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Idées cadeaux de Dominique Sylvain

Publié le par Hélène

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Présentation :

 

Dominique Sylvain est née le 30 septembre 1957 à Thionville en Lorraine.

Elle travaille pendant une douzaine d'années à Paris, d'abord comme journaliste, puis comme responsable de la communication interne et du mécénat chez Usinor.

Pendant six ans, elle a vécu avec sa famille en Asie. Ainsi, Tokyo, où elle a passé trois ans, lui a inspiré son premier roman Baka ! (1995). Soeurs de sang et Travestis (1997 et 1998) ont été écrits à Singapour.

Elle habite actuellement à Paris et se consacre exclusivement à l'écriture. Ses treize romans ont tous été publiés dans la collection Chemins Nocturnes, aux Editions Viviane Hamy.

        Photo © Antoine Rozès

 

Ses réponses :

 

 

Pourquoi offrir un livre ?

 

Pour partager des émotions.

 

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

 

Offrir le même livre à tous ne me semble pas approprié. Ça n’a pas trop bien marché avec le Petit livre rouge…

 

 

Un livre pour donner envie de voyager ?

 

« L’usage du monde » de Nicolas Bouvier.

 

 

Un livre pour donner envie de rire ?

 

« Aztèques dansants » de Donald Westlake.

 

 

Un livre pour donner envie de philosopher ?

 

Les ouvrages d’Alain de Botton.

 

 

Un livre pour donner envie d’aimer ?

 

« Out Of Sight » d’Elmore Leonard, et pour se calmer, « La Duchesse de Langeais » de Honoré de Balzac (quoique…).

 

 

Un livre pour donner envie de rêver ?

 

« Danse, danse, danse » de Haruki Murakami.

 

 

Un livre pour donner envie de savourer ?

 

La série des Pépé Carvalho, de Manuel Vazquez Montalban.

 

 

Un livre pour donner envie de se révolter ?

 

Un roman mal écrit (au choix).

 

 

Un livre pour donner envie de se cultiver ?

 

« Le Nom de la Rose » d’Umberto Eco.

 

 

Un livre pour donner envie de cuisiner ?

 

Ceux de Montalban, toujours.

 

 

Un livre pour donner envie de lire ?

 

(Et d’écrire : ) « Le Marin de Gibraltar » de Marguerite Duras.

 

 

2ème questionnaire au choix :

 

 

Un livre pour donner envie de légèreté ?

 

L’œuvre BD du grand Bill Watterson racontant les aventures légères (mais profondes) de Calvin et Hobbes.

  

 

Un livre pour donner envie d’égalité ?

 

« Martin Eden » de Jack London.

 

 

Un livre pour donner envie de liberté ?

 

Tous les bons livres (ils sont faits pour ça), et peut-être ceux de Henry Miller et Jack Kerouac.

 

 

Un livre pour donner envie de fraternité ?

 

« Les Frères Karamazov » de Dostoïevski.

 

 

Un livre pour donner envie de festivité ?

 

« Complicity » de Iain Banks (très noir, très drôle).

 

 

Un livre pour donner envie de beauté ?

 

Les catalogues d’exposition, et par exemple, celui sur l’œuvre de Gerhard Richter (le dernier grand peintre qui n’a pas peur de la beauté).

 

 

Un livre pour donner envie de gaieté ?

 

« Le vin pour les Nuls ».

 

 

Un livre pour donner envie de vérité ?

 

Je suggère plutôt la lecture régulière de « New Scientist ».

 

 

Un livre pour donner envie de volupté ?

 

« Le sexe pour les Nuls ».

 

 

Un livre pour donner envie de lucidité ?

 

La lecture régulière de « The Economist ». 

  

 

 

Publié dans Idées cadeaux

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Deux zèbres sur la 30ème rue de Marc MICHEL-AMADRY

Publié le par Hélène

                                              deux-zebres.jpg

 

 

 L’auteur :

Marc Michel-Amadry est directeur de Sotheby’s Suisse et vit à Neuchâtel. Il signe ici son premier roman.

  

L’histoire :

 Pour remplacer ses zèbres morts de faim, Mahmoud Barghouti, directeur du modeste zoo de Gaza, se résout à peindre des rayures à deux ânes. James, correspondant du New York Times au Moyen-Orient, s’empare de ce fait divers insolite, porteur d’un message d’espoir et de paix. Une chronique dont les échos dépassent les frontières et qui bouleverse des destins. Entre Paris et Berlin, New York et Gaza, d’un ambitieux consultant à une artiste peintre branchée, d’un intrépide journaliste de guerre à une volcanique DJ, deux couples sont réunis grâce à la magie de ces zèbres pas comme les autres.

Bijou d’optimisme, sésame vers le bonheur, Deux zèbres sur la 30e Rue est une incitation à oser vivre à la hauteur de ses rêves. Un livre qui fait du bien, à mettre entre toutes les mains. (Présentation de l’éditeur)

Mon avis :

 L'attrait de ce court roman tient pour une grande part dans l'originalité de son point de départ : cette histoire improbable d'ânes rayés pour les transformer en zèbres et faire ainsi rêver les enfants de Gaza est brillante... 

A partir de début prometteur, l'auteur tente de créer une trame en mettant en scène différents personnages à un tournant de leurs vies. L'idée étant de les réunir et de les accomplir grâce aux zèbres. Malheureusement, l'histoire ne décolle pas et l'originalité se perd en chemin au profit d’histoires d’amour somme toute assez banales et d'une mise en abîme peu originale.

 "Il voulait que le récit soit empreint d'humanité. Qu'il soit question d'hommes et de femmes ordinaires qui donnent du sens à leur vie en accomplissant des choses extraordinaires. Il aspirait à raconter que de simples gestes suffisent parfois à susciter de profonds bouleversements, à accomplir des exploits." (p. 62) 

 Malgré son charme diffus, ce roman ne me semble pas encore tout à fait accompli...

 Premières phrases :

« Il pensait à elle tous les jours. Mais pensait-elle seulement à lui ? Cette question, Mathieu se la posait chaque matin tandis qu’il levait les yeux vers le plafond gris de sa chambre. Un gris qui changeait au gré des heures et de la lumière. »

 D’autres avis :

 Théoma 

 

Deux zèbres sur la 30ème Rue, Marc Michel-Amadry, Editions Héloïse d’Ormesson, avril 2012, 126 p., 14 euros

 Un grand merci à Roxane Defer des Editions Eho pour son accueil et sa gentillesse.

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Diane et autres stories en short de Christian LABORDE

Publié le par Hélène

                                                diane et autres stories en short

 

  L’auteur :

 Christian Laborde a publié des romans, Le dictionnaire amoureux du Tour de France, des pamphlets. Aux Éditions Robert Laffont, il a publié Corrida Basta et Le soleil m'a oublié.(Présentation de l’éditeur)


L’histoire :

« L'érotisme, c'est le cinéma intérieur des êtres humains», dit Philippe Sollers. Allez au cinéma avec Christian Laborde. Vous allez aimer le film.

 

Nous disons « nouvelles », les Anglais « short stories » et l'auteur « stories en short ». Pourquoi ? Parce que les héroïnes de ces dix-sept histoires érotiques portent chacune un short. Il y a le short noir d'Irène qui joue au volley-ball, celui de Florence à qui un homme éperdu réussit à dire quelques mots. Il y a le short vert d'une jeune anarchiste, celui que Rebecca retire dès qu'un orage éclate, le short à revers de Mathilde qui rencontre son futur amant au rayon « Biscuits »à Auchan, etc.
Un homme ou une femme fait l'amour autant avec son imagination qu'avec ses organes. Ici l'imagination procède naturellement des mots, c'est-à-dire du style de Christian Laborde, léger mais précis, rapide mais brillant, quand il met en scène les objets du désir. Que démontrent ces délicieuses et excitantes nouvelles ? Que l'érotisme, omniprésent dans la société actuelle, reste une voix personnelle, presque indéfinissable. Il appartient pour chacun d'entre nous au domaine du rêve. En ce sens, il est le contraire de la pornographie qui montre alors que l'érotisme suggère.
Voilà un livre très suggestif et attachant parce que s'y mêlent avec un grand charme le trouble des héros, les coups de tonnerre de la passion sensuelle et même l'amour des bons livres. (Présentation de l’éditeur)

 Mon avis :

Christian Laborde est un homme qui soigne son style. Un homme érudit, à la culture musicale et littéraire lumineuse, culture que ses personnages savent utiliser à bon escient :  

« En lui rendant la monnaie, je lui dirai la nuit je mens, je prends des trains à travers la plaine. Interloquée, elle sourira, et j’ajouterai vous savez, j’ai pas toujours bossé dans ce kiosque, avant j’étais dynamiteur d’aqueducs, voleur d’amphores au fond des criques. Dans ses yeux, je lirai de l’incompréhension, peut-être de la peur. Alors pour la rassurer, je lui soufflerai t’étais pas née»(p.11)

 Naît alors sous nos yeux un texte sensuel, intelligent, vivant et humain...

Mais -car oui, il y a un mais- Christian Laborde n'a pas accordé autant de soin à ses scénarios, du moins à certains, qui frôlent les clichés et la banalité : la voisine qui a un problème de fusibles et qui sonne à votre porte à une heure indûe, la cougar qui s'autorise une partie de jambes en l'air avec l'ami de son fils, le kiosquier amoureux transi d'une belle passante... 

Ainsi l'ensemble de ce recueil reste inégal, certaines nouvelles étant plus sentimentales qu'ouvertement érotiques, certaines assumant leur mièvrerie, et même si l'écriture et le traitement sont assez originaux, Diane et ses copines en short sont assez décevantes... 

 

Premières phrases :

« Le cœur, ça bat, on ne sent rien, on l’entend pas, c’est dans la cage thoracique, au fond. Le cœur, il fait son job de cœur, discret, sans jamais déranger personne, sans jamais se plaindre, arrimé au squelette par un vieux bout de chatterton, de sas en sas, de l’étuve au blizzard, loin du réconfort. »

 

Vous aimerez aussi :

 Littérature érotique  

D’autres avis :

  Stephie

Le Figaro

 

Diane et autres stories en short, Christian Laborde, Robert Laffont, mai 2012, 144 p., 16 euros

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Emily de Stewart O’NAN

Publié le par Hélène

emily

♥ ♥ ♥

 "Se pouvait-il que, même pour les gens d’âge mûr, la vie soit ainsi – déconcertante, inattendue, inconnue?" (Virginia Woolf)

  

L’auteur :

 

Stewart O’Nan est né en 1967 à Pittsburgh. Il a notamment publié aux Éditions de l’Olivier : Des anges dans la neige (1997), Un monde ailleurs (2000) ou Chanson pour l’absente (2010). Aussi virtuose dans le roman noir, la fiction pop que dans les récits plus intimistes, il consacre toute son œuvre à dépeindre la face cachée du rêve américain, celle du quotidien, des actes et des lieux ordinaires, cette vraie Amérique loin de ses propres légendes.

 

L’histoire :

 

Dans la vie d’Emily, il y a eu les repas animés, la ronde des jours et des choses à faire. Aujourd’hui, Emily est veuve. Ses enfants sont loin. Sa belle-sœur, Arlene, lui tient compagnie. Elle aime la musique classique, les musées, les petits déjeuners copieux du Eat’n Park. Sa santé est bonne. Elle ne manque de rien. À 80 ans, le temps rétrécit mais il semble infini.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Emily est un roman tendre, doux, ouatiné, tranquille à l'image de son héroïne éponyme, une femme veuve de 80 ans qui considère sa vie quotidienne tempérée avec tendresse et sagesse. Ne nous y trompons pas : Emily est une vieille femme qui refuse de capituler devant la mort et qui ne souhaite pas attendre les bras croisés que la belle faucheuse vienne la chercher. Elle décide donc de reprendre ses derniers moments en main et d'achèter une nouvelle voiture pour gagner en autonomie et pourquoi pas, partir en virée avec sa copine Arlène… Elle rêve également devant une maison proche de celle de son enfance, elle fait des projets, elle VIT, encore, toujours...

 Des petits riens jalonnent sa vie paisible : son chien Rufus, ses sorties avec sa belle-sœur Arlène, compagne indispensable, une symphonie de Schubert, des appels à ses enfants pour prendre des nouvelles, leurs  visites, toujours trop courtes et laissant un sentiment d’insatisfaction dans l’air, les enterrements aussi, inévitables, une exposition de van Gogh, mille petits détails qui font de sa vie un ensemble cohérent paisible et heureux...

 Un très beau roman que la vieillesse, vu comme le début d’une autre aventure…

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien


Premières phrases :

 

« Tous les mardis, Emilly Maxwell remettait le peu qui lui restait de vie entre les mains de Dieu et celles, tremblantes, de sa belle-sœur, Arlene, et elles allaient en voiture au drive-in Eat’n Park, prendre un petit-déjeuner-buffet « deux-pour-le-prix-d’un ».

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Nos plus beaux lendemains

Autre : La tournée d'automne de Jacques POULIN

 

D’autres avis :

 

Blogs : Clara

Presse : L’express ; Libération ;Le Figaro  

 

Emily, Stewart O’NAN, traduit de l’anglais (EU) par Paule Guivarch, Editions de l’Olivier, mai 2012, 334 p., 22 euros

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Idées cadeaux d'Aliette Armel

Publié le par Hélène

aliette armel

 Présentation :

 

Écrivain et critique au Magazine littéraire, Aliette Armel a publié, entre autres, une biographie de Michel Leiris, Michel Leiris (Fayard, 1997), et deux essais sur Marguerite Duras, Marguerite Duras et l'autobiographie (Castor Astral, 1996) et Marguerite Duras (Christian Pirot, 1998).
Elle a également publié des romans où le voyage joue un rôle central : Le Voyage de Bilqîs (Autrement, 2002), Le Disparu de Salonique (Editions Le Passage, 2005), Le Pianiste de Trieste (Editions Le Passage, 2008), Pondichéry à l’aurore (Editions le Passage, 2011).
 

Ses réponses :

 

 Pourquoi offrir un livre ?

 

Pour aller au-delà d’une conversation et exprimer ce qui, par des paroles trop directes, risquerait d’être mal entendu.. Pour donner envie d’explorer, d’enrichir, de vivre à la fois par les mots et au-delà des mots.

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

 

Antigone d’Henry Bauchau

 

Un livre pour donner envie de voyager :

 

L’usage du monde de Nicolas Bouvier

 

Un livre pour donner envie de rire :

 

L’histoire de Pi de Yann Martel

 

Un livre pour donner envie de philosopher :

 

Et il dit, Erri De Luca

 

Un livre pour donner envie d'aimer :

 

Le Hussard sur le toit, Jean Giono

 

Un livre pour donner envie de rêver :

 

Platte River, de Rick Bass

 

Un livre pour donner envie de savourer :

 

Ce peu de bruits de Philippe Jaccottet

 

Un livre pour donner envie de se révolter :

 

Une saga moscovite de Vladimir Axionov

 

Un livre pour donner envie de se cultiver :

 

Générosité de Richard Powers (pour une culture qui soit, pour une fois, scientifique et technique !)

 

Un livre pour donner envie de cuisiner :

 

Le repas de Noël dans « Les Morts », nouvelle de James Joyce (Gens de Dublin)

 

Un livre pour donner envie de lire :

 

Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (toute la série des Malaussène)

 

 

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Comme ton père de Guillaume LE TOUZE

Publié le par Hélène

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♥ 

  

L’auteur :

 

Guillaume Le Touze est un écrivain français né au Havre en 1968. Après avoir exercé différents métiers, il est recruté comme maquettiste par la maison d'édition L'Ecole des loisirs, qui publie ses premiers textes pour la jeunesse en 1991. Son premier roman pour adultes suivra en 1992. Il reçoit le Prix Renaudot 1994 pour Comme ton père. Il se consacre aujourd'hui à l'écriture.

 

L’histoire :

 

Avant d'être agrandies et taillées par la main de l'homme, les grottes de Massitissi formaient de simples cavités, nichées dans la montagne d'une région d'Afrique australe. Rien ne les destinait à abriter des rites, à conserver l'écho de conversations humaines.
En 1867, des missionnaires en butte à l'hostilité des Boers y ont trouvé refuge.
A la fin du XXe siècle, un voyageur venu de France choisit, à leur suite, de s'y installer. Son fils le rejoint, quelques années plus tard. Et ces deux êtres retrouvent, en présence l'un de l'autre, des gestes d'apaisement et de vie. Ils ne se sont pas vu vieillir ; mais il importe peu, parfois, de se connaître. L'histoire qui débute avec eux appartient à notre époque.

 

Mon avis :

 

Je me souviens avoir été marquée par ce livre lors de ma première lecture il y a 10 ans environ. J’avais trouvé le rapport père-fils très finement évoqué, de façon touchante et vraie.

Malheureusement je n’ai pas retrouvé mon enthousiasme à la deuxième lecture. Les différents chapitres, l’un consacré à Paul, puis le deuxième à ses ancêtres, puis à son fils, puis à sa femme, tout cela m’a semblé trop éclaté, trop décousu pour former un ensemble cohérent. La simplicité des sentiments m’a bien sûr touchée, mais pas de façon durable, pas en profondeur, peut-être parce que justement les récits sont trop disparates pour s’imprimer concrètement dans nos âmes de lecteurs.

 

Premières phrases :

 

« Jacques,

Ecrire ton nom est un plaisir que je me suis longtemps interdit. Avant d’en tracer les lettres, je l’ai dit à haute voix et il a résonné contre la paroi rocheuse. Ici, très loin de toi, ma bouche a fait vibrer l’air des sonorités de ton nom. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 

‘Ta mère de Bernardo CARVALHO

 

 

Comme ton père, Guillaume LE TOUZE, Editions de L’Olivier, septembre 1994, 218 p.,

POCHE : Comme ton père, Guillaume LE TOUZE, Points, septembre 1995, 218 p., 5.34 euros

 

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Presque mort de Ake EDWARDSON

Publié le par Hélène

                                                    presque-mort-1.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Åke Edwardson est né en 1953. Les aventures d’Erik Winter ont été traduites dans plus de vingt langues ; elles ont reçu des distinctions dans le monde entier, dont une nomination pour le Los Angeles Times Book Prize, et ont été adaptées pour la télévision.

 

L’histoire :

Un gangster, un écrivain, un politicien et un citoyen ordinaire – sans compter ce commissaire rongé par le doute et par un mal de tête persistant. L’automne est exceptionnellement beau mais tous sont rattrapés par un sombre événement. Leurs destins se rejoignent autour de la disparition d’une jeune fille, trente ans auparavant. Tous seront confrontés à cette mort et réunis autour de cette mort.

 Presque mort est le neuvième et avant-dernier roman de la série des enquêtes du commissaire Erik Winter et de ses collègues de la brigade criminelle de Göteborg.

 

Ce que j’ai aimé :

 Ake Edwardson est un homme qui prend son temps : il parsème le chemin du lecteur de divers éléments sans rapports apparents, les laissent dériver, un à un, indépendamment, comme des particules isolées, puis, peu à peu, comme dans un puzzle, un élément s’insère dans un autre, un deuxième dans les deux autres… Un à un les éléments disparaissent, s’évaporent dans la nature ou dans la mort, et le mystère s’épaissit en même temps qu’une trame se dessine. Tout le talent de l’auteur est de réussir à rester sur le mince fil qui court entre mystère et lucidité. L’ensemble finit par créer un puzzle cohérent, très sombre, à l’image de cette Suède errant entre chien et loup.

 Erik Winter subit l’assaut de migraines infernales qui gangrènent son esprit et ses actes, comme si elles étaient le signe d’un délitement généralisé : délitement des couples aux sentiments fluctuants et incertains, délitement des mœurs, du physique en proie au temps qui passe, de la vie, qui, de fil en aiguille roule vers la mort et fait de nous, êtres humains encore vivants, des « presque morts »…

 Du grand art…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Il vaut mieux lire les épisodes dans l’ordre de façon à mieux appréhender l’histoire personnelle des protagonistes que l’on retrouve tout au long de la série…

 

Premières phrases :

 « La voiture était stationnée là, portières grandes ouverte, moteur en marche, les phares trouant la nuit jusqu’à la forteresse sur la rive du fleuve. La scène avait quelque chose d’irréel. Les chaussées de bronze étaient vides. Le ciel s’élargissait à l’ouest, rougeoyant encore de la veille, comme si le crépuscule n’avait pas voulu lâcher prise. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :

Série Erik Winter

  1. Dans med en ängel, 1997 (*) / Danse avec l'ange, 2002/ Death Angels, 2009
  2. Rop från långt avstånd, 1998 / Un cri si lointain, 2003 / The Shadow Woman, 2010
  3. Sol och skugga, 1999 / Ombre et soleil, 2004 / Sun and Shadow, 2005
  4. Låt det aldrig ta slut, 2000 /   Je voudrais que cela ne finisse jamais , 2005 / Never End, 2006
  5. Himlen är en plats på jorden, 2001 (*) / Le ciel se trouve sur Terre, 2011 / Frozen Tracks, 2007
  6. Segel av sten, 2002 / Voile de pierre, 2006 / Sail of Stone, 2011
  7. Rum nummer 10, 2005 / Chambre numéro 10, 2007
  8. Vänaste land, 2006 / Ce doux pays, 2007
  9. Nästan död man, 2007 / Presque mort, 2009
  10. Den sista vintern, 2008 / Le dernier hiver, 2010

 

Autre :

Roman policier nordique

 

D’autres avis :

Télérama ; Le magazine littéraire   

  

Presque mort, Ake Edwardson, traduit du suédois par Marie-Hélène Archambeaud, JC Lattès, 2009, 476 p., 22.50 euros

 POCHE : Presque mort, Ake Edwardson, traduit du suédois par Marie-Hélène Archambeaud, 10/18, 2009, 430 p.,  8.60 euros

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Premières fois de SIBYLLINE et 10 auteurs

Publié le par Hélène

                                 premieres-fois.jpg

 ♥ ♥ ♥ 

10 récits érotiques réservés aux adultes

 

Les auteurs  :

Scénario : SIBYLLINE

Dessin : CAPUCINE "Sex shop" Olivier VATINE "Club" Cyril PEDROSA "Soumission" Jérôme d' AVIAU "Fantasme" Dave McKEAN " X-rated" Dominique BERTAIL " Sodomie" RICA " Nulle" Virginie AUGUSTIN "1+1"  ALFRED" Première fois" VINCE " 2+1" 

L'histoire :

Dix nouvelles racontant dix premières fois. Pas la première relation sexuelle, mais la première expérience d'un fantasme jamais réalisé. De la première relation au premier godemichet, de la première sodomie à la première poupée gonflable, dix expériences racontées du point de vue féminin. 

Les dessinateurs de ces dix récits sont Alfred, Capucine, Jérôme d'Aviau, Virginie Augustin, Vince, Rica, Olivier Vatine, Cyril Pedrosa, Dominique Bertail et Dave McKean

 

Ce que j'ai aimé :

Les premières fois permettent d'aborder des sujets divers : la première fois qu'une femme achète un gode-michet (Sex-shop), la première fois d'une relation lesbienne (1+1), première fois dans un club échangiste (Club), première fois avec un inconnu (Fantasme)... Les lieux sont eux aussi variés :hôtels, bars, sex shop, chambre à coucher... 

Sibylline nous offre une évocation assumée et intelligente de la sexualité à travers des personnages profondément humains, qui connaissent joies, solitude, séparations... Ces êtres sont touchants car ils sont vrais, simples et beaux dans leur façon libre d'assumer leurs désirs et leurs plaisirs. L'écriture féminine accouplée aux dessins masculins crée une harmonie jouissive...

 A la fois charnel, sensuel, érotique, pornographique, cet album fait montre d'une grande originalité. 

Les dessins sont eux aussi recherchés, comme dans la dernière histoire Xrated de Dave McKean une pure merveille dans lequel les frontières entre spectateur d'un film érotique et acteurs deviennent de plus en plus floues.

Un incontournable de la littérature érotique à s'offrir absolument...

"Le sexe est avant tout un échange, un moment ultime d'abandon où il faut savoir ranger sa pudeur et ses angoisses. On baise parce qu'on aime ça, que l'on se découvre et que l'on s'apprend. J'avais envie de raconter des histoires qui rappellent que le cul c'est beau, et de dire que les excés de certains sont pour d'autres une normalité tendre." (Sibylline, postface)

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien...

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Vous aimerez aussi :

Littérature érotique

 

Conseillé par Yaneck dans ses idées cadeaux  

Premières fois, Delcourt, avril 2008, 14,95 euros

 BD Mango bleu

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Idées cadeaux de Yaneck Chareyre

Publié le par Hélène

Présentation :

  Je m'appelle Yaneck Chareyre, j'ai trente ans, et je vis à Grenoble.

Je suis blogueur depuis presque 6 ans, et chroniqueur bd depuis 4 ans et demi. Après avoir mené un skyblog fourre-tout, un over-blog de critiques de cinéma (une carte illimitée, ça donnait envie d'aller voir des films), j'ai monté ce qui s'est d'abord appelé Mes BD à moi, et qui est devenu depuis Les Chroniques de l'Invisible (si si, il y a un sens dans ce nom, un rapport à la bd). Je mets en ligne une chronique par jour, que j'écris le plus souvent. Un contributeur a rejoint le blog il y a quelques mois, pour deux articles par mois en moyenne.

J'essaye de proposer des lectures variées, qui puissent toucher tous les publics. J'essaye de ne pas proposer de chroniques tièdes. Je veux que ça chahute, que ça donne envie de lire, ou de passer son chemin. Une critique négative bien construite me conviendra toujours mieux qu'une pataude chronique moyennement convaincu.
Il y a de la bd pour toutes les circonstances, comme ce questionnaire va vous le démontrer. Merci à Hélène pour son invitation, j'ai beaucoup aimé l'exercice."
 

Mes questions :



Pourquoi offrir un livre ?

Pour ma part j’ai deux idées : soir je veux faire connaître le media bande dessinée, en assurer la promotion, soit je veux transmettre un message particulier. Et mes connaissances hors Bd étant restreintes…

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

Je ne peux me tenir à une seule bande dessinée. Il y a trop de potentialité pour cela. Au-delà des sujets traités, il y a la partie graphique qui entre en jeu, et qui pourra braquer le lecteur si l’on fait le mauvais choix. Je m’adapte à chaque fois. Et surtout, j’évite ces daubes insultantes que sont les « guides en bande dessinée ». Mauvais dessins, histoires pathétiques, ces ouvrages-là ne méritent qu’un seul usage : alimenter le feu.

 

Un livre pour donner envie de voyager :

Voyage aux îles de la désolation par Emmanuel LEPAGE, aux éditions Futuropolis

C’est un superbe ouvrage, reportage sur un voyage réalisé par l’auteur dans les îles du pôle Sud. Il mélange aquarelles réalisées sur place, à des planches de BD écrites par l’auteur à son retour. C’est superbe, c’est intéressant, et l’on se sent vraiment partie prenante de ce voyage.

 

Un livre pour donner envie de rire :

Les Dingodossiers par René GOSCINNY et Marcel GOTLIB, aux éditions Dargaud.

Il n’est jamais évident de proposer une référence de l’humour. On pleure plus facilement des meples choses que l’on en rit. Pour ma part, ma référence, ce sont les Dingodossiers de Goscinny et Gotlib. Des gags en deux planches maximum, pleine de non-sens, frappant par la justesse du regard sur les travers de notre société d’il y a trente ans.

 

Un livre pour donner envie de philosopher :

Maus par Art SPIEGELMANN aux éditions Flammarion.

Par philosopher ; j’entends moi réfléchir. Et à ce titre, il n’y a rien en bande dessinée au-dessus de Maus. C’est LA référence. Cet ouvrage présente le regard d’un fils sur la vie de son père, survivant des camps de la mort. Tout en tenant le lecteur à bonne distance, il nous plonge dans les camps, dans l’esprit de ceux qui ont vécu ces atrocités. Sans occulter les conséquences de ces crimes sur les survivants. De la première comme de la seconde génération.

 

Un livre pour donner envie d’aimer :

Doomboy par Tony SANDOVAL aux éditions Paquet.

Une histoire d’amour, comment vivre après la mort de celle qu’on a aimé. C’est extrêmement touchant, très bien écrit, très poétique. Cette tristesse, cette passion, est vraiment bien illustrée. Les effets d’aquarelle contribuent bien à cela.

 

Un livre pour donner envie de rêver :

Petit Pierrot par Alberto VARANDA aux éditions Soleil.

Un petit bonhomme qui parle à un escargot, rejoint la lune à bord d’un livre volant… Petit Pierrot est une invitation  au rêve, à croire en eux. Ce sont des scènes ou de courtes bandes, et l’auteur développe un univers qui plaira tant aux petits qu’aux grands.

 

Un livre pour donner envie de savourer :

Les gouttes de Dieu par TADASHI AGI et SHU OKIMOTO aux éditions Glénat.

Pour tous ceux qui n’aiment pas boire du vin, ce mange est une véritable invitation à la dégustation. Les auteurs insistent sur les images que peuvent inspirer les vins, sur la profondeur de cet univers à découvrir. J’ai eu envie de déguster du vin grâce à cette série alors que je n’en buvais jamais avant.

 

Un livre pour donner envie de se révolter :

En chemin elle rencontre aux éditions des Ronds dans l’o, dirigé par Marie Moinard

Deux tomes ont été publiés, deux ouvrages collectifs sur les violences faites aux femmes. Ce sont des albums durs à lire, je n’ai pour ma part pas réussi à les terminer. Ils touchent à des sujets forts, nous mettent le nez dans la misère et la violence. Des ouvrages essentiels, nécessaires.

 

Un livre pour donner envie de se cultiver :

De cape et de crocs par Alain AYROLES et Jean-Luc MASBOU aux éditions Delcourt.

Cette série, maintenant terminée, est un hommage au théâtre, aux grands auteurs français. Cette série de cape et d’épée saura charmer le plus grand nombre avec ses références à Molière, à Racine, subtilement insérées dans une aventure trépidante et passionnante. La grande culture littéraire française, rendue abordable pour tous, voilà ce qu’est cette série.

 

Un livre pour donner envie de cuisiner :

En cuisine avec Alain Passard par Christophe BLAIN aux éditions

Voici un mélange savourant de reportage bd et de recettes de cuisine. L’auteur suit le grand cuisinier Alain Passard, le met en scène, et accompagne la présentation des recettes. Blain met en avant une tarte aux pommes qui vous donnera immédiatement l’envie de cuisiner. C’est beau, c’est bon. Et il y a toute l’énergie propre à Christophe Blain.

 

Un livre pour donner envie de lire :

Lou le loup par Murielle SZAC et Catherine PROTEAUX –ZUBER aux éditions Bayard

A cet intitulé, j’ai choisi de répondre par un titre qui s’adresse aux jeunes enfants, à partir de un an et demi, ou deux ans. Je ne choisis donc pas un titre qui donnerait aux adultes l’envie de lire. Pour donner envie de lire de la bande dessinée à nos bouts de choux, les aventures de Lou le loup, généralement en quatre et huit cases, sont une excellente première approche. L’exercice particulier que demande la bd, passer la bande blanche (qu’on appelle gouttière) entre deux cases, et y associer un temps de mouvement, d’action que l’on ne perçoit pas, peut s’appréhender très jeune. Mon propre fils de trois ans aime qu’on lui dise ces histoires. Ce n’est pas tout à fait de la bd, mais ça y ressemble grandement.

 

Un livre qui donne envie de légèreté :

Les petits ruisseaux par Pascal RABATE aux éditions Futuropolis

C’est un album qui propose aux « seniors » de vivre avec un peu plus de légèreté, de profiter de la vie, malgré toutes leurs difficultés. De continuer à aimer, de continuer à kiffer, de continuer à vivre, tout simplement. Rabaté cherché à alléger une période qui peut faire peur à beaucoup de monde, celle où l’on estime qu’on va perdre, qu’on va être diminué. Il nous invite à nous prendre en main pour qu’il n’en soit rien.

 

Un livre qui donne envie de liberté :

Yossel 19 avril 1943 par Joe KUBERT aux éditions Delcourt.

Je dirai moi, qui donne envie de se battre, pour sa liberté. La liberté n’est pas une vertu cardinale pour moi, ce n’est pas la valeur qui guide ma pensée. Mais Joe Kubert, dans ce récit qu’il fait du ghetto de Varsovie pendant la seconde guerre mondiale et de la façon dont les nazis ont détruit cet endroit et massacré ses occupants, donne vraiment envie de se battre pour être libre, lorsqu’on est opprimé. C’est un récit poignant dont la technique graphique vous plonge au plus près de ces hommes et femmes.

 

Un livre pour donner envie de fraternité :

Droit du sol par Charles MASSON aux éditions Casterman.

L’auteur a vécu à Mayotte, et il décrit le mode de vie sur l’île des migrants qui quittent l’Afrique et surtout Madagascar, pour essayer de rejoindre ce paradis mythique que représente la France. Leurs conditions de vie déplorable là-bas soulèveront tous les cœurs. Je vous mets au défi de considérer ces gens comme des parasites venus manger le pain des français, après cette lecture.

 

Un livre pour donner envie de vérité :

Le complot- L’histoire secrète des protocoles des sages de Sion par Will EISNER aux éditions Grasset.

Cet ouvrage démonte un vieux fantasme de l’extrême-droite, un ouvrage qui serait censé prouver le complot des juifs contre le reste du monde. Le nazisme et l’anti-sémitisme désormais, se basent beaucoup dur ce livre. Will Eisner déconstruit ce mythe, montre comment il a été fabriqué de toute pièce à partir  d’écrits de … Napoléon III.

 

Un livre pour donner envie de volupté :

Premières fois, ouvrage collectif aux éditions Delcourt.

Cet album est un recueil de nouvelles érotiques très bien écrites, intelligentes et très éloignées de la pornographie brutale et lobotomisante que l’on trouve sur Internet. C’est un livre qui sonne juste, qui sonne vrai. Les auteurs sont variés, proposent des dessins différents ? Si l’on veut s’offrir un album érotique, je recommande vraiment celui-ci.

 

 

Publié dans Idées cadeaux

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Eau sauvage de Valérie MREJEN

Publié le par Hélène

                                                             eau-sauvage.jpg

♥ ♥

« On revient toujours vers ses origines. (…) Si l’on me coupe de mes racines, je dépéris. Je ne peux plus marcher. » (p. 67)

 

L’auteur :

Valérie Mréjen, née en 1969 est une romancière, une plasticienne et une vidéaste française. Connue pour ses courts métrages et ses vidéos, Valérie Mréjen expose aussi dans les galeries et les musées d'art contemporain. Elle interroge le langage, ses multiples facettes et sa vacuité, dans des productions courtes inspirées du quotidien comme Au revoir, merci, bonne journée ou Chamonix. Parmi ces autres courts figurent French courvoisier (2009) et Valvert (2010). Également auteur, la réalisatrice française prolonge sa réflexion dans plusieurs romans remarqués : Mon grand-père en 1999, L' Agrume en 2001 et Eau sauvage en 2004, publiés chez Allia.

En ville, son premier long-métrage (coréalisé avec Bertrand Schefer), a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2011. (Source : France Inter)

 

L’histoire :

 Un père adresse à sa fille, déjà adulte, des reproches, des demandes, des propositions. Dans le silence qui lui répond, on entend tout : l'exaspération, la culpabilité, le désir d'être ailleurs. Un discours à sens unique, une litanie qui pourrait lasser, mais qui apparaît peu à peu comme un écho familier. (Source : Evene)

 

Ce que j’ai aimé :

Valérie Mréjen peint avec beaucoup de justesse et de sincérité une relation entre un père et sa fille.

 Le portait de ce père est émouvant : homme seul, il parle du fond de sa solitude à sa fille, à ses enfants qui, adultes, ont quitté le domicile parental et ont laissé un vide que rien ne comble.  Les maigres conversations qui s’échafaudent alors ensuite ne parviennent pas à rassasier ce père qui rêverait d’une famille plus unie formant bloc contre le monde extérieur.  Il soliloque, raconte ses journées, ses joies, ses peines, posent des questions pour s’intéresser à la vie de sa fille, la conseille, et répète « on ne se voit jamais… » comme une litanie qui pourrait éradiquer la distance entre les êtres… La voix des enfants ne parvient pas jusqu’à nous, flétrie par le monologue du vieil homme.

 « Non, pas très bien. J’ai beaucoup de problèmes au bureau, avec Rosine on est en froid. Elle se plaint du matin au soir. Je vais vers elle et elle m’accueille par des soupirs. Vous, vous avez vos vies, chacun fait de qu’il a à faire. » (p.56)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 La facilité a tendance à frôler la simplicité et il faut un éclairage particulier pour voir dans ce dialogue quotidien autre chose… La profondeur du texte ne se laisse pas facilement apprivoisée…

 

Premières phrases :

« Je crois que je vais prendre une décision très grave parce que maintenant ça commence à bien faire. A partir de demain, c’est terminé, je n’entendrai plus parler de vous. 

Ca n’a pas l’air d’aller ? Tu peux te confier, j’aimerais t’être utile bien que je sois maladroit. Souvent, je n’ose pas demander, j’ai peur de poser des questions. Pourtant, je sens que tu n’es pas à l’aise.»

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : L’agrume

Autre : Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

 

Eau sauvage, Valérie Mréjen, Editions Allia, janvier 2004, 92 p., 6.20 euros

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