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Chaman de Galsan TSCHINAG

Publié le par Hélène

 chaman 

 

♥ ♥

 

L’auteur :

Galsan Tschinag est né en 1944 dans une famille d’éleveurs nomades touvas en Mongolie occidentale et a passé sa jeunesse dans les steppes du Haut-Altaï, aux confins de l'Union Soviétique.
Après son bac à Oulan-Bator, bénéficiant des programmes de coopération entre les pays communistes, Galsan Tschinag a la possibilité d’étudier la linguistique à Leipzig, en RDA. Il écrit soit en mongol soit en allemand. Son premier ouvrage, Ciel bleu, est publié en Allemagne en 1994. Il obtient le prix Adalbert von Chamisso, récompensant un auteur étranger écrivant en allemand.

Parallèlement à l'écriture, Galsan Tschinag se consacre à la protection des coutumes de son peuple, menacées par les dangers de la modernisation.

L’histoire :

Après de nombreuses années passées à sillonner le monde, Galsan Tschinag revient vers son peuple, les Touvas, des nomades du Haut- Altaï au nord de la Mongolie, pour y passer le soir de sa vie. Mais la situation est délicate, ses deux disciples chamans, ainsi que son peuple, ne sont pas d’accord sur le chemin à prendre pour affronter l’avenir. La vie nomade traditionnelle et le XXIe siècle se dressent face à face comme deux géants inconciliables.


Pour apaiser les esprits, une caravane est envoyée au Lac Jaune où une colline sacrée doit être consacrée. La narration tisse des rêves et des souvenirs du narrateur qui passe sa vie en revue pour en retenir les moments les plus importants : scolarité pendant les années 50 staliniennes, études supérieures à Leipzig dans les années 60, la première rencontre avec le Dalaï-lama en 1981, et la réalisation de son souhait le plus cher : la grande caravane avec laquelle son peuple retourne en 1985 dans le Haut- Altaï pour reprendre le mode de vie traditionnel nomade.

 

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Ce que j’ai aimé :

 

Chaman est un texte pur mené par une voix hypnotique qui nous invite dans son univers, à la rencontre des siens. Le lecteur est comme gêné au début, décalé dans un monde qui n'est pas le sien, puis, petit à petit, le talent de conteur et ses qualités indéniables d'hôte mettent à l'aise ses invités passionnés alors par ce qu'ils découvrent. 

 Les textes de Galsan Tschinag sont toujours une plongée en apnée dans un univers lointain dépaysant et fascinant. Ici, il nous livre son histoire et nous permet de mieux comprendre les clés de cette Mongolie en pleine mutation, oscillant entre tradition et modernité. Son texte est nimbé de son intelligence et de sa clairvoyance de chaman.

"Ma yourte palpite dans la steppe

cette autre grande yourte qui est mienne

Le mince filet de fumée

Qui tourbillonne dans la petite

S'élève à travers la grande

Et s'enfonce parmi les nuages

Est le cordon de ma naissance

Je suis l'oeuvre commune

De notre père le Ciel, de notre mère la Terre

Et pour trois vies de cheval

Je me chauffe au foyer fougueux des nomades." (p. 115) 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Il est quelquefois difficile de rentrer dans ce texte, il faut se laisser bercer par le chant hypnotique de l'auteur et faire abstraction de ce qui nous entoure pour que se crée la vraie rencontre. Galsan Tschinag demande de la concentration, mais la beauté du texte vaut les efforts fournis... 


Premières phrases :

« Voici l’histoire d’un rêve opiniâtre. Un rêve qui, pendant tout un hiver, s’est emparé de moi presque chaque nuit, parfois même le jour, pour me ravir et me tourmenter tout à la fois. J’ai dû et pu le coucher sur le papier avant même de savoir si j’allais pouvoir lui aussi le réaliser comme nombre de ses prédécesseurs, tout d’abord vagues chimères, songes bouillonnants et bariolés. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï 

Autre : deux films magnifiques Les deux chevaux de Gengis Khan de Byambasuren Davaa et Urga de Nikita MiKhalkov

urga0.jpg

D’autres avis :

 

LA QUINZAINE LITTERAIRE, Jean-Luc Tiesset
« Galsan Tschinag nous entraîne une fois de plus vers les paysages lointains et grandioses de l’Asie centrale, là où la réalité le dispute au fabuleux ». Lire l'article entier ici.

KAELE, Fabien Franco

« Ce qui frappe dans ce texte littéraire, c’est la force de son réalisme, la richesse de sa pensée, et la profondeur de son humanisme. Comment ne pas accepter un tel cadeau ».

BOOKS, Suzi Vieira

" Son dernier livre revient sur son incroyable parcours, mais surtout sur son retour au sein du clan Touva, une minorité turkmène de Mongolie, dont il es le chef et le chaman".

LE MONDE DIPLOMATIQUE, Sophie Divry

« Passeur de frontières ». Lire la suite ici

MEDIAPART, Aliette Armel
« Je suis issu d'un peuple nomade et j'ai appris à maîtriser la culture occidentale. Je me considère donc comme un pont liant l'Est et l’Ouest.» Lire la suite ici

 

Chaman, Galsan Tschinag, Métaillié, traduit de l’allemand (Mongolie) par Isabelle Liber, mars 2012, 252 p., 20 euros

Merci à Valérie Guiter des Editions Métailié

Publié dans Littérature Asie

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A l’angle du renard de Fabienne JUHEL

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 L’auteur :

 Fabienne Juhel a grandi dans la campagne bretonne près de Saint-Brieuc, au milieu des bois, entourée de plumes, d'animaux sauvages et de mégalithes.

Elle obtient son doctorat de Lettres en 1993 avec une thèse sur le poète des Amours jaunes, Tristan Corbière ; publie des articles dans la revue Skol Vreizh.

En 1995, elle est nommée commissaire de l'exposition qui célèbre la naissance du poète, et est chargée, en 2006, du contenu du site officiel Tristan Corbière par la ville de Morlaix.

Elle enseigne les Lettres dans un lycée dans les Côtes-d'Armor, après avoir été chargée de cours à l'Université de Rennes 2. À la demande du littéraire.com, elle a fait paraître en ligne une nouvelle intitulée ...Comme une image dans le cadre de la manifestation « Lire en fête 2005 ».

La Verticale de la lune, son premier roman, a paru chez Zulma en août 2005. Le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2009 parrainé par la Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire a été attribué à Fabienne Juhel pour À l’angle du renard (Rouergue, 2009). (Source : Babélio)

 

L’histoire :

" Le Rigoleur, c'est mon nom de famille. Le Rigoleur avec la particule, petite noblesse bretonne oblige. Le Rigoleur, oui, mais pas rigoleur pour deux sous. Qu'est-ce qui me ferait rire, hein ? Est-ce que j'ai une tête à rigoler ? Tiens, ça se saurait si l'habit faisait le moine. " Paysan breton, Arsène Le Rigoleur est ancré à sa terre et à ses secrets. Gare à celui qui ira fouiner sur son territoire et dénicher de vieilles histoires. Des gens de la ville, les Maffart, s'installent dans la métairie voisine, une belle ferme rénovée du XVIIe siècle. Comme ça va être bon, pour les deux gamins, de grandir à la campagne. Mais quand on ne connaît rien à la lune rousse et aux pièges à renard, mieux vaut se tenir à l'écart du Rigoleur et de sa tanière. (Quatrième de couverture)

 

Mon avis :

Où nous faisons la connaissance d’un drôle de bonhomme Arsène le Rigoleur, et si au début on le trouve drôle avec ses préceptes de paysan (« Quand la lune est rousse, il ne faut pas oublier de rentrer son linge. Tout le monde sait ça. Eh bien apparemment pas la nouvelle voisine »), on s’aperçoit bien vite que ce n’est pas un rigolo. Plutôt un taciturne qui cache dans son pelage des histoires lourdes de signification… Et malgré tout, on finira par s’attacher à ce bonhomme bougon toujours sur le fil entre l’homme et l’animal.

C’est un roman très original que nous offre Fabienne Juhel, un roman bien écrit qui instille délicatement de la poésie et du sentiment dans ces fermes arides du fin fond de la Bretagne.

Une très belle découverte.

 

Premières phrases :

« C’est ici qu’il se terre. Non loin des hommes qu’il fréquente à distance, entre chien et loup.

Il a toujours habité ici, dans ce bois, après le village, sur cette butte qu’on appelle Le Tertre. Sans doute parce qu’il y est né. Ça aurait pu être un autre bois, plus au sud, sous un meilleur climat, ça aurait été pareil ; il n’aurait pas bougé. Aucun danger. Est-ce qu’on demande à un arbre d’aller planter son fût ailleurs ? Est-ce que ces choses-là sont mêmes possibles ? »

 

D’autres avis :

Clara ; Papillon ; Ys ;  Cathulu 

 

A l’angle du renard, Fabienne Juhel, Le Rouergue, 2009, 234 p., 17.30 euros

Prochainement en POCHE : A l’angle du renard, Fabienne Juhel, Actes Sud, août 2012, 7.50 euros

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Vert Palatino, un printemps meurtrier de Gilda PIERSANTI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Prix polar dans la ville

 

L’auteur : 

Née en italie quand les sixties n'étaient pas les sixties, non loin de la ville d'Hadrien, elle a grandi à Rome et nourri une passion précoce pour la Ville éternelle. Philosophe, critique littéraire, tradutrice, elle est l'auteur de romans noirs. (présentation de l'auteur)

Le site de Gilda Piersanti 

 

L'histoire :

 

À Rome, depuis des semaines, il pleut. La ville est paralysée, le jour de Pâques s’est terminé en bouillie, personne n’a pu remplir le panier pour le pique-nique rituel de Pasquetta (le lundi de Pâques). Et voilà qu’une accalmie inespérée surprend tout le monde, sauf le petit groupe d’archéologues qui l’attendaient avec impatience et décident d’aller vérifier leurs fouilles sur la colline du Palatino, arrêtées « pour cause météorologique ». Mais, sous les bâches blanches qui protègent les fouilles, une surprise attend une jeune archéologue de l’équipe en mal d’amour.

Dans cet épisode, le sang froid de l’inspecteur principal Mariella De Luca est mis à dure épreuve au cours d’une enquête qui la conduira des milieux pédophiles jusqu’aux troubles intimes d’une jeune mère habitant le quartier de Corviale, cette extraordinaire barre de logements sociaux d’un kilomètre de long, construite à la fin des années 70 au sud-ouest de Rome. (Présentation de l’éditeur)
 

Ce que j’ai aimé :

Un bon roman policier ne se contente pas d’une intrigue passionnante, pour acquérir une épaisseur substantielle, il doit conjuguer une atmosphère particulière, des personnages à la profondeur attirante, un contexte social ou politique inévitable, bref il lui faut tout un faisceau de ramifications qui le mèneront vers un gage de qualité. Les romans de Gilda Piersanti sont de cette veine, ce Vert Palatino s’accordant parfaitement avec les prérogatives requises.

 Gilda Piersanti situe ses intrigues dans une ville qu’elle connait sur le bout des doigts, pouvant ainsi facilement semer tout cliché touristique.  Vert Palatino est le deuxième opus des Quatre saisons Meutrières, « Les quatre saisons meurtrières : quatre histoires, quatre enquêtes policières qui débutent sur des lieux communs du noir pour les déjouer… » (résumé de l’éditeur)

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 Durant ce printemps 2001, Rome est assaillie de pluies diluviennes que viennent adoucir une accalmie à laquelle personne n’ose croire. Mais les romains sont reclus chez eux, devant leurs écrans, la coupe d’Italie battant son plein. Seule Mariella ne semble pas vibrer devant le championnat, même si, en italienne de souche,  elle maîtrise le sujet au besoin.

 Mariella De Luca est une jeune femme mystérieuse, à fleur de peau, qui aime suivre ses impulsions, aussi scabreuses soient-elles. Enquêtrice hors pair, sa vie privée erre dans des territoires sombres aux fils entremêlés.

 « Elle s’était jurée qu’elle ne tomberait jamais sous l’emprise d’un homme. L’amour, surtout pour les femmes, c’était l’instrument des tortures qu’elles s’infligeaient à elles-mêmes. » (p. 155)

 Elle bénéficie du soutien sans pareil de son responsable hiérarchique D’Innocenzo, un homme marqué par la disparition inexpliquée en Inde de son fils sept ans auparavant, et par l’aphasie dans laquelle est tombée sa femme suite à cette disparition. Cette intrigue secondaire mystérieuse et non résolue du roman permet de pousser le lecteur en avant vers les épisodes suivants.

 Dans cette enquête, Mariella est affublée d’un jeune stagiaire et le meurtre d’un membre d’un réseau pédophile et la disparition quasi simultanée d’une petite fille les mènent dans le quartier de Corviale, une barre d’immeubles de un kilomètre de long, haute de neuf étages, surnommée « Le Serpentone » en raison de sa réputation sulfureuse. Au fil de ses découvertes, Mariella explorera plusieurs milieux et sera amenée à côtoyer des personnages atypiques, aux souffrances éraillées.

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 Un opus italien magistral !

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

  

Premières phrases :

« Elle manqua la dernière marche et s’agrippa à la grille. En principe, il fallait des clés pour entrer. En montant jusqu’au dernier étage, Mariella se doutait que ce serait fermé. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Rouge abattoir de Gilda PIERSANTI

Autre :  Le roi Lézard de Dominique SYLVAIN

 

Vert Palatino, un printemps meurtrier, Gilda PIERSANTI, Editions le Passage, 320 p. 15 euros

POCHE : Vert Palatino, un printemps meurtrier, Gilda PIERSANTI, Pocket, février 2009, 6.70 euros

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Publié dans Roman policier Europe

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L'appel des origines tome 1 de CALLEDE ET SEJOURNE

Publié le par Hélène

                                     appel-des-origines-harlem

♥ ♥ ♥

Tout mettre en péril pour partir en quête de ses origines ?

 

Les auteurs :

 

Auteur vivant à Bayonne, Joël Callède a suivi des études d’histoire avant d’entrer à l’IUFM. Mais son amour de la BD est plus fort qu'une carrière dans l'éducation nationale et il décide de se lancer. Il signe le scénario de Comptine d’Halloween chez Delcourt, série dessinée par Denys. Il fait ensuite la rencontre de Gihef et en 2004 ils signent Enchaînés chez Vents d’Ouest, dont la deuxième saison a repris en 2010. Suivront plusieurs séries : Tatanka et Dans la Nuit chez Delcourt, Haute Sécurité, Damoclès et Asthénie chez Dupuis. Il participe également à l'aventure XIII Mystery parrainée par Van Hamme. Son album paraîtra en 2013. En 2011, il lance avec Gaël Séjourné au dessin la série L'Appel des Origines.

Gaël Séjourné est né en 1966 à Saint-Nazaire. Après des études d'Arts Plastiques, il se lance comme graphiste dans une maison d’édition spécialisée dans la sécurité routière, où il travaille toujours. Après sa rencontre avec Serge Perrotin et grâce aux conseils de Crisse, il publie Lance Crow Dog en 1998 (5 tomes). Il publie ensuite la série Tatanka (5 tomes) avec Joël Callède. En 2010 il signe le tome 2 du Jour J, avec Pécau et Duval.

Jean Verney est à la couleur dans cet album.

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L'histoire :

 Harlem, les années 20. La jeune Anna travaille la journée dans le restaurant de son oncle et sa tante, et la nuit danse au rythme du jazz. Une vie qui pourrait être légère… Mais Anna est tourmentée par ses origines : elle est métisse, un statut difficile qui l’empêche de trouver sa place. Un jour, elle découvre l’existence de son père inconnu : un Blanc, mystérieusement disparu en Afrique.

Elle ne pense plus qu’à le retrouver, et réussit à se joindre aux membres d’une expédition se rendant sur le continent noir à la recherche des origines de l’Homme. À chacun sa quête, à chacun ses origines : les voici partis ensemble à la poursuite de leurs chimères.

Au croisement d’Out of Africa et des romans de Joseph Conrad, ce triptyque retrouve le souffle romantique de la grande aventure tout en proposant un regard réaliste sur une époque et sur un phénomène que chacun ressent à un moment de sa vie : l’appel des origines. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

L'atmosphère de ces années de Prohibition (1919-1933) dans Harlem est magnifiquement bien rendue : la musique qui s'élève des "speakeasies clandestins", bars clandestins où l'alcool de contrebande coule à flots au son du jazz ou du ragtime, les flappers, "jeunes femmes modernes des années 20, aux jupes courtes et aux moeurs libres, aimant boire l'alcool, fumer et danser aux rythmes du jazz", Le Cotton Club et ses musiciens de légende, Duke Ellington, Cab Calloway, Louis Amstrong, les "Washingtonians", groupe musical composé notamment de Duke Ellington et le saxophoniste Sidney Bechet, Ethel Waters... Dans ce quartier,  "les rêves les plus fous, la réalité la plus sombre, la violence la plus tragique" (p. 17) cohabitent pour former un ensemble détonnant...

La jeune Anna est une jeune femme de son temps qui profite de tous ces plaisirs illicites avec ses amis. Mais ses projets changent le jour où elle apprend l'identité de son père et où elle décide de partir à sa recherche en Afrique aux côtés de Simon, jeune scientifique passionné et passionnant... Ils s'embarquent à la fin du tome 1, poursuivis par Marcus, voyou notoire prêt à tout pour obtenir les faveurs de la belle métisse...

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Un scénario attirant servi par des dessins chaleureux rendent ce premier tome très prometteur...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

 

Vous aimerez aussi :

Le tome 2 sorti en janvier 2012

Les albums de Jean-Pierre GIBRAT

 

L'appel des origines, Tome 1 Harlem, CALLEDE, SEJOURNE, Vents d'ouest, février 2011, 56 p., 13.90 euros

 

BD Mango bleu

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La part manquante de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

                                    part manquante

 ♥ ♥

"Il y a, dans l'air chaud, comme un orage qui s'annonce, comme un amour qui s'avance." (p. 84)

 

 L'auteur :

Christian BOBIN est un écrivain français contemporain, auteur de "fragments", des textes en prose poétiques. Il a connu le succés à partir de 1991 avec Une petite robe de fête.

 

Ce que j'ai aimé :

Ceux qui apprécient le charme de Christian Bobin savent que la beauté de ses pages est indéfinissable, elle ne se laisse pas appréhender par des mots tant elle est aérienne et volatile.

Dans ces douze nouvelles, il nous parle d'amour, de solitude, d'enfance, d'écriture, de lecture : 

"Lire c'est s'apprendre soi-même à la maternelle du sang, c'est apprendre qui l'on est d'une connaissance inoubliable, par soi seul inventée. L'enfance tourne avec les pages." (p.23)

"On pourrait recenser les livres suivnat l'embarras d'en parler. il y a ceux engorgés de pensée, de savoir. Tous ces livres ensablés dans l'eau morte des idées. les gens qui vous en parlent vous sont très vite insupportables. Même quand ils lisent beaucoup ils ne lisent pas : ils confortent leur intelligence. Ils font fructifier leur or. Et il y a les livres que l'on ne sait pas dire, à peine montrer du doigt, comme la première étoile dans le ciel mauve." (p. 43)

"Nos attitudes devant la vie sont apprises durant l'enfance, et nous écoutons le chant des lumières comme un nouveau-né entend un bruit de source dans son coeur. Nos attitudes devant l'amour sont enracinées dans l'enfance indéracinable, et nous attendons un amour éternel comme un enfant espère la neige qui ne vient pas, qui peut venir." (p. 76)

La magie agit alors, comme par miracle ...

 

 Ce que j'ai moins aimé :

Les allusions à Dieu sont un peu trop présentes à mon goût...

 

Premières phrases :

"Elle est seule. C'est dans un hall de gare, à Lyon Part-Dieu. Elle est parmi tous ces gens comme dans le retrait d'une chambre. Elle est seule au milieu du monde, comme la vierge dans les peintures de Fra Angelico : recueillie dans une sphère de lumière. Eblouie par l'éclat des jardins. Les solitaires aimantent le regard." 

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Les ruines du ciel 

Autre :  Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas VINAU

 

La part manquante, Christian Bobin, Gallimard Folio, 4.20 euros

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Perdre est une question de méthode de Santiago GAMBOA

Publié le par Hélène

perdre est une question de méthode

L’auteur :

Né en Colombie en 1966, Santiago Gamboa a étudié la littérature à l’université de Bogotá jusqu’en 1985, puis la philologie hispanique à Madrid. Il est l’auteur d’une thèse de doctorat à la Sorbonne sur la littérature cubaine. Journaliste au service de langue espagnole de RFI, correspondant du quotidien El Tiempo de Bogotá à Paris, Santiago Gamboa est actuellement attaché culturel de la Colombie à l’UNESCO.

 

L’histoire :

Victor Silampa tient la rubrique des faits divers d'un quotidien colombien, il est aussi détective privé et très amoureux. Il enquête sur l'identification d'un cadavre horriblement mutilé, en compagnie d'un petit fonctionnaire doté d'un grand bon sens qui recherche son frère disparu. Couple don quichottesque, les deux hommes fréquentent une communauté naturiste et mettent à jour la corruption ordinaire de toutes les grandes métropoles. Avec un sens de l'humour et du dialogue incomparable, l'auteur construit un héros mélancolique qui perd méthodiquement sa vie personnelle à lutter contre les puissants.

 

Mon avis :

Le personnage central d’un roman policier, qu’il soit détective privé, professionnel, commissaire, journaliste ou cuisinier, se doit d’être doté de qualités essentielles à mes yeux : prêt à tout pour défendre la veuve et l’orphelin, il est un personnage complexe qui flirte avec la violence au quotidien et qui oscille ainsi souvent entre moralité et dérogations aux messages bien-pensant. Ténébreux, torturé, il est faible devant le beau sexe et ne néglige pas quelques tentations comme l’alcool, les bons repas ou la bonne musique. Bref, un Dahlgren bien sûr, mais Stoney n’est pas mal non plus, sans parler de Philip Marlowe…

 Et ici, ô déception cruelle et rédhibitoire, le jeune Silapan est pleutre et s’affole dès la première difficulté en envoyant même ses sbires en reconnaissance par peur des coups. Les allusions à sa faiblesse affluent : « Silanpa lui obéit en tremblant de peur. »,  « il sentit l’air lui manquer », «Il avait raccroché, l’âme désespérée. »,  « Il parvint à ne pas montrer ses larmes à Estupinan » Des LARMES !! Non mais sans blague depuis quand les détectives pleurent ? Par fidélité et respect pour Dahlgren, je ne pouvais pas continuer plus avant une telle lecture ! C’eût été faire affront aux durs à cuire qui ont obtenu ma confiance !

 Il faut dire aussi que l’intrigue ne m’avait pas ferrée : je m’étais rapidement perdue dans l’afflux de personnages : des naturistes, un boulimique qui nous raconte ses malheurs, un avocat qui n’a pas compris que le droit de cuissage est démodé, des femmes « vulnérables et terrorisée » ou au contraire un peu trop entreprenantes «  Elle lui prit la main, lui caressa la pulpe des doigts, puis elle écarta ses cuisses et lui fourra sa main sous sa jupe » (ce à quoi notre pseudo-détective pleutre répond « Il faut que je parte immédiatement à mon bureau. » fichtre quel homme !) , des femmes idiotes ou vénales donc, un empalé sorti d’on ne sait où…

 J’ai abandonné !

 Vous aimerez aussi :

 Littérature Amérique du Sud

 D’autres avis :

Sophie Isabelle Neph 

 

Perdre est une question de méthode, Santiago Gamboa, Métailié suite Polar, 2003, 281 p., 8.50 euros

POCHE : Perdre est une question de méthode, Santiago Gamboa, Points, 2009, 346 p., 7 euros

 12 d'Ys

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Sur l’eau de H.M. VAN DEN BRINK

Publié le par Hélène

                                           sur l'eau

 ♥ ♥

 

  L’auteur :

Hans Maarten van den Brink (écrit le plus souvent H. M. van den Brink) est un écrivain néerlandais.

Il a fait une brillante carrière dans la presse écrite (au NRC Handelsblad) — il fut correspondant aux États-Unis et en Espagne) et dans l’audiovisuel (il fut directeur d’une chaîne de télévision, la VPRO) avant de se consacrer entièrement à l’écriture.
C’est avec Sur l’eau (1998), roman sur l’amitié et le bonheur, qu'il rencontre le succès international (roman traduit en anglais, italien, allemand). Dans Cœur de verre (1999) il met en scène, à travers le personnage d’un urbaniste, l’obsession de la réussite et du plaisir qui caractérise nos sociétés.

Il vit à Amsterdam avec sa femme et ses trois enfants. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

Le bonheur d'Anton était fait " de chair, de muscles, de soleil et de bois, d'eau et de pierre ". Un bonheur concret, palpable : ses entraînements d'aviron dans un élégant deux sans barreur, avec David, son coéquipier. Nous sommes en 1939, pourtant, et Amsterdam, comme toute l'Europe, retient son souffle, mais Anton ne vit que pour ces longues sorties sur la rivière, pour cette entente parfaite avec un autre corps accomplissant les mêmes mouvements et gestes que lui, ces coups d'aviron parfaitement synchronisés, cette impression de glisser sur l'eau... Sur l'eau, roman sur l'amitié et le bonheur, frappe par l'élégance de son écriture. Les pages que van den Brink consacre à la beauté fascinante de l'eau, de même que ses descriptions des corps dans l'effort sportif, rendent compte, avec grâce, du plaisir d'être vivant. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Sur l’eau est  un récit mélancolique d’une période en suspend avant l’horreur de la seconde guerre mondiale et le bouleversement collectif et individuel qu’elle va induire. Anton veut ignorer les soubresauts annonciateurs de la catastrophe pour profiter de ces moments magiques, à la fois intenses et douloureux, durant lesquels il doit s’harmoniser au beau David pour avancer sur la rivière, espérer gagner les compétitions, et éventuellement, participer aux jeux olympiques d’helsinski. Il évoque un temps suspendu entre terre et ciel, et nous plonge au cœur de l’exploit sportif, synonyme d’acharnement et d’amour…

 La rivière reste immuable face à tant de mouvement superficiel, attendant son heure pour lancer sa vague qui balaiera illusions et légèreté…

 

Ce que j’ai moins aimé :

Ce récit est assez lent, aussi fuyant que l’eau qu’il évoque…

 

Premières phrases :

« Il y a une demi-heure, j’ai entendu les avions pour la dernière fois. Ils ont survolé la rivière en diagonale, à très haute altitude, puis leur vrombissement s’est estompé vers l’est. Maintenant le silence s’est rétabli et on n’entend plus que les bruits normaux d’une nuit d’hiver au bord de l’eau. »

 

D’autres avis :

L’express Le matricule des anges  

 

 Sur l’eau, H.M. van den Brink, traduit du néerlandais par Anita Concas, Gallimard, 2000, 14.25 euros

POCHE : Sur l’eau, H.M. van den Brink, traduit du néerlandais par Anita Concas, folio, 2009, 6.50 euros  

Publié dans Littérature Europe

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Les ignorants de Etienne DAVODEAU

Publié le par Hélène

                      ignorants-1.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

« Le vin, c’est un truc pour se détendre, c’est un point de rencontre, un lien entre les gens ! » (p. 111)

 

L’auteur :

Je suis né en 1965 dans les Mauges ( c’est une région du Maine & Loire dont le nom viendrait étymologiquement de "MAUvaises GEns" en latin, vous voyez le tableau) . J’y ai passé une enfance formidable . Elle a principalement consisté à me balader avec mes copains dans les champs, à tirer à la fronde d’innocents moineaux puis à ricaner bêtement sur ma mobylette devant les filles.

Partie sur une courbe idéale qui faisait la fierté de mes parents, ma scolarité a reçu en pleine gueule une adolescence tourmentée. S’en est suivi un piqué en flammes assez spectaculaire. Quand je me suis réveillé au milieu des débris , ma main droite cramponnait un document noirci. Il fallait bien me rendre à l’évidence : J’avais mon bac.
À Rennes, je me suis inscrit à la fac, section Arts Plastiques pour une raison qui m’échappe encore. J’y ai étudié (un peu) et dessiné (beaucoup). Avec quelques gaillards qui nourrissaient le même intérêt que moi pour la bande dessinée, nous avons fondé le studio Psurde, modeste association qui nous permit de publier nos premiers travaux, heureusement aujourd’hui introuvables.
Qui étaient ces vaillants pionniers ? Olivier Maunaye, créateur du présent site, Fred Simon (Rails, Le Poisson clown, Popotka), Jean-Luc Simon (coloriste et dessinateur, pour qui j’ai écrit La Gagne), Joub avec qui j’anime Max & Zoé, ainsi que Christophe Hermenier et Thierry Guyader qui ont lâchement abandonné la bande dessinée pour la peinture et la presse.

Après quelques années d’études approximatives mais fort poilantes, j’ai cédé aux encouragements de la femme de ma vie et j’ai écrit le scénario de ce qui allait devenir mon premier livre. Intitulé L’homme qui n’aimait pas les arbres, il s’est niché comme il a pu dans le catalogue Dargaud en 1992. (Source : babélio)

Son blog : http://www.etiennedavodeau.com/

 

L’histoire :

Par un beau temps d’hiver, deux individus, bonnets sur la tête, sécateur en main, taillent une vigne. L’un a le geste et la parole assurés. L’autre, plus emprunté, regarde le premier, cherche à comprendre « ce qui relie ce type à sa vigne », et s’étonne de la « singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents. »

Le premier est vigneron, le second auteur de bandes dessinées.

Pendant un an, Etienne Davodeau a goûté aux joies de la taille, du décavaillonnage, de la tonnellerie ou encore s’est interrogé sur la biodynamie.

Richard Leroy, de son côté, a lu des bandes dessinées choisies par Etienne, a rencontré des auteurs, s’est rendu dans des festivals, est allé chez un imprimeur, s’est penché sur la planche à dessin d’Etienne…

Etienne et Richard échangent leurs savoirs et savoir-faire, mettent en évidence les points que ces pratiques (artistiques et vigneronnes) peuvent avoie ne commun ; et ils sont plus nombreux qu’on ne pourrait l’envisager de prime abord. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

« Les ignorants » : des hommes vierges de savoir dans un certain domaine, des hommes humbles  prêts à s’ouvrir à un autre monde, des hommes beaux qui vont se lancer corps et âme dans une « initiation croisée ».  Le titre et le sous-titre ont déjà une aura magique et majestueuse en eux : ils portent l’humanité comme une toile de fond de cette histoire vécue si touchante.

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Richard va mener Etienne dans un monde aux mots inconnus : décavaillonnage, ébourgeonnage, palissage, et Etienne va inviter Richard à découvrir son univers artistique peuplé de mots et d’images. Cet enrichissement mutuel se fait dans une tolérance exemplaire, dans la simple volonté d’accéder à la compréhension d’un monde différent du leur. Leur année commune se centre sur l’ouverture, apprentissage de la différence.

Etienne ne comprend pas toujours les logiques de la biodynamie...

 « J’ai l’impression que c’est très subjectif, la biodynamie...

- Mais TOUT est subjectif dans le vin !" (p. 91)

... comme Richard reste hermétique à l’art de Moebius. Mais il fera la rencontre des pages de Gibrat, Guibert, Mathieu, Spiegelman, et bien d’autres auteurs qui le toucheront à des degrés divers. Quant à lui Etienne rencontrera des gars qui travaillent au naturel pas au chimique, parce que «  la proximité physique et donc mentale, du vigneron avec son travail… pense à ça quand tu bois du vin. » (p. 102)

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Les ignorants est truffés de réflexions philosophiques :

« Mais bon, y’a pas de recettes… Il faut de l’attention. Ouvrir les yeux sur les choses élémentaires. » (p.229)

économiques, 

« Rester petit, c’est garder le contrôle sur la qualité de notre travail ! Refusons de croître ! » (p.158)  

réflexions artistiques comme dans ce passage magnifique dans lequel  Marc-Antoine Mathieu évoque sa relation au lecteur :

« Ce qui m’importe par-dessus-tout, c’est qu’ils [ses livres]soient cohérents avec la vision de monde que j’y développe… Ensuite y entre qui veut… »

A la fin de l'album, l’auteur nous livre la liste des vins bus et des BD lues, comme une invitation à nous initier, nous aussi, à ces autres mondes... 

Un joyau d’humanité !

 

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Les deux "ignorants" au milieu des coteaux

© Photo F.Roy - Editions Futuropolis

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien ! 

 

Vous aimerez aussi :

 De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI 

 

D’autres avis :

Blogs : Sylire  Aifelle Joelle - Fransoaz

Presse : Télérama Lire  

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Les ignorants, récit d’une initiation croisée,  Etienne DAVODEAU, Futuropolis, octobre 2011, 272 p., 24,9euros

BD Mango bleuTop-bd-2012

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Ils ne sont pour rien dans mes larmes d’Olivia ROSENTHAL

Publié le par Hélène

ils ne sont pour rien dans mes larmes

 ♥ ♥ ♥

  « Le cinéma ouvre à une liberté qui est sans lieu, sans paroles, sans voix, c’est un véritable espace intérieur. » (p. 49)

 

L’auteur :

 Olivia Rosenthal a publié six récits (tous aux éditions Verticales) qui mettent aux prises des personnages obsessionnels, inquiets, décalés, avec un monde dans lequel ils ne se reconnaissent jamais tout à fait. Mes petites communautés (1999), Puisque nous sommes vivants (2000), L’Homme de mes rêves (2002) ou Les Fantaisies spéculatives de J.H. le sémite (2005) s’attachent aux formes étranges que prend la pensée d’un personnage quand, incertain de son identité, il est entièrement laissé à lui-même.

Olivia Rosenthal a également expérimenté des formes d’écriture plus directement adressées : fictions radiophoniques ou pièces de théâtre. Sa première pièce de théâtre Les Félins m’aiment bien éditée chez Actes Sud-Papiers a été mise en scène par Alain Ollivier au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis en 2005. Depuis elle a écrit deux autres pièces et travaille actuellement sur la part d’oralité que toute écriture recèle.
C’est dans cet esprit qu’elle s’est engagée dans des performances où elle dit en direct et en son nom propre des textes humoristiques, grinçants et décalés sur nos folies ordinaires. Ces textes écrits pour la scène en collaboration avec cinéastes, écrivains ou plasticiens, ont été présentés dans divers lieux artistiques et festivals (Lieu Unique à Nantes, festival des Intranquilles aux Subsistances, Ménagerie de Verre à Paris ou prochainement festival « Court toujours » à la Scène nationale de Poitiers).

Dans le cadre de ce travail qui associe l’écriture à des formes de lectures en direct, elle s’est engagée dans un projet sur l'« architecture en paroles ». Le premier volet est un récit-fiction réalisé pour le 104 : Viande Froide, aux éditions Lignes. Dans cette série toujours, elle a également publié Les Lois de l’hospitalité chez Inventaire-Invention.

Elle propose en mars 2012, dans la collection Minimales, Ils ne sont pour rien dans mes larmes, un récit morcelé qui explore les différentes relations, intenses et intimes, des personnages à leur film préféré. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

« Quel film a changé votre vie ? » C’est la question simple et vertigineuse que pose ce livre. Pour y répondre, quatorze voix singulières racontent comment le cinéma est entré par effraction dans leur existence. C’est un livre sur tous ceux qui fréquentent les salles obscures pour se rassurer, pour oublier, pour se divertir, pour comprendre, pour avoir peur. On y rencontre des acteurs, des couleurs et des sons, des histoires de famille, des exemples à suivre, des motifs de rupture, toute une intimité avec des images souvent anciennes qui, passées au crible de la mémoire, continuent à hanter nos esprits et nos corps.

On y apprend que l’art n’est pas nécessairement coupé de la vie et on se dit que c’est une information à retenir.  (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Les quatorze personnages qui s’expriment en ces pages ont un lien viscéral très fort avec le cinéma, ou à tout le moins, avec un film vu un jour un peu par hasard. Qu’il soit une claque monumentale, un miroir de nos émotions, qu’il offre une réponse à certaines questions et éclaire des zones d’ombre, qu’il densifie la vie, le film évoqué a laissé une marque indélébile chez le personnage qui en parle. Comme s'il s'était adressé directement à eux, par des voies mystérieuses :

 « Les enfants imaginent que leur père a quelque chose à leur dire. Ils imaginent que leur père n’arrive pas à le leur dire. Ils imaginent que le cinéma dira quelque chose à la place de leur père, que chaque film est une grande histoire parlée qui leur est directement adressée. Au lieu de regarder les images, ils écoutent et écoutent encore comme s’ils entendaient enfin la voix de leurs parents. » (p. 29)

 Le texte regorge d'aphorismes, de phrases lumineuses qui sonnent et résonnent en nous, lecteurs et spectateurs :

 « Quand on est habité par l’art cinématographique, on est plus fort que ses échecs, on croit qu’on pourra par sa seule générosité plier le monde à son désir. » (p. 41)

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Rouge de Krysztof KIESLOWSKI

Tout spectateur se souvient lui aussi d'une osmose parfaite entre lui et un film, il garde en lui la puissance d'une réplique, la force de larmes, la délivrance d'un rire. En cela, ce petit livre sans prétentions émeut profondément le lecteur et lui rappelle la force de cette émotion perdue. Olivia Rosenthal elle-même évoque dans une scène finale avec humour et sensibilité ses propres réactions devant Les parapluies de Cherbourg :

 « La première fois que je vois ce film

En compagnie de mon seul et unique amour

Et d’un couple d’amis

Je pleure tellement

Que je n’ose pas me lever

Ni regarder autour de moi

Ni parler

Et que je reste collée à mon fauteuil

Tête baissée

En faisant semblant d’être très occupée

A chercher quelque chose

Que je n’arrive pas à retrouver.

(…)

Avouer qu’on ne cherche pas ses clefs

Sous les fauteuils d’orchestre du dernier rang

Mais juste qu’on se cache

Pour pleurer

C’est sans doute pénible

Mais ça a l’avantage

D’être clair

Bien qu’à la vérité ça ne permette pas d’élaborer

Une analyse précise et poussée

Des raisons pour lesquelles on est à ce point-là

Affectée. » (p.100)

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Ce que chante Olivia Rosenthal à travers ces personnages n’est pas simplement un hymne au cinéma, mais bien un hommage poignant à la culture, à l’art qui transcende le réel pour mieux le pénétrer et l’imprégner. Cet art influe sur nos vies et dessine des trajectoires dans des destins humains, il est finalement indissociable de la vie même tant les fils qui tissent les fictions et la réalité sont entremêlés…

 

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 

Premières phrases :

« J’ai le vertige.

Depuis que ma sœur s’est jetée par la fenêtre, j’ai le vertige.

Quand on se jette du septième étage d’un immeuble parisien, sans matériel particulier pour freiner sa chute, on le fait pour mourir.
Parachutes, deltaplanes, ballons, corde, mousquetons, aile, cape, filets, toiles, tapis, matelas
les moyens ne manquent pas d’éviter le pire
si donc on n’utilise pas tous les moyens pour survivre, c’est qu’on se jette pour mourir.

Je me penche, je vacille, je bascule, je lâche, je plonge, je me renverse, je chute, je tombe, je cogne, je percute, je me heurte, je me brise, je m’endommage, je me fracture, je me fracasse, je m’ouvre, je me défais, je me disloque, je me déchire, je me désagrège, j’éclate. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Que font les rennes après Noël

Autre : Nous aurons toujours Paris de Eric FAYE

 

D’autres avis :

Presse : Magazine littéraire  Télérama  L’express  

Blogs : Les 8 plumes  Antigone  

 

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, Olivia Rosenthal, Verticales, mars 2012, 109 p., 11.50 euros

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Vida de Patricia ENGEL

Publié le par Hélène

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L’auteur :

Patricia Engel est née de parents colombiens et a grandi dans le New Jersey. Son premier roman, Vida, figurait dans la liste des meilleurs livres de l’année selon le New York Times et a été finaliste du PEN/Hemingway Award. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Dans ce premier roman unanimement salué par la critique américaine, Patricia Engel nous emmène sur les (hauts) talons de sa narratrice, Sabina, une jeune femme appartenant à la diaspora colombienne aux Etats-Unis, qui lutte pour façonner son identité dans et au-delà de sa sphère familiale.
Progressant par tableaux, dans le New Jersey, à New York, à Miami, à Bogota, l’auteur manie aussi bien le détail que l’ellipse pour nous faire ressentir les secousses de cette transformation à la si lente violence que l’on appelle « devenir une femme ». (Quatrième de couverture)


Mon avis :

Sabina est un personnage attachant, et nous la découvrons au travers de différents tableaux échelonnés tout au long de sa vie. Elle nous conte des rencontres marquantes de sa vie ou des relations éphémères avec lucidité et nostalgie.

Mais autant les rencontres liées  à l’enfance résonne d’un son cristallin envoûtant, autant celles de la vie adulte deviennent banales, narrant rencontres amoureuses et coucheries. Les chapitres centrés sur d’autres personnages que Sabina sont souvent bien meilleurs que ceux consacrés à la vie somme toute banale de la jeune femme.

Un souffle frais et pur traverse le roman mais il manque encore d’intensité et de maîtrise…

 

Première phrases :

« C’était l’année où mon oncle a été arrêté pour le meurtre de sa femme et où notre famille est devenue la cible de tous les ragots de la ville. Mon père et mon oncle étaient associés, ce qui voulait dire que mes parents étaient pratiquement en procès eux aussi, et donc que la plupart des autres parents ne voulaient plus que leurs gosses traînent avec moi. »

 

Vous aimerez aussi :

La nuit des femmes qui chantent de Lidia JORGE

 

Vida, Patricia Engel, traduit de l’anglais (EU) par Marie de Prémonville, Editions Anne Carrière, janvier 2012, 320 p., 20 euros

 

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