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Cible mouvante de Ross MACDONALD

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

  

 L’auteur :

 

 ROSS MACDONALD (1915-1983) est l'auteur de plus d'une vingtaine de romans, dont la célèbre série mettant en scène le détective privé Lew Archer, qui a été incarné deux fois à l'écran par Paul Newman. Après Chandler et Hammett, c’est le troisième "grand" du roman noir américain. James Crumley et James Ellroy reconnaissent en lui un maître et ses livres se sont vendus à des millions d’exemplaires de par le monde. Ses romans sont enfin réédités – pour la première fois – dans une traduction intégrale. Plus de détails sur sa vie et son oeuvre.

L’histoire :

 

Comme beaucoup de millionnaires du sud de la Californie, Ralph Sampson a d'étranges fréquentations. Il y a cet étrange saint homme qui vénère le soleil et auquel Sampson a autrefois offert une montagne entière, et cette actrice oubliée, versée dans l’astrologie et les pratiques sado-maso. Mais voilà que le détective privé Lew Archer est engagé par la femme de Sampson pour retrouver cet excentrique magnat du pétrole dont les "amis" ont peut-être arrangé le kidnapping. Pour mener à bien son enquête, il devra naviguer entre les sanctuaires des méga-riches californiens et les boîtes de jazz sordides.

    Cette première enquête de Lew Archer plonge dans un univers où s'entremêlent sexe, avidité et rancœurs familiales. Ce classique du roman noir transcende le genre en mettant en scène un détective privé qui pénètre au cœur des mystères de l'existence humaine.

  Ce que j’ai aimé :

 

 Les romans de Ross McDonald ont été édités entre 1949 et 1976, et aujourd'hui  les éditions Gallmeister ont décidé de rééditer les aventures de Lew Archer dans de nouvelles tradutions, par ordre chonologique et directement en format de poche. Un vrai régal, merci Oliver...

 Cible mouvante nous plonge donc dans l’atmosphère des romans noirs des années 50 : les boîtes de jazz aux artistes désillusionnés, les bas-fonds sordides opposés à la lumière des grandes fortunes, si attirantes que certains papillons de nuit risquent d'y perdre leurs ailes.

Un autre monde souterrain dominé par l'argent et l'appât du gain se tapit dans l'ombre, attendant son heure. Lew Archer est là pour remettre un semblant d'ordre dans cette noirceur sous-jacente, il est l'archétype du détective privé fascinant,  et pourtant aux abords ordinaires.

 « En 1935, lorsque je me suis engagé dans la police, je croyais que le mal était une qualité avec laquelle certaines personnes naissaient, comme un bec de lièvre. Et que donc le boulot de flic consistait à trouver ces personnes et à les neutraliser. Mais la mal n’est pas si simple. Nous l’avons tous en nous, et le fait qu’il en vienne ou non à s’exprimer dans nos actes dépend de beaucoup de choses. De l’environnement, des opportunités, de la pression économique, du manque de bol, d’un mauvais ami. Le problème, c’est que le flic doit continuer à juger les gens au doigt mouillé et à agir en fonction de ce jugement. » (p.128)

Les chapitres courts (5 pages environ) et l'écriture directe et incisive de Ross McDonald rendent cette enquête diablement efficace et crée une accoutumance indéniable à cette série, rééditée dans de nouvelles traductions et qui comptera a priori 18 volumes... Vous n'avez pas fini d'entendre parler de Lew Archer...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

  

Premières phrases :

 « Le taxi quitta la US  en direction de la mer. La route contournait une montagne marron puis s’enfonçait dans un canyon bordé de chênes dorés.

-          C’est Cabrillo Canyon, dit le chauffeur.

Il n’y avait aucune maison en vue.

-          Les gens vivent dans des cavernes ?

-          Oh que non. Les domaines sont plus bas, près de l’océan. »

  

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Noyade en eau douce

 Autre : Raymond Chandler et Dashiell Hammett

 

 D’autres avis :

 

Blogs : Jean-Marc  

Presse :

Derrière son privé Lew Archer, Ross Macdonald décortique l'Amérique des nantis d'une plume cinglante. […] Une écriture moderne, tendue à l'extrême, et un goût pour le réalisme social qui se renforcera au fil des livres.

Christine Ferniot, TÉLÉRAMA

L'intrigue est en béton armé, la construction parfaite, la langue soignée (récit au passé simple). Les flatteurs ne s'y trompent pas: Macdonald est une étoile.

Marine de Tilly, LE POINT

Du grand art noir.

Delphine Peras, LIRE

Écriture précise, effets dégraissés, intrigue qui emprunte au réalisme social, émotion retenue. Face à une littérature de genre qui joue parfois la surenchère pour cacher sa médiocrité, le classicisme a toujours du bon.

Éric Libiot, L'EXPRESS

Le sens de la formule, des ambiances et des situations associés à des personnages denses nourrissent à juste titre la réputation de cet auteur admirable.

Jérôme Caron, LE POINT DE VUE

La meilleure série d’histoires de détective privé jamais écrite par un Américain.

WILLIAM GOLDMAN

Alors que personne n’y prêtait attention – ou plutôt quand tout le monde regardait dans la mauvaise direction –, un auteur de polar est devenu l’un des plus grands romanciers américains.

THE NEW YORK TIMES

Ross Macdonald est tout simplement l’un des meilleurs.

MICHAEL CONNELLY

 

Cible mouvante, Ross MACDONALD, Traduit de l’américain par Jacques Mailhos, Gallmeister, mai 2012, 288 p., 10 euros 

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Les affligés de Chris WOMERSLEY

Publié le par Hélène

                 

                        

♥ ♥ ♥

L’auteur :

 Chris Womersley est un écrivain australien, né en 1968 à Melbourne. Eclectique, il est l’auteur de romans policiers, de nouvelles mais aussi de recueils de poésie.

Il fit ses classes en tant que journaliste pour la radio. C’est également un voyageur passionné (Inde, Asie du Sud-Est, Amérique du Sud, Amérique du Nord et Afrique de l’Ouest.)

Il vit aujourd’hui à Sydney et publie pour la première fois en 2012 chez Albin Michel (Les Affligés).

 

L’histoire :

Australie, 1919. Alors que la Grande Guerre est enfin terminée, une épidémie de grippe espagnole ravage le pays.  Dans une atmosphère de fin du monde, des hommes en armes bloquent les routes et parcourent les campagnes pour imposer la quarantaine. 

Quinn Walker, un soldat démobilisé et hanté par ce qu’il a vécu, retrouve la petite ville de  Flint en Nouvelle- Galles du Sud, qu’il avait quittée dix ans plus tôt, après avoir été accusé à tort d’un crime effroyable. Persuadé que son père et son oncle le pendront s’ils le trouvent, Quinn décide de se cacher dans les collines avoisinantes. Il y rencontre une gamine mystérieuse, qui l’encourage à réclamer justice et semble en savoir plus qu’elle ne le devrait sur son supposé crime…

 

 Ce que j’ai aimé :

Dès les premières pages, Chris Womersley ferre son lecteur qui sait désormais qu’il ne pourra plus se défaire de son roman avant la fin. Son écriture va droit au but, sans circonvolutions inutiles, efficace, implacable, permettant aux éléments de se mettre en place rapidement.

 Quinn est un être marqué, marqué par la guerre qui vient de s’achever mais ne l’a pas laissé intact puisqu’il a  été physiquement marqué, gazé, mais aussi psychologiquement ayant cotoyé l’horreur. Mais sa vie porte surtout l’empreinte du drame qui s’est déroulé dix ans plus tôt : accusé par son père et son oncle d’avoir violé et tué sa petite sœur, il a dû fuir loin des siens pour se daire oublier.

Il revient sur les lieux de son enfance et du drame sans savoir lui-même précisément ce qu’il souhaite : que vérité soit faite, que sa mère croit en son innocence et lui pardonne, mais ce qu’il aimerait avant toute chose est que sa petite sœur adorée ressuscite et que la vie reprenne son cours comme avant l’horreur…

 Dans sa quête de rédemption, il va être secondé par Sadie, une petite fille espiègle, intelligente usant de sortilèges magiques pour survivre dans un monde hostile dans lequel rôde le Mal, incarné par un personnage peu recommandable lancé à ses trousses…

 Les affligés est un roman qui semble graviter en apesanteur tant il est pur et lumineux. Il nous parle de vengeance, de douleur, de deuil, mais surtout d’espoir et d’amour. Il restera longtemps en suspens dans nos âmes la dernière page tournée.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Premières phrases :

« Le jour où la petite Sarah Walker fut assassinée, en 1909, un ouragan déboula brutalement à travers les plaines de la Nouvelle-Galles du Sud avant de se déchaîner sur la minuscule ville de Flint. Un tel meurtre devait constituer le point focal de ces quelques journées d’agitation fébrile où presque chacun des deux cents habitants eut quelque chose à déplorer. »

 

Vous aimerez aussi :

 A la lueur d’une étoile distante de Mary McGARRY MORRIS

 

D’autres avis :

Blog : Clara ;  Nina ; Jérôme ; Jostein ; Véronique ; Yves

Presse : France Inter   

 

  Les affligés, Chris Womersley, traduit de l’anglais (Australie) par Valérie Malfoy, Albin Michel, mai 2012, 336 p., 20 euros

Publié dans Littérature Océanie

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Imaqa de Flemming JENSEN

Publié le par Hélène

                             

 ♥ ♥ ♥ ♥

"Même dans les lieux les plus désertiques et abandonnés des dieux, des fleurs se pressent chaque printemps à travers la surface craquelée de sécheresse, se glissent entre les plus étroites fissures des rochers et signalent semence et vie aux endroits les plus improbables."  (p. 374) 

 

L’auteur :

 

Né en 1948 au Danemark, Flemming Jensen est surtout connu pour ses oneman shows, ses sketches radio et télé. Et pour ses livres. Lettres à Mogens, d'abord (Mogens, c'est son chien), et tout récemment Imaqa, le grand roman inuit qu'il a laissé mijoter pendant vingt-cinq ans. En France est également disponible Le Blues du braqueur de banque.

 

L’histoire :

 

Martin, instituteur danois de trente-huit ans qui ressent un vide dans son existence, demande sa mutation dans la province la plus septentrionale du Danemark, le Groenland. Il prend ses fonctions dans un hameau de cent cinquante âmes : Nunaqarfik, à plus de cinq cents kilomètres au nord du cercle polaire. Armé de ses bonnes intentions, encombré de sa mauvaise conscience coloniale et de ses idées pré-conçues, Martin découvre une communauté solidaire, dont la vie s'organise en fonction de la nature environnante - et pas malgré elle. Au fil des mois qui passent et des rencontres, dans une société où le rire est érigé en remède suprême contre la peur ou la tristesse, il apprend à apprécier ce qui est, sans se soucier de ce qui aurait pu être, et trouve ce à quoi il aspirait : l'aventure, l'immensité, l'harmonie, l'amour.

Roman chaleureux et humaniste, qui dénonce notamment les ravages de la colonisation du Groenland par le Danemark, Imaqa est un hymne à la tolérance et à la douceur, porté par un humour irrésistible. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

En choisissant d'aller enseigner dans ces contrées lointaines, Martin va découvrir un tout autre monde, avec son mode de pensée spécifique et une philosophie de vie différente. Quand il cherche à comprendre celles et ceux qui l'entourent, Gert, groenlandais pure souche lui répond :

 "Est-ce que tu ne peux pas tout simplement...vivre ici ? C'est ce que nous faisons, nous autres. Nous ne sommes pas comme des dingues à essayer tout le temps de comprendre." (p. 78)

 Ces hommes et femmes ont une vie simple et saine, évitant autant que possible les complications inutiles. Certains couples ont une façon bien à eux de gérer les crises :  "en comblant le vide avant de commencer à le percevoir" : ils achètent une tondeuse à gazon lors de la première crise, puis à la deuxième crise ils construisent une machine à outils, puis installent une cuisine aménagée, etc...

 Ils prennent la vie dans son immédiateté, même si cela crée quelquefois des situations absurdes : Pavia  est fier d'annoncer à Martin qu'il a acheté une moto, qu'il compte bien conduire sur la glace, lui qui pourtant ne sait pas même monter à vélo...

 "Une entreprise de vente par correspondance allemande avait trouvé un filon en expédiant son gros catalogue à tous les foyers du district. Et avait par là allumé une braise et créé un besoin qui n'aurait guère existé sans elle. Une vieille femme était ainsi en possession d'un vibromasseur électrique, et la sage-femme s'était procuré une télévision. Elles n'attendaient plus à présent que le jour où l'on installerait l'électricité." (p. 152)

 Il ne s'agit pas pour autant d'un monde idyllique : les problèmes d'alcool  sont légion courante, les jeunes sont attirés par l'attrait du continent et notamment de ses boîtes de conserve si différentes du poisson omniprésent, la violence est aussi sous-jacente...  

Mais l'humanisme prend le dessus, l'amour du prochain est tellement évident qu'il permet une entraide salvatrice. Là-bas, pas de psychologue : être sur le traîneau, seul au monde est la meilleure technique d'introspection dans "l'étincelante pureté du monde" (p.359)

 

                                 groenland.jpg

 

Un roman magnifique que je recommande chaudement...

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Premières phrases :

 « Ca grinçait, et c’était rassurant.

Il est rare, pourtant, que des grincements rassurent. Mais un vieil ascenseur habillé de bois, en route vers le quatrième étage, doit grincer. Sinon, quelque chose ne tourne pas rond.

Et ce n’était pas le cas. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le blues du braqueur de banque de Flemming JENSEN

Autre : La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL 

 

D’autres avis :

 

Canel ; France Inter 

 

Imaqa, une aventure au Groenland,  Flemming Jensen, roman  traduit du danois par Inès Jorgensen, Babel, 2002, 9.50 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Idées cadeaux de Keisha

Publié le par Hélène

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Présentation :

 

 Keisha, du blog en lisant en voyageant, se lance dans ce difficile exercice ! Les réponses sont le reflet du moment. Comme le savent mes visiteurs, je lis quasiment de tout (avec quand même quelques orientations préférées...)

 

Mes questions :

 

Pourquoi offrir un livre ?

 

Les fleurs c'est périssable, les bonbons aussi.

 

 

Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?

 

Justement non, ça dépend des circonstances;

 

 

Un livre pour donner envie de voyager ?

 

N'importe lequel de ces voyageurs et voyageuses qui ont exploré l'Asie, en particulier. Ella Maillart ?

 

 

Un livre pour donner envie de rire ?

 

L'humour est souvent une idée personnelle... Bon, disons Wodehouse, mais ça peut ne pas passer...

 

 

Un livre pour donner envie de philosopher ?

 

Tiens, Montaigne!

 

 

Un livre pour donner envie d’aimer ?

 

Il faurait une histoire d'amour qui finisse bien, et là, finalement, il n'en existe pas tant que ça. Eviter absolument Belle du Seigneur, brrr!

 

 

Un livre pour donner envie de rêver ?

 

Un livre de voyage.

 

 

Un livre pour donner envie de savourer ?

 

Le festin de Babette.

 

 

Un livre pour donner envie de se révolter ?

 

Sûrement pas un livre intitulé Révoltez-vous!

 

 

Un livre pour donner envie de se cultiver ?

 

 Un livre parlant de livres ?

 

 

Un livre pour donner envie de cuisiner ?

 

Justement pas un livre de cuisine.

 

 

Un livre pour donner envie de lire ?

 

Le comte de Monte Cristo, mais la longueur ferait peut être peur? Tout dépend de la personne, encore une fois!

Publié dans Idées cadeaux

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Eté de Mons KALLENTOFT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

Un roman policier efficace 

  L’auteur :

 Mons Kallentoft est né en 1968 en Suède. Journaliste et auteur, il a déjà publié cinq romans qui ont reçu de nombreux prix. Été est le deuxième volume de la tétralogie des Quatre Saisons. Le premier, Hiver, est disponible en Points.

 L’histoire :

Linköping se consume sous le soleil brûlant. C’est l’été du siècle en Suède. De quoi perdre la raison, pense l’enquêtrice Malin Fors. Une adolescente est retrouvée nue dans le parc municipal, hagarde ; une autre, assassinée. Seul point commun : une peau irréellement propre. Pervers prudent ou rituel de nettoyage ?

 Ce que j’ai aimé :

 Les problématiques mises en place liées au délitement de la société apportent au roman une profondeur sociologique, psychologique : les prégugés sexistes et racistes se taille une part du lion dans un pays surtout connu pour son image lisse de société idéale...

 Mons Kallentoft évoque ici encore, comme dans son précédent opus Hiver l’influence des traumas de l’enfance sur les êtres et met en lumière les séquelles que peut laisser en l'être humain une enfance violente ou traumatisante.  

L'auteur s'ingénue à laisser des parts obscures dans l'histoire, il laisse des questions en suspens comme pour mieux souligner les pouvoir puissant de l'imagination capable de combler les vides et d'apporter des réponses partielles...

 Ce que j’ai moins aimé :

- L’appellation du « Mal » pour désigner le tueur est un peu trop manichéenne et grandiloquente à mon goût...

 - La quatrième de couverture dévoile un élément de l'intrigue qui ne se produit pourtant que dans la dernière partie du roman.

 Premières phrases :

 « Je ne vais pas te tuer, mon ange d’été, je vais seulement t’aider à renaître.

Tu dois retrouver la pureté de l’innocence. La saleté des vieilles histoires doit être évacuée, le temps doit se trahir et il ne doit rester que le bien. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Hiver

 D’autres avis :

Kathel Canel, Cathulu Emeraude Paul Arre ; Clara http://fibromaman.blogspot.fr/2012/05/mons-kallentoft-ete.html

 Presse : Télérama  

 

Eté, Mons Kallentoft, traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss, Le serpent à plumes,  2010, 440 p., 24 euros

POCHE : Eté, Mons Kallentoft, traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss, Points, mai 2012, 408 p., 7.60 euros

 12 d'Ys

challengeQuatreSaisons

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L'île des oubliés de Victoria HISLOP

Publié le par Hélène

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 L’auteur :

 Victoria Hislop née Victoria Hamson est un écrivain britannique. Elle a travaillé comme journaliste avant de devenir auteure. Son premier roman, "the island" a été un véritable bestseller au Royaume uni. (Source : Babélio)

 L’histoire :

Saga familiale bouleversante et vibrant plaidoyer contre l'exclusion, ce roman d'évasion plein d'émotion et de suspense nous emporte sur une île au large de la Crète, Spinalonga, l'île des lépreux.

Alexis, une jeune Anglaise, ignore tout de l'histoire de sa famille. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère en Crète. Elle y fait une terrible découverte : juste en face du village se dresse Spinalonga, la colonie ou l'on envoyait les lépreux... et ou son arrière-grand-mère aurait péri.

Quels mystères effrayants recèle cette île des oubliés ? Pourquoi la mère d'Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la bouleversante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets... (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Le fond historique : l’histoire de cette île transformée en léproserie dans les années 1900 est véridique.

 « La même année (1903), le jeune gouvernement crétois décide de faire de l'îlot de Spinalonga "une léproserie ou une colonie de lépreux", c'est-à-dire un refuge obligé rassemblant tous des lépreux vivant épars dans les diverses régions de la Crète (puis plus tard de toute la Grèce), cachés dans des grottes et des cabanes de fortune ; cette déportation avait comme but d'améliorer leurs conditions de vie.

Les édifices et les ruines des bâtiments vénitiens et les demeures turques qui se trouvaient sur l'îlot de Spinalonga furent utilisés pour construire des habitations afin d'héberger les malades et les soignants, puis la mosquée turque fut convertie en hôpital, et le bastion vénitien "Dona" en cimetière ; enfin, en 1939, une route fut aménagée sur l'ensemble du périmètre de l'îlot. Le personnel soignant de la léproserie comportait un médecin, puis des infirmiers et des aides-soignants ; un surveillant et un abbé faisaient partie du personnel nécessaire sur l'îlot. 

Les conditions de vie sur Spinalonga pour les lépreux déportés de la Crète, puis la Grèce, étaient au début de l'ouverture de la léproserie, très difficiles : 

   *Le manque d'eau et de nourriture, car les malades étaient tributaires des apports de ces éléments nécessaires à la vie provenant de la Crète.

   *Durant les quatre premières années de l'ouverture de léproserie, il n'y avait pas de médecin, et les lépreux furent obligés de se soigner eux mêmes.


Les lépreux, devant l'isolement et la dure existence qu'ils menaient sur l'îlot de Spinalonga, montrèrent un courage surhumain en s'acharnant à utiliser tous les moyens disponibles, humains et matériels, afin d'améliorer leurs conditions de vie ; ils restaurèrent les demeures turques abandonnées ; remirent en service le système d'irrigation vénitien, installèrent un système permettant de récolter et stoker l'eau de pluie. En effet l'eau était un élément très important pour vivre et pour soigner les lésions cutanées et muqueuses de leur maladie qui exige, pour limiter son aggravation, une hygiène corporelle sans faille et le port de linges et vêtements propres en permanence. Les lépreux de Spinalonga chauffaient l'eau sur le feu de bois et lavaient leurs linges en vêtements dans les lavoirs déjà conçus par les Turcs.

La soif de vivre des lépreux sur Spinalonga était plus forte de que ce peut apporter leur maladie de désespoir devant la douleur, les mutilations corporelles et la mort, alors pour que leur existence ressemble à la vie de tout le monde, les historiens rapportent l'apparition sur l'îlot, de petits jardins, de vergers et de potagers autour des maisons ; certains malades pratiquaient l'élevage de poules et de chèvres ; des petits commerces voient le jour, puis un barbier, et ensuite une coiffeuse ; quelques tavernes dont une fut utilisée pour des activités culturelles, des spectacles de théâtre d'ombre et de la compagnie théâtrale de l'îlot ; des soirées dansantes et des projections de films. Vers le milieu des années trente, un générateur fut installé sur Spinalonga afin de fournir l'électricité à tous les foyers de la léproserie.

En 1937, l'état grec construit un nouvel hôpital sur l'îlot de Spinalonga dans lequel des médecins venant d'Athènes et de la Crète soignaient les malades ; puis en 1947, deux nouveaux immeubles furent édifiés afin de recevoir de nouveaux malades.

Des mariages eurent lieu dans la léproserie de Spinalonga ; plus de vingt enfants ont été mis au monde sur l'îlot, que l'état grec recueillait dans une crèche à Athènes.

En 1954, Spinalonga a pris le nom de "Calédonie".


Le gouvernement grec décida de fermer défensivement la léproserie en 1957 et les trente derniers lépreux de Spinalonga furent transférés dans un hôpital d'Athènes. » (source : Aly Abbara)

Spinalonga-forteresse-venitienne.jpg

L’auteur a cherché à créer une histoire familiale autour de cette léproserie et l’ensemble est plutôt cohérent, même si Victoria Hislop n’évite pas quelques écueils :

 Ce que j’ai moins aimé :

Il est évident qu’il est difficile pour les lépreux exilés sur l’île d’être séparés des leurs, coupés du monde, ne pouvant se permettre aucun contact avec leurs proches. Pourquoi donc l’auteur a-t-elle souhaité surenchérir en abusant du pathos ? La situation était assez explicite d’elle-même…

 Les intrigues sentimentales sont très présentes, coups de foudre à répétition, trahisons, infidélités, tromperies, passion, sont les ingrédients du récit.  

 « De son côté, le médecin pensait à Maria. Réussirait-il à attendre le mercredi suivant pour la revoir ? Sept jours. Cent soixante-huit heures. » (p. 325)

 Le style assez plat déçoit enfin le lecteur, qui pourra finalement se laisser saisir par ce roman facile, mais qui doit passer son chemin s’il recherche davantage de consistance…

 Premières phrases :

« Un vent automnal s’engouffrait dans les rues étroites de Plaka, et des bourrasques glacées enveloppaient la femme, engourdissant son corps et son esprit sans réussir à apaiser son chagrin. Comme elle peinait à parcourir les derniers mètres qui la séparaient de l’appontement, elle s’appuya de tout son poids sur son père.  Sa démarche évoquait celle d’une petite vieille transpercée par la douleur à chaque pas. Une douleur qui n’était pas physique, cependant. Son corps était aussi robuste que celui de n’importe quelle jeune femme ayant respiré toute sa vie le pur air crétois, sa peau aussi lisse et ses yeux d’un marron aussi profond que ceux de toutes les habitantes de l’île. »

 Vous aimerez aussi :

De pierre et de cendre de Linda NEWBERY

  D’autres avis :

Blogs : Cynthia 

Presse : sur le site de l’éditeur 

 

L’île des oubliés, Victoria Hislop, traduit de l’anglais (GB) par Alice Delarbre, Les Escales, mai 2012, 431 p., 22.50 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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En cuisine avec Alain Passard de Christophe BLAIN

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Une BD savoureuse...

 

L’auteur :

 

Christophe Blain naît en 1970 et se met à dessiner très vite. Mais pas de BD : pour les cases et les bulles, il a la flemme. Et il ne compte pas en faire un métier : "j'ai toujours dessiné, mais ça me semblait inaccessible. Les choses que j'aimais, j'imaginais à peine qu'elles étaient faites par des humains." Donc il essaie d'autres voies. Par exemple, trois semaines en fac de droit. Ça lui apprend au moins une chose : c'est "trop chiant" et le dessin est décidément la belle solution. Mais toujours pas la BD. À 17 ans, après avoir passé son enfance à potasser Lucky Luke et Tintin, il se détourne de la BD pour s’intéresser à la peinture. En 1989, il entre dans une école genre "arts appliqués". À l'époque, c'est très chic d'être directeur artistique dans la pub. Lui, il veut être dessinateur dans la presse et l'édition. Son prof lui demande : “Et tu veux faire barman le jour ou la nuit ?" Bref, il se fait virer. Puis, il passe un an aux Beaux-Arts de Cherbourg, immergé dans l'art contemporain "méchant", les sculptures conceptuelles et les mémoires sur Warhol ou Boltanski. Lui, ce qu'il aime, c'est Picasso, Lautrec, Bonnard, Serov, Repine, Gustave Doré et Daumier. En 1991, il part à l'armée avec l'idée d'en tirer un carnet de voyage sur la vie des troufions. Il se retrouve matelot. Comme Guibert dans Le Réducteur de vitesse, il est tout le temps malade, et comme Isaac sur son bateau pirate, il dessine tout ce qu'il voit. Il en ressort avec Carnet d'un matelot. (Le musée de la Marine est son musée préféré.). En 1997, il part sur une base scientifique au pôle Sud, en Terre Adélie. Il y vit un rêve de gosse : des camions, un hélicoptère et des manchots partout, comme des poules dans une basse-cour. Il en revient avec Carnet polaire. Entre-temps, sa rencontre avec Joann Sfar, Lewis Trondheim, David B. et Émile Bravo à l’Atelier des Vosges, lui a (enfin) donné envie de faire de la BD. Ils ont la même manière d'envisager le récit : l'intimisme et les complexités humaines glissés dans un cadre épique : ça devient presque une école. En 1999, après avoir dessiné sur les scénarios de David B., Sfar et Trondheim, il se met à écrire des histoires — l'une de ses préoccupations majeures étant: "Qu'est-ce que c'est, un mec bien?". Et il a le sens de l'émotion: à la fin du tome 2 d'Isaac le pirate, il tue Henri son personnage préféré. "Il fallait parce que si on tue quelqu'un dont on se fout, tout le monde s'en fout". Pour la suite de l'histoire, il hésite. "Quand j'ai commencé, je savais qu'Isaac allait revenir. Maintenant, je ne sais plus. Je veux qu'il continue le voyage, c'est tout." Et tout ça lui réussit : il récolte le Prix du meilleur album d’Angoulême en 2002 pour le premier tome d’Isaac le pirate. Ainsi, Blain continue de voyager pour recevoir les nombreux Prix qu'on lui décerne partout dans le monde, à Montreuil, Brive, Genève, Angoulême, Saint-Étienne, Vincennes, etc. Il poursuit Isaac le pirate aux éditions Dargaud (5 tomes à ce jour), et se destine à d’autres carnets de voyage. Dans la même collection, (« Poisson pilote »), paraissent les 3 premiers tomes de la série Socrate le Demi-chien et également les 3 premiers tomes de son autre série, Gus. En 2008, Blain s’essaie à la réalisation avec le clip vidéo du single Comme un manouche sans guitare de l'album éponyme de Thomas Dutronc. Il est également l'auteur de l'affiche du film Tournée de Mathieu Amalric en 2010. Il crée l’émoi dans toute la France avec son album Quai d’Orsay, en 2010. Aidé d’Abel Lanzac pour le scénario, ce dernier lui confie ses expériences au Ministère français des Affaires étrangères lors de l’ère Villepin, que Blain va retranscrire avec humour dans cette œuvre originale. En 2011, il réalise les illustrations de l'album "Je suis au paradis" de Thomas Fersen. Texte © Dargaud

 

L’histoire :

 

  Alain ne crie jamais. Lorsqu'il reprend un cuisinier, c'est sec et précis. Il a l'air décontracté puis il rentre soudain dans l'action. Il est rapide, tout à son geste. Lorsque le rythme s'accélère, il profite de l'énergie et de la tension. Il est totalement absorbé par sa cuisine, presque en transe.

Pendant plus de deux ans, Christophe Blain a suivi le chef trois étoiles Alain Passard (L'Arpège) du piano de ses cuisines à ses jardins potagers. Avec un sens de l'observation singulier, il nous livre le portrait passionnant d'un chef qui a su redonner aux légumes leurs lettres de noblesse. Un récit truculent et la découverte d'un personnage hors du commun. Avec 14 recettes inédites. (Présentation de l'éditeur)

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Ce que j’ai aimé :

En cuisine avec Alain Passard est un album qui nous plonge dans une vélléité de découvertes et d'apprentissages enrichissante : non seulement nous découvrons le métier de ce cuisinier hors pair, ses recettes, mais nous pénétrons aussi dans les coulisses d’un grand restaurant, avec ses habitués, ses clients hors du commun, ses coups de feu... 

La personnalité d’Alain Passard, amoureux de son métier, passionné, avide de découvertes, inventif, illumine les pages, son naturel puissant et passionné rend le récit terriblement vivant… Il est un esthète de la cuisine, un homme qui contemple la beauté intérieure des betteraves, s'émerveille devant un radis, aime la beauté des plats autant que leur goût, un homme pour qui travailler est un plaisir permanent lui permettant d'innover, d'inventer, d'embellir la vie ...

"- Tu ne prends jamais de vacances ?

- Jamais. Les vacances, c'est pour ceux qui travaillent."

Les recettes inédites qui crépitent au coin des pages sont variées : certaines très accessibles comme ces fraises aux "éclats" de berlingots à l'huile d'olive, d'autres plus pointues comme la fondue d'oignons blancs à l'oseille, fèves et chèvre frais, chutney de rhubarbe rouge. 

L’humour des dessins apporte la touche final à cet album goûtu, surtout quand l’auteur se peint lui-même en homme totalement soumis et conquis par la cuisine du grand chef.

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Quelques passages m'ont semblé un peu longs et un peu techniques, notamment ceux avec le jardinier...

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques, tome 1 de BLAIN et LANZAC

Autre : Les ignorants de Etienne DAVODEAU  

 

D’autres avis :

Presse : L’express  ; Le point 

Blogs : Malivo 

 

En cuisine avec Alain Passard, Christophe Blain, Gallimard, mai 2012, 96 p., 17.25 euros

 

 BD Mango bleu

 

 Top-bd-2012

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Tag sunshine award

Publié le par Hélène

J'ai reçu un Sunshine Award, de la part de Midola que je remercie vivement pour ce cadeau.

Sunshine Award

 Il est accompagné d'un tag auquel je réponds bien volontiers :  

Ma couleur préférée :  bleu liberté

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Nombre préféré :  Je n'aime pas les nombres et ils ne m'aiment pas...

Boisson non alcoolisée préférée :  Un cocktail de fruits exotiques

cocktail-de-fruits_large_recette.jpg

Facebook ou Twitter :  J'avais un compte Facebook pour ce blog que j'ai arrêté pour plusieurs raisons :

- marre des gens qui parlent de leur vie sur leur profil de blog littéraire : "ce soir je mange une quiche aux carottes", "mon fils a fait sa première dent, bravo mon loulou", "j'ai mal au coeur...", etc... 

- marre de ceux qui font leur pub et ne daignent pas jeter un oeil à votre actu

- marre de perdre du temps - temps précieux- en dérivant de profils en profils

- marre des chamailleries de cour d'école entre blogueuses : "elle ne m'a pas dit bonjour, tu te rends compte...", "elle se prend pour une star, m'énerve..."

- marre des chamailleries de cour d'école entre blogueuses et auteurs : "comment ça vous n'avez pas aimé mon roman ?", "de toute façon vous n'y connaissez rien", etc...

Conclusion : plus de compte facebook...

Motif préféré :  Un motif africain

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Passion :  La lecture, l'écriture; la photographie, le cinéma, la danse, tout ce qui embellit le quotidien et plonge l'instant dans une aura d'éternité...

Donner ou recevoir : Donner parce que "Donner, c'est c'qu'il y a de plus beau, donner, c'est monter plus haut..." ... d'accord, je sors... 

Jour préféré :  Le premier jour du printemps synonyme de renaissance, de renouveau, de nouvelle ère.

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Fleur préférée :  La pensée sauvage

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Publié dans Tags - challenges...

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Dernières nouvelles du Sud de Luis SEPULVEDA et Daniel MORDZINSKI

Publié le par Hélène

                                        dernières nouvelles du sud

♥ ♥ ♥

  Les auteurs  :

Portrait par Bernard Sesé à découvrir ici.

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L’histoire :

« Nous sommes partis un jour vers le sud du monde pour voir ce qu’on allait y trouver. Notre itinéraire était très simple: pour des raisons de logistique, le voyage commençait à San Carlos de Bariloche puis, à partir du 42e Parallèle, nous descendions jusqu’au Cap Horn, toujours en territoire argentin, et revenions par la Patagonie chilienne jusqu’à la grande île de Chiloé, soit quatre mille cinq cents kilomètres environ. Mais, tout ce que nous avons vu, entendu, senti, mangé et bu à partir du moment où nous nous sommes mis en route, nous a fait comprendre qu’au bout d’un mois nous aurions tout juste parcouru une centaine de kilomètres. Sur chacune des histoires passe sans doute le souffle des choses inexorablement perdues, cet «inventaire des pertes» dont parlait Osvaldo Soriano, coût impitoyable de notre époque. Pendant que nous étions sur la route, sans but précis, sans limite de temps, sans boussole et sans tricheries, cette formidable mécanique de la vie qui permet toujours de retrouver les siens nous a amenés à rencontrer beaucoup de ces «barbares» dont parle Konstantinos Kavafis. Quelques semaines après notre retour en Europe, mon socio, mon associé, m’a remis un dossier bourré de superbes photos tirées en format de travail et on n’a plus parlé du livre. Drôles d’animaux que les livres. Celui-ci a décidé de sa forme finale il y a quatre ans : nous volions au-dessus du détroit de Magellan dans un fragile coucou ballotté par le vent, le pilote pestait contre les nuages qui l’empêchaient de voir où diable se trouvait la piste d’atterrissage et les points cardinaux étaient une référence absurde, c’est alors que mon socio m’a signalé qu’il y avait, là en bas, quelques-unes des histoires et des photos qui nous manquaient. » Luis Sepúlveda, avant-propos du livre

 dernières nouvelles du sud vieille dame

Ce que j’ai aimé :

Dernières nouvelles du Sud est un récit touchant, l'amour des gens transparaît dans chaque mot, chaque phrase, chaque chapitre. Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski  sont des hommes qui aiment aller à la rencontre des autres pour mieux les comprendre, les entendre, écouter leur histoire et se laisser charmer par la magie des récits... Ils réussissent à communiquer cet amour profond de l'humanité avec intelligence et simplicité.

"Car dans le conglomérat de croyances qui constituent la foi d'un écrivain, il y en a une en laquelle je crois tout particulièrement : celle qui nous avertit du danger de confondre la vie qui coule au fil des pages d'un livre avec l'autre, celle qui bouillonne de l'autre côté de sa couverture. Lire ou écrire, c'est une façon de prendre la fuite, la plus pure et la plus légitime des évasions. On en ressort plus forts, régénérés et peut-être meilleurs. Au fond, et malgré tant de théories littéraires, nous autres écrivains nous sommes comme ces personnages du cinéma muet qui mettaient une lime dans un gâteau pour permettre au prisonnier de scier les barreaux de sa cellule. Nous favorisons des fugues temporaires." (p. 36) 

Les personnages croisés durant ce périple sont comme irréels, nimbés d'une aura surnaturelle créée par le pouvoir de l'écriture, et pourtant, ils sont vrais : se croisent une vieille dame qui fait fleurir les fleurs en les effleurant du bout des doigts,  les hommes du Patagonia Express, un passionné qui cherche le bois de son prochain violon, le shérif parti à la recherche de Butch Cassidy, et tant d'autres êtres devenus des personnages grâce aux auteurs du récit... 

Le style de Luis Sepulveda agit tel un tapis volant, faisant naître sous nos yeux un univers magique insoupçonnable et pourtant bien réel...

"Presque à la tombée du jour, nous avons quitté dona Delia. Nous l'avons vue jeter des grains de maïs aux poules, caresser le chien, se pencher pour redresser une tige, rentrer dans sa maison, fermer la porte et allumer une bougie qui a baigné d'or son unique fenêtre.

Le soleil se couchait sur l'autre versant des Andes, l'orchestre des grillons accordait ses intruments. Un jour mourait en Patagonie mais, à l'aube suivante, une vieille dame de quatre-vingt-quinze ans, qui avait fêté son anniversaire avec deux hommes des grands chemins, garderait la merveilleuse habitude de vivre." (p. 87)

Les photos sont en parfaite adéquation avec ce récit magique conçu comme un dernier hommage à ces hommes et femmes de cette région du bout du monde ...

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien 

 

Premières phrases :

 « Nous nous sommes mis en route sans savoir que la quila avait fleuri cette année-là. Cela n’arrive pas plus de trois fois par siècle et peut donc être qualifié de prodigieux. La quila est une variété de bambou andin qui pousse dans les ravins profonds de la cordillère. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis SEPULVEDA

Autre :  Récits de voyage

 

D’autres avis :

 Presse 

Blogs :  8 plumes 

 

Dernières nouvelles du Sud, Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski, traduit de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, Métailié, avril 2012, 250 p. dont 80 photos, 20 euros

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Publié dans Récits de voyage

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Simon’cat de Simon TOFIELD tome 1 Une calamité de chat

Publié le par Hélène

                                   simon-s-cat-couv.jpg

 ♥ ♥ ♥ ♥

Pour miauler de rire...

 

L’auteur :

Né en 1971, Simon Tofield est l'un des directeurs du studio d'animation Tandem Films. Il est installé à Londres et doit l'idée de Simon's Cat à ses chats, tous gourmands et farceurs.

 

L’histoire :

Suivez une journée ordinaire dans la vie du chat de Simon, littéralement obnubilé par une chose : se remplir l'estomac. Et pour parvenir à ses fins, il ne reculera devant aucun sacrifice, qu'on se le dise ! Au grand dam de son affectueux propriétaire, à qui il fait vivre un véritable enfer… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Simon est un chat prêt à tout pour attraper oiseau ou poisson, ou pour simplement retrouver une gamelle remplie. Intransigeant et intelligent, il use de malins subterfuges pour arriver à ses fins : il se déguise en cabane à oiseau (très ressemblante), ou en oiseau quelque peu surdimensionné, tendant des pièges tous plus ingénieux les uns que les autres…

 

simon-s-cat.jpg

Mais  il se heurte souvent à plus malin que lui. Il discute alors avec son ami le nain de jardin pêcheur, des heures durant perfectionnant sans doute  ses nouveaux plans d’attaque ou philosophant sur la vie, la mort, l’amour… Quand il s’ennuie il aime jouer des tours aux hérissons ou aux écureuils, à ses dépends quelquefois aussi il faut bien le dire…

La vie d’une chat extraordinaire qui a compris le sel de la vie et est bien décidé à profiter de chaque minute qui passe l’estomac plein…

Un album plein d'humour à offrir sans hésiter...

 

Ce que j’ai moins aimé : 

- Rien

 

Vous aimerez aussi :

Le site http://www.simonscat.com/

 

D’autres avis :

Manu  Akialam 

 

Simon’cat, Une calamité de chat, Simon Tofield, Fleuve noir, novembre 2011, 15.11 euros

simon-s-cat-peche.jpg

 

BD Mango bleu

 

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