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Nous aurons toujours Paris de Eric FAYE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Éric Faye, né en décembre 1963 à Limoges, est un écrivain français.

Eric Faye a publié sa première fiction, Le Général Solitude, une nouvelle, dans la revue Le Serpent à Plumes en 1992. Trois ans plus tard, il a développé cette nouvelle en un premier roman, éponyme. Ses premiers livres, parus tous deux en 1991, sont un essai sur Ismail Kadaré et un recueil d'entretiens avec cet écrivain. En 1998, son recueil de nouvelles fantastiques Je suis le gardien du phare obtient le Prix des Deux Magots. Son œuvre se partage entre des nouvelles, le plus souvent à caractère absurde ou teintées de fantastique, des romans (dont le roman d'anticipation Croisière en mer des pluies, en 1999 - prix Unesco-Françoise-Gallimard), des essais et des récits, parmi lesquels Mes trains de nuit, puisés dans des voyages à travers l'Asie et l'Europe de 1982 à 2005. Il a dirigé un numéro sur Kafka (Autrement, 1996) et pris part à l'édition des œuvres d'Ismail Kadaré aux éditions Fayard.

(Source: Wikipédia)

 

L’histoire :

Le titre est emprunté au film Casablanca : c’est en se souvenant de leur idylle dans le Paris d’avant l’occupation allemande que les deux amants réussissent à continuer à vivre, à se séparer s’il le faut et à suivre chacun son propre chemin. En puisant dans ce trou de lumière. 

Avec ce livre entièrement dédié à un sentiment, celui du « merveilleux », à sa naissance et son cours à travers la vie d’un homme – la sienne –, l’auteur nous invite à le suivre dans son propre puits de lumière. 

Nous aurons toujours Paris est conçu sous forme de boucle, on passe de l’enfance avec les premières apparitions du merveilleux – que ce soit des mots « magiques », des animaux « fabuleux », des objets magnétiques ou des situations nouvelles – à ses prolongements directs à l’âge d’homme. 

Il n’est donc pas, ou très peu, question de Paris dans ces pages. 
Mais plutôt de pérégrinations et de rencontres : du Japon à l’Afrique, et de Julien Gracq à Ismail Kadaré ou Albert Cossery, quand ce n’est pas l’ombre du toujours énigmatique B. Traven. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Trouver dans l’enfance l’écho d’une émotion adulte, tel est le fil conducteur de ce roman. Conçu comme un retour aux sources il entremêle subtilement les fils d’aujourd’hui et d’hier pour que de ces combinaisons dorés naissent ou renaissent les raisons d’une attirance particulière. Quelquefois le sentiment de merveilleux connu hier « pose des lapins », d’autres fois il est au rendez-vous, si différent tant le temps a passé qu’une seconde de pause est nécessaire avant de le reconnaître. 

« Le merveilleux, l’enchantement qui renaissent chaque matin sont les neiges éternelles de l’existence. Il faut avancer dans le temps en gardant un œil obstiné sur elles, là-haut, espérant qu’elles ne disparaîtront pas dans les brumes de chaleur et qui, contrairement à celles du Kilimandjaro, elles ne fondront jamais. » (p. 97)

Entre souvenirs d’enfance, évocations de voyages, ou rencontres marquantes, Eric Faye nous plonge dans un univers proustien au charme indéniable. 

« Des nappes profondes de l’enfance, le merveilleux refait quelquefois surface un instant, par un jeu de sources et de puits cachés. L’âge d’homme, au fond, n’est souvent rien d’autre que la quête d’une explication à ces fulgurances, à ces tout petits satori qui zèbrent notre nuit et l’enchantent. » (p. 107)

« Entre le quai fantomatique et Francfort-sur-l’Oder (la frontière), l’express n’a plus jamais ralenti. Le voudrais-je, je ne pourrais pas effacer ces deux minutes de ma mémoire. En des moments rares, le temps nous surprend à glisser, par une porte dérobée, des minutes inexplicables et pourtant capitales, lesquelles, mises bout à bout, ne doivent pas totaliser plus d’une heure ou deux dans une vie entière : collier d’instants dérisoires pour tout autre sue soi mais qui donnent et redonnent envie, comme les prières récitées en suivant les grains du chapelet, de se hisser à la hauteur de soi-même. Quelques mots singuliers entendus enfant dans la conversation des grands, quelques cartes figurant les monuments d’une cité mythique, un livre qui tombe d’un rebord de table et s’ouvre à la page du 2 mai 1950, une villa blanche qui vous rappelle l’Afrique, et un vieux poste de radio, et revoilà la légende du Rosebud, le souvenir qui imprègne le présent et dont le parfum ne se dissipe jamais, et qui aide, transforme l’avenir en un jardin vivable, comme Bogart trouve al force de quitter Ingrid Bergman en lui disant, pendant que l’avion mouline du brouillard sur la piste, We’ll always have Paris. »

 

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

Rien

 

Premières phrases :

« C’était au cœur d’un automne qui ne voulait pas devenir automne, à la fin d’un été inextinguible. C’était de nouveau dans un train. A trop vouloir deviner qui va s’asseoir à côté de vous en gare, au petit matin, vous vous trompez avec obstination. »

 

D’autres avis :

Télérama

Blogs : Mango Yves  

 

Nous aurons toujours Paris, Eric Faye, Stock, février 2009, 14.50 euros

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Idées cadeaux de Loo

Publié le par Hélène

 Présentation :

 

 Loo est blogueuse littéraire, son blog s'intitule Une pause livre. Elle a créé ce blog en mars 2011 pour partager ses lectures.  

 

 Ses réponses :

 

 Pourquoi offrir un livre ?


Parce que la personne aime lire. Ca me semble nécessaire.

 



Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?


Difficile question. Je dirais un Sempé qui peut toucher beaucoup de personnes en toutes circonstances.

 



Un livre pour donner envie de voyager :


Itinéraire d'une goutte d'eau de F Nicolino, J-F Hellio, N Van Ingen

 


Un livre pour donner envie de rire :


Kenneth Cook sans hésitation. A mourir de rire avec le Koala tueur.



Un livre pour donner envie de philosopher :


Le prophète de Khalil Gibran toujours sans hésitation.



Un livre pour donner envie d'aimer :


Comment interprêter la question ? Je n'ai pas trop de référence alors je dirai Monsieur Papa de Patrick Cauvin qui parle du lien père fils avec beaucoup de tendresse.



Un livre pour donner envie de rêver :


Celui qui me fait rêver en ce moment est Cabanes perchées de Peter et Judy Nelson c'est un documentaire, sur les cabanes perchées bien entendu.


Un livre pour donner envie de savourer :


Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables de Philippe Delerm. En livre audio c'est encore meilleur.



Un livre pour donner envie de se révolter :


Celui qui m'a fait beaucoup d'effet est Le cri de la mouette d'Emmanuelle Laborit qui nous fait découvrir le monde des sourds et muets. Si si il y a de la révolte dans le livre.



Un livre pour donner envie de se cultiver :


Le Métronome de Laurant Deutsch



Un livre pour donner envie de cuisiner :


Odeurs de forêt et fumets de table de Charles Forot. Je ne l'ai même pas encore lu, il est sur une étagère à m'attendre. Mais quand je le feuillette et que je tombe sur une recette ça me donne vraiment envie. Mais ce n'est pas un livre de cuisine c'est bien plus.


Un livre pour donner envie de lire :


Un livre de nouvelles à chute comme Nouvelles à Chute en collectif

 

livre ouvert2

 

Si vous aussi vous voulez répondre au questionnaire, tous les renseignements sont ICI.

Publié dans Idées cadeaux

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La promesse de l’aube de Romain GARY

Publié le par Hélène

promesse de l'aube

♥ ♥ ♥

 « Je prenais encore la vie pour un genre littéraire ; » (p. 352)

 

L’auteur :

Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew est un romancier français originaire de Pologne septentrionale, unique double lauréat du Prix Goncourt.

Roman Kacew est le fils de Arieh Leib Kacew et de Mina Owczynska. Kacew est le deuxième époux de la mère de Gary. Gary est élevé par sa mère après le départ de son père du foyer conjugal lorsqu'il était enfant. Gary était juif par ses deux parents.

Après la séparation des parents, Gary arrive avec sa mère en France, à Nice, à l'âge de 14 ans. Il étudie le droit à Paris. Naturalisé français en 1935, il est appelé au service militaire pour servir dans l'aviation où il est incorporé en 1938.

Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres, durant la Seconde Guerre mondiale, Roman prend le pseudonyme de Gary comme nom de résistant. Décoré commandeur de la Légion d'honneur à la fin de la guerre, il embrasse la carrière diplomatique en 1945. Cette même année, paraît son premier roman L'Education européenne. Pendant sa carrière diplomatique, il écrit de nombreuses œuvres, dont le roman Les racines du ciel, pour lequel il reçoit le Prix Goncourt en 1956. Il quitte le Quai d'Orsay en 1961, après avoir représenté la France en Bulgarie, en Suisse, en Bolivie, aux Etats-Unis.

Désireux de surprendre et se renouveler, Romain Gary utilise, tôt dans sa carrière littéraire, des pseudonymes. Ainsi, publie-t-il L'Homme à la colombe, sous le nom de Fosco Sinibaldi, en 1958. Dans les années 1970, il utilise à la fois les noms de Romain Gary, de Shatan Bogat et d'Emile Ajar.

Las d'être la cible de critiques le considérant réactionnaire, du fait de son passé de diplomate gaulliste, il invente une écriture vive et drôle, à rattacher au courant post-moderniste, sous le nom de plume d'Emile Ajar. Son cousin Paul Pawlovic prête corps à cette allégorie et, en 1975, reçoit le Prix Goncourt pour La Vie devant soi. La supercherie est révélée par Romain Gary dans son œuvre posthume Vie et mort d'Emile Ajar.

Époux de l'actrice Jean Seberg de 1963 à 1970, Romain Gary est aussi lié au cinéma pour la réalisation de deux films Les Oiseaux vont mourir au Pérou (1968) et Kill (1971) ainsi que par des adaptations de ses œuvres, telles que Clair de femme (Costa-Gavras) ou La Vie devant soi (Moshé Mizrahi).

Un peu plus d'un an après le suicide de Jean Seberg (30/08/1979), il se donne la mort 108 rue du Bac. (Source : Babélio)

 

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L’histoire :

 Ce récit coïncide sur bien des points avec ce que l'on sait de l'auteur des Racines du ciel, et Romain Gary s'est expliqué là-dessus : " Ce livre est d'inspiration autobiographique, mais ce n'est pas une autobiographie. Mon métier d'orfèvre, mon souci de l'an s'est à chaque instant glissé entre l'événement et son expression littéraire, entre la réalité et l'oeuvre qui s'en réclamait. Sous la plume, sous le pinceau, sous le burin, toute vérité se réduit seulement à une vérité artistique. "

Le narrateur raconte son enfance en Russie, en Pologne puis à Nice, le luxe et la pauvreté qu'il a connus tour à tour, son dur apprentissage d'aviateur, ses aventures de guerre en France, en Angleterre, en Ethiopie, en Syrie, en Afrique Equatoriale, il nous raconte surtout le grand amour que fut sa vie. Cette " promesse de l'aube " que l'auteur a choisie pour titre est une promesse dans les deux sens du mot : promesse que fait la vie au narrateur à travers une mère passionnée ; promesse qu'il fait tacitement à cette mère d'accomplir tout ce qu'elle attend de lui dans l'ordre de l'héroïsme et de la réalisation de soi-même.
Le caractère de cette Russe chimérique, idéaliste, éprise de la France, mélange pittoresque de courage et d'étourderie, d'énergie indomptable et de légèreté, de sens des affaires et de crédulité, prend un relief extraordinaire. La suprême preuve d'amour qu'elle donne à son fils est à la hauteur de son coeur démesuré.

Mais les enfants élevés par ces mères trop ferventes restent toujours, dit l'auteur, " frileux " de coeur et d'âme, et chargés d'une dette écrasante qu'ils se sentent incapables d'acquitter. Rarement la piété filiale s'est exprimée avec plus de tendresse, de sensibilité, et cependant avec plus de clairvoyance et d'humour. Et rarement un homme a lutté avec plus d'acharnement pour démontrer " l'honorabilité du monde ", pour " tendre la main vers le voile qui obscurcissait l'univers et découvrir soudain un visage de sagesse et de pitié ". (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Dans ce roman magnifique, Romain Gary rend un hommage troublant à sa mère  qui nourrissait de hauts espoirs pour lui et qu’il n’a jamais voulu décevoir. Elle l’a porté vers ce qu’il est devenu avec un dévouement et un amour inconditionnel, unique.

 « [...] Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes

.romain-gary-promesse-aube.jpg On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d’amour mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n’y a plus de puits, il n’y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l’aube, une étude très serrée de l’amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu. Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer. » (p. 38)

 Cette mère entière et passionnée lui a aussi communiqué une vision du monde idéalisée, difficile ensuite à  mettre en adéquation avec une réalité bien moins parfaite…

 « (…) elle continua d’évoquer, avec le même sourire confiant, ce pays merveilleux qu’elle avait apporté avec elle dans son baluchon ; quant à moi, élevé dans ce musée imaginaire de toutes les noblesses et de toutes les vertus, mais n’ayant pas le don extraordinaire de ma mère de ne voir partout que les couleurs de son propre cœur, je passai d’abord mon temps à regarder autour de moi avec stupeur et à me frotter les yeux, et ensuite, l’âge d’homme venu, à livrer à la réalité un combat homérique et désespéré, pour redresser le monde et le faire coïncider avec le rêve naïf qui habitait celle que j’aimais si tendrement. 

Oui, ma mère avait du talent – et je ne m’en suis jamais remis. » (p. 45)

 Pour panser ces blessures encore bien prégnantes dans le cœur de l’auteur, il utilise un humour dévastateur pour désarmer la réalité. Ainsi, il raconte ses exploits amoureux avec décalage et bonhomie, comme cette fois où il est allé jusqu’à manger un soulier en caoutchouc pour sa bien-aimée, puis « un éventail japonais, dix mètres de fil de coton, un kilo de noyaux de cerises – Valentine me mâchait, pour ainsi dire, la besogne, en mangeant la chair et en me tendant les noyaux – et trois poissons rouges, que nous étions allés pêcher dans l’aquarium de son professeur De musique. » (p. 85)

 Il explique combien l’humour est salvateur pour lui :

  « Attaqué par le réel sur tous les fronts, refoulé de toutes parts, me heurtant partout à mes limites, je pris l’habitude de me réfugier dans un monde imaginaire et à y vivre, à travers les personnages que j’inventais, une vie pleine de sens, de justice et de compassion. Instinctivement, sans influence littéraire particulière, je découvris l’humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus. (…) L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive. » (p.160)

 Ce roman magnifique est un chant d’amour touchant et profond en souvenir de cette mère entière, passionnée par son fils, dévouée entièrement à son bonheur, cette femme unique qui a permis à Romain Gary de devenir celui qu’il est encore aujourd’hui, au-delà du temps et de la mort, un auteur classique incontournable…

 « La création littéraire  devînt pour moi ce qu’elle est toujours, à ses grand moments d’authenticité, une feinte pour tenter d’échapper à l’intolérable, une façon de rendre l’âme pour demeurer vivant. » (p.175)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Les années de guerre se font plus longues : le récit se fait plus dense, plus long, plus ennuyeux, moins humoristique.

 

Premières phrases :

 « C’est fini. La plage de Big Sur est vide, et je demeure couché sur le sable, à l’endroit même où je suis tombé. La brume marine adoucit les choses ; à l’horizon, pas un mât ; sur un rocher, devant moi, des milliers d’oiseaux ; sur un autre, une famille de phoques : le père émerge inlassablement des flots, un poisson dans le gueule, luisant et dévoué. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Une éducation européenne

Autre : Le livre de ma mère de Albert COHEN

 

 

 D’autres avis :

 Blogs : Théoma  Zarline, A girl from earth, Alex, Maggie, Sylvie, Luocine... 

 

La promesse de l’aube, Romain GARY, folio, avril 1973, 7.50 euros

 

12 d'Ys 

  catégorie : Classiques français

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Grand prix des lectrices Elle 2013

Publié le par Hélène

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Je fais partie du jury pour cette édition 2013 du grand prix des lectrices de Elle !


Pour avoir la chance d'en faire partie, j'ai parlé de Les solidarités mystérieuses de Pascal QUIGNARD , j'ai écouté les conseils avisés de Fouad, collègue émérite, j'ai pris une photo de moi qui ne montre pas que je suis une serial killeuse en puissance, et j'ai conclu par : "Faire partie d’un jury littéraire signifie simplement pour moi faire partie de la littérature…" 

 

Maintenant il va me falloir trouver une bonne âme pour faire mon ménage (et même sous les meubles s'vous plait, nous sommes allergiques aux acariens...), mes lessives, ma vaisselle (pas de lave-vaisselle, c'est bien plus rigolo pour faire des concours de tee-shirts mouillés...), mon repassage, mes repas (pas de surgelés hein, que du frais, le marché est au coin de ma rue...), jouer avec mes enfants (le 1000 bornes vous verrez ça déchire !), séparer les enfants qui veulent s'étriper parce que je cite "elle m'a piqué mon Pokémon", faire en sorte d'ailleurs que les enfants aient un langage un peu plus soutenu :"on ne dit pas "piquer" mon chéri, mais heu... -toujours avoir un dictionnaire de synonyme sous la main-... voler...", préparer mes cours (relire Candide ou Les Misérables, hummm.., que du bonheur), corriger les dissertations de mes élèves (des copies passionnantes dans lesquelles on apprend notamment que "La lecture des oeuvres est très nourritrice pour le lecteur"), aller faire les courses en sachant qu'il faut lire TOUTES les étiquettes indiquant la composition des aliments parce que mon fils est allergique aux noisettes, aux noix de cajou, à tous les fruits à coque en fait, au kiwi, aux oeufs crus, au céleri..., gérer notre association MOYOLO et notamment le blog parce que pour l'heure nous ne sommes que  2 pour s'occuper de l'assoc..., soutenir mon mari dans ses recherches du job idéal "mais oui mon amour, spectateur professionnel de matchs de foot, c'est un job parfait pour toi, vas-y, fonce...", appeler la famille régulièrement pour prendre des nouvelles (régulièrement = tous les jours), tenir ce blog à raison d'un billet publié tous les deux jours, etc., etc... 

 parce que moi je vais avoir 28 livres à lire en quelques mois !!!!!

 

Alors, des volontaires ???

 

Pour cette aventure, je serai bien entourée : je serai aux côtés de Jostein, Nadael, A propos des livres, Théoma, Canel, ,  Anna Blume, Constance, Mimipinson, Clara..

 

A suivre !!!

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Stoner de John WILLIAMS

Publié le par Hélène

stoner

♥ ♥ ♥ 

 

L’auteur :

 John Williams (1922-1994), né au Texas a étudié au Colorado et obtenu son doctorat dans le Missouri où il a fait ses premiers pas de professeur. Après avoir servi dans l’armée de l’air de 1942 à 1945, il a enseigné la littérature et l’art d’écrire pendant trente ans à l’université de Denver. Il est l’auteur de deux recueils de poèmes, d’une anthologie sur la poésie anglaise de la Renaissance et de quatre romans, dont Stoner, publié en 1965.

 

L’histoire :

 Né pauvre dans une ferme du Missouri en 1891, le jeune William Stoner est envoyé à l’université par son père – et au prix de quels sacrifices –, pour y étudier l’agronomie. Délaissant peu à peu ses cours de traitement des sols, ce garçon solitaire découvre les auteurs, la poésie et le monde de l’esprit.

 

Présentation d’Anna Gavalda :

C’est en lisant une interview de Colum McCann parue dans le quotidien anglais The Guardian il y a quelques années que j’ai découvert Stoner de John Williams. McCann affirmait que ce roman, publié en 1965, était un grand oublié de la littérature américaine, ajoutait qu’il en avait déjà acheté plus d’une cinquantaine d’exemplaires pour l’offrir à ses amis et que c’était un texte qui touchait autant les écrivains que les simples lecteurs. Cette précision m’avait mis la puce à l’oreille et je m’étais empressée de le lire. De le lire, de l’aimer et d’avoir envie de le partager à mon tour. Hélas, il n’avait jamais été édité en français. La suite est simple : j’ai demandé à mon éditeur d’en acquérir les droits, ai vaguement cherché un traducteur patenté et ai fini par m’avouer ce que je savais déjà, à savoir que William Stoner, c’était moi, et que c’était à moi de m’y coller. Pour le meilleur, pour ce « vertige de l’orpailleur » évoqué dans le chapitre IX – expression qui n’est pas dans le texte original et que je me sais gré d’avoir inventée – ceux qui liront jugeront, et pour le pire: des heures et des heures passées arc-boutée sur un bout de phrase que je comprenais, que je « voyais » mentalement, mais qu’il m’était impossible de traduire… Pourquoi tant d’enthousiasme et tant de peines ? Je ne sais pas. Voilà un roman qui n’a rien de spectaculaire. Le récit d’une vie âpre, austère, une vie de prof, une vie passée sous silence et tout entière consacrée à la littérature, bref pas très sexy, j’en conviens et n’en espère aucun miracle, mais je suis bien heureuse d’avoir été au bout de ce projet. D’une part parce qu’il m’a beaucoup appris sur « le métier », toutes ces histoires de légitimité, de liberté, de respect dû à une voix plutôt qu’à une langue m’ont passionnée, d’autre part parce c’est un roman qui ne s’adresse pas aux gens qui aiment lire, mais aux êtres humains qui ont besoin de lire. Or, avoir besoin de lire n’est pas forcément un atout, ce peut être, même, souvent, un handicap. Se dire que la vie, bah… tout compte fait, n’est pas si importante que ça et que les livres pareront à ses manquements, c’est prendre le risque, souvent, de passer à côté. William Stoner donne cette impression de gâchis. D’ailleurs c’est une question qui le hante au moment de sa mort : parce que j’ai aimé lire plus que tout, j’ai déçu mes parents, perdu des amis, abîmé ma famille, renoncé à ma carrière et eu peur du bonheur, ai-je raté ma vie ?

Quelques battements de cils plus tard, il y répond et, en essayant de le servir le mieux possible, j’y ai répondu aussi. Car en vérité, et nous pouvons l’avouer, que nos vies soient ratées ou pas nous importe moins que cette question posée par un professeur à ce jeune homme gauche, fruste et solitaire qui n’a encore jamais mis les pieds dans une bibliothèque et qui deviendra mon héros :

« M.Stoner, M.Shakespeare s’adresse à vous à travers trois siècles. L’entendez-vous ? »

Anna Gavalda

   

Ce que j’ai aimé :

 Stoner est un roman brut, sans fioritures, qui va droit à l’essentiel,  bien campé dans un style direct et incisif. Il évoque la vie d’un homme ni plus brillant, ni plus intelligent qu’un autre, un homme qui se laisse porter par les évènements sans songer à résister et assume jusqu’à la fin l’implication de ses choix. Un homme ordinaire qui va placer la littérature au centre de son univers, parce qu’elle seule a ce pouvoir rédempteur et consolateur, insufflant ainsi aux vies qui la frôlent un semblant d’éternité et de bonheur.

 « Il comprenait le rôle de la grammaire et percevait comment, par sa logique même, elle permettait, en structurant un langage, de servir la pensée humaine. De même, en préparant de simples exercices de rédaction, il était frappé par le pouvoir des mots, par leur beauté, et avait hâte de se lancer enfin pour pouvoir partager toutes ces découvertes avec ses étudiants. » (p. 39)

 L’amour même sera souffrance pour Stoner, marié à une femme névrosée, profondément instable, il vivra une passion tumultueuse mais sans avenir avec une jeune étudiante. Sa femme lui offrira une enfant, Grace, qui aurait peut-être pu le sauver, mais qui s'éloignera inéluctablement, poussée par cette mère au mal-être cruel et assassin.  

 « Quand il était très jeune William Stoner pensait que l’amour était une sorte d’absolu auquel on avait accès si l’on avait de la chance. En vieillissant il avait décidé que c’était plutôt la terre promise d’une fausse religion qu’il était bon ton de considérer avec un scepticisme amusé ou un mépris indulgent, voire une mélancolie un peu douloureuse. Mais maintenant qu’il était arrivé à mi-parcours, il commençait à comprendre que ce n’était ni une chimère ni un état de grâce, mais un acte humain, humblement humain, par lequel on devenait ce que l’on était. Une disposition de l’esprit, une manière d’être que l’intelligence, le cœur et la volonté ne cessaient de nuancer et de réinventer jour après jour. » (p. 267)

 La vie universitaire lui apportera quelques brèves consolations bien que là aussi, les conflits passionnés grèvent souvent sa tranquillité… William est un homme faible qui cherche seulement à s'abstraire d'une réalité inadaptée pour connaître quelques fulgurances libératrices. 

 Stoner nous offre le portrait émouvant d’un homme passionné pour qui la littérature sera le dernier espoir…  

Ce que j’ai moins aimé :

 Les passages dédiés à la littérature pure sont plutôt rares, même si la passion de cet homme pour son domaine demeure en filigrane tout au long du roman.

 

 Premières phrases :

 « William Stoner est entré à l’université du Missouri en 1910. Il avait dix-neuf ans. Huit ans plus tard, alors que la Première Guerre Mondiale faisait rage, il obtient son doctorat et accepte un poste d’assistant dans cette même université où il continuera d’enseigner jusqu’à sa mort en 1956. »

 

Vous aimerez aussi :

 L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet de Reif LARSEN

 

D’autres avis :

 Presse : Télérama  Sur le site du Dilettante

 Blog : Papillon Antigone Kathel Théoma Nico

  

Stoner, John Williams, traduit de l’anglais (EU) par Anne Gavalda, Le Dilettante, août 2011, 384 p., 25 euros

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Le vent qui siffle dans les grues de Lidia JORGE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

« Le monde est une longue narration mais c’est nous qui en ourdissons l’intrigue, grande ou petite. »

 

L’auteur :

Lídia Jorge est née à Boliqueim dans l’Algarve en 1946. Diplômée en philologie romane de l’université de Lisbonne, elle se consacre très tôt à l’enseignement.

En 1970, elle part pour l’Afrique (Angola et Mozambique), où elle vit la guerre coloniale, ce qui donnera lieu, plus tard, au portrait de femme d’officier de l’armée portugaise du Rivages des murmures (Métailié, 1989).

La Couverture du soldat, 2000 a eu le Prix Jean Monnet 2000 (Cognac) Le Vent qui siffle dans les grues, 2004 a eu le Grand Prix du Roman de l’Association Portugaise des Ecrivains 2003, Premier Prix « Correntes d’escritas » 2004 (Povoa da Varzim, Portugal), Prix Albatros de la Fondation Günter Grass 2006 (Allemagne). (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Notre monde contemporain, mû par un instinct sauvage de l'avenir, croise dans ce roman un monde plus ancien dans lequel une vieille usine abrite le destin d'une famille nombreuse récemment arrivée d'Afrique. Des mondes apparemment inconciliables que le hasard met en contact par l'intermédiaire de Milena Leandro, l'étrange jeune fille aux yeux de laquelle tout naît pour la première fois et dont la simplicité va tout bouleverser.

Dans un Algarve tragique et sauvage, Milena évolue entre une famille attachée à ses privilèges et à son image sociale et une tribu cap-verdienne vivace pour laquelle la musique irrigue la vie.

Milena nous conduit à travers la mort vers un amour impensable, un crime, une trahison et un silence à jamais scellé. Son regard toujours neuf sur la vie, le bien et le mal, sa vision de la valeur du monde constituent la matière même de ce roman.

Dans son oeuvre, Lídia Jorge fouiIle toujours au plus profond de la cruauté primaire des êtres. Ici, pour la première fois, elle nous découvre la perversité et la lâcheté qui l'accompagnent.

Cet extraordinaire roman a reçu le Prix de l'APE, l'un des prix littéraires les plus prestigieux du Portugal.

PRIX DES LECTEURS 2005 du Salon de la Littérature Européenne de Cognac 

 

Ce que j’ai aimé :

Des mots qui envoûtent le lecteur comme ils envoûtent la jeune héroïne, Milène... Cette jeune fille fragile qui aimerait trouver les mots justes pour dire le monde est touchante de vérité. Parce que les mots sont création, et qui les maîtrisent est maître du monde, proche de Dieu et des anges.

« Elle sentait à l’intérieur de sa tête un nuage en spirale, un carrousel  d’informations, de détails proches et lointains, tous pêle-mêle, dont elle n’arrivait pas à extraire l’essentiel devant ces visages plantés autour d’elle dans l’attente de ses paroles alors qu’elle  ne leur répondait pas. Elle se dit qu’elle pourrait peut-être faire vite. Elle dépassait parfois le nuage semblable à un carrousel qui tournait, un peu comme un poisson dont la vision circulaire rend tout proche et équidistant, et elle trouait le nuage pour en sortir à toute vitesse. » (p. 50)

  Deux familles antagonistes qui n’ont pas le même langage et vont même jusqu’à créer un mot qui les sépare davantage encore : le mot « vague ». Deux vagues ne peuvent pas se rencontrer, l’une efface l’autre. Et pourtant… Deux gouttes vont se frôler, ceci grâce à un personnage étrange : la grand-mère de Milène, venue mourir aux portes de la « troisième vague ». Comme si les personnes âgées se situaient déjà au-delà des mots, au-delà du monde, dans la compréhension. Milène et Antonino vont s’aimer en inventant alors leur propre langage : celui du sentiment.

Un magnifique roman sur le pouvoir créateur des mots mais aussi sur le mal qu’ils peuvent engendrer.

Le style poétique nous emporte au Portugal, le lecteur devient un personnage du roman par l’intermédiaire de cette cousine qui raconte et semble dotée de pouvoirs omniscients. Mais il n’en est rien, elle ne fut que spectatrice et restera étrangère au monde magique de Milène et Antonino, tout comme nous, lecteurs. Nous sommes seulement conscients d’avoir froler les anges et la perfection.

Un roman qui reste gravé dans nos mémoires…

 

Premières phrases :

« En ce chaud après-midi d’août, le long corps de la Vieille Fabrique était encore là, étendu dans le soleil. Pas intact à proprement parler, puisque déjà à l’époque la toiture verdâtre était gondolée comme si l’ondulation de la mer se prolongeait sur la couverture de l’édifice. »

 

Vous aimerez aussi :

Autre :  La nuit des femmes qui chantent de Lidia JORGE

 

D’autres avis :

TELERAMA, Michèle Gazier

A l'écrit comme à l'oral, il y a chez Lidia Jorge une patience et une virtuosité de brodeuse, et l'expression d'une sensualité charnelle.


LIRE, Isabelle Fiemeyer

« Prodigieux d'étrangeté, ce long roman mélodieux et sinueux [...] est à l'image de l'œuvre tout entière, labyrinthique, poétique, musical, envoûtant. » 


ELLE, Olivia De Lamberterie

"Le Vent qui siffle dans les grues" est un roman exigeant qui laisse une impression tellement durable et profonde que cela vaut vraiment la petite peine qu'on a à y entrer. On est saisi, rarement on a vu décrite si implacablement la cruauté humaine, au travers d'une conjuration minable de notables, de leur résolution à couper les ailes d'une des leurs, au nom de leur prétendue normalité. (…) Au travers de ce nœud de vipères grouillant de secrets, Lídia Jorge signe un roman somptueux, sur le pouvoir des mots et l'intranquillité de ceux qui ne les maîtrisent pas, sur la force des passions et les lâchetés auxquelles elles conduisent, sur une femme comme neuve. Son regard est plein de compassion pour son héroïne, son roman excite la terreur et la pitié. Vraiment très impressionnant. 

L'HUMANITE, Alain Nicolas

L'art de Lidia Jorge est de laisser le récit se mettre en place, de faire avancer le lecteur dans la lenteur d'une de ces journées accablantes, guidé par ce personnage auquel on s'attache avant de comprendre ce qui lui arrive. Ce très beau roman, moins baroque que la Couverture du soldat gagne en intériorité, en subtilité. L'intrigue, réfractée par la multiplicité des regards des personnages, donne au lecteur une vision à la fois intimiste et polyphonique, à l'image des bifurcations de ce récit terrible de cruauté et d'espoir.


SERVICE LITTERAIRE ; Emmanuelle de Boysson

« Anne-Marie Métailié à l’extrême bon goût de publier des chefs d’œuvres. Le Vent qui siffle dans les grues, de la Portugaise Lídia Jorge, a reçu le Prix de l’APE au Portugal. L’auteur y creuse la perversité et la lâcheté des êtres. »

 

Le vent qui siffle dans les grues, de Lidia Jorge, traduit du portugais par Geneviève Leibrich, Métailié, mars 2004, 22 euros

 

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L'ombre du vent de Carlos Ruiz ZAFON

Publié le par Hélène

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Je ne résiste pas à partager avec vous l'excellent billet de Théoma sur ce roman...

 

J'ai lu ce roman il y a plusieurs années de cela, et j'ai eu exactement le même ressenti qu'elle...

 

C'est ICI.

Publié dans Littérature Europe

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Idées cadeaux de Carole Fives

Publié le par Hélène

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  Présentation :

 Je vis pour le moment dans le Nord, à Lille. J'ai écrit en 2010 un premier recueil de nouvelles, "Quand nous serons heureux." En septembre sortira mon premier roman, "Que nos vies aient l'air d'un film parfait." C'est un livre qui parle des relations entre frère et sœur, des enfants du divorce, des années 80... Et qui se construit à partir de "voix" , celles des différents narrateurs: chacun à son tour prend la parole et donne sa version, sa chanson, son "film parfait." 

Fin août, sortira aussi un album jeunesse pop-up, "Dans les jupes de Maman", un petit garçon qui ne veut pas quitter les jupes de sa mère, celles ci se transforment au gré des pages en autant d'endroits merveilleux... Encore une façon d'aborder la question des relations familiales, et sur un ton léger le complexe d'Oedipe. Les illustrations sont de Dorothée de Monfreid qui avait dessiné la couverture de "Zarra", à l'École des Loisirs (2010)...

 

  Les réponses aux questions :

 

Pourquoi offrir un livre ?


 

Pour faire passer un message, mais pas seulement…

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

Eau sauvage, Valérie Mréjen

 

Un livre qui donne envie de légèreté ?

Petits poèmes écrits pour passer le temps, Carl Norac

 

Un livre pour donner envie d'égalité ?

Bas monde, Patrick Varetz

 

Un livre pour donner envie de liberté ?

La peau et les os, Georges Hyvernaud.

 

Un livre pour donner envie de fraternité ?

Que nos vies aient l’air d’un film parfait, bah oui, le mien, il parle des relations frère-sœur ! (à paraître en août )

 

Un livre pour donner envie de festivité ?

Univers univers, Régis Jauffret

 

Un livre pour donner envie de beauté ?

Fragments d’un discours amoureux, Roland Barthes

 

Un livre pour donner envie de gaieté ?

La conquête du monde, Sybille Grimbert

 

Un livre pour donner envie de vérité ?

Loin d’eux, Laurent Mauvignier         

 

Un livre pour donner envie de volupté ?

Faire l’amour, Jean-Philippe Toussaint

 

Un livre pour donner envie de lucidité ?

Tu ne t’aimes pas, Nathalie Sarraute


 

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L’arbre de l’oubli de Alexandra FULLER

Publié le par Hélène

                                              arbre de l'oubli

♥ ♥

Un bel hommage rendu à une famille pas comme les autres... 

 

L’auteur :

Alexandra Fuller, née en Angleterre, a grandi en Rhodésie (Zimbabwe) et en Zambie. Elle est l’auteur de quatre livres, traduits dans une dizaine de pays, et a signé de nombreux articles pour le Financial Times, New York Times Book Review, National Geographic, New Yorker Magazine, Vogue et Granta.

 

L’histoire :

Née sur l’île écossaise de Skye, la mère d’Alexandra Fuller, mieux connue sous le nom de « Nicola Fuller d’Afrique centrale », a grandi au Kenya dans les années cinquante, avant d’épouser un Anglais fringant. Ils s’installent dans leur propre ferme, d’abord au Kenya puis en Rhodésie -l’actuel Zimbabwe- où l’auteur, Bobo, et sa sœur ont grandi, avant d’atterrir en Zambie. Nicola, à la fois drôle, originale et spontanée, reste inébranlable dans le maintien de ses valeurs familiales, la fierté de son sang écossais, et sa passion pour la terre et les animaux. Le parcours de la famille Fuller, déterminée à rester en Afrique malgré la guerre civile, est fait de survie, de folie, de loyauté et de pardon. Elle trouvera la sérénité sous son « arbre de l’oubli ». (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

La première partie du roman est légère et le ton humoristique transforme cette famille déjantée en cocktail explosif. La mère d'Alexandra lui serine à longueur de journée qu'elle a dû être échangée à la naissance :

"Pour ma part, je ne semble pas avoir hérité de la passion de maman pour la violence. Je ne suis pas extra-lucide comme ma grand-mère. Je ne fais pas de déclarations unilatérales d'indépendance chaque fois que nous avons tous trop bu. Mes yeux sont vert foncé et le restent si je suis très excitée ou en colère. Je vois que l'Ecosse est belle, ou que certianes de ses régions le sont, mais je ne tombe pas à genoux chaque fois que je débarque dans l'île de Skye et que je respire l'odeur de la tourbe. En outre, bien que l'une de mes jambes soit plus courte que l'autre, je tourne rarement en rond, même quend je suis soûle." (p. 29)

Pour une fête costumée elle se voit affublée d'un déguisement improbable :

"J'étais Jamais je ne t'ai promis un jardin de roses, vêtue d'un vieux tricot de corps et d'un short, à l'intérieur  d'un bidon d'insecticide vide que lequel maman avait collé quelques photos de mauvaises herbes découpées dans les pages de Farmers Weekly." (p. 43)

Quant à sa soeur Vanessa, sa mère lui a lu tellement de Shakespeare quand elle était enceinte qu'elle a été dégoûtée de la lecture...

"Aussi, quand elle vint au monde, le 9 mars 1966, au War Memorial Hospital de Nakuru, Vanessa Margaret Fuller avait été exposée au Roi Lear, à Macbeth, à Hamlet, à la plus grande partie de Coriolan, à plusieurs sonnets et à toutes les comédies majeures. Elle avait les cheveux blonds, des yeux bleus et était d'un calme surnaturel. Maman hausse les épaules.

"Comment aurais-je pu savoir que ça la dégoûterait de la lecture pour le restant de sa vie ?""(p. 184)

A la beauté et légèreté de cette famille répond la dureté de la vie africaine avec son lot de catastrophes, de morts, de conflits, de guerres... Malgré cela, la famille Fuller y restera irrémédiablement attachée :

"A présent, dans notre canyon, notre kloof isolé dans les Cederberg, les colombes perchées sur l'arbre au-dessus de nos têtes battent des ailes avant de s'endormir pour la nuit. Un babouin solitaire dans les falaises aboie un avertissement et le monde se sent observé par un léopard. Une brise se lève dans la prairie et nous apporte l'odeur de céréales émanant de l'herbe et de la terre desséchée par la chaleur." (p. 165)

 

Ce que j’ai moins aimé :

Il n'est pas toujours évident de suivre les personnages car l'auteur passe de sa propre histoire à celle de sa mère ou de sa grand-mère sans chronologie particulière.

Le style manque d'envolées lyriques...

 

 Premières phrases :

« Du plus loin qu’il nous en souvienne, notre maman – ou Nicola Fuller d’Afrique centrale, comme elle aimait à se présenter à l’occasion – a toujours désiré avoir un écrivain dans la famille car non seulement elle aime les livres et a toujours souhaité y apparaître (de la même façon qu’elle apprécie les grands chapeaux coûteux, et a du plaisir à se montrer avec), mais elle a toujours voulu vivre une existence follement romantique exigeant d’être transcrite par un témoin assez malléable. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Larmes de pierre 

Autre :  Littérature Afrique Australe

 

D’autres avis :

Blogs : Keisha ; Manu ; Cathulu 

   

L’arbre de l’oubli : Mémoires, Alexandra Fuller, traduit de l’anglais par Anne Rabinovitch, Editions des deux terres, avril 2012, 331 p., 22 euros

Merci à l'éditeur.

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Le collier de la reine et autres nouvelles de Maurice LEBLANC

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 Maurice Leblanc est né en 1864 à Rouen. Après des études de droit, il se lance dans le journalisme. En 1907 paraît son premier ouvrage « policier » : Arsène Lupin gentleman cambrioleur. Le personnage devient immédiatement populaire et Leblanc en fait le héros d’une longue série d’aventures. Au total trente récits, parmi lesquels Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908), L’Aiguille creuse (1909), Le Bouchon de cristal (1912), Les Huit Coups de l’horloge (1921), La Cagliostro se venge (1935)… Maurice Leblanc est mort en 1941 à Perpignan. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Un soir, ainsi qu’elle en a l’habitude à l’occasion de grandes solennités, la comtesse de Dreux-Soubise décide de porter le magnifique collier autrefois destiné à Marie-Antoinette et qui avait donné lieu à l’« affaire du collier ». Avant de se coucher, elle le confie à son mari qui le dépose à sa place habituelle, dans un petit cabinet attenant à la chambre et dont le verrou est fermé de l’intérieur. Au réveil, le collier demeure introuvable… Dans les cinq nouvelles de ce volume, on retrouve Arsène Lupin sous diverses identités, à la fois enquêteur et voleur, gentleman et cambrioleur.

Ce volume comprend : Le Collier de la reine, La Perle noire, Au sommet de la tour, La Carafe d’eau et La Lettre d’amour du roi George.

(Présentation de l’éditeur)

  

Ce que j’ai aimé :

Arsène Lupin, homme  élégant, racé, sarcastique s’en prend aux riches avec classe et intelligence. C'est un homme charmant, prêt à tout pour défendre la veuve et l’orphelin, homme vif, drôle aussi, il est le gentleman par excellence.

 L’alliance de roman policier et roman d’aventures rythme allègrement le récit servi par un style tout aussi vivace.

  « Ce que j’ai voulu d’abord, c’est vous distraire. Votre vie était monotone et manquait d’imprévu. En fut-il de même aujourd’hui ?

-          Comment pouvez-vous poser une telle question ? J’ai vécu les minutes les plus fortes et les plus étranges.

-          C’est cela, la vie, dit-il, quand on sait regarder et rechercher. L’aventure est partout, au fond de la chaumière la plus misérable, sous le masque de l’homme le plus sage. Partout, si on le veut, il y a prétexte à s’émouvoir, à faire le bien, à sauver une victime, à mettre fin à une injustice. »

Elle murmura, frappée par ce qu’il y avait en lui de puissance et d’autorité :

« Qui donc êtes-vous ?

-          Un aventurier, pas autre chose. Un amateur d’aventures. La vie ne vaut d’être vécue qu’aux heures d’aventures, aventures des autres ou aventures personnelles. » (p. 71)

L'action endiablée, le mouvementcontinuel et la vitesse de l’écriture font de ces petites nouvelles un régal de lecture... 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’aurais préféré choisir un recueil plus complet maintenant que je suis tombée amoureuse de Arsène, ce recueil-ci a tout juste fait office de préliminaires et m’a laissé sur ma faim…

 

Premières phrases :

« Deux ou trois jours par an, à l’occasion de solennités importantes, comme les bals de l’ambassade d’Autriche ou les soirées de Lady Billingstone, la comtesse de Dreux-Soubise mettait sur ses blanches épaules le « Collier de la Reine. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les huit coups de l’horloge

 

D’autres avis :

Lu dans le cadre du Blogoclub  

Le collier de la reine et autres nouvelles, Maurice Leblanc, Le livre de poche, 2 euros

 blogoclub  

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