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Disgrâce de J.M. COETZEE

Publié le par Hélène

disgrace

 

 

♥ ♥ ♥

 Booker Prize, 1999

Commonwealth Prize

National Book Critics Circle Award

Prix du meilleur livre étranger, 2002


L’auteur :

 

John Maxwell Coetzee est un romancier et professeur en littérature sud-africain. Il est lauréat de nombreux prix littéraires dont le prix Nobel de littérature en 2003.

 

L’histoire :

 

David Lurie, 52 ans, deux fois divorcé, enseigne à l’université du Cap. Une jeune étudiante, parmi ses nombreuses conquêtes, finit par l’accuser de harcèlement sexuel. Contraint à la démission, David se réfugie auprès de sa fille, Lucy, qui vit dans une ferme isolée. Mais les temps ont changé et sa retraite vire au drame. La bourgeoisie sud-africaine doit payer pour les crimes de l’apartheid…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         JM Coetzee peint avec subtilité le portrait d’un homme déchu, placé en statut de « disgrâce ». David Lurie n’est pas un héros classique doté de toutes les qualités requises pour que le lecteur puisse d’identifier à lui ou rêver d’atteindre sa perfection. C’est un être humain, contradictoire, borné quelquefois, intelligent souvent, lâche à l’occasion, tendre si besoin est. Comme le Lucifer de Byron, il se laisse mener par les forces obscures du désir :

 

 «  Bien ou  Mal, il fait ce qu’il a envie de faire. Il n’agit pas selon un principe, il obéit à des impulsions, et l’origine de ses impulsions lui est obscure. (…) Et Byron, en fin de compte, nous donne à penser qu’il sera impossible de l’aimer, au sens le plus profond, le plus humain du terme. Il sera condamné à la solitude. » (p. 44)

 

Il plaide coupable quand on l’accuse, s’affichant alors là où on ne l’attend pas :

 

« Nous vivons une époque de puritanisme. La vie privée des uns est l’affaire de tous. La luxure est respectable, la luxure et la sentimentalité. Ils voulaient du spectacle : que je batte ma coulpe, des remords, des larmes si possible. Un programme de télé, en somme. Je ne leur ai pas donné ce plaisir. » (p. 84)

 

Un être désespérement seul malgré ses efforts pour se rapprocher de sa fille.  

 

-         Là est la puissance des romans de JM Coetzee : savoir nous offrir une vision du monde et des humains qui n’est pas manichéenne. Ses personnages sont comme jetés, désoeuvrés, dans un monde qu’ils tentent d’habiter au mieux, dotés de qualités et de défauts profondément humains.

 

« Mais moi, je dis que tous autant que nous sommes nous regrettons ce que nous avons fait quand nous nous faisons prendre. C’est alors qu’on regrette. Mais la question n’est pas de savoir si l’on regrette. La question est de savoir ce qu’on a appris. La question est de savoir ce qu’on va faire maintenant qu’on regrette. » (p. 207)

 

- Sa réflexion sur l’Afrique du Sud, pays meurtri, est tout aussi nuancée.  Il évoque les séquelles de l’apartheid sans aucun parti pris.

 

 « Ce qu’il y a  doit circuler pour que tout un chacun ait l’occasion de connaître le bonheur le temps d’une journée. (…) c’est ainsi qu’il faut voir la vie dans ce pays : sous son aspect schématique. Sinon on pourrait devenir fou. » (p. 120)

 

-         Par touches, il laisse planer cette insécurité permanente des afrikaners condamnés à souffrir pour expier crimes du passé

 

« - C’est l’histoire qui s’exprimait à travers eux, offre-t-il enfin comme explication. Une histoire de torts longuement subis. (…)

-         Ca ne rend pas les choses plus faciles. Je reste en état de choc, je ne reprends pas le dessus, je veux dire le choc d’être objet de haine, dans l’acte même. » (P. 188)

 

-         Un grand roman qu’il faut lire pour découvrir cet auteur sud-africain hors du commun.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien.

 

Premières phrases :

 

« Pour un homme de son âge, cinquante-deux ans, divorcé, il a, lui semble-t-il, résolu la question de sa vie sexuelle de façon plutôt satisfaisante. Le jeudi après-midi il prend sa voiture pour se rendre à Green Point. A deux heures pile il appuie sur le bouton de la porte d’entrée de Windsor Mansions, il donne son nom et il entre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L’été de la vie de John Maxwell COETZEE

 Autre : Cette vie de Karel SCHOEMAN

 

 D’autres avis :

 

Lecture commune avec Zarline et Keisha

 Ys

 

Disgrâce, JM COETZEE, Traduit de l’Anglais (Afrique du sud) par Catherine Lauga du Plessis, Seuil, août 2001, 256 p., 19 euros

Disgrâce, JM COETZEE, Traduit de l’Anglais (Afrique du sud) par Catherine Lauga du Plessis, Points, octobre 2002, 274 p., 7 euros

 

defi Afrika Choupynette 

Publié dans Littérature Afrique

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Le policier qui rit de M. SJOWALL et P. WAHLOO

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Par les fondateurs du roman policier suédois...

 

Les auteurs :

 

Maj Sjöwall et Per Wahlöö sont un couple de romanciers suédois, auteurs de roman policier mettant en scène un héros récurrent : l'inspecteur Martin Beck. De 1965 à 1975 ils ont écrit une dizaine de romans mettant en scène cet inspecteur et ont fortement influencé la génération suivante d'auteurs suédois de romans policiers, dont notamment Henning Mankell.

 

L'histoire :

 

Alors que toute la police de Stockholm est mobilisée pour faire face à une manifestation contre la guerre du Viêt Nam, deux de ses membres découvrent un autobus rempli de passagers arrosés à coup de pistolet mitrailleur. Parmi les victimes se trouve un policier de la brigade criminelle : Åke Stenström.

 

Ce que j'ai aimé :

 

- L'enquête avance pas à pas, menée très minutieusement par l'équipe de Martin beck, et une à une, les interrogations se lèvent. Le mécanisme de l'investigation est parfaitement rôdé.

 

- L'une des originalités des auteurs tient dans l'importance accordée à la vie domestique des enquêteurs : nous les retrouvons chez eux, après leur travail, aux prises avec les difficultés inhérentes à toutes les familles.

 

- La peinture de la société suédoise de l'époque est assez sombre, comme le souligne Jonathan Franzen dans la préface :

 

"La peinture négative de la Suède d'après-guerre, thème commun aux dix ouvrages, atteint son paroxysme dans Le policier qui rit. On n'échappe pas plus à l'atrocité de l'hiver suédois qu'au sensationnalisme des journalistes locaux, au racisme et à la rapacité des propriétaires qu'à l'arrivisme des cadres de la police, à la décadence de la haute société qu'aux persécutions gratuites contre les manifestants anti-guerre, à l'abondance de mégots dans les cendriers qu'aux scènes de sexe sordides à la suédoise ou à l'ambiance cauchemardesque des rues à lapproche de Noël."

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

- Le rythme est très lent,  lancinant, un peu comme dans les romans de Simenon. Ce sont davantage des romans d'atmosphère que des enquêtes policières pures.

 

- Le roman regorge de personnages aux noms suédois (évidemment me direz-vous) difficiles à retenir et à diférencier.

 

Premières phrases :

 

"C'était le 13 novembre. Ce soir-là, il pleuvait à verse que Stockholm. martin beck et Kollberg étaient plongés dans une partie d'échecs. Ils étaient chez ce dernier, qui habitait un appartement de la banlieue sud, pas bien loin de la station de métro Skärmarbrink. les derniers jours avaient été plutôt calmes et les deux hommes n'étaient pas de service."

 

Vous aimerez aussi :

 

Des mêmes auteurs : Roseanna

 

Le policier qui rit, M. Sjöwall et P. Wahlöö, Traduit de l'anglais par Michel DEUTSCH,22 euros

POCHE : Le policier qui rit, M. Sjöwall et P. Wahlöö, Traduit de l'anglais par Michel DEUTSCH, Rivages noir, 8 euros

challenge voisins voisines

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La bicyclette rouge tome 1 Yahuwari de Kim DONG HWA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Kim Dong Hwa est un auteur de manhwa coréen. Célèbre dans son pays, ses premières oeuvres traduites sont arrivées récemment en France.

 

L’histoire :

 

Isolés dans la campagne coréenne, les habitants du petit village de Yahwari vivent paisiblement, chaque journée apportant son lot de peine... et de courrier !

Cette série suit le facteur local dans sa tournée quotidienne. Véritable pont entre le Monde et le village, celui-ci est l'ami de tous. Chacune des histoires courtes qui composent cette série rend compte des rapports entre le facteur et les villageois, du poète qui laisse chaque jour un poème dans sa boite aux lettres, au paysan qui surprend notre ami facteur en train de planter des fleurs au bord de la rivière...

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai beaucoup apprécié le charme de cette petite BD. Le rythme est lent, en harmonie avec la vie de ce facteur si souriant, toujours heureux et prêt à égayer la vie des habitants du village. Il les écoute, leur fait un signe de la main, leur apporte des fleurs quand ils n’ont pas de courrier, les conseille… Il ne se passe rien de particulier, simplement la vie qui file entre les heures et dont la substance se laisse à peine saisir. Et pourtant, ici, nous la sentons qui palpite, l’auteur réussit à capter quelques flagrances au travers de scènes simples et lumineuses.

 

«  Qu’est-ce que vous faites là ? Vous ne travaillez pas aujourd’hui ?

-          Je sème des fleurs. J’ai pensé que ça serait bien qu’il y ait des fleurs près du pont. Plus tard, ces fleurs me diront bonjour. Aujourd’hui une première pousse est sortie. La prochaine fois que je la verrai, elle aura grandi de deux pouces. Et un papillon  viendra jouer avec elle. La nuit, elle discutera d’astronomie avec une étoile. (…) A l’automne, elles donneront de jolies fleurs rouges, et elles m’enverront une lettre timbrée de parfum. En me remerciant de les avoir invitées dans un monde si beau. » (p. 34)

 

-          Les dessins simples et colorés s’accordent bien à l’histoire.

 

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Vous aimerez aussi : L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI

 

D’autres avis : Cathe, Laure, Hérisson, Papillon

 

La bicyclette rouge, tome 1 Yahuwari, Kim DONG HWA, Paquet, septembre 2005, 13 euros

 

Merci à Keisha qui m'a conseillé cette belle lecture...

Publié dans Manga - Manhwa

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True Grit de Charles PORTIS

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Charles Portis est un auteur américain connu surtout pour son premier roman Norwood (1966) et son roman western True Grit (1968), adaptés tous deux au cinéma (True Grit est adapté au cinéma d'abord par Henry Hathaway : Cent dollars pour un shérif en 1969, puis par les frères Coen : True Grit en 2010).

 

L’histoire :

 

Une adolescente très têtue venge la mort de son père. Elle se fait aider d'un marshal borgne et d'un texas ranger assoiffé d'argent.
 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La jeune  Mattie Ross est un personnage surprenant : bien décidée à venger elle-même la mort de son père, elle fera tout pour accompagner les hommes qu’elle a recrutés, malgré leurs réticences. Petit à petit elle réussira à gagner leur confiance et à forcer leur admiration. C’est une femme de l’ouest, rompue à la violence et à la mort, une femme forte digne héroïne de ce western mené tambour battant.

 

-         L’autre intérêt non négligeable de ce roman tient bien sûr en la personne des cow-boys, personnages troubles, bourrus, peu sympathiques au premier abord, mais qui se révèleront être finalement des hommes au grand cœur ... LaBoeuf court après la prime que la capture de Tom Chaney lui permettrait de gagner, et Rooster Cogburn est un marshall bien décidé à faire régner la justice, quelques soient ses méthodes…

 

-         La traque de ces trois personnages hors du commun va les mener sur les territoires indiens, au cœur d’un rude hiver.  

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Je n’ai pas été emportée comme à la lecture de Lonesome Dove, j’ai été gênée par la froideur du style. L’histoire est contée de façon brute, sans fioritures, et il m’a manqué un élan lyrique ou psychologique…

 

Premières phrases :

 

« Les gens ne croient pas qu’une fille de quatorze ans puisse quitter sa maison pour aller venger la  mort de son père en plein hiver. Cela ne semblait pas si étrange, alors, mais j’admets que cela n’arrivait pas tous les jours. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

 

Keisha, Sylire, Folfaerie 

 

True Grit, Charles PORTIS, Traduit de l’anglais (EU) par Thierry Beauchamp, Le

serpent à plumes, janvier 2011, 216 p., 19 euros

 

Merci à Keisha qui a fort bien compris mon addiction aux cow-boys…

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Le mardi c'est permis

Publié le par Hélène

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Sous l’égide de Stéphie de Mille et une pages , le premier mardi de chaque mois nous consacrerons  un article à une lecture "inavouable". J’en profiterai pour me lancer dans des domaines inconnus (hum…) tels que la chick-lit, les romans érotiques, les best-sellers dont je dis pourtant qu’ils ne passeront pas par moi, bref toute lecture qui sort des sentiers battus sur ce blog…

 

sexe diamants

 

J’ai commencé par Sexe, diamants et plus si affinités de Lauren WEISBERGER, selon Juliette, qui semble être spécialiste ès sexe, diamants  chick lit, ce n’était pas le meilleur de l’auteure. C’était en tous cas mon premier pas dans le genre et je dois dire que ce fut plutôt divertissant.

 

Soit trois femmes belles, sexys, qui aiment les endroits tendances de Manhattan. L’une est une « bomba latina » frivole et volage, bien résolue à ne s’attacher à aucun homme pour ne pas risquer de passer à côté d’un bel étalon sous prétexte qu’elle est mariée, l’autre est une future jeune mariée bizarrement peu enthousiaste et la dernière , Emmy, vient de se faire larguer par son petit ami. Un soir de désarroi, elles se lancent un défi : s’extraire de leur image pour épouser celle de l’autre : ainsi Adriana s’engage à assumer une relation monogame, quand Emmy décide de tester le libertinage.

 

La frivolité est bien sûr de mise :

 

« La robe était en effet très belle – comme si elle était capable de penser, la soie savait quelle courbe épouser étroitement, quelle autre draper gracieusement – mais il va sans dire que même attifée dans une nappe à carreaux, Adriana aurait été superbe. » (p. 54)

 

Ce sont des femmes pour qui tout est facile : séduire un homme, quitter un travail, trouver un travail, briller en société, gérer les crises familiales… Elles nous emportent dans un univers édulcoré, cotonneux, confortable, tout en nous apprenant –ou apprenant pour ma part (quoi, c’est la base non ? ne pas se dévaloriser…)-  les bases  de la séduction :

 

« Un homme ne se désintéresse pas de vous une fois qu’il a couché avec vous, reprit-elle. Ca, c’est un mythe. En fait, ce devrait même être le contraire : si vous faites bien votre boulot, ça lui donnera envie d’en avoir davantage. Tout réside dans l’équilibre à trouver entre le mystère, l’indisponibilité, et le défi en se montrant sensuelle, séduisante, mystérieuse. Ils doivent bosser pour vous obtenir – et pas juste la première fois, mais encore et encore et encore – et là, ils vous aiment à jamais. » (p. 306)

 

Ce qui est appréciable dans ce genre de lecture, est que l’on sait à quoi s’attendre et aucune déception ne germe donc à la lecture. Vous voulez du léger, de la superficialité, de la sentimentalité, vous serez servis... Par contre pour le sexe, attendez le mois prochain que je teste un roman érotique car dans celui-ci, malheureusement, point de scène sulfureuse.

 

Quoi qu'il en soit, détail non négligeable, la conclusion est parfaite pour les femmes de 30 ans : nous sommes des expertes messieurs, rien à voir avec les jeunettes de 20 ans inexpérimentées, qu’on se le dise !! YeahHH baby !!!

 

 

Sexe, diamants et plus si affinités…, Lauren WEISBERGER, Traduit de l’américain par Christine Barbaste, Fleuve Noir, Pocket, 2009, 439 p., 7.95 euros

Publié dans Chick-lit

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Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Haruki MURAKAMI

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

 « Se consumer au mieux à l’intérieur de ses limites individuelles, voilà le principe fondamental de la course, et c’est aussi une métaphore de la vie –et, pour moi, une métaphore de l’écriture. » (p. 106)

 

L’auteur :

 

Haruki Murakami est un écrivain japonais. Il dirige un club de jazz, avant d'enseigner à Princeton durant quatre années. Son premier livre - non traduit - Ecoute le chant du vent, en 1979, lui vaut le prix Gunzo. Expatrié en Grèce, en Italie puis aux Etats-Unis, il rédige Chroniques de l'oiseau à ressort' en 2001 et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil en 2002. Suite au séisme de Kobe et à l'attentat de Tokyo en 1995, il décide de revenir s'installer au Japon. Il y écrit un recueil de nouvelles Après le tremblement de terre, puis Les Amants du Spoutnik en 2003. Son roman initiatique Kafka sur le rivage, sorti en 2006, l'inscrit définitivement parmi les grands de la littérature internationale. L'oeuvre d'Haruki Murakami oscille entre la pensée bouddhiste qui voit des répercussions à nos actions sur une échelle plus large et la chronique sociale dans un cadre fantastique.

 

L’histoire :

 

Le 1er avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S'impose alors la nécessité d'une discipline et de la pratique intensive de la course à pied.
Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises d'un romancier. La course à pied lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance. Courir devient une métaphore de son travail d'écrivain.

Courir est aussi un moyen de mieux se connaître, de découvrir sa véritable nature. On se met à l'épreuve de la douleur, on surmonte la souffrance. Corps et esprit sont intrinsèquement liés.

Murakami court. Dix kilomètres par jour, six jours par semaine, un marathon par an. Il court en écoutant du rock, pour faire le vide, sans penser à la ligne d'arrivée. Comme la vie, la course ne tire pas son sens de la fin inéluctable qui lui est fixée…

 

Ce que j’ai aimé :

 

Haruki Murakami réussit le tour de force de convaincre en quelques mots le plus réticent des non-sportifs des bienfaits de la course à pied. Décrivant ceux qui aiment courir comme des personnes souhaitant  vivre leur vie « le plus pleinement possible » (p.105), il permet au plus commun des mortels de rejoindre une communauté qui semblait jusqu’ici fermée à ceux qui ne pratiquent pas ou très peu de sport… Il décrit très adroitement les processus psychiques, psychologiques qui régissent l’esprit durant l’épreuve, la tension omniprésente durant la course, l’effort constant nécessaire, les limites si prégnantes, puis le relâchement, le soulagement libérateur :

 

« A peu près à ce moment-là est née et a grossi en moi une nouvelle impression. Quelque chose que je décrirais ainsi : « J’ai accepté un défi risqué et j’ai trouvé en moi la force de m’y confronter. » Un bonheur personnel, mêlé de soulagement. Le soulagement plus fort sans doute que le bonheur. Comme si un nœud serré très fort, à l’intérieur de moi, se relâchait, peu à peu, un nœud dont je n’avais pas su, jusqu’alors, qu’il se trouvait là, en moi. » (p. 146)

 

 

-          Filant sa métaphore qui consiste à comparer la course à pied et l’écriture, il crée un parallèle lumineux entre les deux activités :

 

 « Pour moi, écrire des romans est fondamentalement un travail physique. L’écriture en soi est peut-être un travail mental. Mais mettre en forme un livre entier, le terminer, ressemble plus au travail manuel, physique. (…) Le processus tout entier –s’asseoir à sa table, focaliser son esprit à la manière d’un rayon laser, imaginer quelque chose qui surgisse d’un horizon vide, créer une histoire, choisir des mots justes, l’un après l’autre, conserver le flux de l’histoire sur les bons rails -, tout cela exige beaucoup plus d’énergie, durant une longue période, que la majorité des gens ne l’imaginent. » (p. 101)

 

« En ce qui me concerne, la plupart des techniques dont je me sers comme romancier proviennent de ce que j’ai appris en courant chaque matin. Tout naturellement, il s’agit de choses pratiques, physiques. Jusqu’où puis-je me pousser ? Jusqu’à quel point est-il bon de s’accorder du repos et à partir de quand ce repos devient –il trop important ? Jusqu’où une chose reste-t-elle pertinente et cohérente et à partir d’où devient-elle étriquée, bornée ? Jusqu’à quel degré dois-je prendre conscience du monde extérieur et jusqu’à quel degré est-il bon que je me concentre profondément sur mon monde intérieur ? Jusqu’à quel point dois-je être confiant en mes capacités ou douter de moi-même ? Je suis sûr que lorsque je suis devenu romancier, si je n’avais pas décidé de courir de longues distances, les livres que j’ai écrits auraient été extrêmement différents. » (p. 105)

 

-          C’est une profonde et belle réflexion sur la vie, sur sa vie que nous offre Haruki Murakami dans ce texte court très accessible à découvrir sans tarder.

 

« Rien dans le monde réel n’est aussi beau que les illusions d’un homme sur le point de perdre conscience. » (p. 86)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien, ce titre m’a donné envie de découvrir d’autres romans de cet auteur…

 

Premières phrases :

 

« Un aphorisme prétend qu’un vrai gentleman ne dit pas un mot des femmes avec qui il a rompu ou des impôts qu’il doit payer. Faux, archifaux ! Parce que moi, désolé, je ne suis pas comme ça. Il faudrait en tout cas ajouter une condition pour qu’il y ait un peu de vérité dans cette phrase : « Ne racontez à personne ce que vous faites pour rester en bonne santé. » J’ai le sentiment qu’un homme de qualité ne devrait pas se répandre en public sur les moyens qu’il utilise pour se maintenir en forme. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le temps qui va, le temps qui vient de Hiromi KAWAKAMI

 

D’autres avis :

 

Blogs : Fred, Yueyin, Mango

Presse : Télérama

 

 

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki MURAKAMI, traduit du japonais par Hélène Morita, Belfond, avril 2009, 180 p., 19.50 euros

 POCHE : Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki MURAKAMI, traduit du japonais par Hélène Morita, 10/18, février 2011, 220 p., 7.40 euros

 

Merci à Marie-Laure PASCAUD des Editions 10/18 pour m'avoir permis de découvrir cet auteur.

Publié dans Littérature Asie

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Le signal de Ron CARLSON

Publié le par Hélène

 

♥ ♥

 

 

L’auteur :

 

Ron Carlson RON CARLSON est né en 1947, en Utah. Il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de quatre romans qui ont reçu de nombreuses distinctions aux États-Unis. Il enseigne la littérature à l'Université de Californie, à Irvine, et vit à Huntington Beach. Le Signal, publié en 2009 aux États-Unis est son dernier roman.

 

L’histoire :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai beaucoup apprécié la première partie du roman consacrée à la randonnée des deux protagonistes dans un décor à couper le souffle. Le récit est émaillé d’allusions au passé de Mack qui, subtilement, évoquent les raisons qui l’ont mené à divorcer et à accepter cette mission aléatoire commanditée par les hommes louches. Ses relations avec son père et avec la belle Vonnie qui n'appartient pas à son milieu sont appréhendées par touches successives qui forment au final un portrait vivant et émouvant de cet homme.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais, et c’est là à mon avis où le bas blesse, j’ai trouvé factice la façon dont tout à coup le récit tourne au cauchemar, comme s’il fallait à tout prix une pseudo-intrigue policière pour agrémenter le récit. La course poursuite m’a ennuyée, et j’ai regretté que tout le roman ne soit pas à l’aune des premières pages…

 

Premières phrases :

 

« Il enchaîna les grandes boucles que dessinait la piste à travers la haute forêt de trembles, puis traversa la vaste prairie jusqu’à la lisière des pins, au point de départ du sentier de Cold Creek, et gara le vieux pick-up Chevrolet bleu de son père à côté de la pancarte déglinguée, dans la douce lumière crépusculaire de septembre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La rivière de sang de Jim TENUTO  

 

D’autres avis (nombreux) :

 

Juliette, Cuné, Brize, Aifelle, Keisha, La ruelle bleue, Midola, Cathulu , Clara

 

Le signal, Ron Carlson, Traduit de l’américain par Sophie Aslanides, Gallmeister, Nature Writing, 2011, 222 p., 22 euros

 

challenge nature writing

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Au cœur du cœur d’Andrée CHEDID

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

 « Oser encore recourir à l’espoir

Oser encore

 

Porter l’instant et le rendre à lui-même

Répondre quel qu’il soit

Au baiser de la terre,

Vouloir ce Plus loin dont on ne sait le nom. » (p. 39)

 

L’auteur :

 

Andrée Chédid est une femme de lettres et poétesse française d'origine libanaise décédée en février dernier. Elle est la mère du chanteur Louis Chedid, de la peintre Michèle Chedid-Koltz et la grand-mère du chanteur Matthieu Chedid.

 

L’histoire :

 

Figure de proue de la poésie et du métissage culturel, Andrée Chedid fait l'objet d'un hommage lors de l'édition 2010 du Printemps des poètes. L'occasion rêvée de redécouvrir l'oeuvre d'un auteur prolifique avec des textes qui s'étalent de 1949 à nos jours.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          En transparence, derrière les mots lumineux de ses poèmes, se dessinent le portrait d’une femme admirable, attentive aux autres, débordante d’amour, de rebellion  contre ceux qui dérangent le monde, une femme intelligente qui distille par ses écrits l’espoir.

 

« La peine est de ce monde, ô mes amis que j’aime,

Mais chaque fleur d’orage porte la graine de demain. » (p. 33)

 

 « Elisons encore la vie

Au sommet du jour blessé. » (p. 40)

 

  -          Elle place la poésie au cœur du monde, la rendant accessible à tout un chacun, puisque pour elle, il s’agit seulement de regarder et d’aimer le monde.

« Vivre en poésie, ce n’est pas renoncer ; c’est se garder à la lisière de l’apparent et du réel, sachant qu’on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire. » (p. 26)

 

«  La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu’on ne pense de la vie, qui est toujours en deçà de l’instant qui frappe. » (p. 27)

 

«  Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui –sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à la vois d’un ami. » (p. 27)

 

«  Ce qui nous dépasse, et dont nous portons le grain aussi certainement que nous portons notre corps, cela s’appelle : Poésie. » (p. 28)

 

-          Elle questionne la vie humaine et nous offre une formidable leçon d’humanité.

 

« La poésie chez Andrée est une philosophie de l’existence, elle fonde une éthique de la fraternité : lien universel et éternel entre les hommes, elle nous invite à sortir de notre étroite peau » pour que l’intimité de chacun s’ouvre à la résonance du monde et que nous donnions sens à l’aventure humaine par la partage. » (Préface)

 

-          Savourons les poèmes de cette grande dame en écoutant son mot d’ordre :

 

« Sacre l’éphémère. » (p. 49)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court.

 

 

Au cœur du cœur, poèmes choisis et préfacés par Matthieu CHEDID et Jean-Pierre SIMEON, Andrée CHEDID, Librio poésie, 94 p., 3 euros

 

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Publié dans Poésie étrangère

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Le sang des pierres de Johan THEORIN

Publié le par Hélène

SangDesPierres

 

 

♥ ♥

  Un roman policier peuplé d'elfes et de trolls...

 

 

L’auteur :

 

Johan Théorin est un écrivain suédois dont le roman L’heure trouble a reçu le prix du meilleur roman policier suédois.

 

L’histoire :

 

À la fonte des neiges, les gens du continent réinvestissent l’île. Peter Mörner s’est installé dans une vieille maison dont il a hérité pour trouver la paix, loin de son père. De sa villa flambant neuve, Vendela Larsson regarde cette lande dont elle connaît tous les secrets. Quant à Gerloff, vieux loup de mer de 85 ans, il a voulu revoir, peut-être pour la dernière fois, le soleil de son enfance… Mais pour eux, le printemps ne sera pas comme les autres. La mort rôde en cette nuit de Walpurgis qui célèbre traditionnellement la fin de l’hiver, et les drames du passé, dont témoigne la couleur rouge sang de la falaise entre la carrière et la lande, resurgissent…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère envoutante est la clé de voûte de ce roman placé sous l’égide des  légendes  de l’île d’Oland en Suède. Elfes et farfadets hantent les lieux et certains des personnages élevés sur cette île du bout du monde à l’atmosphère nébuleuse propice au surnaturel. Vendela reste fascinée par ces Elfes et ces Trolls auxquels elle attribue des pouvoirs fascinants. Elle leur offre des bijoux tout en formulant des vœux qu’elle espère voir exaucer.

 

-          Le personnage de cette femme perdue dans la lande est celui qui m’a semblé le plus intéressant. C’est une femme tourmentée, habitée aussi sans doute, mais une femme qui se veut libre, loin de son mari Max, un être lunatique et égocentrique. Les autres personnages sont aussi bien campés, mais ils ont toutefois moins de consistance à mes yeux.

 

-          Le rythme de ce roman est très lent, il agit comme un conte davantage que comme un thriller palpitant. Il berce le lecteur en l’invitant sur cette île mystérieuse et pourtant comme familière.

 

« Le soleil de mai fait disparaître Trolls et Elfes, songea-t-il. Ils se volatilisent comme des bulles de savon. Ne restent que les hommes, un court instant. Nous sommes un chant bref sous le ciel, un rire dans le vent qui s’achève en soupir. Puis nous disparaissons à notre tour. » (p. 426)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- L’intrigue policière aurait peut-être mérité d’être un peu plus captivante

 

Premières phrases :

 

« La main gauche grièvement brûlée, des côtes cassées, le regard humide et flou, Peter Mörmer était pourtant encore bien conscient. Il sentait l’essence qu’on versait sur lui, si tiède. Dans l’air froid du soir, le liquide semblait presque chaud, il coulait sur ses cheveux, brûlait les plaies sanglantes de son visage. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L’heure trouble de Johan THEORIN

Autre : Ultimes rituels de Yrsa SIGURDARDOTTIR

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio. Marie, La Ruelle Bleue 

  

Le sang des pierres, Johan THEORIN, Traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Albin Michel, mars 2011, 425 p., 20 euros

 

Merci à Carol Menville des Editions Albin Michel pour cette rencontre avec les Elfes…

 

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Le livre de ma mère de Albert COHEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 « Ce que je sais c’est que ma mère était un génie de l’amour. Comme la tienne, toi qui me lis. » (p. 102)

« Eh bien, moi, je t’envoie, les yeux ennoblis par toi, je t’envoie à travers les espaces et les silences, ce même acte de foi, et je te dis gravement : ma Maman. » ( p. 106)

 

L’auteur :

 

Albert Cohen, écrivain suisse d'origine juive, est né en 1895 à Corfou et décédé en 1981 à Genève. Il publia Le livre de ma mère en 1954. Pendant sa carrière d'écrivain, il publia également Solal (1930), Mangeclous (1938); en 1968, le grand prix du roman de l'Académie française lui est décerné pour Belle du Seigneur.

 

L’histoire :

 

 Albert Cohen se dévoile à nous peu après la mort de sa mère, en mettant à nu ses sentiments et ses regrets. Il livre des détails qui lui viennent en mémoire ou des moments-clés de la vie de celle qui lui était si chère.

Le livre de ma mère reste une oeuvre majeure des écrits de l'écrivain. Plus qu'une autobiographie, c'est le portrait d'une mère qui atteint une portée universelle.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le magnifique hommage rendu à sa mère et aux mères en général. C’est un roman émouvant que chaque enfant aurait aimé écrire pour sa propre mère. Un roman que vous devez lire…

 

« Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d'amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu. »(p. 171)

 

 « Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n’aurai pas écrit en vain, si l’un de vous, après avoir lu mon chant de mort est plus doux avec sa mère, un soir, à cause de moi et de ma mère. Soyez doux chaque jour avec votre mère. Aimez-la mieux que je n’ai su aimer ma mère. Que chaque jour vous lui apportiez une joie, c’est ce que je vous dis du droit de mon regret, gravement du haut de mon deuil. Ces paroles que je vous adresse, fils des mères encore vivantes, sont les seules condoléances qu’à moi-même je puisse m’offrir. Pendant qu’il est temps, fils, pendant qu’elle est encore là. Hâtez-vous, car bientôt l’immobilité sera sur sa face imperceptiblement souriante virginalement ». (p. 169)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. Ce n’est pas une raison pour ne pas se consoler, ce soir, dans les bruits finissants de la rue, se consoler, ce soir, avec des mots. Oh, le pauvre perdu qui, devant sa table, se console avec des mots, devant sa table et le téléphone décroché, car il a peur du dehors, et le soir, si le téléphone est décroché, il se sent tout roi et défendu contre les méchants du dehors, si vite méchants, méchants pour rien. »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’âge d’homme de Michel LEIRIS

 

Le livre de ma mère, Albert COHEN, Gallimard, avril 1954, 221 p., 19.50 euros

POCHE : Le livre de ma mère, Albert COHEN, Folio, janvier 2007, 175 p., 4.60 euros

 

Théoma l'a également lu et apprécié.

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