"Des souvenirs en forme de nuages flottants." (p. 156)
L'auteur :
Patrick Modiano est né en 1945 à Boulogne-Billancourt. Il a publié son premier roman, La place de l'étoile, en 1968. Il a reçu le prix Goncourt en 1978 pour Rue des boutiques obscures. Auteur d'une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, il a aussi écrit des entretiens avec Emmanuel Berl et, en collaboration avec Louis Malle, le scénario de Lacombe Lucien. Patrick Modiano a reçu le Grand Prix national des Lettres (1996), le Grand Prix de littérature Paul-Morand (2000) et le Prix mondial Cino Del Luca pour l'ensemble de son oeuvre. (Préserntation : Amazon)
L'histoire :
Jean Bosmans, le personnage principal de L’horizon, a l’habitude de noter sur un carnet les bribes de souvenirs qui lui reviennent de sa jeunesse. À partir du nom de Mérové, il fait ressurgir sa rencontre, vers la fin des années 60, avec Margaret Le Coz, une jeune femme qu’il a fréquentée pendant quelques mois et avec laquelle il partageait le sentiment d’être traqué. Elle, par un certain Boyaval. Lui, par sa mère et son amant.
Ce que j'ai aimé :
Se plonger dans un roman de Modiano, c’est un peu comme s’installer devant un café en compagnie d’un ami et l’écouter captivée raconter son histoire, notre histoire, l’Histoire.
Il a une telle facilité d’écriture qu’il nous emporte sans effort dans son monde, et le temps file à ses côtés, comme arrêté, comme suspendu. Et tout à coup on relève les yeux et on ne voit plus le monde du même œil, ce qui nous entoure est nimbé d’un halo poétique, nostalgique qu’on ne lui connaissait pas auparavant. Paris, ville bruyante et stressante, ressemble désormais à un village douillet et accueillant, les personnes croisées deviennent de potentielles belles rencontres et nos sentiments eux-mêmes sont sublimés par la magie de l’art.
L’horizon ne fait pas exception à la règle.
Alors quand les dernières pages se profilent, on devient fébrile, déçu, sachant qu’il faudra attendre quelque temps avant la prochaine rencontre. Qu’à cela ne tienne, relisons avec délectation les anciens écrits… Rendez-vous « Place de l’Etoile »…
Premières phrases :
"Depuis quelque temps Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans noms, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comme ces courtes séquences n'étaient pas liées au reste de sa vie, elles demeuraient en suspens, dans un présent éternel."
Après plusieurs années aux Editions Les Allusifs, Marie-Anne Lacoma a rejoint les Editions Gallmeister en 2009. Elle
s’occupe du livre à partir du moment où il est présentable en le faisant découvrir en avant première aux professionnels intéressés. Elle est donc en relation avec les libraires et la presse. Elle
organise la venue des auteurs en France, leur participation à des festivals et salons ainsi que la tournée dans des librairies.
Les questions :
Pourquoi offrir un livre ?
Parce que la vie gagne en profondeur quand on est un lecteur, qu’il existe des livres pour toutes les
circonstances, pour toutes les occasions.
J’ai aussi appris dernièrement que les neurologues avaient prouvés qu’à la lecture d’un passage évoquant
des odeurs, des couleurs ou autres sensations, notre cerveau réagit exactement de la même manière que si nous sentions, voyions ou éprouvions réellement ces sensations. Seule la lecture a ce
pouvoir. Fascinant n’est-ce pas…
Un livre que vous offrez en toutes circonstances ;
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper LEE
Un livre pour donner envie de voyager :
Désert solitaire, Edward ABBEY
Un livre pour donner envie de rire :
La grosse femme d’à côté, Michel TREMBLAY
Un livre pour donner envie de philosopher :
Féroce infirme retour des pays chauds, Tom ROBBINS (pour philosopher et rire en même temps)
Un livre pour donner envie d’aimer :
Loin de Chandigarh, TEJPAL
Un livre pour donner envie de rêver :
Le magicien d’Oz, Robert SABUDA et Lyman Franck BAUM (superbe pop-up)
Un livre pour donner envie de savourer :
Ginette MATHIOT ! La seule, la vraie…
Un livre pour donner envie de se révolter :
La fenêtre panoramique, Richard YATES
Un livre pour donner envie de se cultiver :
Honte et dignité, Dag SOLSTAD
Un livre pour donner envie de cuisiner :
Cinq ciels, Ron CARLSON (Le livre sortira en septembre et je viens de le lire. Il ya un passage où trois
types prépare,t une dinde rôtie et depuis je rêve de tester leur technique.)
Zigzaguer entre les idées noires et les jours de cafard... Leur dire "zut!" et avancer...
Les auteurs :
Géraldine Collet grandit à Cachan. Enseignante de lettres-histoire en lycée professionnel, elle a parcouru la Seine Saint-Denis avant d’atterrir à Pantin. Elle est auteure et auteure pour la jeunesse.
Nicolas Gouny est titulaire du DESS Édition de Villetaneuse, après avoir passé dix ans dans l’édition pédagogique publique, il s'est installé, depuis septembre 2008,dans un petit hameau de la Creuse perché sur le haut d'une vallée, au milieu des vaches et des arbres, pour se livrer à plein temps à l’illustration pour la jeunesse.
A chaque lettre de l'alphabet, l'enfant découvre une phrase poétique qui peut colorer son quotidien.
Ce que j'ai aimé :
Un vrai coup de coeur pour cet album qui colore le quotidien et l'illumine de merveilleux mots poétiques et philosophiques !!Il parle directement à nos âmes d'enfants et allège les heures en leur insufflant bonheur et joie de vivre !
« Les gens n’admettraient pas que les apparences sont parfois trompeuses. A l’image des meilleures prises de combat, les mots peuvent être retournés contre vous et une fois que vous êtes à terre, ils sont à même de vous tuer. » (p. 364)
L’auteur :
Mary McGarry Morris est née en 1943 dans le Connecticut. Disparue (Flammarion, 1989), son premier roman, a été sélectionné pour le National Book Award et le Pen Faulkner Award. Elle a depuis publié Une femme dangereuse (Julliard, 1991), Mélodie du temps ordinaire et Un abri en ce monde (Belfond, 2005). Mary McGarry Morris vit aujourd'hui à Andover, dans le Massachusetts.
L’histoire :
Ces derniers temps, Nellie Peck, treize ans, a enfin trouvé de quoi combler son désoeuvrement : espionner la nouvelle locataire de sa mère dans le petit studio attenant à leur maison.
Activité d'autant plus excitante que l'arrivée de la jeune et jolie Dolly, danseuse de cabaret à la sensualité débordante, n'est pas passée inaperçue dans le quartier. Et rapidement, c'est à un véritable défilé de prétendants qu'assiste Nellie, cachée dans les arbres. (Début de la quatrième de couverture)
Ce que j’ai aimé :
Le point de vue adopté est celui de la petite Nellie, qui observe le monde à son niveau, se fiant à son innocence, à son instinct naïf pour interpréter ce qu'elle entend et voit. Or elle ignore encore que la vérité est insaisissable, fuyante, réinterpréable à l'infini.
« Nellie commençait à voir combien la vie pouvait être compliquée. Aucun fait n’était isolé. Chaque action entraînait une réaction, qui elle-même en entraînait d’autres, et ainsi de suite, en une série de combustions insidieuses qu’ils ne pouvaient pas cerner précisément, ni a fortiori prévenir, et qui se répandait désormais partout. Ils assistaient à leur propre désastre nucléaire, assis là, au centre de la zone dévastée par l’explosion, essayant toujours de paraître normaux, son père et elle, face au bureau de l’avocat au teint terreux. » (p.229)
« Peut-être en allait-il de même pour tout le monde en grandissant. Petit à petit le vérité perdait de sa force, jusqu’à ce que, comme les particules en suspension dans l’air, elle devienne invisible. Et si c’était ça aussi, être un adulte ? Rationaliser une expérience, la transformer jusqu’à oublier la plupart des choses importantes, celles que personne n’avait besoin d’expliquer à certains enfants, parce que, eux, ils savaient, voilà tout. Et ils n’oubliaient pas. » (p. 428)
Les éléments se mettent en place petit à petit pour former un tout cohérent dans l'esprit de Nellie, mais inadéquat à sa vie familiale, à cet univers confortable, connu qui est le sien.
Le suspens est savamment dosé, tenant en haleine le lecteur partagé entre vérité et illusions, le ton naturel de la jeune Nellie allégeant un propos profondément plus grave.
A la lueur d'une étoile distante est un roman prenant, intelligent, bien construit, une agréable découverte...
Ce que j’ai moins aimé :
Le début est un peu long par rapport à la fin beaucoup plus dense… Au point que j’ai trouvé certaines réactions des personnages peu crédibles à la fin, comme s’il fallait effacer rapidement les problèmes pour conclure…
La question du résumé de la quatrième de couverture mérite d’être posée : fallait-il parler de l’évènement majeur ou laisser le lecteur le découvrir par lui-même ? Le fait de savoir éclaire-t-il finalement le récit d’un point de vue différent qui densifie le roman ? Je n’ai pas tranché…
Le titre me semble difficile à retenir pour qui veut en conseiller la lecture au débotté…
Premières phrases :
« A quoi voit-on parfois que l’on connaît bien une personne ? Elle n’a même pas besoin de vous fixer dans les yeux ou de dire un mot, et vous savez. Bon, ce que vous savez au juste n’est peut-être pas très clair, mais vous le savez, c’est tout. »
Jean-Marc Laherrère, fan de polar, débordé par les polars même s'il m'arrive de m'échapper pour lire autre chose (SF, fantazy, littérature générale ou jeunesse avec mes enfants).
Membre de l'association 813 (des amis des littératures policières), j'ai la chance d'être depuis des années voisin et ami de Claude Mesplède Le connaisseur du genre en France. Il m'a tout appris, et m'a ouvert toutes les portes qui me permettent aujourd'hui d'écrire dans des revues, d'animer des rencontres et de connaître une bonne partie du monde du polar en France et même parfois à l'étranger.
Un défaut, très gros défaut, je ne sais pas respecter les consignes, et je suis incapable, quand on me demande de conseiller un livre, de n'en conseiller qu'un, comme vous allez pouvoir le constater.
Premièrement, parce que je n'offre des cadeaux qu'aux gens que j'aime et que je connais bien. Et quand je connais quelqu'un, je sais forcément ce qu'il lit, et donc ce qu'il aime. Ce qui m'assure de ne pas trop me tromper. Aussi parce que j'aime par dessus tout faire partager mes enthousiasmes, mes coups de cœur, et faire découvrir un auteur à quelqu'un.
Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?
Il n'y en a pas ... mais si je ne veux pas trop me tromper j'offre une vieille série noire, assez rare "Chapeau" de Michèle Rozenfarb, ou un livre de la série des racontars de Jon Riel, à quelqu'un qui veut découvrir le polar un James Lee Burke, "Dans la brume électrique avec les morts confédérés" (rivages).
Un livre pour donner envie de voyager :
Ceux qui me donnent à moi l'envie de voyager. A commencer par les polars des grands espace de chez Gallmeister, "Little bird" (et la suite de la série) de Craig Johnson, ou "Dérive sanglante" de William Taply, mais aussi "Patagonia Tchou Tchou" de Raul Argemi (rivages) qui donne des fourmis dans les jambes.
Un livre pour donner envie de rire :
S'il n'y avait qu'un seul nom ce serait Donald Westlake, avec soit le génial "Aztèques dansants", soit "Pierre qui roule" le premier de la série John Dortmunder (rivages). Mais il faudrait ajouter absolument le grand classique "fantasia chez les ploucs" de Charles Williams (folio), et quelques autres déjantés américains, Christopher Moore et son "Blues de coyote" (folio), les polars écolos hilarants de Carl Hiaasen (à commencer par "Miami park") ... En Europe le conseillerai Andrea Camilleri et son commissaire Montalbano, de plus en plus drôle, et un auteur français qui ne publie plus en ce moment, et c'est bien dommage, le marseillais Philippe Carrese, au hasard "les veuves gigognes" (fleuve noir)
Terry Pratchett et ses Annales du Disque Monde et son chef-d’œuvre écrit à quatre mains avec Neil Gaiman : De bons présages.
Un livre pour donner envie de philosopher :
Là une référence s'impose "la caverne aux idées" de José Carlos Somoza, polar philosophique à la construction absolument géniale (actes sud)
Un livre pour donner envie d'aimer :
Là aussi une référence s'impose à moi : Marcus Malte avec "Les harmoniques" (série noire) ou Carnage constellation (folio).
Un livre pour donner envie de rêver :
Pour rêver, rien, je lis des romans qui ont tendance à faire faire de cauchemars plutôt que des rêves !!
Ceci dit, côté SF un auteur comme Ian Banks et son cycle de la culture, "Etoiles mourantes" écrit par Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal ou en fin "la horde du contrevent" d'Alain Damasio ont titillé mon imagination éveillée ... Ce qui est une façon de faire rêver.
Un livre pour donner envie de savourer :
Deux références immédiates et évidentes : la série Pepe Carvalho , le gourmet de Barcelone créé par Manuel Vazquez Montalban et (de nouveau) celle du commissaire Montalbano du sicilien Andrea Camilleri. Mais aussi "Saturne" et "la disparition des ouvrières" de Serge Quadruppani (traducteur de Camilleri en français, il n'y a pas de hasard) et pour sortir de la cuisine méditerranéenne, chez Piquier, la série consacrée au mandarin Tân qui se déroule au Vietnam du XVII sous la plume de Tan Van Tran Nuth.
Un livre pour donner envie de se révolter :
Il y en a tant !!
Pour ceux qui voudraient se révolter dans la bonne humeur une adresse : le mexicain Paco Ignacio Taibo II et pour commencer ses deux chef-d'oeuvre : "Ombre de l'ombre" et "A quatre mains".
Pour se révolter encore dans la bonne humeur "le gang de la clé à molette" d'Edward Abbey.Pour ceux qui n'ont pas peur de se rendre malade devant l'injustice et la douleur du monde, quelques titres très durs : "La griffe du chien" de Don Winslow, "Raphael derniers jours" (aussi publié sous le titre de "The brave" de Gregory McDonald, "La frontière" de Patrick Bard.
Pour décortiquer les injustices de ce monde de façon moins traumatisante, mais non moins talentueuse, "Sombre sentier" ou "Lorraine connection" de Dominique Manotti, ou "les derniers jours d'un homme" de Pascal Dessaint, ou très proche de nous "Le bloc" de Jérôme Leroy
Un livre pour donner envie de se cultiver :
L'auteur qui a toujours réussi à me faire sentir mon inculture sans que ce soit gênant pour apprécier ses romans était le cubain Alejo Carpentier, et en particulier dans "la danse sacrale". Mais ce n'est pas un polar ...
Un livre pour donner envie de cuisiner :
Une référence, déjà citée , la série Pepe Carvalho de Manuel Vazquez Montalban (on peut commencer par "La solitude du manager" ou "meurtre au comité central").
Un livre pour donner envie de lire :
On peut des dictionnaires ? "le dictionnaire des littératures policières" de Claude Mesplède ? Ou "une brève histoire du roman noir" de Jean-Bernard Pouy ?
La série Jack Taylor de l'irlandais Ken Bruen qui multiplie les citations et donne vraiment envie de découvrir d'autres auteurs.
Issue d'une famille de la bourgeoisie, fille du peintre de l’école de Pont-Aven Ferdinand-Auguste-Marie Loyen du Puigaudeau (cousin germain de l'écrivain Alphonse de Châteaubriant), et de Blanche-Henriette-Idalie Vandenbrouke (ou van den Brouke), Odette du Puigaudeau réside à partir de 1908 au Croisic (Loire-Atlantique) dans le manoir de Kervaudu. Enfant unique, elle est instruite à la maison par ses parents.
En 1920 elle monte à Paris pour s'inscrire à la Sorbonne au cours d'océanographie du professeur Jourdin dans l'espoir d'être engagée au laboratoire marin de Carthage en Tunisie, sans succès.
Elle est ensuite dessinatrice dans les laboratoires du Collège de France, styliste chez Jeanne Lanvin, journaliste à L’Intransigeant et dans des revues féminines, et enfin ethnologue.
En 1929, elle devient l'une des premières femmes à s’embarquer sur des thoniers bretons.
Elle a décrit d’une façon remarquable la vie dans les îles bretonnes de l’entre deux guerres dans son livre Grandeur des îles.
Réfusée par le commandant Charcot pour une expédition au Groenland, car il n'acceptait pas les femmes, elle découvre par la suite d’autres grands espaces dans le désert du Sahara à partir de janvier 1934, avec son amie Marion Sénones.
Fondatrice en août 1940 à Paris du Service féminin français, elle assure à partir de cette date des missions de préhistoire et d'ethnographie pour divers ministères et sociétés savantes.
Elle s'établit à Rabat en 1961, où elle réalisa pour la radio des émissions culturelles de 1961 à 1962, devint documentaliste au ministère de l'Information en 1963, et chef du bureau de préhistoire au Musée des antiquités de Rabat de 1970 à 1977. Elle eut pour compagne l'artiste peintre Marion Sénones, (1886-1977), qui partagea sa vie de 1932 jusqu'à son décès à Rabat en octobre 1977.
Odette du Puigaudeau a écrit huit livres, de nombreux articles et un traité sur le peuple maure. Son travail ethnographique, scientifique et littéraire est un hommage aux peuples du Sahara occidental.
(Source : Wikipédia)
L’histoire :
Le nom d'Odette du Puigaudeau évoque encore bien des souvenirs dans les anciennes villes caravanières de Mauritanie. Cette grande voyageuse née en 1894 a consacré sa vie au Sahara occidental mais c'est en Bretagne, parmi les marins et la population des îles, que l'aventure avait commencé pour la fille de Ferdinand du Puigaudeau, peintre de l'école de Pont-Aven et ami de Gauguin. En 1944 elle décide de rassembler dans Grandeur des îles ses notes et articles rédigés douze ans plus tôt sur les îles de Bretagne, Ouessant, Groix, l'archipel de Molène et Sein, autant de «fragments d'humanité amenés là par quelque rude et mystérieux hasard.». (Présentation de l’éditeur)
Ce que j’ai aimé :
Odette de Puigaudeau était une bretonne qui faisait partie de ces femmes artistes pour qui l’aventure et ses multiples découvertes constituent le sel de la vie. Ces artistes pour qui Vivre importe davantage que survivre. Aussi elle s’embarque dans les années 30 à bord de plusieurs bateaux pour flirter avec le quotidien des pêcheurs de crevettes. Ce n’est que le prélude à sa grande aventure : un voyage en Mauritanie qui viendra quelques années plus tard.
Odette de Puigaudeau rend ici hommage aux hommes et aux femmes demeurant sur ces îles bretonnes au nom évocateur et magique : Sein, Ouessant, Groix, Molène… Ces îles qui ne sont pas si loin de la côte, et qui, pourtant, semblent au bout du monde.
Elle partage et décrit le quotidien particulier de ces êtres retirés du monde, élaborant un monde à eux, si différents de celui de continentaux.
« Et ils bénissent cet isolement, cette pauvreté qui ont protégé la pureté e leurs mœurs, la simplicité de leurs âmes et la droiture de leur courage. »
Philip Plisson
Elle s’attache surtout à transcrire son admiration pour les îliennes, celles qui restent :
« N’y a-t-il pas assez à dire du labeur des îliennes, reines de leurs foyers mais servantes de leur île, et sur l’angoisse qui les étreint lorsque retentit la sirène des naufrages, ou que la brume enveloppe la flotille langoustière éparpillée parmi les récifs de la chaussée. »
Ce monde résonne comme un idéal de paix et de bonté pour cette bretonne qui ne saura se détacher tout à fait de cette vision idéale de ces peuples îliens, comme ancrés dans un âge d’or utopique. Sa passion pour eux sait néanmoins nous convaincre à notre tour et nous nous embarquons bien volontiers pour ces îles magiques qui parlent directement au cœur…
Ce que j’ai moins aimé :
-Rien.
Extrait :
« Archipel de Molène — Mme Floc'h est entrée dans la vie sous l'aile noire du malheur. Une tempête lui vola père et mère, entre le Conquet et Quéménez, et son destin amer s'ouvrit d'un coup devant ses quinze ans. Elle reprit la ferme ; son frère cadet et sa jeune sœur quittèrent l'école pour venir l'aider. Trois enfants, face à quarante-cinq ivrognes, sur une île perdue !
Elle se maria jeune, et pour peu de temps. Successivement, elle tint aux îles trois fermes sur quatre : Quéménez, Balanec où une poutre de fer, en tombant, lui tua une petite fille, Triélen que tient à présent son fils aîné, où elle a retrouvé un cimetière familial : une tante, ses enfants et ses domestiques emportés par le choléra en 1893.
Maintenant, veuve depuis longtemps, elle est revenue avec ses deux plus jeunes fils à la Quéménez de son enfance.
Pourtant, au Conquet, elle pourrait avoir une existence plus douce, près d'une fille et d'un petit-fils, un repos bien gagné après quarante ans d'épreuves. Ici, il n'y a que travail sans fin, l'écœurement des saouleries hebdomadaires, la gêne des courriers et du ravitaillement livrés au hasard des bateaux, chance bien rare pendant les tempêtes d'hiver. Le seul secours, c'est elle qui le donne, au dénuement des pigouyers et des pêcheurs, aux loques humaines qu'elle retient de sombrer tout à fait, à tous ceux qui frappent à sa porte. C'est une femme du bon Dieu.
Mme Floc'h ne quittera pas Quéménez. Les îles ont cette étrange puissance du tuer chez leurs proies le désir d'évasion. » (p. 146-147)
Grandeur des îles, Odette de Puigaudeau, Payot, avril 2004, 8.65 euros
présent de 1000 femmes blanches à marier à 1000 de ses guerriers afin de favoriser l'intégration.
Ken FOLLETT Les piliers de la terre : Dans l'Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à
leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre.
Arthur GOLDEN Geisha : À neuf ans, dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une
maison de plaisir à Kyoto.
Kenizé MOURAD De la part de la princesse morte : Ceci est l'histoire de ma mère, la princesse Selma, née dans un palais d'Istamboul." Ce
pourrait être le début d'un conte ; c'est une histoire authentique qui commence en 1918 à la cour du dernier sultan de l'Empire ottoman. Selma a sept ans quand elle voit s'écrouler cet empire.
Eden ROBINSON Les esprits de l'océan : Perdue
parmi les ombres froides des côtes de Colombie britannique, Kitamaat est la principale localité de la réserve indienne des Haislas. C'est dans ce village du bout du monde, là où la terre glisse à
la rencontre de l'océan Pacifique, qu'est ancré le roman d'Eden Robinson.
Zadie SMITH De la beauté
Guy VANDERHAEGHE La dernière traversée : En 1871,deux frères Anglais Charles et Addington Gaunt quitte l'Angleterre pour
s'embarquer vers l'inconnu,c'est à dire vers des terres hostiles au fin fond du Montana
Considéré comme l'un des plus grands auteurs australiens et l'un des écrivains anglo-saxons contemporains les plus importants, David Malouf (77 ans) se distingue autant par ses qualités de styliste que par son talent de conteur. Son œuvre, où alternent romans et nouvelles, a été publiée chez Albin Michel : Harland et son domaine, Ce vaste monde (Prix Fémina étranger 1991), Je me souviens de Babylone, Dernière conversation dans la nuit et L'Etoffe des rêves. Une œuvre couronnée par de nombreux prix à travers le monde.
Rançon, son nouveau roman, paraîtra chez Albin Michel en 2013. (Présentation de l’éditeur)
L’histoire :
Un jeune homme partant à la guerre tente de comprendre quelle est sa véritable place dans le monde qu’il s’apprête à quitter ; une partie de chasse met à nu les secrets de chacun ; un compositeur voit sa vie prendre des allures de cantate complexe ; une femme se souvient de son bonheur passé au bord d’une piscine italienne ; une veuve essaye de garder le contrôle de sa vie …
Dans les sept nouvelles bouleversantes qui composent ce recueil, David Malouf, l’un des plus grands auteurs australiens contemporains, nous laisse entendre des hommes et des femmes étrangement seuls, face à un passé enfoui et un présent à décrypter.
Puissamment enraciné dans les paysages et les réalités d’une Australie magnifiée, ce livre poignant résonne comme une exploration de ces mondes intérieurs qui nous séparent et nous relient les uns aux autres. (Présentation de l’éditeur)
Mon avis :
Le rythme lent et presque aérien de ces nouvelles provoque deux réactions contradictoires : ou le lecteur tombe sous le charme, comme pour la première nouvelle, ou il décroche totalement, comme pour les dernières nouvelles. Une aura magique affleure à la lecture de certaines nouvelles comme « La vallée des Lagons », « Enfant soldat », textes s’attachant à traquer le moment diffus où un homme bascule vers un autre lui-même. Les hommes et les femmes peuplant le monde de David Malouf sont des êtres tangents, indistincts, diffus, qu’une brume suffit à effacer. Je ne pense pas qu’ils habiteront longtemps mon esprit…
Premières phrases :
« En cours élémentaire à l’école primaire, la seule magie de son nom m’attirait.
C’est là, juste à cinq heures au sud par une bonne route de terre, que toutes les rivières de notre coin du Queensland prennent leur source : tous les courants grossis d’eau de pluie et de cascades dans les forêts pluviales du Great Divide avant de plonger et de se réunir pour écouler leur large flot bourbeux jusqu’ à la côte ; tous les cours d’eau paisibles qui serpentent vers l’intérieur des terres à travers les plaines truffées de termitières puis roulent nord, nord-ouest jusqu’au Channel Country où ils se divisent pour aller se perdre dans les laisses de vase et de marécages de mangrove du golfe de Carpentarie. »
"Nous sommes si peu de choses... poussières devant l'éternité..."
Les auteurs :
Callède Joël
Auteur vivant à Bayonne, Joël Callède a suivi des études d’histoire avant d’entrer à l’IUFM. Mais son amour de la BD est plus fort qu'une carrière dans l'éducation nationale et il décide de se lancer. Il signe le scénario de Comptine d’Halloween chez Delcourt, série dessinée par Denys. Il fait ensuite la rencontre de Gihef et en 2004 ils signent Enchaînés chez Vents d’Ouest, dont la deuxième saison a repris en 2010. Suivront plusieurs séries : Tatanka et Dans la Nuit chez Delcourt, Haute Sécurité, Damoclès et Asthénie chez Dupuis. Il participe également à l'aventure XIII Mystery parrainée par Van Hamme. Son album paraîtra en 2013. En 2011, il lance avec Gaël Séjourné au dessin la série L'Appel des Origines.
Séjourné Gael
Gaël Séjournéest né en 1966 à Saint-Nazaire. Après des études d'Arts Plastiques, il se lance comme graphiste dans une maison d’édition spécialisée dans la sécurité routière, où il travaille toujours. Après sa rencontre avec Serge Perrotin et grâce aux conseils de Crisse, il publie Lance Crow Dog en 1998 (5 tomes). Il publie ensuite la série Tatanka (5 tomes) avec Joël Callède. En 2010 il signe le tome 2 du Jour J, avec Pécau et Duval.
(Présentations de l’éditeur)
L’histoire :
La vie d'Anna a radicalement changé : exit la petite serveuse de Harlem, place à la belle comédienne sur le pont d'un paquebot à destination de l'Afrique ! L'amour infini qu'elle ressent pour Simon, son rôle de vedette de cinéma, les discussions passionnantes avec le professeur Bradley : Anna est emportée dans un tourbillon de sensations nouvelles et exaltantes. Elle se laisse surtout bercer par l'espoir immense de retrouver son père, tandis que les autres membres de l'expédition découvrent des images d'un autre genre de père : l'un des premiers hommes de l'humanité… Mais ce retour aux origines ne sera pas sans blessures. (Présentation de l’éditeur)
Mon avis :
Le premier tome regorgeait de promesses que déçoit quelque peu de deuxième opus. Il nous emmène sur les terres africaines où les paysages grandioses cachent aussi une violence sauvage surprenante.
Mais l’histoire de cœur entre l’héroïne et le fade Simon est devenue lassante et banale, entre jalousie et intérêt pécuniaire, et elle a tendance à grever un scénario pouvant s’échapper vers d’autres sphères plus originales et enrichissantes.
"Je n'arrive plus à parler à Simon, et n'attends plus grand-chose de notre histoire... Il m'a terriblement déçue... profondément blessée... Je le soupçonne de s'être joué de moi, de mes sentiments, depuis le début... Et je ne peux empêcher cette terrible question de ma hanter... M'a-t-il véritablement aimée ?..." (p. 50)
Anna croise pourtant la route de personnages bien plus hauts en couleurs, comme Karen Blixen et Denys Finch-Hatton, avec qui Karen Blixen vivra une romance passionnée racontée dans son roman "Out of Africa". Elle est surtout campée sur un territoire berceau de l'humanité qui méritait à mes yeux une profondeur toute autre...
Il faudra attendre le tome 3 pas encore paru pour se faire une idée définitive sur cette BD…
Pierre Frémaux est le co-fondateur de Babelio.com le premier réseau social culturel dédié exclusivement aux livres et aux lecteurs, qui réunit 50 000 membres et plus de 1 000 000 de visites par mois ... Pierre est titulaire d’une maîtrise de philosophie, diplômé d’HEC et du Mastère Droit et Administration de l’Audiovisuel de la Sorbonne.
Mes questions :
Pourquoi offrir un livre ?
Cela pourrait sembler être une stratégie de l’évitement mais je dirais en toute sincérité qu’il y a probablement autant de livres que de raisons d’offrir un livre. Votre questionnaire n’en est il pas la preuve ?
Un livre que vous offrez en toutes circonstances ?
L’invention de Paris de Eric Hazan
Un livre qui donne envie de légèreté ?
La nouvelle pornographie de Trondheim
Un livre pour donner envie d'égalité ?
LTI, la langue du troisième Reich
Un livre pour donner envie de liberté ?
L’éloge de la fuite de Henri Laborit
Un livre pour donner envie de fraternité ?
Le mort qu’il faut de Semprun
Un livre pour donner envie de festivité ?
Paris est une fête de Hemingway
Un livre pour donner envie de beauté ?
Le parti pris des choses de Francis Ponge
Un livre pour donner envie de gaieté ?
Budapest de Chico Buarque
Un livre pour donner envie de vérité ?
Mensonge romantique et vérité romanesque de René Girard