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Petit traité de philosophie naturelle de Kathleen DEAN MOORE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥

"Parfois le monde naturel vous fait un don si précieux, si merveilleux, qu'il ne vous reste plus qu'à demeurer là, en larmes." (p. 169)

 

L’auteur :

 

Kathleen Dean Moore est écrivain, philosophe et naturaliste. Elle a passé son enfance dans l’Ohio et enseigne aujourd’hui la philosophie à l’Université de l’Oregon. Elle est notamment l’auteur de deux autres livres non traduits en français : Riverwalking (1996) et The Pine Island Paradox (2004), unanimement salués par la critique et le public américain.

 

L’histoire :

 

Parcourant l’Ouest américain, des côtes sauvages de l’Oregon aux rivages de l’Alaska, les textes de ce recueil s’appuient sur l’observation de phénomènes naturels pour interroger les notions de distance et de séparation, la capacité de chacun à trouver sa place au sein de la nature et parmi ses proches.     Chacun de ces brefs et percutants récits est l’occasion d’aborder avec simplicité des sujets graves. Pourquoi et comment accepter la mort ou la souffrance, l’éloignement de ceux qu’on aime, le temps qui passe et nous fait oublier ? À quoi, en somme, se rattacher et quelle est l’essence même de notre existence ? Autant de questions auxquelles ce livre apporte des réponses. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai tout aimé dans le récit de cette femme qui chante une hymne à la nature, cherchant l’accord parfait, hurlant avec les loups en pleine forêt, pêchant des huîtres avec son fils… Je ne saurais mettre des mots face à une telle densité de talent, aussi, pour une fois, vais-je laisser parler l’auteur :

 

« Nous comprenons, trop tard, que nous n’avons jamais appris à nos étudiants ce que les canards savent sans savoir. Que, comme le disait Dostoïevski, « il nous faut aimer la vie plutôt que le sens de la vie. » Il nous faut aimer la vie par-dessus tout, et de cet amour naîtra peut-être un sens. (…)

Que nous disent-ils, ces instants semblables à un prisme braqué sur l’existence, sue disent ce marais, cette humidité, ce vacarme écumant, cet assaut de volonté parmi les saules, cette scène criarde, ces couleurs, ces plumages, ces efforts, ce bruit, cette complexité, tout ce qui ne laisse ni note ni explication ?

Rien, me semble-t-il, si ce n’est qu’il faut continuer.

C’est la  leçon du marais. La vie concentre toutes ses puissances sur un seul but : continuer à exister. Un marais au crépuscule, c’est la vie qui exprime son amour de la vie. Rien de plus. Mais rien de moins, et nous serions stupides de nous dire que c’est là une leçon sans importance.» (p. 20)

 

« Donnez des racines à vos enfants, laissez-les avoir des ailes » : « Un enracinement qui tienne au fait de percevoir, de se soucier, de se remémorer, d’étreindre, de prendre plaisir à l’immensité de l’horizon, de trouver un réconfort dans l’odeur familière de la pluie. » (p. 29)

 

« Je veux qu’ils [mes enfants] évoluent dans un monde rationnel, dont l’ordonnancement est pour eux source de plaisir. Mais pour autant dans un monde improbable, aux sons barbares et aux couleurs flamboyantes, où ils auront toujours une chance de tomber sur quelque chose de rare et de splendide, quelque chose qui n’est pas dans les livres. » (p. 48)

 

« Le vie éternelle, si elle existe, ne consiste pas à prolonger indéfiniment la durée de notre existence, mais sa profondeur. (…) Je veux aller le plus loin possible dans l’instant, le plonger dans une somme confuse de détails, le brandir dans l’air humide parcouru de cris. » (p.69)

 

« Ce qu’ils veulent pour leurs enfants, c’est le saumon et le cèdre jaune, la Rivière, la Crique, et une petite ville dont les maisons de bois se dressent sur pilotis au-dessus des grands bancs de poissons. Un foyer, c’est un lieu qu’on connaît par cœur parce que, comme me l’a expliqué un adolescent, quand on ouvre la porte, « il y a une rangée de bottes et d’imperméables, une pile de bois pour la cheminée, et le petit frère qui vous guette pour vous sauter dessus. » Un lieu où les ours retournent les rochers sur la plage pour manger crabes et cottidés. Où les jardins poussent dans des caisses de lait calées au-dessus de la marée – des jonquilles, des fleurs d’ail, de la rhubarbe pour les tourtes. Où les voix des femmes hèlent les enfants de l’autre côté du dock, où le vent salé porte le rire des hommes. Où les gens gagnent leur vie sans ramasser le gros lot. Un lieu où l’on est richissime quand on a de quoi vivre. » (p. 159)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- RIEN, sauf que je suis tellement fan que je me demande pourquoi les deux autres livres de l’auteure n’ont pas encore été traduits en France… Il faut absolument qu’Oliver se réveille !!!

 

Premières phrases :

 

« Dans l’océan vert aux reflets chatoyants qui borde la côte de l’Oregon, de grandes algues se tendent vers la rive à chaque marée montante et retournent vers la haute mer en tourbillonnant dès que l’eau redescend. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une année à la campagne de Sue HUBBELL

 

Petit traité de philosophie naturelle, Holdfast, Kathleen Dean Moore, Traduit de l’américain par Camille Fort-Cantoni, Gallmeister, Nature writing, 2006, 185 p., 18 euros

 

challenge nature writing

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Les éclaireurs de Antoine BELLO

Publié le par Hélène

                                                   Eclaireurs_Bello.jpg

♥ ♥

Prix France Culture Télérama 2009

 

L’auteur :

 

Antoine Bello est un écrivain et entrepreneur français. Arrière-petit neveu de Marcel Aymé, Antoine Bello publie son premier livre, un recueil de nouvelles intitulé Les Funambules, en 1996.

 

L’histoire :

 

C'est l'histoire de Sliv, agent spécial du CFR (Consortium de Falsification du Réel), qui veut comprendre pour quoi et pour qui il travaille. C'est l'histoire d'une organisation secrète internationale, qui tente d'influer sur l'histoire des hommes, et dont l'existence est brutalement remise en cause un certain 11 septembre 2001. C'est l'histoire de Youssef, tiraillé entre sa foi et son amitié ; de Maga, jeune femme moderne que son mariage précipite dans une famille d'intégristes ; de Lena, dont la rivalité professionnelle avec Sliv cache peut-être des sentiments d'une autre nature. C'est l'histoire d'une grande nation, l'Amérique, qui trahit ses valeurs quand le monde a le plus besoin d'elle. C'est, d'une certaine façon, l'histoire du siècle qui vient. (source : éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-       -    Le concept même des falsificateurs apporte des problématiques d’actualité sur la manipulation des informations, le pouvoir de la fiction, des problématiques traitées ici avec intelligence et subtilité.

 

-          - L’écriture alerte d’Antoine Bello nous emporte allègrement dans son roman.

 

-          - Le personnage de Silv est suffisamment bien brossé pour que chaque lecteur puisse se reconnaître dans cet homme qui cherche à donner un sens à sa vie.

 

-          - Un résumé détaillé des Falsificateurs en début de roman nous permet de nous situer dans le roman.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’aspect historique du roman ne m’a pas passionné : il revient sur le 11 septembre, sur la guerre en Irak, bref des évènements mille fois ressassés jusqu’à la lassitude…

 

-          Je pense qu’il serait plus pertinent de commencer par la lecture des falsificateurs pour bien saisir la personnalité de chaque personnage et le fonctionnement précis du CFR.

 

Premières phrases :

 

« Comme chaque fois que je poussais la lourde porte vitrée du cabinet Baldur, Furuset et Thorberg, je méditais brièvement sur le tour qu’avait failli prendre ma vie dix ans plus tôt, ce jour où j’avais répondu à une annonce pour un poste de chef de projet en études environnementales. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les falsificateurs

 

D'autres avis : Keisha, Dasola,  Magazine littéraire , Télérama 

 

Les éclaireurs, Antoine Bello, Gallimard,février 2009, 477 p., 21 euros

POCHE : Les éclaireurs, Antoine Bello, Folio, septembre 2010, 488 p.,6.80 euros

 

Je remercie Lise Chasteloux pour cette immersion dans un monde falsifié...

 

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Point 2

Publié le par Hélène

Le nouveau livre de poche arrive aujourd'hui :

 

Pitch :

La révolution du livre. from Marcel on Vimeo.

 

Les avantages :

 

- Avant j'avais un sac à main énorme pas très glamour.

 

Maintenant, grâce au mini-format de Point Deux (8cm sur 12cm) je vais pouvoir m'acheter celui-ci :

 

sac-cheville-copie-1.jpg

 

- Avant mes bagages ressemblaient à ça :

 

valises.jpg

 

Et à cause du poids des livres contenus dans lesdits bagages, mon avion devait prévoir ceci :

 

avion-avec-trop-valises.jpg

 

Maintenant, je vais pouvoir tout mettre dans les valises de ma fille et je n'aurai plus rien à porter...

 

fille-valise.jpg

 

- Ma maison avant ressemblait à ça :

 

bibliotheque.jpg

 

Maintenant comme Points Deux est "le plus petit livre qui soit pour vos étagères" je vais pouvoir installer un lit dans ma chambre...

 

Les inconvénients :

 

- Je pense que tant que je ressemble à ça, tout va bien :

 

jolie-ffille.jpg

 

(QUOI???)

...mais quand je serai plus proche de la charmante dame qui suit, la police (8 d'après Amanda qui a fait une étude poussée de l'objet)  et les interlignes serrés risquent de me gêner...

vieille-dame.jpg

- Avant mes finances me permettaient d'avoir une PAL comme celle de Richard :

Pile-de-livres-de-richard.jpg

Maintenant, comme chaque poche Point 2 coûte 13 euros ma PAL va se rapprocher de ça :

pile-de-livres-80x43.jpg

- Avant j'avais un choix infini de titres à disposition.

Maintenant voici le choix qui s'offre à moi :

A paraître le 14 avril : 

Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer
Tout est sous contrôle de Hugh Laurie
Ce cher Dexter de Jeff Lindsay
La Route de Cormac McCarthy
Chronique de la haine ordinaire de Pierre Desproges
Le Poète de Michael Connelly
Des Vents Contraires d'Olivier Adam
La Cinquième Femme de Henning Mankell
Le Sens du Bonheur de Krishnamurti

 

Conclusion :

 

Je pense que c'est un objet que je ne  vais pratiquer qu'occasionnellement...

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Ténèbres à midi de Théo ANANISSOH

Publié le par Hélène

                                            tenebres a midi m

♥ ♥ ♥

"Le probléme, c'est qu'ils ont peur de mourir." (p.61)

 

L’auteur :

 

théo ananissoh

 

Théo Ananissoh est un écrivain togolais. Ténèbres à midi est son troisième roman.

 

L’histoire :

 

Pour Théo, le narrateur, il s'agit d'un retour utile : mettre dans un livre les lieux et les paysages de son enfance. Une amie l'accueille, le guide, le présente aux uns et aux autres ; en particulier à Eric Bamezon, conseiller à la présidence de la République. Celui-ci le convie un soir à dîner. On s'attend à une rencontre avec un homme satisfait de sa vie et heureux de sa réussite ; on découvre, à mesure qu'avance la nuit, un être pris dans un piège aux motifs obscurs...

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ténèbres du midi nous offre une vision directe du pays, avec une lucidité rare. Le narrateur n’épargne à aucun moment sa nation, pointant ses aberrations au travers le portrait émouvant d’Eric, conseiller à la présidence errant dans sa ville comme dans sa vie, condamné malgré lui.

 

« Il n'y a pas de politique, encore moins de pouvoir politique dans le lieu dont il est question dans Ténèbres à Midi. Pour qu'il y ait politique, il faut qu'il y ait des lois entre les hommes. Les gens, là, ne se sont pas encore hissés à un tel niveau éthique et esthétique. Le propos du roman est donc l'état d'avilissement, de sordidité, induits par une telle situation. Ne nous fâchons pas ; je parle de moi et des miens. Que ceux qui sont heureux d'avoir le pays qu'ils ont, passent leur chemin. » (Africultures, entretien de Boniface Mongo-Mboussa avec Théo Ananissoh)

 

-          L’écriture est juste et plante page après page un décor mouvant, une atmosphère particulière de celle que l’on ressent lors de voyages éclairs qui permettent une acuité d’observation que ne permettent pas de plus longs séjours, happés rapidement par le pays.

 

- Ténèbres à midi cherche à tirer un signal d'alarme :

 

"Mon pays, depuis une bonne quarantaine d’années, est un lieu sans intelligence et sans aucune vertu. Je voudrais en faire le portrait pour ceux qui viendront après nous. En ce sens, oui, c’est un hommage à ce qu’il deviendra un jour quand l’esprit y prévaudra."

 

"La dignité ne réside pas dans l’aveuglement sur son propre état, mais dans la conscience qu’on a de soi." (Afrik.com, interview par Birgit Pape-Thoma)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

Premières phrases :

 

« Nadine est française ; elle a trente-sept ans. Ses longs cheveux et ses sourcils noirs lui donnent l’air d’une Orientale. Elle est née et a grandi ici. Sa famille possède des commerces et des exploitations agricoles. Sa mère a perdu la vie dans un accident d’avion il y a un an, et son père a décidé de se retirer des affaires au profit du frère aîné de Nadine. »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’iguifou, Nouvelles rwandaises de Scholastique MUKASONGA

 

D’autres avis : Hervé 

 

Ténèbres à midi, Théo ANANISSOH, Gallimard, Continents noirs, 2010, 138 p., 13.90 euros

 

Je remercie Frédérique Romain des Editions Gallimard

 

defi Afrika Choupynette

Publié dans Littérature Afrique

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Les saisons de Giacomo de Mario RIGONI STERN

Publié le par Hélène

                                    saisons de giacomo

  ♥ ♥ ♥

Quelques saisons lumineuses suspendues entre guerre et paix...

 

 L’auteur :

 

Mario Rigoni Stern est un écrivain italien d’ascendance autrichienne. En septembre 1943 il a été fait prisonnier des Allemands, mais a réussi à s’évader pou rejoindre à pied son pays natal, le plateau d’Asagio. C’est de cette expérience qu’est né son premier roman Le sergent dans la neige, en 1953.

 

L’histoire :

 

Après la Seconde Guerre mondiale, un homme retourne au hameau de la montagne vénitienne où il a passé son enfance. Si les pierres et les rues en ont été remodelées pour le transformer en un village de villégiature, les stigmates de l'horreur et le souvenir de ceux qui y vécurent sont demeurés bien vivaces.

C'est d'abord celui de Giacomo, petit gamin d'une famille pauvre qui, de l'entre-deux-guerres à la campagne de Russie, traversera toutes les vicissitudes réservées aux montagnards italiens.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’histoire de Giacomo est émouvante et représentative de cette atmosphère d’entre-deux-guerres : le narrateur évoque le manque de travail et la faim qui obligent Giacomo à passer leur temps à rechercher les reliquats de la première guerre pour revendre le cuivre des obus ou la poudre des cartouches, l’exil des pères qui tentent leur chance au-delà des frontières pour nourrir leur famille, l’école qui propose sa propre version édulcorée de l’Histoire, le fascisme qui prend de l’essor au fil des jours…

 

«  [Giacomo prend son livre d’histoire] (…)

-          « A bon droit il nous faut saluer en Benito Mussolini un des éléments décisifs de notre guerre et de notre victoire. Mais il devait aussi être le sauveur de l’Italie dans la période tourmentée qui suivit la guerre. »

La grand-mère ne parla plus. Elle pensait peut-être à son homme mort sur le Kukla, aux conditions dans lesquelles ils avaient dû se sauver en abandonnant out, à leur vie de réfugiés, à la fièvre espagnole, à l’état dans lequel ils avaient retrouvé leur terre, à son gendre émigré en France bien qu’on ait gagné la guerre ; à la façon dont, en revanche, on raconte l’histoire à l’école. » (p. 59)

 

-          Les scènes sont brèves et marquantes, comme pour mieux rendre cette atmosphère comme suspendue, entre guerre et paix…

 

-          Mais Mario Rigoni Stern nous offre surtout une vision simple et heureuse de l’enfance passée au sein d’une famille aimante :

 

« A la maison, dans son lit, par-delà la petite fenêtre qui donnait à l’est, il continuait à imaginer ce ciel que le givre sur les carreaux ne permettait pas de voir, et il lui semblait qu’il naviguait dedans comme en lisant le livre De la Terre à la Lune, avec Barbicane, Nicholl et Ardan dans la fusée en aluminium lancée par le canon Columbiad. » (P. 141)

 

- Si vous ne connaissez pas encore les livres lumineux de cet auteur, je vous conseille de le découvrir sans tarder…

 

asiago.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« J’y fais un saut, et il n’y avait personne. Silence alentour comme dans les maisons. Au loin on entendait aboyer un chien et dans le ciel croasser deux corbeaux. La neige était descendue assez bas, jusque sur le Moor. Il faisait froid, mais les cheminées ne fumaient pas. Les portes étaient toutes bien closes et les volets fermés. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Hommes, bois et abeilles

Autre : Jean GIONO

 

D’autres avis : Aifelle

 

Je remercie Elisabeth Villeneuve des Editions Robert Laffont pour cette belle immersion dans l’univers lumineux de Mario Rigoni Stern

 

Les saisons de Giacomo, Mario Rigoni Stern, traduit de l’italien par Paul Ambroise, Robert Laffont, Pavillons poche, février 2011, 231 p., 7.90 euros

 challenge voisins voisines 

Publié dans Littérature Europe

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Cinq mille kilomètres par seconde de Manuele FIOR

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 Fauve d’or du meilleur album Angoulême 2011

  

L’auteur :

 

Manuele Fior est un auteur de bandes dessinées et illustrateur italien. 

 

 L’histoire :

 

Lucia et sa mère emménage en face de chez Piero. L’adolescent tombe rapidement amoureux de sa mystérieuse voisine et aux côtés de son ami Nicola, il tente de la séduire. Plusieurs années plus tard, nous retrouvons la jeune étudiante italienne en Norvège et le jeune homme en Egypte. Leur relation s’est interrompue, mais séparés, ils n’en continuent pas moins à penser l’un à l’autre…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les ellipses temporelles jettent sur l’histoire des deux protagonistes un voile nébuleux que le lecteur lève peu à peu, au fil des pages. On retrouve Lucia et Piero à des moments-clés de leur vie, dans de courtes séquences significatives, mais leur passé reste seulement suggéré. Lucia semble particulièrement prisonnière des entrelacs du temps et des regrets qui parfois se forment au détour d’une déception.

 

-          Les aquarelles traduisent admirablement la nostalgie flottant insidieusement au-dessus des personnages.

 

5000km2.jpg

 

-          Cinq mille kilomètres par seconde est aussi le portrait d’une génération : celle de trentenaires qui se cherchent, partent à l’autre bout du monde sur un coup de tête, plutôt que d’affronter des situations complexes, induisant ainsi des choix souvent irréversibles.

 5000km3.jpg 

  

« Cela fait vingt ans que je travaille en Egypte. J’ai consacré plus de temps à cette terre et à ses habitants qu’à ma famille. Hassan me dit souvent que je devrais retourner à la maison. Je lui réponds que je me sens libre ici que je suis heureux. Vous savez ce qu’il me répond ? Que ce n’est pas une question de liberté ou de bonheur. Mais de faire le bon choix. Vivre loin de chez soi, ce n’est pas normal. Abandonner sa demeure n’est pas un bon choix. Nous ne serons jamais vraiment d’ici. Mais en partant, nous avons aussi cessé d’appartenir à l’endroit que nous avons quitté. Nous serons toujours des étrangers ici et avec le temps nous le devenons également aux yeux de ceux que nous aimons. Nous croyons être libres. En vérité nous sommes des exilés, des âmes égarées. Faites le bon choix tant que vous le pouvez encore. »

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Cet album met en scène une vision très désabusée, désenchantée de la vie et du couple.

 

Vous aimerez aussi :

 

Aya de Yopougon de Marguerite ABOUET et Clément OUBRERIE tome 1

 

Cinq mille kilomètres par seconde, Manuele Fior, traduit de l’italien par Nicolas Elmer Mathieu et Christophe Gouveia Roberto, Atrabile, janvier 2010, 19 euros

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Losers-nés de Elvin POST

Publié le par Hélène

                                             losers nés

 ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Elvin Post est un auteur hollandais. Losers-nés est son troisième roman traduit en France.

 

L’histoire :


Roméo est rangé des voitures : il a renoncé à dealer pour le compte de Sean Withers, le caïd local, et se contente désormais de vendre des livres et des revues d’occasion en compagnie de son nouveau patron, un ex-junkie nommé Vernon. De son petit bout de trottoir sur la 6e avenue, à New York, Roméo voit beaucoup de choses… Et rêve un peu, par exemple à cette ravissante jeune femme qui vient tous les jours boire un café juste en face. Il s’inquiète aussi : son grand frère, resté fidèle à Withers, s’empêtre dans ses magouilles obscures, et sa mère, femme de ménage dans des locaux industriels, est maltraitée par son patron. Roméo ne sait que faire, il semble tout juste bon à constater le désastre qui s’annonce....Withers est de plus en plus colérique, soupe-au-lait, paranoïaque et semble devenu accro à un thé étrange, une décoction de plantes ayant manifestement des effets spectaculaires sur sa libido et son humeur… Que Troy, le nouveau caïd du quartier d’à côté ait déterré la hache de guerre n’arrange rien. Les morts s’accumulent, le frère de Roméo est victime d’un coup monté, Withers s’énerve et panique, Roméo lui-même comprend qu’il doit réagir, tandis que l’inspecteur Murino s’obstine dans une enquête que son chef préférerait enterrer. (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Losers-nés est un roman plaisant dans lequel on se sent bien, qui choisit délibérément un ton léger pour aborder des sujets graves et violents, un roman sans prétentions.

 

-          J’ai aimé les personnages, le jeune Romeo qui porte très mal son nom, amoureux transi qui va vite découvrir la cruauté des femmes, Sean, caricatural mais aussi décalé avec son addiction à ce thé aphrodisiaque, les femmes de ces caïds, dindes profitant de l’argent facile sans trop chercher son origine… Ils sont stéréotypés mais ne se prennent pas au sérieux, et sont juste assez complexes pour ne pas sombrer dans la facilité.

 

-          La peinture du milieu me semble assez juste, savant mélange de violence et d’espoir pour ces jeunes qui se font enrôler très tôt dans le trafic de drogue.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Comme  l’auteur est néerlandais, je pensais que l’histoire se déroulerait aux Pays-Bas et que cela me donnerait l’occasion de découvrir l’envers d’un pays que je connais peu. J’ai donc été déçue quand j’ai compris que l’action se passait à New-York…

 

Premières phrases :

 

« Il l’avait rencontrée pour le première fois deux semaines plus tôt- l’un des premiers jours chauds de l’été. Enfin, rencontrée… elle s’était soudain trouvée là, pile devant sa table, avec un gentil sourire et dans la main deux vieux numéros de Marie Claire. »

 

D’autres avis : chez Babélio

  

Losers-nés, Elvin POST, Traduit du néerlandais par Hubert Galle, Seuil policiers, avril 2011, 304 p., 20.50 euros

 

Lu dans de le cadre du jury Babélio-Seuil policiers

jury babélio

Publié dans Roman policier Europe

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Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas JONASSON

Publié le par Hélène

                                               vieux qui ne voulait pas

♥ ♥ ♥ ♥

 « Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s’autoriser quelques caprices. »

 

L’auteur :

 

Jonas Jonasson est un écrivain et journaliste suédois. Ce roman est son premier.  

 

L’histoire :

 

Le jour de ses cent ans, alors que tous les notables de la ville l'attendent pour célébrer l'événement, Allan Karlsson s'échappe par la fenêtre de sa maison de retraite quelques minutes avant le début de la fête organisée en son honneur. Ses plus belles charentaises aux pieds, le vieillard se rend à la gare routière, où il dérobe une valise dans l'espoir qu'elle contienne une paire de chaussures. Mais le bagage recèle un bien plus précieux chargement, et voilà comment Allan se retrouve poursuivi par la police et par une bande de malfrats…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La narration est originale  et dynamique : elle oscille entre le présent d’Allan et ses aventures rocambolesques suite au recel de cette valise volée par inadvertance, et entre son passé d’artificier, jalonné de rencontres notoires et improbables.

 

-          La vivacité et la vie du vieil homme sont impressionnantes. Il a survolé l’histoire politique de plusieurs pays (sans toutefois se résoudre à adopter une idéologie) : il fut sympathisant de Franco, puis a voulu combattre le camarade Mao, a sauvé la vie de Churchill, a séjourné en Iran, et a, par mégarde, mis la formule de la bombe atomique entre les mains des Etats-Unis… Ce parcours a-typique nous permet de survoler quelques évènements majeurs de notre siècle avec le point de vue naïf d’un homme qui ne comprend pas vraiment les tenants et aboutissants de ce à quoi il participe. En effet, c’est un homme pragmatique aux idéaux très simples –et sains - :

 

 « Allan Karlsson n’attendait rien d’extraordinaire de l’existence. Il voulait un lit pour dormir, de la nourriture à volonté, de quoi s’occuper, et un bon coup  à boire de temps à autre. Si tout cela lui était acquis, il se sentait capable de supporter presque n’importe quoi. » (p. 273)

 

« Allan avait appris tout jeune à se méfier des gens qui refusent un coup à boire. Il devait avoir à peine six ans quand son père lui avait posé une main sur l’épaule et lui avait dit : «  Mon fils, méfie-toi des prêtres, et des gens qui ne boivent pas d’alcool. Les pires de tous sont les prêtres qui ne boivent pas d’alcool. » (p.161)

 

- Ses compagnons de cavale sont tout aussi fantasques que lui : Mabelle par exemple n’a pas hésité à adopter une éléphante arrivée dans son jardin par hasard, éléphante qui trouvera tout naturellement sa place dans la joyeuse bande qui se forme autour d’Allan, aimant indéniablement attirant…

 

-          C’est un roman délirant que nous offre Jonas Jonasson, un roman passionnant aux ramifications étonnantes… Un vieil homme qui gagne à être connu…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

« On se dit qu’il aurait pu se décider avant et qu’il aurait dû au moins avoir le courage de prévenir son entourage de sa décision. Mais Allan Karlsson n’avait jamais été du genre à réfléchir longtemps avant d’agir. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

 

 

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson, traduit du suédois par Caroline Berg, Presses de la cité, mars 2011, 454 p., 21 euros

 

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Le tigre blanc de Aravind ADIGA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Attention : chef d’œuvre !

 

L’auteur :

 

Aravind Adiga est un journaliste et écrivain indien. Le tigre blanc est son premier roman, il a obtenu le Man Booker Prize en 2008.

 

L’histoire :

 

Sous la forme d’une lettre à Wen Jiabao, Premier Ministre de la Chine en visite officielle en Inde à Bangalore, un homme recherché par la police déroule son histoire à la première personne du singulier.
Le tigre blanc c’est lui, Balram Halwai, l’enfant le plus intelligent du village mais d’une extraction si misérable qu’il n’a pu terminer ses études secondaires. Employé dans une de ces innombrables petites échoppes de thé qui essaiment le long des routes du pays, il doit son salut à l’un de ces nouveaux riches qui lui propose de devenir son chauffeur à Delhi.
Et tandis qu’il conduit son maître d’un centre commercial clinquant à un autre, d’un « call center » à un autre, Balram se rend compte des nouvelles immenses richesses et multiples opportunités qui l’entourent et lui rappellent qu’il ne pourra jamais faire partie de cette Inde prospère et rutilante du 21ème siècle, à moins de ... commettre un crime innommable.(Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         J’ai découvert ce roman par l’intermédiaire d’un article de Courrier International qui pointait les romans capables de nous révéler plus sûrement qu’un documentaire la réalité d’un pays.(http://www.courrierinternational.com/article/2011/03/11/ces-romans-qui-en-disent-long-sur-la-marche-du-monde) (Article relayé par Zarline, merci à elle) Coïncidence, ce même jour, une collègue s’est précipitée à mon bureau pour me dire qu’elle venait de lire un livre sensationnel, livre qui n’était autre que celui-ci et qu’en plus, elle pouvait me prêter… Je pense donc tout à fait rationnellement qu’il me fallait lire ce roman. Je ne me suis pas trompée, car j’ai découvert un véritable chef d’œuvre…

 

-         Une scène donne le ton de ce roman qui nous éclaire sur l’Inde  de façon si lucide et cruelle : un pauvre est refoulé aux portes du centre commercial car il porte des sandales et non pas des chaussures. Il s’indigne alors : «  Quoi ! Je ne suis pas un être humain, moi aussi ? » Les autres chauffeurs, pauvres eux aussi l’observent de loin : « Ce type a des couilles, commenta un des  chauffeurs. Si nous étions tous comme ça, c’est nous qui dirigerions le pays et eux qui nous cireraient les bottes. » (p.152)

 

-         Le tigre blanc décrit le quotidien de ces indiens asservis dans « la cage à poules », soumis aux riches et condamnés à rester assujettis à leur pauvreté. Ils ne peuvent pas fuir car dans ce cas les représailles envers les membres de leur famille seraient tellement atroces que « pour cela, il ne faut pas être une personne normale, mais un monstre, un dénaturé. » (p. 179) Leur avenir est tout aussi vain :

 

 « J’étais comme un âne. Tout ce que je pourrais faire, si j’avais des enfants, serait de leur apprendre à devenir des ânes comme moi, et à trimballer les gravats des riches. » (p. 194)

 

Et pourtant, celui qui se fait appeler « le tigre blanc » va tenter l’impossible…

 

-         Le récit est rétrospectif, sous forme épistolaire, sa construction est impeccable, pas à pas, le narrateur nous achemine vers sa conclusion, plus efficace que le meilleur des avocats, il nous explique ce qui l’a amené à commettre l’innommable.

 

« Une révolution indienne ?

Non, monsieur. Cela n’arrivera pas. Les habitants de ce pays attendent toujours que la guerre de libération vienne d’ailleurs : de la jungle, des montagnes, de Chine, du Pakistan. Cela n’arrivera pas. Chaque homme doit accomplir son propre pèlerinage de libération.

Le livre de ta révolution est dans tes tripes, jeune Indien. Chie-le, et lis. » (p.300)

 

- Un véritable chef d'oeuvre qui nous fait découvrir effectivement l'Inde sous une autre facette, nous entraînant bien loin des clichés de Bollywood... A lire ABSOLUMENT...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien, absolument rien…

 

Premières phrases :

 

« Monsieur le Premier Ministre,

Ni vous ni moi ne parlons anglais, cependant certaines choses ne peuvent se dire que dans cette langue.

L’ex-femme de mon ex-employeur le défunt M. ASHOK, Pinky Madam, m’a appris l’une d’elles. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire
de Vikas Swarup

 

D’autres avis : Amanda, Papillon, Kathel, Griotte

 

Merci à Martine pour le prêt.

  

Le tigre blanc, Aravind ADIGA, traduit de l’anglais par Annick LE GOYAT, Buchet-Chastel, 22 euros

Le tigre blanc, Aravind ADIGA, traduit de l’anglais par Annick LE GOYAT, 10/18, avril 2010, 318 p., 8.20 euros

 

Publié dans Littérature Asie

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Les lieux infidèles de Tana FRENCH

Publié le par Hélène

                                            lieux-infideles.jpg

 ♥

Une déception...

   

L’auteur :

 

Tana French est une romancière irlandaise. Son premier roman La mort dans les bois a connu un très grand succès.

 

L’histoire :

 

L'existence de Frank Mackey bascula par une nuit de décembre 1983. Il avait dix-neuf ans et attendait Rosie Daly au bout de sa rue, à deux pas du halo brumeux et jaune du réverbère. L'air était froid comme du verre, chargé d'un délicieux parfum de houblon brûlé venu de la brasserie Guinness. Ils avaient prévu de fuir ensemble leur quartier natal dublinois, pour vivre d'amour et de musique à Londres. Mais cette nuit-là, Frank patienta en vain. Rosie ne le rejoignit pas.

Vingt-deux ans plus tard, devenu flic spécialisé dans les missions d'infiltration, Frank vit toujours à Dublin. Il a coupé les ponts avec sa famille et n'a jamais eu de nouvelles de son premier amour. Puis un jour, sa sœur l'appelle, affolée : on a retrouvé la valise de Rosie dans un immeuble désaffecté de Faithful Place. Forcé de revenir chez les siens, Frank revisite son passé, ses blessures de jeunesse, et toutes ses certitudes : Rosie est-elle jamais partie ? (Source : Librairie Dialogues)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La description de ce quartier populaire de Dublin : ses habitants n’ont pas d’échappatoire et tous savent qu’ils finiront comme leurs parents à travailler à l’usine pour un salaire de misère, définitivement catalogués en raison de leur appartenance à ce quartier, tenté par l’oubli dans l’alcool…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Le coupable est très prévisible, ce qui est tout de même un comble pour un roman policier…Le suspense n’est que très léger.

-         Le personnage principal n’est pas crédible, sa personnalité est abordée de façon trop grossière, sans finesse. Les autres personnages sont à l’avenant, dotés d’une psychologie assez caricaturale…

 

Premières phrases :

 

« Au cours d’une vie, seuls quelques instants sont décisifs. La plupart d’entre nous les oublient aussitôt, jusqu’à ce qu’ils resurgissent sans crier gare bien des années plus tard et , avec le recul, prennent tout leur sens : celui où l’on a décidé ou non d’aborder cette fille, de ralentir dans ce virage sans visibilité, de s’arrêter pour acheter un préservatif. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Comme deux gouttes d’eau

 Autre : Sept jours à River Falls de Alexis AUBENQUE

 

D’autres avis : Pimprenelle,Isa, Cathulu, Théoma

 

Les lieux infidèles, Tana FRENCH, Traduit de l’anglais (Irlande) par François Thibaux, Calmann-Lévy, janvier 2011, 432 p., 20.90 euros

  

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Publié dans Roman policier Europe

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