprend pas vraiment les tenants et aboutissants de ce à quoi il participe. En effet, c’est un homme pragmatique aux idéaux très simples –et sains - :

 

 « Allan Karlsson n’attendait rien d’extraordinaire de l’existence. Il voulait un lit pour dormir, de la nourriture à volonté, de quoi s’occuper, et un bon coup  à boire de temps à autre. Si tout cela lui était acquis, il se sentait capable de supporter presque n’importe quoi. » (p. 273)

 

« Allan avait appris tout jeune à se méfier des gens qui refusent un coup à boire. Il devait avoir à peine six ans quand son père lui avait posé une main sur l’épaule et lui avait dit : «  Mon fils, méfie-toi des prêtres, et des gens qui ne boivent pas d’alcool. Les pires de tous sont les prêtres qui ne boivent pas d’alcool. » (p.161)

 

- Ses compagnons de cavale sont tout aussi fantasques que lui : Mabelle par exemple n’a pas hésité à adopter une éléphante arrivée dans son jardin par hasard, éléphante qui trouvera tout naturellement sa place dans la joyeuse bande qui se forme autour d’Allan, aimant indéniablement attirant…

 

-          C’est un roman délirant que nous offre Jonas Jonasson, un roman passionnant aux ramifications étonnantes… Un vieil homme qui gagne à être connu…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

« On se dit qu’il aurait pu se décider avant et qu’il aurait dû au moins avoir le courage de prévenir son entourage de sa décision. Mais Allan Karlsson n’avait jamais été du genre à réfléchir longtemps avant d’agir. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

 

 

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson, traduit du suédois par Caroline Berg, Presses de la cité, mars 2011, 454 p., 21 euros

 

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Publié dans Littérature Europe

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Le tigre blanc de Aravind ADIGA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Attention : chef d’œuvre !

 

L’auteur :

 

Aravind Adiga est un journaliste et écrivain indien. Le tigre blanc est son premier roman, il a obtenu le Man Booker Prize en 2008.

 

L’histoire :

 

Sous la forme d’une lettre à Wen Jiabao, Premier Ministre de la Chine en visite officielle en Inde à Bangalore, un homme recherché par la police déroule son histoire à la première personne du singulier.
Le tigre blanc c’est lui, Balram Halwai, l’enfant le plus intelligent du village mais d’une extraction si misérable qu’il n’a pu terminer ses études secondaires. Employé dans une de ces innombrables petites échoppes de thé qui essaiment le long des routes du pays, il doit son salut à l’un de ces nouveaux riches qui lui propose de devenir son chauffeur à Delhi.
Et tandis qu’il conduit son maître d’un centre commercial clinquant à un autre, d’un « call center » à un autre, Balram se rend compte des nouvelles immenses richesses et multiples opportunités qui l’entourent et lui rappellent qu’il ne pourra jamais faire partie de cette Inde prospère et rutilante du 21ème siècle, à moins de ... commettre un crime innommable.(Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         J’ai découvert ce roman par l’intermédiaire d’un article de Courrier International qui pointait les romans capables de nous révéler plus sûrement qu’un documentaire la réalité d’un pays.(http://www.courrierinternational.com/article/2011/03/11/ces-romans-qui-en-disent-long-sur-la-marche-du-monde) (Article relayé par Zarline, merci à elle) Coïncidence, ce même jour, une collègue s’est précipitée à mon bureau pour me dire qu’elle venait de lire un livre sensationnel, livre qui n’était autre que celui-ci et qu’en plus, elle pouvait me prêter… Je pense donc tout à fait rationnellement qu’il me fallait lire ce roman. Je ne me suis pas trompée, car j’ai découvert un véritable chef d’œuvre

 

-         Une scène donne le ton de ce roman qui nous éclaire sur l’Inde  de façon si lucide et cruelle : un pauvre est refoulé aux portes du centre commercial car il porte des sandales et non pas des chaussures. Il s’indigne alors : «  Quoi ! Je ne suis pas un être humain, moi aussi ? » Les autres chauffeurs, pauvres eux aussi l’observent de loin : « Ce type a des couilles, commenta un des  chauffeurs. Si nous étions tous comme ça, c’est nous qui dirigerions le pays et eux qui nous cireraient les bottes. » (p.152)

 

-         Le tigre blanc décrit le quotidien de ces indiens asservis dans « la cage à poules », soumis aux riches et condamnés à rester assujettis à leur pauvreté. Ils ne peuvent pas fuir car dans ce cas les représailles envers les membres de leur famille seraient tellement atroces que « pour cela, il ne faut pas être une personne normale, mais un monstre, un dénaturé. » (p. 179) Leur avenir est tout aussi vain :

 

 « J’étais comme un âne. Tout ce que je pourrais faire, si j’avais des enfants, serait de leur apprendre à devenir des ânes comme moi, et à trimballer les gravats des riches. » (p. 194)

 

Et pourtant, celui qui se fait appeler « le tigre blanc » va tenter l’impossible…

 

-         Le récit est rétrospectif, sous forme épistolaire, sa construction est impeccable, pas à pas, le narrateur nous achemine vers sa conclusion, plus efficace que le meilleur des avocats, il nous explique ce qui l’a amené à commettre l’innommable.

 

« Une révolution indienne ?

Non, monsieur. Cela n’arrivera pas. Les habitants de ce pays attendent toujours que la guerre de libération vienne d’ailleurs : de la jungle, des montagnes, de Chine, du Pakistan. Cela n’arrivera pas. Chaque homme doit accomplir son propre pèlerinage de libération.

Le livre de ta révolution est dans tes tripes, jeune Indien. Chie-le, et lis. » (p.300)

 

- Un véritable chef d'oeuvre qui nous fait découvrir effectivement l'Inde sous une autre facette, nous entraînant bien loin des clichés de Bollywood... A lire ABSOLUMENT...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien, absolument rien…

 

Premières phrases :

 

« Monsieur le Premier Ministre,

Ni vous ni moi ne parlons anglais, cependant certaines choses ne peuvent se dire que dans cette langue.

L’ex-femme de mon ex-employeur le défunt M. ASHOK, Pinky Madam, m’a appris l’une d’elles. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire
de Vikas Swarup

 

D’autres avis : AmandaPapillonKathel, Griotte

 

Merci à Martine pour le prêt.

  

Le tigre blanc, Aravind ADIGA, traduit de l’anglais par Annick LE GOYAT, Buchet-Chastel, 22 euros

Le tigre blanc, Aravind ADIGA, traduit de l’anglais par Annick LE GOYAT, 10/18, avril 2010, 318 p., 8.20 euros

 

Publié dans Littérature Asie

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Les lieux infidèles de Tana FRENCH

Publié le par Hélène

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Une déception...

   

L’auteur :

 

Tana French est une romancière irlandaise. Son premier roman La mort dans les bois a connu un très grand succès.

 

L’histoire :

 

L'existence de Frank Mackey bascula par une nuit de décembre 1983. Il avait dix-neuf ans et attendait Rosie Daly au bout de sa rue, à deux pas du halo brumeux et jaune du réverbère. L'air était froid comme du verre, chargé d'un délicieux parfum de houblon brûlé venu de la brasserie Guinness. Ils avaient prévu de fuir ensemble leur quartier natal dublinois, pour vivre d'amour et de musique à Londres. Mais cette nuit-là, Frank patienta en vain. Rosie ne le rejoignit pas.

Vingt-deux ans plus tard, devenu flic spécialisé dans les missions d'infiltration, Frank vit toujours à Dublin. Il a coupé les ponts avec sa famille et n'a jamais eu de nouvelles de son premier amour. Puis un jour, sa sœur l'appelle, affolée : on a retrouvé la valise de Rosie dans un immeuble désaffecté de Faithful Place. Forcé de revenir chez les siens, Frank revisite son passé, ses blessures de jeunesse, et toutes ses certitudes : Rosie est-elle jamais partie ? (Source : Librairie Dialogues)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La description de ce quartier populaire de Dublin : ses habitants n’ont pas d’échappatoire et tous savent qu’ils finiront comme leurs parents à travailler à l’usine pour un salaire de misère, définitivement catalogués en raison de leur appartenance à ce quartier, tenté par l’oubli dans l’alcool…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Le coupable est très prévisible, ce qui est tout de même un comble pour un roman policier…Le suspense n’est que très léger.

-         Le personnage principal n’est pas crédible, sa personnalité est abordée de façon trop grossière, sans finesse. Les autres personnages sont à l’avenant, dotés d’une psychologie assez caricaturale…

 

Premières phrases :

 

« Au cours d’une vie, seuls quelques instants sont décisifs. La plupart d’entre nous les oublient aussitôt, jusqu’à ce qu’ils resurgissent sans crier gare bien des années plus tard et , avec le recul, prennent tout leur sens : celui où l’on a décidé ou non d’aborder cette fille, de ralentir dans ce virage sans visibilité, de s’arrêter pour acheter un préservatif. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Comme deux gouttes d’eau

 Autre : Sept jours à River Falls de Alexis AUBENQUE

 

D’autres avis : Pimprenelle,Isa, CathuluThéoma

 

Les lieux infidèles, Tana FRENCH, Traduit de l’anglais (Irlande) par François Thibaux, Calmann-Lévy, janvier 2011, 432 p., 20.90 euros

  

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Publié dans Roman policier Europe

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Totally killer de Greg OLEAR

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 Un roman jubilatoire.

  

L’auteur :

 

Greg Olear est un écrivain américain, Totally Killer est son premier roman. Son second roman Fathermucker paraîtra en 2012 chez Harper.

 

L’histoire :

 

New York, 1991. La belle et ambitieuse Taylor Schmidt, fraîchement diplômée d’une Université du Missouri, débarque dans la Grosse Pomme à la recherche d’un job et du grand amour. Crise économique oblige, elle erre de bureau de placement en bureau de placement, jusqu’à ce qu’une mystérieuse agence lui propose "le job pour lequel on tuerait". Deux jours plus tard, Taylor se retrouve jeune éditrice d’une maison d’édition new-yorkaise et découvre avec effroi le prix à payer : elle va effectivement devoir assassiner quelqu’un. Le marché qui lui est imposé est simple : puisque les baby-boomers occupent tous les emplois dans notre société, il suffit de les éliminer. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Si l’idée de départ (consistant à éliminer les concurrents qui postulent sur les mêmes postes que les héros convoitent) rejoint le roman de Donald Westlake Le couperet, le style et le ton sont totalement différents. Bien ancré dans les années 90, Totally killer exploite pleinement les références de la culture pop, n’hésitant pas démanteler certains mythes comme Les Beatles, nous offrant en préliminaires une liste de titres de chansons écoutées par Taylor, l’héroïne, personnage entièrement immergé dans cette culture, et faisant de nombreuses et fréquentes références aux problématiques de l’époque.

 

-          Le ton est enlevé, jubilatoire, dynamique, et nous emmène allègrement au fil des pages sur les traces des protagonistes déjantés.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-  Bizarrement je ne trouve pas de points négatifs flagrants, et pourtant je ne suis pas totalement enthousiaste. Peut-être simplement parce que ce type de récit ne correspond pas à mon style de lecture, pas à ma culture (j’avais 13 ans en 1991). J’ai trouvé ce récit plaisant mais je n’ai pas décollé…

 

Premières phrases :

 

« Je n’ai jamais aimé Taylor Schmidt. Malgré tout ce que vous avez pu entendre dire.

L’amour est quelque chose de plus pur que cet alliage brut de désir, de fascination et de pitié dont étaient faits mes sentiments à son égard. On ne peut transformer les métaux vils en or, tout brillants qu’ils puissent être. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le couperet de Donald WESTLAKE

 

D’autres avis : Amanda, Jean-MarcChoco 

 

Totally killer, Greg Oléar, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister, collection Americana, mars 2011, 314 p., 22.90 euros

 

Un grand merci à Marie-Anne Lacoma des Editions Gallmeister

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Proust contre la déchéance de Joseph CZAPSKI

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥ 

  "Sur ce fond lugubre, ces heures passées avec des souvenirs sur Proust, Delacroix, me semblent les heures les plus heureuses."

  

L’auteur :

 

Joseph Czapski, artiste peintre né à Saint-Pétersbourg (1896-1993), devient membre du groupe des « Kapistes » dans les années trente. Interné dans un camp soviétique de 1939 à 1941, il est ensuite chargé, selon l’accord passé entre la Pologne et l’URSS, de retrouver ses compatriotes soldats dans les prisons et les camps soviétiques pour les enrôler dans l’armée Anders. Il publie en 1947 Terre inhumaine, première description du goulag sibérien, et, au lendemain de la guerre, s’installe en France où il contribue à fonder Kultura, la revue de l’émigration polonaise.

 

Le propos :

 

Après la déportation par les Russes de quatre mille officiers polonais dans le camp de Starobielsk, d’octobre 1939 jusqu’au printemps 1940, quatre cents d’entre eux furent déplacés à Griaziowietz : ils furent les seuls à échapper au massacre de Katyn.


Afin de surmonter leur abattement et leur angoisse, ils imaginèrent de se donner mutuellement des cours ou des conférences. Tandis que d’autres parlaient d’histoire, de science ou d’alpinisme, Joseph Czapski fit une série d’exposés sur la littérature française. Comme une mise en abyme, la remémoration de La Recherche du temps perdu par un prisonnier de guerre gravement atteint dans sa santé, sans livres ni documents à sa disposition, est elle-même une véritable création, et d’autant plus que Czapski n’est ni philosophe (il s’en excuse) ni critique professionnel (il en surclasse plus d’un...), mais lecteur et artiste, qui met en valeur la nouveauté de la phrase et de la forme proustienne, tout en ramenant son théâtre prodigieux à la filiation de Saint-Simon et de Balzac.


Un lecteur qui n’a jamais lu Proust découvrira, dans ce livre miraculeusement arraché à la déchéance, un chemin tracé vers un auteur qu’on a dit, à tort, réservé aux élites ou entaché de snobisme mondain. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le projet lui-même est admirable : rendre leur dignité à des hommes privés de tout :

 

«  Nous y avons essayé de reprendre un certain travail intellectuel qui devait nous aider à surmonter notre abattement, notre angoisse, et défendre nos cerveaux de la rouille de l’inactivité. » (p. 7)

 

« La joie de pouvoir participer à un effort intellectuel qui nous donnait une preuve que nous sommes encore capables de penser et de réagir à des choses de l’esprit n’ayant rien de commun avec notre réalité d’alors, nous colorait en rose ces heures passées dans la grande salle à manger de l’ex-couvent, cette étrange école buissonnière où nous revivions un monde qui nous semblait alors perdu pour nous pour toujours. »  (p. 9)

 

-          L’auteur est un amoureux de Proust et il nous communique son enthousiasme avec délectation, nous immergeant dans l’œuvre dans sa globalité et nous l’éclairant intelligemment.

 

« Nous y rencontrons un manque tellement absolu de parti pris, une volonté de savoir et de comprendre les états d’âme les plus opposés les uns des autres, une capacité de découvrir dans l’homme le plus bas les gestes nobles à la limite du sublime, et des réflexes bas chez les âtres les plus purs, que son œuvre agit sur nous comme la vie filtrée et illuminée par une conscience dont la justesse est infiniment plus grande que la nôtre. » (p. 56)

 

Il relie les évènements intrinsèques à la vie privée de Proust et l'oeuvre elle-même, créant ainsi des passerelles entre l'auteur et l'oeuvre.

 

-          Les illustrations reproduisant les notes de Joseph Czapski permettent d’aérer le texte tout en l’enrichissant.

  

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-          Un essai qui nous donne bien évidemment envie de nous plonger –ou replonger dans La Recherche.. .

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court…

 

Premières phrases :

 

« Cet essai sur Proust fut dicté l’hiver 1940-1941 dans un froid réfectoire d’un couvent désaffecté qui nous servait de salle à manger de notre camp de prisonniers à Griazowietz, en URSS. »

 

Vous aimerez aussi :

 

A la recherche du temps perdu de Marcel PROUST

 

D’autres avis : Keisha, Aifelle, Alex

  

Proust contre la déchéance, conférences au camp de Griazowietz, Les Editions Noir sur Blanc, janvier 2011, 93 p., 16 euros

 

Merci à Denis LEFEBVRE.

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Récapitulatif Challenge Rire et Humour

Publié le par Hélène

 

rire copie 

Caroline (Delivres et d'eau fraiche) : Tokyo Sanpo de Florent CHAVOUET (BD) 


  Sophie (Sophielit) :

 

Schlabaya (Scriptural)  :

 

Alex (Mots à mots) : L'oeil du singe de Hugo BUAN

                                                              Le voyage des pères : Simon de David RATTE

 

Cathulu :  Journal d'un garçon de Colas GUTMAN                                                                                                                                                            

                                     Le koala tueur de Kenneth COOK


 

  Kathel (Lettres exprès) :  L'oiseau canadèche de Jim DODGE

                                                                                      Trois hommes deux chiens et une langouste de Iain LEVISON

 

 

Yves (Lyvres) :  Le pari des guetteurs de plumes africaines de Nicholas DRAYSON

                                       Le mécano du vendredi de FELLAG et Jacques FERRANDEZ  

                                                  Du pur amour et du saut à l'élastique de Frédéric PAGES

 

Mango (Liratouva) : L'oiseau canadèche de Jim DODGE  

 

 Keisha : Double bonheur de Stéphane FIERE

                              L'autre fin du monde de Ibn Al Rabin

                      La rivière de sang de Jim TENUTO   (Policier)

                               Le aye aye et moi de Gérald DURRELL

                               Les nouveaux nouveaux mystères de Paris de Cécile VARGAFTIG


Hélène (Lecturissime) : Ma famille et autres animaux de Gérald DURRELL

                                            La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL

                                            La maison de mes pères de Jorn RIEL

                                                           Manabéshima de Florent CHAVOUET (BD)

                                                          Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques, tome 1 de BLAIN et LANZAC (BD) 

 

Catherine (La culture se partage) : Allumer le chat de Barbara CONSTANTINE

                                                                                   Alerte sur Fangataufa de GELUCK et DEVIG  (BD)

                                                                                  J'aime les sushis de AYUMI KOMURA (BD) 

 

   

 

Quelques suggestions :  

 

  Un tout petit monde de David LODGE  

 

Thérapie  de David LODGE  

 

Nouvelles de Roald DAHL dont "L'inspecteur se met à table"

 

 L'oiseau canadèche de Jim DODGE

 

Gagner la guerre de Jean-Philippe JAWORSKI

 

Le faiseur d'histoire de Stephen FRY

 

La forêt ivre de Gérald DURRELL

 

Parti tôt pris mon chien de Kate ATKINSON

 

Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

 

L'étourdissement de Joël EGLOFF

 

 

 

N'hésitez pas à nous rejoindre pour participer à ce challenge ou pour seulement nous suggérer des titres... 

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La maison de mes pères de Jorn RIEL

Publié le par Hélène

    maisons-de-mes-peres.jpg

 ♥ ♥ ♥ ♥

  « Le bonheur, c’était la pipe ronflante de Pete et son bras lourd sur mon épaule. » (p. 217)

  

L’auteur :

 

Jorn Riel est un écrivain danois ayant vécu seize ans au Groenland. Il en rapportera une œuvre majeure, traduite en une douzaine de langues. Il vit aujourd’hui en Malaisie, histoire de décongeler, se plaît-il à dire.

 

L’histoire :

 

Agojaraq est un jeune métis eskimo vivant au sein d’un foyer haut en couleurs : il est entouré de ses cinq pères potentiels et de sa vieille nourrice Aviaja. Il nous conte avec truculence les aventures originales de ces drôles d’eskimos…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         Ce roman est comme un souffle d’air frais –voire polaire- qui nous emmène en voyage à la découverte d’un monde inconnu, aux mœurs tellement différentes des nôtres.

 

-         Jorn Riel met en avant la cocasserie des situations et la poésie des personnages qui peuplent le roman : l’arrivée d’un prêtre venu convertir les masses –et accessoirement s’enrichir en peaux- et édifiant bien laborieusement son temple gonflable à la seule force de ses poumons, les attaques inopinées de bêtes sauvages telles que les loups ou les ours, la libéralité des couples qui cherchent seulement à se réchauffer, les hallucinations de Small Johnson quand il est fortement imbibé…

 

-         Les habitants de ce bout du monde chantent avant tout un amour immodéré pour leur paradis sur terre :

 

« On peut en arriver à penser à la vallée de pavots de la baie de Hume, et au soleil du soir sur le fjord, et aux chiens et aux voyages en traîneaux et à la chasse. On peut penser aux cris des oies quand elles migrent vers l’est et aux cognements du plongeon glacial, et surtout aux premiers bruants des neiges, au printemps. » (p. 315)

 

Ils sont conscients de la fragilité de leur bonheur, menacé par la civilisation :

 

« Ca va être de plus en plus dur de garder nos principes. » remarque l’un des personnages. (p. 353)

 

 Le jeune Ago, parti se cultiver à l’étranger, en fera la douloureuse expérience…

 

-         C’est un roman tendre et enchanteur que nous offre Jorn Riel, un auteur qui aime profondément ses personnages, et je ne peux que vous le recommander chaudement…

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien, je suis fan !

 

Premières phrases :

 

« J’ai deux pères. En vérité, j’aurais sans doute dû en avoir cinq, mais les camarades s’étaient mis d’accord pour désigner Pete et Jeobald comme mes vrais pères, Samuel, Gilbert et Small Johnson plutôt comme un genre d’oncles. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL

 Autre : Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

  

La maison de mes pères, Jorn RIEL, Traduit du danois par Inès Jorgensen, Gaïa, novembre 2010, 512 p., 23 euros

POCHE : 3 tomes en 10/18

 

Je remercie Béatrice Hentgen des Editions Gaïa pour cette immersion dans le Grand Nord Canadien...

 

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Publié dans Littérature Europe

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