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Idées cadeaux de Pierre Frémaux

Publié le par Hélène

Présentation :

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Pierre Frémaux est le co-fondateur de Babelio.com le premier réseau social culturel dédié exclusivement aux livres et aux lecteurs, qui réunit 50 000 membres et plus de 1 000 000 de visites par mois ...
Pierre est titulaire d’une maîtrise de philosophie, diplômé d’HEC et du Mastère Droit et Administration de l’Audiovisuel de la Sorbonne. 

  

Mes questions :

 

 Pourquoi offrir un livre ?

 

Cela pourrait sembler être une stratégie de l’évitement mais je dirais en toute sincérité qu’il y a probablement autant de livres que de raisons d’offrir un livre. Votre questionnaire n’en est il pas la preuve ?

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

 

L’invention de Paris de Eric Hazan

 

Un livre qui donne envie de légèreté ?

 

La nouvelle pornographie de Trondheim

 

Un livre pour donner envie d'égalité ?

 

LTI, la langue du troisième Reich

 

Un livre pour donner envie de liberté ?

 

L’éloge de la fuite de Henri Laborit

 

Un livre pour donner envie de fraternité ?

 

Le mort qu’il faut de Semprun

 

Un livre pour donner envie de festivité ?

 

Paris est une fête de Hemingway

 

Un livre pour donner envie de beauté ?

 

Le parti pris des choses de Francis Ponge

 

Un livre pour donner envie de gaieté ?

 

Budapest de Chico Buarque

 

Un livre pour donner envie de vérité ?

 

Mensonge romantique et vérité romanesque de René Girard

 

Un livre pour donner envie de volupté ?

 

Les belles endormies de Kawabata

 

Un livre pour donner envie de lucidité ?

 

 Le livre de l’intranquillité de Pessoa

 

livre ouvert2



 

Publié dans Idées cadeaux

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Hiver de Mons KALLENTOFT

Publié le par Hélène

                                              hiver-kallentoft.jpg

 ♥ ♥ ♥

  L’auteur :

Mons Kallentoft est né en 1968 en Suède. Journaliste et auteur, il a déjà publié cinq romans qui ont reçu de nombreux prix. Vendus à 50 000 exemplaires en France et traduits en plusieurs langues, Hiver, Été et Automne ont connu un succès retentissant dès leur parution.

 L’histoire :

Mardi 31 janvier, 7 h 22. Il fait encore nuit à Ôstergôtland. Cet hiver est l'un des plus froids que l'on ait connus en Suède. Ce matin-là, Malin Fors et ses collègues de la criminelle découvrent un cadavre, nu et gelé, pendu à une branche d'arbre. Mais comment diable cet homme a-t-il atterri ici ? Meurtre ? Suicide ? Et d'où viennent ces étranges blessures qui recouvrent son corps ? D'indice en indice, de nouveaux personnages apparaissent : les trois frères d'une certaine Maria, suspectés de viol ; Joakim et Markus, deux adolescents pas très nets ; Valkyria et Rickard Skoglôf, deux marginaux adeptes de cultes vikings. Les policiers sont perplexes. Pour la première fois en France, le public est invité à faire la connaissance de la célèbre Malin Fors, qui compte déjà des millions de fans en Scandinavie.

 

Ce que j’ai aimé :

 « La célèbre Malin Fors » est effectivement une femme attachante, à fleur de peau, affublée de fêlures savamment dosées. Elle flirte avec l’alcool quand sa solitude et ses angoisses se font trop insistantes, mais réussit néanmoins à assumer son rôle de mère divorcée. Aux prises avec les émois amoureux de sa fille adolescente, elle parvient à garder le cap tout en menant l’enquête sur cet homme retrouvé pendu pour d’obscures raisons.

Le dit-homme pendu nous adresse la parole d’outre-tombe, procédé original qui agrémente les pages d'une aura surnaturelle...

 L'enquête nous emmène sur diverses pistes et se joue du lecteur avec délices.

Et enfin, la résolution de l'intrigue explore les côtés sombres de l'âme humaine...

En conclusion, un roman policier qui ne déçoit pas, bien ficelé...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 Premières phrases :

« Ne me frappez pas.

Vous entendez ?

Laissez-moi tranquille.

Non, non, ouvrez-moi la porte. les pommes, l'odeur des pommes. Je la sens."

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Eté

Autre : Roman policier nordique  

 

D’autres avis :

 Cuné ; Stephie ; Pimprenelle ; Mimi Pinson 

 

Hiver, Mons Kallentoft, Le serpent à plumes, novembre 2009, 483 p., 24.40 euros

POCHE : Hiver, Mons Kallentoft, Points, septembre 2011, 7.90 euros

 challengeQuatreSaisons

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Rhinocéros de Eugène IONESCO

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

« Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas ! » (p.246)

 

L’auteur :

Né à Slatina (Roumanie), le 13 novembre 1909. Né d'un père roumain et d'un mère française, Eugène Ionesco passa sa petite enfance en France. Il y écrivit à onze ans ses premiers poèmes, un scénario de comédie et un « drame patriotique ». En 1925, le divorce de ses parents devait le conduire à retourner en Roumanie avec son père. Il fit là-bas des études de lettres françaises à l'université de Bucarest, participant à la vie de diverses revues avant-gardistes.
En 1938 il regagnait la France pour préparer une thèse, interrompue par le déclenchement de la guerre qui l'obligea à regagner la Roumanie. C'est en 1942 qu'il devait se fixer définitivement en France, obtenant après la guerre sa naturalisation.
En 1950, sa première œuvre dramatique, La Cantatrice chauve, sous-titrée « anti-pièce », était représentée au théâtre des Noctambules. Échec lors de sa création, cette parodie de pièce allait durablement marquer le théâtre contemporain, et faisait de Ionesco l'un des pères du « théâtre de l'absurde », une dramaturgie dans laquelle le non-sens et le grotesque recèlent une portée satirique et métaphysique, présente dans la plupart des pièces du dramaturge. Citons, entre autres, La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Amédée ou comment s'en débarrasser (1953), L'Impromptu de l'Alma (1956), Rhinocéros (1959), dont la création par Jean-Louis Barrault à l’Odéon-Théâtre de France apporta à son auteur la véritable reconnaissance. Viendront ensuite Le Roi se meurt (1962), La Soif et la Faim (1964), Macbeth (1972).
Auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur le théâtre, dont le célèbre Notes et contre-notes, Eugène Ionesco connut à la fin de sa vie cette consécration d'être le premier auteur à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade.
Eugène Ionesco fut élu à l'Académie française le 22 janvier 1970, par 18 voix contre 9 à Jules Roy, au fauteuil de Jean Paulhan. Il fut reçu par le professeur Jean Delay, le 25 février 1971.
Mort le 28 mars 1994. (Source : Académie française)

 L’histoire :

 Rhinocéros est la pièce la plus riche de Ionesco. Elle ne perd rien de l'esprit d'innovation, de provocation, des premières pièces. Comme elles, celle-ci mélange les genres et les tons, le comique et le tragique. Mais l'innovation principale qui s'introduit ici est la réflexion sur l'Histoire, à travers le mythe. La pièce est une condamnation de toute dictature (en 1958, on pense au stalinisme). Ionesco condamne autant le fascisme que le communisme. C'est donc une pièce engagée : « Je ne capitule pas », s'écrie le héros.

Le rhinocéros incarne le fanatisme qui « défigure les gens, les déshumanise ». On sent l'influence de La Métamorphose de Kafka. Dans une petite ville, un rhinocéros fait irruption. Par rapport à lui, les personnages prennent diverses attitudes. Certains se transforment en rhinocéros ; un troupeau défile. Seul Bérenger résiste à la marée des bêtes féroces, symboles du totalitarisme. (Source : éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 Les situations du début de la pièce et les conversations sont totalement absurdes, pointant également du doigt les errements liés au langage et les quiproquos que cela peut induire. Les scènes sont alors comiques, mais annoncent en filigrane le tragique à venir.

 « JEAN : Vous rêvez debout !

BERENGER : Je suis assis.

JEAN : Assis ou debout, c’est la même chose.

BERENGER : Il y a tout de même une différence.

JEAN : Il ne s’agit pas de cela. » (p. 35)

 Le langage stéréotypé ne peut rendre fidèlement compte des pensées des personnages, piégé, il n’est souvent qu’automatisme :

 « Autre syllogisme : tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat. » (p. 46)

 Le débat qui sévit sur scène est le reflet de celui qui hante ceux qui ont connu la montée des idéologies totalitaires en Europe : confrontés à un débat idéologique grave, ils peuvent ou suivre la masse et devenir tous rhinocéros, ou résister comme Bérenger en prenant le risque d’être les seuls…

 « Peut-on savoir où s'arrête le normal, où commence l'anormal ? Vous pouvez définir ces notions, vous, normalité, anormalité ? Philosophiquement et médicalement, personne n'a pu résoudre le problème. » (p. 195)

 « Vous ne pouvez nier que le racisme est une des grandes erreurs du siècle. » (p. 95)

 L’absurde au sens large nous poussent à réfléchir sur le sens de l’existence et sur l'attitude à adopter face à l'hostilité du monde et à la mort inéluctable... Comme Bérenger, il faut apprendre à se révolter contre la rhinocérite, contre l'absurde d'une existence qui nous ailéne.

  « Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c'est vivre et le plus possible. Là où la lucidité règne, l'échelle des valeurs devient inutile... Le présent et la succession des présents devant une âme sans cesse consciente, c'est l'idéal de l'homme absurde » (Camus)

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

Premières répliques :

 « L’EPICIERE
Ah ! celle-là ! (A son mari qui est dans la boutique.) Ah ! celle-là, elle est fière. Elle ne veut plus acheter chez nous. »

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La cantatrice chauve

Autre : En attendant Godot de Samuel BECKETT

 D’autres avis :

 Canel

 Rhinocéros, pièce en trois actes et quatre tableaux, Eugène Ionesco, Folio, 6.95 euros 

 

Publié dans Théâtre

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Aventures en Loire de Bernard OLLIVIER

Publié le par Hélène

aventures en loire

♥ ♥

 « L’aventure est au coin de la rue. Ce n’est pas une question de kilomètres mais de regard. » (p.215)

 

L’auteur :

 Terrassé à 51 ans par la mort de sa femme, suivie d’un licenciement, Bernard Ollivier s’abîmait dans le travail pour gagner sa vie comme journaliste indépendant.

Lors de son départ en retraite, ce Normand de souche suit le chemin de Compostelle afin de réfléchir, et décider, du sens qu’il va donner à cette nouvelle période de vie. C’est pendant ces trois mois qu’il entend parler d’Oïkoten et de la réinsertion par la marche à pied.
De 1999 à 2000, sa volonté d’aller à la rencontre d’autres cultures se concrétise en nouveau projet de marche ; il suit à pied la Route de la Soie, par étapes de quatre mois et 3000 km par an entre Istanbul et Xi’an en Chine.
Pendant les mois où il ne marche pas, il écrit le récit de son voyage et la satisfaction de dépasser les limites de l’effort physique et la peur de l’inconnu.
Longue Marche devient best-seller et avec les droits d’auteur, Bernard Ollivier met en place une structure d’accueil pour faire marcher les jeunes en difficulté : Seuil. (Présentation : Babélio)

 

L’histoire :

 Des chemins intimes aux vignobles prestigieux, des châteaux dans la brume au silence des matins sur l’eau calme, Bernard Ollivier retrace une odyssée hors du commun de 1 000 kilomètres sur les bords de Loire, du mont Gerbier-de-Jonc jusqu’à Nantes. Il dessine au fil des rencontres le portrait d’un fleuve majestueux, mais aussi celui des gens qui lui ont ouvert leur porte et leur coeur. L’aventure a le goût du bonheur, même si le fleuve, comme la vie, n’est pas toujours tranquille… (Présentation de l’éditeur)

 

 Ce que j’ai aimé :

 L’aventure de Bernard Ollivier est un exemple éloquent de renouveau et de renaissance, un modèle à suivre pour ceux qui s’enferrent dans leurs soucis quotidiens et leurs maux.

  « A 70 ans, le risque est grand de considérer que c’est le bout de la route, que le trajet de vie va prendre fin. C’’est absurde. La mort nous menace autant à 10 ou à 30 ans qu’à 70 ans. Là encore, c’est une question de statistique, mais il ne faut pas s’y fier, la mort, depuis la naissance, nous attend au coin de chaque rue, même s’il lui arrive de rater son mauvais coup. Attendre l’heure, son heure ? Non, il faut vivre. » (p. 215)

 Car vivre une aventure ne signifie pas nécessairement partir à l’autre bout du monde, ce qui nous entoure mérite d’être redécouvert et contempler avec un œil neuf et poétique comme l’est le regard de l’aventurier.

 « Nul besoin, pour se dépayser, de s’envoler au bout du monde. L’important pour le voyage est de perdre volontairement ses repères pour mieux se retrouver. C’est d’aller vers de nouveaux horizons, et ils ne manquent pas dans notre environnement immédiat.» (p. 215)

 L’une des motivations de l’auteur est l’envie de partir au -devant de nouvelles rencontres enrichissantes. Chaque soir il écoute une nouvelle histoire contée par des personnes  qui lui ont ouvert leur porte bien volontiers, des hommes et des femmes accueillants, offerts à la rencontre.

  « Pour moi, le voyage, c’est d’abord la rencontre. Un voyage sans nouvelles amitiés, c’est du tourisme, et je n’en ai pas le goût. » (p. 29)

 « Mes musées à moi, ce sont les hauts fûts des arbres centenaires ou les à-pics vertigineux des montagnes, mon cinéma, le vol anarchique d’un papillon au-dessus de la prairie ou les ondulations lascives d’une truite dans l’attente patiente d’une proie. » (p.29)

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 « Nomade en Loire, je veux m’ouvrir au monde, à ses bonnes et à ses mauvaises surprises. Je prends tout. Je veux embrasser la terre entière, les arbres comme les hommes, retrouver mon humanité loin du réveille-matin ou du « 20 heures » télévisé. »  (p. 48)

  Une expérience enrichissante aussi bien pour l’aventurier qu’est l’auteur que pour son lecteur…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 L’écriture est plus journalistique que littéraire, serrant au plus près les évènements et les rencontres, sans leur laisser la place de s’épanouir en objets poétiques.

 

Premières phrases :

 « Pour une fois, il faisait beau. L’eau du fleuve était limpide. Un ragondin avait bien percé un gros trou dans le sac caché au fond du canoë, à la recherche de la nourriture que je conservais au cas où… »

  

D’autres avis :

Folfaerie, Dominique

  

Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoë, Bernard Ollivier, Phébus Libretto, 2012 pour la version poche, 8.70 euros

  Aventures en Loire : 1.000 kilomètres à pied et en canoë par Bernard Ollivier

Publié dans Récits de voyage

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Idées cadeaux de Sophie Adriansen

Publié le par Hélène

photo sophie

 

Présentation :

 

Sophie Adriansen est écrivain, membre de la Société des Gens de Lettres. Elle participe à des jurys littéraires et tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit.

Elle a publié Je vous emmène au bout de la ligne (Max Milo 2010), Santé ! (Six façons de le dire, Editions du Moteur 2011), Trois années avec la SLA (Editions de l’Officine 2012), Un meeting (Editions StoryLab 2012), Seules les mères et les chanteuses de pop (Temps additionnel, Antidata 2012) ainsi que des nouvelles et textes dans les revues littéraires Dissonances, Pr’Ose, L’Ampoule, Bordel…

www.sophieadriansen.fr

 

  Mes questions :

 


Pourquoi offrir un livre ?

Pour dire à quelqu’un qu’on le connaît bien ; pour le faire se sentir important et unique. Un livre bien choisi, il n’y a guère de cadeau plus personnel…

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

Vous pouvez être ce que vous voulez être, de Paul Arden ; L’erreur est humaine, de Woody Allen

 

Un livre qui donne envie de légèreté ?

Les témoins de la mariée, de Didier van Cauwelaert ; Bifteck, de Martin Provost

 

Un livre pour donner envie d'égalité ?

Un écart de conduite, de Michèle Halberstadt ; Droit du sol, de Charles Masson (roman graphique)

 

Un livre pour donner envie de liberté ?

Tangente vers l’est, de Maylis de Kerangal

 

Un livre pour donner envie de fraternité ?

Les Averses d’automne, de Tuna Kiremitçi ; Les saisons de la solitude, Joseph Boyden

 

Un livre pour donner envie de festivité ?

A la folle jeunesse, Anne Scott

 

Un livre pour donner envie de beauté ?

Le musée de la sirène, Cypora Petitjean-Cerf ; Mille jours à Venise, Marlena da Blasi,

 

Un livre pour donner envie de gaieté ?

Les albums de la BD Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (la série compte 6 tomes) ; Cabine commune de Delphine Bertholon

 

Un livre pour donner envie de vérité ?

La ballade de Lila K, de Blandine Le Callet

 

Un livre pour donner envie de volupté ?

La Comtesse de Ricotta, Milena Agus ; La mariée mise à nu, de Nikki Gemmell

 

Un livre pour donner envie de lucidité ?

Pertes humaines, de Marc Molk ; La Part de l’autre, d’Eric-Emmanuel Schmitt

 



 

Publié dans Idées cadeaux

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Traquer les ombres de John HARVEY

Publié le par Hélène

traquer les ombres

♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 John Harvey, auteur des cycles Reznick et Elder, est l'un des écrivains britanniques les plus importants et les plus prolifiques, et l'un des meilleurs auteurs de romans de procédure policière. Son écriture sobre et lumineuse, ses personnages fouillés et attachants, la critique sociale subtile qu'il distille au fil des pages lui ont valu le Diamond Dagger Award pour l'ensemble de son oeuvre. (Présentation de l’éditeur)

 

 L’histoire :

Stephen Bryan, jeune universitaire homosexuel plutôt discret, est retrouvé sauvagement assassiné dans sa salle de bains. Simple crime homophobe, comme l'Angleterre en voit hélas de plus en plus souvent ? Les inspecteurs Will Grayson et Helen Walker croient tout d'abord que Stephen a dragué la mauvaise personne, et que les choses ont mal tourné. Ou peut-être Mark, son ex-petit ami, a-t-il voulu se venger d'une rupture qui l'a laissé inconsolable ? Mais pourquoi, dans ce cas, avoir volé son ordinateur ?

Au fur et à mesure qu'ils explorent la vie de Stephen, Will, Helen et Lesley, la soeur journaliste de la victime, s'intéressent de plus en plus à cet ordinateur. Stephen écrivait la biographie de Stella Leonard, une actrice oubliée des années cinquante disparue dans des circonstances troublantes. Or la famille de Stella, riche et puissante, voyait d'un très mauvais oeil ses recherches. Jusqu'où peut-on aller pour protéger un secret ? (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Une nouvelle série de John Harvey avec deux nouveaux personnages est toujours une nouvelle réjouissante. Ainsi nous faisons la connaissance avec un nouveau couple d’inspecteurs : Will Grayson et Helen Walker, ici dévolus à résoudre le meurtre violent d’un jeune homosexuel, Stephen Bryan. En parallèle la jeune sœur de Stephen mène sa propre enquête autour du livre que préparait le jeune homme sur Stella Leonard, actrice au destin tragique. Les fines liaisons qui s’établissent entre eux créent un faisceau qui happe le lecteur incidemment.

 La violence monte crescendo pour clouer au sol le lecteur innocent dans une fin aux allures de feu d’artifice. Ames sensibles, s’abstenir…

 

Ce que j’ai moins aimé :

La vie quotidienne de Will Grayson entre son nouveau-né qui ne fait pas ses nuits, sa femme qui souhaite retravailler alors qu’il aimerait qu’elle se consacre à l’éducation de leurs enfants, leurs disputes banales et leurs réconciliations sur l’oreiller, a un côté caricatural relativement désagréable…

 « Ce soir-là, Will était une fois de plus rentré à la maison en râlant, une heure plus tard que promis, tandis que le dîner attendait dans le four, dur comme de la pierre. » (p.55)

 « Elle lui donna un coup de coude brusque dans les côtes, et Will cria plus fort qu’il n’avait réellement mal. Il roula sur le lit, l’entraînant avec lui. Leurs bouches s’unirent, et les cheveux bruns de Lorraine tombèrent sur leurs deux visages. » (p. 28)

 « Jake était à la crèche tandis que Susie s’amusait joyeusement avec cinq gobelets de couleurs vives et de différentes tailles. Elle les frappait les uns contre les autres, réussissant parfois à les encastrer, par hasard plutôt qu’intentionnellement. » (p. 422)

 Mais ce brave Will semble éprouver des sentiments ambigus pour sa belle coéquipière Helen, ce qui laisse penser que dans des prochains épisodes, son bonheur domestique risque d’être menacé (quel suspens…). Ce schéma de deux co-équipiers sur la tangente des sentiments n’est toutefois pas très original…

 

Premières phrases :

 « Will Grayson s’était réveillé peu après 5 heures, la lumière laiteuse du jour filtrant à travers les rideaux. Une heure plus tôt, peut-être davantage, Jake s’était mis à pleurer au beau milieu d’un rêve, et même si Lorraine avait gigoté à côté de lui, c’était Will qui avait repoussé les couvertures et s’était rendu à pieds nus dans la chambre attenante. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  De chair et de sang ; Cold in hand ; Le deuil et l’oubli

Autre :  Gone, Baby, Gone 

  

D’autres avis :

Blogs : Jean-Marc Laherrère ; Miss Alfie ; Dominique ; Athalie , Cynic 63  

Presse : “Subtil, puissant et imprévu.” Marie-France Rémond, Nouvel Observateur

 « Harvey excelle une fois de plus dans la conduite d’une enquête complexe. » Bruno Corty, Le Figaro Littéraire

 

Traquer les ombres, John HARVEY, traduit de l’anglais par Mathilde Martin, Rivages thriller, mai 2009, 384 p., 22 euros

POCHE : Traquer les ombres, John HARVEY, traduit de l’anglais par Mathilde Martin, Rivages poche,  512 p., 10.50 euros  

Publié dans Roman policier Europe

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Nous aurons toujours Paris de Eric FAYE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Éric Faye, né en décembre 1963 à Limoges, est un écrivain français.

Eric Faye a publié sa première fiction, Le Général Solitude, une nouvelle, dans la revue Le Serpent à Plumes en 1992. Trois ans plus tard, il a développé cette nouvelle en un premier roman, éponyme. Ses premiers livres, parus tous deux en 1991, sont un essai sur Ismail Kadaré et un recueil d'entretiens avec cet écrivain. En 1998, son recueil de nouvelles fantastiques Je suis le gardien du phare obtient le Prix des Deux Magots. Son œuvre se partage entre des nouvelles, le plus souvent à caractère absurde ou teintées de fantastique, des romans (dont le roman d'anticipation Croisière en mer des pluies, en 1999 - prix Unesco-Françoise-Gallimard), des essais et des récits, parmi lesquels Mes trains de nuit, puisés dans des voyages à travers l'Asie et l'Europe de 1982 à 2005. Il a dirigé un numéro sur Kafka (Autrement, 1996) et pris part à l'édition des œuvres d'Ismail Kadaré aux éditions Fayard.

(Source: Wikipédia)

 

L’histoire :

Le titre est emprunté au film Casablanca : c’est en se souvenant de leur idylle dans le Paris d’avant l’occupation allemande que les deux amants réussissent à continuer à vivre, à se séparer s’il le faut et à suivre chacun son propre chemin. En puisant dans ce trou de lumière. 

Avec ce livre entièrement dédié à un sentiment, celui du « merveilleux », à sa naissance et son cours à travers la vie d’un homme – la sienne –, l’auteur nous invite à le suivre dans son propre puits de lumière. 

Nous aurons toujours Paris est conçu sous forme de boucle, on passe de l’enfance avec les premières apparitions du merveilleux – que ce soit des mots « magiques », des animaux « fabuleux », des objets magnétiques ou des situations nouvelles – à ses prolongements directs à l’âge d’homme. 

Il n’est donc pas, ou très peu, question de Paris dans ces pages. 
Mais plutôt de pérégrinations et de rencontres : du Japon à l’Afrique, et de Julien Gracq à Ismail Kadaré ou Albert Cossery, quand ce n’est pas l’ombre du toujours énigmatique B. Traven. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Trouver dans l’enfance l’écho d’une émotion adulte, tel est le fil conducteur de ce roman. Conçu comme un retour aux sources il entremêle subtilement les fils d’aujourd’hui et d’hier pour que de ces combinaisons dorés naissent ou renaissent les raisons d’une attirance particulière. Quelquefois le sentiment de merveilleux connu hier « pose des lapins », d’autres fois il est au rendez-vous, si différent tant le temps a passé qu’une seconde de pause est nécessaire avant de le reconnaître. 

« Le merveilleux, l’enchantement qui renaissent chaque matin sont les neiges éternelles de l’existence. Il faut avancer dans le temps en gardant un œil obstiné sur elles, là-haut, espérant qu’elles ne disparaîtront pas dans les brumes de chaleur et qui, contrairement à celles du Kilimandjaro, elles ne fondront jamais. » (p. 97)

Entre souvenirs d’enfance, évocations de voyages, ou rencontres marquantes, Eric Faye nous plonge dans un univers proustien au charme indéniable. 

« Des nappes profondes de l’enfance, le merveilleux refait quelquefois surface un instant, par un jeu de sources et de puits cachés. L’âge d’homme, au fond, n’est souvent rien d’autre que la quête d’une explication à ces fulgurances, à ces tout petits satori qui zèbrent notre nuit et l’enchantent. » (p. 107)

« Entre le quai fantomatique et Francfort-sur-l’Oder (la frontière), l’express n’a plus jamais ralenti. Le voudrais-je, je ne pourrais pas effacer ces deux minutes de ma mémoire. En des moments rares, le temps nous surprend à glisser, par une porte dérobée, des minutes inexplicables et pourtant capitales, lesquelles, mises bout à bout, ne doivent pas totaliser plus d’une heure ou deux dans une vie entière : collier d’instants dérisoires pour tout autre sue soi mais qui donnent et redonnent envie, comme les prières récitées en suivant les grains du chapelet, de se hisser à la hauteur de soi-même. Quelques mots singuliers entendus enfant dans la conversation des grands, quelques cartes figurant les monuments d’une cité mythique, un livre qui tombe d’un rebord de table et s’ouvre à la page du 2 mai 1950, une villa blanche qui vous rappelle l’Afrique, et un vieux poste de radio, et revoilà la légende du Rosebud, le souvenir qui imprègne le présent et dont le parfum ne se dissipe jamais, et qui aide, transforme l’avenir en un jardin vivable, comme Bogart trouve al force de quitter Ingrid Bergman en lui disant, pendant que l’avion mouline du brouillard sur la piste, We’ll always have Paris. »

 

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

Rien

 

Premières phrases :

« C’était au cœur d’un automne qui ne voulait pas devenir automne, à la fin d’un été inextinguible. C’était de nouveau dans un train. A trop vouloir deviner qui va s’asseoir à côté de vous en gare, au petit matin, vous vous trompez avec obstination. »

 

D’autres avis :

Télérama

Blogs : Mango Yves  

 

Nous aurons toujours Paris, Eric Faye, Stock, février 2009, 14.50 euros

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Idées cadeaux de Loo

Publié le par Hélène

 Présentation :

 

 Loo est blogueuse littéraire, son blog s'intitule Une pause livre. Elle a créé ce blog en mars 2011 pour partager ses lectures.  

 

 Ses réponses :

 

 Pourquoi offrir un livre ?


Parce que la personne aime lire. Ca me semble nécessaire.

 



Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?


Difficile question. Je dirais un Sempé qui peut toucher beaucoup de personnes en toutes circonstances.

 



Un livre pour donner envie de voyager :


Itinéraire d'une goutte d'eau de F Nicolino, J-F Hellio, N Van Ingen

 


Un livre pour donner envie de rire :


Kenneth Cook sans hésitation. A mourir de rire avec le Koala tueur.



Un livre pour donner envie de philosopher :


Le prophète de Khalil Gibran toujours sans hésitation.



Un livre pour donner envie d'aimer :


Comment interprêter la question ? Je n'ai pas trop de référence alors je dirai Monsieur Papa de Patrick Cauvin qui parle du lien père fils avec beaucoup de tendresse.



Un livre pour donner envie de rêver :


Celui qui me fait rêver en ce moment est Cabanes perchées de Peter et Judy Nelson c'est un documentaire, sur les cabanes perchées bien entendu.


Un livre pour donner envie de savourer :


Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables de Philippe Delerm. En livre audio c'est encore meilleur.



Un livre pour donner envie de se révolter :


Celui qui m'a fait beaucoup d'effet est Le cri de la mouette d'Emmanuelle Laborit qui nous fait découvrir le monde des sourds et muets. Si si il y a de la révolte dans le livre.



Un livre pour donner envie de se cultiver :


Le Métronome de Laurant Deutsch



Un livre pour donner envie de cuisiner :


Odeurs de forêt et fumets de table de Charles Forot. Je ne l'ai même pas encore lu, il est sur une étagère à m'attendre. Mais quand je le feuillette et que je tombe sur une recette ça me donne vraiment envie. Mais ce n'est pas un livre de cuisine c'est bien plus.


Un livre pour donner envie de lire :


Un livre de nouvelles à chute comme Nouvelles à Chute en collectif

 

livre ouvert2

 

Si vous aussi vous voulez répondre au questionnaire, tous les renseignements sont ICI.

Publié dans Idées cadeaux

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La promesse de l’aube de Romain GARY

Publié le par Hélène

promesse de l'aube

♥ ♥ ♥

 « Je prenais encore la vie pour un genre littéraire ; » (p. 352)

 

L’auteur :

Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew est un romancier français originaire de Pologne septentrionale, unique double lauréat du Prix Goncourt.

Roman Kacew est le fils de Arieh Leib Kacew et de Mina Owczynska. Kacew est le deuxième époux de la mère de Gary. Gary est élevé par sa mère après le départ de son père du foyer conjugal lorsqu'il était enfant. Gary était juif par ses deux parents.

Après la séparation des parents, Gary arrive avec sa mère en France, à Nice, à l'âge de 14 ans. Il étudie le droit à Paris. Naturalisé français en 1935, il est appelé au service militaire pour servir dans l'aviation où il est incorporé en 1938.

Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres, durant la Seconde Guerre mondiale, Roman prend le pseudonyme de Gary comme nom de résistant. Décoré commandeur de la Légion d'honneur à la fin de la guerre, il embrasse la carrière diplomatique en 1945. Cette même année, paraît son premier roman L'Education européenne. Pendant sa carrière diplomatique, il écrit de nombreuses œuvres, dont le roman Les racines du ciel, pour lequel il reçoit le Prix Goncourt en 1956. Il quitte le Quai d'Orsay en 1961, après avoir représenté la France en Bulgarie, en Suisse, en Bolivie, aux Etats-Unis.

Désireux de surprendre et se renouveler, Romain Gary utilise, tôt dans sa carrière littéraire, des pseudonymes. Ainsi, publie-t-il L'Homme à la colombe, sous le nom de Fosco Sinibaldi, en 1958. Dans les années 1970, il utilise à la fois les noms de Romain Gary, de Shatan Bogat et d'Emile Ajar.

Las d'être la cible de critiques le considérant réactionnaire, du fait de son passé de diplomate gaulliste, il invente une écriture vive et drôle, à rattacher au courant post-moderniste, sous le nom de plume d'Emile Ajar. Son cousin Paul Pawlovic prête corps à cette allégorie et, en 1975, reçoit le Prix Goncourt pour La Vie devant soi. La supercherie est révélée par Romain Gary dans son œuvre posthume Vie et mort d'Emile Ajar.

Époux de l'actrice Jean Seberg de 1963 à 1970, Romain Gary est aussi lié au cinéma pour la réalisation de deux films Les Oiseaux vont mourir au Pérou (1968) et Kill (1971) ainsi que par des adaptations de ses œuvres, telles que Clair de femme (Costa-Gavras) ou La Vie devant soi (Moshé Mizrahi).

Un peu plus d'un an après le suicide de Jean Seberg (30/08/1979), il se donne la mort 108 rue du Bac. (Source : Babélio)

 

romain-gary.jpg

 

L’histoire :

 Ce récit coïncide sur bien des points avec ce que l'on sait de l'auteur des Racines du ciel, et Romain Gary s'est expliqué là-dessus : " Ce livre est d'inspiration autobiographique, mais ce n'est pas une autobiographie. Mon métier d'orfèvre, mon souci de l'an s'est à chaque instant glissé entre l'événement et son expression littéraire, entre la réalité et l'oeuvre qui s'en réclamait. Sous la plume, sous le pinceau, sous le burin, toute vérité se réduit seulement à une vérité artistique. "

Le narrateur raconte son enfance en Russie, en Pologne puis à Nice, le luxe et la pauvreté qu'il a connus tour à tour, son dur apprentissage d'aviateur, ses aventures de guerre en France, en Angleterre, en Ethiopie, en Syrie, en Afrique Equatoriale, il nous raconte surtout le grand amour que fut sa vie. Cette " promesse de l'aube " que l'auteur a choisie pour titre est une promesse dans les deux sens du mot : promesse que fait la vie au narrateur à travers une mère passionnée ; promesse qu'il fait tacitement à cette mère d'accomplir tout ce qu'elle attend de lui dans l'ordre de l'héroïsme et de la réalisation de soi-même.
Le caractère de cette Russe chimérique, idéaliste, éprise de la France, mélange pittoresque de courage et d'étourderie, d'énergie indomptable et de légèreté, de sens des affaires et de crédulité, prend un relief extraordinaire. La suprême preuve d'amour qu'elle donne à son fils est à la hauteur de son coeur démesuré.

Mais les enfants élevés par ces mères trop ferventes restent toujours, dit l'auteur, " frileux " de coeur et d'âme, et chargés d'une dette écrasante qu'ils se sentent incapables d'acquitter. Rarement la piété filiale s'est exprimée avec plus de tendresse, de sensibilité, et cependant avec plus de clairvoyance et d'humour. Et rarement un homme a lutté avec plus d'acharnement pour démontrer " l'honorabilité du monde ", pour " tendre la main vers le voile qui obscurcissait l'univers et découvrir soudain un visage de sagesse et de pitié ". (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Dans ce roman magnifique, Romain Gary rend un hommage troublant à sa mère  qui nourrissait de hauts espoirs pour lui et qu’il n’a jamais voulu décevoir. Elle l’a porté vers ce qu’il est devenu avec un dévouement et un amour inconditionnel, unique.

 « [...] Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes

.romain-gary-promesse-aube.jpg On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d’amour mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n’y a plus de puits, il n’y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l’aube, une étude très serrée de l’amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu. Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer. » (p. 38)

 Cette mère entière et passionnée lui a aussi communiqué une vision du monde idéalisée, difficile ensuite à  mettre en adéquation avec une réalité bien moins parfaite…

 « (…) elle continua d’évoquer, avec le même sourire confiant, ce pays merveilleux qu’elle avait apporté avec elle dans son baluchon ; quant à moi, élevé dans ce musée imaginaire de toutes les noblesses et de toutes les vertus, mais n’ayant pas le don extraordinaire de ma mère de ne voir partout que les couleurs de son propre cœur, je passai d’abord mon temps à regarder autour de moi avec stupeur et à me frotter les yeux, et ensuite, l’âge d’homme venu, à livrer à la réalité un combat homérique et désespéré, pour redresser le monde et le faire coïncider avec le rêve naïf qui habitait celle que j’aimais si tendrement. 

Oui, ma mère avait du talent – et je ne m’en suis jamais remis. » (p. 45)

 Pour panser ces blessures encore bien prégnantes dans le cœur de l’auteur, il utilise un humour dévastateur pour désarmer la réalité. Ainsi, il raconte ses exploits amoureux avec décalage et bonhomie, comme cette fois où il est allé jusqu’à manger un soulier en caoutchouc pour sa bien-aimée, puis « un éventail japonais, dix mètres de fil de coton, un kilo de noyaux de cerises – Valentine me mâchait, pour ainsi dire, la besogne, en mangeant la chair et en me tendant les noyaux – et trois poissons rouges, que nous étions allés pêcher dans l’aquarium de son professeur De musique. » (p. 85)

 Il explique combien l’humour est salvateur pour lui :

  « Attaqué par le réel sur tous les fronts, refoulé de toutes parts, me heurtant partout à mes limites, je pris l’habitude de me réfugier dans un monde imaginaire et à y vivre, à travers les personnages que j’inventais, une vie pleine de sens, de justice et de compassion. Instinctivement, sans influence littéraire particulière, je découvris l’humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus. (…) L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive. » (p.160)

 Ce roman magnifique est un chant d’amour touchant et profond en souvenir de cette mère entière, passionnée par son fils, dévouée entièrement à son bonheur, cette femme unique qui a permis à Romain Gary de devenir celui qu’il est encore aujourd’hui, au-delà du temps et de la mort, un auteur classique incontournable…

 « La création littéraire  devînt pour moi ce qu’elle est toujours, à ses grand moments d’authenticité, une feinte pour tenter d’échapper à l’intolérable, une façon de rendre l’âme pour demeurer vivant. » (p.175)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Les années de guerre se font plus longues : le récit se fait plus dense, plus long, plus ennuyeux, moins humoristique.

 

Premières phrases :

 « C’est fini. La plage de Big Sur est vide, et je demeure couché sur le sable, à l’endroit même où je suis tombé. La brume marine adoucit les choses ; à l’horizon, pas un mât ; sur un rocher, devant moi, des milliers d’oiseaux ; sur un autre, une famille de phoques : le père émerge inlassablement des flots, un poisson dans le gueule, luisant et dévoué. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Une éducation européenne

Autre : Le livre de ma mère de Albert COHEN

 

 

 D’autres avis :

 Blogs : Théoma  Zarline, A girl from earth, Alex, Maggie, Sylvie, Luocine... 

 

La promesse de l’aube, Romain GARY, folio, avril 1973, 7.50 euros

 

12 d'Ys 

  catégorie : Classiques français

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Grand prix des lectrices Elle 2013

Publié le par Hélène

Grand-Prix-des-Lectrices-.png

 

 

Je fais partie du jury pour cette édition 2013 du grand prix des lectrices de Elle !


Pour avoir la chance d'en faire partie, j'ai parlé de Les solidarités mystérieuses de Pascal QUIGNARD , j'ai écouté les conseils avisés de Fouad, collègue émérite, j'ai pris une photo de moi qui ne montre pas que je suis une serial killeuse en puissance, et j'ai conclu par : "Faire partie d’un jury littéraire signifie simplement pour moi faire partie de la littérature…" 

 

Maintenant il va me falloir trouver une bonne âme pour faire mon ménage (et même sous les meubles s'vous plait, nous sommes allergiques aux acariens...), mes lessives, ma vaisselle (pas de lave-vaisselle, c'est bien plus rigolo pour faire des concours de tee-shirts mouillés...), mon repassage, mes repas (pas de surgelés hein, que du frais, le marché est au coin de ma rue...), jouer avec mes enfants (le 1000 bornes vous verrez ça déchire !), séparer les enfants qui veulent s'étriper parce que je cite "elle m'a piqué mon Pokémon", faire en sorte d'ailleurs que les enfants aient un langage un peu plus soutenu :"on ne dit pas "piquer" mon chéri, mais heu... -toujours avoir un dictionnaire de synonyme sous la main-... voler...", préparer mes cours (relire Candide ou Les Misérables, hummm.., que du bonheur), corriger les dissertations de mes élèves (des copies passionnantes dans lesquelles on apprend notamment que "La lecture des oeuvres est très nourritrice pour le lecteur"), aller faire les courses en sachant qu'il faut lire TOUTES les étiquettes indiquant la composition des aliments parce que mon fils est allergique aux noisettes, aux noix de cajou, à tous les fruits à coque en fait, au kiwi, aux oeufs crus, au céleri..., gérer notre association MOYOLO et notamment le blog parce que pour l'heure nous ne sommes que  2 pour s'occuper de l'assoc..., soutenir mon mari dans ses recherches du job idéal "mais oui mon amour, spectateur professionnel de matchs de foot, c'est un job parfait pour toi, vas-y, fonce...", appeler la famille régulièrement pour prendre des nouvelles (régulièrement = tous les jours), tenir ce blog à raison d'un billet publié tous les deux jours, etc., etc... 

 parce que moi je vais avoir 28 livres à lire en quelques mois !!!!!

 

Alors, des volontaires ???

 

Pour cette aventure, je serai bien entourée : je serai aux côtés de Jostein, Nadael, A propos des livres, Théoma, Canel, ,  Anna Blume, Constance, Mimipinson, Clara..

 

A suivre !!!

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