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Itinéraire d’enfance de DUONG THU HUONG

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ 

 « L’homme doit lutter et gagner. » (p. 338)

  

L’auteur :

 

Née en 1947 au Viêtnam, Duong Thu Huong, pour avoir défendu ses convictions démocratiques, a été emprisonnée en 1991. Elle a vécu en résidence surveillée dans son pays jusqu'en janvier 2006, date de son arrivée à Paris pour la sortie de Terre des oublis (Sabine Wespieser éditeur), dont le succès l'a incitée à rester en France pour se consacrer à l'écriture.

 

L’histoire :

 

Bê a douze ans, sa vie dans le bourg de Rêu s'organise entre sa mère, ses amis, ses voisins et ses professeurs. Son père, soldat, est en garnison à la frontière nord. Mais parce que son caractère est déjà bien trempé et qu'elle ne supporte pas l'injustice, elle prend la défense d'une de ses camarades abusée par un professeur, et se voit brutalement exclue de l'école. Révoltée, elle s'enfuit de chez elle, avec sa meilleure amie, pour rejoindre son père. Commence alors un étonnant périple : les deux adolescentes, livrées à elles-mêmes, sans un sou en poche, voyagent en train, à pied ou en autobus, à travers les montagnes du nord, peuplées par les minorités ethniques. Elles finiront par arriver à destination, après des aventures palpitantes et souvent cocasses : Bê la meneuse, non contente d'avoir travaillé dans une auberge avec son amie, tué le cochon, participé à la chasse au tigre, va également confondre un sorcier charlatan et jouer les infirmières de fortune. Au fil des mois et des rencontres, l'adolescente grandit, mûrit, et fait l'apprentissage de la liberté. Duong Thu Huong avoue avoir donné beaucoup d'elle-même à son héroïne...

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Itinéraire d’enfance rend hommage à la fraîcheur de l’enfance entre désobéissance, rencontres marquantes,  aventures (dont la mythique chasse au tigre) mais aussi injustices et maltraitances.

 

-          La jeune Bê est une enfant optimiste, qui respire la joie de vivre et ses aventures lui ressemblent, même si elle ne  nous épargne pas la pauvreté de ces familles  car « Là où règne l’ignorance, règne aussi la misère. » (p.317) Elle va faire son apprentissage de la vie au fil de ses rencontres et expériences :

 

« Elle m’a fait comprendre que chaque être humain était un mystère dont on parvient rarement à lever le voile et qu’on n’a souvent pas assez de toute une vie pour saisir un seul aspect de la personnalité de quelqu’un. » (p. 232)

 

« Vivre, c’est surmonter les malheurs, la souffrance et l’injustice pour atteindre l’objectif qu’on s’est fixé. » (p. 343)

 

-          C’est un roman facile à lire, agrémenté de petits contes, de croyances populaires, légendes et superstitions…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Peut-être un peu trop léger 

 

Premières phrases :

 

« J’ai douze ans. Nous habitons le petit bourg de Rêu, ma mère et moi. On y trouve encore un quartier de maisons anciennes, toutes construites sur le même modèle : un bâtiment central soutenu par des colonnes de bois noir poli, quelques arbres fruitiers dans la cour et un grand jardin entouré d’un muret souvent envahi d’une mousse verte. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Terre des oublis

Autre : Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

 

D’autres avis :

 

Stéphie, Schlabaya

 

Itinéraire d’enfance, Duong Thu Huong, roman traduit du vietnamien par Phuong Dang Tran, Sabine Wespieser, 24 euros

 

POCHE : Itinéraire d’enfance, Duong Thu Huong, roman traduit du vietnamien par Phuong Dang Tran, Le livre de poche, 346 p., 6.50 euros

Publié dans Littérature Asie

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Le jardin de Bertina HENRICHS

Publié le par Hélène

jardin

 

L’auteur :

Bertina Henrichs a publié La Joueuse d’échecs (Liana Levi, 2005), qui a rencontré un succès international et a été adapté au cinéma, et That’s All Right, Mama (Panama, 2008), également vendu dans plusieurs pays.

 

L’histoire :

Ultime bout de l’Europe. Au bord de l’Atlantique, durant un printemps maussade, Marthe prépare son jardin. Sa vie est devenue trop tranquille. Depuis la mort de son mari, Paul, les sollicitations se font rares, jusqu’à ce que s’introduise, dans sa boîte aux lettres, un prospectus qui chamboulera tout.

Le Jardin est l’histoire d’une opportune catastrophe.

 

Ce que j’ai aimé :

-          Les descriptions de la Bretagne et de la relation à la nature sont quelquefois magnifiques, et quelques autres passages valent le détour :

 

« Marthe avait soixante-cinq ans ; pourtant, elle essayait toujours de capturer de minuscules filets de temps, des tempuscules en quelque sorte. Observer cette mince frontière entre le non-existant et le déjà-certitude. Cette membrane fragile qui sépare le quotidien rassurant et répétitif de l’accidentel. Ce tout petit fragment de possibles, d’éventuelle tournure surprenante. Cette brèche presque imperceptible dans laquelle l’aventure aurait pu s’engouffrer. » (p. 12)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je n’ai pas saisi l’intérêt de cette histoire immobilière : un prometteur veut installer un parc d’attractions à proximité de l’allée où vit Marthe, si bien que un groupe va se lever pour aller à l’encontre de ce projet.  L’intrigue se résume à cela, s’enferre dans les détails, ne faisant qu’effleurer la relation qui s’instaure entre Marthe et Hans.

 

-          Cette relation est d’ailleurs très caricaturale : ils ne s’aiment pas au premier abord, (on se croirait presque chez Harlequin…) (oui, depuis mardi dernier, je suis devenue une pro des Harlequins...) en raison d’a priori  qui volent évidemment rapidement en éclats.

 

Une déception...

 

Premières phrases :

 

« Terre de départ, terre d’accueil. Ultime bout  de l’Europe. La Bretagne semble avoir calqué sa rugosité sur celle de l’Océan. A force de se côtoyer depuis toujours, ils se ressemblent. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La joueuse d’échecs de Bertina HENRICHS

Autre : Photo de groupe au bord du fleuve de Emmanuel DONGALA

 

 

D'autres avis :

 

 

Stephie

 

Le jardin, Bertina HENRICHS, Le cherche Midi, 2011, 254 p., 17 euros

 

 challenge 1% littéraire

 

 challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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J’aurais voulu être ethnologue de Margaux MOTIN

Publié le par Hélène

                                          j-aurais-voulu-etre-thnologue.jpg

 

L’auteur :

Margaux Motin est une illustratrice française. Elle est connue, entre autres, pour son blog Margaux Motin, où elle expose avec humour des anecdotes de sa vie de trentenaire. Elle a une soeur, Marion Motin, qui est danseuse.

 

L’histoire :

Le quotidien d’une jeune illustratrice : sa petite fille, son mari, ses copines, sa mère, ses achats compulsifs… La vie quoi !

 

Ce que j’ai aimé :

-          Cet album est plutôt drôle, les scènes sont bien vues :

 

"J'aurais adoré être ethnologue ... j'aurais étudié la symbolique de la chaussure à talon chez les pygmées, observé les fréquences d'épilation des femmes en Amazonie, établi une typologie du bébé morue dans les sociétés inuit, j'aurais même probablement appris à construire une pirogue avec une bretelle de soutif et une tong, et pris des cuites à l'alcool de manioc. La vie aurait été une course folle, une nuit d'ivresse interminable, un vaste champ de possibles! Mais je suis une grosse feignasse, je vomis quand je suis soûle et j'ai peur des quêpes. Et puis, de toute façon, tout ce que je sais faire, c'est dessiner..." (4ème de couverture)

 

margaux-motin-1.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien de nouveau sous le soleil, de nombreuses caricatures : les hommes regardent le foot, pendant que les filles font les boutiques, se font les ongles, s’épilent le maillot, et les enfants eux ne sont là que pour pleurer et nous réveiller la nuit :

 

margaux-motin-2.jpg

 

D’autres avis :

Sophie

 

Vous aimerez aussi :

Le blog de Margaux Motin

 

J’aurais voulu être ethnologue, Margaux MOTIN, Hachette, Marabout, 2009, 12.90 euros

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Deux jeunes artistes au chômage de Cyrille MARTINEZ

Publié le par Hélène

                                         deux artistes au chomage

♥ ♥

 

L’auteur :

Cyrille Martinez est un jeune auteur français.

 

L’histoire :

À New York New York, deux jeunes artistes au chômage se grisent de vernissages underground, de soirées drague et de poésie sonore. On reconnaîtra peut-être, derrière ces personnages, l’image réinventée d’Andy Warhol et de John Giorno, l’unique acteur du film Sleep. Mais ce n’est qu’un détail dans cette histoire de sommeil, d’art plastique et de poésie.

Une épopée comique où s’entend, en sourdine, une inquiétude sur le devenir de l’art et de la littérature. (4ème de couverture)

 

Mon avis :

jJe dois dire qu’après avoir lu plusieurs romans de la rentrée littéraire qui traitaient tous plus ou moins brillamment du thème de la famille, j’ai été agréablement surprise par ce texte différent, novateur et impertinent.  

Je n’ai pas saisi toutes les références ni tout le sens caché, raison pour laquelle on ne peut pas dire que j’ai adoré mais j’ai été bousculée, étonnée, amenée à méditer sur le sens de l’art, sur New York, sur la culture, le travail, et ce roman m’a finalement ouvert des perspectives étonnantes.

J'ai rencontré l'auteur au cours d'un pique-nique organisé par les Editions Buchet-Chastel, et nous avons pu discuter toute une après-midi avec un auteur ouvert, passionnant, vraiment sympathique.

Un artiste à suivre...

 

Premières phrases :

« Le nom New York New York vient de New qui veut dire neuf, nouveau, nouvelle, de York qui veut dire York, de de New York qui veut dire new York. »

 

Vous aimerez aussi :

Les romans de Chloé DELAUME

 

D’autres avis :

Libération, Sophie,  Isa,

 

Deux jeunes artistes au chômage, Cyrille Martinez, Buchet Chastel, août 2011, 128 p., 15 euros

 

Merci à Denis LEFEBVRE pour cette découverte et cette rencontre brillamment organisée...

challenge 1% littéraire

 

A noter que Cyrille Martinez appartient à un groupe de musique "Jaune sous-marin" qui traduit les paroles des chansons  pop anglo-américaines de manière littérale et les restitue dans les temps imposés par les morceaux d’origines. Voilà le résultat :


 
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Dans les veines ce fleuve d’argent de Dario FRANCESCHINI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Dario Franceschini est un écrivain italien qui signe ici son premier roman. Il a été élu président du groupe parlementaire « l’Olivier » à la Chambre des Députés.

 

L’histoire :

 A l'heure où sa vie approche de son automne, Primo Bottardi décide de revenir sur les lieux de sa jeunesse et de retrouver un ami qui lui avait posé quarante ans plus tôt une question à laquelle il n'avait pas su répondre. Son périple le ramène au bord du Pô, parmi les pêcheurs d'esturgeons, dans une atmosphère de brume et d'eau qui change la plaine en un mirage infini.

 

Ce que j’ai aimé :

Le lent voyage de Primo est teinté de mélancolie, comme si le vieil homme observait le monde pour mieux l’imprégner sur sa rétine, pour n’en perdre aucun détail et s’en souvenir ainsi avec acuité. Il rencontre des personnages atypiques, venus tout droit de son passé comme le magicien Ariodante, il se souvient de rencontres lointaines ou écoutent les hommes et les femmes raconter leur histoire, bercés par le rythme lancinant et immuable du fleuve.

Au fil des pages comme au bord du fleuve s’infiltre une magie parfaitement intégrée à la réalité, parce que l’homme ne peut pas tout expliquer et que la réalité peut prendre des atours mystérieux.

Dans les veines ce fleuve d’argent est un texte magnifique qui nous emporte aux confins de l’existence…

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 

Premières phrases :

 « Il avait toujours confondu le silence avec le froid. Pendant les nuits moites d’été, il regardait les lèvres de marie qui bougeaient, sans un bruit, au rythme des mots de son livre, et il commençait à trembler sous les draps rêches de coton blanc. »

 

Vous aimerez  aussi :

 Le jour avant le bonheur de Erri DE LUCA

 

D’autres avis :

Sabbio , Leiloona, Clara

Télérama, Le matricule  des anges

 

Dans les veines ce fleuve d’argent, Dario Franceschini, traduit de l’italien par Chantal Moiroud, éd. L'Arpenteur/Gallimard, 150 p., 13 €.

POCHE : Dans les veines ce fleuve d’argent, Dario Franceschini, traduit de l’italien par Chantal Moiroud, Folio, 4.60 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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La fille tombée du ciel de Heidi W. DURROW

Publié le par Hélène

                                             fille tombée du ciel

♥ ♥

 

L’auteur :

Heidi W. Durrow est la fille d’une mère danoise et d’un père afro-américain travaillant pour l’US Air Force. Elle a grandi en Turquie, en Allemagne et au Danemark, puis a fait ses études supérieures à l’école de journalisme de l’université de Columbia, ainsi qu’un cursus de droit à Yale. Elle est aujourd’hui directrice de festivals culturels. Elle a 42 ans et vit à New York. Son premier roman, La Fille tombée du ciel, a reçu le prix Barbara Kingslover Bellwether en 2008.

 

L’histoire :

À onze ans, Rachel Morse, fille d'une mère danoise et d'un G.I. noir américain, voit sa vie basculer dans la tragédie. Un drame dont elle se retrouve la seule survivante lui arrache sa famille et l'abandonne dans la solitude et l'incompréhension. Dans sa nouvelle vie chez sa grand-mère paternelle, Rachel verra s'effondrer ses croyances, et devra s'adapter grâce à toutes les ressources de son intelligence, de sa beauté et de sa sensibilité — autant de défauts que le monde extérieur lui fera sèchement payer. Noire pour les Blancs, et blanche pour les Noirs, elle aura à composer avec le racisme ordinaire, ses doutes sur son passé et son identité, et le deuil, pour trouver sa propre voie. Elle recevra l'aide d'un messager providentiel, seul témoin de la tragédie, qui fuira une enfance éclatée pour tendre à cette petite fille une main salutaire. 

 

Ce que j’ai aimé :

Il s'agit d'un roman émouvant sur la filiation, la famille, les origines... 

        Si la psychologie de nombreux personnages n’est pas très complète, j’ai trouvé par contre que celle de la mère était très fine : l’auteur décrit finement la détresse d’une mère qui a perdu son enfant et a peur de perdre les suivants. Une mère qui est prête à tout pour que ses petits ne souffrent pas, une mère seule, qui redoute la tragédie à chaque instant, d’une mère perdue qui n’est qu’angoisse.

La fille tombée du ciel est un roman tendre et puissant, pas tout à fait abouti encore, mais il reste un premier roman très prometteur.

 « Je réfléchis à tout ça : à ce que nous apprennent la science et les maths. Les maths peuvent expliquer pourquoi il y avait une chance sur quatre pour que j’aie les yeux bleus, mais elles ne reflètent pas l’ensemble de ce que je suis. Et ni la science ni les maths ne peuvent rendre compte de la chance qu’on a, dans la vie. De la chance de survivre, en tous cas. » (p. 188)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          De petits détails prouvent que ce n’est pas encore un roman très abouti  : Brick grandit un peu vite, le résumé de son errance durant toutes ces années est plutôt frustrant ; on n’en sait pas plus sur certains personnages du livre en le refermant (je laisse planer le mystère..) donc tout n’est pas résolu à la fin du roman ; la psychologie des personnages est assez sommaire…

-          Le roman est psychologiquement peu crédible : la petite aurait connu un tel traumatisme  (quand même : une chute de neuf étages ! c’est long neuf étages…) et sans avoir besoin d’en parler  à qui que ce soit elle devient une enfant et une adolescente normale ? Je veux bien adhérer aux théories de la résilience mais quand même il y a des limites non ?

              Quelques clihés jalonnent le texte, notamment sur le métissage : Rachel par exemple est une enfant très belle qui peine à trouver sa place...

     

  Premières phrases :

« « Mon petit porte-bonheur », dit grand-mère.

Elle est venue me chercher à l’hôpital, et on a marché jusqu’à l’arrêt de bus, sa main autour de la mienne, comme une laisse.

On est à l’automne 1982, et il pleut sur Portland. J’ai éclaboussé mes nouvelles chaussures dans les flaques. Je me sens déjà moins la petite-fille-dans-sa-robe-neuve. Je ne suis déjà plus cette fille-là. »

 

D’autres avis :

Ys, Sandrine (la Ruelle bleue), 

 

La fille tombée du ciel, Heidi W. DURROW, Traduit de l’anglais (USA) par Marie de PREMONVILLE, Editions Anne Carrière, août 2011, 273 p., 20 euros

challenge 1% littéraire

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Le mardi c’est permis

Publié le par Hélène

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Ce mois-ci nous partons A la poursuite d’un rêve avec Barbara CARTLAND

 

 L'histoire calibrée :

 

Situation initiale : la jeune Tiana hérite du château en ruines de ses parents et n’a pas l’argent pour continuer les travaux de rénovation.

Elément déclencheur : le comte d’Austindale, son voisin, lui propose de l’épouser car il doit absolument épouser quelqu’une avant ses 30 ans pour ne pas perdre son propre château. – conclusion : avoir un château, ça vous complique la vie…-

Péripéties : elles sont liées aux adjuvants : le cousin Alan, la belle et impétueuse Lady Margaret, éconduite par le Comte, la gouvernante Mme Osbourne, jalouse de Tiana, et Henri Sawyer, promoteur intéressé par le château de Tiana. Tous ces méchants personnages vont tout faire pour empêcher le mariage, mais ce sera sans compter sur la personnalité orageuse de Tiana. – conclusion : ne vous mariez pas avec un comte, ça multiplierait vos ennemis -

Situation finale : Ils meurent tous dans d’atroces souffrances… (lol !)

 

Conclusion : Barbara Cartland est censée « faire entrer le rêve dans chacun de ses romans », et le rêve selon elle se résume à un château –ou deux c’est encore mieux-, un comte beau et ténébreux, homme intelligent et posé, une jeune fille belle et impétueuse, des méchants rapidement terrassés parce que "l'amour est plus fort que tout" (c'est bÔ....)

Mais attention rien n'est facile de prime abors, le bonheur doit se conquérir : ainsi les héros ne s'apprécient nullement au début de l'histoire (situation classique des romans Harlequin) (eh oui il fut un temps -lointain entendons-nous, avant que je ne découvre Marcel, Gustave et confrères- il fut un temps disais-je où je me complaisais dans la lecture de ce genre de roman...) Donc ils ne s'aiment pas : 

 

 

«  - Le jour où je me marierai, ce sera par amour, poursuivit-elle. J’espère rencontrer un homme que je respecterai et  que j’aimerai de tout mon cœur, de toute mon âme, et jusqu’à mon dernier souffle. Cet homme, ce n’est sûrement pas vous !

Le comte retint sa respiration, soudain fasciné par les joues rosies de la jeune fille, par cette chevelure bouclée qu’elle secouait avec véhémence, tandis que le soleil la faisait briller de mille nuances dorées. » (p. 41)

 

(La question est : pourquoi quand moi je me mets en colère mon conjoint n’est-il pas fasciné ??? conclusion : la prochaine fois je me placerai dans le soleil, ça changera peut-être tout…)

 

 Trêve de plaisanterie je ne sais pas si au final ce genre d’écrits est plus néfaste qu’un Marc Lévy ou un Guillaume Musso : « prose d’aéroport » comme dit Jérôme Garcin en parlant de Marc Lévy, mièvreries en tous genres, guimauve à toute les pages, clichés à tout va, mais morale sauve quoiqu’il arrive… A méditer...

 

A la poursuite d’un rêve, Barbara CARTLAND, traduit de l’anglais par Marie-Noëlle TRACHART,  J’ai Lu, 2010, 152 p.  

 

  D'autres lectures illicites chez Stéphie : 

 

mardi tout est permis

Publié dans Littérature Europe

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Tribulations d’un précaire de Iain LEVISON

Publié le par Hélène

                                             tribulations-dun-precaire.gif

  ♥ ♥ ♥

   « Il s’agit de survivre. Encore y a-t-il de la grandeur dans la survie, et cette vie manque de grandeur. En fait, il s’agit seulement de s’en tirer. » (p. 13)

   L’auteur :

  Iain Levison est un écrivain américain d'origine écossaise qui vit à Philadelphie. Son premier roman, Un Petit Boulot, a rencontré un succès important.


L’histoire :

Tribulations d’un précaire est un récit écrit à la première personne. Avec un regard acéré et décalé sur le monde du travail, l’auteur relate avec un humour noir et décapant les petits boulots qu’il a été amené à exercer aux États-Unis pour survivre, après un passage dans l’armée et un diplôme de lettres. Aucune des compétences acquises ne lui servira jamais… Ni pour transporter câbles et cafés lors du tournage d’un film underground, découper des poissons dans un supermarché de luxe, remplir des cuves de fuel ou conduire un camion de déménagement... Ni pour les travaux de forçat en Alaska aux côtés de travailleurs immigrés.

 

Ce que j’ai aimé :

 -         La précarité est un thème qui aurait pu plomber rapidement l'atmosphère de ces récits autobiographiques, ce qu'évite avec brio Iain Levison grâce à un ton décalé et à un recul humoristique.  

 

« Au cours des dix dernières années, j’ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J’en ai laissé tomber trente, on m’a viré de neuf, quant aux trois autres, ç’a été un peu confus. C’est parfois difficile de dire exactement ce qui s’est passé, vous savez seulement qu’il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain. Sans m’en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : "Je suis ouvrier agricole". Moi, je n’en sais rien. L’autre différence, c’est que Tom Joad n’avait pas fichu 40 000 dollars en l’air pour obtenir une licence de lettres. » ( p. 12)

 

 L'auteur fait preuve d'une clairvoyance assumée sur sa vie et sur le système économique qui l'amène à connaître ces "tribulations" courtes et décevantes. Car non seulement l'université ne mène nulle part, (« Le fait est qu’à le fin de ma troisième année, quand les chasseurs de têtes étaient venus recruter, je n’avais pas vu une seule annonce portant la mention « licence de lettres exigée. » » (p. 186))  mais ensuite les emplois laborieusement trouvés s'avèrent frustrants, absurdes, voire dangereux (dans le cas notamment des déménageurs) et ne permettent nullement de bénéficier d'un salaire décent ou d'une quelconque couverture sociale. Sans parler du fait que, bien sûr, ils vont à l'encontre de tout épanouissement personnel...

 

« Des types me disent qu’ils ont trouvé le job de leurs rêves. Des types avec lesquels je me soûle me le disent quelquefois, les plus jeunes. Mais trois semaines plus tard, je les retrouve serveurs de bar. « Qu’est-ce qui s’est passé avec le super boulot ? » Ils haussent les épaules. « Ca n’a pas marché. » » (p. 179)

 

« Suivez avec confiance la direction de vos rêves, a dit Thoreau. Par la suite, il a ajouté que la plupart des hommes mènent une vie de désespoir silencieux, signe que peu d’entre nous suivaient son conseil. » (p. 179)

 

Le conclusion reste sans appel :

 

«  Le véritable problème c’est que nous sommes tous considérés comme quantité négligeable. Un humain en vaut un autre. La loyauté et les efforts ne sont pas récompensés. » (p. 187)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          J’ai moins aimé le long chapitre consacré à la pêche en Alaska, moins humoristique que les autres.

 

Premières phrases :

 « C’est dimanche matin et j’épluche les offres d’emploi. J’y trouve deux catégories de boulots : ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié, et ceux dont je ne veux pas. J’étudie les deux. Il y a des pages et des pages de la première catégorie, des postes que je n’obtiendrai jamais. Expérience de six ans exigée dans tel et tel domaine, parler couramment le chinois, pouvoir piloter un jet face à une défense antiaérienne, et avoir SIX ANS d’expérience en chirurgie cardiaque. Salaire de départ trente-deux mille dollars. Faxez votre C.V. à Beverly. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Un petit boulot

Autre : Le couperet de Donald WESTLAKE

 

D’autres avis :

 

Télérama

Kathel 

  

Tribulations d'un précaire, Iain LEVISON, Traduit de l’américain par Fanchita Gonzalez Battle, Liana Levi Piccolo, 2007, 186 p., 8 euros

 

Merci à Kathel qui a chaleureusement accepté de faire voyager ce roman jusqu’à moi.

 

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Ce qu’on peut lire dans l’air de Dinaw MENGESTU

Publié le par Hélène

                                                   ce qu'on peut lire dans l'air

♥ ♥

 

L’auteur :

 À deux ans, Dinaw Mengestu, né en 1978 à Addis Abbeba, a fui l’Éthiopie avec sa famille pour s’installer aux États-Unis. Venu à Paris en 2007 pour la parution de Les Belles choses que porte le ciel, il s’est épris de la France. Il s’est installé à Paris tout en continuant à être régulièrement aux États-Unis pour enseigner, faire des conférences, voir sa famille et faire la promotion de ses romans. Les Belles choses que porte le ciel a connu un beau succés et quand Ce qu’on peut lire dans l’air est paru aux Etats-Unis (septembre 2010), il a été finaliste de la sélection du Independant book store et a gagné le Vilcek Prize.


L’histoire :

Au début des années 1980, Yosef et Mariam, que la révolution éthiopienne a séparés pendant trois ans, se rejoignent aux États-Unis. Pour célébrer leurs retrouvailles, ils s’offrent enfin un voyage de noces, à Nashville. Trente ans plus tard, Jonas Woldemariam, leur fils, en pleine crise existentielle, revient sur leurs pas. Entre de vagues souvenirs d’enfance et le silence de ses parents sur le drame qui les a menés aux Etats-Unis, il reconstitue à tâtons l’histoire de sa famille, sa propre histoire...

 

Ce que j’ai aimé :

 Les parents de Jonas sont des immigrés éthiopiens échus dans un univers américain qui ne sera jamais totalement le leur. La relation qu’ils entretiennent avec leur pays d’accueil est finement évoquée, portée de surcroît par une écriture calibrée. Leur passé flou est réinventé par leur fils en quête de ses origines et de lui-même. : il crée en artiste virtuose une histoire cohérente universelle.

 «  Elle avait collé la tête contre la vitre de séparation pour lui lancer : « Pardon, monsieur, vous êtes de quel pays ? » Elle avait souvent affirmé détester que les gens posent cette question aux chauffeurs de taxi. (…) « Fiche-leur la paix, avait-elle déclaré. Pourquoi seraient-ils obligés de raconter d’où ils viennent ou pourquoi ils ont quitté leur pays ? Pour qu’on leur file un dollar de pourboire en plus ? Personne en demande au vieux chauffeur noir d’où il est ni ce qu’il a vécu, parce que les gens trouveraient ça grossier et dingue. Sauf s’il a un accent. Là, tout est permis. Là, c’est « dites-nous pourquoi vous êtes venu ici et combien ce doit être dur ! » » (p. 131)

 Jonas assiste parallèlement impuissant à la déliquescence de son couple, l’érosion des sentiments ne résistant pas au manque d’identité des deux protagonistes. Les dernières semaines du couple s'égrennent au travers de scènes fugaces et parlantes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’ai retrouvé exactement la même atmosphère que dans Les âmes chagrines de Léonora MIANO : quelques personnages épars aux  liens familiaux ténus et problématiques qui s’analysent au travers du vécu de leurs parents et de leurs rapports aux autres. Ce sont des romans très statiques, psychologiques, et il m’a manqué personnellement un élan romanesque, une découverte de nouveautés et d’étrangetés qui m’auraient emportée dans un univers fascinant ou terrifiant.

 

Premières phrases :

 « Sept cent soixante-huit kilomètres séparaient la maison de mes parents, à Peoria, Illinois, de Nashville, Tennessee, distance qu’une Monte-Carlo rouge vieille de sept ans et roulant à cent kilomètres à l’heure environ pouvait parcourir en huit à douze heures, selon que l’on prenait en compte certaines variables telles que le nombre de pancartes proposant un détour vers un haut lieu historique ou la fréquence à laquelle ma mère – Mariam – devait se rendre aux toilettes. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les belles choses que porte le ciel

Autre : Ces âmes chagrines de Léonora MIANO

 

Ce qu’on peut lire dans l’air, Traduit de l’américain par Michèle Albaret-Maatsch, Albin Michel, Terres d’Amérique, 2011, 368 p., 22 euros

 

defi Afrika Choupynette

 

challenge 1% littéraire

 

Publié dans Littérature Afrique

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Rouge abattoir de Gilda PIERSANTI

Publié le par Hélène

rouge-abattoir.jpg

  ♥♥♥

 Au coeur de Rome, Mariella mène l'enquête... 

 

 L’auteur :

 

Gilda Piersanti est une romancière italienne qui vit en France depuis 20 ans. Elle se consacre exclusivement à l'écriture depuis 1995.

 

L’histoire :

 

Au cœur de la Ville éternelle ensevelie sous la neige, dans le très populaire et très branché quartier romain de Testaccio, une troisième jeune fille vient d’être assassinée, au beau milieu des fêtes de fin d’année. Le commissaire D’Innocenzo ne croit pas à l’hypothèse du tueur en série que les journaux se plaisent à rabâcher, mais ne sait plus comment maîtriser la peur qui gagne les habitants du quartier et cette population jeune et nombreuse qui fréquente, le soir, ses restaurants et ses discothèques, son théâtre et son cinéma. Une jeune femme inspecteur, téméraire et secrète dans sa réputation, rejoint l’équipe du commissaire sans son consentement. Au fil des heures et du raisonnement, une entente mutuelle finit par s’établir qui viendra à bout d’une histoire personnelle ensevelie, comme la ville sous la neige, sous les années de plomb de la vie politique italienne.

 

Ce que j’ai aimé :

 -          Le décor : Rome en hiver resplendit de magie sous la plume de Gilda Piersanti.

 

rome-sous-neige.jpg

 

-          Les personnages : Je déplorais récemment le manque d’inspectrice dans la littérature policière, or ici ce sera la surprenante Mariella qui tiendra les rennes de l’enquête, aux côtés d’Innocenzo tout de même (car que ferait-on sans les hommes, n’est-ce pas…)

 

-          Les intrigues secondaires aiguillonnent l’intérêt du lecteur : qu’est-il arrivé au fils du commissaire ? Où vont l’amener les habitudes pour le moins surprenantes de Mariella ? Autant de questions qui donnent envie de lire sans tarder les autres opus de la série « saisons meurtrières »…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

L’intrigue est somme toute assez banale et sa résolution sort un peu trop facilement du chapeau de l’auteur…

 

Premières phrases :

 

« Un morceau de la troisième victime fut retrouvé le lendemain de Noël devant le kiosque à journaux. Assunta faillit se tordre la cheville pour éviter la main qu’un soupçon de neige décorait comme une branche de sapin. Elle pensa : « Il a neigé toute la nuit… » Puis elle vit la main et poussa un hurlement aigu, amplifié par la lenteur de son raisonnement et le silence du matin. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les saisons meurtrières qui comprend : Rouge abattoir, Vert palatino, Bleu catacombes, Jaune Caravage, Vengeances romaines, Roma Enigma

Autre : les romans de Donna LEON

 

D’autres avis :

 

Babélio

 

Rouge abattoir, un hiver meurtrier, Gilda Piersanti, Le passage, 2003, 18 euros

POCHE : Rouge abattoir, un hiver meurtrier, Gilda Piersanti, Points, 2008, 277 p., 6.60 euros

 

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Publié dans Roman policier Europe

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